Nicole le Peih, députée Ensemble pour la République du Morbihan | Politiques, à table !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir choisi une blanquette de veau plutôt qu'une volaille pour ce menu ?
- 4:00OuverteRéponse partielle
Vous avez fait une école hôtelière, mais pourquoi aucune photo de cuisine ou de produits locaux sur Instagram ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Est-ce que manger le bébé de la vache ne vous pose pas de problème éthique ?
- 8:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous savez cuisiner, malgré votre école hôtelière ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Pourquoi les consommateurs se dirigent vers des produits moins chers alors que votre modèle est vertueux ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Comment convaincre les consommateurs d'acheter de la volaille française plutôt qu'importée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:00Nicole Le PeihChiffre
« Je produis de la volaille en plein air. Je nourris environ quatre mille repas par semaine. »
- 10:00Nicole Le PeihChiffre
« Un poulet sur deux arrive de Pologne, d'Ukraine ou du Brésil. »
- 12:00Nicole Le PeihFait
« La grippe aviaire vient par des oiseaux sauvages, par l'immigration, deux fois par an. »
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Générique ... ... ...
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans "Politiques à table", l'émission qui fait pousser les discussions, qui élève au grain les réflexions sur notre production alimentaire, sur l'avenir de notre agriculture. Et cette semaine, on fait la récolte ensemble avec Nicole Le Peih. Bonjour. -Bonjour à tous. -Bonjour Nicole. -Et bonjour à vous, Jean-Pierre Montanay.
J'ai eu un petit doute. J'ai eu un petit doute, mais c'est bien. -Bonjour Valérie Brochard. -Evidemment. -Nicole Le Peih, vous êtes députée Ensemble pour la République de la troisième circonscription du Morbihan.
Et c'est votre troisième mandat ici, à l'Assemblée Nationale. Depuis 2017, vous n'avez jamais cédé votre place dans l'hémicycle. Et vous vous réjouissez que de plus en plus de femmes vous y rejoignent.
Agricultrice à la retraite, maman, grand-maman, vous avez réussi. à élever ensemble votre famille et vos idées politiques. Facile, me direz-vous, pour une élue qui défend un meilleur avenir pour la France, qui s'attache à aider les jeunes à rester vivre et travailler sur votre territoire.
Vous annoncez que des centaines de milliers d'habitants rejoindront la Bretagne dans les années à venir. Et c'est pourquoi vous faites de la ruralité active votre mantra pour soutenir les exploitations dans votre circonscription ? Comme celle que vous venez de transmettre à votre fille.
C'est l'intégralité de votre élevage de volailles en plein air et votre abattoir qui appartiennent aujourd'hui à Mylène et son compagnon Benoît. Vous nous direz plus tard quel regard vous portez sur les évolutions, les changements qu'ils ont opérés dans l'exploitation que vous avez nourrie au grain toute votre vie. On vous interrogera aussi sur vos prises de position qui suscitent encore aujourd'hui la polémique.
Pourquoi ? Avoir voté contre l'interdiction du glyphosate en 2018, pourquoi être monté dans un jet pour vous rendre au sommet contre le réchauffement climatique de Glasgow en 2021 ? Et surtout, pourquoi ne pas avoir choisi de volaille pour le menu du jour ?
Voilà de quoi nous occuper tout au long de ce repas, n'est-ce pas Jean-Pierre ? -Avec du classique, on aurait pu avoir une blanquette de volaille, ça existe, mais c'est plutôt une blanquette de veau et on dessert un clafoutis aux pommes. -Dans le dessous des plats, on vous emmènera dans votre magnifique département du Morbihan.
Malheureusement, toutes les fermes ne se transmettent pas si facilement. -Dans les pieds dans le plat, ils jalonnent nos nationales, les relais routiers en pleine mutation. Plus la peine d'avoir une fin de camionneur pour pousser leurs portes.
Ils courtisent aussi les familles avec des plats traditionnels à prix doux. -Pour le menu maintenant. On passe à table et je vous propose de nous ouvrir l'appétit avec cuisine et confidence. -Nicole Le Peih, lorsqu'on veut savoir si notre convive aime la bonne chair ou est à l'aise au fourneau, j'ai un truc imparable, je consulte son compte Instagram.
Bingo, vous en avez bien un depuis juillet 2019, près de 500 publications avec gourmandise en scrollant. Je vous voyais déjà nous donner vos astuces grâce à une vidéo tournée dans votre cuisine en mode Maïté, vous connaissez, pour réussir à tous les coups une galette au sarrasin ou encore vous voir au milieu de vos poules en liberté pour nous raconter les vertus du circuit court. Du producteur au consommateur en cuisinant vous-même, pour vos 1 500 followers, quand même, un poulet à l'estragon de votre propre exploitation du vécu coco, quoi.
Comme on dit dans le jargon. Mais non, rien. Rien.
Quelle désillusion. Même pas une seule photo d'un plateau de fruits de mer pour vendre les Côtes-Bretonnes. Pas une publication de vous, croquant comme une influenceuse gourmande dans un Kouign-Amann, dégoulinant de beurre pour mettre en avant votre terroir.
En revanche, on vous voit, sain de votre écharpe tricolore sur le terrain, avec Elisabeth Borne, Yaël Braun-Pivet, auprès des cyclistes sur les routes bretonnes pour les féliciter. Mais pas une publication non plus qui fait référence à la fameuse blanquette que vous avez choisie aujourd'hui. Donc je me dis que votre passion pour ce plat bourgeois date peut-être de votre passage à l'école hôtelière, bien avant le diktat des réseaux sociaux.
Est-ce que je me trompe ? -Oui, alors vous avez résumé rapidement. Je dirais que dans mon cursus scolaire, j'ai fait une école hôtelière pour apprendre justement à prendre le temps de déguster.
Donc après ce passage à l'école hôtelière, je suis rentrée dans une entreprise au niveau du commercial en agroalimentaire. Parce que mon territoire est riche d'agroalimentaires. -Alors cette blanquette d'où elle vient ?
Qu'est-ce qui vous arrive ? -Quand je me suis levée le matin, qu'est-ce que j'ai vu ? J'avais des parents producteurs de vaches laitières et j'avais aussi des bovins viande.
Personnellement, j'ai élevé des bovins viande de race charolaise pendant 32 ans de ma vie. Donc quelque part, je me dis, remettons aussi... un petit peu de viande bovine qui est souvent à la traîne en ce moment alors que nous avons toute cette traçabilité et cette sécurité alimentaire en France pour nos bovins viande.
Et la volaille, je dirais qu'aujourd'hui, elle part... -C'est vrai, c'est vrai.
Donc c'était plutôt pour rééquilibrer un peu les choses. -Exactement. Je veux rééquilibrer les marchés et je veux rééquilibrer surtout le gustatif. -Alors, on va la goûter, cette fabuleuse blanquette de veau qui nous a été soigneusement préparée par le restaurant Le Bourbon, situé dans le septième arrondissement de Paris. -Quoi pour vous, une bonne blanquette ? -Une bonne blanquette, ça veut dire qu'elle a été cuisinée avec du temps.
Elle a été mijotée. Et c'est l'histoire de mon enfance, parce que dans la petite cantine scolaire de Guénin, ma commune, donc... j'ai appris à connaître les saveurs et j'avais de la chance d'avoir des parents qui m'apprenaient la qualité, les saveurs, que ce soit en viande, que ce soit en poisson, parce qu'on avait un poissonnier qui passait tous les jeudis.
Et j'ai appris à goûter tous les produits du terroir. -Est-ce que quand on élève, particulièrement, mais vous l'avez dit, vous avez aussi élevé des bovins, mais quand on élève des volailles toute sa vie, est-ce qu'on a du mal ? A en manger après ? -Ah pas du tout, pas du tout.
