[REPOST] INFIRMIER EN SOINS PALLIATIFS, LES PATIENTS QU’IL A ACCOMPAGNÉS DANS LEUR FIN DE VIE
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et elle me dit très poétiquement que derrière çaa bientôt et cette cette main tendue il y a juste l' d'un remerciement en fait d' d'un me remercier d'avoir été là tu vois waouh je vais pleurer C fois dans l'émission je dis bonjour tout le monde et bienvenue sur légende aujourd'hui notre invité s'appelle Xavier on l'appelle l'homme étoilé c'est son pseudo qu'il utilise pour écrire des BD sur son métier il est inf prier en soin palliatif c'est l'accompagnement des patients en fin de vie c'est très intéressant c'est très profond je suis très content de pouvoir faire cette émission aujourd'hui si vous voulez vous aussi passer raconter votre métier si vous avez un métier étonnant vous avez des anecdotes de vie si vous arrivez quelque chose d'incroyable vous êtes tous les bienvenue il suffit juste de m'envoyer votre numéro de téléphone avec une petite explication par email à contactlgendgroup.fr et c'est parti avec Xavier alias l'homme étoilé bonjour je m'appelle Xavier je suis infirmier en S palliatif et également auteur de bande dessinée sous l'obtinon de l'homme étoilet et aujourd'hui je vais vous parler de moi et ben bienvenue Xavier l'homme étoilé tu vas nous expliquer pourquoi l'homme étoilé et tu vas nous expliquer ce que ça veut dire soin palliatif euh si tu veux bien et après on va parler de tes BD aussi euh c'est un sujet qui est très intéressant je te remercie de venir nous raconter ce que tu fais au quotidien c'est un un métier qui est assez incroyable quand on a eu entre guillemets la malchance d'aller dans un service de soin palliatif euh qui sont en fait des services de de fin de vie c'est ça pas que et je pense même que parfois c'est surtout aujourd'hui en France c'est c'est presque une chance de pouvoir y accéder c'est ce qu'on constate parce que il y a quand même 22 départements en France qui n'ont pas d'unité de soins palliatif et donc on a énormément de personnes qui n'ont pas la chance de passer par les soins palliatifs pour pour être accompagné dans dans leur fin de vie donc les les soins palliatifs en fait c'est l'ensemble des des soins qui vont œuvrer à optimiser le le confort et la qualité d'une vie de vie de d'une personne atteint d'une maladie grave ou incurable euh donc c'est des soins qui vont se concentrer sur tout ce qui peut être source de souffrance que ce soit la souffrance physique ou psychique ou sociale ou même spirituelle c'est marant tu parles très doucement on sent que tu es très doux c'est assez agréable c'est qu'on se disait avant je pense que c'est l'habitude aussi quand tu accompagne c'est pas des des endroits où on parle fort c'est pas des endroits où on est dans toutes ces émotions et cetera enfin dans toutes les émotions on va pas crier on va pas et ca quoi que tu vas nous raconter il se passe des choses parfois assez incroyables c'est les métiers où faut se donner quand même humainement ça fait combien de temps que tu fais ce métier là toi euh ça fait 15 ans que je suis infirmier et dans ma carrière j'ai surfé entre les soins palliatifs et l'oncologie euh qui le le service des cancers le cancer oncologie c'est donc ça fait quand même 15 ans que je suis confronté au SO palliatif de de de de de manière quotidienne quoi eu là j'ai ton ancienne BD on va en parler après parce que c'est un lien avec évidemment ce que tu fais je suis au-delà de la mort ça c'était une de tes premières BD tu en as fait trois en tout je vous mets des liens clicable sous la vidéo si vous allez chercher la nouvelle s'appelle constellation l'homme étoilé donc c'est aux éditions Le Lombard cette fois donc c'est toi l'homme étoilé entre colis de façon assez facilementilà pourquoi tu t'appelles l'homme étoilé c'est une petite patiente qui m'a donné ce ce surnom euh dont j'ai raconté l'histoire la rencontre dans une de mes premières BD à la vie et c'est c'est une histoire assez mignonne c'est l'histoire de Blanche une patiente de près de 80 ans de mémoire qui qui arrive dans notre service et qui fait face à à l'impossibilité de la médecine de la guérir elle a attteendre d'un cancer en phase terminale elle sait qu'elle va prochainement mourir dans notre service et elle est murée dans une une profonde tristesse une grande dépression et moi je suis tout jeune diplômé à l'époque je viens d'arriver à mes dans dans ce ce service de soin palliatif et j'ai qu'une envie en fait c'est de de de de de pouvoir apporter un un petit plus de vie à chacun de mes patients à l'époque je travaille beaucoup en musique et tous les matins quand je m'occupe de Blanche je lui propose de la musique lors des soins et elle accepte volontiers mais je sens que rien ne la rencontre tout tout la traverse et et les soins s'opère dans dans dans un silence mais très pesant il y a pas d'échange on se dit rien mais juste les musiques que je lui impose d'une certaine manière et au bout d'un moment c'est très frustrant pour moi parce que parce que c'est pas ce que j'ai envie de lui apporter en fait j'ai j'ai envie de lui apporter quelque chose de de leur du plaisir du confort et et j'y arrive pas et donc au bout de quelques jours je me fais plus insistant le matin en lui demandant de choisir le programme musical de la matinée et elle me réponde que que voilà je peux mettre ce que je veux c'est c'est pas important mais mais j'insiste j'insiste et j'arrive à à la faire dire du du bout des lèvres que quand elle était plus jeune elle aimait brê en plus moi tant belge brê ça me parle donc je lui mets BR bel c'est ça et je suis tellement heureux en fait qu'elle m'ouvert cette petite porte que que je fonce dedans et et je je je prends son pied à perfusion guise de micro et je chante sur brelle je danse sur brelle dans sa chambre et je la vois sourire et le lendemain euh staffille vient lui rendre visite et en passant dans le couloir elle me voit et elle me dit ah c'est vous et du coup sur mon air un peu interrogatif elle me dit qu'en fait la veille elle est allit rendre visite à sa maman que quand elle est rentrée dans sa chambre elle la surprise en train de sourire ce qui était pas arrivé depuis longtemps a priori et quand elle lui a demandé ce qui se passait elle lui a répondu c'est l'homme étoilé qui m'a mis du brê et je pense qu'elle a tout simplement pas vu mon nom sur ma blouse blanche et elle me elle me désigne aux étoiles qui sont tatou autour de mon bras W et ça m'a touché parce que ce ce petit nom tu vois il il symb isait il concentrait tous les efforts que j'ai pu mettre dans la chambre de cette patiente pour juste lui apporter un peu de vie en fait et donc quand j'ai commencé à à partager mes récits sur sur Instagram d'accompagnement et que j'ai voulu les rassembler sous sous un nom de plume j'ai choisi celui-là magnifique félicitation c'est c'est un c'est un métier absolument incroyable ça fait longtemps que je voulais recevoir quelqu'un qui était dans un de ces services là on se rend pas compte à quel point vous êtes formidable tous euh et à quel point vous donnez c'est moi ça m'a beaucoup marqué je raconterai une anecdote et je vous raconterai après anecdote qui m'est malheureusement arrivée dans un de ces service là-bas est-ce qu'il y a des gens qui en sortent des soins palliatifs qui finalement arrivent à récupérer un peu par miracle est-ce que tu as déjà vu des gens qui en reparté alors par miracle non mais ce que les gens ne savent pas forcément autour des soins palliatifs c'est que on n accueille pas que des personnes en fin de vie il y a il y a toute une dimension dans les soins palliatifs qu'on appelle les soins de support qui vont avoir pour but d' accompagner des personnes en situation de soins soit curatif soit palliatif donc par exemple une personne atteintte d'un cancer dont les traitements vont avoir pour but de la guérir de ce cancert ou de lui permettre de vivre le plus confortablement possible malgré ce cancert et ces personnes là on est aussi amené et habilité à les prendre en charge pour euh traiter tout ce qui va être source d'inconfort autour de la maladie ou du traitement de la maladie on a des personnes qu'on va suivre parfois pendant plusieurs semaines plusieurs mois plusieurs années et et donc voilà il y a il y a des personnes effectivement qui rentrent en S palliatif et qui qui en sortent pourquoi tu as choisi ce service et à un moment donné on narrive pas là par hasard je pense que dans mon histoire personnelle il y a énormément de choses aujourd'hui qui qui qui font sens et et lien avec ça euh j'ai j'ai une maman qui a été exposée quand j'étais très jeune à de nombreux problèmes de santé que je comprenais pas euh et je quand quand tu es enfant c'est c'est pas forcément facile de de voir ta maman malade et de pas savoir comment tu peux l'aider et et je pense que ouais quand j'ai frappé à la por d'une école d'infirmière j'avais cette volonté quelque part de d'accompagner les gens autrement que simplement en leur donnant des médicaments et des soins mais mais j'avais cette cette envie de les accompagner humainement avec ce que je suis en fait tu vois et en fait à la base quand j'ai j'ai démarré ces études d'infirmiers moi je me destinais à la à la psychiatrie je sortais de 2 années d'une fac de psycho et j'avais envie de j'avais une soif de de de rencontre de soins relationnel en fait de de de pouvoir soigner l'autre avec des des compétences presque de l'ordre de d'une psychologue en fait et j'ai fait un stage en psychiatrie qui a pas forcément rencontré mes attentes et c'est finalement en étant exposé à des personnes en fin de vie que je me suis rendu compte que là j'avais quelque chose à exprimer dans dans ces moments si fragiles tu vois où où où souvent ben les patients qu'on admet se sentent bah déjà plus morts que vif et notre mission c'est justement de leur rappeler qu'ils sont encore en vie et qu'il y a des moments à investir et moi je trouve ça passionnant quoi eu est-ce que parfois ça t'énerve de voir des gens qui font n'importe quoi de leur vie alors queil y a des gens qui aimeraient vivre et qui peuvent pas quand tu vois des gens partir alors qu'ils ont envie de rester et tu vois des gens faire un peu n'importe quoi à côté dans la rue et cetera tu te dis mais vous êtes en bonne santé vous rendez pas compte est-ce que tu as ce côté-là maintenant non non parce que je me je je me garde de de de juger ce que les gens font de leur vie en fait mais c'est vrai que je pense que à titre perso le le fait de voir des personnes dans des situations parfois très précaires très très fragiles bah ça te fait un petit peu repenser ta propre vie et et le la fragilité de ta vie et et l'impératif besoin de d'en profiter de pas en faire n'importe quoi ouais tu es tu es venu de Bruxelles à la base tu viens tu rencontres une une femme on va la faire courde mais pour pour comprendre tu viens en fait habiter en France pour une femme c'est ça pour comprendre ton parcours parce que tu es belge tu disais ouais c'est ça j'ai fait mon école à à Bruxelles et puis 6 mois après le diplôme j'ai rejoint ma compagne de l'époque à mes et ça fait maintenant bah 14 ans que j'y vis pourquoi tu commences la BD à côté j'ai toujours dessiné en fait toujours j'ai toujours été passionné un grand consommateur de bande dessiné moi-même j'ai toujours adoré dessiner sauf que j'en ai jamais rien fait de de de professionnel quoi parce que parce que j'étais pas le plus convaincu par par mon talent tout simplement et c'est sur l'insistance de mon frère à l'époque et de de ma compagne de l'époque que je j'ouvre un compte Instagram en 2016 de mémoire et que je commence à à partager des des petites tranches de vie du quotidien un peu en mode un gar une fille tu sais avec ma compagne et en parallèle en soin palliatif je collecte tellement de de beaux souvenirs et de belles anecdotes et on m'invite tellement jamais en parler en fait euh parce que dès que je dis que je suis infirmier en soin palliatif je je je récolte des des réactions d'apitoimment et les gens ont pitié de de mois euh que je me dis il faut que je trouve un espace en fait pour raconter tout ça et puis il y a eu des rencontres qui ont été qui ont été comment dire des éléments déclencheurs de tout ça et donc un jour ben je décide de rediriger mon mon lectorat sur Instagram vers ces ces anecdotes de de son palliatif tu me parlais tout à l'heure de la dame qui t'avait appelé l'homme étoilé euh et la su que tu Allis taper comme ça après en BD non non parce que c'est une histoire qui s'est passée entre 2010 et 2011 je dirais donc à la pauvre elle est décédée entre tempemps donc elleelle l'a jamais su non première leçon de vie tu tu tu tu parles d'une première leçon de vie quand tu démarres dans un service de donc palliatif en pneumologie première année d'étude elle s'appelle Polette parce qu'il faut savoir que dans ta dernière BD là il y a des histoires vraies que tu as réadapté en gros que tu expliques tu les romances ou tu as essayé d'être le plus proche de la réalité de ce que tu as vécu non c'est c'est c'est c'est véritablement comme ça qu'elles