Olivétan fête ses 20 ans, présentation de cet éditeur protestant par Christian Bonnet
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[musique] [musique] [musique] On va démarrer avec une histoire de ces 20 ans des éditions Olivetan [musique] et je vais le faire en en démarrant et en m'inspirant de l'Évangile de Jean [musique] qui dit, vous le savez dans son prolog au commencement était la parole. Et bien pour ce qui concerne Olivean, si on veut être plus précis, c'est au commencement était le journal réveil. Ce journal concernait au départ les paroisses du seul département de l'Ardèche et puis avec la création de la grande région centrale Peronne dans laquelle nous sommes maintenant, ce journal est devenu le journal d'information pour l'ensemble de la région.
Moi quand j'étais jeune étudiant en théologie, à la fin de mes études, j'ai eu la chance de faire un stage d'un an avec André Lelièvre qui était pasteur de la paroisse de Tournon dans l'Ardèche et qui était à l'époque président du journal Réveil. Et mon rapport de stage, de fin de stage était une sorte d'enquête sur les forces et les faiblesses de ce journal. Et je me souviens qu'à cette époque, le tirage du journal était encore de 19000 exemplaires.
Il y avait 19000 abonnés. Alors ça peut paraître un chiffre extraordinaire mais il faut vous expliquer que en 1980 c'était encore les paroisses qui abonnaient au journal régional tous les foyers connus et donc on faisait pas trop de distinction que les gens le lisent ou ne le lisent pas. il le recevait quand même.
Euh or les l'écart se creusait de plus en plus entre le nombre d'abonnements réellement servi et le nombre d'abonnements réellement payés par les paroissiens à leur paroisse. Ce qui pesait lourdement sur les finances paroissiales et qui compromettait aussi les équilibres financiers du journal. Même si à cette époque le journal fonctionnait essentiellement avec des bénévoles.
Le rédacteur en chef était bénévole. Je dis ça pour certains qui sont là. euh le président était bénévole et cetera.
Bon bref, alors c'est comme ça pour palier ces difficultés financières que on a commencé à se dire bah peut-être qu'on pourrait faire des activités un peu plus rentables que la presse. Et donc euh on a commencé à à prospecter un peu dans la région et on s'est aperçu qu'il y avait des gens quand même de talent, des pasteurs, des historiens à qui on pourrait demander des contributions. Et c'est ce qui a été fait.
Et à l'époque, c'est mon ami Marc Blanza qui est là, qui était euh le président de cette entité qui s'appelait donc Réveil publication et qui a commencé à mettre en route des publications à vocation régionale. L'objectif c'était vraiment l'édification des membres des différentes communautés protestantes et le soutien global, on pourrait dire, à la mission de l'église en produisant tous les outils nécessaires : des recueils de prédication, des textes liturgiques, des carnets de chant, des partitions musicales, l'histoire du protestantisme local ou régional et cetera et cetera. Un premier carnet de champ a été préparé grâce avec Marc bien sûr, mais grâce aussi à l'aide d'Alain Bergz et Claude Fres qui étaiit de sacrés musiciens si on peut dire à l'époque, tous deux originaires de la paroisse de roman.
C'était un carnet très artisanal. Je l'ai encore chez moi. C'était des feuilles en format A5 avec une couverture en plastique reliée, vous savez, avec une pince en fer.
Mais ce recueil a rencontré un grand succès puisque 5000 exemplaires qui ont été produits tout de suite dès la première année se sont vendus très rapidement. Alors Marc et son équipe se sont appelés à la préparation d'un carnet de champ encore plus ambitieux faisant rentrer dans le répertoire des champs plus récents issus de du renouveau liturgique catholique ou bien issu du mouvement charismatique. Et ce recueil de champ qui s'est intitulé arc-en-ciel il vous revient en mémoire est sorti pour la première fois en 1988.
Le premier tirage de 30000 exemplaires, tenez-vous bien, a été écoulé dès la première année. La 5e et dernière édition de ce recueil date de 1995 et dans cet intervalle, tenez-vous bien, 144000 exemplaires de ce recueil ont été vendus. J'invente pas le nombre pour correspondre avec l'apocalypse, hein.
C'est vraiment c'est vraiment vrai. 144000 exemplaires. Et donc le succès de ce recueil de champ a permis à réveil publication de se constituer un joli petit capital qui a permis d'acheter le local qui est encore le siège social de l'association dans le quartier de la Croix-Rousse donc aux vin rues Calier dans un immeuble qui venait juste de se construire.
