Face à Face : Sébastien Chenu - 07/04
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, face à face, à Pauline de Malherbe. Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes le vice-président du Rassemblement National, vous êtes également député du Nord. Pas trop déçu ?
Pas trop déçu par ?
Par l'affluence hier ?
Non, parce que 10 000 personnes, c'est à peu près le double de ce qu'on fait.
Sans doute plutôt 5 000.
Non, non, 10 000. La place, c'est 8 000, on peut contenir 8 000 personnes. Il y avait des gens dans les rues, on était à 10 000 personnes, c'est-à-dire à peu près le double de ce qu'on fait dans une campagne présidentielle.
On n'a pas vu les mêmes images Sébastien Chenu. Les images vues de haut montrent que la place n'est pas pleine.
Non, non, mais on ne les a peut-être pas vues non plus aux mêmes heures, mais la bataille des chiffres, on la connaît, elle était presque inscrite avant que notre meeting ne commence. Il y avait une petite musique qui disait qu'ils ne vont pas réussir à mobiliser. Quand on mobilise 10 000 personnes...
Vous n'avez pas le monopole du fait que nous n'avons pas mobilisé hier.
Non, non, mais nous avons mobilisé 10 000 personnes. Et vous savez, dans nos meetings, pendant la présidentielle, le maximum qu'on faisait, c'était 5 000 personnes. On avait 10 000 Français hier qui se sont rassemblés dans un esprit d'abord bon enfant, ceux qui disaient ce sera le Capitole, ce sont des sédicieux. On a vu des gens qui criaient démocratie, qui dansaient sur Dalida, laissez-moi danser, et qui, de façon totalement pacifique et démocratique, se sont réunis autour de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Donc ça aussi, c'est important. Le nombre, il y avait du monde et nous en sommes heureux.
Et puis l'ambiance, aucun souci, aucun problème pour tous ceux qui, comme Xavier Bertrand, prévoyaient le pire et, encore une fois, ont tapé à côté de la plaque. Donc nous, on est contents de ce rassemblement populaire, encore une fois, démocratique, dans une marée de drapeaux tricolores au moment où les autres étaient dans des marées de keffiers ou de drapeaux européens. La gauche, les keffiers, Gabriel Attal, les drapeaux européens. Il y avait beaucoup de drapeaux français.
Moi, j'ai vu les images des uns et des autres. Pas beaucoup, en effet, Place de la République, mais en tout cas, beaucoup chez Gabriel Attal.
50-50 avec les drapeaux européens, mais nous, les drapeaux européens, on ne le reconnaît pas comme une nation. Donc la seule nation, c'est la France, c'est le bleu-blanc-rouge. Et d'ailleurs, nos militants scandaient parfois bleu-blanc-rouge, comme ils scandaient « Démocratie » ou « On est là ». Ou « On est chez nous ». Non, on ne l'a pas tellement entendu. D'ailleurs, c'était assez peu, mais pourquoi pas ? Parce que bien sûr qu'on est chez nous et que Marine Le Pen, les Français, sont partout chez eux sur le territoire national. Mais je pense que vraiment, ça véhiculait quelque chose de positif, de sympathique, de populaire, sans un seul problème.
Ce matin, vous m'auriez interrogé s'il y avait eu une vitrine cassée, une poubelle renversée, ou un heure. Mais pour tout le monde. Oui, oui, mais vous m'auriez dit « Quelle catastrophe ! » Tout s'est bien passé, il y avait du monde. Je crois qu'on a marqué le point.
Marine Le Pen, victime ?
Oui, bien sûr. Bien sûr que Marine Le Pen est victime. D'abord, aujourd'hui, elle est présumée innocente, je vous le rappelle. Je pense qu'il faut toujours commencer par ça, parce que Marine Le Pen a rappelé, et on aura l'occasion probablement d'en parler, son attachement à l'État de droit, la façon dont elle conçoit la justice dans un pays. Mais aujourd'hui, elle est victime d'une décision qui a une coloration, une couleur politique, une appréciation politique, puisque c'est même écrit dans le rendu de cette décision.
Là où j'ai un peu du mal à comprendre, c'est que lundi dernier, Marine Le Pen, c'est un surjet contre l'exécution provisoire, c'est-à-dire en réalité immédiate de l'inéligibilité, qui laissait penser, en effet, qu'elle ne serait pas jugée avant 2027, étant donné les délais habituels, courants d'un procès en appel. L'argument, c'était d'ailleurs de dire si on se rend compte trois mois après l'élection que finalement, lors de mon deuxième procès, je ne suis plus inéligible, alors ça entachera même l'élection qui viendra de se tenir et à laquelle j'aurais été empêchée de participer. Ça, je comprends bien lundi, cet argument-là.
