RACHIDA DATI RÉPOND À TOUS LES SECRETS ET LES RUMEURS SUR SA CARRIÈRE (Sarkozy, sa fille, ses clash)
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Aujourd'hui, notre invité, c'est Rachida Dati. Vous avez déjà donné des claques à des gens. Est-ce que c'est vrai ?
Oui, c'est vrai. C'est vrai que j'ai mis un point dans la figure de *** au Parlement européen. Parce qu'en politique, on a des gens qui nous aiment et des gens qui sont d'autres camps qui nous aiment moins.
Est-ce que vous avez déjà eu peur pour vous ? J'ai reçu beaucoup de menaces, y compris à l'encontre de ma fille. Il y a eu une tentative d'enlèvement concernant ma fille.
Quelqu'un qui avait fait une intrusion dans une crèche. Ça, ça ne vous a pas dissuadé à un moment donné dans votre métier ? Le jour où vous la chandelle...
À un moment, il y a eu un gros problème de santé. Moi, j'ai cru que j'allais perdre ma fille. Elle est jusqu'où pour comprendre ?
Du jour au lendemain, elle ne pouvait plus marcher et elle ne sentait plus son corps. Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende. Aujourd'hui, notre invitée, c'est Rachida Dati, qui vient ministre de la Culture, qui a accepté de répondre à nos questions.
Elle m'a dit que je pouvais lui poser vraiment toutes les questions sur sa vie personnelle, sur son parcours, sur comment elle a fait des choix dans sa carrière et pourquoi elle les a faits, va nous raconter aussi ses rencontres avec les hommes politiques. Elle va nous parler de sa fille aussi. Elle a très rarement parlé de sa vie privée, comme elle va le faire dans un instant.
En tout cas, juste avant de recevoir Rachida Dati sur Légende, abonnez-vous si vous voulez bien à notre chaîne YouTube en deux secondes et en podcast audio. Si vous nous suivez sur Spotify, Deezer, Apple Podcasts, Amazon Podcasts, vous pouvez nous écouter comme ça, en voiture, en train de faire du sport. Merci de faire de l'exemple, le premier podcast de France.
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Eh bien, ça permet de résoudre plein de problèmes directement. Les valises sont à partir de 59 euros. Je vous mettrai le lien dans la description, juste avant de commencer l'émission.
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On y va. Rachid Haddati sur Légende. Eh bien, voilà.
Merci. Je vous reprends le clap. Merci beaucoup.
Ça aurait été dommage de vous cacher derrière. Bienvenue. Merci de votre invitation.
Je suis content de vous recevoir. Cette ministre de la Culture, maire du 7e arrondissement de Paris. On va refaire votre parcours, si vous voulez bien.
Vous connaissez l'interview ? Vous avez déjà vu des extraits ? Oui, j'ai vu certaines interviews.
D'accord. Vous voyez un peu comment ça se passe. On refait un peu le parcours.
Juste pour parler d'actualité, vous avez eu une grosse actualité pas longtemps avant le tournage de cette émission. Il y a eu un braquage, un cambriolage au Louvre. Est-ce que vous avez eu des infos particulières ?
J'imagine que la semaine, quand on est ministre de la Culture et que ça se passe, doit être un peu changée en termes de planning ? D'abord, c'est de pouvoir appréhender cette affaire parce que ce vol spectaculaire, il a quand même choqué tous les Français, bien au-delà d'ailleurs de notre pays. Et puis aussi, il a choqué les agents du Louvre qui sont quand même plus de 2 000 agents au musée du Louvre. 2 000 agents ?
Il y a plus de 2 200 agents au musée du Louvre. Et donc, il était important aussi de pouvoir être à leur côté dans ce moment difficile. Est-ce que vous pensez qu'un jour, on a une chance de retrouver...
Peut-être qu'on verra quand on diffusera l'émission. Peut-être que ce sera déjà...
Est-ce qu'il y a une possibilité de retrouver les bijoux ? Ça en parle dans les dîners. Je me suis dit que je vous poserai la question quand on arrive à vous voir.
Moi, je fais confiance. J'ai une totale confiance dans les enquêteurs. L'enquête est en cours.
Il y a eu des interpellations et l'enquête se poursuit. Donc, j'espère vraiment qu'on retrouve ces bijoux. Comment vous l'avez appris ?
J'ai été informée par une personne du musée du Louvre puis ma directrice de cabinet. Je suis arrivée sur place tout de suite. Directement, oui.
Vous avez l'info avant que ça sorte dans les médias. Oui. On se demande toujours comment ça se passe.
Je demandais ça quand on reçoit des ministres. C'est un autre ministre qui vous appelle ? Est-ce que ça passe par le premier ministre ?
Est-ce qu'une information aussi importante ? Non, là, j'ai eu l'information en direct du musée du Louvre et par ma directrice de cabinet. Donc, je me suis rendue sur place.
Pour refaire votre parcours en travaillant à l'émission, j'ai repris plein de trucs sur vous. Vous êtes la deuxième fille d'une famille de 11 enfants. Ça ressemble à quoi, une enfance ?
Avec 10 frères et sœurs. Comment c'est la table ? Il n'y a pas de table.
C'est une équipe de foot, 11 enfants, c'est beaucoup. Et puis, on n'a pas beaucoup d'écarts. En fait, de la première à la dernière, c'est une génération, plus qu'une génération.
Mais on a pratiquement...
Il y a un enfant par an et maman a perdu pas mal d'enfants. Donc, elle a été enceinte pratiquement toute sa vie. Donc, voilà.
Mais, alors, par moment, c'est très agréable d'avoir plein de frères et sœurs. Et puis, par moment, on aimerait être enfant unique. On a envie d'être seul, parfois.
Parce qu'on vous rendait dans le bruit, dans ce sens-là. Vous voulez dire, il y a toujours du bordel à la maison ? Il y a toujours du mouvement, ça, c'est sûr.
Mais contrairement à ce qu'on peut imaginer, c'est très organisé quand même. Parce que sinon, ça ne tient pas. Vous êtes née là-bas ?
Je suis née à Saint-Rémy, c'est un petit bourg à côté de Chalon-sur-Saône, parce que c'était le lieu de la maternité. Dans une famille plutôt modeste, plutôt aisée, c'est quoi ? Mon père était ouvrier, maman ne le travaillait pas, évidemment.
Elle s'occupait des enfants. Une famille plutôt modeste ? Oui.
Vous donniez des ordres, vous protégiez un peu les frères et sœurs, quand on est la deuxième grande. Est-ce que quand il y a onze frères et sœurs, on est obligé d'avoir du charisme, ce que vous en avez, pour tenir ce poste aujourd'hui ? Non, c'est vrai.
J'avais ma sœur aînée, mais elle s'est mariée très jeune. Elle s'était mariée à 17 ans et demi, avec mon cousin, d'ailleurs. Et elle était repartie au Maroc.
Donc, c'était un moment pas facile pour elle, pas facile pour nous. Et donc, moi, j'ai pris un peu la conduite de la famille, pour les études, l'école, remplir les papiers, parce que j'avais des parents qui ne savaient pas lire, pas écrire. Donc, de gérer la vie matérielle de la famille, et puis de gérer les frères et sœurs sur différentes ordentations.
Parce que, nous, on a eu la chance d'avoir un père, qui n'était pas simple, qui n'était pas facile, mais qui voulait qu'on fasse des études. Et il disait, votre autonomie et votre liberté, et qu'un jour, vous puissiez être reconnue dans ce pays, c'est que vous fassiez des études et que vous réussissiez. Donc, de fait, j'ai pris...
Vous travaillez, quoi. J'ai pris un peu, j'allais dire, le lead sur la famille. Juste une petite question un peu personnelle, mais vous faites assez peu d'interviews.
On vous voit, mais pas longtemps sur votre vie, etc. C'est un truc que vous ne vous affectionnez pas, forcément ? Alors, d'abord, je parlais peu, avant d'être garde des Sceaux, d'ailleurs.
Je n'ai jamais parlé de ma vie de famille, d'où je venais. Ce n'est pas que j'avais honte, mais je me disais, en France, on aime bien les étiquettes, les statuts. Et je craignais que ma condition sociale d'origine, ma famille, mon origine, puisse être un handicap dans ma réussite, ou d'accéder à des postes à responsabilité.
Il faut être honnête là-dessus. Et ce n'était pas un plafond de verre qu'on pouvait connaître, c'est une chape de plomb. Et donc, moi, j'ai eu la chance de rencontrer des grandes personnalités qui m'ont tendu la main.
J'ai beaucoup travaillé. Je travaille depuis l'âge de 14 ans. Travaille beaucoup tout le temps.
Et puis, à partir de 16 ans, j'ai eu des contrats à durée indéterminée. J'ai travaillé non-stop à ce jour. Donc, le travail m'a permis de m'affranchir.
Ça, c'est vrai. Qu'est-ce que vous ne pardonnez pas ? Le mépris.
Voilà. L'arrogance, le mépris. L'arrogance de classe.
La politique, c'est vraiment dur. Tout ce qui se passe derrière, etc. On voit que vous faites attention à ce que vous disiez avant, etc.
Oui, mais parce que, d'abord, quand vous êtes un responsable public, la moindre parole que vous prononcez, mais si vous la prononcez doucement...
On peut se retourner contre eux ? Non, c'est comme si vous parliez dans un mégaphone. Donc, il faut faire très attention à ce que vous dites, à la manière dont vous le dites, à qui vous vous adressez.
Alors, moi, ça me joue des tours. Parce que j'ai beau me dire, je fais attention...
Vous êtes plutôt franche, non ? Que vous allez sur un plateau télé, vous n'êtes pas trop attention ? Je vous dis la vérité, je me dis, bon, là, je vais me canaliser, je ne vais pas surréagir, je vais me tenir, voilà.
Et puis, par moments, je me dis, c'est quand même pas acceptable d'entendre ce que j'entends. Donc, voilà. Vous ne vous préparez pas ?
On en parlera tout à l'heure, mais vous faites parfois des punchlines qui sont reprises partout. Est-ce que vous préparez ? Non, je n'ai jamais fait le média training de ma vie, jamais.
Le média training, c'est des entraînements, en fait, quand on a une interview, quand on devient porte-parole, vous étiez porte-parole. Oui, quand vous faites de la politique ou quand vous êtes amené à parler dans les médias ou devant du public, vous avez parfois, pour des rassemblements publics, même des chefs d'entreprise, il y a des séances d'entraînement, vous pouvez vous entraîner à prendre la parole en public. Ça sert à quelque chose, ça ?
J'en sais rien, moi, ça ne me convient pas. Moi, ça me bride. Et donc, ce n'est pas moi.
C'est-à-dire que si, demain, je venais à m'entraîner, si on me disait, il faut dire comme ça, parler comme ça, se comporter comme ça, parce qu'il y a même du média training, on vous dit même comment poser les mains, enfin, moi, je vais être libre de tout ce que je fais. Naturel, quoi. Oui.
Alors, la seule chose que, d'ailleurs, ça a toujours été noté, je connais mes dossiers parfaitement. Et quand je ne sais pas, je dis que je ne sais pas. J'ai l'armée de connaissances, quoi.
Non, mais mes dossiers, je les connais. Quand je ne sais pas, je ne m'aventure pas sur quelque chose que je ne connais pas. Voilà.
Et pareil, on en parlera plus tard, mais quand vous vous énervez sur quelqu'un parce qu'il pose une question, ça, ce n'est pas prévu. Non, moi, je n'ai jamais demandé à un journaliste de me poser telle ou telle question ou de dire, vous ne posez pas telle ou telle question. Si je n'ai pas envie qu'il me les pose, je ne fais pas un interview.
Voilà, tout simplement. Je fais ce dont j'ai envie là-dessus. Alors, après, si le gars, évidemment, il insiste, ou c'est lourd, ou c'est...
Je n'ai pas envie de répondre, je lui dis, je n'ai pas envie. Donc, après, c'est des tempéraments, mais bon. Il y a des personnes, sans les citer, ce n'est pas le but de l'émission, mais qui vous disent, je ne vous poserai pas telle question, et puis qui arrive à l'antenne et qui les pose un...
Mais ça arrive souvent. Ah ouais ? Oui, ça arrive souvent.
Et avant, ils vous disent, promis...
Non, ils disent, alors, on va aller là-dessus. Il y a ça dans l'actu, mais on ne va pas y aller. Et puis, ou sur des aspects plus personnels, non, mais ça ne nous intéresse pas, et puis en fait, il n'y a que ça qui les intéresse.
Ah ouais, ouais. Et ça, que vous faites en direct, quand vous posez une question pas prévue ? Soit je ne réponds pas, ou soit je réponds à côté.
C'est la difficulté, je trouve, des JT, des émissions, où il faut parler dans une période très courte. Ah oui, ça c'est sûr. Où il faut avoir des éléments de langage tout fait, et puis en fait, finalement, il n'y a plus de pensée vraiment libre, il faut trop se préparer, quoi.
