Face à Face : Jean-Louis Borloo - 14/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:18OuverteRéponse directe
Bonjour Jean-Louis Borloo.
- 0:26OuverteRéponse directe
Jean-Louis Borloo, tout le monde vous connaît...
- 0:34OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il sera à la hauteur le mécanicien ?
- 1:11RelanceRéponse directe
Ça veut dire quoi ça Jean-Louis Borloo ?
- 2:07OuverteRéponse directe
C'est ça ce que vous redoutez, en fait vous redoutez...
- 2:38RelanceRéponse directe
Est-ce que ça veut dire que vous redoutez qu'au fond là, on soit dans des petits ajustements...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:24Invité politiqueFait
« Les pires déficits européens, avec globalement ce qu'il fait de nation, est en train de se fissurer, voire s'effondrer. »
- 1:44Invité politiqueFait
« Qu'ils fassent ce diagnostic et qu'ils disent pourquoi. »
- 3:51Invité politiqueFait
« Bon, tout le monde a compris que l'État se mêle de tout, que c'est ridicule, que c'est embolisé, qu'il y a des AVC partout, ça fuit. »
- 7:11PrésentateurChiffre
« Vous estimez même que la désorganisation administrative de notre pays nous coûte en moyenne 150 milliards d'euros. »
- 7:24Invité politiqueChiffre
« Quand le CDE dit que ça coûte, il s'appelle ça la bureaucratisation française, peu importe, nous coûte 90, peu importe, même si c'était 50. »
- 8:44Invité politiqueFait
« La politique du logement, elle sera définie par le Parlement de la Réunion, le Parlement d'Alsace, le Parlement de Savoie, le Parlement de Bretagne, qui va définir sa stratégie, qui va définir ses règles. »
- 13:08Invité politiqueFait
« Je ne suis pas convaincu que la stratégie faire un porte-avions pour la stratégie française dans l'Indo-Pacifique, alors qu'on voit très bien que c'est les yeux, c'est l'espace, c'est les drones. »
- 16:00Invité politiqueFait
« Ils vont faire en sorte que les gamins soient immédiatement détectés dès qu'ils vont mal ou qu'ils font du mal. »
- 17:15PrésentateurFait
« Vous vous étiez prononcée à l'époque. Vous avez toujours considéré qu'il fallait à la fois les réformer, tenir compte de la démographie, mais en même temps tenir compte aussi de ceux qui ont commencé tôt, qui ont eu des carrières longues, qui ont eu des carrières pénibles. »
Temps de parole
- Jean-Louis Borloo70 %
- Présentateur29 %
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Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe. 28h et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Louis Borloo. Bonjour. Jean-Louis Borloo, tout le monde vous connaît, vous êtes l'ancien maire de Valenciennes, vous êtes ancien ministre, vous avez été aussi le président du Valenciennes Football Club et président de l'UDI. Ça aurait pu être vous tout à l'heure à 15h. Alors cette déclaration de politique générale, votre nom a beaucoup circulé, il a été évoqué, choyé même, à la fois par la droite et par la gauche parce que même les socialistes disaient « chiche ».
Et puis finalement, votre Big Bang, vous allez le décrire, peut-être un jour mettre les mains dans le cambouis, mais pour l'instant vous êtes plutôt celui qui va devoir regarder le mécanicien. Est-ce qu'il sera à la hauteur le mécanicien ?
Il n'y a pas de raison qu'il ne le soit pas. En fait, moi j'attends un discours de politique générale, d'un chef du gouvernement, pas un exercice d'habileté, mais un exercice de clarté.
Ça veut dire quoi ça Jean-Louis Borloo ?
Il faut que le chef du gouvernement dise aux Français, voilà quelle est la situation. Voilà quelle est la situation pour la jeunesse de France, pour les mamans de France, le Mercosur, la chaîne judiciaire, l'état des prisons, la crise du logement, bref. Dire clairement où on en est, c'est-à-dire les pires déficits européens, avec globalement ce qu'il fait de nation, est en train de se fissurer, voire s'effondrer. Qu'ils fassent ce diagnostic et qu'ils disent pourquoi. Qu'est-ce qu'après 8 ans au gouvernement, mon analyse, j'ai été élu avant à Vernon, voilà le diagnostic et voilà le cap que je propose en tant que chef du gouvernement de la France à notre pays.