Mais lorsque depuis, la Cour d'appel de Paris annonce que le procès en appel se tiendra bien de manière accélérée, de manière à respecter le calendrier politique, je ne comprends pas que vous continuiez à dire qu'elle est empêchée de se présenter.
Si, d'ailleurs, je m'en remets à ce que disait le premier président sur votre antenne. Le premier président de la Cour de cassation, M. Soulard, qui dit la justice est capable d'entendre un émoi populaire. La justice a été capable d'entendre l'émoi et en tous les cas l'atteinte ou le point de basculement à la démocratie que pouvait être Marine Le Pen empêchée de se présenter devant les électeurs en 2027 et donc a fait en sorte que la procédure d'appel soit en délai convenable avant l'élection présidentielle. Le problème, c'est l'exécution provisoire de cette peine motivée par des raisons politiques et motivée de façon écrite. Mais de fait,
elle n'est pas empêchée
de se présenter
aux élections de 2027.
Mais Mme de Bannerbe, il y aurait une présidentielle demain. Pour une raison ou une autre, le président de la République viendrait à démissionner ou une élection législative demain. Marine Le Pen ne pourrait pas y concourir. Pour des raisons politiques, Marine Le Pen ne pourrait pas y concourir. Donc ça, ça pose déjà un problème énorme. Mais on est d'accord
que c'est la loi ?
Non, parce que la loi, ce n'est pas l'application automatique de l'exécution provisoire.
Mais la loi permet aussi au juge d'avoir une appréciation.
Absolument. Et d'ailleurs, cette appréciation, elle a un caractère c'est ce que nous dénonçons. La juge a donc écrit que Marine Le Pen, candidate à une élection présidentielle, créerait un trouble à l'ordre public démocratique. Ce qui n'existe pas. Aucun texte, aucune jurisprudence ne source cette trouble à l'ordre public démocratique. Invention d'une magistrate pour, dit-elle, empêcher, elle l'explique, il faut empêcher Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle. Donc, cette exécution provisoire motivée par des faits politiques, elle crée une injustice majeure.
Mais surtout, une atteinte à l'état de droit, c'est-à-dire que le peuple souverain ne peut pas choisir qui il a envie de choisir à l'élection présidentielle.
Marine Le Pen, victime, dites-vous.
Oui, Marine Le Pen, victime absolument. Dans cet état de fait des choses, Marine Le Pen est victime d'une décision politique.
Est-ce qu'il ne serait pas plutôt temps de dire merci le système ?
Mais non, parce que nous, nous contestons ce qui nous est reproché. Si certains ont envie de reconnaître, c'était le cas de François Béroux qui a reconnu un certain nombre d'éléments qui étaient contre lui pour passer probablement un peu entre les mailles du fiel, nous, nous le contestons formellement parce que derrière, ce n'est pas le plaisir de contester. C'est la liberté parlementaire. C'est l'utilisation, ce qu'on reproche à Marine Le Pen au Rassemblement National, enfin au Front National de l'époque, c'était l'utilisation des enveloppes d'attachés parlementaires, d'assistants parlementaires. 21 000 euros qui sont alloués
chaque mois aux députés européens pour payer leur équipe.
D'ailleurs, il n'y a pas d'enrichissement personnel dans ce dossier-là. Il n'y a pas d'emploi fictif. On n'est pas à la mairie de Paris, etc. C'est des gens
qui ont travaillé mais pas pour les tâches pour lesquelles ils étaient payés.
C'est l'utilisation de ces enveloppes qui ont fait de la politique. Or, non, non, mais ils ont fait de la politique et la Commission européenne qui mène un combat politique contre le Rassemblement National, contre Marine Le Pen, dit vous n'avez pas le droit d'effectuer des tâches politiques quand vous êtes embauchés. Mais est-ce qu'elles étaient toutes politiques ? Elles étaient toutes au service d'hommes et de femmes politiques, élus comme tels, de députés qui contestent la Commission européenne, qui contestent la structuration de l'Union européenne, la politique de l'Union européenne et ils ont embauché autour d'eux des gens qui les aident à travailler en ce sens. Pourquoi ça sert
de faire des fiches de paye, Sébastien Chenu, si on peut mettre n'importe quelle appellation qui ne correspond pas
au travail ? Mais madame, ça c'est la liberté parlementaire, c'est-à-dire que vous avez une enveloppe qui vous est allouée pour des collaborateurs, vous demandez et vous recrutez des collaborateurs pour faire ce que bon vous semble, pour vous aider, pour vous accompagner dans votre mission politique pour laquelle vous avez été élu.