En 1995, Henry Fischer qui est là encore lui aussi dans la salle est arrivé comme pasteur à Grenoble et on lui a confié la présidence de réveil publication. Et en arrivant, il a analysé un petit peu les comptes de l'association et il a été conduit à prendre des mesures plus radicales pour maintenir l'équilibre financier du journal. Les foyers qui ne payaient pas leur abonnement au bout de plusieurs relances ont été rayés des listes et donc en l'espace d'un an d'abonnements servis a chuté de 12000 à 6000.
Donc vous voyez, on a bien sabré dans les effectifs. C'est à ce moment-là que le journal a voulu aussi se professionnaliser et deux chantiers ont été menés en parallèle. D'abord, le projet rédactionnel a été entièrement repensé. grâce à l'expertise qu'on a sollicité auprès de Bayard Press qui avait vraiment de de l'expérience dans ce domaineel de la presse paroissiale locale ou régionale.
Et donc on a créé à cette époque-là un comité de rédaction chargé d'élaborer le contenu du journal. C'est Colette Berg à cette époque qui était rédactrice en chef du journal. Deuxème chantier, on a commencé à imaginer des stratégies de convergence possibles avec deux autres journaux du grand sud-est de la France, le CP et Échange.
Une collaboration qui pourrait aller sur le terrain rédactionnel mais aussi sur la production et la gestion de ces journaux ensemble. Et donc c'est c'est là qu' est né ce qu'on a appelé la PRDS, c'est-à-dire presse réformée du sud. Sur le plan éditorial, je reviens maintenant à l'édition, l'objectif de réveil publication était vraiment de de répondre aux besoins des églises locales avec des productions de qualité autant que possible susceptible d'être diffusé plus largement que les seules frontières de la région.
Je me souviens parce que je l'utilise encore aujourd'hui de l'édition d'un classeur avec des fiches liturgiques. Moi, je continue à l'utiliser en y rajoutant mes propres mes propres textes. Bientôt ça va être obsolè tout ça parce que un super site internet est en train de se mettre en place.
Bon mais ça, j'en dis pas plus. Peut-être Emmanuel le fera tout à l'heure. Quand on a dans la région, c'était le cas des talents comme Alphonse Maillot ou Antoine Nis, l'un est mort mais l'autre est très vivant.
Il est là. C'est un atout considérable pour l'édition. Le fameux catéchisme protestant d'Antoine New 1800 exemplaires dès sa souscription avant même qu'il soit en librairie.
Déjà 1800 exemplaires avaient été vendus et puis après les succès, les autres succès se sont enchaînés, la galette et la cruche et cetera. Je parle que de titres qui que vous connaissez parce que vous les avez probablement dans votre bibliothèque. Toujours à l'époque de réveil publication, un groupe de travail s'est mis en place en partenariat avec la Fédération protestante de France et avec la conférence des églises de Suisse Romande pour créer un nouveau carnet de champ.
Et encore une fois, c'est Marc Blanza qui est devenu secrétaire de ce groupe de travail qui a travaillé de longues années, plus de 10 ans. Il s'agissait de réunir un corpus de champ commun entre la France, la Suisse et la Belgique. Euh la plupart des champs nouveaux n'avaient pas encore de d'accompagnement musical ou d'harmonisation.
Il a fallu donc créer tout cela. Et trois groupes ont travaillé en parallèle. un groupe sur les textes, sur les paroles des champs, un groupe sur la musique et un groupe sur les champs multilingues pour adapter dans d'autres langues certains champs du recueil.
Ces groupes étaient composés de français, de Suisse et de Belges. Ils se réunissaient deux fois par an pour 5 ou 6 jours de travail consécutif, m'a-on dit. Et ça a été cette préparation du recueil Alléluia qui a duré de 1993 à 2003, donc un peu plus de 10 ans.
La première année, les frais de préparation, de réunion et cetera et ont été prises en charge par la Fédération protestante. Mais dès la 2e année et jusqu'à la fin, c'est réveil publication qui a assumé les frais de ce de ce recueil. Alors maintenant, venons-en justement à à la création des éditions Libetan.
Il faut dire que l'évolution de la sociologie religieuse il y a 20 ans était marquée vraiment par une baisse sensible des effectif euh des églises. Et ça a eu un impact, vous pouvez l'imaginer, sur le paysage éditorial qui prévalait à l'époque dans le monde de Luthero réformé. Du côté réformé, on avait une petite maison d'édition qui s'appelait Les bergers et les mages et qui avait une vocation nationale reconnue par l'église réformée de France.
