Gagner plus pour profiter moins : le travail revient-il à la mode en France ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le grand matin Sud Radio, la vérité [musique] en face. Maxime Liedot. 0826 300 300 alors qu'il est 9h35 sur Sud Radio.
On va poursuivre la discussion qu'on était en train d'avoir avec vous amis auditeurs sur cette tendance en France qui se généralise visiblement. On préfère sacrifier un tout petit peu son temps libre pour travailler plus et qui dit travailler plus dit gagner plus. Est-ce que c'est ça aussi votre volonté amis ?
Venez témoigner, venez réagir. Est-ce que ? C'est le travail qui revient à la mode peut-être sans doute. 0826 300 300.
On va en discuter avec Bertrand Martinot. Bonjour. Bonjour.
Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes expert associé à l'Institut Montaigne et auteur de ce livre "J'ai cotisé, j'ai le droit, mensonges et vérités sur les retraites". D'ailleurs peut-être que ce sujet qu'on va aborder est intimement lié aux retraites.
On aura l'occasion d'en discuter et dans un instant sur ce studio, on aura Axel Person qui est le secrétaire général du syndicat CGT de Trappes et Rambouillet. On va donc opposer deux deux points de vue économiques. On va peut-être commencer avec vous mon cher Bertrand Martinot, c'est-à-dire on va poser aujourd'hui les bases.
Est-ce que il est normal d'assister le plus haut niveau depuis 2008 à une volonté des Français de travailler plus pour gagner plus et donc derrière ben de profiter un peu ? Ben ce qui est objectif, c'est que les les salaires progressent très peu depuis depuis maintenant pas mal d'années. Euh bon les bas salaires ont été à peu près maintenus grâce ben grâce au SMIC, grâce à l'indexation du SMIC sur les sur les prix [grognement] donc ça limite les baisses de pouvoir d'achat mais au niveau des salaires moyens, au niveau des classes moyennes, au niveau on va dire des ouvriers, employés qualifiés, des cadres évidemment, les salaires stagnent en fait en en réel, c'est-à-dire quand on corrige de l'inflation depuis un certain nombre d'années.
Euh par [grognement] ailleurs les dépenses un peu ce qu'on appelle les dépenses contraintes, c'est-à-dire tout ce qui est les loyers, l'assurance voiture, la nourriture, l'essence. Exactement, augmentent. Euh il a été dit tout à l'heure et c'est vrai que les prix du logement effectivement ont explosé aussi ces 20 dernières années.
Ce qui fait qu'aujourd'hui ben pour pour avoir un [grognement] 100 m² dans la région parisienne, il faut 20 ans euh 20 ans de l'intégralité d'un salaire moyen pour se le pour se le payer. Hmm. Et ce qui est intéressant aussi, on va discuter et on va en discuter avec vous au standard au 0826 300 300, c'est que on a l'impression que ça vient contrecarrer presque un discours qui avait été très à la mode après le Covid en disant "Non non, ça y est là, ça a marqué un pas, les Français ont désormais une autre approche du travail." On a considéré ça de manière un peu trop biaisée.
Ah totalement, on a parlé à l'époque de grande démission, tout le monde démissionnait, personne voulait aller travailler, tout le monde voulait aller les élever des chèvres dans le Larzac. En fait, c'est pas du tout ce qui s'est passé. Effectivement, il y a eu beaucoup de mouvements sur marché du travail, il y a eu beaucoup de démissions, mais c'était pas pour pour des loisirs.
En fait, c'était pour changer de métier tout simplement parce qu'il y avait des opportunités à ce moment-là, pour gagner plus justement, pour avoir un métier plus intéressant, plus près de chez soi. Donc, il y a eu une grande rotation, on va dire, sur le marché du travail, mais c'est les gens ne n'ont pas fui devant le travail. Et ce terme de grande démission, et cetera, était si je peux me permettre un peu un journalistique, mais ça correspondait pas aux statistiques.
Journalistique dans le mauvais sens du terme. Oui oui, [rires] dans le sens, on va dire, un peu mauvais commentateur de de ces questions-là. exactement, on voulait faire du du buzz, on va dire, mais c'est pas ce qui s'est passé concrètement.