Mais pour vous accompagner, parfois même, ils ne se sont pratiquement pas rencontrés.
Non, mais ça c'est...
Lorsque Julien Audoul, et c'est cette enquête de 10 ans menée par la justice qui dit que Julien Audoul, par exemple, 4 mois après son embauche, envoie un mail au député auprès duquel il est censé travailler pour simplement demander s'il est possible de le rencontrer.
Il y a distance et que le fait de pouvoir faire du travail politique ne nécessite pas forcément d'être assis derrière, posé dans un bureau à Bruxelles ou à Strasbourg, tapé sur un ordinateur. Le travail politique, il est multiforme. Alors c'est vrai que c'est probablement compliqué à comprendre quand on a à soi-même un travail qui nécessite tous les jours d'aller au bureau à des heures fixes. Le travail politique, il est multiforme et derrière ça, c'est aussi la liberté des parlementaires à mener leur mission. Ils ont été élus pour des idées, ils ont été élus pour mener des combats.
Nous, nos députés, ils mènent un combat, combat contre l'institution européenne, combat contre les décisions de la Commission européenne. Est-ce que ça veut dire que c'était à vos yeux
une manière au fond d'utiliser le système européen à votre profit ?
Non, c'est une manière de le contester. Nous contestons ce système, son organisation et on veut nous faire entrer dans une boîte qui est cette boîte dans laquelle les collaborateurs seraient des fonctionnaires du Parlement européen et ne feraient pas de politique. Nous, nos collaborateurs, ils sont aussi des militants politiques, ils font aussi de la politique et ils accompagnent nos élus dans cette mission qui est celle évidemment du redressement de notre pays mais aussi de la souveraineté française qu'attaque d'ailleurs la Commission européenne chaque jour.
Derrière le mot système, on a vraiment l'impression que chacun y voit ce qu'il veut y voir. Marine Le Pen à nouveau se dit victime du système qui était plutôt une expression qu'elle utilisait jusqu'à présent un peu moins dirons-nous du côté de ceux qui ont énoncé ce jugement. Ils parlent à votre endroit d'un système un système mis en place et assumé centralisé optimisé par Marine Le Pen pour détourner des montants de 2004 à 2016 j'ai beaucoup de mal avec ce mot système qu'est-ce que vous entendez vous derrière le mot système ?
Le système pour moi c'est le fait d'avoir des gens qui passent leur temps à se renvoyer l'ascenseur pour préserver leurs propres intérêts au détriment des intérêts des Français c'est par exemple le barrage dit républicain c'est le système qui érige un barrage pour se protéger de l'arrivée du Rassemblement National alors dans ça quand ce système ce barrage se construit il n'y a plus d'idées il n'y a plus de philosophie politique il n'y a plus de différence on se serre les coudes pour empêcher les autres de l'arrivée on se renvoie l'ascenseur non pas du tout nous on a travaillé nos députés d'ailleurs je vous le disais il n'y a pas d'emploi fictif tout le monde a bossé mais effectivement on bosse contre eux on bosse contre les décisions qu'ils prennent et ça ça les ennuie
Martin Luther King
bah oui c'est les droits cyniques sérieusement ?
non c'est intéressant parce que en fait ce que dit Marine Le Pen hier c'est sa conception de la justice dans notre pays des droits pour chacun quel qu'il soit d'où qu'il vienne lorsqu'il est français les mêmes droits pour tous et Marine Le Pen a d'ailleurs mis le doigt effectivement sur le sujet qui nous préoccupe mais également sur la présomption d'innocence qui dans notre pays est bafouée sur le secret de l'instruction qui n'existe plus dans toutes les instructions quels que soient les sujets pas uniquement politiques tout atterrit sur la table immédiatement ça ça montre que notre système judiciaire que la justice dans notre pays est victime probablement de graves dysfonctionnements
Utiliseriez-vous vous aussi l'expression utilisée par Bruno Retailleau de juge rouge ?
Il y en a 30% des magistrats votent pour le syndicat de la magistrature ça c'est le résultat des élections syndicales donc 30% des magistrats se reconnaissent dans des propos d'extrême gauche qui sont politiques qui appellent lors des élections à faire barrage par quelque manière de quelque manière que ce soit au Rassemblement National bien entendu qu'il existe des juges extrêmement politisés tout comme il existe une foultitude de juges qui font très bien leur travail vous savez moi je suis fils d'une fonctionnaire de justice j'ai un immense respect le Rassemblement National aussi pour l'institution judiciaire et pourtant dans cette institution il y a des gens qui font de la politique
Sébastien Chenu la décision donc en première instance est contestée aujourd'hui puisque Marine Le Pen fait appel est-ce que vous respecterez quoi qu'il arrive la décision de cette cour d'appel ?
