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interviewLe Média — Podcasts· 19 août 2024 23 min

Macron : dernière nouvelles du coup d'État

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Salut à toutes et à tous, c'est l'été au Média et nous avons réduit la voilure. Cela fait quelques semaines que vous n'avez plus regardé les indiscrets de Nils-Villequeux, programme que nous testons au Média et qui sera sur la grille de la saison prochaine si vous, notre public, nos uniques mécènes, si vous nous en donnez les moyens.

Soutenez-nous, si vous le pouvez, signer la pétition pour appuyer notre recours contestant la décision de l'ARCOM qui nous a refusé un canal TNT en allant sur tnt.lemédiatv.fr Comme l'indique le nom de l'émission, les indiscrets de Nils-Villequeux nous emmènent dans les coulisses de la politique telle qu'elle se fait vraiment, au-delà des éléments de langage et du marketing politique. Au sommaire, après les Jeux olympiques, comment Emmanuel Macron procède pour jouer avec les nerfs du NFP en tentant de choisir lui-même son futur Premier ministre dans l'objectif presque avoué de poursuivre la même politique après son échec aux législatives anticipées.

Xavier Bertrand ou Bernard Cazeneuve, à l'Élysée, on joue au name dropping. Et pendant que la classe politique s'agite, le gouvernement démissionnaire depuis de longues semaines déjà avance forcément sur la préparation du prochain budget alors qu'il n'est habilité qu'à gérer les affaires courantes. Et si c'était ça le plus gros scandale, Nils a pris son téléphone et a contacté des bons connaisseurs de la machine budgétaire et parlementaire. Salut Nils ! Salut Théo ! Salut à toutes et à tous ! Alors, qui va gagner non pas des millions mais Matignon en tout cas si l'on s'en tient aux vœux et aux projections d'Emmanuel Macron ?

1:33
Emmanuel Macron

Oui, alors entre plusieurs allers-retours, entre le fort de Brégançon, l'Élysée, les JO, les cérémonies de commémoration, c'est vrai qu'Emmanuel Macron est en train de mâchonner comme il le dit lui-même, il cherche effectivement le prochain locataire de Matignon en dehors de Lucie Casté puisque pour le moment, il refuse absolument de nommer la candidate de gauche. Alors, il y a deux noms qui ressortent effectivement dans les médias et dans la presse, c'est Bernard Cazeneuve et Xavier Bertrand. On peut dire effectivement que le président la joue un peu avec les nerfs de la gauche et ceux des Français, il faut bien le dire. Et d'ailleurs, il s'en amuse.

C'est son petit plaisir de faire lanterner les uns et les autres, me confie l'un de ses interlocuteurs réguliers que j'ai pu joindre en début de semaine. Alors, Xavier Bertrand, c'est un peu le ballon d'essai, comme me le confiait aussi un macroniste au placé, pas franchement convaincu par ces rumeurs qui courent au sujet du président à l'air de la région des Hauts-de-France. Et puis bon, il faut quand même, il ne s'entend pas très bien, lui, le président, il se déteste cordialement, même, ajoutez mon interlocuteur. Et d'ailleurs, on se souvient que l'élu de droite du Nord accusait encore le président d'être le cordon déclencheur de la montée du RN il y a quelques mois.

Donc, comme on peut le voir dans cet article, cette tribune du Figaro. Bref, l'hypothèse de Xavier Bertrand semble être plutôt un leurre et c'est plutôt le nom de Cazeneuve qui circule là depuis un bon mois quand même. Et qu'est-ce que Cazeneuve lui-même, il en dit, Nils ? Oui, c'est le ministre de l'Intérieur, il faut se rappeler, qui était effectivement aux responsabilités au moment des attentats en 2015. Il reste quand même très discret et pour le moment, il a uniquement démenti qu'il avait eu un contact direct avec le président, ce qui contrevient quand même aux informations du journal d'extrême droite le JDD dimanche dernier.

