"MACRON EST UN COMPLOTISTE ISLAMOPHOBE" (LOUIS BOYARD)
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C'est maintenant l'entretien avec le député Louis Boyard et avec lui on va parler de la commission d'enquête parlementaire sur les violences à l'école. On apprend qu'un rapport sur stanis a été édulcoré. Pendant ce temps, le gouvernement relance la peur des frères musulmans.
Rotaillot prend la tête d'une droite en pleine dérive autoritaire et la gauche hésite encore à s'unir autour d'un candidat unique pour 2027. On va parler tout ça avec Louis Boyard. Bonjour.
Bonjour. C'est parti pour l'entretien. [Musique] La, je le disais, la commission d'enquête parlementaire sur les violences à l'école a terminé mercredi c'est 3 mois d'audition en entendant la ministre de l'éducation Ellisabeth Borne et des inspecteurs ayant enquêté sur Sanisla, cet établissement privé parisien catholique accusé de dérive homophobes et sexistes.
Et on apprend donc que deux inspectrices ont estimé que la lettre de synthèse accompagnant le rapport de cette enquête avait minimisé les faits. Avec ce rapport modifié et donc et notamment aussi avec l'affaire Betaram, on a un peu l'impression que l'État protège l'institution et pas forcément les victimes. C'est une constante dans ces affaires.
Est-ce que vous êtes d'accord ? Il faut comprendre ce qui se passe sur la question des écoles privées parce qu'il se passe à peu près la même chose que sur les aides publiques aux entreprises. On nous sommes incapables d'estimer combien d'argent public financent l'éducation privée.
Tout comme nous sommes incapables d'estimer combien d'argent publics financent les aides publiques aux entreprises. Nous sommes incapables d'imposer une une conditionnalité, c'est-à-dire c'est de l'argent public, donc on attend de vous quelque chose. Il y a pas de conditionnalité.
Et à ce qu'on voit à travers cette commission d'enquête, c'est que dès lors qu'on creuse un petit peu, on découvre que beaucoup de responsables politiques ont couvert euh des actes sexistes, des actes homophobes, euh ont couvert des violences, parfois euh pédocriminelles. Et euh à force de chercher, on en découvre jusqu'à des faits récents, l'inspectrice générale de l'éducation nationale qui était tout de même la numéro 2 aurait modifié secrètement la fin d'un rapport afin d'effacer les violences homophobes. Et donc c'est là qu'on voit tout un continuum et tout un problème qui se révèle au fur et à mesure de cette commission d'enquête, c'est-à-dire un flou total sur combien est-ce qu'on donne à l'éducation privée.
Deuxièmement, pas de conditionnalité, troisièmement, des faits, des dérives. Et quatrièmement, une classe politique qui a couvert ses faits, ses dérives pendant des années. C'est ça qu'on découvre à travers cette commission d'enquête.
Et dans le même temps, on apprend que l'ancien directeur donc de de cette école Stanislas, Daniel Chapelier est en procès là depuis mercredi pour agression sexuelle sur un élève de 14 ans et ça céit en 2021. Tout à fait. Et c'est là où on voit que il y a une et ça a été tout le problème.
Ça a été une forme d'omerta. On voit d'ailleurs dans les témoignages de d'une des inspectrices, elle explique que une personne a voulu témoigner mais qu'elle n'a pas voulu mettre son témoignage anonyme pour le protéger. Et donc c'est là où on voit une omerta aujourd'hui dans l'éducation privée.
Et cette omerta aujourd'hui, elle est alimentée par un premier ministre qui lors de son audition devant la commission d'enquête a menti, a dénigré la parole des victimes. Et donc c'est ça l'objectif de cette commission d'enquête, c'est d'établir les faits et de trouver ensuite des préconisations qui nous permettront de permettre une libération de la parole, un meilleur accueil de la parole. Et tout ça passe aussi par savoir qu'est-ce qu'on fait de cet argent public qui est donné à ces écoles qui parfois sont des écoles de luxe.
Stanislas est une école de luxe. Euh on ne peut pas avoir des écoles publiques dans lesquelles le plafond tombe sur la tête des élèves et dans lesquelles le moindre euro est conditionné et dans le même temps avoir des écoles privées dans lesquelles il se passe n'importe quoi couvert par des responsables politiques. Et c'est pour ça j'insiste vraiment euh c'est pour ça que c'est important les commissions d'enquête parlementaires.
