François-Xavier Bellamy : "Il n’y a pas de vie indigne d’être vécue"
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Et c'est donc la dernière ligne droite, la dernière semaine de campagne pour les élections européennes. Nous poursuivons dans le 7-9 notre série de grands entretiens avec les têtes de liste, avec Alexandra Ben Saïd et Yael Ghose. Nous recevons aujourd'hui celle du parti Les Républicains. François-Xavier Bellamy, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro de France Inter. Vous pourrez dialoguer dans une dizaine de minutes avec les auditeurs, via le 01 45 24 7000, les réseaux sociaux et l'application de France Inter. Pour commencer, quelle analyse faites-vous de la situation politique de l'Europe ?
Ce week-end à Milan, différentes forces politiques, souverainistes, nationalistes, populistes, appelez-les comme vous voulez, étaient réunis derrière Matteo Salvini, dont le RN de Marine Le Pen. Au même moment, Steve Bannon, l'ex-idéologue en chef de Donald Trump, est en tournée médiatique et politique en France. Il ne fait pas mystère de vouloir planter un pieu dans le cœur de l'Europe et pense que le RN s'imposera un jour dans notre pays. Pour les macroniens, cet international populiste est le grand danger en Europe. C'est le parti de l'étranger. Et pour vous ?
Moi, je vois depuis le début de cette campagne, partout sur le terrain, à quel point, effectivement, l'Europe suscite une défiance qui est aujourd'hui profonde. Et pas seulement l'Europe, d'ailleurs. La politique est, Charline Vanhoenacker le disait sur votre antenne il y a un instant, la démocratie elle-même, les élus, le fait même de nos institutions. Et je crois qu'il faut répondre à cette défiance. Mais qu'on ne répondra pas à cette défiance seulement par l'anathème et par des leçons de morale. C'est de l'anathème de dire partie de l'ennemi, là. En tous les cas, ce qui est sûr, c'est que ça ne suffira jamais à faire baisser cette défiance, à faire baisser cette tentation du repli.
Et il faut que nous puissions travailler ensemble pour apporter des réponses concrètes et efficaces aux problèmes que rencontrent les Français. C'est quand vous avez des Français qui ont le sentiment que l'Europe ne les protège pas dans la mondialisation, que l'Europe, au contraire, parfois les affaiblit, que l'Europe est incapable de maîtriser ses frontières pour faire face aux défis migratoires, qu'elle ne sait pas prendre en charge la question écologique d'une façon qui soit efficace, eh bien, évidemment, il ne suffira pas de leur faire des leçons de morale ou de faire de la pédagogie. Il faut d'abord que nous puissions offrir une alternative.
Et c'est ce que nous nous sommes attachés à faire.
François-Xavier Bellamy, vous avez vu ce qui s'est passé en Autriche ce week-end, ce qu'on appelle l'Ibiza-Gate, cette vidéo en caméra cachée qui montre les liens troubles entre l'ex-numéro 2 du gouvernement autrichien qui pilotait l'extrême droite autrichienne, qui aurait été prêts à tisser des liens avec des intérêts privés russes. Est-ce que cela vous sert de leçon pour l'avenir de la droite en France ?
Ce ne sont pas des liens troubles, d'abord, c'est une tentative de corruption. Il n'y a rien de moins que cela. Et je crois que ça montre bien à quel point, effectivement, des partis qui se prétendent patriotes sont en réalité prêts à céder les intérêts majeurs de leur pays à des acteurs étrangers. Je pense notamment à cet organe de presse. Cela étant dit, encore une fois, la grande question, c'est comment faire pour offrir une alternative.
Et le fait que ces partis, on l'a bien vu avec le FPE autrichien, le fait que ces partis se soient parfois discrédités n'a pas empêché les électeurs de voter pour eux lorsqu'ils avaient le sentiment d'une colère impuissante auxquelles personne ne répondait.
D'où pour vous, ça ne sert à rien de les attaquer sur ce terrain-là ?
