« La seule façon de sortir de l’impasse, c’est le retour au peuple. »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
alors Olivier Faure le premier secrétaire du Parti socialiste bonjour Olivier bonjour à vous Karine les gars merci d'avoir accepté l'invitation de France Inter ce matin le président Macron n'a pas traîné la loi sur les retraites a été promulguée cette nuit à 3h30 du matin précisément autrement dit quelques heures seulement après la validation de cette réforme par le Conseil constitutionnel est-ce que vous vous attendiez à une promulgation aussi rapide Olivier Faure oui ça dit d'abord quelque chose de sa fébrilité 3h28 du matin pour promulguer c'est pas banal et je crois tout simplement qu'il a cherché à nous assommer vous connaissez le proverbe mexicain ils ont essayé de nous enterrer il ne savait pas que nous étions des graines et bien c'est exactement ce qu'il va se passer et nous avons devant nous maintenant un immense espoir à lever pour éviter que ce soit le chaos qui l'emporte et donc cet espoir c'est à la gauche aux écologistes de le créer parce que quelque chose s'est exprimé de manière très puissante dans ce mouvement depuis trois mois les Français disent quel est le pays dans lequel ils veulent vivre au-delà de la question des retraites leur rapport au travail et leur rapport à la vie tout simplement et bien ce mouvement là il ne peut pas s'arrêter ne s'interrompre pas et là où le président ne pense pas c'est à la suite la réalité c'est que lui-même est dans une fuite en avant mais que les Français ne le laisseront pas faire vous avez parlé de fébrilité est-ce qu'il y a aussi de la provocation notamment à l'égard des syndicats Laurent Berger qui disait hier ne promulguait pas cette loi il y a un mépris un mépris autant que de la provocation depuis le départ on comprend bien que ce président pense qu'il est Jupiter et qui n'a de compte à rendre à personne ni aux Français ni au Parlement ni au monde syndical et donc il avance seul et malheureusement il crée une situation où les Français se demandent quel est le rapport qui entretient lui-même à la démocratie comment est-il possible qu'un homme seul puisse avancer je rappelle que à d'autres époques François Mitterrand 84 Jacques Chirac pour le CPE avait accepté de reculer parce que la sagesse à un moment c'est aussi de se dire qu'on ne peut pas vouloir contre son propre peuple on ne peut pas gouverner durablement contre son propre peuple alors là on a une loi qui est validée par le Conseil national on a une loi qui est promulguée est-ce que ça vaut encore la peine de se mobiliser je parlais du CPE à l'instant la loi avait été validée elle avait été promulguée et Jacques Chirac dans sa grande sagesse avait décidé que cette loi ne serait jamais app et on continue la lutte comment on fait quoi ça ressemble à quoi syndicale nous défilerons et donc nous ferons en sorte que ce mouvement soit un mouvement historique dans 15 jours nous avons le temps de préparer et de mobiliser donc à chacune et à chacun de faire le tour de ses amis de ses voisins de sa famille et de faire en sorte que nous soyons toutes et tous présents le premier mai dans la rue et puis il y a aussi nous allons déposer une proposition de loi une proposition de loi qui permettra de revenir sur le fameux article 7 sur cet article qui permet de passer de 62 à 64 ans donc nous allons déposer cette proposition pour que le débat ait lieu à nouveau et qu'on puisse dans l'hémicycle avoir ce débat que le président a souhaité interrompre avec le 49-3 et nous allons continuer le harcèlement législatif par d'abord les questionnaires d'actualité nous allons continuer sur tous les textes où nous pourrons déposer des amendements qui permettent de revenir sur cette loi nous le ferons et donc là où le président pense que il peut changer de séquence enjamber et bien nous allons lui montrer que nous allons le fixer à l'endroit où nous sommes et que nous n'allons pas lâcher nous allons continuer le combat mais appeler à ce que la lutte continue comme vous le faites ce matin là sur France Inter Olivier Faure est-ce que ce n'est pas aussi encouragé à plus de violence non ce qui encourage à la violence ce serait au contraire de baisser les bras sur le plan démocratique et de dire que rien n'est plus possible et que nous devons nous soumettre mais c'est ce qui a commencé à se passer hier soir on a commencé à sentir l'attention est-ce que vous dites Olivier fort que tout ça finalement est inévitable et qu'il faut y aller non je ne dis pas que c'est inévitable et je ne souhaite pas que la violence s'installe même si je vois bien que c'est le chemin dans lequel le président entraîne une partie des Français parce que beaucoup nous disent mais puisque tout ce qui a été entrepris de manière pacifique ne fonctionne pas et que le président après peut-être des gilets jaunes avait montré que la seule chose qu'il comprend c'est la violence et bien peut-être faut-il en passer par là je le dis ce matin la réponse est non nous avons nous sommes dans un pays démocratique nous avons la possibilité d'engager d'autres moyens d'autres voies et puis aussi je le dis préparer l'alternance faire en sorte que cette loi qui de toute façon ne pourra pas se déployer complètement avant la fin du quinquennat et bien soit complètement balayé avec la prochaine élection présidentielle nous devons donner un débouché politique aussi à ce mouvement je l'ai dit à l'instant c'est ce qui s'est exprimé n'est pas simplement en fait une question qui serait c'est pas simplement la volonté de préserver des acquis etc c'est aussi une vision du monde qui s'est exprimée et c'est cette vision là qui doit maintenant s'épanouir et qui doit permettre d'aller chercher une victoire en 2027 et de faire en sorte que les Françaises et les Français puissent avoir un exécutif qui correspond à leurs vœux alors on l'entend clairement ce matin vous continuez à contester cette loi sur les retraites est-ce que vous contestez la décision qui était rendue hier par