Mais la librairie du boulevard Saint-Germain, librairie protestante qui avait été crée sous l'impulsion de la commission générale d'évangélisation n'avait pas tenu et elle avait fermé ses portes. De même, la société des écoles du dimanche était elle aussi en en difficulté et elle a dû cesser ses activités dans les années 2000 2003. Ah 2003, donc il y a 20 ans pile.
D'accord. Euh, du côté luthérien, je regarde Jean-François Collange, euh on avait donc les les éditions Auerlin qui avaient fait le choix à l'époque, en plus de l'édition de de d'ouvrir des librairies dans plusieurs villes, Strasbourg, Mulous, Lille, Paris. Mais cette stratégie assez ambitieuse n'a pas tenu très longtemps et ces librairies ont dû fermer les unes après les autres pour ne garder que celle de Strasbourg et encore dans un local plus petit que ce qu'il était à l'origine.
Du côté de la Suisse, c'est guerre mieux. Euh les éditions Labor et Fidè n'él n'équilibraient leur comptes que grâce à des subventions qui étaient versées par les universités ou euh ou les églises cantonales. Tout ça pour dire que au tournant des années 2000, le secteur éditorial lutero réformé était vraiment en plein questionnement et que une recomposition allant dans le sens d'un regroupement des forces vives semblait quasiment inéluctable.
Donc en 2003, il y a tout juste 20 ans, réveil publication est devenu officiellement le service éditorial de l'Église réformée de France à l'époque. Et pour cette nouvelle structure avec une vocation élargie, il convenait de trouver un nouveau nom et c'est encore Marc Blarlac qui a proposé le nom de Olivean. Comme vous le savez probablement, Olivetan est un théologien du 16e siècle.
Je crois qu'il y a sa photo. C'est ça cousin sa photo cousin de Calvin à qui on a confié la responsabilité de traduire la Bible en français à partir des langues originales hébreux et grecs. Et donc ce nom de Olivetan qui est lié vraiment à la toute première traduction protestante de la Bible correspond à plusieurs objectifs.
D'abord celui d'ancrer cette nouvelle maison d'édition dans l'héritage de la réforme. Ensuite celui de diffuser la pensée protestante à travers principalement la page imprimée. Il s'agissait aussi de se placer dans la perspective d'une vulgarisation de la pensée protestante, d'une vulgarisation de la parole comme l'avait fait Robert Olivetan avec sa traduction pour rendre le texte biblique accessible à tout le monde.
Olivetan était un pasteur français réfugié en Suisse qui a travaillé à la demande des Vaudois d'Italie. Donc vous voyez, cette traduction avait déjà on pourrait dire une vocation un peu internationale. Et donc on pourrait dire en parallèle aussi les éditions Olivetan ont vocation à s'ouvrir à l'international tant dans la recherche de d'auteurs que dans la diffusion.
Quand je dis international, c'est en tout cas au niveau de la francophonie européenne. À cette ouverture internationale est venue s'ajouter aussi une ouverture écuménique puisque Olivetan a déjà publié et continue à publier un grand nombre d'ouvrages sur le dialogue écuménique entre les églises. Enfin, dernier argument.
De même que la traduction de la Bible par Olivean a constitué un outil pour la transmission de la foi, et bien les éditions Olivetan doivent contribuer, c'est leur vocation à la formation de tous les membres de l'église qui soient adulte ou enfant, laïque ou pasteur, catéchète, musicien et cetera et cetera. Donc désormais l'Union nationale de l'Église unie est considérée comme membre fondateur de cette nouvelle association. Et euh au moment où cette nouvelle entité euh a été créée, Henry Fischer qui était jusque-là pasteur euh de paroisse euh est devenu directeur à pleinttemps des éditions euh Olivetan et donc il a pu consacrer toute tout son temps et toute son énergie à développer cette activité éditoriale en créant de nouvelles collections, en cherchant de nouveaux directeurs de collection, de nouveaux auteurs et cette fois-ci au plan national et même international et pas seulement seulement au niveau régional.