J'ai vu ce matin la une du Figaro attaque les commissions parlementaires. Le travail qui est fait est un travail qui est transpartisan, un travail qui est important et donc heureusement qu'on a eu cette commission d'enquête. Euh justement, il y a une nouvelle inspection qui devrait avoir lieu à à Stanislas dans la semaine prochaine.
Est-ce que c'est suffisant ou est-ce que c'est déjà trop tard ? C'est on on aujourd'hui ça reste difficile à dire. Est-ce que il suffira seulement d'une inspection ?
Est-ce qu'il en faudra plusieurs ? En réalité, on attend la fin du rapport qui sera publié par Paul Vanier et Violette Spielboot. Et ce rapport ne se ne fait pas que un focus sur Betaram ou sur Stanislas.
Il s'intéresse à un fait qui s'apparente être systémique. Et donc, il est bien qu'il y ait à nouveau une inspection parce que le rapport aujourd'hui a d'une certaine part manque de sincérité. En tout cas, sur une partie, on a par exemple plusieurs personnes qui ont écrit le rapport qui ont dit qu'elles ne l'auraient pas signé si jamais elles avaient vu que l'effet d'homophobie avait été caché et retiré.
Mais il faut poser la question plus large. Comment est-ce que aujourd'hui on met fin à cet omerta dans l'école privée ? Comment est-ce que on peut savoir combien est-ce que combien d'argent met l'État dans ces écoles privées ?
Et comment est-ce queon peut mettre une conditionnalité qui permette premièrement l'égalité scolaire et deuxièmement de sécur de mettre en sécurité les enfants qui sont dans ces écoles ? Et si çaas la réponse paraît évidente mais ça m'intéresse d'avoir votre point de vue un collège de R plus anciens ou un lycée privé musulman. L'histoire aurait été différente, j'imagine.
Et c'est d'ailleurs ce qui a été pointé par dans l'audition avec madame Borne, c'est que vous avez Stanislas dans lequel le ministère directement trafique des rapports pour cacher des faits d'homophobie dans lequel ils ont mis beaucoup de temps avant d'agir alors qu'il y avait eu de nombreux signalements. Et dans le même temps, vous avez le lycée du nord Avos dans lequel il y a eu de multiples inspections et dans lequel il a été fermé immédiatement. C'est un 2uxè point qu'on peut voir dans les différentes auditions, c'est qu'il y a un deux poids de mesure dans les inspections.
C'est-à-dire que dans dans l'enseignement privé euh catholique dans lequel il y a des dérives, dans lequel il y a des signalements, les signalements ne sont pas pris à la hauteur, ne sont pas euh pris pour ce qu'ils sont. Et dans le même temps, dans les lycées musulmans, il y a des inspections à répétition, parfois sans aucune raison et il y a une forme de fermeté. Et ça c'est un de poids de mesure qui accentueule les inégalités scolaires qui témoigne aussi d'une islamophobie d'État qui est caractérisée depuis des années.
Et ça aussi ça a pu être pointé lors des différentes auditions. On parle d'islamophobie, on va justement c'est un bon lien pour parler du rapport sur l'antrisme des frères musulmans. Ce rapport est une opération de diversion islamophobe.
On détourne l'attention du pays alors que justement le pays brûle socialement notamment. Moi, je je dirais pas ça euh parce que ce n'est pas seulement une diversion, c'est l'héritage de quelque chose. On a aujourd'hui la tête de l'État, le gouvernement et le président de la République qui croit en un complot musulman qui chercherait à imposer les lois islamiques dans notre pays.
Euh et il faut voir à quel point ce rapport mobilise toutes les rhtoriques antisémites d'il y a un siècle contre les musulmans. Il faut ouvrir un manuel d'histoire et comprendre ce qui est en train de se passer. C'est extrêmement grave d'avoir le président de la République qui réunit un conseil de défense pour euh pour un rapport qui parle est une caricature.
On lit dans ce rapport qu'il y aurait euh une un cercle restreint, une confréie secrète euh qui chercherait à imposer ses vues dans notre pays. C'est complotistes. Mais le président de la République est un complotiste.
Est un complotiste islamophobe. Ce n'est pas seulement une diversion. C'est l'héritage d'une Macronie qui a eu une lampe dérive, une lande dérive islamophobe qui a été poussée par une extrême droite qui a toujours haï les musulmans.