Mais j'estime que mon rôle de députée, c'est aussi d'être le tremplin de l'image de mon territoire. Sur l'image de mon territoire, le Morbihan, c'est le premier département de France en volaille. Conventionnel.
Moi j'ai fait de la volaille plein air pendant 32 ans, avec tous les atouts, les contraintes, mais j'ai pris tous les risques. -Très personnellement, quand vous vous retrouvez avec un poulet dans l'assiette, ça ne vous fait pas un petit pansement au coeur ? -J'aime les deux.
Franchement, j'aime les deux. J'aime la viande bovine. J'aime un bon filet de boeuf, avec des morilles, c'est excellent aussi. -Le fait de les avoir vu grandir, le fait de les avoir nourris, non ? -Ca, c'est une fierté que j'ai déjà, moi, dépassée, parce que ça, j'en suis convaincue.
Mais comme je vous disais, la volaille, et je prends mon rôle de politique, la volaille va mieux en ce moment puisque c'est une viande blanche, c'est une viande qui est désirée par le consommateur, c'est une viande facile à cuire, qui n'est pas trop riche en protéines et qui peut être, justement, un plat à meilleur marché, je dirais... pour un public qui le choisit.
Mais à côté, nous avons à la traîne, sur tous les territoires de France, nous avons malheureusement la viande bovine qui est en difficulté parce que le tarif parfois ne correspond pas au panier à la ménagère. Alors je suis aujourd'hui dans cette optique de...
Rééquilibrer... -Mais c'est pas un discours qui est facile à prononcer pour un homme politique, on le voit bien sur ce plateau, les gens n'osent plus dire maintenant on aime la viande, il faut manger de la viande.
Ils sont flexitariens. Vous mettez un peu les pieds dans le plat, vous dites mangeons de la viande, mais attention ! -Même pas peur, non pas du tout.
Parce que quand vous comprenez que les protéines viennent notamment de la viande, qu'elle soit rouge ou qu'elle soit blanche, mais quelque part il nous faut ces bases de protéines pour pouvoir grandir, grandir physiquement... grandir aussi.
Oui. Alors, je veux bien des légumineuses. Moi, j'en mets sur l'exploitation, bien sûr, des légumineuses.
De plus en plus. Pour avoir des légumineuses, il faut avoir de l'eau. Aujourd'hui, l'eau devient une denrée rare, ou du moins précieuse.
Et, à la fois...
Il nous faut, je dirais, une complexité sur les retenues culinaires, puisqu'aujourd'hui c'est compliqué de garder une retenue culinaire, alors que l'eau de la pluie s'en va directement à la Mer. Quand on comprendra la valeur de l'eau pour avoir plus de légumes, pour rééquilibrer nos plats, parce que l'ancienne génération sans doute a mangé beaucoup de viande, on peut comprendre qu'il faut équilibrer les plats, d'ailleurs c'est pour ça que vous avez mis des carottes et des tomates, etc. Et des champignons.
Et surtout les champignons, chez moi, ils viennent aussi de Moustoir-Remungol et...
Les champignonnières sont aussi sur le territoire grâce justement aux éleveurs à côté qui savent utiliser les effluents pour pouvoir constituer le fumier et la bonne couche qu'il faut pour les champignons. -Vous avez déjà été touché dans votre exploitation par la grippe aviaire ? -Alors, je touche du bois, une belle table en bois, je touche du bois, mon secteur n'a pas été touché, mais les communes, les cantons à côté ont été touchés, et donc j'ai rencontré les éleveurs, et je suis en relation directe avec Madame la Ministre, et notamment hier soir encore à son cabinet, pour pouvoir évoquer tous ces sujets-là, et venir en appui, bien sûr. -Et qu'est-ce qu'elle vous dit ? -Il faut pouvoir aider l'accompagnement des agriculteurs, puisqu'aujourd'hui, vous savez, la grippe aviaire vient par des oiseaux sauvages, par l'immigration, deux fois par an.
Donc, on a une chance en Bretagne, je dirais, et le Grand Ouest, c'est que l'immigration passe par le nord, complètement le nord. Donc, le sud, notamment le Morbihan, je vous ai dit, premier département de France en volaille conventionnelle, on est un petit peu moins touché. -Ok. -Alors, on sait que vous aimez la viande, on a bien compris.
Est-ce que vous savez la cuisiner ? En plus, on a commencé à comprendre que vous avez fait une école hôtelière, avec Valérie, on est un peu impatients de savoir. Vous vouliez être restauratrice ? -Mon premier choix, je vais vous dire, d'ailleurs, c'est ce que je dis souvent à mon conjoint, si je gagne au loto, j'essaie d'investir dans un grand hôtel-restaurant avec les meilleurs cuisiniers autour de moi pour retrouver la saveur et reprendre le goût.
Aujourd'hui, dans les plats. C'est pour ça que j'ai choisi un plat mijoté. -Mais vous ne répondez pas vraiment à ma question.
Est-ce que vous aimez cuisiner ? Est-ce que vous avez fait une école hôtelière ? -J'ai cuisiné.
J'ai un peu moins en ce moment, depuis que je suis élue, notamment à la députation, un peu moins de temps. Mais là, je viens d'aménager un agrandissement quand même à 65 ans de ma maison de 50 mètres carrés. Et donc, je me suis fait une cuisine pour pouvoir bien cuisiner. -Oui, qu'est-ce que vous allez y cuisiner alors dans votre cuisine ? -Vous voyez, je vais être honnête, samedi dernier c'était le repas pour ma famille et mes enfants, donc de la fête des mères en avance, puisque pour pouvoir combiner tout le monde... -C'est sympa, donc trois enfants, combien de petits-enfants ? -5 petits-enfants. -Ca commence à faire une belle famille là. -Pour réunir tout le monde, et bien là j'ai travaillé un saumon, j'ai travaillé du saumon avec du yuzu, etc. -Ah ouais ? -J'ai travaillé les enfants. -La grume japonaise, le saumon. -Exactement. -Et j'ai fait un filet de boeuf après. -Saumon et filet de boeuf en même temps ? -Non, saumon non plus. -Toujours la viande quand même. -Justement pour en revenir à la viande, là c'est du veau.
Est-ce que manger le bébé de la vache, ça ne vous pose pas un problème ? -Non, pas du tout. -Pourquoi ? -Pas du tout parce que... quand vous êtes éleveur, vous comprenez que vous allez élever des animaux pour nourrir, et vous êtes très fiers de pouvoir nourrir et bien nourrir la population autour de vous.
Moi, je produis de la volaille en plein air. Je nourris environ quatre mille repas par semaine. C'est-à-dire, je fais mille volailles par... par semaine, une volaille, quatre personnes, ça fait quatre mille repas.
Et vous avez l'exigence d'avoir un bon produit, de qualité, avec une traçabilité, avec une sécurité alimentaire. Imaginez un seul moment qu'il y a un problème. Mais je ne me remets pas psychologiquement.
Parce qu'il y a la passion de l'élevage, il y a la passion de la réussite. -Est-ce que ça s'accompagne aussi de la passion du bien-être animal ? -Oui, certainement.
Le bien-être animal, chaque éleveur...
Alors, vous aurez toujours le petit coin noir que vous allez voir, le petit point noir qui va ramener, qui va faire le buzz. Je ne suis pas d'accord du tout. -Non, ce n'est pas qu'un point noir, vous le savez bien. -Au contraire, le bien-être animal...
Oui, justement. Moi qui suis en élevage de volailles... -C'est vous qui abattez vos volailles ? -Bien sûr.
Si j'ai un abattoir qui est agréé communauté européenne, c'est parce que la direction départementale de la protection des populations est sur place régulièrement, au moins trois ou quatre fois par an. Avec des contrôles inopinés. Je dis bien inopinés.