Parti de l'étranger ? Parti de l'ennemi étranger ? Il faut évidemment critiquer ce qui doit l'être. D'une certaine manière, la critique s'impose d'elle-même devant l'évidence du scandale. Sébastien Courts, d'ailleurs, a réagi immédiatement en appelant le peuple autrichien aux urnes. Et je crois qu'il a bien fait.
Mais ces partis veulent, selon vous, vraiment saper l'Europe de l'intérieur ? Ou ça, c'est un fantasme de campagne nourri par le camp d'en face ?
Non, on voit bien que le Rassemblement National, il l'a montré d'ailleurs dans ses votes au cours des années passées, a une forme d'attitude très idéologique contre le projet européen et a voté contre ce qui pouvait permettre de renforcer l'Europe, même sur les questions dont il considère qu'elles sont pour lui prioritaires. Mais d'une certaine manière, je crois, on confond le symptôme avec le mal. Le symptôme, c'est la montée de ces partis que vous évoquiez à l'instant. Mais le mal, c'est que c'est l'Europe qui se détruit de l'intérieur en ayant cédé si longtemps à la naïveté sur le terrain économique, commercial, industriel, en manquant d'une vraie stratégie dans la mondialisation.
C'est l'Europe qui s'est fragilisée en étant incapable de maîtriser ses frontières. C'est l'Europe qui s'est fragilisée en n'ayant pas su dire qui elle était aussi, en n'ayant pas su transmettre ce modèle de civilisation qu'elle représente. Et je crois qu'on ne peut pas confondre le symptôme avec le mal, sauf à s'acharner sur le thermomètre sans rien résoudre de la pathologie. Encore une fois, je le dis assez profonde, je le vois depuis le début de cette campagne. Tous les jours sur le terrain, j'ai entendu cette défiance. Je crois que ce n'est pas le faux duel populiste progressiste qui permettra d'y répondre. Ce sont des solutions concrètes qu'il faut pouvoir proposer.
Quand même, il y a une différence entre être contre l'Europe et être sous influence étrangère. Alors vous, quand vous voyez l'ex-conseiller Donald Trump multiplier les interviews anti-Macron et pro-Le Pen depuis sa suite au Bristol, est-ce que pour vous, certains dans cette campagne sont sous influence étrangère ? Est-ce que vous diriez cela ? Sans aucun doute, il y a des influences étrangères qui s'expriment et d'ailleurs elles ne sont même pas dissimulées. Donc il n'est pas nécessaire de le soupçonner. Chacun les voit.
Mais encore une fois, vous savez, ce qui est très intéressant, c'est que c'est une manière de montrer que nous voyons toujours nos malheurs comme s'ils venaient de l'extérieur. Montaigne dit tout notre bien et notre mal sont en nous et c'est en nous que se trouve le problème. Steve Bannon, je crois, n'est pas l'auteur, n'est pas la cause de la crise que l'Europe traverse. Il n'est pas la cause de la défiance. Il cherche sans aucun doute à la faire monter. Et nous, nous croyons au contraire qu'il faut pouvoir la combattre. Non pas, encore une fois, en cherchant par des leçons de morale à créer cette espèce de faux duel qui ne représente rien.
Mais ce que nous faisons depuis le début de cette campagne, en défendant un projet clair pour que l'Europe se dote de nouveau d'une stratégie, pour que l'Europe défende nos intérêts, nos emplois et nos entreprises dans la mondialisation, pour que l'Europe permette aux agriculteurs de continuer de faire le travail qu'ils font sans subir la défiance qu'ils subissent, pour que, et c'est sur tous ces sujets que l'Europe est attendue aujourd'hui. Et je regrette pour ma part profondément que ce faux débat nous empêche de parler des sujets de fond.
Je veux dire par là qu'aujourd'hui, tout se passe comme si, c'est ce que disait Thomas Legrand à l'instant, tout se passe comme si, la seule question, c'est de savoir qui allait arriver premier. Mais la vraie question de ce débat européen, qui est sans doute celui que nous avons au moment d'une élection européenne historique pour l'Europe, ce vrai débat, malheureusement, il n'a pas réellement eu lieu.