Voilà ce qui est en train de se passer. Et aujourd'hui, vous avez euh les médias qui se régalent. Non seulement parce que vous avez les Boloré et les stérins qui eux cherchent à faire avancer l'islamophobie en France, mais vous avez aussi tous les milliardaires qui possèdent leurs médias qui disent c'est l'excellente diversion.
Donc à la fois vous avez une islamophobie d'État qui est caractérisée, vous avez un président de la République carrément complotiste et vous avez des milliardaires qui se frotent les mains. Justement, est-ce que juste Bruno Rotou, ministre de l'intérieur, ne banalise-t-il pas la str une stratégie de chasse à l'ennemi de l'intérieur ? Euh comme vous l'avez dit à l'instant, les pires heures de notre histoire.
Actuellement, c'est clair hein, tous les musulmans sont suspects, soit ils sont séparatistes, soit ils sont ils font de l'entrisme, du frérisme. Et on le voit d'ailleurs même, il y a eu un exemple récent avec la l'influenceuse Lena situation qu'on a accusé de faire de l'entrisme alors qu'ortait une simple Rome. On en est là aujourd'hui en France ?
Oui, on en est là et c'est la secrétaire générale de Renaissance qui a euh qui a contribué au harcèlement contre les NASA situation et il y a aujourd'hui une islamophobie qui est mais totalement libérée dans les médias. Je vois je me rappelle aussi de madame Le Pen qui expliqué que Gabriel Atal reprenait ses propositions. Il faut comprendre que monsieur Retaillot n'est pas un ministre comme les autres.
Ce n'est pas un leader des Républicains comme les autres. C'est quelqu'un qui vient de l'extrême droite. Et c'est la première fois qu'on a à la tête du parti LR UMP et tout son héritage un chef qui vient de l'extrême droite.
Monsieur Villier l'a repéré alors qu'il était au pluit du fou et qu'il faisait du cheval. C'est une vraie histoire. Il voit monsieur Rota sur son cheval et se dit "Ce type serait brillant pour faire de la politique.
Vous voyez le résultat et vous avez aujourd'hui un monsieur Retaillot qui vient de l'extrême droite et qui cherche à faire la convergence entre la macronie et l'extrême droite. Et c'est la même stratégie que monsieur Bolloré, c'est la même stratégie que monsieur Sterin, c'est la même stratégie que ces milliardaires qui se sentent en danger à cause des dernières élections et qui du coup cherchent à faire une réaction qui empêche l'intervention du peuple et qui profite de l'islamophobie pour faire la division du peuple. C'est pour ça pour toutes les personnes qui nous écoutent euh quand on entend tout ça, on a envie de lever les yeux parce qu'on en a tellement vu de l'islamophobie, les pénuries d'œuf, la baya voile, le Burkini, les enfin en fait il y a pas un jour sans islamophobie.
Il y a pas un jour sans islamophobie. Mais en après l'islamophobie, vous avez ensuite les passages à l'acte parce que tout ça intervient quelques semaines après l'assassinat de Abouakar Sissé qui a été tué dans une mosquée parce qu'il était musulman. Et après ces passages à l'acte, vous avez des politiques qui viennent et qui remettent qui remettent qui remettent une pièce dans la machine.
Il faut absolument une résistance populaire par rapport à ça. Si jamais nous perdons ce combat, si jamais nous perdons le combat sur l'islamophobie, c'est tout le reste qui tombera après. Euh justement, euh c'est donc pour Bruno Rota tout ça, c'est du marketing électoral.
C'est pour justement se lancer dans cette campagne là et c'est plus facile effectivement actuellement de taper sur les musulmans. C'est deux choses. C'est à la fois la ligne politique de monsieur Retaillot qui est un nostalgique de l'Algérie française et qui comme l'extrême droite française n'a toujours pas dégéré la décolonisation.
Et par ailleurs, on l'entendait hein dire l'Algérie cherche à humilier la France. on l'entendait vanter les grandes heures de la colonisation selon lui. Et puis on voit aussi que c'est quelqu'un qui a une rhthorique coloniale quand on l'entend crier à bas le voile.
Ça fait aussi penser à toutes les méthodes qui ont été utilisées en Algérie, notamment les cérémonies de dévoilement. Donc monsieur Retaillot a une ligne politique qui est celle-ci. Et ensuite, vous avez euh un ministre de l'intérieur qui utilise ses compétences euh de ministre d'État pour faire du marketing politique.
