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interviewBFMTV· 19 février 2026 18 min

Mort de Quentin Deranque, LFI, détenus radicalisés... L'interview de Gérarld Darmanin en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Gérald Darmanin. Bonjour. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes le ministre de la Justice. Une question évidemment immédiate sur les arrestations et les liens avec Raphaël Arnaud. Parmi les personnes en garde à vue, il y a deux assistants parlementaires, deux salariés donc de ce député LFI. Est-ce qu'il peut continuer pour vous à siéger à l'Assemblée ?

0:26
Gérald Darmanin

Il faut attendre la fin des gardes à vue et les décisions des magistrats. Non, respectons la présomption de l'innocence, mais on peut constater qu'il y a des faits extrêmement importants qui s'accumulent, qui montrent qu'il y a un lien évident, chacun le sait, entre M. Arnaud qui était lui-même déjà condamné pour violence, qui est le fondateur de la jeune garde, la jeune garde dont on sait que c'est un groupuscule d'ultra-gauche extrêmement violent, et la France insoumise qui ne se désolidarise en rien, mais en rien depuis plusieurs jours de la violence et surtout du travail que fait la jeune garde pour imposer cette violence physique. Donc normalement, M.

Arnaud n'aurait jamais dû être investi par la France insoumise. Elle se met ainsi la France insoumise en marge de la vie républicaine et démocratique de notre pays. Que M. Arnaud n'ait toujours pas été suspendu ou exclu montre que la France insoumise récidive, en ne gardant pas une sorte de cordon sanitaire entre les gens qui prônent la violence physique politique et puis le débat qui peut être frontal, bien sûr, puisque c'est la politique, mais qui reste dans le débat d'idées. Et puis évidemment, M. Arnaud, personne ne peut le déchoir de son mandat de député parce que c'est la démocratie.

Mais c'est à lui sans doute d'en tirer des conclusions si jamais, évidemment, la justice trouve des indices graves et concordants qui touchent lui-même ses collaborateurs qu'il a embauchés. Il était le responsable. On a embêté M. Fillon parce qu'il y avait des emplois fictifs. On a embêté Mme Le Pen, peine d'indigibilité, parce qu'elle avait manqué à la probité, disait le tribunal en première instance. Tout ça est sans doute normal. Il serait absolument normal qu'on embête M. Arnaud pour lui dire que vous ne pouvez pas rester député à l'Assemblée nationale du fait que vos collaborateurs, vous-même, avez été condamnés, seront condamnés pour des violences physiques.

2:03
Présentateur

Qu'est-ce que vous appelez embêtés ?

2:05
Gérald Darmanin

Vous voyez bien qu'ils ne peuvent pas, sans doute légitimement, rester dans le débat d'idées, M. Arnaud.

2:09
Présentateur

Mais est-ce que vous pensez aussi à une responsabilité qui puisse être démontrée par la justice ? Restons avant la question morale, la question politique. Au fond, vous parlez de ces deux personnes qu'il a lui-même embauchées, qui sont donc à son service. Il y a même une troisième personne parmi les gardés à vue qui a fait un stage à l'Assemblée nationale auprès de Raphaël Arnaud. Il les a embauchées. Ils sont ses salariés. Ils étaient à Lyon, ni dans le Vaucluse, ni à Paris. Et un jeudi, c'est-à-dire un jour de semaine, un jour de travail, j'imagine.

Est-ce qu'il faut que la justice aille jusqu'à se poser la question de savoir si Raphaël Arnaud était au courant du fait qu'ils allaient à Lyon, voire même leur avait peut-être demandé d'aller à Lyon ? Est-ce que pour vous, la responsabilité, elle va jusque-là ?

2:56
Gérald Darmanin

Moi, je ne vais pas donner de pression sur le procureur de la République ou les magistrats ou les services enquêteurs. Je suis ministre de la Justice. Mais vos questions sont absolument légitimes. Et tout le monde se les pose. Et la justice fera son travail librement. Il n'y a pas de protection pour la France insoumise dans la justice française. Tout le monde doit pouvoir répondre à droite, à gauche, des embauches de ses collaborateurs. Et puis, bien évidemment, de ceux qui le font. Surtout lorsqu'on est soi-même le fondateur de la Jeune Garde, c'est-à-dire le fondateur d'un groupe d'ultra-gauche, ultra-violents, qui a tué. Qui a tué dans les rues de Lyon.