Bon, pas d'habileté, et il y a un moment où la plus grande habileté c'est d'en avoir aucune. Dire les choses simplement.
C'est ça ce que vous redoutez, en fait vous redoutez, on va parler de ce que vous avez vu dans le capot de la voiture France, parce que c'est comme ça que vous le dites, vous dites au fond j'ai regardé et j'ai vu la crise du logement, j'ai vu la crise de la jeunesse, j'ai vu la crise de la justice, la France est désorganisée, on est dans une France de l'à peu près, votre diagnostic est extrêmement sévère, même si vous avez des solutions, vous avez des outils.
Mais quand vous dites je ne veux pas d'habileté, est-ce que ça veut dire que vous redoutez qu'au fond là, on soit dans des petits ajustements, des clins d'œil aux uns, des clins d'œil aux autres, plus que sur vraiment un changement profond ?
Le diagnostic n'est jamais sévère, il est bon ou il n'est pas bon, il n'y a pas de sévérité. Je crois que c'est le moment où c'est fait et donner un cadre. La dérive n'est pas une direction, il faut donner un cadre. Alors je pense que voilà, c'est ce qui attend le chef du gouvernement. Ce n'est pas d'être habile, de passer, de tenir 15 jours, 3 semaines, à moins 18 mois, à moins.
Mais on est là-dedans, en vrai on est là-dedans. En ce moment on est dans le, est-ce que ça tient jusqu'en décembre, est-ce que ça tient jusqu'à demain ?
Femmes de peu de foi, regardez la journée d'hier, qui s'inscrit dans un moment historique extraordinaire. Personne n'aurait parié ça. L'Iran, le nucléaire est abîmé, et plus on est en état de financer le terrorisme international, y compris dans le Sahel, qui est juste à côté de chez nous. La Syrie, ce n'est plus le passage des armes. Le Hezbollah est à peu près désarmé. Le Hamas est à peu près désarmé. Et on a fait la fête dans des familles israéliennes et palestiniennes. C'était, ça paraissait impossible.
Alors je vous assure que dans un pays en paix de 70 millions de personnes, si on pouvait juste donner le cap, dire voilà, bon, tout le monde a compris que l'État se mêle de tout, que c'est ridicule, que c'est embolisé, qu'il y a des AVC partout, ça fuit. Bon, tout le monde a compris. Donc maintenant, il y a deux solutions, où on rebâtit l'architecture humaine de notre pays, c'est-à-dire la province se mêle de ce qui concerne les enjeux de la province, comme avait dit le général de Gaulle en 69. Et l'État va se concentrer sur sa responsabilité et enfin réussir sur la sécurité, la recherche, l'avenir, la mairie des océans et la justice.
Que chacun s'occupe de ce dont il a la charge, au lieu de se mêler de tout. Jean-Louis Borloo, une des premières questions. La machine est folle. Et on va parler aussi de la réorganisation, de ce big bang auquel vous appelez de vos voeux. Il y a une question, pour déjà savoir simplement si ça tient, c'est cette question de la réforme des retraites. Est-ce que vous, Premier ministre, vous auriez accepté de suspendre ?
Je refuse de répondre à cette question. Je veux dire pourquoi ? Parce que sinon, l'essentiel de ce que je veux dire va passer à la... Vous savez, je connais un tout petit peu.
Oui, vous avez l'expérience. Enfin, malgré tout sur les économies. On apprend aujourd'hui, par exemple, que les défaillances d'entreprises, et c'est un chiffre qui est passé à peu près sous les radars, mais qui me paraît essentiel, les défaillances d'entreprises touchent un nouveau record aujourd'hui. Oui, ça veut dire que les entreprises vont mal. On parle des petites, moyennes entreprises. On parle du tissu local. On parle des emplois. Ça, c'est un symptôme terrible de notre société. Comment on fait ?