Il y a une vraie question pour la suite, c'est comment vous allez ensuite gouverner ou pas au Parlement européen, avec qui les alliances après le 26 mai ? Il y a un casse-tête pour vous, il y avait un grand absent sur la scène de Milan, aux côtés de Matteo Salvini ce week-end en Italie, c'est le parti de Viktor Orban. Viktor Orban, Premier ministre hongrois du Fidesz, n'était pas là. Entre vous, le PPE, votre parti auquel vous êtes allié, et les souverainistes, il y a ce casse-tête-là. Êtes-vous favorable à terme à sa réintégration à Viktor Orban et à son parti au sein de la droite européenne ?
Moi j'ai toujours dit que je souhaitais effectivement que le Fidesz puisse rester au sein de la droite européenne, parce que ce qui menace l'Europe aujourd'hui, sur le plan de la démocratie parlementaire européenne, c'est une forme de fracturation, qui est aussi d'ailleurs, disons-le, une fracturation géographique. Et il faut que nous puissions travailler pour faire en sorte de maintenir ce lien.
Il y a les mêmes valeurs que vous, Viktor Orban ?
Il y a évidemment des points de désaccord avec Viktor Orban sur quelques sujets précis. Il y a aussi, disons-le, sur ce qui a cristallisé le désaccord, il y a aussi des points de convergence. Lesquels ? La question qui a fait la crise actuelle entre Viktor Orban et la Commission européenne, c'est la question migratoire. Viktor Orban, contrairement d'ailleurs à Matteo Salvini, Viktor Orban ne veut pas d'une politique européenne qui se réduirait à imposer des quotas de migrants aux pays européens. Et nous disons la même chose dans cette campagne.
Nous disons que l'Europe doit maîtriser ses frontières pour pouvoir accueillir vraiment ceux qui ont besoin de notre solidarité, mais pour pouvoir mettre fin à des flux incontrôlés qui alimentent aujourd'hui le business des passeurs et qui causent tant de drames. Nous disons que l'Europe doit maîtriser ses frontières. Et nous ne voulons pas de cette politique de répartition des quotas de migrants, qui est celle que défend aujourd'hui, par exemple, Emmanuel Macron. Ça, c'est un sujet majeur. Et sur ce sujet-là, c'est vrai, je crois que Viktor Orban dit ce que beaucoup d'Européens attendent. L'Europe ne peut pas se construire contre la démocratie des pays européens.
Elle ne peut pas se construire contre ces pays qui savent quelles sont leurs capacités d'accueil et d'intégration. François-Xavier Bellamy, là, vous remettez au centre de la table dans le débat. Vous dites que c'est un sujet majeur, ce sujet des migrations. Et pourtant, les arrivées des migrants sont au plus bas niveau depuis cinq ans. Pourtant, la lutte contre l'immigration illégale, elle existe. Il y a dix fois moins d'arrivées en 2018 qu'en 2015. On a aussi très peu parlé d'immigration dans le grand débat national. Est-ce que vous n'en faites pas trop ? Non, je crois que le rôle du politique consiste à prévenir les crises plutôt qu'à réagir quand elles se produisent.
L'explosion de la démographie... Donc là, il n'y a plus de crise, on est d'accord, il n'y a plus de crise migratoire. Aujourd'hui, on n'est pas devant une situation de crise migratoire massive, mais d'abord, on a connu cette crise. Et on sait qu'on a été incapables de réagir comme il l'aurait fallu. Donc on sait très bien que notre fragilité existe. J'ai été en Grèce il y a quelques jours dans le cadre de cette campagne. Et j'ai eu l'occasion d'échanger avec les responsables opérationnels de Frontex qui sont sur place. Aujourd'hui, nous sommes très démunis pour faire face aux flux migratoires qui viennent, par exemple, de la Turquie, à quelques kilomètres des côtes grecques.