Moi, je suis effaré que la France insoumise, et que M. Mélenchon, n'ait pas tout de suite dit, parce que ça peut arriver des brebis galeuses, comme on dit. « Personne ne peut contrôler l'intégralité des personnes qui sont dans un parti politique », c'est entendu. Mais que M. Mélenchon n'ait pas clairement dit, « Voilà, c'est inacceptable, absolument inacceptable. Nous donnons notre compassion à la famille de Quentin, et nous faisons le ménage », comme vient de dire le Premier ministre. Au contraire, il a attaqué vos collègues journalistes de l'AFP quelques heures après la révélation de ces faits. Il a attaqué à dominem les journalistes de l'AFP, qui avaient fait une dépêche. Il a attaqué M.

Aziza, mettant quasiment une fatwa numérique sur lui. Il continue à dire... Il continue à insulter M. Glucksmann, qui a été extrêmement courageux, M. Hollande, qui a été extrêmement courageux pour dire « Jamais plus la gauche ne doit s'allier avec la France insoumise ». Il justifie cela. Il protège Mme Hassan, dont on sait tous, Rima Hassan, qui tient des propos antisémites, qui nie l'État d'Israël, qui veut exterminer ce qui reste de la dignité des Juifs, et qui montre vraiment une violence extrêmement forte dans le débat public. Et comment peut-on imaginer à un seul instant, et ça c'est très important que M. Hollande, sur votre plateau, M.

Glucksmann l'ait dit, que demain, la France insoumise puisse encore s'allier, demain, les municipales, avec les partis de gauche. Est-ce qu'à Nantes, la maire de Nantes, socialiste, va s'allier avec la France insoumise ? Il faut qu'ils le disent. Est-ce qu'à Haute-Havre, ils vont s'allier la gauche unie, la France insoumise, et les communistes et les socialistes, contre Édouard Philippe ? Est-ce qu'à Tourcoing, la France insoumise va s'allier avec la candidate de gauche pour battre Dorian Bécu et Gérald Darmanin ? On peut se rebattre dans les urnes, mais alors il faut avoir un discours, de dire que la gauche est capable de s'allier avec les pires, ceux qui prônent la violence physique.

Ou alors la gauche républicaine, laïque et démocratique, celle qu'on aime, celle qui a donné des grandes oeuvres à notre pays, fait enfin le cordon sanitaire avec la France insoumise.

5:10
Présentateur

Là, vous vous adressez à la gauche, parce qu'effectivement, des voix comme celle de François Hollande ou celle de Raphaël Luxemann se sont élevées en disant « il n'y a plus d'alliance possible ». Mais vous vous adressez au reste de la gauche, pendant ces municipales en leur demandant si ce cordon sanitaire doit être mis en place ?

5:27
Gérald Darmanin

Oui, parce qu'il n'y a pas que les socialistes, il y a les verts. À Lyon, il y a un adjoint au vert, celui en charge de la sécurité. L'adjoint écologiste en charge de la sécurité à Lyon est heureux de traiter avec la jeune garde, il le dit sur les réseaux sociaux, il n'a pas eu un mot aujourd'hui pour dire « je me suis trompé, je n'avais pas vu que la jeune garde était un groupe d'ultra-gauche fasciste ». Il est toujours adjoint au maire du maire écologiste de Lyon qui se présente aux élections. Il y a des tractages, des bannirs en commun, des tracts en commun avec des candidats communistes, avec des candidats écologistes.

Il faut absolument que ces partis disent aujourd'hui, dans les heures qui viennent, « on ne peut pas travailler avec des groupes musculaires »

6:03
Présentateur

Vous demandez par exemple au maire de Lyon de se séparer de Mohamed Chihie, qui est cet adjoint à la sécurité dont vous parlez ?

