Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC· 8 mai 2022

La Matinale Week-End: Thierry Mariani, invité politique de RMC (interview intégrale)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

RMC, la matinale week-end, l'interview politique. 8h43, notre invité ce matin, le député européen, conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Rassemblement National, Thierry Mariani, bonjour. Bonjour.

Elle est où ? Mais où est-elle ? Où est passée Marine Le Pen ?

Je vous rassure, elle a pris quelques jours de repos, parce qu'elle a fait campagne, et contrairement à Emmanuel Macron, elle n'a pas attendu les quelques dernières semaines pour faire campagne. Elle a fait une campagne pendant dix mois, et je crois que la semaine prochaine, vous la reverrez. Un petit peu difficile à digérer, cette défaite au second tour ?

Une défaite, c'est toujours difficile à digérer, surtout quand on s'est investi comme elle s'est investie, c'est difficile pour elle, c'est difficile pour les militants. Et quand le score était annoncé, c'est plus resserré aussi, Thierry Mariani. Oui, mais bon, on a vu, pardonnez-moi, on a vu ce à quoi on s'attendait, c'est-à-dire pendant quinze jours, un déluge de nouvelles catastrophes, expliquant que si Marine Le Pen était élue, la Terre allait s'arrêter de tourner, quasiment.

Donc, c'est une défaite, hélas, nette, mais ça ne nous empêche pas de constater quand même qu'on a progressé, même s'il reste du chemin à faire. Elle revient donc la semaine prochaine, pour la stratégie des législatives, on va en parler. En attendant, c'est Jean-Luc Mélenchon qui a eu le champ libre.

Est-ce que ce n'est pas une erreur d'avoir laissé le champ libre à Jean-Luc Mélenchon ? On a l'impression que c'est lui qui est arrivé second, finalement, à la présidentielle, et pas troisième. Non, je pense d'abord que c'est intéressant de voir que la gauche traditionnelle est en train de disparaître dans ce pays, puisque qu'est-ce qui s'est passé cette semaine ?

C'est qu'en réalité, Mélenchon a fait une sorte d'OPA avec, finalement, tous ceux qui avaient soutenu Emmanuel Macron et qui, aujourd'hui, le combattent. Un coup de force pour Jean-Luc Mélenchon ? Vous lui dites chapeau ?

Non, je dis beaucoup d'hypocrisie, parce que, finalement, quand je vois dans cette coalition M. Jadot, rappelez-moi, il a quand même appelé à voter M. Macron, le Parti Socialiste qui a appelé à voter M.

Macron, et même M. Mélenchon, qui n'a pas appelé à faire opposition à Macron. Voilà, donc en réalité, tous ces gens-là nous expliquent que c'est la meilleure garantie pour s'opposer aux réformes que nous prépare, notamment au niveau social M.

Mélenchon, mais c'est ces gens-là qui l'ont fait élire. S'ils voulaient vraiment s'opposer, par exemple, à la retraite à 65 ans, il fallait voter Marine Le Pen et pas faire élire M. Macron.

M. Mélenchon, Premier ministre, premier opposant à Emmanuel Macron, vous n'y croyez pas ? Absolument pas.

Soyons sérieux deux minutes, on sait tous très bien que, dans la Ve République, la majorité, hélas, sera très probablement une majorité favorable à M. Macron. Ça veut dire que même pour vous, vous n'y croyez pas ?

C'est pas votre objectif pour les législatives au Rassemblement National d'être majoritaire ? D'abord, personnellement, je crois que la cohabitation, c'est jamais un bon système pour la France. Voilà.

Deuxièmement, je ne suis pas naïf en politique, vous savez très bien que les oppositions se démobilisent, les majorités restent mobilisées. Vous partez perdant, Thierry Mariani ? Non, je pars réaliste, voilà.

Je pars réaliste et c'est pour ça qu'il faut voter pour les candidats que présente le Rassemblement National, parce qu'il faut une opposition forte. Justement, Marine Le Pen sera candidate à sa réélection dans le Pas-de-Calais, on le sait déjà. 577 candidats au Rassemblement National, la liste n'est pas dévoilée.