Imaginez, ici, un inspecteur arrive du travail, là, à l'émission où nous sommes. Inopinés. Donc, ça veut dire que, quelque part, nous avons toujours l'épée d'un mot classe en se disant, est-ce que je suis top dans mon entreprise ?
Donc, qu'est-ce que j'ai fait ? Même moi, éleveur de volaille, je suis allée en formation à Ploufragan. C'est la vie pôle de France le plus conséquent et le plus important.
Et j'ai appris ce que c'est le bien-être animal. -Qu'est-ce que c'est ? -Le bien-être animal, c'est d'abord pouvoir connaître l'environnement de l'animal.
Celui dans lequel, lui, il est bien. Et non pas vous, consommateur, ce que vous pensez ou vous imaginez à travers les films ou à travers les médias. -Ce que vous voulez dire, c'est qu'il ne faut pas faire d'anthropomorphisme.
Il ne faut pas se mettre à la place de l'animal. -Et puis, il y a un moment, il faut vous dire, vous êtes là aussi pour nourrir la population. Nous avons 66 millions d'habitants.
Aujourd'hui, un poulet sur deux arrive de Pologne, d'Ukraine ou du Brésil ? -Brésil, oui. -Est-ce que vous êtes conscient de ce que vous mangez ?
Parce qu'il n'y a pas de sécurité alimentaire. Il n'y a pas de responsabilité. -En tout cas, moins, oui. -Voilà.
Et là, est-ce que les gens s'en rendent compte ou pas ? -Mais pourquoi on a perdu cette souveraineté alimentaire sur le poulet ? Vous êtes bien placé, au milieu des poulettes. -Pourquoi ?
Parce qu'aujourd'hui, on a beaucoup d'ONG qui viennent nous casser les projets, qui viennent mettre des encours avant de pouvoir créer un projet. -Oui, mais on casse des projets français qui sont plutôt vertueux et on laisse entrer des poulets brésiliens qui sont épouvantables ? -Exactement.
Et c'est ça mon gros problème en ce moment, c'est qu'il y a une non-assistance à personne en danger, je vais même jusque-là. Vous voyez ? Parce qu'on laisse rentrer des produits qui n'ont pas la même valeur ajoutée, bien sûr, mais qui n'ont pas surtout cette sécurité alimentation. -Mais les poulets sont souvent transformés après dans des plats cuits. -Et qu'ils soient transformés, c'est très bien. -Non, les Français, ne s'en fichent-il pas un peu une fois que le poulet est parti ?
Ils regardent pas vraiment ? -Deux solutions. Soit vous faites confiance et vous vous en fichez parce que vous avez un autre métier et que vous n'avez pas le temps de gérer.
Soit il y a une partie de la population qui fait attention à ce qu'elle mange. Donc, il faut lui faire comprendre le déroulé d'une production. Du début jusqu'à la fin.
Moi, mes poussins, ils arrivent à un jour. Je les amène jusque l'assiette. Je prends tous les risques de production, de transformation, La gestion de la livraison et je fais, je faisais, car ma fille a pris le relais. -Oui, c'est ce que j'allais dire.
C'est encore très présent chez vous. -Oui, parce que j'habite sur le site de l'exploitation. Et j'ai transmis ces valeurs-là parce qu'on est responsable d'un bout à l'autre de la chaîne. -Oui, mais est-ce que les consommateurs le comprennent, ça ? -Alors moi, c'est mon leitmotiv pour vendre mes volailles en plein air depuis 32 ans.
Et j'ai transmis ce relais à ma fille. Pourquoi ? -Parce que vous les vendez un tout petit peu plus cher, j'imagine, vos volailles. -D'interroger les jeunes, pourquoi ils sont venus prendre mon exploitation plutôt qu'une autre ?
Parce que, un, on a les valeurs du terroir. Deux, on a toute cette responsabilité qui retombe sur nos épaules. Pas sur vous, sur nos épaules.
Le poussin, je dois le suivre. Ensuite, il est en plein air, je dois gérer les parcs. Ensuite, l'abattoir, je dois gérer, avec la DDPP, la qualité et la traçabilité et la sécurité, je dis bien.
Ensuite, je dois trouver mes clients. Je dois sortir de chez moi et aller chercher. -Ces clients-là, c'est vraiment la question que je vous pose.
Est-ce que vous comprenez que toutefois, les consommateurs se dirigent assez naturellement vers des produits qui sont moins chers ? Parce qu'on le sait, ils n'ont plus assez de pouvoir d'achat. Donc comment on fait pour lutter contre ça ?
Vous avez une entreprise et une façon de faire qui est vertueuse, on le comprend, mais elle a un coût. -Elle a un coût de production et c'est normal aujourd'hui que le coût de production soit aussi dans le prix de la volaille. Chaque heure de travail, les vôtres, elles sont rémunérées, les miennes aussi.
Et j'aimerais que tous les agriculteurs puissent parler comme ça. -Comment on fait pour convaincre les consommateurs de se diriger vers une volaille française qu'une autre ? -Parce que cette traçabilité et cette sécurité alimentaire, je dis bien, on doit l'expliquer encore, encore et encore. -Allez, pour faire une bonne blanquette de veau, on quitte les volailles, on retourne sur le veau.
Il faut savoir trois choses que Jean-Pierre va nous dévoiler tout de suite. -Oui, et je vais parler sous la responsabilité de Nicole Le Peih, qui sait faire et qui a appris sans doute à faire une bonne blanquette dans son école hôtelière. Alors d'abord, c'est classique et ça lui fera plaisir.
Il faut bien choisir les morceaux de viande. -Exactement. Parce que c'est très important.
La matière première dans une blanquette. Et l'idéal est de réunir de la viande grasse, comme l'épaule, le collier, et de la viande entrelardée. Madame Le Peih sait ce que c'est, c'est-à-dire que c'est une viande maigre avec quelques petits filaments de gras. -Et donc ça donne un peu de graisse et de moelleux.
Pour la rendre encore plus fondante, cette viande, parce qu'il faut la valoriser, vous la faites blanchir, Valérie, un peu dans de l'eau. -Et pas rôtir. -Non, et blanchir.
Blanchir, c'est un terme très précis dans le jargon culinaire. On la met dans l'eau bouillante quelques secondes, ça va l'attendrir. Ensuite, on la rince pour enlever les petites impuretés.
On la réserve, comme on dit dans le jargon, et on va la préparer. Ensuite, vous placez les morceaux de viande dans de l'eau froide et salée. Vous ajoutez votre garniture aromatique, une carotte, un blanc de poireau, une branche de céleri, un oignon piqué d'un clou de girofle.
Ce n'est pas forcément, d'ailleurs, ces légumes que vous retrouverez ensuite... -C'est ce que j'allais dire. -Ca dépend.
Il y a plusieurs recettes. Vous pouvez aussi faire un bouillon de légumes à côté avec vos légumes et les mettre au dernier moment. La blanquette, il y a plein de façons de la faire.
Et on finit avec, oui, on passe le bouillon au chinois. Ca, c'était mon point deux. On réserve.
Et puis, à la finition, avec cette fameuse sauce qui fait débat. Oui, mais qui fait des bains et qui va donner de l'onctuosité à cette sauce. Alors, soit on prépare un roux.
Vous savez ce que c'est qu'un roux ? C'est une petite béchamel sans lait. Et on met du bouillon, puis on le monte progressivement, puis on le met ensuite, on l'incorpore.
Ca va donner un petit côté épais et moelleux avec la farine. Il y en a d'autres qui rajoutent un jaune d'oeuf et de la crème. Il y en a même qui mettent les deux.
Et j'ai même vu sur les réseaux sociaux, entre Lignac, Piège, etc., tout le monde se bagarre. -C'est très onctueux. -Voilà.
Madame Le Peih, vous faites comment ? Vous avez un secret ? -La sauce, c'est quoi chez vous ? -Je pense que le temps, c'est surtout le temps de cuisson. -Oui, après... -Alors, on pourrait aller à l'excellence, mais bon, est-ce qu'on a le temps de le faire ?