Et nous n'avons ni les moyens, ni non plus la stratégie pour pouvoir faire en sorte que n'entrent en Europe que ceux qui y ont été préalablement autorisés. Il faut mettre en place ces moyens et cette stratégie. Pourquoi ? Parce que la crise est devant nous. L'explosion de la démographie du continent africain fait que, si nous ne savons pas maîtriser nos frontières aujourd'hui, encore une fois, pour accueillir vraiment ceux qui ont besoin de notre solidarité comme il se doit, mais pour pouvoir éviter cette immigration massive qui, aujourd'hui, n'a essentiellement que peu à voir avec l'asile... Les démographes disent qu'il n'y aura pas de grande immigration, d'immigration massive.
Hervé Lebras, M. Herran du Collège de France... Mais pardon, lisez Stephen Smith, qui est un ancien journaliste de libération spécialisé dans la question africaine. Je crois qu'on a tous les moyens de voir, je rencontrais aussi dans cette campagne des représentants du Nigeria. Le Nigeria, dans quelques années, aura autant de citoyens que les Etats-Unis d'Amérique. Et évidemment, l'Europe constitue un modèle de développement qui est complaisamment décrit comme un eldorado par ces passeurs qui cherchent à emmener des jeunes sur les routes de l'exil, alors que leur vraie place serait de développer chacun de leurs pays. Et nous devons pouvoir, encore une fois, relever ce grand défi.
Sinon, on va continuer de voir ces morts en Méditerranée qui ne cessent, malheureusement, d'endeuiller notre propre continent. Vous souhaitez inscrire noir sur blanc les racines chrétiennes de l'Europe, mais aujourd'hui, le pape, il est du côté des migrants, il est pour l'élargissement des canaux migratoires réguliers, il est pour le pacte de Marrakech. Alors, qui finalement est en décalage avec ces racines chrétiennes ? Est-ce que c'est François ou est-ce que c'est François-Xavier ? D'abord, les racines de l'Europe, elles sont multiples. C'est les racines grecques, c'est les racines latines, c'est les racines effectivement judéo-chrétiennes de l'Europe.
Et je crois que c'est important de pouvoir dire que l'Europe n'est pas seulement un projet, que l'Europe n'est pas seulement une administration, que l'Europe c'est une civilisation. Et cette civilisation nous oblige et nous engage, vous l'avez dit. Mais là, est-ce que vous n'êtes pas en contradiction avec le message du pape ? Non, pardon, je termine ma réponse. Elle nous oblige et elle nous engage, y compris vis-à-vis de ce droit d'asile qui a été inventé en Europe et qu'il faut continuer d'honorer. Mais aujourd'hui, l'immigration que nous vivons, elle fait du droit d'asile l'occasion d'un gigantesque n'importe quoi.
70% des personnes qui demandent l'asile en France ne sont pas éligibles à l'asile et sont déboutées du droit d'asile. Mais sur ces 70% de personnes déboutées du droit d'asile, seuls 4% sont effectivement reconduites à la frontière. Ce qui veut dire que l'asile est devenu le prétexte à une immigration illégale qui n'a rien à voir avec l'asile. Et c'est ça, encore une fois, qui crée tant de drames. Et je crois que sur ce point, nous sommes d'accord. Je ne cite jamais une autorité religieuse parce qu'elle n'a pas vocation, je crois, à faire autorité dans le débat public.
Mais puisque vous me posez la question, je crois que le pape François est le premier à faire la distinction entre des réfugiés et des migrants économiques. Et effectivement, nous avons un devoir de solidarité, mais nous avons aussi et surtout le devoir de maîtriser nos frontières pour éviter que tant de jeunes soient attirés dans une impasse parce que c'est le cas aujourd'hui.
Gaël. Vos racines chrétiennes, ces racines chrétiennes, à l'épreuve de l'affaire Vincent Lambert, c'est à partir d'aujourd'hui que doivent cesser les soins pour cet homme qui était victime d'un grave accident de la route il y a 10 ans, en coma végétatif de puits. Est-ce que vous considérez qu'aujourd'hui, les médecins sont en train de pratiquer la première euthanasie légale en France ?