C'est ainsi qu'Olivetan est devenu éditeur des conférences de Carê qui était autrefois publié par Berger Mage de recueil de prédication, de textes liturgiques ou poétiques, d'ouvrage sur la spiritualité ou la prière, de recueil de comptes bibliques, d'ouvrage sur les questions éthiques, sur les faits de société, tout en continuant à produire des outils, on pourrait dire, nécessaires à la vie culturelle. Euh manuel de catéchèse, texte liturgique, recueil de prédication, ouvrage de réflexion pastorale, partition musicale et bien entendu recueil de champ. Henry a aussi réussi à attirer chez Olivetan un auteur qui s'est révélé prolifique, Daniel Bourget puisqueellement, il paraît qu'il y a au catalogue, c'est Edie qui m'a dit ça. 32 titres de Daniel Bourget dans le catalogue d'Olivetan.
Olivét est son éditeur exclusif. Donc c'est c'est commode ça. Le travail dont j'ai déjà parlé sur le recueil de chant Alléluia qui avait démarré en en 1993 a donc a abouti à une première publication en 2005.
Il était au départ destiné aux églises de France. Même si le groupe les groupes avaient travaillé ensemble en il était question que les Français publient ce qu'ils ont de ce dont ils ont besoin pour la France et les Suisses fassent de même de leur côté dans un corpus de champ qui avait été sélectionné. La France a été plus rapide pour tirer comme souvent par rapport aux Suisses et puis finalement les Suisses n'ont n'ont pas produit leur propre recueil et se sont ralliés au recueil de Champ tel qu'il avait été conçu pour le pour les églises de France.
Donc euh ce recueil aujourd'hui est vraiment commun aux églises de France et de Suisse. En tout cas, les églises euh réformées et luthérienne. Alors, autre sujet dont je voudrais vous parler, c'est la question de la diffusion.
Parce que produire des livres, c'est bien, mais les vendre, c'est mieux. Dans le monde séculier, les éditeurs sous-traitent leur diffusion à des maisons spécialisées qui assurent pour eux le stockage, la représentation commerciale de ces livres auprès des libraires, l'expédition, la facturation et l'encaissement. L'éditeur peut ainsi se concentrer sur la recherche d'auteur, la préparation, la fabrication du livre et ensuite sa promotion auprès du grand public.
Cette chaîne du livre fonctionne relativement bien dès lors que les ouvrages sont susceptibles d'intéresser un public suffisamment important, suffisamment nombreux. Oliviertan est affilié au syndicat national de l'édition et donc dispose de ce fait de des chiffres annuels qui sont publiés par le syndicat de l'édition. Et bien je peux vous dire que si la bande dessinée, les ouvrages pour la jeunesse ou la littérature générale se portent plutôt bien, le secteur de l'édition religieuse est vraiment vraiment à la peine.
Or, dans ce secteur de l'édition religieuse qui est déjà à la peine, vous avez quelques grosses maisons catholiques qui ont pignon sur rue et qui bénéficient de de de l'infrastructure que leur offre de gros diffuseurs. Et vous avez des toutes petites maisons d'édition comme Olivétan qui peignent vraiment à intéresser à leurs ouvrages un public plus large que les seuls pratiquants, protestants, membres d'église. Donc si dans le paysage éditorial français euh l'édition religieuse est une niche, et bien l'édition protestante c'est une niche dans la niche.
Donc vous voyez que là on arrive vraiment à une portion congrue. Faites l'expérience, allez dans le rayon d'une grande Fnac. Je dis grande hein, pas dans une petite ville de province mais grande Fnac à Lyon ou à Paris et chercher des livres protestants et bien il faut que vous vous mettiez à quatre pattes dans le rayon religion c'est l'étagère du bas et vous allez trouver allez au maximum 10 12 titres protestants mais tout le reste ça sera l'ésotérisme et l'islam surtout donc tout ça pour dire que c'est difficile.
Olivétan a tenté plusieurs expériences de diffusion dans l'histoire avec la société biblique française avec un autre groupe qui était situé dans le sud de la sud-est de la France ou l'Ouest de la France avec Salvator donc aussi un diffuseur catholique. Mais à chaque fois il a fallu constater que nos ventes étaient notre volume net de vente était insuffisant pour justifier la remise importante que nous accordions à ces diffuseurs. Je dis volume net parce que lorsque tout se passe bien, les commerciaux arrivent à placer vos bouquins chez les libraires.
Et quand au bout de 4 ou 5 mois, les livres ne sont pas vendus, et bien les libraires vous les renvoient. Et quand ils arrivent, en général, ils sont défrchis parce qu'ils ont été peut-être un peu ouverts et manipulés ou même dans les transports, ils ont été abîmés, ce qui fait qu'ils sont invendables. Donc le volume de vente nette finalement, il est diminué de tous ces retours que les libraires vous font.