6:09
Gérald Darmanin

Ça ne vous paraît pas évident ? Ou alors qu'au moins cet adjoint au maire puisse dire « maximum et à coup le pas, je me suis trompé, la jeune garde est en effet un groupe d'ultra-gauche qui est ultra-violent et qui tue ». Dans la propre ville où est mort Quentin, l'adjoint à la sécurité écologie des Verts est heureux de travailler avec la jeune garde. Cette propre phrase en démocratie devrait nous interpeller.

6:29
Présentateur

Vous dites qu'il n'y a pas de mea culpa. En effet, il n'y a aucun mea culpa de la part de Jean-Luc Mélenchon qui redit ses liens d'amitié, même de tendresse, dit-il, vis-à-vis de la jeune garde. Et il dit du Premier ministre qu'il a visiblement pété un câble, ce sont les mots de Jean-Luc Mélenchon, lorsqu'il demande à LFI de faire le ménage dans ses rangs.

6:49
Gérald Darmanin

Mais la France insoumise, malheureusement, c'est la théorie du chaos. On pensait que c'était une théorie du chaos verbale. Il fallait toujours se méfier puisque le verbe, évidemment, peut tuer. Mais on voit bien que c'est désormais, il y a un continuum. Comme disait Gilles Keppel à propos de l'islamisme, il y a un djihadisme d'atmosphère, il y a une violence politique d'atmosphère avec la France insoumise qui consiste à vouloir le chaos et pourquoi pas le chaos physique. Et je pense qu'il souhaite la confrontation avec le Rassemblement national, la France insoumise. Tout le monde sait que si au second tour de la présidentielle, c'est M. Mélenchon face à M. Bardella, c'est M.

Bardella qui va gagner. Mais M. Mélenchon sera content, ce sera le chaos, le chaos politique, le chaos physique et le chaos économique. Il faut absolument empêcher ça. Et oui, vous avez raison, la France insoumise montre son vrai visage. Elle avait, elle a peut-être encore dans les prochaines minutes, prochaines heures, la possibilité de montrer qu'elle est un parti comme les autres. Mais on sait bien, on sent bien, les Français le sentent bien, je crois. En tout cas, les Juifs l'ont bien compris, par exemple, que ce n'était pas un parti comme les autres.

7:44
Présentateur

Vous le disiez, il n'y a pas eu de mea culpa d'un côté. Il faut qu'ils, ils sont en marge, dites-vous, aujourd'hui. Sur la question aussi de l'action éventuelle de Raphaël Arnaud, est-ce qu'il y a, d'après vous, à partir du moment où il avait déjà été lui-même condamné pour des faits de violence, personnellement, Raphaël Arnaud, que le groupe, la jeune garde qu'il a cofondé, a été à nouveau condamné dans l'entre-deux-tours des législatives ? Est-ce que pour vous, il n'aurait pas fallu qu'il puisse être investi ?

8:15
Gérald Darmanin

Alors oui, et je pense qu'il faut une peine d'inigibilité qui n'existe pas aujourd'hui. Le président de la République a évoqué une peine d'inigibilité pour les gens qui étaient condamnés pour antisémitisme. On va profiter de ce texte de loi proposé par le président. Moi, je proposerais que des gens condamnés pour violences physiques qui auront lien avec les violences en réunion, c'est-à-dire les violences des ligues, pour rappeler les années 30, qu'on puisse pouvoir, que le juge, en toute indépendance, puisse prononcer une peine d'inigibilité.

8:39
Présentateur

Vous allez donc présenter cette loi ?

8:41
Gérald Darmanin

Exactement. Mais que Mme Le Pen puisse ne pas se représenter aux élections parce que le juge a considéré, en toute indépendance, qu'elle avait manqué à la probité, c'est un fait. C'est notre droit. Il ne faut pas toucher à cette disposition. Quand quelqu'un manque en effet à la probité, il ne peut pas se présenter devant les électeurs. Mais quand quelqu'un fait de la violence physique et a organisé des groupuscules qui, demain, peuvent tuer, évidemment, ils ne peuvent pas se présenter aux élections et siéger à l'Assemblée nationale. Donc je pense et j'espère que le Parlement me suivra dans cette disposition.