Et il faut dire aussi que celui qui est devenu par la suite Premier ministre de François Hollande vient de rame personnel, puisque sa femme Véronique est décédée en juin. Et bon, en tout cas, ce qu'on peut dire, c'est que la nomination du nouveau locataire de Matignon, elle interviendra fin août, début septembre, selon les informations qui sont relatées aux journalistes par l'Elysée et aussi par Matignon actuellement. Et elle devrait consacrer, alors Macron cherche un peu le mouton à cinq pattes, une personnalité avec une autorité morale incontestable, une expérience politique selon l'un de ses proches.

Alors, pour l'autorité morale incontestable, il n'est pas sûr que Cazeneuve coche cette case malgré ce qu'en dit une partie de la gauche, notamment les socialistes anti-LFI. On peut imaginer justement qu'aussi pour les écolos, tout cela passe mal. Oui, pour les écolos, la nomination de Bernard Cazeneuve, ce serait un casus belli, parce qu'il faut rappeler que le parti, l'Europe Écologie Lévese, reste traumatisé par la mort de Rémi Fraisse. Donc, c'était ce jeune militant qui avait été mortellement touché par un tir de grenade d'un gendarme sur le barrage de Sivins en 2014. Et l'année dernière, d'ailleurs, l'État a été jugé responsable de ce décès et condamné au terme d'une longue procédure.

Mais le gendarme responsable du tir s'en est tiré avec un non-lieu. Et surtout, l'ancien Premier ministre de François Hollande, donc Bernard Cazeneuve, qui à l'époque était ministre de l'Intérieur, n'a jamais reconnu sa responsabilité dans ce décès. Tout juste a-t-il admis une simple erreur de communication ?

5:10
Invité

Lorsque cette tragédie se produit, je suis dans la pensée d'abord des parents de Rémi Fraisse. Et mon sentiment, pour avoir vécu d'autres événements, notamment lorsque j'étais maire de Cherbourg, au moment de l'attentat de Karachi, c'est que les paroles de compassion, si on ne dit pas la vérité à une famille qui a subi un tel drame et qui est dans un tel chagrin, peuvent apparaître comme une manœuvre de diversion. Et je ne voulais pas laisser à penser ça. Je pensais d'ailleurs que la vérité viendrait très vite. J'avais des informations contradictoires. J'espérais que très vite le procureur donnerait des éléments. Et qu'à ce moment-là, dans la journée, je pourrais m'exprimer.

Et ces éléments ne sont pas venus. Et à ce moment-là, j'aurais dû commencer par dire ce que j'ai prouvé comme ministre de l'Intérieur en indiquant que la vérité viendrait ensuite. Mais j'ai eu cette crainte et je pense que c'était une erreur de concevoir la communication à ce moment-là comme je l'ai fait.

6:10
Emmanuel Macron

Bernard Cazeneuve se disait prêt à prendre la tête d'un gouvernement technique ou d'entente tout en continuant aimablement à qualifier le nouveau fonds populaire d'extrême-gauche, y compris les socialistes, donc de son ancienne famille politique.

6:23
Invité

Moi, je n'ai jamais refusé de mettre de la sagesse là où il y a de la déraison. Et s'il faut le faire de façon collective, je serais toujours prêt à cela. Parce que, encore une fois, dans cette affaire, je suis totalement désintéressé. Ma seule préoccupation, c'est de faire en sorte que le pays ne bascule pas dans le déclassement, dans l'ingouvernabilité, dans le n'importe quoi. Un gouvernement, pardon, une équipe, même pour un temps, mais qui porterait ce projet-là, est-ce que c'est possible ? Ça n'est pas forcément jusqu'en 2027, mais qui au moins permet, disons, de faire le pont.

Je ne sais pas si c'est possible, compte tenu de ce qui est l'état d'esprit général qu'on voit s'exprimer jour après jour, heure après heure. Ce que je sais, en revanche, c'est qu'il n'y a pas d'autre solution que d'essayer d'y parvenir.

7:04
Présentateur

Belle ambiance, le groupe vit bien. Alors, Nils, on imagine qu'Emmanuel Macron fait lui-même passer des messages à ses visiteurs du soir pour alimenter les conjectures.