Et le diffuseur, il aime pas traiter les retours et donc il vous pénalise en plus. il vous donne des pénalités pour pouvoir gérer ses retours. Bref, moi juste avant que j'arrive chez Olivettan, c'était en 2014, Olivier était encore le président pour essayer de de d'enrayer ce déficit d'exploitation un peu chronique et bien le conseil d'administration avait pris la décision de dénoncer le contrat avec Salvator et d'essayer que Olivettan assure sa propre diffusion.
Donc nous avons passé parce que on se voyait mal à la Croix-Rousse là-haut dans un endroit un peu inexcessible avec des rues en pente faire livrer des camions et tout ça. Donc on a passé contrat avec la CLC logistique située à Montellimar qui elle stock prépare les commandes et expédie ses commandes. Mais la relation avec les clients qu'il soi église particulier ou libraire c'est Olivetan qui administre cette relation.
Et donc cette opération a permis de récupérer, de regagner environ 15 % de marge qui était jusque-là laissé au diffuseur. Et donc ça nous a permis de retrouver un certain équilibre financier. En parallèle, nous avons accentué le marketing direct notamment par le biais de la boutique en ligne, donc le site des éditions Olivettan qui a vraiment connu une belle envolée et puis un volume d'affaires très important qui nous a permis finalement de de compenser les choses.
En ce qui me concerne, je suis resté directeur des éditions de 2014 à 2021 et durant mon mandat, j'ai eu à cœur de poursuivre la politique qui avait été initiée par Henri Ficher, à savoir créer de nouvelles collections, chercher des des des modèles éditoriens en quelque sorte qui puissent se séduire des nouveaux publics. Donc ça a été une collection de dialogue entre la foi et la science, une collection destinée aux adolescents et aux jeunes parce qu'il nous semblait que ça manquait cruellement. Beaucoup d'éditeurs font des livres pour enfants, mais assez peu font des livres pour éveiller la foi ou entretenir la foi chez les adolescents.
Une collection plus théologique que les ouvrages de vulgérisation que nous faisions jusque-là. Et puis petit à petit, la notoriété d'Olivétan a continué à à s'étoffer par un effet boule de neige. Nous recevions mais je pense que c'est encore le cas, de plus en plus de manuscrits et alors le pic a été atteint suite au Covid où les gens s'ennuyaient chez eux et donc ont décidé de terminer les ouvrages qu'ils avaient commencés et jamais terminés jusque-l et là ça a été une une avalanche de manuscrit qui doit je pense se poursuivre aujourd'hui.
Cet afflux de de documents qui nous sont envoyés n'est pas de tout repos pour le le directeur ou la directrice, là je parle de Corine qui doit trier tout ça. C'est comme le bon grain livré hein. Il y a beaucoup d'ivrés et très peu de bon grains malheureusement.
Voilà. Donc Corine s'appuie sur un comité éditorial. Je sais qu'il y a plusieurs personnes qui sont engagées dans ce comité qui l'aide finalement à discerner ce qui est publiable, ce qui est intéressant, ce qui éventuellement serait publiable sous à la condition d'être un peu modifié pour rejoindre tel public et cetera et cetera.
Cette notoriété grandissante d'Olivetan s'est aussi concrétisée dans un certain nombre de partenariats que nous avons réussi à nouer. La Fédération protestante de France a publié une majorité de ces ouvrages chez Olivetan. Les églises protestantes d'Alsace et de Laoren s'adressent aujourd'hui naturellement à Olivetan parce que la société luthérienne n'a pas la capacité juridique de vendre des livres en dehors du réseau des églises dans les librairies.
Donc c'est par Olivettan que que ces livres passent. On a aussi un accord avec l'Institut Protestant de théologie pour la publication des conférences que donnent les professeurs à droite et à gauche dans différents milieux. On commence aussi à publier des thèses assez remarquables ont qui ont été sélectionnées par les professeurs et qui méritent d'être mis en avant parce que c'est des gens césards là, ces doctorants ont ont un potentiel, on pourrait dire de de de théologique et de d'enseignement et donc ça vaut la peine que ces thèses soient soient publiées.
On travaille aussi avec la SVA, avec la Fédération de l'entraide protestante qui nous a confié déjà la publication de plusieurs ouvrages avec la fondation John Bost avec la mission Evangelite Cigan. Bref, j'arrête là parce que je probablement je vais je vais en oublier. Et je vois que Corine donc qui Corine Gas qui poursuit ce cette responsabilité aujourd'hui de des éditions Olivean euh commence à publier, j'ai vu ça récemment, des ouvrages préparés en collaboration avec la Faculté catholique de Lyon.