C'est par exemple les relations entre la France et l'Algérie. Et c'est un drame d'avoir un ministre de l'intérieur qui est s des relations historiques entre nos deux pays uniquement pour un intérêt courttermiste de son congrès. C'est un drame d'avoir comme ministre de l'intérieur et des cultes un islamophobe notoire, un raciste notoire.
Donc c'est pas seulement du marketing politique, c'est quelqu'un qui utilise les moyens de l'État pour essayer d'avancer encore plus dans l'État. C'est ça monsieur Rotaillot. Et donc la LR ayant mis Bruno Rotaillot à la tête de son parti, est-ce qu'on peut considérer que les les LR sont d'extrême droite ?
Moi je je vous dis ce que j'observe. J'observe que du côté de la droite, il y a une forme de radicalisation et on a de plus en plus de mal à les distinguer de des Le Pen. Donc oui, aujourd'hui, vous avez un parti LR qui est dirigé par un homme qui vient de l'extrême droite, qui a été formé au MRP, qui est un parti d'extrême droite, qui tient une ligne politique d'extrême droite.
Mais il y a encore des contrepouvoirs. Aujourd'hui, ils ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent à l'Assemblée nationale parce qu'on est là. Ils peuvent pas faire ce qu'ils veulent au gouvernement parce que on est là.
Mais l'objectif de ces gens, c'est d'essayer de se coaliser pour essayer de nous faire disparaître et d'avoir euh les mains libres. C'est ça qu'il cherchent à faire. C'est ça que cherche à faire l'extrême droite et pas que l'extrême droite politique, l'extrême droite économique aussi.
Le le cœur de tout ça, ça reste boloré et stérin qui contribue à faire monter monsieur Retaillot. Donc oui, aujourd'hui vous avez euh une bourgeoisie réactionnaire qui utilise monsieur Retaillot comme un petit jouet qu'ils agitent pour essayer de faire une coalition politique euh des libéraux jusqu'à l'extrême droite pour essayer d'cher d'empêcher l'émergence du nouveau front populaire. Vous venez de citer à plusieurs reprises Bolloré et Stérerain.
Est-ce que qu'est-ce que ça vous dit cet entrisme, on va dire d'extrême droite aussi bien dans la presse, dans les médias, dans l'édition, qu'est-ce que ça dit de notre pays et qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui pour contrer ça ? Ça dit plusieurs choses déjà. Premièrement, ça permet de démontrer que la France n'est pas tout à fait une démocratie parce que aujourd'hui vous avez l'islamophobie tous les jours à la télévision, vous avez des milliardaires qui utilisent les médias pour leur agenda personnel.
On en reparlera après, mais la une du Figaro sur les commissions d'enquête est absolument lunaire. Et ça dit quelque chose du pays aussi. Il faut pas oublier que on a on a gagné les dernières élections.
On est arrivé en tête lors des dernières élections qu'au moment où ils ont cherché à imposer la réforme des retraites, on a fédéré le pays, on a fédéré le peuple contre eux que il y a eu les marchesclimat, qu' y a eu les révoltes dans les quartiers populaires, qu' y a eu les gilets jaunes. C'est il y a un bouillonnement populaire en ce moment en France et ça c'est terrifiant pour la bourgeoisie. Alors il y a la réaction.
La réaction c'est celle-là. C'est la bourgeoisie qui utilise ces médias pour essayer de faire infuser le racisme, l'islamophobie dans notre pays et qui cherche à faire une coalition politique contre la représentation, le déboucher politique de ces mouvements, c'est-à-dire le nouveau Front populaire. Ça témoigne à la fois d'une défaillance dans l'organisation de notre pays, mais ça témoigne aussi d'une peur qui règne chez les puissants.
Et cette peur qui règne chez les puissants, on la doit à la mobilisation populaire. Donc, je n'ai pas envie d'être défétiste, on nous sommes forts, il faut juste continuer la bataille. C'est c'est le moment où il ne faut pas baisser les yeux, où il ne faut pas baisser la tête.
Bah justement, on y vient face à ON, Rotaillos, Terrain, Boloré. Que va faire la gauche ? Est-ce qu'elle peut s'unir ?
Est-ce qu'un nouveau nouveau Front populaire peut voir le jour ? Comment 2027 arrive bientôt ? Il y a Ruffin qui propose une primaire à gauche, Mélenchon esquive.