7:16
Emmanuel Macron

Oui, oui, il s'amuse beaucoup à ça. Donc, il a échangé tout le mois d'août avec différents interlocuteurs, les chefs du parti, de ce qu'on appelle désormais, ce qu'il faut appeler la minorité présidentielle. Donc, Horizon, le modem qui se montre extrêmement discret. Évidemment, ensemble, la fausse entente présidentielle. Et donc, il a échangé un peu pendant toute cette première partie du mois avec eux. Et puis, il dit qu'il a vraiment envie de recevoir les présidents des groupes parlementaires, les chefs de parti. Mais tout ça, en fait, masque mal sa fébrilité, parce qu'en réalité, les députés n'ont pas attendu le président pour avancer.

Et ils s'activent de leur côté, notamment Lucie Casté, la candidate du nouveau Fonds populaire pour Matignon, qui a ouvert le bal avec une missive envoyée lundi, co-signée par les chefs des groupes parlementaires de la gauche et adressée à tous les députés et sénateurs, alors sauf le Rassemblement national, avec son projet, ses priorités et surtout une main tendue aux élus pour arriver à trouver une majorité sur des projets. Alors, en réponse, les macronistes ont envoyé leurs propres lettres, des copieurs, comme le disait un député de gauche avec lequel j'ai échangé en début de semaine.

Et tous les partis ont reçu cette lettre macroniste, sauf le RN et LFI, ce qui n'est pas vraiment, disons, dans un esprit de concorde. Alors, évidemment, à l'Élysée, on se défend de faire du name-dropping, comme tu dis, on explique que le président est président de tous les Français, qui doit avoir une vision complète pour éclairer son choix. Et d'ailleurs, on se dit prêt à rencontrer l'ensemble des forces de gauche, dont la France insoumise, si le besoin s'en fait sentir, mais aussi le Rassemblement national.

9:09
Présentateur

Alors, à ce petit jeu du remaniement, parce qu'en fait, c'est un peu de ça qu'il est question dans la tête d'Emmanuel Macron, un remaniement sans prise en compte réel des législatives, mais une sorte de match entre lui et une personnalité qui serait chargée de trouver un consensus minimal à l'Assemblée nationale. À ce petit jeu, donc, notre nom commence à percer, Nils. Et oui, c'est le troisième homme, roulement de tambour, Théo.

9:37
Emmanuel Macron

Il s'agit de Michel Barnier. Alors, pour ceux qui auraient oublié qui est Michel Barnier, c'est un ancien député, un sénateur. Il a été président du Conseil général de Savoie pendant 17 ans, quand même. Il a été chargé de plusieurs portefeuilles ministériels, quand même assez importants, pendant sept ans. Il a été commissaire européen. Il a été organisateur des JO d'Alberville en 92. Il est aussi connu à l'international pour avoir été négociateur en chef du Brexit. Alors, c'est vrai qu'il est plutôt jeune. Il va sur ses 74 ans. Et, par exemple, vous le voyez ici, c'est assez rigolo. C'est Lina qui a déterré cet archive. On le voit en 71, déjà, répondre à une interview. Il a alors 20 ans.

Voilà, vous pouvez le voir à l'écran. Alors, c'est un choix, en fait, technique pour Emmanuel Macron, s'il opte pour cette possibilité, parce qu'en fait, elle a les faveurs de Laurent Wauquiez, donc qui est redevenu faiseur de roi à l'Assemblée, puisqu'il est à la tête du groupe de la droite populaire. Ce qui n'est pas le cas de Xavier Bertrand, quand même, qui a des relations tout à fait exécrables avec Laurent Wauquiez. Et, bon, le gros atout aussi de Michel Barnier, c'est qu'il a l'indéniable localité d'aller sur ses 74 ans, comme je le disais avant. Et donc, on peut penser qu'il n'aurait plus d'ambition présidentielle pour 2027. En tout cas, c'est comme ça que Macron s'imagine la chose.

Bon, il faut quand même rappeler que Michel Barnier s'était présenté en 2021, alors qu'il était déjà dans la fleur de l'âge.

11:06
Présentateur

Et il ne faut jamais dire, Fontaine, je ne boirai plus de ton eau, en tout cas en politique.