9:06
Présentateur

Un article 40 aurait-il pu être déclenché à un moment ou à un autre face à Raphaël Arnaud ou face à l'agissement de ses assistants parlementaires ?

9:14
Gérald Darmanin

Alors, sans doute. Ça ne peut pas être le garde des Sceaux parce que je suis le seul en France à ne pas pouvoir en faire parce que je ne peux pas donner de pression sur les magistrats. Mais il est évident qu'il y a un certain nombre de procédures judiciaires qui doivent aller jusqu'au bout, qui touchent la France insoumise. Pour l'instant, ils ne vont pas jusqu'au bout.

Donc je réunirai les procureurs généraux pour rappeler, pas que pour la France insoumise, pour tout le monde, mais enfin quand même, que lorsqu'on a des articles 40 faits par des professeurs d'université, je pense à ce prof de Lyon qui a été viré de son propre amphithéâtre par des groupes d'ultra-gauche ou parce qu'il y a des réunions antisémites qui s'organisent ou des propos antisémites extrêmement graves qui appellent à la haine, par exemple, on puisse évidemment aller jusqu'au bout de la procédure judiciaire. Donc les procureurs généraux seront réunis dans 15 jours et j'aurai l'occasion de leur parler de ce sujet.

9:56
Présentateur

Vous avez appelé la gauche à être très claire sur le fait qu'elle ne fasse plus alliance avec la France insoumise. Est-ce que vous appelez aussi votre propre camp à renoncer au barrage républicain, c'est-à-dire à avoir dit, comme Gabriel Attal l'avait dit au moment des dernières législatives, qu'il préférait voter même pour un LFI si ça permettait de battre le RN ?

10:20
Gérald Darmanin

Oui, j'étais en désaccord avec ce qu'a dit Gabriel Attal ce jour-là. J'étais un peu minoritaire à l'époque. Je ne mettrai pas, je ne mettrai jamais le bulletin LFI dans l'urne. Mais je pense que Gabriel Attal à l'époque avait été aussi courageux en allant défier M. Arnaud à Avignon pour soutenir notre candidat.

10:36
Présentateur

Il y avait été sur le terrain.

10:37
Gérald Darmanin

Qui a été battu, voilà. Donc je ne fais pas ce procès à Gabriel Attal. Mais voilà, disons-le pour l'avenir, que plus personne ne nous fasse le coup de votons LFI pour faire barrage. Ah, voilà. Je pense malheureusement que les deux extrêmes se rejoignent, mais que LFI aujourd'hui démontre, au moins par silence. Mais vraiment, je suis gentil en disant ça. Sa complicité avec cette violence politique qui peut demain tuer encore dans les rues de Paris, de Lyon et d'ailleurs.

11:03
Présentateur

Vous dites encore demain. Il y a notamment samedi ce rassemblement à Lyon, en hommage à Quentin, mais qui suscite les plus grandes craintes. Est-ce que vous êtes globalement inquiet ?

11:15
Gérald Darmanin

Alors je suis inquiet de la violence politique qui touche notre pays. D'ailleurs, elle n'est pas que française. Elle est dans une Europe qui se cherche pour plein de raisons. Perde de la démographie, difficultés politiques, les réseaux sociaux. Mais oui, on peut être inquiet. Il y a un excellent ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez. Il y a une très bonne préfète à Lyon. Je la connais très bien. Ils prendront les dispositions.

11:32
Présentateur

Ils sont excellents, dites-vous. Mais est-ce qu'il ne manquait pas de policiers lorsqu'il y a eu la venue de Rima Hassan, sachant qu'à plusieurs reprises, la question du trouble à l'ordre public

11:43
Gérald Darmanin

lors de ses venues dans l'université avait été invoquée ? N'inversons pas la charge de la preuve. Ce n'est pas à cause des policiers. Ce n'est pas à cause de la préfète. C'est à cause de Nervy d'ultra-gauche qui ont tué Quentin. Voilà. Donc on peut dire que la police tue à tout moment ou qu'elle était hors-absente. Elle fait son travail. La police, elle est très courageuse parce qu'elle protège la France Insoumise et ses dirigeants et ses meetings alors que la France Insoumise insulte la police tous les jours. On peut quand même dire que la police républicaine française est extrêmement courageuse. On peut se poser aussi la question de la responsabilité des établissements universitaires.