Et il y a il y a aussi un autre sujet, on l'entendait tout à l'heure avec nos auditeurs au 0826 300 300, c'est certains qui disaient "Mais en fait, plus on est jeune maintenant en réalité dans le dans le dans le monde du travail, plus on a conscience peut-être de certaines difficultés qu'on va rencontrer à l'avenir." Je sais que vous êtes un des un des spécialistes de la question des retraites en France, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est en capacité aujourd'hui même à 30 ans de se dire "OK, là, je vais vraiment me concentrer sur mon travail parce que je prépare déjà la retraite de demain." Oui, alors il y a une légère majorité de de jeunes Français, donc de moins de 25 ans, qui pensent, alors probablement à tort, qu'ils n'auront carrément pas de retraite.
Et puis une encore plus grande Enfin et puis une grosse minorité plutôt qui disent qu'ils auront une retraite, mais une retraite qui ne sera pas suffisante pour avoir une vieillesse décente. C'est probablement eux qui ont raison, c'est-à-dire qu'effectivement, il y aura dans 30-40 ans, il y aura toujours un système de retraite à priori, puis par répartition, mais euh ça risque de plus en plus d'être la portion congrue, et ils n'auront pas du tout les niveaux de pension qu'ont aujourd'hui leurs parents qui sont aujourd'hui à la retraite. Et donc évidemment euh bah ils ont tendance à épargner euh dès maintenant, ça s'appelle d'ailleurs la capitalisation, et ce qui est quelque chose de très populaire en fait.
Et un sujet qui vous tient à cœur, Philippe Pliquet. Oui, entre autres, oui, oui. [rires] 0 826 300 je vous propose de dialoguer euh avec avec Richard.
Bonjour Richard. Bonjour à tous. Merci beaucoup d'être avec nous, mon cher Richard.
Comment vous regardez le le dialogue qui nous anime depuis presque une heure maintenant, à savoir est-ce que tout d'un coup oui, c'est vrai, les Français renouent avec le ? Est-ce que ça veut dire que le slogan d'une certaine campagne en cours de façon silencieuse, ce serait ? Travailler plus pour gagner plus, mais profiter ?
Ouais, tout à fait, mais moi je suis avec des des jeunes, je suis dans l'éducation, et euh même si je vais être à la retraite, je fais du bénévolat, parce que ça va être difficile dans le système associatif, il faut trouver des des personnes qui font du bénévolat, c'est surtout les retraités qui assurent le fonctionnement de ces associations, principalement sportives. Et c'est vrai que moi je vois, ce qui m'inquiète, c'est des des personnes comme Sandrine Rousseau qui moi je la vois très bien dans dans quelques temps, peut-être assez assez proche d'ailleurs, euh de sur des nouvelles manifestations y aura pas mal de gens, des jeunes principalement, qui veulent profiter de la vie, OK, on veut des sous sans travailler, on veut des sous sans travailler. Vous faites vous faites vachement bien le manifestant, Richard.
Pas pas mal suivie, qu'elle soit pas mal suivie, oui. Et ça c'est grave, c'est très grave, parce [raclement de gorge] que Oui, c'est c'est c'est le paradoxe français, et tout à l'heure on le disait, je je je salue Axel Person qui vient de nous rejoindre. Bonjour.
Bonjour. Prenez le temps, tout va bien en cette période de canicule, de prendre un verre d'eau, qui plus est, après les débats chauds et pendant les débats chauds qu'on a ici sur Sud Radio. Vous êtes le secrétaire général du syndicat CGT de Trappes et Rambouillet.
On on on se pose cette question, tout d'un coup une enfin une étude vient de sortir, on se rend compte que les Français veulent travailler plus pour gagner plus quitte à profiter moins parce que l'argent devient un tout petit peu plus important. Bertrand Martino à l'instant nous nous expliquer à quel point oui, c'est vrai que il y avait ce mouvement et Richard vient de nous dire mais il y a aussi cette idée que tout d'un coup il y a un renversement des valeurs peut-être en France ceux qui bénéficiaient d'un certain système social parfois très protecteur se rendent compte finalement que ça va changer. Est-ce que ça ça peut ?
Bertrand Martino. Oui, bah il y a le sentiment euh [rires] de dans toute la population et en particulier chez les jeunes que le modèle social est en grande difficulté financière pour des raisons qu'on pourrait sur lesquelles on pourrait débattre évidemment. Et donc euh donc il y a une inquiétude par rapport à l'avenir.