En redonnant la confiance à tout le monde. En rebâtissant l'architecture avec le patronat, avec les organisations syndicales, les collectivités locales, les chambres de commerce, les chambres d'industrie. Enfin, faire croire un quart de seconde que c'est parce qu'on ne sait pas s'il sera habile cet après-midi, qu'il n'y aura pas avec des défaillances. Mais malheureusement, c'est triste des faillances. C'est des entreprises qui ne vont pas très très bien depuis un certain temps, qui doivent rembourser le DPG, etc. Il n'y a pas d'instantanéité, évidemment. Moi, j'attends trois choses simples. D'abord, un chef et de la clarté. Un cap pour notre pays.
J'attends deuxièmement le démirage immédiat de la réflexion avec toutes les forces politiques qui en sont d'accord. Avec les maires et les éleuquos, qui en sont d'accord. Moi, depuis... Je suis venu chez vous il y a un mois. Depuis un mois, j'ai vu la plupart des organisations syndicales au plus haut niveau, les organisations patronales. L'autre jour, j'étais à Toulouse...
Vous avez lancé, en quelque sorte, un appel.
Bien un mois.
Un appel, précisément, pour que les Français, les politiques, mais aussi le tissu associatif local se ressaisissent. Avez-vous le sentiment que depuis, vous avez été entendu ?
Oui, oui. C'est moins qu'on puisse dire. L'autre jour, je vais à Toulouse, où il y avait 2000 personnes. Vous savez, les intercommunalités de France. C'est-à-dire les 600 000 élus qui sont l'armature républicaine de l'autre pays. C'est ceux qui font tous les jours. Je suis venu expliquer ce que je vous ai expliqué ici. Il y avait des gens, des petits, des grands, des chauves, des chevelus, de gouffres, de droits, de ça, debout, 100% d'applaudissements et me disant, on commence quand ? On ne peut pas, sur les deux, trois grands sujets, tout de suite la réorganisation du pays. Ça va évidemment libérer. Et il y aura un débat. L'Union 7, ça fait pour la jeunesse.
Vous estimez même que la désorganisation administrative de notre pays nous coûte en moyenne 150 milliards d'euros.
Alors, Bercy va discuter des chiffres. Quand le CDE dit que ça coûte, il s'appelle ça la bureaucratisation française, peu importe, nous coûte 90, peu importe, même si c'était 50, mais qu'en même temps, on répond aux questions, les gens savent comment ça marche, la confiance revient. Donc, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'il faut supprimer des étages du millefeuille ?
Mais il faut tout rebâter. Attendez, on est parti d'un truc centralisé et on a dérivé, dérivé. En croyant bien faire, on n'est pas allé au bout. Nous sommes la pire organisation. Nous sommes des hybrides. On n'est ni un État fédéral comme la Suisse, comme l'Espagne, comme l'Italie, comme l'Allemagne. Ce n'est pas un gros mot. Mais fédéralisme, ça ne veut pas dire moins d'État. Ça veut dire l'État, il ne s'occupe que de ce que la nation lui a confié, l'avenir, la sécurité.
Qui s'en occuperait mieux ?
Évidemment, s'ils sont concentrés. Et puis, je veux dire un deuxième, cette espèce de bordel général où c'est une fille du Trésor qui dit qu'on doit faire de logements en France. Ça vous explique pourquoi on ne se réforme pas ? Parce que si on a juste un seul rendez-vous, tous les cinq ans, juste pour quelqu'un, une personne, dans une machine aussi complexe, qui est embolisée, on ne peut pas réformer. Ça veut dire, par exemple,
qu'on supprime le ministère du Logement et on met des directions de logements régionales ? Non, non. Des patrons du logement régionaux ?
Non, non. Prenons cet exemple du logement. Oui, la politique du logement, elle sera définie par le Parlement de la Réunion, le Parlement d'Alsace, le Parlement de Savoie, le Parlement de Bretagne, qui va définir sa stratégie, qui va définir ses règles. Il y aura un exécutif qui va appliquer les règles du Parlement. Je vous assure que confier aux Alsaciens l'avenir des nids ou de l'accueil des mamans, ça va beaucoup mieux marcher. Et je le dis d'autant plus qu'il y avait jusqu'à présent une magnifique ministre du Logement. Donc, ce n'est pas ça la question. Non. On s'est habitués à la folie de notre désorganisation.