Personnellement, je suis assez peu invité à Sciences Po Lyon, à Sciences Po Aix. Ce que vous voulez dire, c'est que... J'ai vu qu'à l'IA Sciences Po Lyon, M. Coquerel, puis Mme Hassan ont été invités en quelques semaines d'intervalle. Ce n'est pas une grande variété idéologique auprès des universités et auprès des étudiants. Donc il y a aussi une question à se poser de la responsabilité des universités. Il y en a qui font ça extrêmement bien et d'autres, sans doute, qui ont un petit prisme idéologique. Ça peut être possible.

Voilà, peut-être que jusqu'à aujourd'hui, jusqu'à la mort de Quentin, partons du principe que personne n'avait vu que la France insoumise pouvait avoir un discours violent. Nous serions magnanimes en le disant. À partir d'aujourd'hui, c'est un point de bascule. Vous avez raison. On sait que la France insoumise tient un discours violent.

12:50
Présentateur

Gérald Darmanin, des permanences LFI ont été taguées. Une alerte à la bombe a eu lieu hier sur le siège de LFI. Et Éric Coquerel, vous le citiez à l'instant, dit « J'ai peur que ça se termine très mal pour l'un de nous ». Est-ce que ça aussi, ça suscite votre inquiétude ?

13:05
Gérald Darmanin

Oui, bien sûr. Et moi, je condamne les agressions des permanences politiques de la France insoumise, comme les agressions qui touchent tous les militants, tous les candidats, quels qu'ils soient. Mourir pour des idées, mais de mort lente, disait Brassens. Je dis à M. Bompard, je dis à M. Coquerel, je dis à Mme Pannot, c'est à vous de dénoncer cette violence. Évidemment, la République, comme elle l'a toujours été, sera à vos côtés pour vous protéger physiquement. Parce qu'on ne tue pas en démocratie. Et quand il y a des propos relativisant la mort de Quentin, même si c'est un militant d'extrême droite, qu'importe, c'est un homme, c'est un enfant, une famille a perdu un enfant.

Donc il faut qu'aujourd'hui, la France insoumise revienne du côté de l'homme et de l'humanisme.

13:42
Présentateur

Une question encore sur l'efficacité ou non de dissoudre des groupuscules. Vous le disiez, la jeune garde, officiellement, a été dissoute. Sauf que cet été encore, elle tenait un stand avec pignon sur rue, j'allais dire, sur l'université d'été de la France insoumise. Sauf que, semble-t-il, les membres ou ex-membres de la jeune garde continuaient à se réunir, à prendre, semble-t-il, un train pour aller à Lyon, pour être ensemble là-bas. En fait, quand on dit « on dissout », est-ce que finalement, ça ne sert à rien ?

14:14
Gérald Darmanin

Non, ça sert. Le problème, c'est que pour la jeune garde, il y a un appel. M. Rotaillot a demandé la dissolution de la jeune garde.

14:20
Présentateur

Oui, mais cet appel n'est pas suspensif. Officiellement, c'est dissout.

14:23
Gérald Darmanin

Ce qui fait que, quand les groupes se réunissent, regroupement de ligues dissoutes, comme on dit dans le langage populaire, et qu'on voit que les gens sont ensemble, quand la dissolution est définitive, ça permet une qualification pénale. Avant même qu'ils aient fait quelque chose, le fait qu'ils soient ensemble permet aux policiers de les interpeller et de les faire condamner. J'ai dissout « génération identitaire ». Ils se sont reconstitués, on a pu les interpeller et les faire condamner. J'ai dissout le GAL, qui est un mouvement d'ultra-gauche qui était déjà à Lyon. Ils se sont reconstitués, on a pu les faire condamner devant la justice.

C'est aussi le cas de beaucoup de groupements et de groupuscules islamistes. Ce n'est pas la solution à tout, la dissolution, mais il est évident que c'est un premier pas qui permet d'éviter qu'ils aient une association, de l'argent, qui puisse rester en justice. La jeune garde, par exemple, elle fait partie de l'ensemble des tracts, des communications, lorsque j'ai voulu dissoudre le soulèvement de la terre, par exemple, ou attaque en justice, puisque c'est une association, quand elle existe, peut attaquer quelqu'un, un homme politique, un journaliste, pour pouvoir lui mettre la pression. Ce n'est pas la panacée, mais c'est une arme très importante.