Donc il y a beaucoup d'épargne. Euh donc il y a toutes ces polémiques autour des des retraites puisque les jeunes effectivement comme je disais ont le sentiment qu'ils sont un peu les les dindons de la farce si je peux me permettre, c'est-à-dire qu'ils n'auront pas le niveau de retraite de leurs parents. Et donc cette inquiétude diffuse bah génère évidemment du mécontentement et euh et explique aussi pourquoi dans tous les sondages, mais c'est pas du tout niveau j'ai de nouveau je rappelle que le slogan travailler pour plus pour gagner plus Ah oui. c'était 2007.
Donc c'est quand même pas c'était déjà il y a pas mal d'années. Et ça déjà à l'époque, il y avait un problème de pouvoir d'achat, il y avait un problème de niveau des salaires et donc une façon de s'en sortir effectivement comme quand même une grande majorité de de salariés sont payés à l'heure, bah si vous travaillez plus évidemment, vous gagnez plus. alors c'est le cas on vous a pas entendu encore sur ce sujet.
Comment vous vous observez vous en tant que secrétaire général du syndicat CGT de Trappes et ? Cheminots d'abord. Cheminots oui évidemment, pardonnez-moi.
Important toujours de de préciser la l'origine cheminots de la revendication sociale. Comment vous regardez justement cette majorité de Français désormais qui disent bon bah je préfère avoir un peu moins de temps libre, travailler plus et gagner plus. Est-ce que ?
C'est le travail qui revient à la mode en ? Après je pense que le travail n'est n'est jamais passé de mode dans la mesure où 90 % de la population de façon on n'a que son travail pour vivre, payer son loyer, payer ses factures. Donc de ce point de vue-là, ce n'est pas question d'une mode mais c'est une question de nécessité absolue.
En revanche sur la question des du niveau des salaires, en effet euh la majorité des salariés, quelle que soit leur qualification, considère, et nous le pensons à juste titre, que leur salaire est insuffisant pour une bonne partie, ne serait-ce que pour vivre, et pour une autre partie, même s'ils peuvent en vivre, ne reflète pas suffisamment les qualifications et l'expérience ou les compétences acquises. Mais cela tient à un fait assez simple, hein. Depuis les années 80, la part des salaires dans la valeur dans la valeur ajoutée dans ce pays a diminué de presque 7 à 10 points.
Et tout simplement par un mécanisme assez simple, hein, qui est pour vulgariser, c'est que les poches des plus riches, des propriétaires d'entreprises, des grandes banques, des grandes assurances, et cetera, se remplissent en vidant les nôtres, par des mécanismes bien connus, c'est-à-dire on attaque on fait baisser les cotisations patronales tout en augmentant les prélèvements et les cotisations salariales, on s'attaque évidemment aux salaires en les bloquant et en les faisant évoluer à un rythme inférieur à l'augmentation de la productivité, ou tout simplement en les bloquant à un niveau inférieur à l'inflation, ce qui fait perdre mécaniquement la valeur de nos salaires, et ce qui permet d'enrichir les gens qui vivent de notre travail. Et ça, c'est évidemment le fond de le fondement de l'antagonisme entre salariés et patronat, et c'est en ce quoi, en tant que militant ouvrier, on s'attelle à combattre et mener les ce combat du point de vue de nos intérêts. Bien sûr.
Axel Person, secrétaire général du syndicat CGT de Trappes et Rambouillet, branche cheminots, vous l'avez précisé tout à l'heure. Et Bertrand Martino, expert associé à l'Institut Montaigne, auteur de J'ai cotisé, j'y ai le droit, mensonges et vérités sur les retraites. Ça tombe bien, on va poursuivre le débat.
Vous avez fait une entrée fracassante, je crois qu'on va faire avoir quelques désaccords ici, et on continue d'en parler avec vous en studio. 0 826 300 300. À tout de suite sur Sud Radio.
Maxime [musique] Liedot. 0 826 300 300. Alors qu'il est 9h47 sur Sud Radio, on poursuit notre conversation, notre débat sur votre pouvoir d'achat, sur votre rapport au travail, amis auditeurs.
Et vous pouvez d'ailleurs participer à cette conversation au 0 826 300 300. On en discute avec Axel Person, secrétaire général du syndicat CGT cheminots de Trappes et Rambouillet, et avec Bertrand Martino, expert associé à l'Institut Montaigne, auteur de J'ai cotisé, j'y ai le droit, mensonges et vérités sur les retraites. Vous, est-ce que de votre côté aussi, Axel Person, vous vous vous disiez à l'instant que l'augmentation du temps de travail n'était pas que du plaisir, mais en réalité quelque chose de l'ordre de la nécessité pour pas dire que certains mais doivent se contenter de survivre avec le salaire qu'ils ont.