se sont passées il y a tout un travail forcément quand tu fais de la BD d'agencement si tu veux pour les rendre racontables geste voilà c'est ça et puis aussi pour pour bah pour qu'il y a un début et une fin tout simplement mais elles se sont véritablement passé comme ça et poolette ouais effectivement c'est c'est une histoire assez dingue parce que première année de d'étude premier stage en pneumologie à Bruxelles première patiente dont on me confie la prise en charge et elle m'adresse pas un mot je rentre dans sa chambre et du moment où je rentre que je lui dis bonjour que je l'assaille de questions jusqu'au moment où je sors elle ne me dit pas un mot tu continues de lui parler ouais et parce que parce que je j'en veux tu vois je j'ai fait cette école je je je suis bien dans ces études je sens que j'ai quelque chose à exprimer j'ai j'ai une vraie envie de de de me dévouer tu vois pour pour mes patients et et rien quoi et et au début je me dis B je sais pas je suis gauche il y a un truc que je fais mal je y a quelque chose à apprendre une leçon à tirer tout ça et au bout d'un moment ça m'agace en fait parce que je je me dis merde enfin je je je mérite quand même au moins une réponse à un bonjour tu vois mais rien et c'est une histoire qui se passe sur 5 jours c'est tout bête le vendredi le vendredi matin je j'arrive dans sa chambre mais mais presque en colère et je me souviens que pendant que je rempl sa bassine d'eau avant de faire sa toilette je me dis tu veux pas parler bah c'est pas grave je vais parler pour deux et à ce moment-là je suis dans dans dans les prémises de de ma relation amoureuse avec celle qui qui sera m'accompagne pendant 15 ans après euh on a ça fait 3 ans qu'on correspond sur les réseaux sociaux on s'est jamais rencontré et le weekend qui qui vient on doit se rencontrer pour la première fois à mes et je lui raconte tout ça en fait et donc pendant je sais pas les 20 minutes une demi-heure que je passe dans sa chambre en mode véritable diarré verbal tu vois je parle tout seul tout seul tout seul en continue et euh fais un podcast solo exactement et je me dis c'est pas grave je je vais je vais meubler l'espace Sonor tout seul et une fois que j'ai fini de raconter mon histoire et que la toilette est finie ben bonne journée palette au revoir le weekend se passe très bien je reviens à Bruxelles des étoil plein les yeux et entretemps j'ai un peu oublié Polette et euh estce que ça se passe bien avec elle avec ta avec ta future copine et donc bah le lundi suivant quand je retourne dans la chambre de Polette je sens qu'elle m'accueille pas de la même façon euh il il y a plus cette espèce d'hostilité et de mépris dans son regard il y a un peu quelque chose de l'ordre de la curiosité et donc bah je commence sa toilette et au bout d'un moment elle me regarde elle me dit et alors et je dis alors quoi elle me dit à votre weekend avec la petite française ah c'est vrai et et je me dis enfin en fait à partir de ce moment-là toute la dynamique de notre relation s'inverse et cette patiente cette première patiente elle devient la confidente de de ma relation amoureuse naissance c'est-à-dire que tous les jours elle me demande des news tu vois je je lui je lui montre les SMS qu'on s'échange les photos qu'on s'est envoyé et tout ça et en fait elle m'offre une leçon mais mais mais magistral et je je m'en suis pas je le dis avec humilité je m'en suis pas rendu compte sur le moment même je m'en suis rendu compte quelques années plus tard elle elle elle m'apprend en fait cette patiente que tant que tu considères tes patient comme une somme de mots euh comme des symptômes les symptômes d'une maladie bah tu arrêtes de les faire ouais tu arrêtes de les faire exister en tant qu'être humain et hi poolette c'est une petite dame qui qui qui de mémoire é éta atteinte d'un cancer pulmonaire qui est enfermé dans cette chambre d'hôpital depuis plusieurs semaines et qui a besoin qu'on lui raconte en fait comment la vie continue à s'écouler au dehors de l'hôpital et ettant que moi je je m'inquiète juste de savoir comment va son transit si elle a mal ou pas je la fait exister qu'à travers sa maladie en fait pourquoi elle te parlait pas au début tu penses parce que je je pense que j'étais un infirmier comme tant d'autres qui qui qui ne la faisait exister que qu'à travers ses mots qu'à travers ses symptômes et et je je men rends compte tu vois à postériori qu'effectivement quand je rentrais dans sa chambre les premières questions que je lui posais c'était c'était vraiment ton approche qui était un peu plus gauche que ce que j'ai réussi àirouis approch très théorique en fait c'estàdire que tu te tu te concentres alors heureusement sur sur son confort mais mais mais mais tu en oublie que bah c'est c'est une petite dame comme toi et moi avec des envies des besoins des rêves des aspirations qui est cloué dans un lit à l'hôpital et et qui aimerait bien qu'on se concentre pas que sur euh sur les symptômes pénibles de sa maladie vous cré un lien du coup qui a duré jusqu'à la fin jusqu'à la fin de ce stage he c'était un stage donc je je l'ai côtoyé a quelques semaines Polette euh je je t'avoue que j'ai plus trop en mémoire comment les choses se sont passées ensuite je pense que j'ai quitté le le stage alors qu'elle était encore hospitalisée et j'ai j'ai pas gardé de contact avec elle non euh après on repense à tous ces gens qu'on a croisé quand dans ton métier bien sûr ouais oui c'est c'est c'était même un peu le propos de toute cette aventure dessinée c'est que j'ai vécu plein de de rencontres humaines mais tellement riches et tellement passionnantes que au bout d'un moment j'ai éprouvé le besoin comme un album photo de de les figer sur le papier pour euh pour avoir un endroit où il revenir quand j'en ressens le besoin et et certains de de de mes patients sont sont devenus des des personnes qui qui m'ont apporté énormément compé dans ta vie mais c'est ça et chaque fois des petits chapitres de ma vie tu vois et des personnes qui m'ont qui m'ont parfois fait grandir en tant que soignant mais aussi en tant que commomme tu as déjà vu est-ce que tu es déjà venu voir des patients lors d'un jour de congé ça m'est arrivé une fois ouais c'est une histoire que je raconte dans constellation l'histoire de Mona et Mona c'est c'est histoire complexe c'est une petite dame qui que que je côtoie enfin qui a été hospitalisée à deux reprises dans notre service et la première fois je la rencontre à un moment assez important elle est en proie à une une profonde confusion elle part dans tous les sens et le délire à cause des médicaments et à cause de ce qu'on appelle un globe vésical c'està-dire qu'en fait sa vessie ne draine plus ses urines elle arrive plus à faire pipi et et souvent ben le symptôme associé à ce problème c'est un état un peu confusionnel et délirant et donc au moment où comprend ça il il y a qu'une chose à faire en fait je lui pose une se urinaire et elle revient à elle-même forcément dans les les les les minutes qui suivent le l'acte et pour moi c'est un geste anodin des patients j'en ai sondé à des centaines mais pour elle c'est je je je viens de la sauver en fait parce que la chose qu'elle redoute le plus c'est ça c'est de devenir une espèce de de de vieille délirante un légume dans un dans un lit et de perdre le contrôle c'est une personne qui a vraiment besoin de tout maîtriser de tout contrôler et à partir de ce jour-là elle m'appelle mon ange mon ange protecteur et on a une relation très particulière elle et moi elle s'entend bien avec tout le monde dans l'équipe mais il y a qu'une personne à laquelle elle se confie c'est moi même la psychologue arrive pas à à grapill autant d'information que moi et je sens que cette patiente est dans une une grande souffrance mais qu'elle tit parce qu'elle est pas habituée à parler d'elle et à parler de de de de ce qui se passe en elle comme Polette finalement au départ Polette je pense que c'est plus que je l'emmerdais en fait profondément tu tu vois elle avait pas envie de perdre de temps avec moi et et donc elle elle voyait pas pourquoi elle voyait pas pourquoi elle devait me répondre parce que je j'avais rien à lui apporter Mona c'était différent j'étais j'étais j'étais on avait énormément d'échanges des échanges passionnants c'est c'est une petite dame qui avait été sociologue pendant 30 ans et donc elle elle avait une lecture très intéressante de de tous les faits de société de et un jour j'arrive à la faire parler j'arrive à lui faire parler de de toutes ses inquiétudes de tout tout ce qui tout ce qui l'assaille et je me dis waouh j'ai j'ai réussi un truc quoi je suis fier de moi et je me dis ça va ça va donner suite à plein d'autres échanges et en fait non pas du tout le lendemain elle me congédie quoi je rentre dans sa chambre elle veut plus me voir elle veut plus me parler et et je sens que je suis devenu le le mauvais objet et je comprends pas pourquoi et toute son hospitalisation cette deuxième hospitalisation c'est qu'un jeu de de pingpong comme ça c'est-à-dire que un jour elle m'accueille à bras ouverts avec beaucoup d' muitié de tendresse et le lendemain elle veut plus me voir et son état se dégrade assez rapidement et Mona voulait absolument être sédaté avant de perdre le contrôle de perdre la maîtrise qu'est-ce que ça veut dire sédaté pour expliquer chaque terme c'est important en fait la sédation c'est endormir quelqu'un chimiquement donc avec des traitements pour lui permettre de de de ne plus ressentir tout ce qui peut être forme de de souffrance souffrance morale souffrance physique c'est euh c'est c'est soumis à plusieurs critères tu dois remplir certains critères pour pouvoir prétendre à une sédation qu'elle en l'occurrence remplissait puisqu'elle était elle était proie à une douleur physique et une douleur morale que que les traitements ne suffisaient plus à soulager et donc elle a demandé à être sédatée donc elle a été endormie par des sédatifs euh et elle est décédée alors de mémoire de TR jours plus tard la céation en fait c'est on t'emmène tout doucement en fait vers vers ton décès sans que tu te rendes compte quoi c'est ça tu dors jusqu'à ton décès c'est c'est c'est c'est plus face à l'échec des des traitements pour te soulager euh la la sédation elle va avoir pour objectif de te permettre de ne plus ressentir de ne plus ressentir la douleur de ne plus ressentir la souffrance euh le patient est endormi comme toi et moi quand on dort en fait c'est-à-dire que elle peut être alerte de temps en temps à ce qui se passe autour d'elle sans forcément être capable d'y réagir mais en tout cas elle est plongée dans un sommeil chimique qui assure son confort et et donc elle demande à être sédaté et les médecins acceptent cette la mise en place de cette sédation et j'apprends ça sur un jour de repos et le médecin de mon service très gentiment m'envoie un sms parce que parce qu' il est au courant de de cette relation très très particulière qu'on a elle et moi pour me prévenir qu'elle va être sédé dans l'après-midi que ces filles ont été prévenues qu'elles seront là et je me dis mais qu'est-ce que je fais j'ai j'ai conscience en fait que que cette patiente a toujours exprimé le besoin de moi pendant son h hospitalisation et moi j'ai à cœur d'être là pour elle et et je me dis je je peux pas concevoir en fait qu'elle qu'elle s'endorme qu'elle ne se réveille plus sans qu'au moins j'ai pu lui témoigner lui exprimer un dernier témoignage Deah de sympathie et d'amitié tu vois et donc je décide d'aller la voir dans ton jour de congé ouais sur ce jour de congé et elle m'accueille très mal ah c'est vrai ouais euh je je je rentre dans sa chambre je je sais pas ce que je fantasme à ce moment-là mais je fantasme un moment plein d'émotions tu vois c'est c'est le dernier instant qu'on va partager quoi et au moment où je rentre dans sa chambre elle me regarde du coin de l'œil et puis elle lève les yeux elle tourne la tête et je dis ok c'est je je je vais pas obtenir ce que j'étais venu chercher je pense et je me sens con en fait je je m'assis à côté d'elle sur son lit et je me dis mais qu'est-ce que je suis venu chercher et surtout qu'est-ce que tu dis à une personne qui va être endormie et qui se réveillera plus bonne nuit enfin c'est stupide en fait et et donc ouais est dans un silence très très malaisant et très gênant et bah je finis par par quitter sa chambre je lui dis que je vais la laisser je que je ressens qu'elle elle a besoin d'être tranquille et au moment où je pars en fait elle elle agripe ma main et je je je vois les larmes couler le long de ses jous et elle me dit à bientôt et je comprends pas en fait à bientôt qu'est-ce que ça veut dire et je sors de sa chambre et je je m'effondre moi-même et cette situation comme comme beaucoup j'en ai énormément débriefé avec la la la psychologue de de notre service et ce qu'elle m'a dit c'est que j'avais été trop vite trop loin euh c'est que cette patiente en fait elle avait entrepris de se détacher tu vois de de tout et euh et et au moment où elle entreprend de se détacher ben moi j'arrive avec toute cette gentillesse et cette douceur et et elle a