15:26
Présentateur

Deux questions encore dans l'actualité, l'une sur le statut de victime et l'autre sur l'homme qui a attaqué un soldat sous l'arc de triomphe. Le statut de victime, vous dites désormais que vous voulez aussi être le ministre des victimes. Ça va se traduire comment ?

15:40
Gérald Darmanin

D'abord qu'on puisse les accompagner dès qu'elles sont devant la justice. Parfois, l'agresseur supposé croise la victime supposée dans l'ascenseur, alors qu'il y a eu une confrontation chez le juge d'instruction. Parfois, on n'accompagne même pas une victime quand elle attend depuis 6 ou 7 ans le procès parce qu'il y a diverses actions qui sont faites par la partie adverse. Par exemple, on ne lui donne même pas une information, même pas un mail, même pas une communication. Parfois, lorsque, par exemple, j'ai un cas, j'ai reçu cette victime la semaine dernière, exactement mardi, elle me dit « Voilà, mon agresseur est mort.

Je l'ai su par l'avocat après 6 ans d'attente, par l'avocat, par mon confrère qui a reçu un appel de sa consœur et personne, aucun greffier, aucun magistrat, aucun agent du ministère de la Justice m'a prévenu qu'il n'y avait plus de procès puisqu'on ne condamne pas les morts et qu'on ne poursuit pas les morts. Donc, il y a un manque de respect.

Alors, pas toujours, pas tout le temps parce que dans les juridictions, il y a des gens qui font des choses formidables, il y a des associations de victimes qui font des choses formidables mais de manière générale, les victimes, les usagers de la justice ne sont pas très bien reçus et donc, il faut que nous fassions attention à ça, que nous ayons de l'empathie et du cœur auprès des victimes.

16:43
Présentateur

Gérald Darmanin, vendredi soir, un homme a attaqué un soldat sous l'arc de Triomphe au moment du ravivage de la flamme du soldat inconnu. Cet homme avait déjà été condamné pour des faits de terrorisme, il avait purgé sa peine, il était sorti de prison et il suivait d'ailleurs, semble-t-il, un programme de déradicalisation. Il semble que ça n'avait pas tout à fait marché. On sait qu'il y a 35 personnes condamnées pour des faits de terrorisme qui vont sortir de prison d'ici 2027. Est-ce que chacun pourrait à nouveau passer à l'acte comme ça a été le cas vendredi soir ?

17:12
Gérald Darmanin

Ah oui, bien sûr, c'est les sortants de prison radicalisés ou condamnés pour terrorisme, il y en a à peu près 700 dans les prisons françaises, tout confondu, des gens condamnés et des gens qui se sont radicalisés soit en prison soit avant de rentrer en prison, oui, ils sont très dangereux quand ils sortent de leur prison. C'est pour ça que pour ceux qui sont étrangers, je m'évertue à les expulser du territoire national et pour ceux qui sont français avec le ministère de l'Intérieur puisque quand ils sortent de prison, c'est le ministère de l'Intérieur qui les surveille, qui les accompagne, qui les suit, qui les interpelle quand il y a un doute.

Nous demandons des moyens supplémentaires notamment d'accès au réseau et au réseau téléphonique. Il faut que les Français sachent que nous n'avons pas accès intégralement au réseau crypté, à WhatsApp, à Signal, à Telegram. Hier, les écoutes téléphoniques classiques nous permettaient d'interpeller les gens avant qu'ils passent à l'acte et là, pour des gens extrêmement dangereux, nous demandons, avec Laurent Nunez, hier avec Bruno Retailleau au Parlement et j'espère qu'on aura bientôt des moyens pour pouvoir suivre ces personnes. Ça vous manque pour l'instant.

18:06
Présentateur

Merci Gérald de Darmanin d'avoir répondu à mes questions ce matin. C'est un ministre de la Justice.