Non, parce que moi, je ne me prépare pas là-dessus. Enfin, les journalistes peuvent vous le dire. Je ne me prépare pas en fonction de questions qu'on aurait préparées ensemble.
Je sais ce que je dois répondre sur les sujets d'actualité haute, je sais ce que je dois répondre, puis parfois, je vais au-delà, ou par exemple, des fois, je ne veux pas m'exprimer sur tel ou tel sujet, puis je le fais finalement. Il y a plein de rumeurs un peu drôles sur vous, je vous les demanderai tout à l'heure, vous me direz si c'était vrai. Alors là, on peut aller jusqu'à de ma hâte, sur les rumeurs.
Parfois, vous voyez des trucs sur Internet, vous lisez, vous êtes avec des amis, votre équipe, votre famille, et vous voyez des articles sur vous avec des trucs qui n'ont rien à voir, qui sont complètement faux. Un exemple, mon père, qui faisait confiance à la télévision, aux journaux, et quand je lui disais, mais c'est faux, il disait, c'est quoi ces histoires-là qu'on raconte sur toi ? Je lui dis, c'est faux.
Il me dit, si c'est dans le journal, c'est que c'est vrai. Donc, il était cette génération-là. Donc, c'est ça qui est compliqué, mais évidemment, maintenant que mes parents ne sont plus là, très honnêtement, j'en fous, mais bon, après, vous avez beau démentir, avec les réseaux sociaux, de toute façon, vous leur met toujours, ça ressort tout le temps.
C'est ça, la difficulté. On parlera, justement, de protéger la famille dans un milieu qui n'est pas facile de la politique. Votre papa était musulman, mais il vous a inscrit dans une école catholique qui s'appelait Le Devoir, à Chalon-sur-Saône, si tu n'as pas de bêtises, qui était tenu par des religieuses.
Pourquoi il vous met là-bas ? Comment vous vous retrouvez dans cette école-là ? C'était une école de filles.
Moi, j'ai fait pratiquement toute ma scolarité là-bas. Il était maçon, et puis, il faisait des petits extras, comme ça, ou chez des particuliers, sur des chantiers, et il faisait des travaux de maçonnerie dans cette école. Et il avait remarqué que, dans cette école, il n'y avait que des enfants de notables, qui n'étaient pas mélangés avec nous, dans l'autre école où nous pouvions être.
Et donc, il a demandé à la maire supérieure s'il pouvait nous inscrire, avec ma soeur et moi. Et la religieuse a dit oui. Et il a payé, parce que c'était une école où on payait en fonction de ses revenus, mais les enfants ne savaient pas ce que payaient leurs parents.
Donc, on avait des amis qui, forcément, payaient plus cher que nous. Mais, donc, on n'avait pas cette différence-là d'entrée, donc on ne savait pas ce que chacun payait. C'est une éducation plus stride qu'ailleurs ?
Moi, elle me convenait. Ah oui ? Oui, moi, je sais que j'ai eu une autre soeur où ça convenait moins bien, un frère.
Moi, ça me convenait totalement. C'était très carré. J'étais punie souvent.
J'étais première de la classe. Vous étiez première de la classe ? Oui, toute ma scolarité, j'étais première de la classe.
Et après, quand je suis arrivée au lycée, c'était devenu un peu plus compliqué parce que je travaillais à plein temps dès l'âge de 16 ans. Mais je n'ai jamais redoublé. Et puis, mon père était tellement fier que, beaucoup plus que pour maman, j'étais tellement contente qu'il soit fier de moi.
Donc, ça m'encourageait. Et les punitions, comme j'étais bonne élève, ils ne me donnaient pas des cours à reprendre, mais je devais faire le ménage dans la chapelle, dans la cantine, dans l'infectoire. Et puis, on avait des retraites.
Et donc, je devais aller réfléchir sur mon comportement. C'était des punitions à l'époque ? Mais moi, j'ai adoré les retraites, les équipes missionnaires.
On allait à la messe tous les jours. Donc, on avait messe tous les matins. On faisait toutes les célébrations religieuses.
Et j'ai gardé, d'ailleurs, j'ai la foi et j'ai gardé ce côté de cette foi universelle aussi depuis toute petite. Foi universelle, ça veut dire que vous s'émetiez dans les églises aussi ? Moi, j'adore les lieux de culte.
Je m'en rends à toutes les cérémonies religieuses, quel que soit le culte. Je suis très croyante. Je suis très proche, d'ailleurs, dans mon arrondissement.
Moi, je suis très proche des curies des paroisses, du pasteur dans les deux temples protestants que j'ai. Et je suis très impliquée dans les vies paroissiales. Vous avez des origines modestes, mais vous avez bossé en tant que soignante à 14 ans.
Non, à 14 ans. J'ai trouvé peu d'infos sur vous, donc c'était compliqué. À 14 ans, j'étais en troisième.
Porte-à-porte, pardon. Oui, je faisais du porte-à-porte. Je vendais des produits à vont dans la cité.
Et donc, les femmes achetaient des produits de beauté à crédit. Je me souviens, mais ça marchait pas mal. Il y a 16 ans, je suis rentrée dans une clinique qui existe toujours, la clinique Sainte-Marie.
Et j'ai travaillé à Dijon et à Châlons comme être soignante de jour, de nuit. Et je faisais le standard et les admissions. J'ai fait ça presque six ans.
Vous avez fait des études de médecine, et puis d'économie et de droit. Oui, j'ai fait un an de médecine. Puis après, moi, j'avais pas du tout les moyens de pouvoir tenir sur dix ans matériellement.
Et donc, j'ai fait des études d'économie en me disant si les études s'arrêtent, avec un doc, je peux être assistante, je peux être secrétaire. Et après, j'ai fait un doc d'économie. Et au moment du doc d'économie, je travaillais toujours de nuit.
Vous étiez pas à Paris, là ? Non. Et j'ai eu la chance de rencontrer Albin Chalandon, à Paris.
J'étais venue à une réception de l'ambassade d'Algérie, justement. Et je l'ai rencontré. C'était le ministre de la Justice de l'époque ?
Oui. En 85 ? 87. 87 ?
Et vingt ans plus tard, je me suis retrouvée dans son fauteuil. Et donc, c'est pour ça que la vie est assez exceptionnelle pour moi. C'est fou.
Lui, ça a été une...
On va parler de des gens qui vous ont tendu la main. Il y en a. Ben, Pierre Deliry.
Il y en a qui tournent le dos, il y en a qui tournent la main. Ben, bien sûr. Certains qui vous considèrent même pas, qui vous méprisent, d'ailleurs.
Mais c'est vous qui allez, vous forcez le hasard. Non, mais parce que vous n'avez pas le choix. Vous êtes dans les toilettes, vous suivez des gens pour leur dire je veux travailler avec vous, vous y allez.
Parce que vous êtes en instinct de survie tout le temps. Vous avez peur, vous avez peur pour les vôtres. Vous avez peur pour vous.
Tout le monde n'a pas le courage de faire ça. Moi, Pierre Deliry, ça a été celui qui m'a donné la chance et qui m'a permis d'être aide-soignante. Parce que je peux exerger l'aide-soignante.
Il était directeur de la clinique Sainte-Marie. Et en fait, je suis allée dans son bureau pour lui demander du travail. Il m'a recrutée d'abord comme femme de ménage.
Puis après, il m'a dit je vais vous former pour être aide-soignante. Et c'est grâce à lui que je suis devenue. Et donc, en même temps que l'école d'abord, puis la fac.
Et ensuite, j'ai rencontré Albin Chalandon qui m'a permis d'être comptable dans une grande société. Vous allez voir au culot. Vous allez chez Elf, c'est ça ?
C'était chez Elf Aquitaine. Chez le pétrolier. Mais vous allez le voir dans un cocktail à l'ambassade d'Algérie.
Vous allez lui parler. Vous avez 21 ans à l'époque. Si je ne dis pas de bêtises.
Vous lui dites quoi ? Comment vous allez au culot ? Parce que moi, j'ai toujours aimé lire.
Et j'ai toujours aimé la presse. Et je lisais tout. Et quand vous travaillez de nuit dans les hôpitaux, dans les salles d'attente, il y avait plein de journaux.
Et à l'époque, il y avait eu un Figaro sur une dernière page qui retracait toute l'histoire d'Albin Chalandon. Et pourquoi je lis l'article ? Parce que je n'avais jamais entendu le prénom Allbin.
Et donc ça m'intrigue de savoir qui est ce personnage. Et la photo était assez désuète d'ailleurs, sa photo. Il faisait très... d'une autre époque.
Et son histoire m'a intéressée. Et donc je l'avais retenue. Et le matin, quand je finis mon service à 8h du matin, je rentre et je parle avec mon père.
Et je lui dis, ah tiens, c'est drôle, j'ai lu un article sur le ministre de la Justice, qui s'appelle Albin Chalandon. Et mon père me dit, ah mais tu sais qu'il a été ministre du général de Gaulle. Et c'est curieux que lui avait ça.
Parce qu'il adorait l'histoire de France. Et il a vécu beaucoup en Algérie pendant l'Algérie française. Et d'ailleurs, c'est pour ça qu'il vient aussi après en France.
Et on parle de lui. Bon, voilà, c'est tout. Les choses s'arrêtent.
Et puis quelques temps plus tard, toujours dans la presse, je lis que l'ambassade d'Algérie fait le 5 novembre, fait une réception, donc 86, fait une réception à l'occasion d'une fête nationale. Et je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai écrit à l'ambassadeur en disant, ben voilà, ma mère est algérienne, j'aimerais bien pouvoir être invitée à cette réception. Effectivement, j'ai été invitée.
Et moi, je n'avais jamais mis les pieds à Paris à cette époque. Et j'étais aide-soignante. Et j'avais besoin de ma nuit pour pouvoir aller à Paris.
Et la survivante m'avait dit non. Et elle me dit...
Ah, qui vous laisse ne pas travailler pour la nuit. Et elle me dit, j'ai besoin de toi, donc si jamais tu pars, je te préviens, je te viens. Et moi, j'ai dit, je ne peux pas perdre mon boulot.
Et donc, je suis restée. Et c'était un jeudi. Et je ne sais pas ce qui m'a pris.
J'ai pris le TGV de 16h18. Vous êtes partie ? Je suis partie.
Je suis arrivée à 18h à Paris. En laissant votre boulot derrière vous. Oui.
Et j'ai pris le métro. Je l'ai trouvé. C'était à l'hôtel intercontinental, place de la Concorde.
Donc, j'arrive. Et je vais à cette réception. Et qui arrive ?
Roger Hanin. T'as l'acteur ? Qui était l'acteur de Navarro ?
Oui. C'était le coup de Sirocco. Et maman l'adorait.
C'est le grand pardon. Et donc, je lui ai demandé un autographe pour ma mère. Et je me dis, tiens, c'est curieux, ces réceptions diplomatiques.
Je pensais que c'était quelque chose très, beaucoup plus sophistique. Et à un moment donné, lui-ci annonce Albin Chalandon, garde des Sos, ministre de la Justice. Et là, je me dis, mais c'est la personne sur laquelle j'ai lu quelque chose.
Donc, ça me revient. Et là, je fends effectivement la foule. Il est avec son chef de cabinet, qui était Pierre de Bousquet, qui est devenu ensuite patron des renseignements, grand préfet, qui est toujours mon ami à ce jour.
Et donc, je lui dis, bonjour, monsieur Chalandon. Je sais qui vous êtes. Je lui raconte un peu sa vie.
Et il est très intrigué par la manière dont je connais parfaitement sa vie. Je ne suis pas de sa génération. Et il lui dit, je voudrais vous voir, je voudrais vous rencontrer.
Mais dans quel but, au départ ? Vous vouliez faire quoi ? Non, parce que moi, je me suis dit, je ne vais pas être soignante toute ma vie.
Je fais des études d'économie. Je ne connais personne. À un moment donné, il faudra que...
J'aimerais travailler dans une entreprise. Et je lui ai dit, j'aimerais bien vous rencontrer. À 21 ans.
Oui. Il y a un petit côté de dos au mur, dans le bon sens du terme. Vous n'avez rien à perdre.
De toute façon, vous y allez. Non, mais moi, je me suis dit, il était, en plus, il m'a parlé comme si...
Enfin, il m'a considérée. Et il m'a dit, bon, appelez-moi. Après, je lui ai dit, non, parce que vous savez très bien, Pierre de Bousquet, qui est toujours en vie, le sait.
Je lui ai dit, mais non, vous n'allez pas me donner suite. Je la connais, l'histoire. Oui.
Je la connais, je vous rappellerai, je ne vous me rappellerai pas. Vous lui dites ça ? Oui.
Je lui ai dit, soit vous me dites oui, très bien, ou vous me dites non. Ce n'est pas grave, on ne se connaît pas. Donc, vous me dites non, je ne vais pas vous en vouloir.