Mais nous sommes respectueux de l'état de droit nous considérons qu'il y a un problème qu'il y a un basculement que cet état de droit comme disait d'ailleurs Alain Jakubovic c'est un sale coup pour l'état de droit Alain Jakubovic qui était le président de la LITRA qui n'est pas un allié du Rassemblement National et qui dit cette décision c'est un sale coup pour l'état de droit mais nous nous respectons les décisions judiciaires nous l'avons toujours fait et d'ailleurs nous savons que le combat judiciaire juridique c'est une des armes qui est utilisée contre nous on nous combat pas uniquement politiquement on utilise le combat judiciaire pour nous faire tomber mais après l'appel
que l'inéligibilité soit levée ou soit maintenue vous respecterez cette décision à l'été 2026
après l'appel il y a aussi la cassation donc Marine Le Pen utilisera toutes les voies légales toutes les voies du droit pour contester des décisions injustes et surtout pour empêcher les français d'être privés du choix de leur candidate à l'élection présidentielle
s'il y a à nouveau inéligibilité qui est donc énoncée par la cour d'appel alors vous vous pourvoirez en cassation
probablement on verra comment tout ça est écrit mais Marine Le Pen sera au rendez-vous des présidentielles 2027 parce que quelque part les français le souhaitent on a vu des sondages 50% ou 49% je crois pour être très exact des français seraient surpris mais également contesterait le fait que Marine Le Pen ne puisse pas être candidate devant eux donc Marine Le Pen évidemment utilisera tous les moyens légaux qui sont à sa main comme à celles de chaque français pour faire valoir ses droits
et Jordan Bardella c'est vraiment un cas d'extrême recours
mais c'est pas le scénario sur lequel nous travaillons Marine Le Pen se prépare depuis si longtemps elle est aujourd'hui je crois prête et c'est d'ailleurs parce qu'elle est prête que visiblement elle inquiète des gens et lui il est prêt ou pas ? mais Jordan Bardella se prépare pour être premier ministre de Marine Le Pen vous savez dans la vie les gens ne sont pas interchangeables vous avez du mal si finalement c'est lui qui doit devenir votre candidat mais pourquoi madame ? les gens ne sont pas interchangeables chacun se prépare dans son couloir à assumer des responsabilités différentes c'est comme ça que nous travaillons
mais si toutefois il devait devenir votre candidat est-ce que vous pensez qu'il sera prêt ?
mais si Marine Le Pen passait demain sous les roues d'un camion c'est elle qui utilise souvent cette expression il y aurait un candidat pour porter nos idées il y aura toujours pas forcément Jordan Bardella mais c'est le mieux préparé Jordan Bardella c'est celui qui a le plus de capacité à relever le défi mais c'est pas le scénario vous ? non non pas du tout c'est pas le scénario sur lequel nous travaillons
vous allez le censurer quand le gouvernement de François Bayrou ?
ah bah il prend une mauvaise pente François Bayrou les résultats dans notre pays en ce qui concerne la santé économique du pays la sécurité de notre pays sont catastrophiques François Bayrou ne fait rien il ne se passe rien depuis qu'il est élu il n'y a pas une grande loi qui a été votée il n'y a pas un dossier qui a été traité il n'y a pas un résultat qui est enregistré tous les feux sont au rouge François Bayrou prend une très mauvaise pente en pensant user finalement les parlementaires à travers le temps pour pouvoir tenir le plus longtemps
donc vous envisagez de le censurer sans parler
nous l'envisageons ça fait partie des choses possibles que ce soit sur le plan pluriannuel de l'énergie qui va coûter 300 milliards d'euros et qui va affaiblir notre nucléaire ou que ce soit sur les retraites qui ont été une espèce de façon d'entourlouper les socialistes mais pas seulement les socialistes les français avec ce conclave qui n'aboutira pas à grand chose François Bayrou est sur la mauvaise pente
mais c'est une sorte de menace que l'on doit entendre c'est-à-dire que François Bayrou doit se préparer à pouvoir sauter
à tout moment mais on ne menace pas comme ça pour le plaisir le jour où nous considérons que François Bayrou est allé trop loin ou dans l'inaction ou dans la tromperie vis-à-vis des français nous saurons le censurer et Marine Le Pen la première et avec lui finalement tout le bilan de ces années de macronisme les années Philippe les années Borne les années Attal
Pendant ce temps-là les bourses dévissent la croissance est menacée l'inflation pourrait repartir et le chômage remonte est-ce que vous n'êtes pas décalé aujourd'hui à ne plus parler forcément spontanément de ces sujets-là ?