pas envie de ça en fait elle ce qu'elle veut c'est bah se préparer à l'idée de sa mort et et en plus de ça moi je l' fait parler chose qu'elle elle a jamais fait durant sa vie elle a toujours tout gardé pour elle et elle me dit très poétiquement que derrière çaa bientôt cette cette main tendue euh il y a juste l'idée d'un remerciement en fait d'un d'un me remercier d'avoir été là tu vois waouh je vais pleurer CIN fois dans l'émission je le dis euh c'est ça do être très très difficile nerveusement en fait tu dois le soir repenser à à à tous ces gens quand tu étais en couple pendant 15 ans tu tu débrifais le soir ta femme t'accompagne elle est elle est infirmière elle aussi donc ouais on en parlait beaucoup euh après j'ai trouvé dans le dessin aussi une manière de de de débriefer avec moi-même euh de certaines dans d'exutoir de ouais c'est ça pas toujours parfois ça avait juste valeur de témoignage j'avais envie de de de rendre hommage à une personne que que que j'ai rencontré qui a compté pour moi mais mais au bout d'un moment effectivement j'ai trouvé une une possibilité aussi de de mieux comprendre certaines certaines choses que j'avais vécu certains comportements que j'avais pu avoir ou qu'un patient avait pu avoir avec moi et et oui ça ça a effectivement valeur de d'exutoire et de catartiste parfois ou tu disais dans une interview qu'il faudrait des gens qui écoutent les besoins et et la vie des des patients dans tous les services c'est c'est pas assez le cas vous AZ pas assez le temps en fait euh oui alors le temps clairement on en manque à l'hôpital l'hôpital il s'est orienté vers une politique de de rentabilité à tout prix euh qui fait que les soignant ont plus le temps et et les soins palliatifs c'est un petit peu cet endroit isolé dans lequel on essaie de remettre le temps au centre de la prise en charge le patient au centre de la prise en charge et comme les soins palliatifs c'est une prise en charge globale du patient dans sa globalité dans dans dans dans tous les aspects de de de ce qui peut être source d'inconfort pour lui effectivement il y a une impérative nécessité de de retrouver du temps mais ce qui est assez dramatique effectivement c'est de te dire que on a on a créé un service appelé soin palliatif dans lequel quand tu es condamné quand tu es en fin de vie ou attend une maladie incurable effectivement là on on t'offre du temps tu dis philosophie de des soins palliatifs c'est rajouter de la vie c'est ça c'est toi qui l'a donné ah c'est ajouter de la vie au jour à desfut d'ajouter des jours à la vie j'aurais aimé être avoir la paternité de cette cette phrase mais c'est pas moi qui qui l' dite c'est le professeur Bernard qui était un grand oncologue et et c'est effectivement toute la la philosophie des soins palliatifs c'est l'idée que quand tu peux plus ajouter de de jour à la vie tu peux encore ajouter de la vie au jour tu as un psychologue toi pour toi tu disais il y a une a une P qui doit être au service des patients est-ce que vous parfois elle passe du temps pour vous pour que vous alliez mieux ouais tout à fait alors on a on a des groupes de paroles on a des des des des espaces d'échange et puis et puis au quotidien comme on a une psychologue qui qui est à temps plein dans le service elle est aussi dispo pour les patients que pour nous est-ce que tu es déjà allé à à un enterrement parce que tu tu me parles de plein de gens et cetera tu dis que tu es déjà allé voir quelqu'un dans une lors d'un jour de congé est-ce que tu es déjà allé à l'enterrement d'un patient qui a décédé de ton service non mais je vais pas aux enterrements euh c'est c'est c'est idiot c'est c'est peut-être très personnel mais quand mon grand-père est décédé euh j'ai pas pu aller à son enterrement pour tout un tas de raisons et j'avais énormément d'amour affffection pour mon grand-père et je me suis dit si je peux pas aller à ton enterrement je n'irai plus à aucun enterrement et donc je ne vais pas aux enterrements voilà et puis en plus de ça euh si les gens il trouvent du sens tant mieux pour eux moi je trouve pas de sens je me souviens que quand une de mes grand-mères est décédé j'ai j'ai j'ai entendu un mec qui la connaissait pas parler d'elle pendant un quart d'heure comme s'il l'avait côtoyé tous les jours et ça m'a dérangé j'ai vu son cercueil partir sur un petit rail comme ça avec deux portes s'ouvrir et puis tu comprends le reste et je me suis dit mais mais quel sens ça a tout ça en fait ça me fait pas du bien donc ououi c'est ça ça ça ça casse en fait finalement c'est les images qui te restent après c'est ça et donc euh voilà je après il y a des gens pour qui ça ça mais totalement et et tant mieux et heureusement que ça existe mais c'est pas mon cas donc je j'en éprouve pas le besoin et euh et donc non j'y vais plus est-ce qu'il t' déjà arrivé de prendre une place un peu trop importante dans la vie d'une patiente il est plus arrivé que un patient prenne une place trop importante dans ma vie euh après je pense que voilà la la la question c'est toujours de savoir où tu mets les les les les curseurs tu vois je te parle de Nan l'histoire d'une nan oui ouais oui effectivement euh oui c'est c'est une histoire dingue n je pense que c'est une des histoires les plus dingues que que j'ai raconté nan c'est c'est une petite mamie de de plus de 70 ans qui est atteinte d'un cancer incurable qui est dans mon service qui qui qui sait qu'elle va y décéder dans les semaines à venir mais j'ai l'impression qu'elle accueille ça avec beaucoup de philosophie en fait et on parle pas trop euh ces symptômes sont plutôt équilibrés et donc on a beaucoup de de temps d'échange elle et moi et ça matche tout de suite avec elle il y a vraiment un truc qui se passe que sur lequel j'arriverai pas à mettre de mots mais mais mais ça passe quoi tout de suite elle m'appelle mon Viking ça l'amuse beaucoup et euh et puis un jour lors d'un soin euh on en vient en parler de du fait que mes quatre grands-parents sont décédés sur l'invalle assez court euh et que du coup je suis orphelin de grands-parents aujourd'hui et elle me dit avec euh avec humour et un même un peu de malice comme ça ah bah si ça ti qu'à ça moi je veux bien vous adopter en tant que Petitfils et j'aime bien l'idée en fait je trouve ça drôle et donc je me dis bah pourquoi pas et euh et donc on joue ce jeu-là pendant son hospitalisation elle devient ma grand-mère adoptive et moi son Petitfils adoptif si tu veux et euh au milieu de son hospitalisation elle fête son anniversaire et donc le matin euh fois les transmissions terminées avant de démarrer le tour de mes patients euh je lui griffonne un petit un petit Xavier avec un gâteau d'anniversaire j'écris joyeux anniversaire nan et j'ambitionne d'aller glisser ça sur sa table de chevet tu sais en douce le matin elle est encore endormi elle se réveille quand je rentre dans sa chambre et au moment où elle saisit dessin elle elle pleure d'émotions euh mais des larmes de joie quoi d'émotions et là où je perd la maîtrise de l'histoire c'est que le lendemain elle fait plastifier ce dessin et elle le fait accrocher à son téléviseur juste en face d'elle et c'est mon pro premier moment de de de gêne et de malaise parce que si tu veux pour te situer un peu sa chambre son lit est là elle a une table de chevet un petit peu derrière elle sur laquelle tu as des cadres avec des photos de sa famille qu'elle voit pas donc puisque c'est derrière elle et la seule chose qu'elle voit c'est mon dessin accroché à son téléviseur et je lu dis wouh est-ce que je suis pas en train de prendre une place qui est pas la mienne là et quelques jours plus tard nan finit par décéder et en fin de matinée je retourne dans sa chambre dans le but de récupérer ce dessin euh juste pour le conserver comme comme impression souvenir de cette rencontre et j'aime bien ça tu vois j'ai j'ai des petits objets comme ça chez moi qui qui des des des petits souvenirs quoi ouais et ces deux filles et son fils sont sont présents en chambre et je regarde le téléviseur et je vois que le dessin n'y est plus accroché et l'une des filles voit que je je g Le télur elles l'ont pas apprécié ou non non parce qu'en fait il s'est écoulé quelques jours entre entre ce dessin et son décès et Nanie tu sais elle avait une grande famille elle avait elle avait trois enfants elle avait plein de petits fils de petits enfants et encore plus derrière petits enfants elle avait pas besoin de moi si tu veux dans sa vie elle avait une famille bien bien bien remplie pleine d'amour très présente et j'étais accueilli avec beaucoup d'amour aussi par ses enfants et donc je vois que ce dessin on disparu et l'une de ces filles me dit elle a demandé à être enterrée avec et qu'est-ce que tu fais de ça en fait je je je je me dis wouh mais c'est pas ma place enin je nan c'est je l'ai côtoyé quoi quelques semaines c'est c'est une goutte d'eau tu vois dans l'océan de sa vie c'est c'est rien non mais en fait je pense que le temps compte c'est même pas triple c'est c'est ce que tu dis d'ailleurs c'est c'est tout est accéléré finalement là-bas ouais sans doute mais moi à ce momentl je le je le alors je le vis avec beaucoup d'émotions mais je me sens je suis pas du tout à l'aise de ça quoi et encore une fois on débriefe longuement de cette situation avec la psychologue de de mon service et elle me dit un truc très très juste qui qui conclut un peu l'histoire pour moi elle me dit c'est c'est pas à toi en fait de d'estimer la la place que les gens entendent te donner dans leur vie et pour terminer l'histoire ça je l'ai pas raconté dans la vie mais quand je je sors à la vie en librairie une des premiè dédicace que je fais en lirairie il y a trois nanas qui arrivent à ma table une toute petite qui m'engueule parce que je dessine dans les bouquins alors qu'elle elle peut pas et c'était très drôle et et les deux autres me tendent une enveloppe et j'ouvre cette enveloppe et à l'intérieur je retrouve un truc qui incroyable que j'avais oublié un selfie de Nan et moi en cours de speit elle voulait qu'on fasse un selfie elle et moi elle était marrante parce qu'elle malgré son âge était très jeune dans dans dans sa tête elle m'avait demandé si on pouvait faire un selfie donc on fait ce selfie moi jeav complètement oublié et il m'offre cette photo et plus que cette photo ils avaient pris ce dessin en photo le dessin avec lequel elle a demandé être enterré et ils l'ont imprimé il me le ramène ah waouh et donc c'est enfin c'est incroyable et tu vois ça fait partie de j'ai j'ai j'ai j'ai un petit endroit comme ça chez moi où j'ai tous ces souvenirs de de de personnes qui ont compté durant durant une hospitalisation ouis c'est c'est c'est vous qui préparez ça fait partie de votre métier de préparer les les défuns quand ils sont partis pour les présenter à la famille ou c'est quelqu'un d'autre qui fait ça on le fait de manière assez sommaire pour avoir exercé en Belgique en Belgique on faisait véritablement ce qu'on appelle une toilette mortuaire on préparait le patient avec les vêtements que nous nous confia la la famille euh en France en fait on comment dire c'est pas fait systématiquement euh si en a des vêtements à disposition si là la personne exprime l'envie d'être d'être apprêté et tout ça on peut le faire moi j'aime bien malgré tout tu vois faire un petit soin assez sommaire pour la présentation à la famille voouà tout simplement et est-ce que parfois tu as des des familles qui sont touchées par par ce que vous avez fait pour eux et qui vous invitent chez eux après qui vous ramènent des cadeaux tu vois qui ont des gestes oui ouais bien sûr et on a on a le frigo bien rempli parfois dans le service ah c'est vrai ouais euh après oui effectivement on a des des des des patients ou des familles qui euh qui qui éprouve le besoin de d'entretenir le lien euh parce qu'on a compté pour elle aussi à un moment un moment très critique et très particulier de de leur vie euh après comme je te disais c'est c'est à chacun de de de définir le cadre de cette relation et je je l'ai fait avec avec une personne avec le mari d'une patiente on a été amené à se rencontrer plusieurs fois après le décès mais je pense que c'est hyper important de de savoir où tu vas tu vois de de de de poser ce cadre de poser ses limites pour pas te te laisser submerger envahir non plus tu as déjà bu un coup avec quelqu'un avant de de avant qu'il se fassait dater qu' disait je voudrais boire un verre avec quelqu'un et tu es le seul là euh non pas de mémoire mais j'ai déjà bu un coup avec imp patient ouais mais non non pas pas de mémoire mais j'ai vécu des des descédations assez touchantes c'est vrai que dans dans dans dans dans l'imaginaire dans l'inconscient collectif on a du mal à imaginer qu'e qu'une sédation ça puisse être un beau moment mais oui véritablement c'est arrivé oui c'est vrai ouais j'ai j'ai l'histoire de Marie en tête c'est une passion dont j'ai raconté notre rencontre dans dans la vie également et c'est une rencontre assez particulière parce que c'est une patiente avec laquelle ça passe pas mais alors pas du tout euh il y en a plein a qui ça passe pas au début finalement