11:12
Emmanuel Macron

Exactement, Théo. Et puis, de toute façon, quel que soit son nom, il ne faut pas oublier que le Premier ministre d'Emmanuel Macron devra surtout satisfaire à une exigence du chef. C'est le maintien de la politique économique et sociale qui est menée depuis maintenant sept ans. Et surtout, la fameuse réforme des retraites qui est honnie et rejetée par plus des trois quarts des Français. Et pour le nouveau Front populaire, c'est justement l'une des mesures fondatrices de son programme qui est de revenir sur ce texte. Et le nouveau Front populaire est arrivé en tête aux législatifs, ce qui constitue quand même un vrai problème politique pour Emmanuel Macron.

11:50
Présentateur

Alors, que fait, pendant ce temps, Lucie Casté, la candidate à Matignon désignée par le NFP, arrivée en tête aux législatives anticipées ? On le dit et on le répète parce qu'on va finir par l'oublier. En tout cas, Emmanuel Macron l'a déjà sans doute oublié.

12:05
Emmanuel Macron

Ah oui, écoutez, Emmanuel Macron, il n'y a pas eu de législative, il n'y a pas eu de dissolution et les macronistes sont toujours en majorité présidentielle. Alors, Lucie Casté, en attendant, elle multiplie les apparitions médiatiques pour tenter de se faire connaître des Français. Un jour, elle est à Lille. Un autre jour, elle est dans une autre ville de province, de France. Elle fait aussi des apparitions dans les médias, la télévision ou dans les journaux. Elle est aidée en cela aussi. C'est vrai que les confrères et consoeurs politiques prennent leurs congés et donc elle a plus de visibilité que le reste de l'année. Mais bon, elle commence à s'agacer.

Elle aussi, elle trouve le temps long. Et là, elle a réagi ce vendredi au moment où on enregistre dans les colonnes du quotidien La Marseillaise en expliquant qu'elle s'étonnait de tous ces noms qui sortent de l'Élysée pour Matignon, en expliquant que c'était contraire à la logique institutionnelle de notre pays. On ne peut pas vraiment lui donner tort sur ce sujet. Et alors, en plus, elle n'est pas aidée au sein de son propre camp. Lucie Casté, elle a pris une belle balle perdue de la part d'Anne Hidalgo chez Darius Rochebin sur LCI.

13:11
Invité

C'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup et je dois être une bonne DRH puisque je l'ai recrutée et qu'elle m'a donnée entière satisfaction. Mais je crois qu'il faut être lucide en tous les cas. Si une gauche peut regouverner dans le pays, ça sera une gauche sociale-démocrate alliée à toute la gauche, alliée à toute la gauche et aux écologistes. mais pas une gauche qui repartirait dans l'impasse qui est celle de Jean-Luc Mélenchon.

13:39
Emmanuel Macron

Hidalgo avait déjà ironisé sur le nom de Casté pour Matignon. Elle avait déclaré à BFM, « Je crois que le nouveau Front populaire devrait arrêter de chercher des noms. Je peux leur en donner d'autres. » Marie Villette, ma secrétaire générale de la ville. Je suis aussi très amie avec Laurence Tchoubiana. Et il y a aussi Aurélie Filippetti, avait-elle ironisée il y a un mois sur BFM. Alors bon, j'ai pas trop réussi en fait à comprendre pourquoi Hidalgo s'en prenait ainsi à l'une de ses employées puisque Lucie Casté statutairement dépend de la mairie de Paris et donc d'Anne Hidalgo. Son entourage n'a pas voulu me répondre. Le téléphone a sonné dans le vide.

Mais ce qu'on m'a dit, c'est qu'en tout cas, elle est toujours très réservée par rapport à l'alliance du PS avec la France insoumise dans le cadre de la constitution d'un gouvernement. Et manifestement, elle a du mal à retenir son amertume en voyant que Lucie Casté prend la lumière à ses dépens.

14:38
Présentateur

Avec des amis pareils, pas besoin d'ennemis, n'est-ce pas, Nils ? Absolument, Théo. Alors évoquons désormais un autre sujet. Un sujet absolument central, le nerf de la guerre même. Macron tente-t-il un coup de force sur le prochain budget ? En tout cas, la préparation du dit budget, elle a pris du retard.