Et il m'a dit, je vais vous donner mon adresse personnelle, qui était dans le 7e arrondissement. Ah, le postal ? Oui, et vous allez m'écrire.
Puis, en fonction de ça, je vais vous recevoir. Si c'est bien, je vous recevrai. Et puis, je lui ai écrit le soir même, j'en ai la lettre.
Et puis, trois jours plus tard, on habitait à trois copines à Dijon, parce que je suis revenue, évidemment, à Dijon. Et je reçois un coup de fil, et j'ai une copine qui dit, alors je ne sais pas, il y a un albin, je ne sais pas quoi, qui veut te parler. Mais j'ai cru.
Et là, je me suis dit, ce n'est pas possible. Et il m'a invité...
C'était lui qui vous appelait ? Oui. Et il m'a invité à déjeuner au ministère de la Justice.
Et donc, j'y suis allée. J'ai déjeuné avec lui, et il m'a dit, demandez-moi ce que vous souhaitez. Et moi, je me suis dit, je ne peux pas lui demander un boulot, parce que sinon, il va me donner un boulot, puis il ne va plus me revoir.
Donc, je lui dis, non, mais en fait, tout ce que je veux, c'est qu'on continue à se voir. Comme ça. Il a dit, non, ça, c'est acquis.
Mais dites-moi ce que je peux faire pour vous. Et je lui dis, j'aimerais bien ou un stage en entreprise ou autre. Et puis, il a changé ma vie.
Il m'a trouvé...
Incroyable. Il m'a recommandé chez Alpha Kitten. Je suis rentrée comme comptable.
Et là, ma vie a changé. Pourquoi ? En quoi ça a changé ?
Je suis arrivée sur Paris. J'ai gagné quatre fois ce que je gagnais comme aide-soignante en travaillant tous les jours, toutes les nuits. J'ai acheté une maison à mes parents, j'ai acheté une voiture à mes parents, une machine à laver. 87, on a eu la première machine à laver.
J'ai installé le téléphone. Vous gagnez votre vie, quoi. Ma mère m'a ruinée en téléphone.
Elle a appelé tous les jours l'Algérie. Après, je leur ai changé leur vie et j'ai changé la mienne. Vers la fin de votre vingtaine, après avoir travaillé dans le privé, vous allez devenir magistrate.
C'est chic, la fin de vingtaine. Mais je n'ai pas l'année...
Non, non, mais oui, c'est ça. Je n'avais pas 30 ans. À peu près.
Vous êtes passée par l'école nationale, la magistrature. Qu'est-ce que c'est qu'être magistrat ? Qu'est-ce qu'un magistrat ?
D'abord, je suis devenue magistrat parce que dans le quartier où j'habitais, je trouvais qu'il y avait beaucoup d'injustices. Des gardes à vue qui étaient vraiment carrés, des gamins qui étaient mal défendus, des droits qui étaient bafoués. Et je me suis dit, un jour, je ferai un métier où...
Ce n'est pas avocat. Ce n'est pas avocat. Non, justement.
Non, parce que le magistrat, il a la décision. Et je dis où je ferai respecter l'état de droit, en particulier pour ceux qui n'ont pas des moyens de défense. Moi, j'avais été choquée par des victimes d'accidents du travail où leurs droits ont été bafoués, des gamins qui se retrouvent en garde à vue et les droits ne sont pas reconnus, des gens qui se défendent mal dans une audience et qui se prennent des condamnations de manière un peu indu.
Et donc, je me suis dit, je serais celle qui prendrait la décision dans le respect du droit. Donc, je voulais devenir magistrat à ce moment-là et je rencontre Marceau Long, qui est le vice-présor du Conseil d'État, et Simone Veil, qui m'ont encouragée à l'être. Et donc, je suis devenue magistrat.
C'est elle qui vous a offert une robe, votre robe ? Et donc, quand je suis devenue magistrat, elle m'a dit, j'aimerais tellement vous offrir un cadeau, je voudrais vous offrir ma robe de magistrat dans laquelle elle a prêté serment et exercée. Et cette robe, je l'ai toujours.
J'ai prêté serment et j'ai exercé dans la robe de Simone Veil. Incroyable. Et ce qui est drôle, c'est que quand je suis devenue magistrat, ma mère était super contente et elle disait à toutes ses copines, oui, ma fille, oui, alors, on est devenu procureur.
Alors, je dis d'abord, je ne suis pas procureur, je suis devenue juge. C'était mon premier poste. Puis je dis, ce n'est pas on, mais c'est je.
Elle a dit, je te dis qu'on est devenu procureur. Et je lui dis, je suis devenue juge. Je me dis, t'inquiète pas, parce qu'elle dit, mes copines, les Arabes, les Kiloé, procureur, ça fait plus peur.
Juge, ça fait moins peur. Donc, à chaque fois, elle était improbable. Et quand je faisais des audiences, parce que mon premier poste était dans le Nord, à Perronne, et j'avais une super greffière, Danielle Doyen, d'ailleurs. et quand les audiences étaient trop longues, elle n'arrivait pas à me joindre, donc elle appelait la gendarmerie pour dire, il y a ma fille qui ne répond pas.
Donc, il y avait des gendarmes qui disaient, alors, votre maman qui a appelé, qui est inquiète et tout. j'ai dit, maman, arrête. Alors, elle, elle était...
Votre mère, elle était un peu hors code ? Ah, totale. Ah, puis elle était...
D'abord, pas stressée, pas énervée jamais, elle pardonnait à tout le monde. Mon père, il travaillait de nuit, quand il faisait les postes, il lui fermait à clé, pensant qu'on allait sortir, vous ne sortez pas. Et dès qu'il partait, alors, elle mettait les chansons, et nous, on avait école le lendemain, et elle nous faisait danser avec elle.
Donc, par exemple, elle chantait Dalida, elle lâchait ses cheveux, et nous, on devait danser avec elle, Dalida, donc, on faisait les Claudettes, elle chantait du Claude François. Donc, elle était complètement improbable sur tous les sujets. Elle allait...
Alors, elle parlait couramment le français, elle ne savait pas lire par écrire, donc, elle traduisait, c'était la traductrice de la cité, et elle traduisait ce qu'elle voulait, n'importe quoi. Donc, parfois, il y avait des gens qui demandaient ce qu'elle traduise, et en fait, elle traduisait pas du tout ce qui était dit. Et je dis, mais maman, c'est pas ce que dit Dalida, elle s'en fiche.
Et donc, elle disait ce qu'elle voulait, elle se marrait sur tout, et donc, voilà. Vous avez des codes sociaux quand vous l'emmeniez dans des...
Est-ce qu'il vous a fait des trucs un peu drôles ? Si, je l'ai emmenée avec moi des réceptions, elle a rencontré Albin Chalandon, alors, elle était très à l'aise sur tout, mais par exemple, je me souviens, je travaillais chez Matras, à Bois d'Arcy, donc, c'était pas la porte à côté, et je la faisais soigner à Paris, et puis elle me disait, donc moi, je prenais aussi sur mon temps de travail pour les soins, elle me dit, bon, allez, viens, on va à Barbès, parce que je voudrais aller faire des courses. J'ai dit, maman, je travaille.
Elle me dit, tu vas venir avec moi. Je dis, je peux pas, je peux pas non plus prendre plein de jours. Elle me dit, je vais te dire un truc, un travail, tu peux toujours en retrouver, ta mère, tu vas pas la retrouver, donc si je suis pas là, donc tu vas venir avec moi.
Donc, on allait à Barbès, elle me faisait acheter quand on parle, des couscoussières et tout, pour les redescendre à Chalon. Donc, prendre le métro avec, donc on passait dans les métros improbables, et puis, ou alors, elle débarquait, quand je travaillais chez Elfa Kiten, elle venait me boire, elle venait, avec la couscoussière sous le bras, la gamelle, en disant, bon, écoute, je suis avec ta soeur, on vient te dire au revoir, on descend à Chalon. J'avais 30 secondes, un petit sentiment de honte par rapport à des collègues ou des amis.
Et donc, elle a toujours été comme ça, et j'ai toujours aimé ça chez elle. Est-ce qu'on a un État fort, vous l'avez vu de l'intérieur, vous, quand vous avez été garde des eaux, donc, en gros, ministre de la Justice, est-ce qu'on a les manettes quand on est ministre ? Oui, sinon, moi, je suis vraiment la preuve que la politique change la vie des gens.
Et change la vie des gens. Vous l'avez vu de l'intérieur ? Et change la vie des gens dans ce qu'elle a de mieux, de meilleur.
C'est pas une histoire, c'est pas que de la promotion ou de l'ascension sociale pour de l'ascension sociale. Vous vivez mieux, vous vous réalisez. c'est pas d'être en haut d'une pyramide hiérarchique, c'est de pouvoir faire ce dont vous avez envie et que vous puissiez vivre de votre passion ou de votre rêve.
Et je trouve que la France permet ça. Et je trouve qu'on a cette école de la République, moi, je suis pour l'école publique, même si j'ai été scolarisée dans le privé, même si j'ai mis ma fille dans le privé, je crois...
C'est marrant, vous avez des réflexes, maintenant, vous désamorcez... au cas où on vous attaque.
Non, pas du tout. Alors, moi, je vais vous dire, je n'ai culpabilisé sur rien. J'ai assez donné dans ma vie dans la culpabilité, c'est pas pour culpabiliser sur des choix que je fais de manière libre.
Parce qu'on vous reproche quand vous parlez, par exemple, vous dites, tiens, je suis pour l'école publique, il y en a qui pourraient vous dire, tiens, mais pourquoi vous avez mis un...
J'ai fait un choix. Voilà, c'est un choix. Je trouve que la France m'a permis d'être libre, donc j'ai fait la liberté de ce choix.
Et pour finir sur la justice, est-ce que vous avez le sentiment qu'on n'était pas assez sévère ? J'ai vu que c'était un besoin des Français d'avoir une justice plus sévère avec les méchants, en gros. Est-ce que vous l'avez ressenti quand vous étiez garde des Sceaux ?
Quand vous êtes garde des Sceaux, vous êtes responsable de la politique pénale. Donc moi, j'avais mis en place une politique pénale très ferme, entre des récidivistes, avec les peines planchées, notamment, à l'encontre des criminels en série, avec la rétention de sûreté, qui existe toujours. Je souhaitais, j'ai mis une politique pénale sur les violences faites aux femmes.
Ça a été une politique pénale que j'ai portée, que j'ai portée de manière très ferme. J'ai lutté contre la radicalisation en prison, avec des programmes dédiés pour cela. Et donc, j'ai eu des politiques pénales évidemment très fermes.
Mais aussi, j'ai souhaité et beaucoup l'oublie, j'ai créé le contrôleur indépendant des lieux de privation de liberté, qui, ça permet d'avoir ce contrôleur qui contrôle tous les lieux de privation de liberté, les hôpitaux psychiatriques, les locaux de garde à vue, les centres de rétention, les prisons évidemment. Et donc, ça, j'ai créé ce contrôleur et j'ai créé également le défenseur des droits. On y reviendra après, vous avez une grande carrière, vous avez de la notoriété, on vous reconnaît dans la rue, directement.
On a eu Michel Druquet il y a quelques temps ici qui nous racontait qu'il avait une...
Parfois, il y a des fans ou des...
Ça peut être des fans ou des partisans ou des anti ? Parce qu'en politique, on a des gens qui nous aiment et des gens qui sont d'autres camps qui nous aiment moins. Est-ce que vous avez déjà eu peur pour vous ?
Est-ce que c'est déjà arrivé ? On a des officiers de sécurité quand on est ministre, mais...
Est-ce que vous avez déjà eu peur ? Très franchement, par exemple, moi je fais campagne sans sécurité particulière. J'ai toujours fait...
Vraiment ? Dans la rue ? Alors, il faut être vigilant parce que c'est vrai qu'il y a de plus en plus d'agressivité.
Moi, j'ai reçu beaucoup de menaces, y compris à l'encontre de ma fille. Il y a eu une tentative d'enlèvement concernant ma fille. Donc je fais très attention à ça.
Il y a eu une tentative ? Je n'en avais jamais parlé. Oui, qui avait fait une intrusion dans une crèche.
Quelqu'un qui l'a suivi aussi sur la sortie de l'école. C'est pour ça qu'on ne m'a jamais vue sur un événement. Enfin, il n'y a pas de photo publique s'agissant de ma fille.
Elle, elle vit très mal, c'est vrai, ma vie publique. Donc oui, vous avez ça. Et puis vous avez l'autre côté, il y a des gens, par exemple, des gens qui vous écrivent des lettres enflammées, qui vous envoient des fleurs.
Michel Drucker, une femme qui est tombée amoureuse de lui, qui l'a attendu au parking. Oui, moi j'ai vu, par exemple, quelqu'un qui disait je suis à 2300 pas de votre bureau. Quelqu'un qui un jour m'avait envoyé un book quand j'étais au Parlement européen qui m'avait envoyé des photos de mes pieds avec plein de chaussures différentes.