là euh non c'est là c'est de mon côté que ça passe pas moi j'arrive pas à à à comment dire à à lui exprimer de la sympathie et de parce que il y a tout un jeu de transfert de projection entre elle et moi et elle me rappelle quelqu'un physiquement dans son intonation de voix dans sa manière de parler avec lequel ça passe pas à l'époque et et du coup j'arrive pas à m'occuper correctement d'elle si tu veux et et ça me met en difficulté parce que parce que ben c'est je veux dire à l'hôpital en tant qu'infirmier tu es censé accompagner tout le monde avec avec les mêmes égards avec le ce même souci de de bienveillance et et de dévouement mais sauf qu'elle j'y arrive pas et un jour Marie est en proie à des crises asphixiques elle est atteinte d'un cancer pulmonaire et il y a véritable des moments où elle elle se sent étouffée et je sens que j'ai une réponse uniquement médicamenteuse à ce problème là c'està-dire que je lui administre ce qui est prévu dans la prescription médicale pour passer ce cap si tu veux euh mais mais mais pas humaine j'arrive pas à rester à son chevet et un jour lors d'une de ces crises au moment où je quitte sa chambre elle me supplie ne m'abandonnez pas et je me sens mal je me dis waouh si elle le dit c'est que c'est ce qu'elle ressent et je m'assis à son chevet je lui prends la main et là elle me dit de manière très touchante j'avais un fils il était comme vous aussi grand que vous il avait le même look que vous et le jour où mon mari est décédé donc son père et ben il est parti et j'ai plus jamais eu de nouvelles de lui et je comprends à ce moment-là que de l'autre côté du lit cette patiente elle elle joue un autre scénario c'est que à travers moi elle elle voit l'image de son fils et et elle a cœur d'investir cette relation parce que quelque part elle elle pense une PL tu vois la PL de ce fils qui qui l'a abandonné et je me dis waouh je je je je peux pas en fait enfin je dois être là pour elle tu vois je je me sens doublement investi par l'accompagnement de cette patiente et je sens qu'elle a énormément de d'affection pour moi du coup de sympathie pour moi et à tel point qu'en fait le jour où elle demandera être sédé elle demandera à ce que je sois là pour mettre en place la sédation et on a envisagé d'une manière que que j'aime beaucoup on l' envisageit comme un voyage c'està-dire qu'au fur et à mesure qu'on mettait le le traitement en place c'est une seringue de sédatif on adapte la dose en fonction de la réaction du patient je luii demandé de m'emmener quelque part et donc elle m'a amené emmener sur une place à mess on s'est baladé je lui dit qu'est-ce qu'on fait on va boire un verre et et je l'ai relaté comme ça dans la vie comme comme un voyage vers ce moment où elle s'endort et on sait qu'elle se réveillera plus eu c'est c'est c'est ça fait combien de temps 15 ans que tu fais ça ouais plus ou moins ouais tu comptes rester dans un service comme ça je me vois pas aller ailleurs je me vois pas aller ailleurs parce que parce que parce que voilà j'ai j'ai j'ai côtoyé d'autres services et j'ai souffert moi aussi de de ce manque de temps de cette politique de rentabilité à tout prix et quand tu as goûté au luxe de pouvoir offrir du temps à un patient tu as tuas tu as pas envie en fait de de vivre autre chose alors certes c'est des des rencontres qui sont qui sont très riches qui sont parfois très qui te consument beaucoup si tu veux mais euh mais mais moi c'est ce qui me fait vibrer quoi je me verrai pas ailleurs et tu arrives à être joyeux à à partir du service de vivre un moment un peu extraordinaire comme ça un peu hors du temps et tu arrives à à à à sortir le soir avec des amis à aller faire de la musique à faire autre chose ouais bien sûr couper oui mais parce que tu sais je pense que dans dans dans dans dans l'imaginaire il y a cette proximité avec la mort en soin palliatif euh qui fait que les gens imaginent ce boulot comme quelque chose de très obscur de très triste de très sombre et tu sais nous on a un cœur de dire qu'on soit palliatif on travaille avec la vie moi les personnes qui sont hospitalisées dans mon service elles sont bien vivantes euh les les personnes qui s'occupent de enfin qui qui côtoi la mort on va dire au quotidien c'est les c'est les tanatopracteur c'est c'est pas moi moi mais les personnes que je soigne elles sont en vie et et ma mission c'est parfois de leur PL qu'elles sont en vie et de trouver le chemin pour justement remettre un petit peu de vie dans dans chaque chambre donc évidemment on n'y arrive pas toujours évidemment c'est pas facile tous les jours mais quand on y arrive c'est des moments d'une d'une intensité incroyable en fait tu racontes une une famille assez maladroite sur Instagram tu tu racontes un un patient d'une petite quarantaine d'années c'est comme ça que tu dis qu' a sa femme et une fille de 16 ans tu vois de quelle histoire je parle est-ce que tu peux la raconter ça parce que en fait au moment de la mort les gens ils savent pas trop quoi dire finalement oui euh c'est un patient qui qui est admis dans notre service en après-midi euh c'est c'est pas moi qui m'occupe de lui notre service est découpé en deux secteurs et tu as un infirmier par secteur donc il est pas dans dans le secteur qui m'a été attribué sauf qu'au bout d'un moment il sonne donc je vais répondre à sa sonnette et euh je je vois qu'il est enem proie à une une grosse douleur il est équipé d'une sonde nasogastrique euh qui n'a pas été rebranchée et au moment où je rebranche à son aogastrique euh je vois un lre de sang qui qui part dedans et wou je suis pas très confiant en fait je connais pas encore ce patient je sais pas pourquoi il vient mais je me dis ça ça sent mauvais qui sort du nez et ouais ouais une sonde en fait qui draine le contenu de son estomac et qui bah n'est pas censé recueillir du sang et euh ça matche tout de suite aussi avec ce patient je sens qu'on a un espèce de de petits jeux de séduction assez amusant lui et moi et il est assez assez jeune d'esprit il est il est il est très agréable et donc ouais ça ça matche tout de suite en sortant de sa chambre je vais voir un de nos médecins et je lui dis tuas tu as vu ce qu'il y a dans le bocal d'aspiration de de ce monsieur elle me dit oui mais il va décéder dans les jours à venir en fait et c'était pas forcément évident parce que étant père moi-même il y a aussi tout un jeu de projection tu soignes un patient qui est jeune il avait une quarantaine d'années il a une fille de 16 ans qui est jeune aussi euh il y a sa compagne qui est là et bah tu t'identifies à tout ça quoi tu dis wouh comment je le vivrai être dans un lit être condamné et savoir que je vais laisser ma'accompagne et ma fille seu et son décès survient de mémoire 3 jours plus tard et c'est moi qui me retrouve à l'annoncer à sa famille euh ils sont tous réunis dans dans le salon des familles de l'unité et ils le savent pas et euh si si il ils ont vu son état se dégrader au fil de ces TR jours ils savent que que ça tient plus qu'à un fil quoi euh et donc ouais je je leur annonce ce décès et dans ces moments-là moi je me tiens disponible tu vois c'est c'est c'est c'est je je me dis voilà toute la famille est là il y a les frères les sœurs les cousins tout ce que tu veux euh donc je me je me tiens disponible pour répondre aux questions pour pour offrir mes bras si on en a besoin et euh il y en a qui et ouais bien sûr ple dans bras bien sûr ouais et là j'attends et et j'attends et c'est c'est difficile parce que tu te rends comptte que face à la à la mort au deuil on a une réaction très humaine c'est que tu tu veux pas voir l'autre souffrir et comme tu veux pas voir l'autre souffrir tu tu l'inondes d'injonction et là en l'occurrence tuas cette jeune fille de 16 ans qui qui qui qui est dans un état pas possible qui qui pleure qui hurle et tu as son oncle qui lui dit allez faut pas pleurer il faut être forte et tu tu tu tu vois ça et la seule chose que que que que tu aimerais dire c'est non s'il y a bien un moment où elle peut ne pas être forte et pleurer c'est celui-là et donc j'attends j'attends mon moment tu vois et et au moment où tout tout se calme un petit peu je m'assis à côté de de la compagne du patient et elle me saute dans les bras et et je lui glisse à l'oreille pleurez si vous en avez besoin c'est c'est maintenant c'est OK en fait et elle pleure toutes les larmes de son corps et et ouais je tu sais je je je suis pas pro conseil et tout ça mais je me dis on gagnerait plus à à à être dans une forme d'accueil dans une forme d'écoute bienveillante plutôt que dans une forme d'injonction qui rassure que nous en fait on a les yeux mouillés cette émission euh quelle est la question que les les les patients te posent le plus oh il y en a il y en a beaucoup euh comment je risque de mourir c'est c'est une question que que j'entends souvent ou et j'ai pas de réponse à cette question donc ce qui importe c'est de de comprendre l'inquiétude derrière la question pour bah rassurer sur les les les les les différents scénarios on va dire de mort et et tout ce que tout ce qu'on peut mettre en place pour pour palier à la à la souffrance et est-ce que tu as déjà été en présence de de quelqu'un qui apprend qui qu'il est condamné est-ce qu'il y en a qui arrive sans vraiment savoir où ils vont mais dans la mesure où qu'il réalise plutôt peut-être oui ça arrive parce que comme je te le disais on a des patients qui sont en situation curative donc qui sont atteints d'un d'une maladie d'un cancer par exemple et qui qui poursuivent de la chimio activement dans dans l'espoir de guérir et sauf que les choses se passe pas comme prévu et puis un jour ils atterrissent dans notre service non plus pour comment dire soulager les effets pénibles les effets secondaires pénibles des traitements ou euh ou les symptômes pénibles de la maladie mais parce que bah la maladie ne répond plus au traitement et que les traitements vont être arrêtés et bah c'est c'est c'est jamais des euh des moments agréables c'est euh c'est c'est toujours compliqué et je me souviens euh d'un d'un médecin que que je porte dont je porte le souvenir haut dans mon cœur parce qu'il m'a énormément appris euh en soant palliatif euh qui un jour a dû annoncer une une patiente qu'on suivait depuis plusieurs mois elle avait fait plusieurs hospitalisations chez nous que les traitements allaient être arrêtés et j'ai j'ai pris une leçon de c'était incroyable parce que je pourrais même pas te l'expliquer avec des mots mais il lui a dit ça avec tellement de douceur de tendresse et d'humanité que ça sonnait presque comme une bonne nouvelle en fait et quand je quand on est sorti de sa chambre je dis waouh mais comment tu fais comment tu fais pour annoncer quelque chose deussi dramatique avec avec autant de de douceur et je me souviens que lui en était très affecté et il m'a dit ça me touche énormément que tu me dises ça parce que parce que parfois moi je j'en peux plus en fait de d'annoncer ça ouais d'annoncer ça ouais c'est pas le ouais ça do être le plus compliqué à annoncer hein euh c'est c'est c'est quoi la plus les les peurs classique qu'ils ont c'est qu'est-ce qu'il y a après quoi j'imagine non on va où ben je pense que ce que l'expérience m'a m'a appris c'est que il y a il faut distinguer deux deux formes de peur face à la mort euh la peur du scénario de la mort comment je vais mourir est-ce que je vais souffrir est-ce que je vais avoir mal est-ce que je vais m'étouffer est-ce que je vais me vider de mon sang enfin t t tous les scénarios possibles et la la peur plus existentielle où est-ce que je vais aller qu'est-ce qu'il y a après comment ça va se passer pour pour mes proches et on répond pas de la même façon à ces deux angoisses parce que il y a une des angoisses à laquelle j'ai pas de réponse moi-même je je je sais pas ce qu' est après et donc dans dans ce cas de figure là mon rôle il va plus se positionner dans l'écoute etesser de comprendre ce qui peut être source d'inquiétude pour la personne et lui permettre de de faire lui offrir un espace d'échange pour en parler quand on parle plus du scénario de la mort là je je je peux apporter des réponses plus concrètes sur comment les choses pourraient se passer et tout ce qu'on va pouvoir mettre en place pour éviter à la personne de souffrir question plus personnelle mais qu'est-ce que tu penses toi tu es plutôt croyant qu'est-ce que tu imagines après en étant confronté quand même à ça de près j'imagine rien en fait je je je suis pas croyant et je je je pense que le le le fait d'avoir côtoyé beaucoup de personnes décédées euh ça fait dans dans mon imaginaire de la mort quelque chose d'assez froid euh c'est c'est très particulier tu sais parce que ça ça beau faire 15 ans que je fais ce métier chaque fois que je suis confronté à à une personne décédée bah tu te poses C question tu dis c'est quoi la vie en fait c'est c'était là il y a quelques minutes et puis là c'est parti et et et je trouve que tu le sens tu tu tu le vois en fait que la vie est plus là mais tu tu sais pas à quoi ça tient et tu ressens l'âme enfin quand quand il y a quelqu'un de vivant quelque chose de l'ordre