Voilà, un nouveau partenariat tout à fait intéressant et moi je suis heureux de constater que cette crédibilité d'Olivetan en tant que éditeur protestant à vocation écuménique continue finalement à progresser. Parlons maintenant un peu des journaux parce qu'il s'est passé des choses aussi pendant ces ces 20 années là. Les trois journaux dont j'ai déjà parlé, donc réveil, échange et le CP, ont pris au fil du temps une réelle habitude de travail en commun.
Non seulement les rédacteurs préparaient ensemble le contenu éditorial des journaux, mais des réunions régulières avec les présidents de région, les trois présidents de région et avec les directeurs de publication euh leur permettait de définir des orientations stratégiques, des campagnes de communication, des actions publicitaires et cetera et cetera. à tel point que au bout d'un moment tous ont commencé à trouver que un rapprochement institutionnel serait quand même souhaitable, ça économiserait beaucoup d'énergie. Et donc nous avons ouvert un nouveau dossier juridique.
À l'époque c'était Thierry Chaf qui était le président d'Olive. Et là, ça a été un un gros travail euh pour permettre de se mettre en ordre de marche en quelque sorte pour pouvoir accueillir ces deux journaux supplémentaires et donc aboutir à une fusion avec ces deux autres associations. Euh jusque-là, le chiffre d'affaires d'Olivettan provenait pour 3/4 ou même 4/5e de l'édition et le reste c'était le journal.
Mais avec l'arrivée de deux nouveaux journaux, les choses se sont vraiment pas rééquilibrées, mais en tout cas l'écart était bien moindre. Et et donc il a fallu repenser un peu la structure de gouvernance et on a abouti à un schéma où désormais on a deux départements symétriques, un département presse et un département édition. Les deux étant dirigés par un responsable presse et un responsable édition.
Et dans le conseil d'administration, on pourrait dire on a deux collèges principaux. l'Union nationale qui est responsable du côté éditorial et les régions qui sont responsables du côté presse puisque c'est la presse régionale protestante. Donc ce schéma s'est mis en place.
De nouveaux statuts ont été déposés et tout ça a abouti à la fusion des associations en 2019. Au départ de cette de cette nouvelle structure, c'est Gérard Perrier qui est là aussi dans la salle euh qui a pris la responsabilité de devenir on le on appelait ça à l'époque directeur presse euh et il a fait de façon bénévole et je voudrais vraiment là lui tirer mon chapeau parce que il n'a pas ménagé son temps ni sa peine pour mettre tout ça en place aujourd'hui. Et je crois pouvoir dire que grâce à lui et grâce à la bonne volonté de chacun, cette fusion s'est bien passée euh dans le respect de l'identité de chacun des journaux, à tel point que d'autres titres de la presse régionale protestante, n'est-ce pas, ont commencé euh à imaginer euh un parcours analogue en direction de l'association Olivetan.
Donc des contacts ont été pris avec les amis de ensemble le le journal du Sud-Ouest et avec la voie protestante donc euh qui AD qui gère deux journaux régionaux pour le nord de la France plus euh en sous-traitance des journaux consistoriaux. Euh alors ces discussions n'ont pas été faciles, je le concède. Il y a eu des avancées, il y a eu des reculs.
Thierry Chaf qui a conduit tout ça peut peut en témoigner. Mais bon, ces hésitations ne sont pas très étonnantes quand on connaît le désir d'indépendance que dont font preuve les protestants, n'est-ce pas ? Moi, je suis parti à la retraite en 2021, mais juste au moment de partir, le conseil d'administration m'a donné des devoirs de vacances en me demandant de poursuivre les contacts en vue de la création d'une régie publicitaire.
Il s'agissait euh d'assurer des revenus complémentaires pour ces journaux qui d'une part continuaient à perdre des abonnés malgré leurs efforts et aussi de contribuer au financement du poste de ce nouveau responsable du département presse qu'on allait recruter. Raphaël est arrivé juste au même moment quasiment que que mon départ. Donc nous avons contacté l'ensemble des journaux protestants en leur faisant une offre de collaboration. y compris les deux journaux alsaciens que sont le messager nouveau messager et euh le ralliment.