C'est de comité de pilotage, en comité de suivi, de réunion de coordination, en reporting, de reporting en contrôle, de contrôle en inspection. Je veux dire, la machine ne fonctionne plus. Vous savez, moi, je me souviens, j'étais à la radio, j'écoute le Pouch à Moscou. Quelques années. L'armée, encerclée, très bien. Tout de suite, je prends l'avion, j'arrive, je prends le taxi, je lui dis, vous pouvez m'en aller à la Maison Blanche, c'est le nom du Parlement. Il me dit oui. Je lui dis, alors, on en est. Il me dit, le Pouch raté. Pourquoi ? Parce qu'ici, monsieur, rien ne marche. En fait, Pouch, oui. Moi, je pense qu'on est quasiment à un moment d'une perestroïka.
On est à un moment où, c'est pour ça que je suis plein d'espoir.
Ça veut dire quoi, une perestroïka ? Ça veut dire que vous vous dites, on est tellement au bord du gouffre qu'on ne va pas continuer ainsi. Ou alors, si on prend l'exemple toujours de la piscine, on est presque au fond et donc, on va enfin taper du talon et réorganiser. On n'a plus le choix.
Madame, on ne peut pas à la fois avoir des génies dans ce pays, saclés avec des médailles fils, avec des boîtes. Un prix Nobel. Un prix Nobel, Philippe Aguillon, après Madame Duflo. Enfin, je veux dire, on ne peut pas voir ça. Et être dans cet état de déliquescence de ce qui fait nation, de ce qui fait nation. Mais ça voudrait dire que ceux qui exercent
le pouvoir accepteraient eux-mêmes de s'en dessaisir. Pensez-vous qu'ils en auront
le courage ? Mais c'est les Français qui vont leur demander. Et il faut le faire maintenant. Il y a urgence. On ne va pas, Madame, attendre cette espèce de gris-gris, sacrée, qui est la présidentielle dans 18 mois. Et d'ici là, on va arriver. Il faut 18 mois utiles. Et parce que sinon, ça va être le meilleur à la télé qui va gagner. Très bien. Le temps qu'ils mettent ses équipes, qu'ils débattent avec les Français, avec un vrai mandat, et qu'on prenne les dispositions. il va se passer 3-4 ans. Est-ce qu'on peut tenir 4 ans avec le nombre de mineurs isolés, avec le nombre de gamins ? Non, mais je veux dire, ça n'a pas de sens.
Donc, le chef de gouvernement, c'est le chef de gouvernement légitime de notre pays. Très bien. Il faut qu'il enclenche tout de suite une proposition de loi constitutionnelle, enfin, peu importe, pour réorganiser le pays. Deuxièmement, l'Union sacrée pour la jeunesse de France. Entre-temps, moi, j'ai revu le patronat, les syndicats, les chambres de compétences. Tout le monde est prêt. Ce qui est fou, c'est que tout le monde est prêt. Moi, je me promène. C'est très, très étonnant. Vous savez, les gens, ils ne m'attendent pas. Borloo, ils s'en foutent. Ils ont raison. Mais je pense que ce que je dis, c'est à peu près raisonnable.
Et troisièmement, je demande est-ce qu'il y ait une position très claire et très ferme sur le Mercosur. Et je pense qu'il est nécessaire qu'on regarde à nouveau le livre blanc de la défense. Parce que ne pas tenir compte de ce qu'on apprend de la guerre en Ukraine en matière de défense, peut-être qu'il ne faut rien changer. Mais ça mérite en tous les cas que ça soit à nouveau regardé.
Arrêtons-nous un instant sur le Mercosur et sur le livre blanc de la défense. Sur le Mercosur, il faut suspendre, il faut avancer, il faut faire quoi ?
Il faut fédérer tous ceux qui considèrent que ce n'est pas une bonne idée. Je veux dire, il y en a un. En gros, tout le sud de l'Europe pense à ça, plus les Polonais, plus... Est-ce qu'on est...