Tout un book là-dessus en disant voilà, j'adore vos chaussures, j'adore votre style. J'ai jamais su qui était la personne. Et puis un autre qui m'écrivait tout le temps, tout le temps, tout le temps et qui m'écrivait pour la naissance de ma fille, pour la naissance de ma fille et après qui avait envoyé des billets de train pour les vacances scolaires en disant j'envoie les billets de train pour Zora.
Elle est en vacances scolaires donc je vais venir la chercher ce week-end pour passer les vacances comme ça vous travaillez tranquillement. Quelqu'un que vous ne connaissiez pas ? Non.
Et qui habitait dans l'Est de la France. Donc voilà. Et puis un jour il y avait une femme qui est tombée follement amoureuse de moi donc elle m'écrivait, elle m'écrivait à la mairie, elle m'écrivait puis un jour elle est arrivée, j'avais un événement à la mairie, elle est arrivée mais je ne savais pas qui elle était donc elle me dit je vous aime beaucoup est-ce qu'on peut faire une photo ?
Oui. Mais je ne savais pas qui elle était. Elle lui dit oui je vous écris tout le temps vous ne me répondez jamais et moi Vous comprenez un certain temps-là ?
Non pas du tout. Comme maire du 7ème je réponds à tous mes administrés. Ah bon ?
C'est moi qui répond. Dites pas ça parce que vous allez recevoir 150 000 lettres ? Non, dans l'arrondissement les gens le savent je réponds aux gens je reçois les gens je les vois je réponds à leurs préoccupations je suis très proche des habitants et donc je me dis tiens c'est curieux je dis ah bon ?
Je ne vous ai pas répondu oui je vous ai écrit plusieurs fois donc je dis vous venez avec moi je vais demander à mon directeur de cabinet de retrouver votre courrier parce que je suis un peu étonnée que je ne vous ai pas répondu et donc j'arrive il y a le bureau de ma secrétaire et de mon directeur de cabinet et je dis il y avait la secrétaire elle s'appelait Nathalie je dis Nathalie madame me dit qu'on ne répond pas à ses courriers est-ce que vous pourriez regarder ? Mais très sympathique la fille et elle lui dit quel est votre nom ? Donc elle donne le nom et je vois ma secrétaire qui se liquéfie et je lui dis mais qu'est-ce qui se passe ?
Elle dit écoutez madame le maire retournez à votre activité et je m'en occupe Là vous avez compris que ce n'était pas Non pas du tout je lui suis dit bon vous avez aussi des gens qui peuvent vous écrire 22 fois pour le même truc je lui suis dit ça va être quelqu'un qui a dû énerver tout le monde et puis bon voilà donc je la laisse avec elle et puis je vois la police débarquer en se disant mais c'est la personne qui vous harcelait mais en fait moi je reçois beaucoup de courriers où ça insulte où ça harcèle il y a ça aussi ou des gens qui disent je suis amoureux d'elle elle est à moi je la veux et en fait tout ça était soit mis à la poubelle par ma secrétaire parce que ça lui faisait peur elle ne me le donnait pas soit elle le transmettait à la police et en fait cette histoire je ne la connaissais pas donc ma secrétaire m'a dit mais c'est la dame d'ailleurs on ne vous l'avait pas dit elle vous harcelait par courrier et on l'avait donnée à la police et elle avait été internée et donc quand elle est sortie elle est venue en fait elle regardait toutes les activités qu'elle avait mairie et elle essayait de venir à chaque fois pour voir m'approcher donc voilà donc ça ça peut effectivement effrayer sinon globalement je n'ai jamais eu d'agression mais visuellement elle était normale quand elle vous a parlé totalement oui comme moi je vois par exemple j'avais des gens qui veulent prendre une photo avec vous et qui essayent de vous approcher ou ceux qui essayent de vous embracher qui se crampanent un peu trop sur vous qui vous alpaguent un peu fermement voilà mais ça arrive ça arrive et là on parle de gens un peu fans un peu trop avec la dame et vous recevez des lettres aussi régulièrement d'hommes qui ont envie de vous rencontrer qui vous courtisent par lettres alors ça oui c'est arrivé évidemment et c'est ce que je vous disais tout à l'heure il y a même certaines lettres qui vous donnent envie de rencontrer la personne ça peut donner voilà vous fantasmez les choses et non le plus drôle c'était quand j'ai été nommée garde des Sceaux et l'établissement pénitentiaire à côté de Châlons-sur-Soud où évidemment il y a des détenus que je connaissais qui sont des amis d'enfance ah bon et donc et qui m'écrivaient en disant on est fiers de toi vraiment bravo on t'a vu à la télévision ils sont détenus les gars et donc et les courriers c'était donc ils nous envoyaient et puis au dos c'était écrou numéro temps le numéro d'écrou c'est le numéro d'immatriculation en fait le numéro de détenu et donc le secrétariat était toujours un peu gêné que je reçoive parce que je recevais beaucoup beaucoup de lettres de détenus soit qu'ils faisaient un commentaire sur mon action soit qu'ils considéraient que j'étais courageuse soit certains qui disaient ah franchement tu nous redonnes de la fierté nous on a raté notre vie si on en est là et des filles détenues et donc ça m'avait quand même toujours un peu touchée ce côté là important et d'ailleurs on avait des remontées parce que moi comme garde des Sceaux j'ai eu un attachement à ce jour l'administration pénitentiaire qui est une administration courageuse les surveillants les chefs de détention c'est tellement pas facile c'est tellement compliqué parce que souvent on parle des conditions de détention et on pense aux détenus et on oublie les conditions de détention conditions de travail pour le personnel pénitentiaire j'ai une immense admiration pour eux on comprend pourquoi il y a des officiers de sécurité quand on vous écoute parler avec effectivement des lettres et des fans de vous qui deviennent vraiment très très fans vous avez eu des nouvelles de celui qui habitait à 2300 pas ? non mais il m'envoyait des fleurs tout le temps ça c'est côté sympa mais il y en avait un je me rappelle il m'écrivait des lettres enflammées je te dis mais il écrit vraiment bien et tout honnêtement j'ai été tentée de le voir c'est vrai vous avez regardé sur internet par la tête qu'il avait ou pas ? non mais à l'époque on n'était pas vraiment sur internet mais il y avait quelque chose qui me titillait après c'est élégant d'écrire une lettre ça dépend comment c'est fait mais si c'est juste une lettre non mais c'était des belles lettres je me disais oh là là il me parle comme j'aime qu'on me parle c'est vrai parce que vous n'avez jamais trop parlé de votre vie privée je ne parlerai pas mais c'est volontaire justement pour ne pas avoir trop d'emmerdes en fait oui et puis j'ai pas ma vie intime elle ne se passe pas dans le milieu politique donc voilà je préserve aussi ça pourrait on rencontre son mari ou sa femme parfois au travail comme tout le monde oui mais pas moi non mais comme ça ça me permet de faire ce que je veux et je ne suis pas dans l'univers de la personne avec laquelle je vis ça c'est sûr on peut être en couple avec une autre personne qui fait le même métier quand on est en politique je n'ai jamais posé j'en sais rien mais en tout cas ça ne m'est jamais arrivé ouais et pardon petite question c'est quand même surprenant vous parliez de votre fille avant je voulais bien revenir deux secondes dessus il y a une tentative d'enlèvement c'est qu'on se rende compte quand même jusqu'où ça peut aller quand on fait de la politique comment vous l'avez appris qu'il y avait une tentative d'enlèvement parce que la personne a appelé en demandant une rançon donc voilà aussi bête que ça pour aller à la crèche chercher à la crèche ça ne vous a pas dissuadé à un moment donné dans votre métier de se dire est-ce que je ne vais pas trop loin est-ce que finalement le jour où la chandelle il y a eu un moment il y a eu un moment où il y a eu un gros problème de santé et je me suis interrogée très sérieusement et d'ailleurs pendant cette période j'ai été moins présente par exemple au conseil de Paris et autres et vous voyez je vais vous donner un détail j'avais fait prévenir au cabinet de Anne Hidalgo pendant le conseil de Paris en faisant passer le message qu'il y avait un souci grave avec ma fille et je pensais qu'on allait en tenir compte pour éviter certaines outrances qui existent dans la vie politique évidemment et à ce moment-là Anne Hidalgo et certains de son équipe en ont profité et donc je n'ai pas trouvé ça élégant moi je ne le ferai jamais voilà moi j'ai trop de respect pour la vie je trouve que la vie est trop courte je trouve que déjà ce n'est pas facile pour nos entourages pour les personnes avec lesquelles vous vivez de supporter ce que nous vivons nous on l'a choisi pas eux la vie politique voilà ou la vie publique ce n'est pas uniquement pour la vie politique c'est valable pour les artistes c'est valable aussi pour les chefs d'entreprise et je trouve que voilà c'est peut-être le seul moment où je me suis interrogée et ce n'est pas rentré dans les détails c'est le fait de mal vivre les attaques que vous avez pu vivre c'est un rapport avec ça oui parce que la vie politique l'entourage et ma fille en particulier prend ça au premier degré voilà donc ça génère des angoisses qui peuvent conduire au pire donc maintenant je fais très attention mais il faut expliquer moi je dis que voilà que la politique je l'ai choisie et parce que parfois elle a le sentiment que je suis contrainte de faire ce que je fais et que cette contrainte m'oblige à supporter la violence le pire les outrances la totale donc c'est pour ça que parfois je suis en surréaction sur certaines réactions parce que quand vous avez des journalistes qui écrivent n'importe quoi ils ne se rendent pas compte voilà surtout quand c'est n'importe quoi mais c'est allé jusqu'où pour comprendre ce que vous vivez ce qu'elle a vécu et du jour au lendemain elle ne pouvait plus marcher et elle ne sentait plus son corps voilà donc et ça a pris plus d'un an voilà donc voilà donc c'est des moments où quand vous êtes face à ça d'abord vous comprenez pas ensuite vous culpabilisez après vous dites c'est forcément à cause de moi et puis que et quand il n'y a pas de mots là-dessus quand on ne savait pas forcément ça bouscule tout ça bouleverse tout c'est un choc émotionnel avec des messages qui fait que on ne ressent plus son corps oui ce sont des troubles qui sont bien identifiés et qui sont assez rares mais qui sont très graves je ne savais pas je n'avais jamais entendu et et ça revient après petit à petit en retravaillant mais et les rechutes sont régulières dans ces cas-là voilà donc à chaque moment un peu compliqué ou douloureux et il y a des rechutes donc le tout c'est que la rechute ne soit pas une rechute définitive est-ce que votre fille va mieux ? c'est ça qui est important ? oui elle est accompagnée c'est en bonne voie ? oui dans les rumeurs sur vous il y avait le père de votre fille vous avez voulu le garder secret ? oui mais voilà ça contribue aussi les gens se font pas trop du mal qu'on fait aux enfants voilà moi je n'ai pas voulu évoquer ma vie intime à l'époque et puis j'estimais que voilà du coup il y a eu 50 noms qui sont sortis oui mais ça m'a fait marrer ça de voir ça non ça m'a fait marrer parce que je veux dire il y a un enfant là-dedans voilà et on le voit quand vous l'expliquez et je trouve que c'est assez compliqué pour elle avec un père connu et une mère connue c'est déjà très compliqué donc elle n'avait pas besoin de ça en tous les cas en tout cas c'est pas drôle vous l'avez révélé après le nom ou c'est des journalistes qui l'ont trouvé ? non je n'ai pas révélé il y a eu des enquêtes dans tous les sens il y a eu c'était assez sale en fait voilà et d'ailleurs il y avait un livre qui a été épouvantable qui avait été écrit par deux journalistes sur des ragots évidemment suggérés par certains c'était un livre de journalistes qui ont toujours aujourd'hui pignon sur rue et qui ont écrit des horreurs là-dessus et ça c'est impardonnable impardonnable vous n'oubliez pas ? c'est impardonnable parce que vous les associez forcément à ça et puis quand vous avez un enfant qui vit mal tout ça forcément vous ne pouvez pas pardonner c'est une mère non mais c'est la nature humaine si je vous évoque cette histoire vous ne pouvez pas dire que vous êtes indifférent à ce genre de situation mais quand on devient père on change quand on devient mère on change donc après on sait très bien tout ce qui touche à ça oui je vais juste faire un récapitulatif de votre carrière rapidement avant de parler de la suite mais 2002 vous devenez conseillère de Nicolas Sarkozy on parlait avant des lettres que vous avez écrites je l'ai écrites avant 2007 vous allez devenir porte-parole de Nicolas Sarkozy justement quand il va devenir après président maire du 7ème arrondissement en 2008 enfin encore aujourd'hui du coup 2009-2019 député européen et 2024 ministre de la Culture dans le gouvernement de Gabriel Attal puis François Bayrou puis Sébastien Lecornu on va reparler de