On aura les noms quand, Thierry Mariani ? Écoutez, on les annonce à mesure. Je vous rappelle quand même qu'on a connu 200 noms de La République en Marche.

La liste complète, hein ? Oui, bon, on la connaîtra dans la semaine. Enfin, de toute façon, la campagne n'est pas vraiment commencée sur le terrain.

Renaissance, puisque ça s'appelle désormais Renaissance, si j'ai bien compris. La République en Marche, qui est devenue Renaissance. La République en Marche a annoncé, je crois, 200 noms hier.

Donc, on n'est pas à la course à celui qui va les annoncer en premier. On sera présent partout et on est finalement la seule opposition réelle à Emmanuel Macron. Des candidats uniquement Rassemblement National pour ces législatives.

Pourquoi ne pas faire alliance avec Reconquête, le parti d'Éric Zemmour ? Moi, j'aurais souhaité qu'on puisse tous s'allier avec les patriotes. Sauf que, franchement, la campagne des présidentielles a quand même été riche en petites phrases.

Jusqu'au soir du deuxième tour où j'ai regretté certains propos d'Éric Zemmour. Je crois que quand on veut rassembler, il faut...

Quand il a dit que pour la huitième fois, la défaite frappait le nom de Le Pen ? Vous savez, Charles Pasquois me disait toujours, je me souviens d'une phrase de Charles Pasquois qui disait en politique, les gens veulent toujours prouver qu'ils ont raison au lieu d'essayer de convaincre et de rassembler. Le problème, c'est pas que Éric Zemmour prouve qu'il avait raison.

À la limite, on s'en moque. Le problème, c'est que les idées patriotes avancent. Ça veut dire que c'est un concurrent désormais ?

C'est un adversaire ? Non, c'est pas un adversaire, mais je pense qu'il a...

C'est pas un ami, quoi. Non, non, c'est pas un adversaire. On partage l'essentiel des idées.

Dans ses rangs, j'ai beaucoup d'amis. Je dis simplement qu'aujourd'hui, la seule force qui peut représenter une réelle opposition, on l'a vu d'ailleurs aux élections, puisque Marine Le Pen a fait trois fois plus qu'Éric Zemmour, la seule force, c'est le Rassemblement National. Donc, les conditions ne sont pas réunies pour s'allier avec Reconquête et avec les républicains, Thierry Mariani.

Est-ce qu'il pourrait y avoir des alliances ici ou là ? Vous-même avez fait ce chemin des républicains jusqu'au Rassemblement National ? Parce qu'il y a cinq ans, j'avais fait le diagnostic que les républicains n'avaient plus d'avenir.

Voilà. Parce qu'il n'y avait plus d'espace, parce que Macron a fait exploser le jeu politique. On le voit encore aujourd'hui.

Aujourd'hui, franchement, les républicains sont en voie de disparition. Il faut les classer dans les espèces en voie de disparition. J'avoue qu'en plus, le ralliement...

Vous appelez vos anciens amis d'une ligne assez dure aux républicains à venir vous rejoindre, à faire alliant ? Oui, mais ça, on les appelle depuis des années, et puis ils ne sont pas cohérents. Je veux dire, prenez dans ma région Éric Ciotti.

Éric Ciotti passe son temps à expliquer qu'il faut combattre Macron, mais...

Vous allez mettre un candidat face à Éric Ciotti ? Bien sûr, bien sûr. Aux élections régionales, par exemple, Éric Ciotti a soutenu La République En Marche et Muselier.

Il ne s'est pas opposé à Macron, voilà. Donc, on ne peut pas avoir le cul entre deux chaises. Aujourd'hui, les républicains sont quasiment morts.

Voilà. Excusez-moi, même le soutien de Nicolas Sarkozy, si vous me passez l'image, a passé définitivement le Karcher, mais sur les républicains. Et donc, voilà, les républicains, aujourd'hui, doivent choisir leur camp.