Qu'est-ce qu'on fait ? Enfin, écoutez, nous on a fait la NUPES, ensuite on a fait le nouveau Front populaire, qui a quitté le nouveau de recréer d'autres différents canaux. Et à chaque fois qu'on fait l'union sur la base d'un programme de rupture, on se retrouve à avoir des gens qui ont signé le programme sur lequel ils ont été élus qui se retrouvent à le quitter.
Donc nous, nous sommes disponibles. S'il y a s'il y a des gens qui veulent qui veulent rejoindre la dynamique de rupture, il y a zéro soucis. Mais si jamais c'est pour aller se mettre euh dans des primaires avec François Hollande, non, c'est et et c'est une forme de clarté qu'on doit aux gens qui voteront pour nous.
Donc moi, j'ai envie de dire aussi à tous les autres hein euh je je parle au nom de ma jeune génération, on n' pas le temps. On on n' pas le temps. 2017 c'était la division, vous avez vu le résultat. 2022 c'était la division, vous avez vu le résultat.
Nous européenne, on avait proposé l'Union, ils nous l'ont refusé, vous avez vu le résultat. législative, on a fait un effort, on a accepté l'union et vous avez vu le résultat qui était bon. Donc maintenant pour la prochaine présidentielle, s'il vous plaît refaites pas les mêmes conneries.
Nous, on est disponible mais sur des bases politiques de rupture parce que ce qu' a montré le nouveau Front populaire et laupèse, c'est que ce peuple attend le programme et la dynamique de rupture. Et puis si jamais ils ne veulent pas, et ben écoutez, comme d'habitude, on marchera. Euh est-ce que en tant que jeune élu, enfin jeune homme même, est-ce que cette course à la présidentielle c'est un concours d'ego ?
Est-ce que c'est pas finalement fatiguant de voir ça ? Alors que comme vous venez de le dire, l'heure est grave ? Si si, c'est très franchement c'est insupportable.
Structurellement, on a déjà dépassé les 1,5 degrés de dérèglement climatique. On a besoin d'à peu près 850 milliards pour faire toutes les adaptations à l'échelle européenne sur le dérèglement climatique. On baisse les budgets de l'écologie, on met 850 milliards dans des armes.
Il y a les guerres qui sont de retour, les génocides qui seront retour. On on n'est pas certain que on ait encore euh le droit de voter dans ce pays dans quelques années au vu du traitement qu'ils font des élections et l'islamophobie, le racisme est en train d'avancer dans notre pays et on se retrouve à avoir la social-démocratie qui a totalement échoué, qui revient aujourd'hui à avoir des prétentions qui, pardon, ils n'ont plus à les avoir. Ils n'ont plus à les avoir parce qu'ils ont fait la démonstration que leur programme politique était un programme politique qui ne fonctionnait pas et ils ont fait la démonstration que quand vous les mettez au pouvoir, ce sont des machines à trahir.
Donc nous on fait des efforts, on est d'accord, il faut rassembler. Mais on rassemble sur la base d'un programme de rupture. Donc c'est pas seulement une bataille d'ego, c'est aussi une bataille politique.
Et c'est dans l'adversité qu'on voit qu'on voit un peu la ligne politique. Nous, on est toujours resté droit, on est toujours resté sur un même cap. Quand j'entends des personnes nous dire qu'il faut des primaires de Hollande à Poutou, ces mêmes personnes qui lorsqu'ils étaient face à l'adversité ont fini avec Luxman et Bairou sur leur tract, je me dis que j'ai plutôt envie de rester du côté de la cohérence.
Euh et justement la cohérence, est-ce que ce serait même si on vote aussi pour un programme, on vote aussi pour une personne, est-ce que ce serait de repartir avec Jean-Luc Mélenchon ? Euh c'est une option et euh et dans le même temps, on a aussi d'autres profils qui sont intéressants et c'est ça qui est génial à la France insoumise que bah Jean-Luc Mélenchon dit ça souvent. Il dit, "Ils en ont pour un siècle avec eux et c'est vrai.
Euh, on a Manuel Bonpard, on a Mathilde Panu, Clémence Geté, Éric Cockrel, il y a plein mais c'est pas une question non pour nous, c'est surtout une question programmatique. Et tous les adversaires de l'Union de la gauche, tous les adversaires euh de la France insoumise aussi, eux ce qui leur pose problème, c'est le programme de rupture. Il faut pas croire que les attaques médiatiques qui sont fait contre la France insoumise, quand on voit ce qu'ils nous ont fait pendant deux semaines sur le livre La meute, quand on voit à chaque fois qu'il y a Jean-Luc Mélenchon, la tête qu' lui mettent, l'image publique qu'on nous donne, c'est pas nos personnalités qui sont mises en cause, c'est le programme que l'on porte et les gens qui nous apportent leur soutien, c'est parce que nous sommes forts qui nous traitent comme ça.
