"Me faire hospitaliser, c'est le plus beau cadeau que j'ai pu me faire"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
dépression. Non, c'est c'est un mot qui ne devrait pas faire peur. Comment elle s'est manifesté chez vous ?
Comment c'est arrivé ? D'un coup, mais d'un coup après des années et des années de déni surtout quand on fait un métier comme le mien qui consiste à faire rire et puis je suis quand même quelqu'un d'assez jovial et joyeux au quotidien. L'un n'empêche pas l'autre.
Mais à force de mettre la poussière sous le tapis, arrive le jour où oui, je me suis un peu effondré intérieurement et je sentais que je n'y arrivais plus et comme je suis quelqu'un d'assez enfin d'extrêmement sensible avec tout ce que ça peut comporter, je sentais le moment où les fils se touchaient et qu'il était temps de se prendre en main. Et je crois que vous avez demandé à être hospitalisé. C'est venu de vous, c'est vous qui avez fait cette demande ce qui est très courageux. parce que j'avais déjà suivi des séances de psy, les été accompagné et euh je pensais que ça allait mieux puis je me suis rendu compte que non et donc je me suis dit là je je je me sens démuni, mes proches n'y arrivent pas non plus donc je vais tenter on verra bien ce que ça ce que ça donne et je dis souvent que c'est la plus beau cadeau que j'ai pu me faire.
On dit beaucoup que enfin c'est le cas, c'est factuel he la psychiatrie, c'est le parent pauvre de la médecine française, manque de moyens, manque de personnel. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez pu constater à l'occasion de ce séjour ou de manière générale ? pas à l'occasion de ce séjour, mais je pense que c'est un il y a au-delà de tout ça, il y a il y a beaucoup de non dit, il y a il y a encore des des des beaucoup de tabous qui entourent la la santé mentale parce que très vite on associe la la dépression ou les autres troubles à la folie et voilà, faut surtout pas en parler.
Mais même moi, avant d'être d'aller en clinique, je m'attendais à voir des gens complètement zinzin. Enfin, le cliché qu'on a des films et des séries qui marchent en parlant seul alors que pas du tout. Ah oui, vous aussi vous étiez plein d'a priori découvert des gens [raclement de gorge] mais qui ont sauté en 2 secondes.
Bah c'est des gens comme vous et moi de de toute catégorie socioprofessionnel et qui flanche et voilà qui eux d'eux-mêmes ou par leurs proches disent bon bah là on va se prendre en main parce que bon voilà on n'est pas là pour très longtemps autant que ça se passe du mieux possible. Et aujourd'hui ça va mieux maintenant que vous avez admis qu'il y avait voilà de temps en temps des moments où vous flanchiez. Est-ce que vous vous sentez prémuni d'un risque de rechute ou pas du tout ?
Vous vous êtes mis au sport je crois. Oui, on dit pas assez ça que le sport est aussi un bienfait extraordinaire quand on Mais il faut avoir d'autres d'autres choses surtout quand on fait un métier comme le mien qui est hyper chronophage. Moi mes seuls s de décompression c'était de dormir ou d'aller boire des coups avec mes potes.
Donc c'est c'est pas ça qui permet d'évacuer. Faut le sport évidemment le sport, la lecture enfin chacun trouve ce qui ce qui lui plaira. Mais c'est oui, c'est essentiel.
Et euh et aujourd'hui, je dirais pas que je suis euh enfin je disons que je suis mieux armé mais d'autant plus vigilant parce que je Mais pas à l'abri forcément non parce que je me dis pas "ça y est c'est bon, c'est réglé, tout est derrière moi." Si c'était si simple que ça
Xavier Bertrand