de l'âme je sais pas chacun il mettra le mot qu'il veut mais mais ouais j'ai j'ai toujours cette interrogation et j'ai jamais trouvé de réponse euh je trouve vraisemblablement enfin vraisemblablement jamais de réponse mais j'ai pas de de de conviction personnelle non est-ce qu'il y a des gens qui ont qui t'ont étonné des familles qui t'ont étonné qui ont eu des comportements pas bizarres parce que chacun j'imagine il y a pas de jugement du tout là-dedans c'est juste qui t étonné plutôt là qui sont venus faire la fête autour de quelqu'un qui allait partir qui sont venus faire quelque chose d'étonnant pour toi au moment du décès ou bah juste avant ou jusqu'au moment ça dépend quand ça arrive il y a il y a des beaux moments de communion ouais avant avant le décès des des des patients qui expriment le besoin de faire une dernière fois la fête ou je me souviens d'un patient dont j'ai raconté l'histoire dans la vie qui s'appelait Roger euh c'était un bon vivant et et je me souviens qu'il se faisait livrer des plateaux traiteur il y avait 30 personnes dans sa chambre et il passait leur après-midi à boire et à bouffer et il était content comme ça en fait et c'est cool euh après quand tu me poses cette question me vient mémoire le le souvenir d'une patiente Mathilde et Mathilde c'est une rencontre qui je pense a été déterminante dans ma carrière parce que c'est à travers son accompagnement que j'ai je me suis dit il faut que je raconte tout ça euh Mathilde c'était c'était une petite dame qui qui avait la 60 ans quelque chose comme ça elle était frchement retraitée et on se rencontre dans une situation assez particulière je rentre dans sa chambre je suis au tout début de ma carrière en S négatif et je la vois en train d'éplucher un catalogue de d'urnne funéraire elle é en train de choisir l'urnne qui allait contenir ses cendres et pour le jeune adulte de 25 ans que j'ai à ce moment-là c'est c'est fou en fait de de rencontrer quelqu'un de si pragmatique face à l'idée de de de de sa mort euh qu'on a tendance à un peu tous bouder nous-même tu vois on se croit tous un peu immortel jusqu'au jour où la maladie te rappelle que non et on se rencontre elle et moi autour d'une d'un amour commun pour la Suède Mathilde elle a rencontré son son son mari lors d'un bal de promo et quelques jours plus tard ils se sont envolé pour Stockholm elle a vécu 30 ans là-bas elle a enseigné le français elle a fait elle a eu deux enfants avec avec ce Viking comme elle l'appelle aussi et avant qu'il ne la quitte et qu'elle décide de revenir dans sa laorine natal ou quelques mois ou années plus tard on lui diagnostique un cancer qui devient rapidement hors de contrôle et elle finit dans mon service en sachant qu'elle va céd et ce qui fout dans l'histoire de Mathilde c'est que tu vois elle elle les rôles sont inversés c'est qu'en général c'est mon taf de de de rappeler aux gens qui sont en vie de trouver un dernier projet peut-être dans dans lequel les investir quand elle apprend que je suis amoureux de la Suède et du suédois de la langue suédoise elle me demande si je le parle je dis que non qu'à l'époque j'avais essayé de m'inscrire à des cours du soir sauf qu'il y a trop peu d'inscrit ça s'est jamais fait et elle me dit avant que je pars d'ici vous parlerez suédois et je je je me dis c'est fou en fait à partir de ce jour-là elle m'a quasiment parlé exclusivement qu'en suédois je rentrais dans sa chambre elle me parlait en suédois et et à moi de me démerder en fait alors bien sûr je grossis un peu le tra il y avait des échanges qu'on a eu en français surtout les échanges un peu plus compliqués autour justement du scénario de sa fin de vie mais c'était son projet en fait et et moi j'ai joué le jeu avec plaisir tu vois et euh la deuxème partie de cette histoire c'est les derniers jours de sa vie où ses enfants ont fait le déplacement depuis Stockholm pour pour l'accompagné et j'assiste à un décès dans un allo d'amour comme j'en ai jamais vu il y a pas de douleur dans cette chambre j'ai rencontré son fils quelques jours avant et il m'a dit ne m'épargnez pas dites-moi tout ce que j'ai besoin de savoir pour pouvoir l'accompagner au mieux je veux pas de chichi je veux juste savoir et je je lui expliquais en fait très très simplement qu'elle elle allait décéder dans les jours à venir il m'a dit cette phrase très touchante je lui ai dit vous savez qu'on est là pour vous aussi et il m'a dit je je serai là pour moi quand j'aurais arrêté d'être là pour elle et je passe l'après-midi de son décès à son chevet avec Mathilde dans son lit son fils à sa gauche et sa fille à sa droite tous les deux en train de lu dire je t'aime en suédois il y avait sa maman qui était là aussi et son beau-père et il y a pas de souffrance dans cette chambre il y a que de l'amour et et je je trouve ça d'une qualité incroyable parce que tu tu vois c'est toute cette famille qui s'abandonne dans qui s'oublie dans sa douleur dans la douleur qu'ils sont en train de vivre de perdre leur filles et leur mère tu vois et au moment où Mathilde pousse son dernier souffle il se lève tout le monde se sert dans les bras les uns des autres il y a un gros soupir de soulagement et il l'idée que on l'a fait quoi on a été là jusqu'au bout pour elle et waouh j'ai la gorge noué à ce moment-là j'ai j'ai juste l'impression d'avoir vu un beau film en fait ouais je suis spectateur de tout ça et j'ai j'en prends plein les yeux quoi et je me souviens que pareil je sors de cette chambre et je m'effondre dans les bras de ma collègue mais pareil pas des larmes de tristesse mais juste d'émotion parce que je me dis [ __ ] c'est beau quoi c'est c'est beau d'être capable à ce point de s'oublier dans dans sa douleur pour pour pouvoir accompagner sa maman avec autant de de d'amour et de lâcher prise et je je quitte l'hôpital ce jour-là avec la conviction que je peux pas garder ça pour moi en fait qu'il faut que je le raconte qu'il faut que je raconte aux gens la la richesse des relations que que je peux être amené à à vivre dans dans dans mon métier et et et voilà je je je pose les les premières ligne de de notre rencontre à Mathilde et moi sur le papier sauf qu'à l'époque ben je doute et je me dis ça rencontrera pas son public ça va être anxiogène ça va être plombant et je glisse ça dans un tiroir pendant plusieurs années avant d'y revenir et donc toi tu as écrit trois BD euh là tu es venu pour nous parler de de constellation euh dont on parle depuis tout à l'heure donc aux éditions Le Lombard je vous mets le lien clicable dessous si vous voulez lire tout plein d'anecdotes dont nous parle Xavier l'homme étoilé c'est son pseudo depuis tout à l'heure et je vous mets le lien aussi des deux autres alors il y il y a celle-ci qui je suis au-delà de la mort qui est beaucoup plus épaisse C et ça c'est de la fiction par contre c'est fictionné je pensais parce que c'est toi qui a dessiné finalement on te reconnais ah euh non les cheveux détachés alors c'est pas moi parce que j'ai pas vécu cette histoire mais euh c'était pas il y a quand même il y a quand même un air euh c'était pas c'était pas c'est c'est c'est c'est moi qui aurais eu un enfant ave casastterx ouais euh et il y a aussi à la vie en 2020 qui est sorti je vous mets des trois liens clicablees sous la vidéo si ça vous intéresse d'aller lire les livres de de de Xavier de l'homme étoilé euh hésitez pas à les prendre les voil les Len clickable direct et euh juste pour vous raconter une petite anecdote qu'on raconte pas en émission mais la BD vient de sortir et celle-ci c'est une fausse BD voilà B c'est que c'est que la couverture avec à l'intérieur une autre BD qui n'a rien à voir ça arrive très souvent et comme on vous dit tout ici mais peu importe moi je l'ai lu en fait en version tu nous l'a envoyé gentiment en PDF et après vous nous l'avez même envoyé en version imprimée mais imprimé à l'imprimante relié et cetera pour qu'on puisse la travailler et noter justement les anecdotes dont tu nous parles depuis tout à l'heure mais comme on se dit tout ici et je trouvais ça un peu marrant comme anecdote voilà de de ce milieulà mais je vous mets des dessins que vous puissiez voir voilà qui s'affichent à l'écran là et vous puissiez voir le type d'image très très sympa à lire vraiment c'est très chouette c'est un beau cadeau aussi tu as combien de gens qui te suivent maintenant sur Instagram plus de 100000 non euh on est à 170000 ouis ouais c'est ça c'est on est ça approche les 200000 c'est tu vois tu avais peur que ça ne rencontre pas son public c'était pour réagir avec ce que tu disais juste avant finalement ça rencontre complètement son public mais oui parce que je pense qu'il y a il y a eu un moment où euh j'ai j'ai arrêté de trop réfléchir j'ai j'ai j'ai un peu lâcher prise avec tout ça et je je me suis dit euh véritablement ce qui ce qui compte c'est de raconter euh ses souvenirs comme comme un album photo comme je le disais tout à l'heure euh et et je pense que je je je la raconte d'une manière assez simple c'est le le but c'est effectivement pas de tirer de de pas tirer la larme c'est pas de de d'émouvoir à tout prix c'est juste de raconter une rencontre avec une personne et et puis voilà les les les les gens prennent ce qu'il à prendre ou pas et et je pense que c'est ce qui c'est ce qui a sans doute fait la force en fait de ces récit c'est c'est de les raconter sans prétention en fait est-ce que tu as eu des c'est pas dans les fiches c'était pas prévu que tu en parle mais est-ce que tu as déjà vu ou vécu des choses un peu paranormales alors moi non mais parce que je pense que je ferme un peu la porte à tout ça euh je suis quelqu'un de très cartésien de très rationnel donc j'essaie toujours de trouver une explication logique à tout ce que je peux observer et j'ai jamais vraiment observé de choses que j'ai pas été en mesure de de de de comprendre mais mais j'ai j'ai des collègues oui auxquel c'est arrivé je me souviens d'une d'une histoire qu'on trouvait un peu folle dans le premier service de son palliatif dans lequel j'ai bossé où une nuit deux collègues se sont retrouvés à à changer une patiente et l'une des deux en fait s'est retrouvé à parler toute seule et l'autre comprenait pas parce que elle sentait qu'elle était plus en train de lui parler en fait et elle lui a dit attends il y a il y a une jeune fille dans la chambre elle veut qu'on parle donc je je vais rester un petit peu avec elle et elle est rester dans cette chambre je sais pas 10 minutes un quart d'heure à à causer avec cette cette jeune fille qu'elle voyait quoi et je pense ça un peu fait flipper ma collègue d'ailleurs mais non moi j'ai jamais observé des des des choses de cet ordre là non il y a il y a une histoire qui qui m'a marqué dans la BD c'est celle d'Olivier un patient de qui avait soit 50 ans euh une cquantaine d'années euh qui a eu un comportement d'enfant au dernier moment alors c'était pas au dernier moment c'est c'est c'était lui en fait c'est ça ça ça m'a frappé quand je suis rentré dans sa chambre pour la première fois je le vois assis en tailleur sur son lit et tu tu vois pas beaucoup de personnes de ce stage là assis en tailleur comme un gosse quoi et euh et je me souviens que le le le médecin de de mon équipe me dit tu tu le connais pas encore lui et elle me dit tu vas l'adorer je pourrais pas te dire pourquoi mais je sens que tu vas l'adorer effectivement je rentre dans cette chambre et je suis ému mais mais mais mais bouleversé par ce ce petit monsieur de d'une cinquantaine d'années mais qui qui paraît avoir 9 ans et tellement remué et ému que je je ressens le besoin de me surinvestir à son chevet euh j'ai besoin d'être là en fait je sens qu'il y a des moments où je passe dans le couloir j'ai toujours un œil sur ce qui se passe dans dans sa chambre parce que parce que voilà si si s' y a un moment où que je peux lui consacrer causer avec lui je le saisis et c'est il est très touchant parce que il a l'attitude d'un d'un d'un enfant de 9 ans mais mais il a les mots aussi d'un enfant de 9 ans je me souviens que au tout début de de notre rencontre il a du mal à parler au médecin il a du mal à lui poser des questions il a même du mal à le regarder il le fuit tu sais il le regarde comme ça comme un enfant qui aurait fait une connerie et euh a si bien que notre médecin lui dit vous savez si c'est plus facile de m'écrire écrivez-moi et moi ce patient me remue beaucoup et son contact me devient presque douloureux en fait il y a un truc en fait qui qui réveille en moin que j'arrive pas à comprendre et et que j'éprouve le besoin de creuser et spontanément le le le souvenir d'un camarade de classe me revient à la mémoire qui s'appelait Maxime et Maxime c'est c'est c'était un gamin comme moi on s'est connu à l'école primaire pas très populaire euh un peu gauche un peu pâau et ce qui lui vaut de souvent bah arrondir le dos se faire frapper par nos camarades de classe et moi-même je suis pas un gamin très populaire je porte pas des vêtements de marque ce qui me vaut souvent de me faire frapper c'est étrange euh et et donc ce qui fait que lui et moi on vit la même chose mais alors lui a un degré