Donc c'est pas seulement une affaire d'ego, même s'il y en a un peu, pas chez nous en tout cas, on essaie le moins possible, c'est surtout une affaire politique. Et c'est pour ça que nous on est aussi aussi ferme sur ces questions. Non, on lâchera rien sur le programme politique parce qu'en fait c'est ça qu'on va faire quand on sera au pouvoir et parce que c'est ça que les gens attendent de nous.
Parlons maintenant de la proposition de loi sur la fin de vie hein. On parle de souffrance réelle physique et de gens qui meurent mal parfois mais l'assemblée parfois se perd en débat abstrait. Qu'est-ce qui coince ?
Il y a actuellement une obstruction manifeste qui est réalisée par euh le Rassemblement national et euh par la droite. Euh une obstruction qui n'a absolument aucun sens. Euh mais nous tenons.
Et et pour le coup, il y a aussi des débats qui sont euh intéressants et qui sont pertinents. Mais euh cette obstruction, elle est longue, mais on tient. Donc c'est-à-dire que de 9h à minuit, les députés sont là et tiennent le rang pour essayer de faire en sorte que le texte passe.
Et après ensuite il y a le débat de fond qui est un débat de société, la liberté ultime de choisir la fin de sa vie. En tout cas, c'est celle que nous défendons face à un rassemblement national et une droite qui cherche à empêcher l'aboutissement de ce texte. Justement, est-ce qu'une société démocratique digne peut encore esquiver cette question sans hypocrisie ?
Euh oui, je crois euh je je crois en tout cas que la France est prête. Je crois que de toute façon ce débat a déjà été tranché quand on voit les différents sondage, quand on voit les résultats des élections et euh quand on voit que et c'est d'ailleurs ce qu'on voit dans tout le débat parce qu'il y a des députés qui ont des rapports personnels à cette question. Mais comme tout le monde dans notre pays, euh ce n'est pas possible aujourd'hui euh de laisser des personnes souffrir dans l'indifférence, ne pas agir uniquement parce que il y a des personnes qui pardon n'en ont pas le courage n'ont pas le courage de voter cette loi.
Nous on se bat. et et ce texte finira par passer. Après, il faudra qu'il aille au Sena, faudra qu'il revienne, mais ce texte finira par passer.
Donc, on reste au combat et on réussira. Passons maintenant à l'actualité internationale et notamment Gaza. On tous les jours on les les morts s'enchaînent, les morts s'accumulent.
C'est même limite parfois indécent tous les jours de rappeler des chiffres parce que derrière ces chiffresl il y a des êtres humains et on ne sait pratiquement plus quoi dire. Et moi parfois j'en perds les mots. Cette situation à Gaza, qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
Comment on peut en sortir ? Et quel est votre point de vue en tant que député de la République ? Je partage totalement la sidération, la sidération par rapport à ce qui se passe à Gaza, par rapport aux victimes, par rapport au traitement inhumain et la sidération de de la manière dont nos dirigeants s'occupent de cette affaire.
Je je veux dire la honte de les voir aujourd'hui avoir des larmes de crocodile en disant comment est-ce que ça aurait pu arriver alors qu'on avait le président d'Israël qui expliquait que c'était tous les Gazaouis qui étaient responsables et je je veux dire la honte de ne pas s'être rendu compte de ce qui allait se passer alors qu'ils étaient en train de dire que c'était des animaux qu'il fallait éradiquer. C'était ça les discours d'Israël il y a un an et aujourd'hui alors qu'il se retrouve à avoir des larmes de crocodile et à faire pas grand-chose, c'est-à-dire à rappeler les ambassadeurs quand nos diplomates se font tirer dessus, c'est-à-dire à lancer des appels et à demander à ce que les gens puissent à ce qu'on puisse faire rentrer des lin seuls des lin seuls dans la bande de gaz dans laquelle il y a plus d'eau, il y a plus de nourriture. Cette bande d'idiots se retrouve accusée d'antisémitisme par Israël.