Ou avec Macron, c'est d'ailleurs le choix que font l'écrasante majorité, je constate, des élus, ou, eh bien, tout simplement, venir avec nous et faire peut-être un chemin ensemble avec le clan patriote. On entend ce matin, Thierry Mariani, votre détermination, votre combat. Vous servirez pour ces législatives, j'imagine, des déplacements de soutien dans certaines circonscriptions.

On vous a moins entendu, voire pas du tout, pendant la présidentielle. En tout cas, quasiment plus depuis le 24 février, le déclenchement de la guerre en Ukraine. Fallait faire oublier vos liens avec la Russie.

Vous avez choisi vous-même de vous mettre en retrait. C'était une consigne de Marine Le Pen ? Je n'avais aucune consigne, mais il y a des moments, vous savez, où quand la vague est trop forte, il vaut mieux rester sur la plage.

Voilà. Je considère que l'information en France depuis l'attaque russe en Ukraine, excusez-moi, est pas honnête. Et quand j'entends sur vos ondes, comme ailleurs, dire qu'il y a une immense propagande en Russie, c'est vrai, mais je considère qu'il y a la même propagande, excusez-moi, anti-russe en France.

Et donc, dans ce cas-là, je préférais effectivement me mettre à l'écart. Mon problème est pas de passer à la télé, mon problème est de faire en sorte que Marine Le Pen ait eu le plus de voix. Est-ce qu'il y a une guerre en Ukraine, Thierry Mariani ?

Bien sûr. Est-ce qu'il y a des crimes de guerre en Ukraine ? Bien sûr.

Est-ce que vous regrettez...

Mais quand il y a des crimes de guerre, pardonnez-moi, on fait une enquête. Voilà. C'est ce qui passe, à Boucha notamment, une enquête internationale.

D'accord, mais quand on aura fait une enquête internationale avec tous les partenaires, pas uniquement, excusez-moi, avec des enquêteurs anglo-saxons, et bien dans ce cas-là, il faudra condamner Moi, j'ai grandi, pardonnez-moi, en politique, j'ai commencé au moment de la révolution roumaine. Je me souviens de Timi Chohara, où on nous a sorti des cadavres, et puis après, on s'est aperçu que tout ça était une manipulation. Le charnier.

Donc, bien sûr qu'il y a des crimes, hélas, comme dans toutes les guerres, bien sûr que les criminels doivent être condamnés, mais avant de les condamner, il faut savoir qui c'est. Si Vladimir Poutine est reconnu criminel de guerre, vous souscrirez ? Je souscrirez à tous ceux qui seront reconnus criminels de guerre.

Je peux vous faire remarquer, je peux faire un tout petit peu de droit pour être reconnu criminel de guerre. Il faut d'abord que l'État en question est souscrit au traité. Je vous rappelle qu'entre autres, la Russie, comme les États-Unis, ne sont pas membres de ce traité.

Je ferme la parenthèse. Vous continuez, on l'entend, d'assumer vos liens avec la Russie de Vladimir Poutine. Je voudrais qu'on vous réécoute, c'est l'archive RMC du jour, c'était sur RMC d'ailleurs, et BFM TV en 2014, à propos de la Crimée.

La Crimée a toujours été historiquement russe. Elle est peuplée majoritairement par les Russes. Aujourd'hui, le rôle de l'Europe, ça doit être plutôt de favoriser la réconciliation en Ukraine, et pas du tout de prendre des sanctions.

Ce serait un jeu, j'allais dire, perdant-perdant. La Crimée qui a été annexée par la Russie de Vladimir Poutine, est-ce que pour le Donbass aujourd'hui, c'est pareil, Thierry Mariani ? D'abord, je ne retire pas un mot à ce que j'ai dit en 2014.

Je peux vous poser une question. Quand la Crimée a été rattachée à la Russie, combien de réfugiés...

Rattachée, pas annexée ? Rattachée, puisqu'il y a eu un référendum, je suis désolé. Mais attendez, tous les observateurs, tous ceux qui connaissent la région...