14:57
Emmanuel Macron

Oui, c'est le moins qu'on puisse dire. On est carrément à la bourre. Ce n'est pas très rassurant. Et d'ailleurs, j'en discutais hier avec Charles de Courson au téléphone qui m'expliquait que le gouvernement qui est censé expédier les affaires courantes et qui prépare un budget, c'est quand même une première. C'est assez original. Lui, pourtant, il en a vu des vertes et des pas mûres. Il a près de 40 ans quand même de vie parlementaire, Charles de Courson. Il est devenu d'ailleurs récemment, à la faveur des législatives, il est devenu rapporteur général du budget de l'Assemblée. Donc, il est bien placé pour parler des questions budgétaires.

Alors, le budget, l'argent, c'est quand même le nerf de la guerre. Savoir où on va affecter les crédits. Est-ce qu'on va plutôt les affecter à l'armée ? Est-ce qu'on va plutôt les affecter à l'éducation nationale, à la petite enfance, à la santé ? Mercredi, un porte-parole du Premier ministre a annoncé l'envoi imminent de lettres de plafond. Donc, ce sont des lettres, en fait, qui fixent des enveloppes pour chaque ministère. Et donc, il s'agit des crédits de paiement qui sont alloués par mission et par programme avec les enveloppes totales, effectivement, par domaine. Alors, d'habitude, elles font l'objet de discussions à Matignon, au gouvernement.

C'est assez aride, assez technique comme débat. Sauf que cette fois-ci, avec la dissolution du 9 juin, les négociations de juin-juillet n'ont pas eu lieu. Alors, désormais, on n'a plus le temps d'attendre. Le gouvernement démissionnaire utilise un argument mafieux en expliquant qu'il faut se dépêcher parce que le projet de loi de finances doit être présenté avant le 1er octobre. C'est ce que me disait Charles de Courson hier au téléphone. Et pourtant, Matignon a assuré le contraire la semaine dernière en expliquant qu'il n'y avait pas forcément d'obligation à se dépêcher. Et il faut aussi ajouter que le budget doit être...

Enfin, les orientations budgétaires, elles doivent être examinées par le Haut Conseil des Finances Publiques. Donc, c'est une instance indépendante placée auprès de la Cour des comptes qui doit examiner le projet du gouvernement d'ici le 11 septembre. Ça fait moins d'un mois parce que cette instance, en fait, habituellement, elle reçoit toujours les orientations du gouvernement en retard. Et puis là, elle a poussé un petit coup de gueule. Alors, évidemment, à Bercy, les crânes de la direction du Trésor ont fait leur travail technique, comme d'habitude. Donc, ils ont fait tourner ce qu'on appelle les modèles économétriques. Ils ont préparé les documents.

Évidemment, pour le prochain gouvernement, il ne s'agira pas de partir d'une page blanche. Mais enfin, chaque jour qui passe complique la tâche du successeur ou de la successeur de Gabriel Attal. Et Charles de Courson s'étonnait en disant « On ne voit rien venir ». Donc, oui, Gabriel Attal tient à préserver le processus budgétaire et à ce que le prochain gouvernement puisse présenter le budget dans les délais. Alors, c'est ce qu'explique Matignon dans un communiqué pour répondre aux critiques qui sont faites au gouvernement des missionnaires.

Et donc, Matignon explique aussi que ça implique que des lettres de plafond, elles soient adressées au ministère à la mi-août pour que les administrations disposent d'une base sur laquelle conduirent les travaux préparatoires au budget et que celui-ci puisse être donc présenté début octobre comme chaque année.

18:01
Présentateur

Alors, ce qui est bizarre, c'est qu'Attal, pourtant démissionnaire, d'une certaine manière, il construit le squelette du budget, Nils.

18:11
Emmanuel Macron

Oui, mais ça pose quand même un vrai problème démocratique. Alors, Matignon se défend en affirmant que ce n'est qu'une base de réflexion qui ne préempte pas les arbitrages finaux qui seront rendus par le prochain gouvernement au moment de la présentation au Parlement de son projet de loi de finances pour 2025, donc en octobre, voire, car en réalité, plus le budget sera structuré, plus cela sera difficile de revenir dessus pour le gouvernement qui prendra la relève de Attal, m'explique un fin connaisseur des questions budgétaires à l'Assemblée.