ça juste nomination comme garde des Sceaux je veux juste revenir dessus parce que c'est impressionnant à 41 ans vous êtes la plus jeune ministre de la Justice qu'on ait connue comment est-ce que ça se passe est-ce que quand on a 41 ans on n'a pas le syndrome de l'imposteur mais est-ce qu'on n'a pas quand on arrive le premier jour c'est ce que nous disaient certains politiques qu'on a reçu le premier jour on a le truc de on a un sac à dos très lourd à porter d'abord cette nomination moi j'ai pensé à mes parents d'entendre résonner le nom de mon père dans la cour de l'Elysée c'est très fort et mon père était encore en vie il a été incapable de dire trois mots il était là ? il était chez ma soeur et je ne voulais pas lui confirmer tant que le nom n'avait pas été annoncé par le secrétaire général d'une part et d'autre part au moment par exemple de la réforme de la constitution que j'ai portée en 2008 on avait utilisé la machine à saut pour sceller la constitution révisée avec la cire et mon nom et donc le nom de mon père est à côté de celui de Michel Debré donc je me dis en une génération des parents qui ne savaient pas lire pas écrire qui sont venus immigrer en France et leur fille est devenue garde des sceaux je trouvais ça assez extraordinaire et moi je me souviens quand il était avec sa soeur parce que maman était déjà décédée alors elle qui venait du fin fond du Maroc et donc mon père est devant la télé et donc quand j'arrive je lui dis ça y est c'est fait et il me regarde il ne dit pas un mot il m'attend qu'il dit enfin je ne vois pas ce que ça apporte d'être ministre de la justice tu n'es pas marié il vaut mieux être marié parce qu'un mari ça reste plus longtemps qu'un ministre et ça m'a fait sourire parce qu'on n'avait pas les mêmes échelles de valeur voilà mais c'est vrai que ça a bouleversé la famille ça c'est sûr votre mère ne vous a pas vu du coup elle m'a vu prêter serment rendre la justice au nom du peuple français dans la robe magistrale elle était en chimiothérapie et elle a pleuré elle a pleuré en disant voilà elle me disait toujours maintenant je peux mourir tranquille voilà t'es arrivé à quelque chose qui me touche au plus haut point c'est un regret que vous n'avez pas vu j'imagine oui alors moi je pense il n'y a pas un jour on ne parle pas d'elle déjà donc on parle d'elle tout le temps parce qu'elle a vraiment fortement habité nos vies et donc avec mes soeurs avec des amis les réflexions qu'elle faisait le bon sens le côté drôle donc on parle d'elle tout le temps vous avez un lien fort avec Nicolas Sarkozy vous le disiez avant qu'est-ce qu'il vous a appris en politique qui vous a servi s'il vous a dit un truc quelque chose phrase qui est restée il m'a appris une chose il a dit quand il faut faire les choses ne jamais attendre quand il y a des choses à faire il faut les faire quand il y a des choses à dire il faut les dire il faut avancer il faut faire les choses vite et donc ça j'ai appris avec lui ce côté là de la politique qui change la vie des gens et c'est ce qu'il a fait parce qu'on oublie aussi les réformes qu'il a portées pendant ce quinquennat des choses qui n'ont jamais été remises en cause à ce jour et donc moi je trouve qu'il a été un grand président mais il fait partie de ma vie oui comme aujourd'hui Emmanuel Macron vous l'avez vu l'émission de Nicolas Sarkozy qu'on a faite avec lui oui mais je le reconnais il s'est vraiment livré pendant une heure et demie c'est assez rare c'est quelqu'un qui est très lisible c'est quelqu'un qui aime la vie qui aime la France et je disais toujours mais vous êtes le plus français des hommes politiques que j'ai pu connaître il aime la France dans toutes ses dimensions dans toute sa diversité et c'est ce qui me plaisait chez lui et là je me rappelle quand il faisait des meetings il me disait tu m'enlèves là de tous les institutionnels et tous les premiers rangs il me dit je veux voir les gens je veux voir comment ils réagissent à mes discours je veux être en direct avec eux voilà et ce côté là de proximité à tous les jours ça faisait éco chez moi il y a des articles qui sont sortis comme vous avez beaucoup de frères et soeurs vous êtes quand même 11 sur certains de vos frères qui pouvaient avoir un lien avec de la toxicomanie vous avez réagi dessus est-ce que vous avez pu parler à vos frères quand il se passe quelque chose comme ça comment ça se passe quand on est ministre et qu'il y a quand je suis devenue magistrat il y avait déjà des difficultés mais bon moi j'ai toujours été sans concession ça a été le grand chagrin de maman enfin de mes parents parce qu'ils n'auraient jamais imaginé de confronter un enfant toxicomane ou à des enfants concernés par du deal parce que la toxicomanie entraîne à un moment donné à ce que vous puissiez aussi avoir d'y lier pour avoir votre consommation donc ça a été un grand chagrin une grande douleur pour la famille après des journalistes m'ont instrumentalisé ils s'en sont servis y compris des responsables politiques s'en sont servis contre moi et je disais toujours quand il s'est agi ou de Jacques Lang ou de Jean-Louis Debré qui ont connu ce genre de difficultés dans leur famille on considérait que finalement que c'était presque artistique pour ces familles et pour nous on était des grands voyous et donc comme je vous disais tout à l'heure on n'emploie pas les mêmes vocabulaires quand il s'agit de moi ou d'une autre responsable politique de la même manière on ne traite pas les difficultés familiales quand il s'agit de ma famille ou quand il s'agit d'une famille plus établie voilà c'est fou c'est que vos parents ils ont à la fois une ministre de la justice au même moment c'est-à-dire qu'on peut avoir la même éducation surtout quand vous avez une famille il y a un chemin différent oui il n'y en a pas un qui ressemble à l'autre sur les onze ah oui on ne fonctionne pas pareil on n'a pas les mêmes visions sur les choses on n'a pas le même fonctionnement voilà quand vous devenez ministre que vous gagnez votre vie que vous avez un travail finalement depuis le début vous avez dit j'ai jamais quasiment eu de chômage vous avez enchaîné travaillé tout le temps tout le temps bossé bossé est-ce que votre famille parfois ou des gens de l'entourage on le voit dans certaines familles de footballeurs par exemple sans nécessité on s'en fout mais vont en faire des coups un peu pour avoir de l'argent est-ce qu'ils vous ont de oui c'est vrai que dans moi j'avais été assez touchée par certains footballeurs où ils ont eu des problèmes familiaux je me rappelle d'un documentaire qui était passé sur Canal Plus où il y avait deux trois footballeurs qui avaient dit dès lors on a réussi notre vie on a bien gagné notre vie on était devenu un peu une difficulté familiale parce que ça crée des problèmes ça crée des problèmes parce qu'on a l'impression que c'est plus facile pour vous vous avez tout vous gagnissez tout et que vous tout est simple pour vous donc ça peut arriver c'est vrai que ça peut poser des difficultés et donc parfois vous le payez dans tous les sens du terme parfois vous vous sentez coupable de ne pas pouvoir aider tout le monde quand on réussit comme ça mes frères et sœurs sauf qu'il y a de difficultés je fais bloc c'est à dire quoi je fais bloc je suis là moi je leur dis tant que je suis là il ne peut rien vous arriver c'est un peu la chef de famille aujourd'hui oui mais après mes parents quand ils sont décédés avant de décéder ils m'avaient dit est-ce que tu peux t'occuper de nos frères et sœurs ils n'en avaient pas non plus beaucoup et donc moi j'ai accompagné ma tante jusqu'à ce qu'elle décède que ce soit en Algérie ou au Maroc là maintenant on est devenus les plus âgés des générations familiales donc j'ai des cousins et des cousines que je continue à aider que je continue à porter et je considère que c'est normal voilà en 2007 vous avez fait la une de Paris Match en robe Léopard Rose je vous le mets à l'image si vous voulez si vous nous regardez si vous nous écoutez en podcast audio bon voilà c'est une robe Léopard Rose ça m'a fait beaucoup parler à l'époque commentez votre tenue est-ce qu'il y a des looks qu'on ne peut pas se permettre quand on fait de la politique est-ce que vous avez dit déjà il y a des robes que vous trouvez trop belles et vous dites ah non là c'est trop non on vous refuse ce qu'on accorde aux autres on vous refuse parce que vous n'êtes pas des leurs voilà est-ce qu'on a refusé que Mme Lagarde ou Mme Marie soit habillée en Chanel est-ce qu'une seule fois vous avez vu d'ailleurs ou Nathalie Kosciusko qui revendiquait des transéline ou un Hermès est-ce qu'on leur a contesté ça jamais et moi on vous a regardé avec ça à ce jour encore aujourd'hui oui alors que bon c'est comme quand on a dit oui que j'avais des Louboutins je n'ai jamais eu de père de Louboutin jamais c'est pas une non mais c'est même pas la question ça s'aurait plu au monsieur qui faisait le bouc de vos pieds exactement mais moi j'ai maman était couturière et elle a toujours considéré que c'était respecter les autres que d'être bien habillée moi je considère que je représente une institution et donc d'être bien habillée c'est respecter l'institution que vous représentez voilà dans les rumeurs sur vous il paraît qu'elle fait de la boxe j'ai fait un truc assez drôle vous m'avez dit vous pouvez me poser toutes les questions donc je vous la pose que parfois vous pensez qu'il y a des adversaires politiques qui ont fait de la boxe non c'était mon c'est mon coach Karim que j'adore parce qu'il me dit si c'est pas un spa on fait pas de la boxe c'est pas de la boxe pour filles et j'adorais la salle qu'il avait vous en faites toujours maintenant c'est un peu plus compliqué mais j'ai adoré ou Jean-Paul Mendy ou Suleymane Sisoko et le frère de Brahim Asloum ce sont des coachs extraordinaires et le grand boxeur Dida voilà que j'aime beaucoup il y a une histoire avec Nicolas Sarkozy quand vous l'accompagnez en déplacement vous avez mis là une claque à quelqu'un ça c'est vrai ou pas cette histoire ? non on avait un déplacement c'était dans l'est de la France et on allait dans des endroits vraiment improbables et un jour il y avait une meute de jeune et il y avait un grand type avec une casquette à l'envers et qui commençait un petit peu à vouloir se la raconter et donc là déjà un je lui ai enlevé je lui ai tapé sur la casquette et donc il m'a regardée il devait faire 1m90 un gaillard et il m'a regardée je lui ai dit d'abord un t'enlève ta casquette parce que tu parles au ministre de l'intérieur et deux tu comportes autrement et j'ai vu Nicolas Sarkozy tétaniser pendant 30 secondes en se disant le truc va vriller et en fait il a enlevé sa casquette et après il l'a appelé monsieur le ministre mais c'est des moments qui sont assez marquants en 2020 vous avez vous lancé en campagne pour la mairie de Paris face à Anne Hidalgo à l'époque vous n'avez pas été élue maire de Paris face à l'année 48,49 des parisiens ont voté pour elle 36,13 pour vous comment vous le vivez en tant que femme politique il y a des échecs des succès c'est une belle carrière des ministres aujourd'hui comment vous le vivez intérieurement à l'époque est-ce que vous dites rendez-vous dans non mais après moi je trouve que celui qui n'a pas intégré que dans la politique on pouvait perdre il ne faut pas qu'il fasse de politique donc voilà donc à l'époque comme je vous ai dit je suis allée en vent contraire sur ma famille politique qui ne m'a pas soutenue sauf quelques-uns il faut dire la vérité que ce soit Michel Tabarro il y avait Laurent Wauquiez à l'époque Xavier Bertrand Jean-François Copé j'ai eu comme ça des personnalités qui m'ont soutenue dans ce combat parisien et puis Agnès Buzyn qui ne voulait pas se représenter au deuxième tour s'est représenté et donc j'ai eu ce croche-pâte de dernière minute mais bon voilà ça c'est la vie politique c'est les torpilles qui arrivent de oui mais ça c'est la vie c'est comme ça j'ai fait le maximum on se prépare à être trahi par tout le monde en politique au cas où on sait que ça peut arriver j'ai toujours fait confiance j'ai des amis d'une vie moi je ne trahis pas les gens qui m'ont tendu la main je ne trahis pas les gens moi je vois quand Emmanuel Macron m'a proposé d'une ministre de la culture je lui suis infiniment reconnaissante voilà c'est quelqu'un que je ne trahirai jamais et donc c'est la manière j'allais dire c'est une manière d'être il y en a qui regardent les vidéos quand vous s'affrontez avec Anne Hidalgo c'est devenu limite un running gag regardez comment vous allez vous échapper vous envoyer des missiles vous dites la politique c'est pas la guerre donc on peut être opposé sur plein de projets mais on se respecte est-ce que Anne Hidalgo était une bonne maire de Paris c'est quoi votre opinion sur la ville de Paris si vous y venez en week-end si vous êtes touriste c'est intéressant aussi d'avoir votre avis à vous non mais globalement alors évidemment