Est-ce que vous comprenez aussi toute cette génération, tout ce mouvement qui vient nous expliquer qu'en réalité le but c'est aussi parce que c'est le sens de l'histoire disent-ils de travailler beaucoup ? Alors le sens de l'histoire oui c'est de manière incontestable c'est le sens de l'histoire puisque le temps de travail a diminué depuis le 19e siècle sous notamment l'effet du mouvement ouvrier qui a abouti à une réduction du temps de travail significative depuis le début du siècle. En revanche la diminution du temps de travail n'a pas empêché et c'est deux choses décorrélées l'augmentation phénoménale de la productivité horaire au travail.
Ça c'est deux choses différentes puisque aujourd'hui même avec un temps de travail hebdomadaire inférieur au début du 19e au début du 19e siècle la productivité horaire par salarié est beaucoup plus élevée. Et d'ailleurs moi je ça peut se vérifier dans toutes les entreprises mais y compris moi où je travaille à la SNCF j'ai la chance entre guillemets de travailler sur deux types de matériel un qui est des années 70 et un qui a été produit en 2015. Oui j'imagine qu'on doit avoir la la différence quand Mais voilà les méthodes de travail les méthodes de travail qui qui prévalent sur le matériel qui roule encore le matériel Corail notamment nécessitent beaucoup plus de personnel que le matériel moderne où moi on m'a attribué les tâches de presque quatre ou six opérateurs mais je vous rassure on ne m'a pas augmenté mon salaire de quatre à six fois pour autant.
Et donc et en revanche oui le taux de profitabilité de l'activité a augmenté significativement et pourtant ça s'est pas traduit par une augmentation significative du montant des retraites, de l'amélioration des prestations en matière de retraite ni même en terme de salaire c'est sans commune mesure avec l'augmentation de la productivité. Et en revanche oui il y a des gens qui se sont enrichis mais là en l'occurrence c'est l'actionnaire qui est l'actionnaire État de l'entreprise mais ça se vérifie dans les autres entreprises où c'est ce même phénomène qui est à l'œuvre partout hein. Comme je disais avant Je vois Bertrand Martino qui prend quelques notes et qui vous regarde avec avec on va dire des des yeux circonspects.
Je vous propose simplement messieurs qu'on qu'on aille justement interroger Jean-Luc qui est avec nous au 0800 26 300 300. Bonjour Jean-Luc. Oui bonjour.
Vous vous faites partie de de de ces personnes mon cher Jean-Luc qui ont fait un choix et qui ont décidé peut-être de réduire un peu leur temps de travail. ? Pour profiter de la vie davantage.
Je peux le dire comme ? Oui. Oui oui, tout à fait.
Mais en fait, je pense que votre sondage serait intéressant de le ramener à des tranches d'âge. Bon, moi aujourd'hui, je suis à la retraite, j'ai 65 ans, mais à 57 ans, je fais partie du service public, hein. On parlait des cheminots, moi c'était la Poste.
Et donc, j'ai pris un dispositif qui s'appelle le TPAS. Et donc, j'ai fait un choix de diminuer mon salaire et de partir avec 70 % de de mes revenus jusqu'à l'âge légal de la retraite, hein. Et donc, mon épouse m'a dit "Ben vas-y, hein." Euh, on mangera un peu plus de patates. si madame a dit Jean-Luc, il faut écouter dans ce cas-là.
Ah oui oui oui oui. Elle me dit "Vas-y, on mangera Au lieu de manger une fois des patates par semaine, on en mangera trois fois." Sauf que c'était au temps où les patates n'étaient pas chères.
Et donc, euh, voilà. Par contre, je vraiment je mets sur Jean-Fo il y a deux choses, deux préambules. Votre auditeur là qui parlait que les gens qui prenaient du télétravail, c'étaient des des des fainéants.
Donc, ben je lui souhaite pas d'avoir un problème de santé. Hmm. Et puis euh le leader syndical de la CGT, bon, c'est bien joli, mais on s'éloigne un petit peu du débat.