Et euh à notre grande surprise mais surtout grande satisfaction, tous ces journaux ont accepté en effet de rejoindre cette régie publicitaire d'Olivan, ce qui représente un total de 58000 abonnés qui nous permet du coup de solliciter de beaucoup plus gros annonceurs d'envergure nationale. Raphaël Badel donc a été recruté à l'été 2022 grâce à un coup de pouce financier de la fondation Flamme. Je le je le dis parce que il nous faut vraiment être reconnaissant par rapport à cette fondation qui qui a qui a cru à ce à ce projet et qui vraiment soutient la désire soutenir la la presse et le rayonnement de la de la pensée protestante.
On a arrivé, je crois pouvoir le dire, mais bouge tes oreilles pour rester humble, à renforcer le professionnalisme, on pourrait dire, de ce département en presse qui est devenu encore plus crédible par rapport aux autres journaux protestants et de fait des pour parler en vue d'un rapprochement ont pu reprendre avec les deux organismes dont j'ai parlé, présence protestante en région parisienne et donc le journal ensemble dans le sud-ouest. Il est fort probable, les discussions sont déjà bien avancées et il est fort probable que dans les mois à venir, Olivettan aura à gérer trois journaux régionaux supplémentaires, ce qui portera le total à 6, plus peut-être en sous-traitance des journaux consistoriaux ou autres. Cela veut dire une plus grande capacité de négociation sur les prix avec nos fournisseurs puisqu'on a une force de frappe plus importante.
Ça veut dire aussi une une trésorerie accrue puisque les journaux arrivent avec en se les associations en en se fusionnant avec Olivetan apportent aussi la trésorerie si elles en ont. Cela veut dire aussi une réflexion concertée entre tous sur les évolutions de la presse notamment dans son rapport avec le web. Vous savez que nos modèles de presse papier sont questionnés aujourd'hui, hein.
Comment faire pour articuler l'information entre les deux supports ? Le web, mais qui a tendance à être gratuit ou en tout cas difficilement rentable et puis la presse papier qui elle serait rentable mais par contre avec des un lectorat qui est en diminution. Comment faire pour articuler ces deux composantes là ?
Et donc le projet aujourd'hui, si j'en croise ce que me dit Eddie, c'est de développer une plateforme web pour la presse régionale protestante plus ambitieuse, plus riche, avec un vrai contenu éditorial qui sera peut-être différent de ce qu'est le support papier comme font les autres grands groupes de presse. J'en arrive à ma conclusion. Mon dieu que j'étais bavard.
Je viens de vous présenter l'histoire de Livetan un peu comme une success story en me soulignant plutôt le positif quoi. Euh et en effet, on a quand même de nombreux motifs de satisfaction, de belles réussites à notre actif, mais je voudrais quand même que raisonnablement nous restions humbles et conscients de nos fragilités. Je prends un exemple quand Antoine Nis est venu nous trouver il y a quelques temps pour nous proposer son commentaire intégral du Nouveau Testament verset par verset.
On était d'abord très flatté [rires] d'autant plus qu'un autre éditeur assez gros l'avait refusé. Donc on s'est dit ou pourquoi pas nous ? Et en y réfléchissant, on s'est dit non, on a d'une part pas la capacité financière de prendre un tel risque financier parce qu'on se doutait que ça serait en terme de préparation éditoriale un gros gros projet et puis ça ne rendait pas justice à la qualité du contenu en disant on aura pour ce ce travail remarquable une diffusion qui sera trop confidentielle, pas assez pas assez large.
Et donc on a prospecté un petit peu pour trouver des partenaires et de nouveau on est tombé chez Salvator qui a accepté donc de coéditer avec nous ce cet ouvrage en deux volumes dans un coffret et cetera, vous le connaissez et qui a eu un succès qui a dépassé nos espérances, je dois vous le dire. Il a été plusieurs fois réédité à la grande satisfaction de tous Antoine bien sûr en tant qu'auteur et puis et nous aussi en tant que petit éditeur puisque on avait un bon contrat avec Salvateur où on partageait la marge. C'estàdire que s'ils en vendaient plus, ils nous reversaient la moitié de leur marge et ça c'était bon.
Voilà tout ça [rires] tout ça pour dire que fort de ce de ce succès et parce qu'on recevait des courriers en disant "Mais c'est quand qui fait la suite Antoine qui ne l'avait pas du tout prévu au début a été encouragé finalement à à se remettre derrière sa table de travail et derrière ses commentaire et ses concordances pour envisager la suite. Et donc il a fait quelques essais comme ça dans les différents livres de l'Ancien Testament. Il a dit pourquoi pas ça a l'air de fonctionner et il s'y attelé.