Le veau de cette heure, comme l'agneau de cette heure. -Bien sûr. -Non, mais vous le préparez comme vous l'avez dit, et ensuite, vous le mettez en cuisson lente, à 180 degrés, à peu près.
Pendant sept heures. -Et vous mettez des oeufs ou pas dans votre sauce ? -Alors, bon, la richesse du goût veut que le jaune d'oeuf apporte cette onctuosité. -Très bien.
Et alors, pour accompagner ce plat vous nous avez ramené, une fois n'est pas coutume, Jean-Pierre, on a plutôt l'habitude de boire du vin ici, mais alors cette fois, c'est du cidre. Parlez-nous un peu de ce cidre qui nous vient donc de Beau, le verger de Beau. -Alors déjà, "Yec'hed mat". -Ah, c'est du Breton ça. -Oui, à la vôtre, à votre santé. -Je ne sais pas ce que ça voulait dire.
On peut répéter ? -Yec'hed mat d'ac, à votre santé. -Yec'hed mat d'ac. -Voilà, tout simplement parce que le verger, c'est un couple déjà qui a démarré en plantant des vergers en sortie de la ville de Beau, en périphérie de la zone industrielle et artisanale.
Et je me suis dit, c'est un beau challenge de pouvoir aussi associer ville-campagne, c'est ce que je veux dire. Et donc, ils ont amorcé leur entreprise avec la création et la plantation de pommiers. Ensuite, ils ont créé leur cidre, etc.
Et ils ont ouvert aujourd'hui à différents produits des terroirs, notamment des produits locaux. -Oui, j'ai vu ça, des fromages, d'autres vins. -Et aujourd'hui, vous voyez une clientèle qui fait le déplacement, quitte à manger moins, mais manger meilleur.
Et moi, je suis dans ce leitmotiv depuis que je me suis installée en agriculture, en 1990. Quitte à manger moins, mais manger meilleur. Et on s'y retrouve. -Oui, alors comme je me suis un petit peu renseignée sur ce verger de Beau, j'ai vu en effet qu'ils avaient cette boutique, on peut l'appeler comme ça, il y a de la viande, il y a même une boucherie, donc il y a de la viande, il y a du fromage, il y a d'autres boissons.
Est-ce à dire que, ça vous parle vous le local, vous êtes locavore ? -Alors moi je suis assez locavore, mais j'entends qu'on peut avoir envie de manger de l'ananas à Noël en dessert. -Ca, ça ne vous dérange pas ? -Non, ça ne me dérange pas parce qu'à un moment, il faut aussi se poser la question.
Est-ce qu'on veut vivre en autarcie ou est-ce qu'on peut s'ouvrir aussi aux autres pays ? Mais garder la maîtrise de la qualité. Et c'est là que je me retrouve avec, malheureusement, des produits importés.
On n'a pas la lecture de la production. Et c'est ça qui dérange un petit peu le consommateur. Il y a une forme de locavore et une forme aussi, je dirais, de personnes qui choisissent de consommer moins, mais consommer meilleur. -Une toute dernière petite question, du coup, le Mercosur, ça vous inquiète ou vous signez, vous ? -Alors, justement, ça m'inquiète.
En l'état où il est écrit, il m'inquiète. C'est ce qu'on a dit encore hier avec Madame Annie Genevard, la ministre. Il nous faudra certainement mettre des garde-fous, c'est-à-dire qui ne sont pas suffisants pour l'instant. -C'est ce que dit Macron d'ailleurs. -Absolument.
On est dans ce même chemin et ce même schéma et il nous faudra être vigilants. Vigilants parce qu'il y va de la pérennité de nos entreprises, parce que nous, nous avons fait des efforts depuis... les années 80, 90, sur une formation aux agriculteurs pour pouvoir consommer moins d'intrants, consommer moins d'insecticides, etc., pour pouvoir avoir une qualité de produit.
Alors certes, il a fallu faire des rotations de culture, certes, il a fallu aménager certaines productions, échanger parfois aussi nos productions. Aujourd'hui, mon mari produisait du colza. On arrive à faire aujourd'hui de l'huile de colza.
On ne le faisait pas avant. Il y a un changement climatique, vous l'avez bien compris, qui fait que nous retrouvons avec différentes productions. Et plus de féveroles, etc.
Pour pouvoir garder le carbone dans le sol aussi. -Voilà, c'était pour vous faire rebondir à ce que vous venez de dire à l'instant. C'est-à-dire qu'il ne faut pas s'enfermer non plus sur nous, mais s'ouvrir aussi sur le monde. -Absolument. -Pas totalement opposée à tout ça.
Dans cette émission, comme dans votre parcours, Madame Le Peih, on élève les animaux comme on élève les idées. C'est maintenant l'heure du quiz. -Alors vous, la Bretonne, vous avez été sans doute biberonné, je ne sais pas, au cidre, mais aussi à l'huître.
Autant dire que le coquillage, ce coquillage, n'a plus de secret pour vous. Sauriez donc vous nous dire si ces affirmations concernant l'huître sont vraies ou fausses ? Il lit.
Et c'est historique parce que c'est l'une des toutes premières concernant le partage de la pêche entre nos deux pays. Est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est faux ? Convention signée en mars 1934, entre pêcheurs anglais et français à propos de l'huître que tout le monde se disputait.
On l'a bien compris ? -Alors ça, je ne saurais pas vous répondre. Je vais être claire.
La date, je ne saurais pas non plus. Et ayant une circonscription, moi, qui est essentiellement rurale, qui ne touche pas le littoral, je suis moins renseignée sur l'huître. Par contre, j'adore déguster les huîtres. -C'est un peu comme les fake news, il y a un peu de vrai et un peu de faux.
C'est vrai, mais c'est en 1834 C'est bien avant, c'est un siècle plus tôt. Et effectivement, c'était déjà la guerre qui faisait rage. Et on a signé cette convention après la mort d'un patron de pêche, braconnier, anglais, tué par un garde-côte français.
Donc du coup, ce drame avait conduit à cette signature. Il lit. Est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est faux ?
Durant l'Antiquité. -Durant l'Antiquité ? Peut-être. -C'est faux.
Au contraire, durant l'Antiquité, l'huître était appréciée pour ses vertus culinaires, diététiques et aphrodisiaques. J'aime pas les huîtres. Il lit.
Est-ce que c'est vrai ou faux ? -Vrai. D'autant que là-bas, elle se consomme sous toutes les formes, certes crues comme nous, mais aussi frites, rôties, marinées... fumée ou même en hot dog.
C'est bon pour vous, ça. -Et cuit au champagne. -Donc, New York, capitale de l'huître.
Enfin, D. Rançon de cette gloire, l'huître est victime de surpêche. Donc, va germer l'idée de sa culture.
Il lit. Vrai ou faux ? -Je ne sais pas là. -Faux.
On le doit à Victor Coste, professeur d'embryologie au Collège de France, qui s'est inspiré d'une technique de captage des naissains, des bébés huîtres, utilisée par les Romains pour inventer l'ostréiculture. Donc c'est français, l'ostréiculture. -Allez, on continue avec le second quiz qui, cette fois, nous emmène à l'Eglise.
Un tout nouveau pape, vous le savez, mais les traditions qui perdurent. La religion catholique fut une source incroyable d'inspiration pour notre gastronomie. Saurez-vous nous dire si les prochaines affirmations sont vraies ou fausses ?
Elle lit. -Oui. -C'est vrai, absolument, en XVII, pendant la révolte des Chouans.
Elle lit. -Oui. -Alors, Alors, il y avait un piège. -Le Jésus, c'est un saucisson. -Eh bien oui, mais pas à cuire.
C'est un saucisson sec. -Voilà. Mais saucisson sec de Lyon, oui.