Donc, moi je pense que aujourd'hui euh moi j'ai quitté l'entreprise parce que je voulais je l'aimais plus. Et que et que en fait, on fait des choix euh concernant la qualité de la vie parce qu'on se retrouve plus au travail. Voilà.
Non, et c'est c'est c'est non pas une inversion des valeurs, mais un véritable choix de société qu'on voit en plus euh je veux dire infiltrer énormément de catégories professionnelles dans la dans la société. Comment vous réagissez à ce que disait Axel Bersault, mon cher Bertrand Martino, et à ce que vient de dire Jean-Luc à l'instant sur sur ce choix qui ben bah a été [raclement de gorge] a été fait et qui traduit finalement une volonté de de de s'accorder beaucoup plus de temps libre que de temps au ? Alors, deux choses, c'est deux choses tout à fait différentes.
Euh, je partage tout à fait ce qui a été dit par Axel Bersault sur euh le fait que la productivité a énormément augmenté et c'est ça qui permet la diminution du temps de travail. Historiquement, c'est bien ça. Si on regarde sur le très long terme, c'est-à-dire enfin on va dire depuis la la libération depuis 1945, en gros en gros, les 1/3 des gains de productivité qui ont été faits ont été alloués au loisir, enfin diminution du temps de travail, et 2/3 en augmentation des salaires.
Le problème, c'est que ce que vous dites aujourd'hui n'est plus vrai, je suis désolé, depuis quasiment une trentaine d'années, c'est-à-dire que dans tous les pays en particulier européens, c'est un peu moins vrai aux États-Unis, on pourrait y revenir. Euh la productivité a ralenti considérablement depuis à peu près le milieu des années 90. Probablement les historiens dans de du futur diront qu'il s'est passé quelque chose en Europe à la fin des années 90, on a commencé à décrocher, on a raté le en partie le virage numérique et on a commencé à décrocher par rapport à d'autres pays, je parle même pas de la Chine évidemment qui a qui a décollé.
Et donc la productivité a énormément ralenti. Donc d'une certaine manière, le gâteau à se répartir et ben en fait, il croît de moins en moins vite. Et quand vous parlez des surprofits, des superprofits et cetera, ce sont généralement des grandes entreprises mondiales qui font une grande partie de leurs profits ailleurs, mais si vous regardez le tissu économique français de TPE, PME, euh en fait, les profits sont pas si importants et contrairement à ce que vous dites, je suis désolé, c'est les chiffres de l'INSEE, la la part des salaires dans la valeur ajoutée produite en France, j'insiste, Hmm. et pas qui part aux États-Unis ou ailleurs, et ben en fait, cette part des salaires est constante en fait sur longue période, contrairement à ce qui se passe aux États-Unis où effectivement la part des salaires s'est littéralement effondrée.
Enfin effondrée, a perdu cinq ou six points, ce qui est ce qui est ça n'a pas été le cas en France, notamment parce qu'on a des systèmes protecteurs comme le SMIC qui empêchent les salaires de descendre. Donc voilà, donc on parle voilà, on peut pas dire que les en fait, c'est c'est l'économie qui croît, c'est nous qui avons en partie décroché, on s'est désindustrialisé et ça c'est un énorme problème parce que c'est quand même l'industrie qui tire l'économie et qui fait de l'innovation le plus d'innovation et qui tire les salaires vers le haut. Donc il y a tout un tas de de de de raisons qui font que les salaires ralentissent, mais globalement, c'est l'ensemble de l'économie qui a ralenti, c'est pas simplement les salaires, malheureusement.
Axel Person, réponse et après on ira chercher Michel qui est avec nous aussi au 0800 26 300 300 qui veut nous partager cette expérience. Il sera d'une certaine manière l'arbitre, ça permettra de conclure notre conversation Axel Persson. Mais sur pour le coup on le conteste hein, les les les chiffres sur la la part des la part des salaires dans la valeur ajoutée puisque si on regarde depuis les années 80, après il y a des variations un peu les c'est pas linéaire c'est pas linéaire.