D'abord, pardon, je reviens sur le début de votre question, si je puis me permettre. Ce ne sont pas mes racines, ce sont les nôtres. Et je crois que c'est très important de pouvoir dire que nous sommes rassemblés par une civilisation qui nous réunit. C'est très important pour lutter contre le communautarisme qui touche aujourd'hui notre société. Je le dis simplement parce que ce n'est pas une atteinte à la laïcité. On n'a pas besoin d'être catholique pour avoir le cœur qui saigne quand on voit brûler Notre-Dame de Paris.
Et c'est une manière de dire que ce qui nous réunit, c'est cet héritage commun, qu'on soit croyant ou non, à travers l'héritage gréco-latin, à travers l'héritage idéocrétien,
c'est nous ce que nous sommes. Vous êtes exprimé, vous en appelez au président de la République pour remettre en cause des décisions de justice.
Et c'est ce qu'il faut bien comprendre aussi sur l'affaire de Vincent Lambert. Ce n'est pas une affaire sur laquelle on devrait s'exprimer à partir de convictions religieuses. C'est une affaire qui suppose que notre raison à tous intervienne. Qu'est-ce qui est en jeu ? Ce qui est en jeu, c'est qu'une personne est aujourd'hui dans un état d'extrême dépendance pour se nourrir et s'hydrater. Et que cet état d'extrême dépendance est considéré comme un soin qu'on lui apporte. Et par conséquent, on décrit comme un acharnement thérapeutique le fait d'entretenir cette alimentation et cette hydratation. C'est ce que les médecins en disent,
c'est ce que la justice a dit, jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme.
C'est ce que beaucoup de médecins disent, mais d'autres médecins sont en désaccord. C'est un débat d'une incroyable complexité.
Que doit faire le président de cette affaire ?
Je voudrais entrer dans ce débat surtout avec le plus grand respect pour les positions de chacun parce qu'il ne s'agit pas d'attaquer qui que ce soit dans cette question ni non plus au sein de cette famille déchirée. Mais mon sentiment profond, c'est qu'effectivement, ce qui se joue aujourd'hui, c'est le regard que nous portons sur la dépendance. Et ce regard que nous portons sur la dépendance, au fond, il est au cœur de débats politiques majeurs des années qui viendront. Nous vivons dans un monde où vit le culte de la performance, où être humain, c'est être agile, être habile, être rapide.
Et nous avons ici le cœur d'une figure de l'humanité qui nous regarde en nous disant qu'elle est absolument dépendante. Et nous avons parfois la tentation de considérer que la vie absolument dépendante, c'est une vie qui n'est plus digne d'être vécue. Donc vous dites, attention, il n'y a pas de vie inutile, c'est ça ? Il n'y a pas de vie indigne d'être vécue. Et même une vie qui peut sembler inutile, je crois, est une vie profondément humaine. Nous avons tous été dépendants. Nous le serons tous un jour. Nous sommes tous d'ailleurs dépendants aujourd'hui de ceux qui nous entourent. Et reconnaître que la vie humaine est faite de cette dépendance, c'est peut-être un enjeu majeur.
Gaël vous a demandé si c'était de l'euthanasie, selon vous ? En tous les cas, il y a évidemment autour de Vincent Lambert, et pour le coup, c'est à cela que j'en veux, des gens qui ont utilisé ce cas précis, ce cas infiniment douloureux, pour faire la promotion de leurs revendications politiques en faveur de l'euthanasie. Ceux qui militent pour le droit à mourir dans la dignité, je crois que ce sont ceux qui commencent par déclarer indignes de vivre, ceux qui ne correspondent pas à ces standards, qui font que la vie mériterait d'être vécue.
Que doit dire, que peut faire Emmanuel Macron ? Parce que vous en appelez à lui, mais il a le droit de grâce, pas le droit de remettre en cause l'état de droit et les décisions de justice.
J'ai simplement eu l'occasion de dire que pour ma part, je crois que ce serait utile que le Président de la République nous donne son sentiment sur un sujet aussi majeur. Il le fait sur bien d'autres sujets, évidemment, et c'est une référence politique incontestable du point de vue de nos institutions. Je crois qu'il serait bon que le Président de la République en effet puisse se prononcer. A droite, vous n'êtes pas tous d'accord, n'est-ce pas ? L'ancien ministre et député Jean Léonetti estime que la décision médicale d'arrêter les soins ne fait que respecter la loi. Encore une fois, c'est vraiment un sujet qui est d'une grande complexité.