Et d'ailleurs, pour preuve, le gouvernement vient donc démissionnaire, le gouvernement Attal vient de geler 10 milliards d'euros de crédits supplémentaires amenant, selon le ministre délégué aux comptes publics, lui aussi démissionnaire, donc Thomas Cazeneuve, à une réserve de précaution de 16,5 milliards d'euros. Et donc, le gouvernement pourra soit y renoncer, soit prendre d'autres mesures pour accompagner notre désendettement, explique le macroniste dans Sud-Ouest, comme on le voit en tête d'article à l'écran.

Et donc, ça pose un problème démocratique, puisqu'effectivement, ce gouvernement est chargé des affaires courantes et donc n'a pas à prendre des inflexions ou des directions budgétaires actuellement. Alors, c'est un activisme qui est dénoncé par la gauche et notamment par sa représentante la plus éminente actuellement, Lucie Casté, qui explique que ce gouvernement démissionnaire travaille sans légitimité démocratique. Il prépare un budget qui persiste dans une politique majoritairement rejetée par les électeurs, c'est-à-dire l'austérité. Or, revenir à l'austérité quand l'économie ralentit, c'est une grave erreur.

Et d'ailleurs, pour être honnête, dans les ministères, on ne dit pas autre chose. Un conseiller ministériel me confiait, par exemple, hier, Bercy fait en sorte de tout baliser pour ne laisser que peu de marge de manœuvres aux nouveaux arrivants. Donc, c'est ce que m'expliquait ce conseiller, qui était quand même choqué par la méthode et qui ajoute, depuis la dissolution, on a bien compris que la légalité n'est pas le souci principal du président. Donc, tu vois, il y a toujours une très bonne ambiance dans les cabinets ministériels qui sont en fin de règne. Alors, il y a quand même des solutions en cas de blocage total.

C'est-à-dire, si les oppositions, la minorité présidentielle, la gauche, la droite n'arrivent pas à se mettre d'accord, l'article 47 de la Constitution permet quand même au gouvernement, qui prendrait la place de Gabriel Attal, de demander en urgence au Parlement de percevoir les impôts par décret pour continuer à payer les fonctionnaires et surtout assurer le fonctionnement de la machine de l'État. Mais dans les coulisses en Macronie, on n'hésite plus à carrément évoquer l'article 16 de la Constitution pour faire passer la purge de 20 milliards d'euros d'économies budgétaires à l'automne.

Donc, c'est un article exceptionnel qui avait été créé, comme la Constitution d'ailleurs, de 1958 par Charles de Gaulle, qui s'applique en cas d'interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Et donc, j'ai une source macroniste qui est proche de l'Élysée, qui s'en amusait, qui m'a expliqué que, oui, ça pourrait se tenter, sauf évidemment que politiquement, ce serait quand même catastrophique pour Emmanuel Macron. Et puis, ce serait très difficile quand même de justifier ce type de mesures. Alors bon, Charles de Courson, lui, il est carrément un peu fataliste. Il me dit, le plus probable, ce sera qu'on va reprendre le budget 2024 à quelques ajustements près.

Donc, ça concernerait le relèvement de la taxe sur les super profits des compagnies d'énergie ou l'instauration d'une taxe sur les rachats d'actions. Enfin voilà, c'est pas très ragoûtant. Alors en attendant, le président de la République, Emmanuel Macron, fait comme si de rien n'était. Il préside les commémorations du 80e anniversaire du débarquement de province, hier, avec des chefs d'État africains dans le Var. Comme on peut le voir sur ces images, on peut vraiment dire que Macron utilise tous les leviers du pouvoir constitutionnel à sa disposition,

21:54
Présentateur

y compris les plus polémiques. Pourquoi se priver en effet ? Merci Nils et merci à vous d'avoir regardé cette émission. Dites-nous ce que vous en avez pensé en commentaire si vous nous regardez via YouTube et par email si vous nous regardez à la télé. Si vous avez quelques secondes, allez sur tnt.lemédiatv.fr pour signer notre pétition et soutenir notre recours après l'attribution des fréquences TNT par l'ARCOM. Si vous le pouvez, apportez-nous votre soutien toujours sur tnt.lemédiatv.fr. Restez connectés aux médias. Merci.

22:24
Locuteur

Merci. Merci.