une intensité beaucoup plus importante que que moi euh et je lui ai jamais exprimé mon soutien en fait je lui ai jamais dit que j'étais pas d'accord avec ce qui se passait et ça me hante il y a un un souvenir en particulier qui me hente c'est un après-midi où je vais dans les toilettes de de de de notre école et et j'entends un gamin pleurer à chaud de larme et en fait c'est lui il est tout nu dans dans un cabinet de toilette parce qu'on lui a volé ses vêtements et son son rouleau de papier toilette et il est en train de s'essuer les fesses avec ses mains parce qu'il a rien d'autre et ça ça ça me terrifie je je me dis wouh mais comment comment on en arrive là en fait comment tu peux faire subir ça à quelqu'un et à l'époque en fait je je suis tellement mal à l'aise que je je fais rien de ça je fuis je pars en courant parce que ça ça m'a fait peur j'ai été marqué par ça et ce souvenir tu vois il me revient de manière assez récurrente à la mémoire et toujours avec un peu de douleur et je me dis peut-être que le ce patient Olivier c'est une opportunité dans ma vie de faire la paix avec avec cette histoire de harcèlement de ton c'est ça en tout cas avec le soutien que j'aurais aimé expr à Maxim et que j'ai jamais exprimé et donc j'entreprends de de le retrouver sur sur les réseaux sociaux ton ami d'f le collègue de de classe ouais Maxime ouais je le retrouve pas je retrouve une trace de de sa sœur Elena à qui j'envoie un long message et je suis content parce que je me dis voilà j'ai enfin je je trouve un espace pour pour lui exprimer le soutien que que j'aurais aimé lui exprimer étant enfant et sauf qu'en fait Elena m'apprend que bah les mauvais traitements se sont pas arrêtés après l'école primaire au contraire ils ont amplifié avec une cruauté assez assez dingue euh tanté si bien que bah ses parents ont fini par le déscolariser et il a trouvé un peu de quiétude dans dans les plantes il adoréit ça il a travaillé dans les les jardins publics à Bruxelles euh jusqu'à ce qu'on lui diagnostique un cancer contre lequel il s'est battu sans relâche pendant 5 ans et puis il est décédé et et je me prends ça en pleine gueule quoi et et en fait euh je je le vis avec une forme de douleur parce que je me dis j'aurais jamais trouvé l'espace le moment pour pour juste lui dire je je je je suis pas d'accord avec ce qui s'est passé et la raison pour laquelle Olivier et Maxime enfin Olivier me rappelle Maxime c'est que Olivier comme Maxime en fait c'est le patient ouais c'est c'est c'est un enfant qui comprend pas l'agression quotidienne de cette mal il comprend pas d'ailleurs cette maladie il sait pas trop ce qui ce qu'il fait là où il va et et je retrouve dans ton ce regard la la même inquiétude le même sentiment d'injustice et d'incompréhension et en fait c'est à travers le fait de poser cette histoire sur le papier qu'aujourd'hui euh en quelque sorte je fais la paix avec moi-même si tu veux par rapport à cette culpabilité euh que que j'ai pu éprouver et l'histoire je la clôture avec quelque chose qui m'a énormément touché dans la prés en charge d'Olivier c'est que le le le jour de son décès euh le médecin m'apprend qu'en fait il lui avait écrit une lettre et je la retrouve dans son dossier et c'est la lettre d'un enfant en fait c'est c'est une lettre sur une feuille à 4 quadrer euh où tu sais je l'ai pas représenté comme ça dans la BD parce que ça aurait été compliqué de la lire sinon mais il occupe vraiment que le le les trois premières lignes de de la lettre il écrit de manière très serrée avec plein de fautes d'orthographe et d'une manière très naïve il demande juste à son médecin s'il pense qu'il peut le guérir parce qu'il aimerait bien vivre encore un peu et que s'il peut pas ben c'est pas grave mais qu'il le remercie quand même et c'est c'est fou quoi ah c'est fou eu page 60 tu dis les médecins n'écartent pas la possibilité que le stress générit par tant d'années de mauvais traitement et puis être à l'origine de sa maladie c'est quoi c'est le harcèlement c'est du c'est c'est le fait que ce ce ce pauvre garçon était soumis à un stress quotidien il est allé à l'école la boule au ventre il priait pour pour que ces agresseurs le laissent tranquille sauf que vraisemblablement c'était rarement le cas et voilà c'est c'est c'est clairement pas c'est pas une bonne chose en fait de vivre dans ce stress permanent et donc on on peut légitimement penser que l'apparition de ce cancer est pas enfin le stress qu'il a vécu n'est pas anodin dans dans l'apparition de cette maladie eu le fait d'être papa d'être devenu papa parce que tu l'étais pas au début de ta carrière eu ça a changé ton ton inquiétude euh visi de la mort ouais oui je pense que avant de de devenir père j'avais une inquiétude que je me plaî à penser un peu plus égoïste c'està dire que j'avais j'avais cette cette inquiétude en fait de de de me dire qu'est-ce qu'il y a après tout tout tout s'arrête comme ça blackout et puis il y a plus rien de moi et je je je vais plus jamais pouvoir vivre tu vois et je pense que le non je pense pas c'est une certitude le le fait d'avoir un enfant aujourd'hui un petit peu changé c'est c'est cette appréhension c'est qu'aujourd'hui j'ai je je ressens un besoin vicéral d'être là pour elle et j'ai j'ai j'ai peur parce que j'ai conscience de la fragilité de la vie à quel point tout peut s'arrêter à tout moment j'ai j'ai peur de partir trop tôt parce que j'ai besoin d'être là de la protéger et et donc oui ça ça a apaisé finalement cette angoisse un peu égoïste mais ça a réveillé une autre angoisse une autre angoisse de de la laisser quoi finalement eu il y a une question qu'on qu'on t'a posé qui t'a fait réfléchir une femme qui était très croyante h euh qui t' qui qui t'a questionné sur le fait de mourir en étant qui allait mourir en étant assisté sans souffrir et se demander si elle était légitime de rejoindre le Seigneur après c'est c'est un un petit peu différent en fait la la la la question qu'elle me pose euh c'est si elle est légitime à ne pas souffrir oui il faudrait qu'elle souffre c'est ça en fait France c'est cette patiente euh elle elle a jamais été malade elle a jamais connu les hôpitaux et elle arrive dans mon service on lui a diagnostiqué quelques jours avant un cancer hors de contrôle il y a même pas de traitement envisagé parce que la maladie est est trop compliqué à traiter et elle arrive chez moi bien pas de douleur rien du tout et très reconnaissante très philosophe par rapport à tout ce qui lui arrive très reconnaissante de toute la bienveillance des des soyants qui l'accompagne sauf qu'au bout de quelques jours je me rends compte qu'il y a quelque chose qui qui la tracasse et elle me pose beaucoup de questions sur ces traitements antiouleur elle me demande si si tous les patients de l'unité sont comme elle s'ils souffrent pas s'ils ont des traitements contre la douleur et au bout d'un moment je comprends qu'il y a a quelques chose qui qui qui la tracasse mais elle met pas de mot dessus et donc je creuse j'investigue un petit peu et elle finit par me me dire vous allez me trouver folle mais je me demande si c'est bien que je ne souffre pas et j'essaie de de mieux comprendre et elle me dit donc elle est très pieuse en France elle me dit est-ce que finalement la maladie c'est pas une épreuve que Dieu met sur mon chemin et est-ce qu'en acceptant de ne pas souffrir je lui porte pas offense je suis pas je je dis mais mais pourquoi Dieu voudrait vous faire souffrir et elle me dit mais peut-être pour mettre ma foi à l'épreuve et waouh on m'a jamais demandé ça en fait en plus je te dis je je partage pas les convictions de de cette dame donc je sais pas à quoi lui répondre et je me retrouve bien démuni et l'idée fait son chemin tu vois dans mon esprit et sur surtout je l'observe et je me rends compte qu'en fait elle me dit ne pas souffrir physiquement mais le fait de ne pas souffrir physiquement ça induit une souffrance morale et donc je finis par lui dire mais France en fait quand vous me dites que vous ne souffrez pas c'est pas vrai parce qu'actuellement ça vous fait souffrir de ne pas souffrir mais moralement tu vois oui c'est ça tu as dit pour la rassurer c'est non c'est c'est même pas pour la rassurer c'est une vérité en soi c'est ça devient une souffrance psychique pour elle parce que spirituelle tu vois on accompagne aussi finalement cette forme de souffrance souffrance spirituelle l'idée que euh euh mais est-ce que est-ce que c'est bien en fait que je ne souffre pas est-ce que c'est bien que je chemine à travers cette épreuve que Dieu met sur mon chemin sans souffrir et euh et tu vois cette histoire elle illustre finalement la la l'importance de soigner chaque personne dans son unicité c'est-à-dire que tu sais au moment même quand elle me pose cette question ça aurait été tellement facile de lui taper sur l'épaule de lu dire mais non mais mais en fait tu tu te rends compte que ouais pour elle ça devient un problème et donc si ça devient un problème il faut qu'on en parle il faut que que qu' que je la comprenne et que je puisse répondre à cette souffrance d'une manière efficace et du coup tu vas passer du temps avec elle dans la chambre et ça comment sont tes chefs ils sont tu vois ils comprennent que tu peux passer d'un coup une heure dans une chambre au lieu de 10 minutes normalement parce que tu dois accompagner quelqu'un c'est très libre mais le le temps tu sais moi je me plais à penser que c'est un consensus d'équipe en fait c'està-dire que si c'est pas clair dans la tête de toutes les personnes avec lesqu quel tu bosses que quand une personne est mal il y a que le temps que tu vas lui consacrer qui va permettre qui va lui permettre d'aller peut-être mieux euh si si c'est pas clair pour tout le monde ça sera toujours un problème mais en son piatif on comment dire on on a cœur de remettre le temps au centre de nos priorités de nos préoccupations et donc c'est tu sais ce qui est assez dramatique finalement c'est c'est de te dire que quand tu es à l'hôpital et que tu as mal quelque part que tu as mal à la tête ou ailleurs on te donne du paracetamol par contre quand tu a mal il y a pas de réponse médicamenteuse et là on te dit B j'ai pas le temps en fait et c'est est-ce que c'est pas quelque part passer enfin à côté un petit peu de la de la mission première de notre métier tu vois c'est quoi la différence entre l'euthanasie et la sédation parce que je pense que c'est pas clair dans la tête des gens je pense que c'est pas clair dans dans la mienne non plus on dit l'ethanasie c'est interdit en France aujourd'hui c'est peut-être en voie de de de changer mais en tout cas au jour où on tourne en tout cas ça sera peut-être pas le cas si vous regez cette émission dans dans des années mais c'est pas légal aujourd'hui c'est légal je crois en Belgique en Suisse et là tu parles de sédation le fait d'endormir quelqu'un jusqu'à finalement qu'il décède quelle est la différence alors l'euthanasie c'est ni plus ni moins que l'administration de la mort demandé par un patient elle doit répondre à certains critères pour pour être valider acceptter administrer mais c'est l'administration d'un cocktail létal qui qui va avoir pour but de de tuer la personne en fait très rapidement du coup euh instantanément ouais euh la sédation euh c'est un soin euh qui a pour but de de de de soulager la souffrance quand les les thérapeutiques qu'on a mis en place euh ni ne sont plus suffisantes et c'est soumis aussi à d'autres critères euh au nombre de TR donc le le l'idée de d'être atteint d'une d'une maladie incurable avec un pronostic vital engagé à court terme et l'idée d'être en proie à une souffrance physique et ou morale qui est réfractaire au traitement donc il ne répond plus au traitement il faut remplir ces critères en fait pour pouvoir prétendre à une sédation et donc la sédation c'est vraiment l'action d'endormir chimiquement une personne pour lui permettre de de d'être déconnecté de ne de ne plus souffrir et après c'est la maladie qui fait le reste en fait est-ce que tu as déjà des gens qui t'ont demandé de les tuer oui en Belgique comme en France mais euh oui bien sûr parce que dans l'imaginaire de beaucoup de personnes aussi il y a cette idée que l'euthanasie est pas est pas légal en France mais que a toujours moyen de de trouver une solution voilà et puis aussi cette confusion comme tu le disais entre la sédation et l'euthanasie l'idée que la sédation c'est une euthanasie un petit peu déguisée euh et donc ouais c'est c'est notre TEF aussi de de repréciser ces choses-là de repréciser un petit peu ce que prévoit la loi française euh sur la fin de vie euh de distinguer justement la sédation de l'euthanasie et de d'éclaircir tout ça pour nos patients tu as jamais eu un un doute de meurtre dans dans dans l'hôpital où tu bosses ou tu rentres dans une chambre et et il y a peut-être un papi ou une mamille qui a tué son mari à sa demande hein je parle qu' l'a étouffé qui a désactivé un une machine j'en sais rien tu sais comme dans million de dollars baby il l' tue à la fin et avec de l'amour parce qu'elle souffre et cetera est-ce que tu as déjà eu des des doutes