C'est la capitale. -Mais vous avez quand même saisi le petit piège. -Mais si vous faites cuire le petit Jésus, vous allez vous faire engueuler par les lyonnais. -C'est moins bon.
Petit c. Elle lit. -Ah ça, je ne sais pas. -Eh bien, c'est vrai.
C'est vrai, nom donné par le pâtissier pour remercier le pape Pius VII. Et puis, dernière affirmation...
Elle lit. -Je crois, oui. -Non, c'est faux. -C'est faux ? -C'est faux.
Si vous mangez un jour de l'oreille de Judas, c'est un champignon noir. Autre nom de l'auriculaire très prisé dans la cuisine chinoise. -Il y avait un peu de vrai. -Exactement.
On passe à la dégustation de vos souvenirs tout de suite dans a Brève de comptoir. Alors, Madame Le Peih, pour préparer cette émission, vous a demandé de plonger dans votre mémoire et de retrouver un souvenir politique. Et vous allez nous parler d'une personne qui a tout simplement débarqué chez vous à l'improviste.
C'est ça ? -Alors, je corrige un petit peu. A l'improviste, c'est pas tout à fait quand même, vu la personnalité.
Mais j'ai eu l'occasion de rencontrer M. Jean-Yves Le Drian, qui... pas à l'improviste, mais m'a appelée deux jours après, en mai 2015, un certain vendredi à quinze heures, et donc a souhaité me rencontrer avec mon conjoint dans notre maison.
Donc, il faisait très froid ce jour-là, la cheminée était encore allumée, et nous avons dégusté le phare breton avec un café et devant la cheminée. Et vous savez comment on se tient devant une cheminée, on est devant, on regarde le feu, mais on se met souvent debout derrière et on s'échauffe. -Il faisait un froid de canard. -Il faisait un froid de canard et on était au mois de mai. -Vous l'aviez fait vous-même le phare breton ? -Oui. -Donc il l'a apprécié Jean-Yves Le Drian ? -Et oui.
Et comme il dit souvent, j'aime beaucoup les quignons de pain. -Ah, qu'est-ce qu'il vous proposait ce jour-là ? Pourquoi il était venu chez vous ? -Nous étions en 2015 et il y avait la proposition de l'accompagner dans la liste des élections régionales.
Donc fin 2015, au mois de décembre 2015. Et donc après mûre réflexion, j'ai accepté le challenge. -Très bien, allez, on vous l'a promis en tout début d'émission. -Juste une petite chose, parce qu'après on va passer au dessert.
Je ne sais pas si M. Le Drian a dû...
Mais vous nous avez apporté des petites chips de Sarrazin. Un mot, parce que peut-être qu'à l'apéro avec M. Le Drian, vous lui en avez offert ? -Pas ce jour-là, mais j'avoue que la galette de Sarrazin, c'est quand même quelque chose de très précieux.
C'est une galette de Sarrazin qui est chipsée. Par un petit producteur et une crêperie très connue, le Sarrazin, d'où son nom, sur le petit bourg de Saint-Thuriau, qui ceinture la ville de Pontivy. Excellente, craquante. -C'est un peu salé, c'est addictif. -Et vous l'avez dit, addictif. -C'est merveilleux. -Je confirme. -J'achète. -Salé, mais addictif. -Et meilleur que la pomme de terre, en termes de calories et de santé ? -Allez, d'autres choses. -C'est à l'apéritif.
Apprécions les petits moments. -Allez, on vous l'a promis en tout début d'émission. On vous emmène maintenant dans votre sublime Morbihan où malheureusement, il y a plus de fermes que de fermiers.
La transmission des exploitations, un défi majeur pour l'agriculture. On en parle tout de suite dans le dessous des plats. Jean-François Le Bourhis produit du lait à Guiscriff.
Mais depuis le départ de son frère, il n'a plus la force de s'occuper des cinquante vaches qui constituent son cheptel. Le coeur lourd, il a donc décidé récemment de céder son exploitation. Mais les agriculteurs voisins semblent plus intéressés par le foncier que par la ferme dans son intégralité.
Il a raconté ses difficultés à Matéo Stéphan et Juliette Prunier. Regardez. -A 54 ans, Jean-François s'est lancé dans une course contre la montre.
Dans quelques semaines, son exploitation laitière sera liquidée. Sa priorité, trouver un successeur. -Le souci, il est là, donc les futurs repreneurs ne sont pas...
Ca ne court pas les rues, comme on dit, quoi. -Installé depuis 32 ans dans cette exploitation, Jean-François n'imaginait pas devoir s'en séparer un jour. -Allez, avance ! -Mais en 2021, il est victime d'un accident du travail.
Chargé par l'un de ses taureaux, il est hospitalisé une semaine. -Généralement, les accidents, ils arrivent toujours dans une période où on est un peu surchargé et puis on ne fait peut-être pas assez attention. C'est ce qui a provoqué l'accident.
Donc ça aurait pu me coûter la vie parce que j'aurais pu y rester. -S'ajoute la même année le départ de son frère de la ferme et un important trou dans les caisses. -Quand mon frère est parti, il a fait que je rachète les parts de mon frère, malgré qu'il avait un compte associé déficitaire.
Donc j'ai bien été complet. Finalement, c'est moi qui encaisse la perte, si on veut. -Et la perte, c'était combien à ce moment-là ? -Il y avait 60.000 euros.
Enfin, c'était 63, mais 63.000 euros. -C'en est trop.
Pour Jean-François, il souhaite céder son exploitation, mais aucun repreneur ne désire poursuivre son activité. -J'ai des acquéreurs là à côté. Les exploitants sont venus me voir, mais bon, ils veulent un morceau.
C'est ce que je leur ai dit. Moi, ça ne m'intéresse pas. Mon projet, c'est de...
C'est un couple qui s'installe ou un jeune, n'importe qui. Je ne veux pas que le paysage soit dégradé par quelque chose. Je veux que l'exploitation reste. dans le système qu'il y a actuellement.
Je ne veux pas que ça parte en culture, parce que généralement, quand ça va en agrandissement, les terrains comme ça, ils vont tous en culture. -C'était le cas pour cinq des six derniers départs à la retraite d'agriculteurs dans cette commune. Seule une exploitation a trouvé un repreneur pour poursuivre l'activité. -Nicole Le Peih, quand on écoute cet agriculteur, on comprend qu'aucun repreneur ne veut reprendre sa ferme.
Comment on essaye de convaincre les jeunes aujourd'hui de s'investir dans cette profession si difficile ? -D'abord, je voudrais rendre un premier hommage à Jean-François Bourhis, que je connais bien, puisqu'il a dit qu'il avait 32 ans de... de travail derrière lui, dans son exploitation, c'est exactement le même temps pour moi, et nous étions ensemble sur les groupes de développement agricole, puisque j'ai porté la présidence pendant des années, et il était dans le bureau avec moi.
Il se trouve qu'il y a aussi une génération qui a travaillé tête dans le guidon, et j'en fais partie, parce que je vous raconte l'anecdote, mes enfants m'ont dit, le jour de mes 60 ans, qu'on était les derniers des Mohicans à avoir travaillé comme on l'avait fait. Et je me suis dit, ça veut dire que, quelque part, aujourd'hui, la nouvelle génération ne veut plus travailler, je dirais, autant, parce que là, avec des animaux vivants, avec de la terre, avec des productions, mais c'est bien du sol, le sol est vivant aussi, vous avez un temps important de surveillance, de présence. La nouvelle génération... -C'est pas un ordinateur qu'on éteint. -Oui.
La nouvelle génération, je pense qu'elle veut réorganiser et a besoin d'une qualité de vie et d'une quiétude, on peut comprendre. Et peut-être que le schéma, même si on a essayé de le transmettre, c'est compliqué. -Et c'est notamment ce qu'a fait votre fille avec votre ferme.