je ne peux pas vous dire qu'elle a tout fait mal mais c'est vrai d'abord moi je ne l'ai jamais connu vraiment en fonction j'ai connu le mandat de Bertrand Delannoy donc je n'ai jamais travaillé avec elle j'ai beaucoup travaillé avec Bertrand Delannoy il faut dire la réalité on n'était pas d'accord mais alors pas d'accord du tout mais on parlait politique on avait des désaccords profonds mais d'abord il consultait les maires d'arrondissement il les écoutait et il les recevait ce que ne fait pas Madame Hidalgo et le point de bascule a été la violence de la campagne de 2020 dès lors où les sondages parce qu'au premier tour on est quasiment au même niveau elle elle se rattrape parce que les verts se rallient à elle si Agnès Buzyn s'était ralliée on aurait pu emporter Paris c'est comme ça et donc pour elle le risque de la défaite l'a rendue méchante et je trouve ça dommage parce que par ailleurs c'est vrai qu'elle est tenace elle résiste mais ce qui est très frappant quand vous regardez elle n'a pas d'amis et elle n'a pas d'alliés c'est très frappant et moi je trouve qu'en politique vous ne gagnez pas tout seul et vous ne pouvez pas moi j'aime la politique pourquoi d'abord j'aime la politique comme un combat collectif moi j'ai des amis en politique j'ai fait campagne avec des amis de manière même quand on perd on se marre on est ensemble oui puis on est ensemble et on se marre moi je la trouve assez seule donc ça ne doit pas être marrant tous les jours qu'est-ce qu'elle a bien fait en tant que maire et qu'est-ce qu'elle a mal fait d'après vous par rapport à ce que vous vous proposerez après sur les pistes cyclables c'est Bertrand Delannoy qui l'a amorcé qui était issu du Grenelle de l'environnement il faut dire la réalité les pistes cyclables dans les métropoles beaucoup de pistes cyclables en quelques années à Paris si vous venez vous verrez c'est assez frappant voilà après moi d'abord il y a quelque chose qui frappe et qui frappe tout le monde la ville est sale elle est sale on va arriver on a consacré jusqu'à maintenant plus de 600 millions d'euros pour la propreté je trouve qu'on ne s'y retrouve pas les parisiens n'en ont pas pour leur argent elle a augmenté la taxe foncière de plus de 600 millions est-ce qu'il y a eu un changement majeur dans la qualité de vie sur la propreté sur la sécurité sur la mobilité sur le cadre de vie sur la végétalisation regardez les places les grandes places que ce soit Bastille la République elle a minéralisé les places et donc je trouve ça regrettable voilà est-ce que c'est une première étape la mairie de Paris pour après être présidente est-ce que c'est quelque chose qui pourrait vous plaire moi j'aime l'action et j'aime l'action qui est quand vous vous engagez vous faites et vous pouvez contrôler ce que vous avez dit et ce que c'est fait donc pour moi la maire c'est la bonne pour la politique c'est une bonne échelle donc voilà donc moi je je rêve d'être maire de Paris et je fais tout pour être maire de Paris vous n'y avez jamais pensé à être présidente vous êtes là pour l'instant aujourd'hui tournage en tête des sondages est-ce qu'on se dit bah tiens est-ce que finalement il n'y a pas un truc supérieur encore au-dessus on pourrait aider tout le pays non parce que la vie c'est pas comme ça vous avez des objectifs il faut vous réaliser dans les objectifs que vous vous assignez peut-être un jour après si vous voulez non mais moi en tout cas je ne peux pas vous faire dire quelque chose je ne vous ai pas voulu dire non pas du tout c'était juste pas une question piège je me suis demandé je sais que c'est non non c'est pas une question piège je dis que moi je mets toute mon énergie pour devenir maire de Paris moi je veux que la vie des parisiens change je trouve que cette ville qui est la ville de tous les grands destins de tous les destins quels qu'ils soient d'ailleurs il faut que cette ville retrouve ce lustre là la ville où on se réalise la ville où on est libre la ville où on peut bouger sans risque où on peut qu'on soit dans le 18ème ou dans le 7ème qu'on ait les mêmes chances il faut redonner cette vitalité là à Paris Paris se vide des forces vives il y a plus de 125 000 parisiens qui ont quitté Paris il y a plus de 30 000 enfants qui ont quitté les écoles est-ce que c'est Paris quand on a une ville qui ferme des écoles entières c'est pas Paris ça est-ce que quand un candidat ou un homme politique j'ai vu Gabriel Attal vous lâcher puis aller tracter quelqu'un d'autre est-ce que vous vous écrivez en perso non je m'en fous honnêtement non moi ce qui m'intéresse c'est de convaincre les parisiens là ce qui est unique et inédit c'est la première fois que les parisiens pourront voter directement pour leur maire donc voilà donc moi je leur dis avec moi votre vie va changer Paris va changer ça sera une ville plus propre plus sûre on pourra mieux circuler on pourra mieux s'y loger et donc moi je prends des engagements que je tiendrai j'ai fait mes preuves comme garde des Sceaux j'ai porté des réformes très lourdes qui n'ont jamais été remises en cause j'ai fait mes preuves comme aussi comme ministre de la culture sur des sujets majeurs j'ai fait mes preuves aussi comme maire en étant à l'écoute des habitants dans le 7ème arrondissement et donc je tiendrai mes engagements il y a quelque chose aussi j'ai vu sur internet vous avez eu un mariage forcé à 26 ans vous avez une vie rocambolesque c'est-à-dire que par rapport à parfois on sait pas trop quoi dire vous il y a 50 pages il y a toujours quelque chose à dire et encore on sait pas tout il paraît que vous savez beaucoup de choses je sais plus où j'ai vu ça et je sais plus qui a dit vous vous rendez pas compte à quel point Rachidati a tellement de dossiers c'est tout le monde et connaître tout le monde mais non je connais beaucoup de monde ça c'est vrai j'ai eu mille vies j'ai fait beaucoup de choses j'aime les gens donc je me suis intéressée à plein de situations j'ai vécu des situations improbables j'ai rencontré des gens exceptionnels des gens rares j'ai rencontré aussi des gens qui étaient terribles et donc voilà donc ça c'est sûr que j'ai eu mille vies est-ce que c'est vrai cette histoire de mariage forcé il y a eu vraiment j'ai eu effectivement ce mariage parce que là où habitaient mes parents il y avait un peu une pression sociale parce que à l'endroit où j'habitais les jeunes filles faisaient pas d'études et pour faire des études il fallait quitter la ville et donc on disait ceux qui vont dans la grande ville qui partent à Paris c'était soit pour se prostituer soit pour avoir une mauvaise vie en tout cas c'était pas une vie pour nous voilà c'était ça mon père a accepté que je parte faire des études que je parte à Paris et donc il y avait quand même quelques rires sous cap en disant et puis elle n'est pas mariée et puis elle vit à Paris il n'y a pas de contrôle donc ils imaginaient le pire et après matériellement moi je leur ai acheté une maison je leur ai acheté une voiture une machine à laver le téléphone donc ils se sont dit ce changement de vie c'est pas que c'est pas des études et donc il y a eu une demande en mariage j'étais en Algérie et j'ai accepté mais je ne souhaitais pas me marier en Algérie donc je souhaitais évidemment s'il y avait un mariage que ça se passe en France pour aussi me protéger au cas où et donc je me suis mariée un 14 novembre 92 et puis le 23 décembre j'étais dans le bureau du procureur pourquoi ? voilà et après parce que ça se passait très mal et puis après j'ai mis trois ans pour obtenir l'annulation du mariage trois ans ? la justice en France c'est le mieux et après Marcelon avait demandé à Jacques Attali qui était président de la Banque Européenne à Londres qui était le vice-président du Conseil d'Etat et Jacques Attali était membre du Conseil d'Etat et comme il avait été nommé président de la Banque Européenne à Londres il lui avait demandé s'il ne pouvait pas me recruter parce que moi il fallait que je quitte le pays pourquoi ? pour des tas de raisons donc je suis partie à Londres et j'ai attendu que ce mariage soit annulé et je suis revenu incroyable et ça vous a blindé ce genre d'histoire là que des journalistes sortent de vous c'est pour ça aussi ? non parce que ça ne vous blinde pas forcément parce que d'abord moi je n'aime pas qu'on touche à des sujets très sensibles de ma vie et puis on vous caricature regardez moi quand je vois les mêmes qui s'attaquent au sexisme au racisme ce sont eux qui sont très racistes et très sexistes quand vous avez des unes Rachid Haddad la sulfureuse l'intrigante la courtisane vous voyez ce que ça veut dire donc eux-mêmes s'attaquent à ceux qui considèrent les femmes forcément comme des prostituées ou qui couchent pour réussir finalement vous affublent de ces qualificatifs donc voilà c'est quoi l'article qui vous a le plus touché sur vous ? pas sur votre famille je parle vraiment sur vous est-ce qu'il y a un truc un jour vous vous êtes dit là ? parce que moi je vois là je pense qu'ils vous appellent sur des choses de votre vie privée ça regarde personne c'est pas interdit je suis libre je suis libre voilà et donc on veut absolument raconter une histoire votre histoire qui n'est pas la vôtre et ils pensent que je cache des choses oui je cache des choses c'est vrai voilà mais je ne veux pas leur donner accès et donc tout ça leur donne un goût d'intriguante donc voilà mystérieuse non c'est pas du mystère j'ai pas envie qu'on sache voilà comment vous faites je parle à la femme pas à la femme politique mais comment on fait quand on veut qu'aucun journaliste sache quand on a une relation une histoire comment est-ce qu'on fait pour sortir ? non mais c'est une vraie question j'y arrive il ne faut pas aller dans des endroits où vous risquez d'être photographié mais c'est partout aujourd'hui on a tous un téléphone oui mais vous pouvez aller dans les endroits où vous n'êtes pas exposé la notoriété ça a été un problème pour vous après avec la caractéristique ou ça va ? non mais vous ne pouvez pas faire c'est sûr vous pouvez embarquer dans un hotel comme ça vous ne pouvez pas dire tiens c'est un week-end et puis voilà c'est pas aussi ça ça complique un peu les choses mais sinon même pour faire un cadeau vous voulez acheter un cadeau un bijou à quelqu'un non mais c'est vrai vous allez dans une boutique vous achetez pour quoi madame tout de suite il peut y avoir une info mais ça s'arrange petite question j'ai vu que vous étiez retourné travailler 4 jours après votre accouchement seulement c'est réel ça ? j'ai accouché le vendredi et je suis sortie le dimanche et le lundi j'étais au bureau il faut être solide pour retravailler directement non mais j'étais j'étais vraiment heureuse j'étais vraiment tellement heureuse et puis après j'ai enclenché la campagne des élections européennes dans la foulée en 2001 votre maman va décéder vous allez garder le secret de sa maladie comment ils vont le découvrir ? c'est pareil des journalistes qui vont aller chercher l'info ? non d'abord en 2001 je suis magistrat je ne suis pas du tout dans la vie publique non là où j'ai gardé un peu le secret c'était vis-à-vis de mon père et de mes frères et soeurs parce que j'étais convaincue qu'elle allait s'en sortir et donc je me suis dit ça ne sert à rien de faire de la peine de créer du chagrin gratuitement on va se battre on va s'en sortir elle va y arriver et je l'ai accompagnée Simone Veil m'a beaucoup aidée pour qu'elle soit bien soignée bien prise en charge et malheureusement elle est décédée et donc elle est décédée évidemment de maladie mais c'était aussi des femmes comme pour mon père d'ailleurs ce sont des gens qui voyaient très peu le médecin moi maman elle voyait quand elle était enceinte elle voyait le gynéco au moment pratiquement de l'accouchement et donc elle était malade mais elle ne le disait pas elle perdait beaucoup de sang moi je l'ai découvert par hasard parce qu'à un moment donné je suis rentrée à la salle de bain puis il y avait une flaque de sang et donc je m'en suis préoccupée après elle m'a dit mais non c'est pas grave je ne sais pas ce que j'ai et donc je ne voulais pas quand les médecins m'ont annoncé la gravité de son état je me suis dit on va y arriver on va se battre elle va guérir et ma dernière soeur était très jeune mon père était accablé et il ne s'imaginait pas vivre sans elle donc je me suis dit je ne vais pas tu leur avais caché la gravité je leur ai dit enfin ils savaient qu'elle était malade que c'était sérieux mais je ne leur disais pas il n'y en a pas pour longtemps ou on n'arrive pas à résorber la maladie et puis elle elle se battait aussi moi je me souviens elle faisait des chimios elle négociait à chaque fois avec le médecin pour faire le bâtiment de ses petits-enfants aller au mariage de son fils et elle invitait le médecin l'infirmière ceux qui faisaient les traitements intraveineux pendant le mariage elle levait sa robe dans la cuisine elle se faisait ses injections