Ah mais nous en parlons matin, midi et soir d'ailleurs souvent on nous fait le reproche mais que ce soit sur la réindustrialisation sur l'énergie on en parle que ce soit sur demain par exemple la réforme de l'autobusuel hier sur les narcotrafiquants nous faisons des propositions et nous sommes de plein pied dans la réalité quand j'entends M. Attal qui foule au pied la présomption de l'innocence de Marine Le Pen avoir un certain nombre de propos qui sont quand même extrêmement limites pour quelqu'un qui était aux affaires
vous voulez dire lorsqu'il dit tu voles tu payes je pense que M. Attal
devrait faire preuve de retenue parce que moi j'ai envie de lui dire tu ruines tu dégages tu ruines le pays tu n'as plus le droit tu n'as plus la capacité à la ramener et à donner des leçons enfin est-ce que vous vous rendez compte qu'on n'a jamais eu autant de faillite d'entreprise dans notre pays on n'a jamais accordé autant de droits d'asile la crise de l'agriculture c'est pas Marine Le Pen la crise migratoire c'est pas Marine Le Pen la crise de la dette c'est pas Marine Le Pen c'est l'oeuvre de tous ces gouvernements donc tu ruines tu dégages ça c'est le message que j'ai envie de dire à M. Attal
qu'est-ce que vous avez envie de dire à Donald Trump est-ce que la politique de Donald Trump reste un idéal la question notamment du protectionnisme un idéal économique à vos yeux
non mais Donald Trump n'a jamais été ni lui ni sa politique un idéal et d'ailleurs je pense que la violence avec laquelle il agit aura des conséquences des tarifs douaniers qui vont évidemment augmenter et puis probablement une inflation qui va s'établir en tous les cas aux Etats-Unis je pense qu'il y a quatre leviers sur lesquels il faut agir en ce qui concerne le patriotisme économique et le gouvernement ne le fait pas parce qu'il ne sait pas ce que c'est que le patriotisme économique ils ont défendu la mondialisation heureuse pendant des années la première chose c'est effectivement des tarifs douaniers adaptés pour répondre aux attaques de Donald Trump c'est-à-dire taxer la tech les GAFA c'est sur ça que les Américains sont sensibles ici ensuite faire en sorte de réindustrialiser notre pays c'est l'énergie évidemment c'est les normes qu'il faut moins nombreuses ça c'est nécessaire protéger des filières l'Espagne a sorti un plan de protection d'un certain nombre de filières de plus d'un milliard je ne vois rien d'ailleurs François Beyrouth devait aller en Chine pour parler des protections d'un certain nombre de nos filières notamment viticole vinicole bon visiblement le voyage est tombé à l'eau ça n'intéresse plus il est mieux calé dans son fauteuil à ne rien faire à Paris et puis évidemment développer des relations économiques avec des nouveaux partenaires je pense à l'Inde qui est un pays continent quasiment avec lesquels on a de très bonnes relations et sur laquelle nous avons des perspectives et le Mercosur
est-ce que la situation ayant changé finalement il faudrait rallier le Mercosur
non le Mercosur c'est la ruine de notre agriculture tous ces contrats de libre-échange qui incluent l'agriculture donc un but c'est la détruire parce que c'est pris comme un véguteur qui permet d'ajuster des politiques économiques donc non le Mercosur on doit continuer à s'y opposer on n'entend plus grand chose de ce côté-là non plus
êtes-vous du côté de ceux qui se disent au fond c'est peut-être le début de la fin du libre-échange et donc de la mondialisation
c'est peut-être une bonne nouvelle mais la mondialisation elle doit être équilibrée elle doit se faire au bénéfice des peuples et c'est ça le problème c'est que avoir du libre-échange avoir des échanges à l'international c'est nécessaire c'est évident ça doit être organisé ça doit être structuré et ça doit se faire dans le bénéfice des peuples c'est tout à fait déréglementé aujourd'hui c'est tout à fait à l'inverse de ce que nous proposons et ça doit se faire évidemment quand je dis au bénéfice des peuples c'est-à-dire au bénéfice de l'économie nationale
Merci Sébastien Chenu de faire venir dans ce studio pour répondre à mes questions ce matin vous êtes vice-président du Rassemblement National et député du Nord