Elle explique, notamment dans un article que j'ai pu lire, qu'elle a fait des modifications. Elle a essayé de changer un petit peu la manière de travailler, tout en reprenant la ferme. -Jean-François l'a dit.
Il a dit, j'aurais pu y passer parce que, à force d'être la tête dans le guidon, j'étais imprudent sur un moment. Parce que la charge de travail faisaient, je dis bien faisaient, que parfois nous étions borderline, comme on dit. Et donc, ma fille, voulant, choisissant de reprendre notre exploitation, après un parcours de Bac plus cinq, avoir fait le tour du monde et avoir travaillé dans le marketing, etc., choisit de revenir.
Pourquoi elle choisit de venir sur notre exploitation ? Parce qu'elle est en accord avec la vision sociétale d'aujourd'hui. Quitte à faire moins, faire meilleur, en plein air, maîtriser les coûts de a à z, responsabilité du produit.
Il faudrait que vous l'interrogiez, ce serait elle qui vous le dirait mieux que moi. Et ça, c'est le challenge de la génération d'aujourd'hui. Mais, à côté, il faut que le salaire soit correct.
C'est fini la vie d'avant. -C'est un vrai problème pour les agriculteurs. -Et tant mieux, je peux vous dire.
Ma maman, à l'âge de 87 ans, six cent cinquante euros de retraite. Et le pire, la non-reconnaissance, puisque les courriers arrivaient toujours au nom de monsieur le sergent Joachim, mon papa. -Les femmes agricultrices, c'est très compliqué. -Vous savez, la MME à côté.
Même pas la reconnaissance ni du nom ni du prénom. Donc ça, j'ai toujours lutté. -Ce qui est important dans la transmission, on a peut-être lu le même article, Valérie, c'est un mot qui revient, c'est la douceur.
Ca s'est fait en douceur, cette transmission. Est-ce que c'est le secret de la réussite d'une transmission ? On se dit qu'avec ce monsieur, ça ne va pas être en douceur parce qu'il n'y a pas de repreneur, il va peut-être falloir forcer les choses.
Elle est venue d'ailleurs, vous ne le dites pas, elle est venue d'abord travailler comme salariée dans l'affaire. -Absolument. -Et ensuite... -Je pense que mes enfants ont tous donné un coup de main à la ferme, etc.
Ma fille était intéressée par la partie commerciale. Parce que là, vous l'avez ou vous ne l'avez pas. Il faut être clair.
Parce que nous, notre valeur ajoutée, c'est la transformation et la vente directe. Bien d'accord. Donc c'est là qu'on fait notre marge.
Mais c'est un risque énorme que vous prenez aussi. Et on a six salariés. Ma fille a repris les salariés de l'entreprise. -Que des femmes ? -Non. -Vous n'aviez que des femmes, vous, pendant un temps. -Oui, il fut un temps. -Et la parité, madame ? -Oui, je sais, mon mari m'a dit, je suis très contente de voir des hommes arriver aussi.
Vous voyez ? -Ca s'équilibre. -Non, c'est une petite entreprise familiale, il faut rester à son humble niveau.
Mais à la fois, en fait, travailler le territoire, Et on structure le territoire. -Ca, c'est votre exemple à vous, mais vous le savez bien, sur l'intégralité de l'Hexagone, on va perdre dans les dix prochaines années 50 % de nos agriculteurs. Voilà, un sur deux. -Sans doute, je dis bien. -Et comment on fait ?
Est-ce que la loi d'orientation agricole, elle répond correctement à ça ? Est-ce que ce bachelor agriculture va aider les jeunes à reprendre les fermes ? -Je crois que oui, parce que je vais vous avouer quelque chose.
Jeudi dernier, j'ai fait Paris-Pontivy, à nouveau, pour pouvoir remettre le diplôme bachelor, licence trois, bac plus trois, si vous voulez, en simple, à des futurs agri-Managers. Et ils étaient tous de la Bretagne, du Grand Ouest, on va dire du Grand Ouest. Et quelque part, je voyais les challenges dans les yeux de ces gars et de ces filles de réussir un projet, c'est-à-dire de mener.
Et peut-être avec moins de scrupules que nous, le qu'en dira-t-on ? Alors là, ça leur passe vraiment loin. Et mettre l'accent sur, un, la production, deux, la traçabilité, trois, je dirais même plus, l'efficacité et la productivité.
Quitte à changer peut-être dans dix ans, dans quinze ans. Et pourquoi pas ? Pourquoi le métier d'agriculteur, on ne pourrait pas pendant dix, quinze ans, travailler sur un territoire, travailler dans une exploitation, et puis dans quinze ans, aller dans la cuisine, comme moi, pourquoi pas ?
On a la gastronomie. Pourquoi pas ? Pourquoi pas changer ?
Et les challenges, c'est autre chose. Donc du coup, vous vous projetez. Je dirais, le côté pervers de notre génération, la mienne, c'est qu'on ne s'est pas approchés.
On était agriculteurs, on y allait jusqu'à la fin. Et donc, beaucoup de gens ont galéré. J'ai, personnellement, dans les groupes de formation grâce à la Chambre d'agriculture, on a pu avoir...
Et entendre des témoignages d'agriculteurs qui disaient, moi j'ai repris la ferme parce que mon père m'a dit, t'as intérêt de la reprendre parce que sur tes épaules repose, un, le qu'en dira-t-on de la famille. -La famille. -Voilà.
Donc certains ont repris une exploitation et ce n'était pas vraiment leur choix de vie. Et donc, vous portez toute une vie quelque chose que vous n'avez pas vraiment choisi. La nouvelle génération d'aujourd'hui arrive avec des compétences extérieures, avec, je dirais, des diplômes, et il en faut quand même, notamment pour la gestion.
D'ailleurs, ma fille, quand elle a fait son diplôme, même avec Bac plus cinq, on lui a redemandé de faire une vae. -Oui, une validation d'acquis. -Ok.
Elle fait une validation d'acquis et trente pour cent de son rapport sur les RH, gestion du personnel aujourd'hui. -Ok. C'est plutôt une bonne chose. -Exactement. -Oui, parce qu'il a tout réorganisé, je crois. -On n'avait pas assez amorcé ça avant.
Et aujourd'hui, sur les exploitations, il y aura des familles. -Vous avez plutôt bon espoir que, finalement, le métier... -Moi, j'ai l'espoir.
Certainement, il y aura de l'agrandissement, on va être honnête. Un peu d'agrandissement. Mais il y aura aussi des beaux challenges à faire. -Allez, maintenant, on prend la route.
La nationale, très précisément. Et on vous emmène déjeuner dans un relais routier. C'est tout de suite dans les pieds, dans le plat. -La France en a compté jusqu'à 3500 dans les années 70.
Aujourd'hui, les fameux routiers sont dix fois moins nombreux le long de nos routes nationales, désertés par une grande partie des chauffeurs de poids lourds. Ils ont donc dû séduire une autre clientèle, des locaux, des familles, des touristes avec des formules à volonté souvent et des prix très bas. C'est un reportage au Bordeaux National XIII de Stéphanie Despierre et Juliette Prunier. -Un cercle blanc sur fond bleu et rouge.
Ce label, les routiers, existe depuis 80 ans. Au bord de la nationale treize, tout près de l'autoroute Paris-Normandie, ce relais est une institution. -Salut !
Ca va ? Un kir, une Affli et deux kirs. -Alison Bernard et son mari l'ont racheté il y a deux ans. -Je vous laisse aller tout au bout du couloir, ils vont vous installer, je vous souhaite un bon appétit. -Ils ont gardé la recette gagnante, menu complet à seize euros et cuisine traditionnelle. -Boeuf bourguignon, saumonette, sauce safranée, rognon de boeuf, sauce madère et sa purée, pavé de rhum steak, jambon grillé ou steak haché. -En cuisine, le patron s'active.