Je le disais à l'instant, je respecte toutes les expressions. Simplement, vous parliez de l'euthanasie à l'instant. Je crois que Jean Léonetti a été l'auteur d'un travail exceptionnel. Il a écrit cette loi, Léonetti, qui a été votée sur un sujet de société aussi complexe à l'unanimité du Parlement, ce qui est un cas suffisamment rare pour pouvoir être noté. Je suis étonné qu'on revendique désormais de nouveau l'écriture d'une nouvelle loi alors que cette loi Léonetti, il faut qu'elle puisse produire ses effets et que son équilibre soit petit à petit.
Elle est produite concrètement dans le cas présent. Elle est produite là dans ce cas présent.
Mais ce cas présent, encore une fois, il est l'objet d'un vrai débat, y compris d'un débat médical. Ce n'est pas des catholiques ni le pape, c'est le Comité international pour le droit des personnes handicapées qui dépend de l'ONU qui a écrit à la France en demandant de sursoir à l'application de cette décision. Je crois qu'encore une fois, du point de vue de la raison, de la simple raison et aussi, disons-le, du point de vue de la simple humanité, il faut pouvoir regarder cette situation précise avec le sens de ce qu'elle nous impose d'exigence pour nos consciences.
Il y a beaucoup de questions au standard. On va en écouter un certain nombre. François-Xavier Bellamy, beaucoup de questions sur ce sujet. Bonjour Clara.
Oui, bonjour. Bienvenue. Bonjour. Bonjour M. Bellamy. Bonjour. Bonjour, merci France Inter pour cette super matinale. M. Bellamy, j'ai une belle question pour vous.
Moi, je suis interne en médecine, j'ai eu une éducation judéo-chrétienne avec tous mes sacrements un par un et je me pose la question parce que moi, pendant mes neuf ans de médecine, on m'a appris que c'était complètement une obstination déraisonnable, un encharnement thérapeutique et c'est inscrit dans la loi que de réaliser des traitements pour maintenir artificiellement la vie d'un être humain et je me pose la question qui vous êtes vous pour définir qu'est-ce que c'est la vie et qui vous êtes vous pour attaquer un médecin, des médecins, la justice et demander à Emmanuel Macron en qui j'ai absolument aucune confiance pour se positionner là-dessus.
Alors, faites les neuf ans de médecine et puis après, on discute tous ensemble.
Merci Clara pour cette question. François-Xavier Bellamy.
Merci Clara pour votre question. D'abord, je pense que si vous m'avez bien écouté, vous aurez reconnu que je n'ai absolument attaqué personne, n'en partuez pas les médecins qui s'occupent de Vincent Lambert. Je me borne à reconnaître et je crois que c'est une question qui nous concerne tous. L'expertise que vous avez est précieuse pour prendre soin de ceux que vous aurez à traiter mais c'est une question qui concerne tous les citoyens et permettez à un citoyen de s'impliquer sur cette question. Je crois qu'aujourd'hui, la question de savoir si c'est un acharnement thérapeutique est une question complexe. Il y a aujourd'hui 1500 patients qui sont cérébralisés en France.
1500 patients qui aujourd'hui sont comme Vincent Lambert alimentés de manière artificielle. La grande question c'est de savoir si cette alimentation est une thérapie mais je crois que si l'alimentation est une thérapie alors c'est que nous sommes tous dans un état de grande maladie. Encore une fois, je voudrais simplement dire que cette question fondamentale elle est bien sûr au cœur du métier que vous préparez à faire mais elle est aussi au cœur de notre société pour demain. C'est la question qui est posée.