Et donc, il faut freiner immédiatement ?
Mais bien sûr, il faut en tous les cas que le Premier ministre s'engage cet après-Muni sans le Mercosur. Ça, c'est sûr. Il n'y a pas de doute. Il faut que ce soit
un grand discours. On a encore les moyens de stopper l'Europe là-dessus ?
Écoutez, moi, je ne suis pas dans les négociations internes, donc je me garderais bien de faire le malin. Mais oui, évidemment, tant que ce n'est pas fait. Vous savez, une minute avant Hiroshima, il n'y a pas Hiroshima. Donc, voilà.
Donc, vous demandez au Premier ministre de s'engager sur ce Mercosur. Vous parlez aussi du libre-blanc de la défense. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut être encore plus ambitieux sur l'investissement sur la défense ? Non, non.
Je ne suis pas convaincu que la stratégie faire un porte-avions pour la stratégie française dans l'Indo-Pacifique, alors qu'on voit très bien que c'est les yeux, c'est l'espace, c'est les drones.
En tout cas, il faut la réadapter, cette défense.
Je pense. Être beaucoup plus agile. Évidemment, mais il faut en discuter avec les militaires, parce que c'est eux qui vont risquer leur repos.
Parce que pour l'instant, c'est qui qui en discute ? C'est quoi ? C'est Bercy ?
La direction des affaires militaires a un poids certain. Voilà. Mais je ne critique pas, ça a été fait très bien, ça a été voté très bien. Maintenant, est-ce qu'on peut juste, en voyant ce qui se passe, reposer tranquillement la question ?
Voilà. En tout cas, les urgences à vos yeux. Vous avez dit, ce bordel fédéral, je m'autorise à reprendre votre mot, parce que je pense qu'il parle pas mal aux Français. Ce n'est pas le bordel fédéral,
c'est le bordel.
Ce bordel de l'organisation, qu'est-ce qu'il faut immédiatement changer et avoir le courage peut-être de supprimer ? Parce que dire tout ça, c'est super, mais est-ce qu'à un moment, vous allez dire, ça on supprime, ça on supprime, et encore une fois, je le disais, est-ce qu'il y en a qui auront le courage de dire, ça veut dire, un certain nombre de postes qui vont sauter, qui vont devoir être remplacés, changés, concrètement, Jean-Louis Borloo ?
Concrètement, on se met sur un paperboard. On est 68 millions. Oui. Qu'est-ce que la partie publique, donc le service aux gens, c'est quoi nos priorités, et qui doit le faire ? Il faut partir positivement. Vous savez, il vaut mieux mettre une voiture qui ne va pas bien sur le marbre et la revoir complètement plutôt qu'essayer à la marge d'ajuster. Parce que c'est un sujet et ça marche pas. Je veux bien, Jean-Louis Borloo,
mais ça veut dire, aujourd'hui, on a rajouté des régions, des super régions, on n'a pas vraiment supprimé les autres.
Ah, des super régions.
On avait fait ça. Il y a eu les super régions, ce que j'appelle les super régions, les régions de François Hollande. Pour autant, on n'a pas supprimé les départements, on n'a pas supprimé les communes, on a rajouté des intercommunalités, mais les communes on peut existir encore. On fait quoi ? On fait quoi ? On supprime quoi ? On enlève quoi ? Quelles lignes on raye dans le tableau ?
Attends, madame, ce n'est pas qu'est-ce qu'on supprime, c'est qu'est-ce qu'on construit. On construit les provinces dans les limites historiques, culturelles, identitaires de nos provinces.
La question de l'identité, elle est importante pour vous. Mais bien sûr. Ce n'est pas une découpe administrative.
Non, l'identité. Dans ce monde où on circule à toutes les atouts, on est un peu paumé, on revient à des identités. C'est quoi ?
C'est la Bretagne ?