Il y a 25 ans, Nasser était apprenti ici, alors il est rôdé. -Ca, c'est le jus du bourguignon. -Il prépare au quotidien deux plats du jour. -Vous voyez, là, on est au coeur de la restauration traditionnelle.
Le rôti hors l'oeuf, en fait, ça consiste à...
à glisser entre deux tranches, une tranche de jambon ainsi qu'une tranche d'emmental. Ca marche très très bien les plats du jour dans un restaurant routier. Ca me coûte moins cher, vous voyez, de faire un mon rôti Orloff maison aujourd'hui que de l'acheter déjà tout prêt.
Je me casse la tête pour arriver à sortir des menus à seize euros. -Le prix, c'est décisif pour convaincre les routiers et les autres. -Un restaurant routier, ça ne peut pas tenir juste avec nos chauffeurs le soir.
Si un restaurant routier n'arrive pas à faire travailler son restaurant le midi, il est mort. -Car depuis une vingtaine d'années, les routiers ne s'arrêtent que le soir, plus à l'heure du déjeuner. Ce midi-là, Jérôme est le seul chauffeur dans la salle. -Ca se perd un peu parce qu'il y a beaucoup de personnes suivant les moyens aussi, certainement.
Il y en a beaucoup qui mangent dans le camion. -Des ouvriers, des salariés, des usines voisines et quelques touristes assurent la relève. -Le boeuf bourguignon frites. -Ils apprécient ce qui fait le sel d'un routier. -C'était très bon et franchement, comme ma grand-mère. -C'est à côté de notre chantier qui est à même pas un kilomètre.
Et puis les prix sont attractifs. -C'est pas trop cher et puis on mange bien. -On n'ose pas rentrer parce qu'on pense que c'est réservé aux routiers justement.
C'est pas du tout le cas, il faut venir. -Ici, il y a 20 ans, on servait trois cents repas par jour. Aujourd'hui, c'est plutôt cent cinquante.
Mais le patron reste déterminé à entretenir cette tradition du resto routier. -Vous venez de nous avouer, si vous gagnez à l'euro million, vous montez un restaurant. Vous préférez monter un relais routier ou un étoilé ? -Franchement, je prendrais un étoilé pour la qualité et le nec plus ultra de la cuisine française. -Il faut la conquérir. -Bien sûr.
Mais ça ne m'empêche pas de fréquenter les routiers. Je suis allée avec mes collaborateurs. Le routier le plus près de ma permanence, il est à Bonvalon, ce qu'on appelle Bonvalon.
C'est une zone, une petite zone. Et on y va avec mes collaborateurs parce que. J'ai vu l'autre jour, d'ailleurs, le lundi, pour dix euros, vous avez un plat, un dessert, une boisson. -Mais de qualité ? -Eh bien... -Ou c'est... -Alors, justement, cuisiner à l'ancienne. -Voilà. -Et je me dis...
Pourquoi pas un plat chaud, un dessert et une boisson, pour des gens qui roulent, qui ont... -Alors, on a compris, c'est qu'il y a de moins en moins de camionneurs.
Ils mangent dans leur camion, il y a une paupérisation du travail de routier. -A dix euros, chapeau le chef cuisinier. -C'est ce qu'il dit, il dit que c'est un casse-tête. -Exactement.
Et là, vous voyez, le travail en plus, que l'on ne voit pas derrière, c'est la gestion des produits qui composent le menu. Pour sortir un revenu. -Est-ce que ces routiers-là font partie du patrimoine français ? -Absolument.
Et aujourd'hui, on voit une nouvelle clientèle, d'ailleurs. Ils savent séduire une nouvelle clientèle qui arrive, de papi et mamie, qui arrivent en retraite aujourd'hui, qui viennent entre copains jouer la belote l'après-midi et ont déjeuné avant au relais routier. -Qui ne garent pas leurs 38 tonnes sur le parking.
Il n'y a pas la peine d'être camionneur pour entrer dans le relais. -Non, justement, mais pourquoi pas ouvrir aujourd'hui ? Et peut-être cette cuisine du plat chaud, cuisine à l'Ancienne, et de lutter contre l'isolement. -Oui, ça apporte du lien social, ce genre d'établissement. -Je vous fais une confidence.
Ceux qui me regardent, ils vont sourire. Je ne déjeune ou je ne dîne jamais seule. Jamais, jamais, jamais. -Vous avez tort, c'est très sympa. -Mais moi, je n'aime pas non plus. -Je ne suis pas sûre.
Moi, j'ai le besoin du contact. Pourquoi j'aime l'hôtellerie ? Pourquoi j'aime la restauration ?
Je pense que j'aime le contact. Je pourrais vous en raconter d'autres. On n'aura pas le temps. -Non, non, je disais, est-ce qu'il faut aider ces établissements ?
Il faudrait peut-être les subventionner, les mettre plus en valeur ? Parce qu'ils sont... -Déjà, de faire découvrir la qualité des produits.
Parce que je pense que le relais routier...
Voilà. -Il y a un mépris de classe, parfois. Il y a une mauvaise réputation. -D'ailleurs, on retrouve la même chose.
Si tu ne travailles pas à l'école, tu iras travailler à l'usine. Aujourd'hui, quand vous voyez le niveau des gens qui travaillent dans les usines, et la responsabilité qu'ils ont, un, sur les machines, deux, le produit qui va en sortir, c'est quelque chose. -Comment on fait pour lutter contre ces préjugés-là, notamment sur les routiers ? -Je pense qu'aujourd'hui, ça va se faire tout simplement parce que l'accès, les produits, la variété de la carte, etc., accessible à des prix mais bien serrés, et d'où l'importance d'une gestion très pointue de la productivité. -Alors ça me fait penser, on en a déjà parlé dans cette émission, quand on voit la recette des relais routiers, prix traditionnels, boeuf bourguignon, gratin dauphinois, à prix serré, ça me fait penser au succès des bouillons, qui sont un peu le pendant urbain des routiers.
Est-ce que vous fréquentez aussi ces bouillons qui ont retrouvé une seconde jeunesse ? -Mes enfants connaissent très bien les bouillons, les 2 qui étaient sur Paris. -C'est marrant parce que c'est les mêmes leviers qui fonctionnent. -Oui, tout à fait. -Là aussi, il faut une gestion au cordeau. -Oui, exactement.
La même image et puis ce côté aussi bien au chaud, chaleureux, cocooning un petit peu. Et c'est peut-être ce qui manque aujourd'hui dans une société qui est parfois anxiogène de par tous les conflits que nous voyons, qu'ils soient climatiques, qu'ils soient je dirais politiques ou qu'ils soient économiques. Quelque part, ce besoin aussi d'être rassuré, d'être bien chez soi.
Vous voyez ce que je veux dire ? Et ça, il y en a un au Place du Martray à Pontivy. Vous avez une femme. -Pas que dans les grandes villes, donc je suis désolé.
Dans les territoires aussi, il y a des bouillons. -Absolument. -Je vous invite la prochaine fois sur Pontivy. -Très bien, c'est noté.
Et comme on ne termine jamais un repas sans une note sucrée, c'est maintenant l'heure du péché mignon. -Clafoutis. Le clafoutis, c'est un gâteau qui est originaire du Limousin, traditionnellement composé bien sûr de cerises entières, non dénoyautées, parce que c'est le noyau qui va donner du goût au gâteau, et entièrement recouvert d'un appareil à flanc, comme on dit dans le jargon de la restauration.
Mais vous avez préféré les pommes, c'est votre côté chauvin, votre côté breton, et vous préférez les pommes aux cerises bretonnes. -J'assume parce que la pomme, tout simplement, mes parents avaient des vergers, et le fruit quotidien, c'était la pomme. J'ai mangé énormément de pommes.