Oui, vous avez raison de le dire sur la vie humaine et on a tous le droit d'avoir une idée sur la vie humaine vous l'avez comme médecin je l'ai comme professeur de philosophie la question qui se pose à nous c'est de savoir si la vie c'est la force si la vie c'est la performance si la vie c'est l'affirmation de soi ou bien si la vie c'est peut-être aussi parfois la dépendance la fragilité qui nous ouvre aussi à la relation aux autres. Une dernière question
sur le sujet c'est Michel qui la pose sur l'application France Inter Michel qui dit qu'elle est catholique pratiquante comme vous et elle a l'intention de voter pour vous. Voilà pour la première phrase de la question mais vos idées concernant M. Lambert me choquent encore un peu de temps point d'exclamation cela fait 12 ans que ce pauvre homme est en souffrance laissez-le partir pour une vie meilleure je vais réfléchir à mon vote dit-elle laissez-le partir pour une vie meilleure
Mais encore une fois d'abord c'est effectivement pas un sujet de la campagne de l'élection européenne et puis ce qui me touche dans la question que vous posez c'est qu'on voit que c'est pas un sujet confessionnel la question encore une fois c'est une question de raison et c'est toujours sur le terrain de la raison qu'il faut ramener le débat moi vous savez j'ai été beaucoup marqué par la lecture d'un livre d'Angèle Liébi qui s'appelle Une larme m'a sauvé Angèle Liébi était dans un coma profond dans un état posti-relationnel comme les Vincent Lambert aujourd'hui et dans cet état tout le monde pensait qu'elle était on entend si souvent ces mots-là dans le débat aujourd'hui qu'elle était un légume c'est-à-dire qu'au fond sa vie était simplement une vie organique dépourvue de conscience en fait nous ne savons rien de ces états de conscience et Angèle Liébi raconte dans ce livre que je recommande à tous qu'elle sentait tout qu'elle entendait tout qu'elle pensait qu'elle était prisonnière de son corps qu'il ne pouvait pas réagir mais je crois que on applique le principe de précaution à notre environnement et on a bien raison de le faire peut-être on devrait aussi parfois appliquer le principe de précaution à notre propre humanité
Yael Goz question difficile parce que immodeste vous allez devoir parler de vous-même dire je et pas nous y a-t-il eu ou y a-t-il encore un effet Bellamy
et comment vous le définiriez ? Non alors j'ai été très touché qu'on décrive un effet Bellamy mais je crois que ce qui a fait la force de cette campagne c'est d'abord toute une équipe qui a été unie pour porter un projet clair nous vous savez contrairement à la République en marche nous n'avons pas présenté notre projet à 15 jours du scrutin nous l'avons mûri pendant des mois et nous l'avons proposé dès le début de cette campagne
mais trois mois après vous plafonnez entre 11 et 13% est-ce que c'est satisfaisant ?
Ce que je vois sur le terrain c'est qu'il y a une véritable ferveur un élan les gens sont très nombreux on est aujourd'hui rassemblés l'union de la droite et du centre elle s'est faite pour pouvoir porter ses convictions et offrir de nouveau à l'Europe la vision dont elle a besoin pour pouvoir se reconstruire et retrouver son efficacité au service de nos pays et c'est ça qui a fait la force de cette campagne moi je ne suis que le porte-voix de cette équipe et de cette mobilisation incroyable Vous parlez de force de cette campagne votre jauge c'est laquelle au-dessus de quel score est-ce que vous estimerez que les républicains ont réussi leurs élections européennes ?
Moi je me donne le même conseil que celui que je donnais il y a quelques semaines à mes étudiants quand ils partaient vers leurs écrits il faut faire le meilleur score possible et surtout il faut tout donner pour y arriver ça c'est une façon de rien dire Yael vous a remarqué que c'était assez bas pour l'instant par rapport à il y a 10 ans parce que notre famille politique elle a connu beaucoup de défaites elle a suscité beaucoup de défiance et je le comprends aussi et je ne suis pas là pour répéter les erreurs du passé mais on est là pour écrire une nouvelle page de cette histoire on est là pour reconstruire la confiance en continuant à travailler au contact des français et en essayant de construire au cours des années qui viendront une action politique qui soit à leur service
on connait le philosophe on connait moins l'homme politique on voudrait mieux vous cerner ce matin c'est important pour ceux qui iront voté dimanche qu'est-ce que vous avez fait dans l'isoloir le dimanche 7 mai 2017 au deuxième tour d'élection présidentielle
j'ai déjà répondu à cette question de nombreuses fois et j'ai déjà répondu à cette question en disant que j'y répondrais pas pour une raison très simple on est à quelques jours d'une élection dans laquelle au fond tout le monde voudrait nous sommet de choisir un camp entre populiste et progressiste moi je crois que cette alternative
2017 il y avait un choix crucial peut-être
pas pour vous j'ai écrit un texte pendant l'entre-deux-tours dans lequel j'ai écrit que le Front National ne serait jamais notre avenir et je le pense profondément vous avez voté blanc alors ? le Front National est une impasse le Front National ne peut pas résoudre les problèmes il prospère sur les problèmes cela étant dit ce n'est pas en nous contraignant à nous mettre sous la bannière de M.