et elle repartit sur la piste de danse et donc je me disais avec cette force vitale là on va s'assortir et puis malheureusement la maladie a pris le dessus donc oui c'est vrai que j'avais en partie gardé le secret pour préserver protéger la femme vous dites j'ai intégré la notion de la mort au décès de ma mère oui c'est à dire que vous avez compris que vraiment j'ai compris qu'on pouvait perdre les gens qu'on aime voilà et en fait tant qu'on ne l'a pas vécu on se dit les gens qu'on aime sont éternels même dans votre histoire d'amour quand vous êtes follement amoureux vous vous dites ça ne peut pas s'arrêter voilà et donc là à ce moment là je me suis dit il faut faire attention parce que les gens qu'on aime peuvent partir et peuvent partir très tôt ils ne lui ressemblaient jamais en plus totalement ça c'est sûr la mort d'une mère ou d'un père j'imagine que oui après chacun son histoire avec ses parents mais moi mon histoire avec mes parents a fait que ça a cassé quelque chose chez moi c'est vrai votre papa va décider en 2017 la veille du premier tour de l'élection présidentielle vous m'avez raconté une histoire de journaux il m'a dit pour le protéger j'ai acheté beaucoup de journaux un jour c'est quoi cette histoire et des pneus je n'ai pas compris le raccord si je vous pose la question la discussion était d'écouter au marché il m'a dit ah il y a une histoire et mon père avec des pneus et des journaux j'ai dit oula parce qu'à l'époque j'avais voici Closer et autres et puis un jour je suis avec quelqu'un on est je crois que c'est en Italie et on était attrapé sur des transats la première photo vous voulez dire photographier et j'avoue je ne suis pas vraiment à mon avantage je ne suis pas très habillée et je me suis dit mon dieu et ça faisait la une et on avait une maison de la presse et mon père achetait tout ce qui me concernait à l'époque et dès qu'il y avait ça on arrivait avec mes soeurs et on achetait toute la presse on disait au type vous nous mettez tout de côté on paye tout et donc pour pas qu'il ait le journal sinon il y avait toujours un voisin qui toc toc oh t'as vu il y a ta fille dans le journal et donc il n'assumait pas les closers et voici il n'assumait pas vraiment si vous étiez un maillot de bain c'est ça le problème non mais j'étais à moitié dénuisée avec quelqu'un qu'il ne connaissait pas et puis vous connaissez le système de ces journaux il suffit que vous soyez avec quelqu'un d'autre on suppose que donc ça donnait le sentiment que finalement tout ça était très frivole et donc on achetait tous les journaux à chaque fois pour éviter qu'il le à connaissez lui ah oui et un jour il était en déprime totale et il avait des pneus dans son jardin enfin bon ne me demandez pas pourquoi et il avait un camion avec lequel on allait au Maroc quand on faisait les chalons-sur-Saône Casablanca 5 jours de voiture et il avait ce camion qu'il avait acheté qu'il avait gardé au musée il vend ce camion il dit non ça ne vous regarde pas je le garde et il changeait des pneus il y avait un pneu c'était fourgon Mercedes il y avait un gros pneu et il y avait une station service qui vendait les pneus j'ai cru lui faire plaisir et donc je vais acheter des pneus parce que je ne sais pas il ne voulait pas acheter le pneu neuf il disait que c'était trop cher donc il voulait un peu une occasion enfin il nous avait saoulé avec cette histoire de pneus donc je dis à ma soeur va à la station service va lui acheter ses pneus et qu'on en finisse très bien donc on lui achète deux pneus et neuf et il dit à ma soeur vous les avez eu elle dit je ne peux pas lui dire le prix parce qu'il va nous dire non mais c'est quoi on ne va pas acheter des pneus à ce prix là elle dit non t'inquiète pas on a eu un prix c'est la station service on les a achetés à 20 euros donc mon père il dit ah bon et nous on avait dit au gars de la station service on connait tout le monde là-bas on lui avait dit si jamais mon père il vous demande vous dites que vous nous les avez bradés à 20 euros et ce qu'on s'est dit il va vérifier donc les pneus à 20 euros et donc il prend le pneu il dit mais c'est génial franchement j'ai jamais eu des pneus si peu chers le lendemain il est parti à la station service il a dit au gars je veux tous les pneus donc il a repris tous les pneus le gars gêné il a dit ah mais c'est bon je vais ré avec Rachida donc il a pris tous les pneus et le gars il m'a appelé c'était 200 euros le pneu et donc il a dit il les a tous pris et mon père il dit j'ai jamais vu ces pneus là à 20 euros tout neuf donc je me suis ruiné en pneus gratuitement des pneus d'ailleurs quand il est décédé les pneus sont restés dans le jardin de la maison donc il était il avait à la fois le sens de l'argent mais il se disait c'est la bonne occasion c'est comme une fois je l'emmène à l'esplanade enfin je ne devrais pas citer le restaurant dans le 7ème arrondissement il dit au pras et café et je lui dis qu'est-ce tu veux au pras et café et il regarde l'addition et il voit que le café est presque à 10 euros il me dit qui boit un café à 10 euros je lui dis et un papa c'est le 7ème il me dit jamais je bois le café à 10 euros je dis maintenant c'est bon ils nous l'ont servi tu le bois il me dit tu le bois si tu veux si ça vous amuse de jeter votre argent par la fenêtre pas moi je ne bois pas ce café à 10 euros donc voilà il était très comme ça sur des et il s'arc-boutait jusqu'à s'énerver et un jour je présente mon texte sur les peines planchers et donc je fais une présentation d'abord à l'Assemblée puis au Sénat et il est dans les tribunes et il note des trucs et donc je dis la délinquance a augmenté de 2,8% très bien et je vais au Sénat je dis la délinquance a augmenté de près de 3% tout ce soir il dit ça t'amuse de dire n'importe quoi après vous vous étonnez qu'on n'aime pas les politiques mais quand les journaux ils te critiquent ils ont raison de te critiquer tu dis n'importe quoi mais je dis mais de quoi tu me parles il m'a dit à l'Assemblée t'as dit tant et ici tu dis un autre chiffre j'ai dit c'est pareil 2,8 près de 3% non 2,8 c'est pas 3 donc il s'arc-boutait et il part il s'énerve il ne me parle plus voilà il vous disait qu'il était fier de vous jamais ah c'est vrai jamais alors il le disait à mes autres soeurs en disant que que je serais toujours bénie vu la manière dont je me suis occupée d'eux avec maman mais moi on dirait que jamais et on s'accrochait il faut dire aussi on s'accrochait beaucoup vous croyez en la vie après la mort ? je crois en Dieu vous leur parlez parfois à vos parents ? oui je fais des petites prières pour eux enfin voilà chacun voilà chacun sa vision ouais non mais c'est est-ce que est-ce que vous avez parfois peur de manquer quand on a grandi comme ça même quand on réussit dans la vie est-ce qu'on a toujours un peu peur de manquer on a des réflexes de gens qui ont manqué oui mais par exemple vous voyez est-ce qu'à l'hôtel vous prenez des petits trucs de café non alors ça je prends pas non ce que je prenais les chaussons non je prenais par exemple il y avait des je me rappelle des petits pains ronds et maman adorait les petits pains ronds parce que c'était ces petits pains ronds c'était des trucs de riches en fait à l'époque et quand la première fois que j'ai voyagé la première fois que j'ai pris l'avion j'avais 21 ans et j'étais allée dans un hôtel où ils nous ont mis pour le petit déjeuner sur le plateau les petits pains ronds donc à chaque fois je vois ces petits pains ronds je pense à elles donc je prenais ça je prenais des choses pour mes parents voilà et un jour pareil j'avais quand on nous a annoncé que maman la maladie était vraiment grave je leur ai offert un voyage en Egypte et au Liban ils y sont allés et donc j'avais tout payé et quand ils sont arrivés à l'hôtel ils vidaient les mini-bars qu'ils donnaient à la femme de ménage parce qu'ils pensaient que le mini-bar était gratuit et donc moi j'ai eu un prélèvement j'ai cru je me suis dit mais qu'est-ce qui s'est passé et on m'a dit ce sont vos parents compris je dis c'est pas possible ils ne boivent pas d'alcool donc tous les petits trucs et tout oui les millionnettes et en fait quand il y avait la femme de ménage je leur disais ah mais comme nous on va partir c'est dommage que ça reste ici prenez tout et donc les femmes de ménage ont barqué tout ce qu'il y avait dans les mini-bars et donc partout ils sont passés ils m'ont laissé des factures de mini-bars improbables donc ils étaient un peu comme ça et ça peut être très cher je confirme que c'est très cher en parlant du Liban on est allé faire Carlos Ghosn en interview je ne sais pas si vous l'avez vu ou vu des extraits on a reçu Carlos Ghosn donc ancien PDG de Renault et Nissan on a fait une super émission d'ailleurs avec lui il a accepté l'interview par contre on a dû y aller parce qu'il ne pouvait pas sortir comme il a une notice rouge d'Interpol ça leur empêche de sortir du pays comme il est parti du Japon pour être précis si vous n'avez pas vu l'émission dans une malle suite à une affaire judiciaire l'histoire est très longue à résumer en une phrase surtout celle de Carlos Ghosn mais on le remercie encore pour l'invitation vous avez eu une affaire entre 2010 et 2012 vous êtes députée européenne il va faire appel à des avocats à des consultants extérieurs en 2019 la justice française a ouvert une enquête pour savoir si vous avez travaillé parce que vous avez gagné de l'argent comme une consultante etc il y a le procès qui arrive bientôt qu'est-ce qu'on peut en dire ? d'abord moi j'ai été il a confirmé que vous aviez bossé avec lui en tout cas moi il était toujours là oui j'ai été avocate du groupe Renault-Nissan et je ne regrette absolument pas d'avoir été avocate de ce premier groupe industriel français j'ai non seulement contribué au développement de ce groupe industriel français dans des pays improbables que ce soit l'Iran la Turquie l'Algérie et le Maroc et il m'avait demandé évidemment de pouvoir défendre les intérêts de Renault-Nissan dans ces pays ce que j'ai fait et d'ailleurs dont les résultats sont encore probants à ce jour et qui existent et donc j'ai été avocate en même temps que députée européenne et il y a eu quelqu'un qui a déposé plainte contre lui et pour lui nuire avait ciblé deux personnalités Alain Boer et moi et donc voilà j'ai exercé comme avocat c'est de l'argent privé c'est pas d'argent public et la justice demande à ce que je justifie mon travail d'avocat ce qu'on a fait dans le dossier et elle a toujours refusé d'entendre les personnes qui ont été qui ont travaillé avec moi sur ces dossiers d'avocat qui étaient à la fois sensibles et à la fois stratégiques ça a été un grand patron c'est un seconde ah oui c'est ce qu'il nous expliquait puis on a regardé les chiffres quand il était ça montait très très haut Renault-Nissan non mais Renault était une petite régie Renault-Nissan Mitsubishi en France il était patron de Nissan effectivement il récupère Renault-Nissan il en fait le premier groupe automobile mondial il ouvre des nouveaux continents totalement et il était reconnu partout dans le monde il avait quasiment un rang de chef d'état partout dans le monde il était reconnu pour cette réussite et aussi pour son intelligence ça vous a surpris qu'il parte dans une malle qu'il arrive à s'évader du pays vous avez dit c'est pas étonnant vu le... il a un mental hors normes il est hors normes il est hors normes est-ce qu'il faudrait un homme comme ça à la tête de l'état dans les prochaines élections qui arrivent ? j'ai toujours considéré que la France c'est pas une entreprise ah c'est vrai ? c'est pas une entreprise on gère pas la France comme vous gérez une entreprise c'est pas vrai c'est pas le même métier c'est pas le même métier on entend souvent ça il faudrait mettre un entrepreneur à la tête de l'état mais les français sont pas des clients sont pas des utilisateurs non non mais dans le sens où un budget c'est quand on est chef non mais ça c'est autre chose c'est autre chose la France elle a un patrimoine inestimable elle a des valeurs universelles que le monde entier nous envie et donc c'est ce modèle là qu'il faut préserver elle a aussi la force d'un état républicain qui force à la reconnaissance du mérite la France c'est une idée c'est une ambition c'est une... voilà c'est pas une entreprise il y a une phrase que vous avez dit dans le livre vous dites je connais les secrets des uns des autres je ne suis pas une grenette découpillée mais je sais l'envers du décor parce que il y en a beaucoup moi je me souviens d'une phrase pardon de l'expression mais ça caractérise moi j'ai été magistrat j'ai une formation j'ai des compétences j'ai donc une légitimité qu'on m'a toujours contestée regardez quand j'étais à la chancellerie est-ce qu'une seule fois on m'a contesté une réforme ou une interview sur le fond ou techniquement encore une fois j'ai une compétence et une légitimité qu'on me conteste et en me caricaturant