J'ai une confidence là-dessus, si vous voulez. -On vous écoute. -1976, sécheresse.
Les fruits, hors de prix. J'étais en déplacement, j'allais apprendre l'anglais pendant l'été en Angleterre, etc. Et donc, en revenant, mes parents viennent me chercher, à l'époque j'avais seize ans, mes parents viennent me chercher, et je me rappellerai toujours, à l'arrière de la R-XVI, il y avait un clayette de pommes, avec les pommes que j'aimais.
Alors, j'ai adoré. -Meilleur cadeau de retour sur le territoire. -Ca marque encore... -Vous avez failli voter Chirac, même, avec les pommes, non ? -Je vous propose de le goûter.
Est-ce que vous le faites chez vous, le clafoutis de pomme ? -J'ai fait très longtemps. C'est sans doute la première recette que ma maman m'a apprise, avec la mayonnaise.
Et puis, les premières recettes, c'était le clafoutis, parce que c'est simple. Parce que la pomme est accessible, vous l'avez à côté. -Alors...
Justement, on parle des pommes. Est-ce que vous avez une préférence pour les pommes bio ? Je vous parle de ça et vous me voyez venir.
On sait très bien que c'est le fruit en France qui est le plus traité. Comment vous répondez à ça ? Est-ce que ça a de l'importance pour vous de peut-être manger des pommes avec un peu moins de pesticides, un peu moins de produits chimiques ? -J'avoue que j'ai connu que les pommes qui n'étaient pas traitées dans le verger sauvage de mes parents.
Alors aujourd'hui, pour la conservation, parce que le client est exigeant, il est versatile. Il veut tout, tout de suite. Il veut consommer tous les fruits, tout de suite.
Mais il ne s'interroge pas, quand il le consomme, sur la provenance, souvent, sur cette sécurité alimentaire que je disais. Donc, quelque part, il est versatile. Donc, moi, je veux bien qu'on ne traite plus les pommes du tout. -Mais c'est ma question.
Quel est votre avis à vous ? -Ca va être compliqué de les conserver. -Vous qui avez mangé donc des pommes sans aucun pesticide. -Aujourd'hui, avec les variétés de pommes, avec justement tout un travail qui est fait par la recherche, on arrive aujourd'hui à pouvoir cultiver et produire des pommes, des poires, etc. avec moins d'un tronc qu'avant.
Dix fois moins d'un tronc qu'avant. Aujourd'hui, vous avez...
Des traitements comme je vois, il y a eu une porte ouverte sur notre exploitation où on a fait traîner derrière un tracteur. Et qu'est-ce qu'elle fait ? Entre deux rangs, elle enlève les adventices, ce qu'on appelle les mauvaises herbes, les adventices.
Elle les enlève, ok ? Il faut passer une fois, deux fois, trois fois. Mais du coup, on tasse la terre, du coup, on utilise trois fois plus de gasoil et on paye trois fois l'heure de travail du chauffeur de cumin. -Oui, vous dites, c'est mécanique, donc forcément, c'est meilleur pour la santé. -Oui, c'est mieux. -Mais ça a un coût. -Ca a un coût.
Est-ce que vous êtes capable, aujourd'hui, d'acheter le kilo de pommes ? Plus cher. -Qu'est-ce qu'on fait pour proposer aux consommateurs de meilleurs produits ? -Puisqu'on est bien d'accord que l'heure de travail doit être rémunérée, chez vous comme chez nous. -Bien sûr, mais qu'est-ce qu'on fait pour proposer aux consommateurs de meilleurs produits, sans produits chimiques ? -Déjà aujourd'hui, il y a un effort de fait, mais qui n'est pas assez divulgué à mon avis, sur moins d'intrants, énormément d'intrants en moins. -Et là, le retour de l'acétamipride ? -L'acétamipride, on y est, on va y travailler la semaine prochaine, c'est une molécule, celle qui est acceptée dans les 26 pays européens, sauf la France.
Parce qu'en 2016, il y a eu une erreur de faite, et c'était en France qu'elle a été faite, on a enlevé tous les néonicotinoïdes. -Oui, pour sauver les abeilles. -Alors, je ne dirais pas ça parce que ça dépend ce qu'on veut faire.
Les abeilles, par exemple, on en parle de la betterave. Les abeilles ne vont pas sur les fleurs de betterave. Il faut réfléchir un petit peu.
L'acétamipride, c'est la molécule la moins dosée. Et d'ailleurs, si vous relisez les informations de hier et avant-hier, aujourd'hui, même l'anses explique, élève ça, apparemment, qui explique que, justement, l'acétamipride n'a pas ou n'aurait pas même d'influence. On est bien d'accord.
Mais comme elle fait partie d'une grande famille qui s'appelle le néonicotinoïde, comme la véronique, si vous me demandez les fleurs, les véroniques, il y a milliers de variétés de véroniques. Certaines sont plus belles que d'autres, etc. Donc, c'est une molécule.
Donc, on n'est pas pour faire revenir tous les néonicotinoïdes, on est bien d'accord, on travaille justement pour les condamner, comme devraient faire tous les pays européens. relancé jusqu'en 2033. -C'est ça, en 2033. -On accélère la recherche de l'autre côté, on a vu l'anses. -En essayant de trouver une solution. -Exactement.
Sinon, on vous coupe une bonne partie. -Il va y avoir une dérogation, entendons-nous bien, qui va permettre un peu aux producteurs de noisettes, de betteraves, de respirer. -Exactement.
Parce qu'aujourd'hui, la betterave, notamment la betterave, donc on n'a plus de betteraves à sucre en France, Ok ? On a fermé les usines sucrières, ok ? L'Allemagne, 47 % d'augmentation de production de betteraves. -Oui, avec ce pesticide.
On vous a entendu. -Les Pays-Bas, de mémoire, c'était 17 ou 18 % d'augmentation de production de sucre. -Pour les noisettes, c'est le même.
C'est pour ça que je vous presse un peu. On vous a entendu, c'est important, de vous entendre aussi sur ce sujet puisque vous avez choisi une musique pour accompagner ce dessert qu'on écoute tout de suite. Musique --- -"Happy", pourquoi ? -Alors, "Happy", parce que d'abord, j'ai fait beaucoup de modern jazz pendant des années, et des galas de danse, etc.
Après avoir fait du judo pendant des années aussi. -Vous avez participé au clip ? -Parce que vous parlez anglais. -Alors, vous n'avez pas tort, parce que le clip, ce clip, c'est sur le bonheur.
Est-ce que les gens peuvent s'arrêter trois minutes, sur une journée, sur une année, pour s'autoriser à danser ? On ne demande pas d'être professionnel, on demande de se faire plaisir. Et je trouve que ce clip...
Je ne sais pas comment vous faites pour ne pas résister à danser sur quelque chose. -Non, mais si, on a... -On sait se tenir. -Jean-Pierre se retient, mais c'est un traître. -Mais en voiture, vous l'écoutez, vous êtes là, vous avez les épaules qui bougent.
Enfin, excusez-moi. -Je pensais que c'était pour la pomme d'Api, mais bon... -Ah, pas mal !
On va terminer l'émission là-dessus. Merci, Mme Le Peih, d'avoir participé à ce repas, ce déjeuner avec nous. Merci beaucoup, Jean-Pierre. -Vous viendrez en Bretagne. -On viendra avec très, très grand plaisir.
Et on remercie évidemment le restaurant Le Bourbon qui nous a concocté ce plat et ce dessert. On n'a pas parlé des petits caramels au beurre salé ? -Oui, enrobé du Gwenn ha du. -De quoi ? -Le Gwenn ha du, c'est le drapeau breton. -Il faut les manger à la fin du repas parce qu'autrement on a les dents toutes collées. -Merci encore et à très bientôt dans "Politiques à table." -Merci.
Musique
Nicole Le Peih