euh plus que des doutes effectivement parfois tu tu te rends compte que quand tu as un patient ou une patiente qui est hospitalisée dans ton service depuis plusieurs semaines voir plusieurs mois euh ils observes ce que tu fais sur les pouces seringues euh comment augmenter ou diminuer un débit euh les familles l'observent aussi et euh c'est c'est c'est du matériel qui est sécurisé mais finalement je veux dire quand tu es un petit peu observateur c'est pas si compliqué que ça de de de le manipuler donc oui c'est des c'est déjà arrivé en fait qu'effectivement tu tu quittes un patient avec un pousing un certain débit puis quand tu r dans sa chambre le débit a changé et euh et voilà tu consultes tes collègues alors ça arrive vraiment très très très rarement c'est c'est c'est presque on va dire l'exception qui confirme la règle he mais euh mais oui il y a tu sais des des familles qui sont dans un un sentiment de diminition assez intense qui qui ont ce besoin de faire tu vois euh de de de soulager de d'aider la personne à partir parce qu'elles ont la conviction que que c'est ce qu'il faut faire et euh et qui donc oui vont vont essayer de te de te convaincre d'aider leurs proches à mourir ou ça peut être la demande du patient aussi d'ailleurs est-ce que quelqu'un avant de mourir tu'a déjà confié un secret jeme pas de le raconter mais c'est juste la question est-ce que on t'a déjà confié un secret quelqu'un qui avait besoin de dire quelque chose qu'il avait jamais dit oui oui alors c'était pas forcément euh dit sous l'angle du secret mais en tout cas euh il est arrivé que des des des des des patients me confient des choses que je je me serais pas permis de de restituer à leur famille euh sur l'affection qu'il pouvait porter à telle ou telle personne ou tu vois qui aimit pas quelqu'un exactement et et c'est dur et euh et parfois il a y a des histoires très touchantes que j'ai posé sur le papier et il il y a des des parties que j'ai dû volontairement occulter et oui parce que il y a il y a ils supportent pas leur belle fille ou leur Beaufils et le truc c'est que moi je m'oblige à à ne raconter mes histoires qu'avec une préoccupation constante de bienveillance je veux je veux nuire à personne mais mais malgré tout voilà dans toutes les histoires que je raconte il y a a y a des moments parfois que je raconte pas parfois c'est c'est ça reste encore une fois de l'ordre de l'exceptionnel mais oui oui ça ça arrive on est quand même les confidents de ces personnes sur des des des des des lapses de temps parfois assez long donc eu est-ce que pour dans ta vie personnelle est-ce que la la la la mort de broche est plus facile à gérer après quand tu es entre guillemets habitué à en voir dans ton métier non non parce que tu es très critique du coup euh par rapport aux soins qui peuvent être apportés un de tes proches parce que je je je sais que je peux déployer des des des des trésors de patience d'humanité avec mes patients et que moi-même par exemple je je suis un calvaire avec mes proches quand ils ont un rhume parce que je je je sais pas pourquoi en fait je parce que je pense qu'avec mes proches je retrouve ce cette préoccupation de de de de trouver une solution tout de suite tuidentifies un problème et la la souffrance de l'autre devient un problème pour toi et donc tu veux y trouver une solution parce que c'est pas concevable pour toi de voir ton proche souffrir à l'hôpital il y a mine de rien ce volet affectif qui est moins présent parce que tu tu soig une des personnes que tu connais pas que tu prends un moment T de leur existence avec lesqueles tu vas tisser ou non du lien d'ailleurs des patients avec lesquels il se passe rien tu vois mais oui c'est c'est c'est je pense que c'est c'est plus compliqué quand ça touche personnellement et toi tu as tu as tu perdu ta grand-mère je crois j'ai perdu mes quatre grandsparentses qu grands-parents et je crois que c'est tu tu tu as expliqué en tout cas lors de la préparation de l'émission tu avais des relations complexes avec avec ton grand-père euh tu as essayé de te rapprocher de lui tu t'es rendu compte qui finalement c'est c'est le moment où tu t'es le plus rapproché en fait euh quand ma grand-mère est décédée c'est à ce moment-là que j'ai véritablement eu le sentiment de faire connaissance avec mon grand-père euh mon grand-père et mon père on ont toujours eu des des relations très conflictuelles toute leur vie qui nous ont finalement tenu à distance de mon grand-père c'est mon c'est mon sentiment en tout cas et euh mes parents se séparent ma grand-mère décède et j'accompagne mon grand-père dans son deuil et je rencontre à je sais plus 23 24 ans une personne qui me touche énormément en fait une personne drôle une personne incroyablement amoureuse il il était il était fou de ma grand-mère et et il en a jamais fait le deuil et du jour où il l'a perdu il s'est laissé glisser euh une une espèce de de lente agonie et malgré tout c'est des moments que je chéris parce que je passe beaucoup de temps avec mon grand-père on le voit plusieurs fois par semaine il nous initie au Jaquet le bgamon et c'est c'est c'est c'est des moments plein d'humour plein de tendresse avec lui et en parallèle je je je vois que mon grand-père est en train de s'enfoncer et et j'essaie de trouver des solutions à ça parce que pour moi c'est pas concevable de le voir souffrir je je fais une une erreur absurde je j'entends à un moment donné qui qui se pose la question de savoir si avoir l'accompagnie d'un animal ça pourrait lui faire du bien et moi je saute sur l'occasion et et j'adopte un petit chaton que je lui offre et en fait il se sent complètement perdu il sait pas comment faire il sait pas comment gérer ça et et quelques jours plus tard j'apprends qu'en fait il l' il l'a confié à une voisine et ça c'est un exemple parmi tant d'autres et je vis ça avec avec frustration et colère parce que je me dis merde j'essaie de mettre plein de choses en place pour qu'il aille mieux mais mais ça le rencontre pas quoi il y répond pas et avec beaucoup d'orgueil euh bah je je je mets un terme à notre relation en fait alors pas officiellement mais disons que ça ça coïncide avec le moment où je quitte Bruxelles pour m'installer à mes et par la force des choses en fait on on parle plus lui et moi il il y a plus d'échange et et je lui en veux quelque part et et un jour mon frère m'apprend qu'en fait il va être opéré d'un problème au cœur et là je ressens l'urgence de le recontacter parce que parce que je comprends que la situation est grave on s'appelle lui et moi on passe de longues minutes au téléphone comme si on s'était jamais quitté je sens qu'il y a pas de de ranqueœur de de son côté mais par contre du mien il y a beaucoup de culpabilité et on se quitte sur un je t'aim heureusement qu'il y a eu ce jeu Thame parce que il décède au lendemain de de l'intervention et et oui c'est cette histoire je l'ai raconté dans dans ma deuxème BD je serai là elle illustre finalement à quel point tu peux tu peux déployer des trésors d'humanité avec tes patients et te vterer complètement quand quand le deuil touche tes proches les cordoners sont les plus mal chaussé tout à fait ouais il faut annoncer parfois la mort d'un proche euh parfois des gens qui dorment ouais à côté ça c'est quelque chose de pas facile non plus tu dois aller réveiller monsieur par exemple ah c'est ma c'est ma hantise c'est c'est le le pire scénario que tu puisses vivre est qu'on peut dormir au soin palliatif pour ouais on on est très souple avec les familles on n pas d'horaire de visite et les familles sont les bienvenus jour comme nuit ils peuvent dormir à côté de leurs proches et ça m'est arrivé peu de fois mais mais quandme quelquefois où bah tu constates qu'un patient une patiente est décédée et tu dois l'annoncer à son mari ou qui qui qui dort à côté d'elle quoi et c'est c'est terrible parce que tu te dis que je pense à une histoire en particulier mais tu te dis que si ce cet homme a passé la nuit à côté de de de de son épouse c'est qu'il avait à cœur d'être là dans les derniers instants et toi tu dois non seulement le réveiller mais pour lui dire que bah elle est décédée pendant qu'il dormait et je je crois que c'est c'est une des situations les les plus pourries que j'ai été amené à vivre dans dans mon métier ouais il y a il y a deux scénarios qui sont compliqués tu dis c'est soit quand il est à côté soit en situation d'urgence par exemple une hémorragie ou quand c'est imprévu et tu as été confronté à la colère d'une famille ouais qui t'en on voulu à toi ben oui parce que on a un patient qui arrive dans notre service euh l'objet de la prise en charge c'est de de le retaper on va dire pour lui permettre de rentrer chez lui rapidement donc voilà il y a un vraiment un objectif de de retour à domicile et sauf que ce patient décède dans la nuit et on comprend pas pourquoi on le retrouve mort dans son lit et non seulement B tu as tu as ce doute et cette forme de culpabilité de te dire est-ce que je suis passé à côté de quelque chose est-ce qu'il y a quelque chose qu'on n pas vu est-ce qu'on aurait pu éviter ce décs euh mais en plus de ça tu dois appeler en l'occurrence c'était son épouse et son fils euh pour les informer que bah leur père et et époux a été admis dans notre service l'après-midi qu'il était censé rentrer chez lui bientôt mais que là il est mort en fait et tu sais même pas leur dire de quoi et pourquoi tu vois et euh on sent que c'est tendu au téléphone ça s'est passé une nuit euh et au moment où le fils arrive dans le service il a envie de me démonter quoi et et je le comprends parce que pourquo toi c'était toi qui étais en charge parce que c'est moi qui étais en charge j'étais avec ma collègue ma collègue a accompagné son épouse en chambre et lui lui je le sens très remonté dans dans une énorme colère et et je je sens que voilà il confond un peu tout c'était en plein covid donc il y a aussi cette espèce tu sais de de d'angoisse palpable comme ça à ce moment-là parce que les gens comprennent pas trop ce qui ce qui est en train de se passer avec ce virus et c'était vraiment au tout début et et donc il mélange tout il me dit ouais c'est ça parce que le covid c'est un bon prétexte et et en fait je je je je sens que je wou ça va être compliqué quoi et et au bout d'un moment il il devient menaçant physiquement parce que parce que pour lui son père est décédé parce qu'on on a manqué de vigilance ou euh ou parce qu'on l'a pas bien accompagné et heureusement que ma collègue était là ce jour-là euh elle a senti que c'était en train de partir en Vrie et et heureusement qu'elle que j'ai pu lui passer le relais et que elle a réussi à le à l'apaiser non mais mais en tout cas à temporisé parce que je me sentais complètement dépassé il est décédé de quoi finalement vous avez su après non sans doute une hémorragie interne ou quelque chose de cet ordre là mais non est-ce que tu as eu des patients jeunes tu n'as pas d'enfant toi au serviceiatif non alors les les enfants sont pris en charge en S palliatif pédiatrique nous on s'occupe vraiment que soin pasif pédiatrique ouais waouh ça ça doit être déjà que c'est difficile sonans palliatif mais palliatif pédiatrique un level audessus ah c'est les gens qui bossent là-bas en les gens qui bossent déjà en S palliatif c'est incroyable bravo mais alors là j'adorerais raconter leurs histoires c'est parce que tu en c'est un projet que j'ai de longue date j'adorerais rencontrer des des soignants en palliatif pédiatrique et raconter leurs histoires et parce que parce que je je encore une fois je pense qu'on s'en fait une fausse idée alors bien sûr ça doit être des moments par fois très riche très très éprouvant mais j'avais parlé avec une une cadre de d'hématologie pédiatrique qui me disait tu sais les enfants à la différence des adultes c'est eux qui te monttr le chemin eux ils sont dans la vie en permanence chaque jour quand ils se réveill ils veulent trouver un une occasion de s'éclater du fun et donc eux ils te montrent le chemin et tuas juste à les suivre là où chez les adultes c'est c'est parfois toi qui dois comment dire les remettre sur le chemin de la vie tu vois et donc non les j'ai les patients les plus jeunes que j'ai été amené à soigner devait avoir je crois que le plus jeune c'était un patient de 28 ans et je je crois que j'avais plus ou moins 28 ans à l'époque où je l'ai soignais donc c'est il a tout un jeu de projection aussi qui est pas forcément évident parce que tu te dit wouh je ça pourrait être moi dans ce lit h euh c'est c'est moi je pour juste raconter et vous raconter un peu la souplesse des des des des gens gens qui travaillent dans ces métiers là en 2020 je perds mon meilleur ami à Bordeaux d'un d'un cancer voilà et et en fait on devait pas on avait pas le droit d'aller en plein covid plein mois d'avril c'était complètement la période qui était fermé fermé et ils nous ont laissé rentrer ils ont été extraordinaires alors qu'ils avaient pas le droit machin ils n ont laisser rentrer et ils nous ont permis de de c'était quelqu'un qui était extrêmement drôle tout le temps en van jusqu'à la fin en second degré il