C'est le Maine ? C'est la Normandie, c'est la Savoie, c'est la Provence, c'est la Corse, c'est la Réunion, c'est la Martinique, c'est la Guyane, c'est la Guadeloupe, enfin les identités. Et là, on met des parlements. Et là, on dit, ben oui, vous savez, le parlement, c'est la représentation des peuples. Bon. Et ces peuples, ils vont s'occuper du logement, de l'écologie, ils vont s'occuper du soutien scolaire, ils vont faire en sorte que les gamins soient immédiatement détectés dès qu'ils vont mal ou qu'ils font du mal. C'est tout ce qui concerne les gens, la santé, l'orientation professionnelle, l'apprentissage des jeunes. Enfin, vous voyez, ça me paraît assez simple.
Ce qui est extraordinaire, c'est qu'on a l'impression que c'est une espèce de gris-gris. Mais pourquoi personne le fait ? Parce que il est très difficile de penser autrement que la façon dont on pense. Des gens qui ont été entre eux, de Sciences Po-Li à Sciences Po-Paris, qui se confondent dans leur propre réunion et de bonne foi, ils peuvent... Vous savez, quand Bertrand Piccard veut faire le tour du monde en avion sans fossile, il demande à des bureaux d'études de constructeurs aéronautiques de l'aider. Mais ce n'est pas possible, Bertrand. Il l'a fait avec un chantier naval. Parce que c'est très difficile de penser différemment.
Jean-Louis Borloo, je vous repose quand même la question. Vous ne vouliez pas le dire au début parce que vous aviez peur de ne pas être entendu sur le reste. Maintenant que ça a été le cas, est-ce que c'est possible pour vous, à vos yeux, de suspendre les retraites si ça peut être un accord politique ? Il faut quand même durer politiquement pour pouvoir faire des choses.
Madame, je ne vous répondrai pas parce que ce n'est pas mon boulot. Moi, je ne suis pas parlementaire. Moi, j'essaie de faire passer...
Les retraites, vous vous étiez prononcée à l'époque. Vous avez toujours considéré qu'il fallait à la fois les réformer, tenir compte de la démographie, mais en même temps tenir compte aussi de ceux qui ont commencé tôt, qui ont eu des carrières longues, qui ont eu des carrières pénibles. Est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui, vous estimez que ceux-là ont le droit à ce qu'on suspende en effet cette réforme qui leur apparaît injuste ?
Je veux bien vous parler des retraites. Mais je ne veux pas être dans le petit jeu à quatre heures d'un vote où la question de vous poser, ça ne va pas être est-ce qu'on va à une retraite par répartition ? Est-ce qu'on supprime la mesure d'âge pour faire la mesure de durée de cotisation ? Vous comprenez bien que l'enjeu-là, ce n'est pas la retraite, c'est est-ce qu'il y aura suffisamment d'habileté ou pas pour qu'on puisse continuer à tenir jusqu'une élection présidentielle qui a même ne rien réveillé. Et c'est exactement
ce qui vous agace, et c'est exactement ce qui vous désespère, c'est cette habileté, cette recherche d'habileté.
Oui, mais je pense qu'il ne faut plus avoir d'habileté là.
Vous auriez aimé en vrai être Premier ministre ?
Mais non, moi ce que je souhaite c'est qu'on prenne les 2-3 mesures essentielles pour notre pays.
Vous auriez aimé pouvoir les prendre ces 2-3 mesures.
Mais c'est marrant ça, vous vous projetez sur moi mais ce n'est pas mon sujet. Si la question avait été posée, ça aurait été sous réserve qu'il y ait un chemin immédiat qu'on réunisse l'ensemble des Français dans les 3 mois pour rebâtir la France, lui redonner confiance, lui redonner du souffle, sortir de cette société, de la suspicion, de l'agacement, de la violence, de l'incompréhension, les comités de tartement, ce n'est plus possible. Oui, alors, quel que soit le moyen, comme tiers de confiance, comme animateur, comme perturbateur, comme trouble faite, peu importe comment, moi de toute façon, je vais y consacrer.
Moi, je suis en pleine forme, je ne vais pas ménager mes efforts pour y arriver.
Et vous l'avez fait ce matin. Merci Jean-Louis Borloo d'avoir répondu à mes questions sur RMC et BFM TV. Il est 8h47.
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Jean-Louis Borloo