je disais tout à l'heure moi je vois la presse une certaine presse de gauche qui sont pour l'inclusion pour le droit à la différence surtout la lutte contre le racisme mais ce sont les premiers qui exercent à votre rencontre un racisme social et ils ne supportent pas ce que vous êtes et d'ailleurs eux-mêmes je vois la gauche aujourd'hui quand on voit le PS et qui est la manière dont ils se battent avec LFI c'est que beaucoup de personnes qui sont aujourd'hui avec LFI ont été ceux qui ont été instrumentalisés par les socialistes en disant restez bien à votre place vous êtes des victimes on va vous défendre vous êtes différents et donc on va parler pour vous et donc à un moment donné il y a certains jeunes d'ailleurs ont dit mais nous on n'a pas besoin de chaperon ni de tutelle on peut parler pour nous-mêmes et donc ils se sont retrouvés sans victimes à défendre sans charité à exercer et donc voilà donc moi je considère qu'on m'a réduite souvent ou caricaturée ou attaquée de manière assez injuste il faut dire la vérité dans l'émission c'est à vous on vous a vu un peu à un moment donné répondre à Patrick Cohen il y a quelques temps c'était en septembre 2025 pour être précis la vidéo elle était je crois qu'elle est sortie un petit peu après je ne veux pas dire de bêtises sur le sujet vous vous rappelez ou pas de ça non ? non quand vous êtes à l'émission c'était après ou avant ? c'était avant non alors quelques temps après je dirais sorti quand je suis dans l'émission c'est à vous Patrick Cohen m'interroge je m'interroge sur l'affaire Renault et il me dit il y a d'autres affaires je dis non il n'y a pas d'autres affaires j'ai une affaire Renault qui n'est pas d'argent public c'est de l'argent privé c'est un contrat d'avocat que j'ai eu et qui n'a rien à voir ce n'est pas de l'argent public et donc il insistait en disant si il y a d'autres affaires non monsieur Cohen il n'y avait pas d'autres affaires et c'est vrai que j'ai répliqué parce qu'il y avait eu une enquête très documentée de Mediapart qui faisait état de harcèlement d'un comportement absolument inacceptable de la part de Patrick Cohen au sein de la rédaction de France Inter il y a eu des signalements il y a eu des personnes qui se sont considérées victimes de certains comportements de Patrick Cohen qui ont été reçus et entendus au sein de la rédaction et donc moi j'ai dit il me disait c'était faux donc j'ai dit voilà quand il y a des enquêtes qui sont faites tout n'est pas forcément vrai puisque vous vous contestez une enquête qui est faite sur vous et donc libre à moi de vous dire qu'il y a des choses qui sont fausses dans ce que vous dites donc voilà donc c'était ce que je voulais dire en disant vous quand c'est vous c'est non et quand c'est moi c'est oui donc vous ne pouvez pas tout vous permettre sur moi parce que si je le fais à votre endroit vous le contestez donc voilà donc j'ai pas accepté la manière dont j'ai été traité par ce journaliste sur des arguments qui étaient faux et donc voilà ensuite évidemment il y a eu cette vidéo qui est sortie où Thomas Legrand dit très clairement qu'avec Patrick Cohen ils feront tout pour m'empêcher d'accéder à la mairie de Paris en s'occupant de moi donc voilà donc ce sont des gens qui étaient filmés à leur insu c'est une vidéo qui était filmée de loin dans le restaurant mais pour resituer la vidéo c'était pas eu quand vous voyez la vidéo moi j'ai pas voulu réagir mais ça en dit long voilà donc encore une fois les mêmes qui ne supportent pas qu'on puisse dire des choses d'avoir une pensée sont dans un combat qui se disent neutres en fait ils sont dans un combat politique contre moi voilà donc et cette vidéo c'est vrai qu'elle a fait beaucoup de mal aux services publics et beaucoup de mal au journalisme parce qu'il y avait Thomas Legrand et Patrick Cohen qui sont journalistes et puis deux membres du parti socialiste je crois si je dis pas de bêtises ils discutaient d'une stratégie pour m'empêcher de devenir maire de Paris vous ne l'avez pas écrit en off quand il y a un truc comme ça qui tombe est-ce qu'on s'écrit à qui ? vous directement est-ce que vous avez écrit à Patrick Cohen un message un SMS en disant non voilà je pense que si ça avait été un autre média d'une autre couleur politique je pense que l'affaire aurait été beaucoup plus importante qu'elle n'a été avec ces deux journalistes et les rédactions auxquelles ils appartiennent on peut faire du mal à un politique en tant que journaliste penser qu'on peut ruiner une carrière politique mais certains le font certains le font certains journalistes ont écrit des articles et certains se sont excusés d'autres non d'autres ont ruiné aussi des vies rappelez-vous l'affaire Baudi rappelez-vous même sur d'autres journalistes où il y a eu quand il y a des enquêtes judiciaires qui sont ouvertes et puis qu'il y a un non-lieu après est-ce que vous pensez que certains s'en excusent ? non ils ne s'en excusent pas et c'est là où effectivement je parlais tout à l'heure d'état de droit de valeur dans l'état de droit d'ailleurs la présomption de l'innocence est un principe important et constitutif de l'état de droit c'est plus ou tout le cas que certains piétinent allègrement avec les réseaux sociaux il n'y a plus de oui mais les réseaux sociaux bon voilà c'est un débordement mais les journalistes qui se disent journalistes devraient faire attention aussi parfois vous donnez une image de femme forte qui est impressionnée par rien avec une vraie barrière non j'essaye de protéger ce que je veux protéger il y a des choses que je ne veux pas dire et que je ne dirai pas et c'est ce qui me permet d'être heureuse et de tenir sinon sinon vous ne tenez pas je ne suis pas supérieure psychologiquement aux autres êtres humains si je puis dire non simplement il y a des choses vous tenez votre rang même dans la douleur parfois c'est vrai que parfois je suis touchée évidemment vous tenez votre rang et puis parfois je m'en fiche complètement et ça me permet de ne pas laisser accéder certains à ma vie et surtout pas là où je ne veux pas qu'on aille est-ce que parfois la politique ça peut être assez violent pour faire pleurer est-ce que ça vous est déjà arrivé de pleurer parce que c'est trop dur en off après de craquer j'ai eu tellement d'épreuves dans la vie j'ai failli perdre la vie j'ai failli j'ai connu la violence j'ai connu des choses dont je n'ai jamais voulu parler donc je sais que la vie peut être beaucoup plus douloureuse que simplement d'être critiqué sur un réseau social ou d'être critiqué par Thomas Logrand voilà donc c'est rien comparé à ça donc simplement c'est désagréable mais il y a pire dans la vie comme dureté ou comme épreuve de toute façon il n'y aura pas de survivant comme disait l'autre comment vous avez failli perdre la vie vous l'avez déjà dit ça ou jamais non mais moi si on me disait il faut retourner à tes 20 ans jamais de la vie ah bon c'est vrai jamais voilà on a l'impression qu'on est en combat depuis qu'on est né voilà donc et c'est pour ça que parfois il faut savoir se poser moi c'était Nicolas Sarkozy qui m'avait dit un jour arrête d'être toujours en permanence tous les capteurs ouverts et c'est vrai on est en capteurs ouverts en permanence j'ai une petite question sur Nicolas Sarkozy pour terminer dans 30 secondes il y avait juste un article de libération en avril 2025 une enquête dans laquelle vous aurez oublié de déclarer 19 bijoux valeur estimée 420 000 euros à la haute autorité de la transparence de la vie publique HATVP vous avez vu cet article ? oui j'ai déposé plainte d'ailleurs contre le journal mais encore une fois un journal qui est là à défendre les femmes MeToo c'est une affaire malheureusement privée une vengeance privée voilà moi j'ai déposé plainte je n'ai jamais je n'ai jamais été prise en défaut d'une déclaration qu'elle soit fiscale financière ou autre moi je n'ai aucun manquement déclaratif d'aucune sorte et tout ce que j'ai je l'ai gagné voilà en toute transparence je n'ai hérité de rien et tout ce que j'ai je l'ai gagné voilà c'est quoi vos passions dans la vie d'ailleurs alors on parle de bijoux mais bon non vous faites des plaisirs mais non j'aime la vie j'aime sortir j'aime rire je peux passer des nuits blanches avec des gens que j'aime voilà et j'aime cette vie là j'aime cette vie de vraie liberté on vous voit dans Paris il y a une vidéo de vous le soir où vous disiez tiens vous avez envie que Paris oui j'ai fait la tournée du Marais jusqu'à 4h du matin mais j'adore ça comme il n'y a pas très longtemps on est à une soirée on a fait une nuit blanche totale et je suis allée travailler le lendemain j'ai refait une nuit blanche parce qu'on n'avait pas fini la soirée de la veille ah bon donc on est retourné la finir donc voilà il se retournait j'étais j'étais au conseil des ministres le lendemain il ne l'a pas vu Emmanuel Macron vous n'avez pas dormi depuis deux jours non ? non lui il dort peu aussi il paraît qu'il dort 4h mais je ne sais pas si c'est vrai j'ai toujours entendu qu'il dormait aussi peu il dort très peu c'est un gros travailleur et d'ailleurs moi ce qui m'a frappé qui est une chose que j'ai vue assez rarement il sait tout sur tout voilà donc comme ministre vous avez intérêt à bien connaître vos dossiers il sait tout sur tout voilà donc c'est assez impressionnant c'est vrai qu'il dort peu parce qu'il peut vous interpeller à n'importe quelle heure sur un sujet précis sur un déplacement ou sur une question particulière dernière anecdote il paraît que Nicolas Sarkozy vous a emmené à la Maison Blanche une fois ou peut-être plusieurs fois d'ailleurs pour des dîners est-ce qu'il vous est arrivé des trucs un peu étonnants là-bas en tant que vous arrivez on a tous 14 ans à un moment donné avec nos yeux de quand on avait 14 ans on voit ça on se retrouve à la Maison Blanche c'est le premier dîner d'état à la Maison Blanche moi je me souviens de son émotion y compris quand il a pris la parole au Congrès et je me souviens quand il fait le discours il dit j'ai pu parler de Marilyn Monroe dans l'enceinte du Congrès et ça l'avait il y avait deux acteurs dont il a parlé Marilyn Monroe et Lévis Presley et ça l'avait il était ému de l'avoir fait et quand on arrive au dîner d'état il est très ému il dit voilà on y est mais juste avant je me souviens avant d'aller à ce dîner d'état d'ailleurs c'est pour ça que j'arrive en retard à ce dîner c'est que j'avais eu un petit problème technique sur une chaussure d'ailleurs et je demande à quelqu'un de m'aider et j'ai surpris une bagarre entre Jean-David Lévit et Henri Guéno que j'ai séparé et donc il y a beaucoup de bagarres en politique oui alors moi j'adore Henri Guéno franchement moi j'ai une infinie admiration pour lui pour sa vie pour ce qu'il est pour son intelligence mais il est sanguin donc il se bat assez facilement et donc c'est ce qui s'est passé dans les coulisses de la Maison Blanche avec Jean-David Lévit à ce moment là c'était qui le président américain à l'époque c'était Obama ou c'était Bush non le dîner d'état c'était Bush voilà je crois que Nicolas Sarkozy vous avait raconté qu'il l'avait accueilli sur son canapé allongé parce qu'il était malade juste avant si je ne dis pas de bêtises je crois qu'il avait raconté ça ici et qu'il l'a vu arriver il était allongé sur son canapé il y avait cette scène improbable quoi qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour terminer ? d'être heureux de continuer à avoir du bonheur à faire de la politique d'avoir du bonheur à faire campagne à se battre pour les gens à vouloir que ce pays reste ce qu'il incarne dans le monde c'est-à-dire défendre les valeurs universelles défendre la liberté de dire le mérite est reconnu donc que que je continue à être heureuse de faire ce que je fais voilà quelle que soit d'ailleurs la mission et cet engagement merci beaucoup en tout cas d'être venu jusqu'à nous c'était un plaisir de vous recevoir c'était un plaisir de pouvoir parler prendre le temps est-ce que c'est agréable de parler sans être pressé ? c'est agréable de parler sans être pressé et aussi sans être jugé ou sans se dire oh là là comment vont être interprétés mes propos merci en tout cas d'avoir pris le temps merci à vous tous d'avoir suivi l'émission merci à toute l'équipe d'avoir préparé l'émission avec moi merci de faire de légende le premier podcast de France sur Spotify Deezer Apple Podcast ou Amazon Podcast n'hésitez pas à nous mettre 5 étoiles dessus ça nous permet avec l'algorithme de rester bien proposé à tout le monde et merci de vous abonner chaque mois vous êtes entre 150 000 et 200 000 à vous abonner en plus sur notre chaîne YouTube donc continuez de le faire ça nous aide beaucoup pour avoir des invités exceptionnels comme aujourd'hui en tout cas voilà merci à vous tous je vous embrasse et on se retrouve de toute façon très vite pour une prochaine vidéo tous les mercredis vendredis et dimanches sur les jambes ciao tout le monde
Rachida Dati