le Conseil constitutionnel je vous en prenez un bien sûr maintenant je pense que c'est une jurisprudence qu'ils ont ouverte qui est une je serai dangereuse parce que ça veut dire tout simplement imaginer que demain ce soit un pouvoir encore plus autoritaire qui viennent imaginer la victoire par exemple de l'extrême droite vous imaginez dans ses mains ce que pourrait donner en fait cette jurisprudence avec la possibilité de pouvoir aller contre son propre peuple de pouvoir utiliser des procédures qui sont les procédures qui n'étaient pas faites pour un projet de loi de cette nature je pars contre le Diable accélérée c'est ça le problème c'est pas seulement c'est que le 47-1 n'était pas fait en fait c'est un procédure qui est une procédure budgétaire qui est faite pour arriver dans l'année enfin avant la fin de l'année normalement à avoir un projet de budget qui soit validé ce qui est normal il faut que tous les ans on ait un budget tourner les hôpitaux etc et là en l'occurrence il a été utilisé pour une réforme qui va voir des implications très faibles dans l'année et qui va avoir des implications au contraire très larges pour les décennies qui viennent donc vous dites que le gouvernement va continuer à utiliser ça et que possiblement d'autres personnes qui succéderont et dangereusement pourrait effectivement les utiliser aussi cette jurisprudence c'est une c'est un risque et donc ça suppose aussi que nous réfléchissions et là je pense justement à cette année alternative qu'il faut créer que on réfléchisse aussi à la façon de modifier nos institutions on ne peut pas laisser enfin vous rendez compte que nous avons en France le président dans les grandes démocraties du monde qui a le plus de pouvoir au sens où il peut tout tout seul et cette façon là de délégitimer y compris le travail parlementaire et tout ça est un problème parce que si on a une abstention qui est aussi forte aujourd'hui c'est aussi parce que les gens ont le sentiment que le seul scrutin qui veille c'est le scrutin présidentiel là plus rien ne peut se passer plus rien ne peut se produire plus rien ne peut arrêter le Président c'est évidemment c'est consternant parce que la réalité c'est que la démocratie c'est quotidien et elle s'exprime pas uniquement tous les cinq ans elle s'exprime tous les jours et la démocratie sociale elle est justement là pour rappeler qu'ils ont on ne donne pas une carte blanche à qui que ce soit pendant 5 ans pour faire ce qu'il veut alors le Conseil constitutionnel a aussi retoqué votre demande de RIP de référendum d'initiative partagée je dis votre demande parce que elle a été déposée par toute la nuque vous en avez déjà déposé une deuxième vous lui donnez quelle chance de succès cette fois ça peut marcher ou pas mais en tout cas elle tient compte des observations qui avaient été faites par les membres du conseil quand nous avions été auditionnés par le Conseil et donc j'espère que cette fois-ci il entendra et que il permettra un référendum parce que pour l'impasse dans laquelle nous sommes la seule façon de parvenir à en sortir c'est de retourner vers le peuple ce soit par le référendum ou par la dissolution le président a éclaté la dissolution il reste le référendum et moi je souhaite que nous puissions aller vers un référendum parce qu'il faut redonner la parole aux Français vérifier ce que Président nous dit le président nous dit j'ai été élu pour transformer pour faire cette réforme des retraites la réalité chacun la connaît il a été réélu parce que nous avons toutes et tous y compris ceux qui n'étaient absolument pas d'accord avec son projet nous l'avons réélu pour pouvoir faire face à Marine Le Pen ce qui est très différent donc si il était conséquent il appellerait de lui-même un référendum comme il n'est pas conséquent il faut lui imposer et donc il faut lui imposer par la voie du Rip mais sincèrement est-ce que le Conseil constitutionnel peut vous accorder un RIP dont le but est de détricoter une loi qui vient de valider ça me paraît un peu compliqué quand même non mais il n'a pas jugé sur le fond il a jugé en droit le Conseil constitutionnel il a considéré que la façon et sur le droit physiquement oui juridiquement mais juridiquement il peut aussi dire que nous avons le droit à un référendum ça ne s'est pas incompatible et donc j'espère qu'il entendra cette ce message comment le président Macron a enfin peut-il réussir à renouer avec les syndicats avec les Français ça va prendre combien de temps selon vous Olivier fort mais je ne sais pas si c'est possible je ne sais même pas s'il peut encore vraiment gouverner voyez bien qu'il a invité les syndicats à venir mardi que les syndicats lui ont dit nous ne viendrons pas c'est une grande première quand même des syndicats qui refusent de se rendre à un rendez-vous avec le président de la République à l'Élysée ça fait trois mois que c'est comme ça non ça fait trois mois que il demande à le rencontrer ça fait trois mois que le président leur refuse est désormais alors que ce serait à nouveau que le président leur dit je maintenant je veux vous recevoir mais en promulguant préalablement et encore en leur disant en gros vous pouvez venir me voir mais de toute façon je ferai ce que je veux les syndicats lui ont répondu mais non en fait tu ne seras pas ce que tu veux et donc nous ne viendrons pas et nous ne sommes pas participants à un storytelling que vous installez et qui permettrait de dire que nous avons changé de séquence non nous n'avons pas changé de séquence et nous allons continuer à harcèlement démocratique pour permettre de faire reculer le président de la République son gouvernement et je vois bien que aujourd'hui il est dans une impasse totale il n'a personne pour discuter sur le plan social les syndicats ne veulent pas mais il n'a personne n'ont plus au Parlement avec qui discutait il a une partie des républicains mais une partie seulement qui est ensemble majorité nulle part merci beaucoup Olivier forge vous souhaite une belle journée merci à vous
Olivier Faure