Et je vois le communiqué hier du ministre des affaires étrangères dire "Ah, ce n'est pas possible dès lors qu'on défend la solution à deux États d'être accusé d'antisémitisme par Israël." La honte et le ridicule de ces gens-là. Et c'est terrible parce que c'est la France et dans ce moment de l'histoire la France aurait dû avoir une autre parole parce que bien sûr c'est les Américains qui soutiennent parce que bien sûr il y a le projet colonial de monsieur Trump qui cherche à faire de la Bande Gaza une côte d'Azur.
Mais à ce moment-là la France aurait dû être chose. Et donc la honte et le ridicule pour notre pays et la sidération pour ce qui se passe là-bas. Nous nous appelons à des à des sanctions économiques et il y a des sanctions économiques qui sont possibles.
Embargo sur les armes, ce n'est pas possible d'encore donner des armes à Israël. Sanctions économiques. Sanctions économiques notamment pour les entreprises françaises qui aujourd'hui investissent sur les territoires occupés.
Je veux parler de Carrefour par exemple, il les faut maintenant parce que non seulement on peut pas se le permettre un jour de plus au vu de ce qui est en train de se passer mais deuxièmement parce que il suffit pas de mots pour qu'Israël agisse. À chaque fois des mots, des mots, des mots et à chaque fois c'est pire. Il faut des sanctions.
Il y a que les sanctions qui fonctionneront. Et tant que le ministre des affaires étrangères, tant que monsieur Macron ne le comprendront pas, alors on avancera pas dans la situation. Voilà, le fait que Emmanuel Macron n'emploie pas le mot génocide, on l'a vu euh il y a quelques semaines sur TF1, il ne veut pas employer ce mot-là, il l'appartiance historien.
Qu'est-ce que ça vous euh Mais euh on a on a on a des institutions internationales qui utilisent ce mot. On a on a des tribunaux internationaux qui utilisent ce mot. Et puis il est caractérisé, il y a une intention.
Il y a une intention de les exterminer tous. C'est Il y en a qui le disent là-bas. C'est c'est la ligne du gouvernement israélien.
Mais on a un président de la République qui manque de courage dans cette histoire et qui aujourd'hui est en train de dire il faut reconnaître de l'État de Palestine. On lui on lui demande quand ? Il répond plus tard.
On lui dit il il dit c'est mal ce qui se passe là-bas. On lui dit alors pourquoi est-ce que vous ne sanctionnez pas ? Il dit on verra.
Il est à milieu de l'urgence de la situation et il est à milieu de ce que l'histoire attend de notre pays actuellement. Il est à milieu d'admettre la responsabilité génocidaire d'un gouvernement israélien qui parle d'animaux humains, d'un gouvernement israélien qui dit que tous les gazouis sont responsables. On parle de 50000 morts mais c'est les personnes qui sont victimes dans les bombardements.
En réalité, on est plus à 180000 si jamais on compte ceux qui meurent de faim, qui meurent de soif, qui meurent des maladies et majoritairement des femmes et des enfants. majoritairement des femmes et des enfants. et et quand on les voit avoir des grands discours sur l'Ukraine et il faut les avoir mais ne pas en avoir sur la question de Gaza.
Oui, il y a un te poids de mesure et et je veux dire notamment pour la jeune génération parce qu'ils sont incapables de comprendre que pour une génération comme la nôtre à qui l'école a appris ce qui étaient les génocides, à qui l'école a appris ce qui étaient les guerres, à qui l'école a appris pourquoi est-ce qu'on a fait le droit international pour éviter que les génocides et les guerres se reproduisent. On nous a appris que il y avait eu des grandes figures qui s'étaient batttues pour ce droit international, qui s'étaient battu contre les génocides, qui s'étaient battu contre les guerres. Et alors qu'aujourd'hui vous avez cette jeunesse qui manifeste qui dans les universités, dans la rue, dans les écoles, quand cette jeunesse là, elle est à la hauteur de ce que la République lui a enseigné, défend le droit international, quelle est la réponse du gouvernement français ?
Nous faire une proposition de loi visant à lutter contre le racisme et l'antisémitisme dans lequel ils baissent les budgets du racisme et de l'antisémitisme et ils mettent des moyens de répression contre les étudiants mobilisés. Ils sont contradictoires, ils sont ce n'est pas la France qui parle actuellement. Donc il faut continuer les mobilisations.
C'est le seul moyen qu'on a. Il faut continuer les mobilisations. Et je sais que c'est difficile.