Les deux premiers livres sont déjà parus, les deux premiers volumes de l'Ancien Testament et le troisème, je viens de le voir là, de le toucher, je l'ai pas déballé parce qu'il était encore sous célépophone mais il vient de sortir. Mais tout ça pour dire que bien sûr c'est un succès, mais je le présente comme une faiblesse. C'est-à-dire que on a senti et on a pris conscience que on avait pas les moyens tout seul d'assurer une diffusion à la hauteur de la qualité de cet ouvrage.
Et c'est le cas pour d'autres ouvrages qui sont de très grande qualité chez Olivettan mais malheureusement trop méconnu, trop peu trop peu diffusé. Autre signe de faiblesse, c'est qu'à l'heure actuelle encore où je vous parle, la marge commerciale dégagée par l'édition ne permet pas de payer le salaire de Corinegas, la responsable des éditions. C'est encore l'Union nationale très généreuse et merci qui assure le salaire de Corine et ça c'est un dispositif qu'on a mis en place depuis 2016 mais pour l'instant on voit pas comment on pourrait sortir de ce de ce dispositif parce que la rentabilité n'est pas au rendez-vous.
En ce qui concerne les journaux, bien sûr, je l'ai dit, le le fait d'être tous ensemble donne des moyens financiers pour résister un peu plus longtemps à l'érosion des abonnés. Mais il faut pas se le cacher, le le chemin est long et difficile pour essayer d'enrayer cette baisse des abonnés. Et puis je dois le dire aussi, honnêtement, les journaux ont chacun leurs habitudes de travail et et tous ne sont pas prêts à jouer le jeu collectif qui permettrait en effet de faire des économies d'échelle sur le plan administratif, production et cetera et cetera.
Donc là aussi, il va falloir du temps pour que les les gens réalisent que c'est vraiment en se mettant ensemble de manière unanime que on va arriver à à tenir le coup. Donc le ce modèle économique, il est encore extrêmement fragile, je veux pas vous le cacher. Euh il est encore un on est encore un peu sous perfusion de subvention euh d'aide institutionnelle de la part de l'église protestante unie.
Mais euh je voudrais aussi euh pour terminer dire que Olivietan peut compter sur deux atouts euh majeurs. D'abord, les responsables de nos églises, que ce soit au niveau national ou régional, sont convaincus de la nécessité d'avoir un outil éditorial comme Olivettan pour continuer à produire les outils de formation et de pastoral dont les églises protestantes ont besoin. et pour produire vers l'extérieur une parole lutéros réformée, on pourrait dire, dans la société.
Et ces responsables d'église ne ménagent pas leur peine ni leur temps pour faire vivre cette structure. Moi je je suis toujours impressionné de voir à quel point Emmanuel Sbolt président du Conseil national ou sibil Klump président de son conseil régional en PACA et les autres président de région investissent du temps pour tenir à bout de bras un peu cette cette structure Olivant. Ils sont les uns et les autres un peu comme nos bonnes fées sur le sur le berceau en quelque sorte.
Autre atout majeur, Olivetan peut compter sur l'apport décisif d'un grand nombre de bénévoles et il y en a plusieurs parmi vous que ce soit dans les instances de gouvernement, dans les comités de lecture, dans les comités presse, les correcteurs, les relecteurs, les rédacteurs des chroniques locales dans les journaux et cetera. Vous avez ainsi des dizaines et des dizaines de de personnes, toute une armée de l'ombre en quelque sorte qui travaillent à produire les des journaux de qualité et des ouvrages de qualité avec le souci de faire rayonner l'Évangile aujourd'hui. Et ça, je crois que c'est une grande chance et une grande force.
Je termine en disant que Olivetan a 20 ans donc et par analogie avec euh l'existence humaine, on pourrait dire que Olivier Tan a passé l'âge de l'enfance et de l'adolescence. Le garçon s'est bien développé en taille et en expérience et il est prêt maintenant à mener sa vie d'adulte garçon mais je sais pas si il est de sexe masculin ou féminin. Olivant.
Voilà. Mais en tout cas, je souhaite à cette structure éditoriale Olivean de continuer à être, je dis au féminin comme ça, inventive, imaginative, audacieuse pour continuer à rester fidèle à sa vocation d'être une vocation difficile, d'être éditeur protestant dans une société sécularisée. Merci beaucoup pour votre attention. [applaudissements] [musique] [applaudissements] [musique] B