Mais on regarde la tendance lourde depuis les années 80, oui il est incontestable que la part des salaires dans la valeur ajoutée c'est d'ailleurs pour le coup c'est c'est ça qui m'étonne c'est les statistiques que des mêmes instituts qu'on regarde depuis les années 80 voire les années 70 pour le coup elle est plus faible aujourd'hui. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui que on travaille plus en terme de productivité mais il y a plus de ces richesses que nous créons nous seuls les travailleuses et les travailleurs hein puisque c'est que nous qui les créons de plus en plus de cette part est accaparée par justement ceux qui sont détenteurs du capital dans les entreprises alors soit sous la forme d'actions soit parce que c'est les familles qui possèdent l'entreprise peu importe mais d'ailleurs ça se vérifie c'est-à-dire que les 500 plus grandes fortunes quand on mesure leur patrimoine qui y accumule à la fois les actions, les revenus directs, tout ce qu'on veut a augmenté de 6,6 fois depuis 2002. En revanche, c'est pas le cas des salaires depuis 2002.
Et ce fondement-là, cet antagonisme-là, c'est ce que nous tout simplement on appelle de manière assez classique ben l'antagonisme de classe, la lutte des classes entre le salariat et le patronat et nous ce qu'on dit aujourd'hui à tous les auditeurs qui nous écoutent qui sont des travailleurs c'est que nous on mène la lutte historique du moment ouvrier qui est la réduction du temps de travail, l'augmentation de la part des richesses qui est allouée à nos salaires, à nos loisirs, à notre droit à l'existence dans la dignité et que évidemment on se trouve en face de nous des gens qui ont des intérêts tout à fait contraires qui est d'accaparer encore plus de cette part de travail à leur bénéfice alors que c'est pas eux qui l'a créé. Ce sera je le crains messieurs un débat qu'on aura l'occasion d'avoir encore et encore dans les prochains mois c'est-à-dire je le crois dans une période très politique puisqu'on murmure dans l'oreillette que apparemment il y a une élection présidentielle, je ne savais pas il y a tellement peu de candidats que on y avait pas pensé. Merci beaucoup Axel Persson d'avoir été avec nous et bon courage donc pour la reprise du travail dans des conditions qu'on sait difficiles, secrétaire général du syndicat CGT CGT de Trappes et Rambouillet donc cheminot bien sûr.
Belle journée camarade comme on dit selon la selon la bonne réflexion et merci beaucoup Bertrand Martinot d'avoir été avec nous expert associé à l'Institut Montaigne, auteur si on veut se faire une idée de j'ai cotisé et j'y ai le droit, mensonges et vérités sur les retraites. Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin. 0826 300 300, ça vous avez été très nombreux à nous appeler bien sûr pour cela mais vous pouviez jouer aussi sur Sud Radio, il vous suffisait d'envoyer un mot Sud par SMS 7 20 18 et vous pouviez remporter vos places de cinéma qui plus est pour le film Toy Story 5.
Les cinémas UGC et Sud Radio tiens plus qu'il fait chaud, mettez-vous au frais au cinéma et en plus le 21 juin si vous avez des enfants, sauf si vous êtes un adulte passionné de Toy Story, c'est rare mais ça peut arriver, eh bien il y a une matinée exceptionnelle pensée pour les familles avec animation et activités proposées aux enfants avant la projection du film. Je félicite donc Carole Dugar qui va pouvoir voir toute la bande de Toy Story sur grand écran au frais avec ses enfants. C'est l'UGC et Sud Radio qui vous offre ça. 9h56, elle a débarqué avec une élégance folle dans ce studio.
Bonjour. Oui mais Bonjour Valérie Expert. Si je vous dis gifler, fesser, tirer les cheveux, mordre, étrangler, bâillonner, la sexualité dite trash se banalise selon une étude Ifop, je sais qu'elle vous a beaucoup intéressé cette étude. [rires] Euh on va en parler avec Brigitte Lahaie, on va voir s'il y a effectivement une évolution euh dans la sexualité des Français.
Et est-ce ? Est-ce que c'est une question de ? On a eu un peu le débat cette semaine et puis à 11h on reviendra sur la mort de Coluche.
Dites-nous ce que Coluche évoquait pour vous il y a 40 ans, on apprenait sa mort sur une route du sud de la France. Bardella est-il ? Et puis Iran USA, Emmanuel Macron reste prudent, l'accord doit être débattu un petit peu plus tard.
Donc tous ces sujets avec vous à 11h. Et bien sûr pour participer à la conversation 0826 300 300, mettez-vous d'accord 10h-midi. De mon côté, j'ai le plaisir bien sûr de vous retrouver demain dès 6h.
Très belle matinée sur Sud Radio.
Xavier Bertrand