Je sais que c'est la sidération. Je sais qu'on se sent impuissant. Et on sait qu'on est en train de vivre un moment d'histoire dont on aura honte plus tard.
Mais si jamais on se mobilise, alors peut-être qu'il y a encore un espoir. Encore une fois, on est dans un moment où il faut pas baisser les yeux, il faut pas baisser la tête. Et en tout cas, nous pour l'Assemblée nationale, on ne baissera pas les yeux et on ne baissera pas la tête.
Et justement se mobiliser, mais ça peut être compliqué quand on voit notamment la dissolution de de l'association Urgence Palestine. Totalement parce que il faut comprendre que nous sommes dans un moment où la démocratie française est en train de se faire détruire petit à petit. D'abord, elle se fait détruire par des Vincents Boloré qui rachètent des médias et qui utilisent ces médias pour influencer l'opinion, pour saturer le débat public, pour salir le débat public.
Ensuite, parce que les mobilisations populaires ne sont plus reconnues. À l'époque, quand vous aviez des millions de personnes qui manifestaient dans la rue, vous aviez des gouvernements qui reculaient et Macron a dit "Maintenant, on ne reculera plus." Alors, vous avez les gilets jaunes, les marches climat, vous avez les manifes retraites, les révoltes dans les quartiers populaires.
Mais aujourd'hui, on ne recule plus. Donc les syndicats aujourd'hui ont beaucoup moins de poids à cause du gouvernement et puis ensuite vous avez des élections et maintenant les résultats des élections ne sont même pas reconnus et ensuite vous avez des associations qui se battent et maintenant quand vous avez des associations qui se battent alors elles sont dissoutes et petit à petit chaque petite couche qui permet de faire la démocratie est en train de se faire détruire méticuleusement parce que les seules personnes qui ont réellement le pouvoir dans ce pays ce sont les milliardaires. Et c'est pourquoi je n'ai pas peur de le dire.
La France n'est plus une démocratie. La France n'est pas une démocratie parce que petit à petit, ils ont retiré tout ce qui permettait au peuple d'intervenir. Et ça a été fait volontairement parce que le peuple est en désaccord avec les dirigeants économiques et avec les dirigeants politiques.
La dissolution de ces associations, c'est une étape dans la longue marge de la Macronie vers l'autoritarisme et ça continuera. Aujourd'hui, c'est Urgence Palestine, la jeune garde. Peut-être demain, ce sera Amnestie Internationale qui considère être une organisation antisémite.
Peut-être demain, ce sera le média, je ne sais pas. Mais c'est pourquoi je le redis, on est dans un moment où il faut pas baisser les yeux, il faut pas baisser la tête et il faut pas oublier. S'ils font tout ça, c'est parce qu'on est fort.
Faut aussi se regarder nous-même. On a fait les marches climats, on a fait les gilets jaunes, il y a eu les révoltes dans les quartiers populaires et on a expliqué que sans justice, il y aurait pas la paix. Il y a eu les manifestations contre la réforme des retraites, il y a eu la mobilisation pour le nouveau Front populaire.
Nous sommes forts. Mais pour rester fort, il faut pas baisser les yeux, pas baisser la tête et surtout garder une unité dans le mouvement social. Et ça ça me paraît être le plus important.
Oui, c'est normal, il y a des moments, on n'est pas toujours d'accord. Oui, bon d'accord. Parfois, on est radicalement en désaccord.
Mais tant qu'on va vers la même direction, c'est-à-dire la 6e la 6e République, la justice sociale, la justice écologique, alors on peut gagner. Je je veux vraiment que toutes les personnes qui nous écoutent aient une note d'espoir parce que il y a une grande différence. Il y a beaucoup de personnes qui font la comparaison.
Il y a une différence entre la fascisation d'il y a un siècle et la faschisation qu'on voit aujourd'hui. C'est que à l'époque dans les pays qui ont basculé dans l'extrême droite, la jeunesse était dans l'extrême droite. Aujourd'hui, la jeunesse, elle est pas dans l'extrême droite.
Il y a de l'espoir. Suffit juste de continuer de se battre. Très bien.
Merci. Bah la la jeunesse est aujourd'hui sur notre plateau. Le député Louis Boyard était avec nous.
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Et je vous le disais, on se retrouve demain, non pas demain, on est vendredi donc lundi pour la contre matinale à 8h et tout à l'heure à 13h pour le journal des luttes. Bonne journée sur le média. [Musique]
Louis Boyard