Macron que nous ferons reculer le Rassemblement National et je crois que c'est exactement ce que nous sommes en train de vivre aujourd'hui c'est peut-être le sens de votre question mais on n'a pas besoin de choisir son camp dans cette fausse alternative pour une raison très simple c'est que si on veut faire reculer le Rassemblement National on ne peut pas simplement persévérer dans cette politique qui ne marche pas depuis qu'Emmanuel Macron est entré dans la campagne depuis son intervention en Roumanie il y a quelques jours en disant qu'il allait battre Marine Le Pen il a fait monter Marine Le Pen de trois points dans les sondages d'opinion si on veut vraiment faire reculer le Rassemblement National il faut des réponses efficaces aux problèmes qui font aujourd'hui le lit du Rassemblement National
une question sur l'application France Inter c'est Marie qui vous la pose François-Xavier Bellamy que pensez-vous de la loi anti-avortement passée en Alabama ?
c'est fou qu'on soit toujours ramené à ces sujets je partage avec vous cet étonnement ce matin peut-être parce que je suis catholique et que ça se sait alors que je n'en ai jamais fait un étendard on ne cesse de me parler sans cesse de sujets de société on est à quelques jours d'une élection européenne qui est sans doute la plus importante depuis la première élection européenne de l'histoire et je suis en train de commenter l'actualité politique d'un état des États-Unis
c'est étonnant que les auditeurs aient peut-être envie de vous interroger sur ces sujets-là non c'est pas étonnant parce qu'au fond j'ai toujours été
ramener ce que vous pensez mais encore une fois j'ai toujours été très clair sur ces sujets
donc par respect pour notre auditrice Marie est-ce que vous pouvez lui dire ce que vous pensez de la loi anti-avortement passée en Alabama si vous n'en pensez rien on passe à autre chose
je pense qu'au fond il faut ici en France la loi Veil n'est pas en cause je n'ai jamais d'ailleurs remis en cause cette loi je me suis borné à dire ce que Simone Veil disait elle-même qu'on devrait pouvoir offrir à chaque personne et à chaque femme les solutions qui pourront l'accompagner vraiment encore une fois maintenant tournons-nous vers ce débat européen c'est la seule chose qui compte pardonnez-moi si on se préoccupe vraiment des droits des femmes et je crois que c'est nécessaire le fait d'instrumentaliser comme l'a fait La République En Marche la figure de Simone Veil me paraît vraiment déplacé la vraie question c'est de savoir comment on va pouvoir lutter contre tout ce qui menace concrètement ses droits aujourd'hui dans nos villes dans nos quartiers contre ces vrais malheureusement la montée de cet islamisme radical qui est directement aujourd'hui la cause d'un recul de ses droits je l'ai vécu comme enseignant je le vis parfois comme élu et c'est nécessaire de pouvoir dire que ce qui compte le plus au fond c'est d'offrir à chaque femme cette liberté à laquelle évidemment elle a droit
bon merci d'avoir répondu à la question de cette auditrice en tout cas merci François-Xavier Bellamy d'avoir été au micro de France Inter ce matin tête de liste du parti Les Républicains pour ses européennes bonne fin de campagne il est 8h47 le carrefour du 7-9 à suivre et de l'internet
de l'internet
François-Xavier Bellamy