Référendum qui n'a pas été reconnu par la communauté internationale, Thierry Mariani. Non, mais vous êtes député européen. Oui, d'accord, mais attendez, je suis député européen, excusez-moi, il a été surtout reconnu par le peuple de Crimée.

Voilà, pardonnez-moi, mais c'est quand même aux gens de leur pays de choisir. Il se murmure qu'un référendum similaire serait organisé en jeu basse. Il se murmure.

Si un jour ça se confirme, on verra. Je dis simplement, d'abord, première remarque, combien de réfugiés on a accueilli après leur attachement ou l'annexion, mettez le mot que vous voulez, sur la Crimée ? Aucun.

Parce que tous ceux qui connaissent la région savent que très bien, en Ukraine, il y a des partis qui sont violemment anti-russes, par exemple la zone de Lviv, et il y a des partis qui sont violemment pro-russes, c'était le cas de la Crimée. On a tort aujourd'hui d'accueillir les réfugiés ukrainiens ? Non, on a entièrement raison, parce que c'est des gens qui souffrent de la guerre, et on a entièrement raison, simplement, je pense qu'on a tort quand on a un narratif où aujourd'hui, en réalité, on nous entraîne dans une guerre qui n'est pas la nôtre.

Il faut arrêter d'armer l'Ukraine ? Oui. Deux milliards d'euros déjà, la France a fourni déjà deux milliards.

Je pense que je ne vois pas où est la diplomatie française. J'ai envie de vous dire, rendez-nous Chirac et Villepin, rendez-nous Mitterrand et Dumas. Aujourd'hui, on a une diplomatie française qui est à la remorque de l'Union Européenne et donc des États-Unis.

Quelle est notre diplomatie ? C'est donner des armes aux Ukrainiens, donner des armes aux Ukrainiens. Qu'est-ce qu'on veut ?

Qu'ils se fassent tuer jusqu'au dernier pour bien essorer les Russes ? Marine Le Pen a pourtant soutenu Emmanuel...

Et après, M. Biden enverra les Européens aussi, peut-être ? Marine Le Pen dirait la même chose que vous, ce matin, parce qu'elle a soutenu la position d'Emmanuel Macron depuis le début.

Marine Le Pen a sa position, j'ai ma position. Vous savez, quand on est dans un parti, on a aussi le droit d'avoir ses idées. J'ai la faiblesse de connaître un tout petit peu ce pays puisque, quand j'étais dans le secondaire, on m'a quasiment forcé à prendre le Russe.

Arrêter d'armer l'Ukraine, ne pas mettre d'embargo non plus sur le pétrole et le gaz russe ? Mais cet embargo fait gagner de l'argent aux Russes et va faire perdre de l'argent aux Français. Je peux vous rappeler et poser une question ?

Depuis 2014, depuis la fameuse affaire de Crimée, il y a des sanctions contre la Russie. Ça a été quoi le résultat ? Ça a été une note à l'agriculture à moins exporter ?

Et aujourd'hui, jamais la Russie n'a gagné autant d'argent avec le gaz et le pétrole. Vous savez, aujourd'hui, je crois qu'il faut décorer Madame von der Leyen parce qu'entre l'armement, le gaz de schiste, le pétrole, sans oublier Pfizer, l'Europe est devenue le principal VRP aujourd'hui des Américains. Merci beaucoup Thierry Mariani, député européen, Rassemblement national, conseiller régional d'Île-de-France.

Je retiens que Marine Le Pen sera de retour la semaine prochaine pour la stratégie des législatives. Pas d'alliance avec Reconquête. Vous appelez aussi les Républicains d'une droite plus dure à vous rejoindre, ne pas avoir le cul entre deux chaises.

Et sur la Russie, sur vos liens avec Vladimir Poutine, non seulement vous n'enlevez rien de ce que vous avez dit hier, mais vous assumez encore aujourd'hui. Merci à vous Thierry Mariani. Merci.

La Matinale Week-End: Thierry Mariani, invité politique de RMC (interview intégrale) — Thierry Mariani · Pourquijevote