faisait des des il avait toujours beaucoup d'humour et tout ça et en fait ils nous ont laissé euh ils sont allés chercher dans la cave de l'hôpital par qu'on avait pas le de sortir on sétait enfermé pour pas montrer des allers-retours et CER on sétait enfermé avec lui mais lui n'avait plus de réaction déjà c'était vraiment la fin fin et ils sont allés chercher son vin préféré dans la cave ils avaient des petites bouteilles et en fait il adorait du Sauterne et ils sont allés chercher une bouteille de de par hasard quoi il dire on a une bouteille nous l'ont ramener mais adorable et et ça peut paraître bizarre c'est des anecdotes qu'on raconte jamais parce que quand tu es pas là-bas tu peux pas comprendre mais comme c'était un mec qui faisait des vannes jusqu'à jusqu'à la dernière minute avant de s'endormir il nous a fait des vannes c'est quelqu'un d'extraordinaire et et ils ont mis sur un écouvillon sur une sorte de petit bout de mousse un peu de Sauterne et ils en ont mis comme ça et comme si on avait bu un coup avec lui quoi et et on a essayé de se mettre avec tous ses copains autour de lui toute la nuit et on on s'est fait des vannes on rigolait parce que lui il aurait pas voulu qu'on pleure ou qu'on soit machin au contraire il voulait toujours de la joie tout le temps jusqu'à dernière minute moi je veux rigoler je veux rigoler et ca et du coup il est parti dans des dans des dans une ambiance de fête euh tu vois où ça pouvait se marrer où il entendait des blagues et cetera et je sais pas si je voulais te demander ton avis parce que c'est intéressant et peut-être que vous l'avez déjà vécu et tout mais il était vraiment très très très sédaté il était tout au fond et j'ai l'impression que ça respiration changer quand on fait des blagues est-ce que c'est possible qu'ils entendent bien sûr parce que comme comme je te le disais en fait la sédation c'est c'est ni plus ni moins qu'un un sommeil chimique un sommeil programmé si tu veux et donc quand tu es C daté tu tu tu tu dors et comme toi et moi quand on dort en fait il y a des moments où tu peux être plus alerte à ce qui se passe autour de toi sans forcément être capable de réagir et donc il est possible effectivement qu'il a des moments où où il a entendu ta voix ressenti je sais pas ta main quelque chose c'est des choses qu'on constate avec beaucoup de nos patients aussi c'est ces moments où tu tu tu tu parles à un patient et il sourit alors qu'il est profondément sédaté euh donc oui oui je bien sûr moi il a pas bougé 2 jours avant je suis resté 1h3 à côté de lui avec mon mon autre pote on est B de trois et et je dis bon allez gros bisous à à demain et il a pas bougé il a juste fait c'est incroyable et là on se regardait avec avec mon ami Pierre c'est c'est on a vraiment on n pas rêvé quoi il a vraiment fait il ne bougeit pas pendant 1 He3 donc tu as l'impression quand même qu'il y a encore un peu de tu vois qu'à l'intérieur il t'entend c'est c'est c'est assez incroyable et ça de toute façon je pour en parler des heures c'est des sujets qui sont passionnants et merci encore au soignnant de l'hôpital je crois de saint-endré à Bordeaux de nous avoir si bien accueilli et d'accueillir bien les familles et ce c'est des métiers vraiment je pense que le soir tu rends tu te sens utile ouais plus utile que quand tu tu fais face à tes propres démons sur une tablette et que tu dessines et tu vois ça va faire 2 ans là que j'ai pas travailler à l'hôpital et ça me manque ça me manque de de de pas retrouver ma valeur justement au quotidien comme ça mais pour pour rebondir sur sur ce que tu racontais j'ai raconté une anecdote sur Instagram comme ça qui qui m'a énormément touché c'était une mère de famille qui était hospitalisée dans notre service et qui était sédaté et ses sœurs à un moment donné euh ont appelé son fils elle avait un fils de je sais plus il devit avoir 7 8 ans quelque chose comme ça et elles lui ont mis le téléphone à côté de l'oreille et il lui ont dit c'est bon tu peux lui parler elle t'entend et et cette patiente était sédatée et pendant que son fils lui parlait elle a ouvert les yeux et elle a pleuré et elle a souri et c'est c'était c'était juste beau à voir en fait c'était c'était un moment d'une grande émotion ils peuvent entendre moi j'ai mis des messages vocaux de tous les copains dans son oreille et c'est très compliqué comme message vocal parce que tu sais pas trop quoi dire à la fin en fait c'est c'est c'est c'est des des moments un peu suspendu dans le temps l'impression de vivre du vrai ou et pas de parce que tu tu le dis d'ailleurs c'est un peu comme un oignon toi qui donne cette expression comme si c'est c'est tout s'ouvre en fait très très vite quand tu es dans un service comme ça et c'est dans l'histoire de Mona que je parle du modèle de l'ignion en fait c'est un modèle comment dire de de de des relations humaines si tu veux qui qui expliquent les relations humaines et qui explique que quand tu rencontres quelqu'un que tu connais pas tu te situes à la surface de l'oignon la partie la plus la plus corasse et et donc en général tu vas avoir des échanges très superficiels tu vas parler de de la pluie et du beau temps et au fur et à mesure que la relation se noue qu'on crée du lien euh tu épluches les différentes couches de l'oignon jusqu'à arriver ou pas à son cœur qui est la partie la plus tendre la plus fragile euh et qui qui représente en fait tout ce qu'on tout ce qu'on enfuit au plus profond de nous et et c'est ça que j'aime véritablement sans paléti c'est que je suis pas un mec très doué justement pour faire de la conversation sociale sous un abribus parler de la pluie du BE temps ça ça m'apporte rien ça m'emmerde un petit peu et moi ce que j'aime c'est c'est c'est rencontrer les gens dans dans ce qu'ils sont dans l'essence de ce qu'ils sont et en so palliatif je trouve que justement on est plusche les couches de cet oignon très rapidement parce que les gens n'ont plus de temps à perdre ils ont à cœur de se raconter et et et de de de de te montrer ce qu'il sont au plus profond d'eux-même ouais et avant de raconter une dernière anecdote tu tu viens de dire en fait tu as arrêté aujourd'hui tu n'es plus euh infirmier en S piatif en fait j'ai pris un congé sabbatique parce que je j'prouvé le besoin de de de trouver un vrai temps d'écriture pour me consacrer à ma première fiction c'était un enjeu assez différent de raconter une histoire qui s'est pas passée et dans laquelle tout tout restait à inventer euh c'est la BD là c'est ça je suis aelà de la mor ouais c'est ça la la la grosse BD qui est très très très sympa à lire d'ailleurs voilà j'ai eu l'occasion de l'avir un petit peu pour préparer l'émission et donc de la lire et elle est elle est très très sympa donc ça complètement fictionné l'homme étoilé voilà aux éditions Le Lombard et et là il y a la nouvelle donc qui vient de sortir du coup qui sont cette fois-ci c'est pas une fiction mais c'est des anecdotes de vie que tu as vraiment vécu c'est génial aussi çaappelle constellation voilà je vous rappelle je vous mets le lien dessous c'est important de le rappeler pour ceux qui prennent l'émission cours et cetera eu donc tu as arrêté pour te consacrer à ça et ça te manque oui alors je dois reprendre he je dois reprendre à l'automne de de cette année et oui ça me manque parce que parce que voilà quand quand tu es auteur de bande dessiné ben tu tu tu passes ta journée dans ta grotte à avoir l'impression de faire de la merde he parce que je moi c'est comme ça que je vis euh et puis jusqu'à ce que j'envoie mes planches à mon éditeur qui me dit non non c'est bien mais mais mais donc c'est c'est un combat contre moi-même en permanence et c'est vrai que le fait de de juste rentrer chez moi le soir et de me dire ouais j'ai fait du bien à quelqu'un aujourd'hui euh j'ai été utile à quelqu'un ça me ça me manque ouais pour terminer tu as eu une une dame une patiente qui s'appelait Lucy qui t'a demandé qui a fait une demande d'euthanasie oui Lucy c'est c'est une patiente que je rencontre entre ma 2e et ma 3e année de d'étude je belique en Belgique ouais je fais un stage en hématologie c'est là que je suis confronté pour la première fois à toutes ces situations de d'échec thérapeutique donc de de de maladie qui ne répondent pas au traitement et de pas patient qui s'oriente tout doucement vers des soins palliatifs qu'est-ce que ça veut dire hématologie l'hématologie c'est la discipline qui s'occupe de de toutes les maladies du sang voilà de de manière simple et et Lucy est atteinte d'une pathologie grave euh je l'ai suivi durant mon premier stage j'ai été amené à la recroiser l'été euh pendant un job d'étudiant en tant qu'ê soignant du coup à ce moment-là et puis je la recroise en tant que professionnel du coup à la la fin de de ma ma 3e année d'étude euh pendant un mois de nuit dans ce service et sa maladie a évolué son état de santé c'est c'est s dégradé et on est sur les les derniers jours de sa vie elle est en proie à des saignements une hémorragie constante qu'on narrive plus à temporiser avec des transfusions donc elle saigne elle saigne elle saigne on continue toute la journée elle passe sa journée en fait à à changer les compresses de de de son nez elle saigne des gens elle sane et je la croise une nuit enfin je la croise je la je m'occupe d'elle une nuit euh et je la retrouve dans un un désarroi et un désespoir incroyable elle a un sac poubelle à côté d'elle qui est rempli de compresse ensanglanté et je passe littéralement toute la nuit à son chevet cette nuit-là euh à changer les compresses avec elle et à l'écouter maudir ce qui est devenu sa vie parce que parce que c'est c'est intolérable pour elle elle elle elle a du sang partout sur ses draps sur ses mains et j'essaie de l'accompagner du mieux que je peux je suis encore tout jeune dans le métier tu vois je je suis fraîchement diplômé j'ai j'ai pas encore acquis toute l'expérience que je vais acquérir après en son palliatif et à la fin de la nuit elle me dit de manière très touchante que elle va demander l'euthanasie c'est la nuit d'un dimanche à un lundi elle me dit lundi matin je vais demander l'euthanasie et le lundi matin quand je fais les transmissions à l'équipe de de jour je je leur transmets à sa volonté et gros silence et un silence que j'accueille pas bien en fait parce que je je comprends qu'en fait c'est là qu'on va s'orienter je comprends aussi je sais aussi que même si elle est pas euthanasie dans les jours à venir elle va décéder dans les jours à venir donc finalement l'euthanasie en elle-même ne change pas grand-chose au problème mais la seule chose qui m'inquiète c'est est-ce qu'on va va vraiment permettre à cette patiente de partir dans un un tel sentiment de désespoir et de désarroi est-ce que vraiment c'est c'est c'est la dernière chose qu'elle va qu'elle va expérimenter dans cette vie elle est dans une telle colère elle me dit aussi qu'elle elle veut pas que son fils et son mari soit présent elle veut qu'on qu'on la tue et qu'on en parle plus qu'elle soit plus un problème et ouais c'est ça qui qui me REM beauoup coup dans cette histoire c'est l'idée que j'ai le sentiment qu'on lui administré l'euthanasie comme on administre un doliprane à quelqu'un qui a mal à la tête et je je réaimé ressentir qu'on avait un peu plus de préoccupation pour la l'intense et l'immense souffrance morale qu'elle qu'elle était en train de d'éprouver et je reviens dans le service la nuit du jeudi de mémoire elle a été euthanasier le matin sa chambre est vide et waouh je je je me dis il y a un truc que je vis pas bien en fait une forme de culpabilité et je retourne dans son dossier et j'en sors sa lettre de demande d'euthanasie et je la photocopie et je l'ai gardé sur moi pendant 15 ans et je l'ai toujours avec moi je l' glissé dans dans dans chacun des des des des casiers des vestiaires que j'ai occupé dans tous les hôpitaux dans lesquels j'ai travaillé parce que pour moi elle elle elle elle concentrait un un problème auquel j'avais pas encore trouvé de solution euh un truc qui s'était pas bien passé que j'avais pas encore digéré et c'est au cours d'un d'un dessais qui s'est pas bien passé dans dans un de mes services de soin palliatif euh et qu'on a longuement débriefé avec un ami médecin que j'ai le sentiment d'avoir trouvé des clés de réponse euh je lui ai parlais de cette histoire et il m'a dit tu sais les soins palliatifs c'est une obligation de moyen c'est pas sans garantie de résultats c'està-dire qu'on on donne tout ce qu'on peut mais euh malheureusement il y a des situations qui nous échappent il y a des situations qui sont pas idéales il y a des fins de vie qui se passent mal et l'important c'est les moyens qu'on se donne quotidiennement pour pour permettre que ça se passe au mieux et et voilà c'est une histoire assez douloureuse l'histoire de Lucy c'est un cocktail en fait de médicen en gros c'est quoi c'est un truc à boire c'est un verre non c'est une injection une injection ouais eu toi tu n'as pas assisté du coup à celle de j'ai pas assisté à celle-là mais j'ai assisté à deux euthanasies en Belgique ouis et ils sont conscients ils parlent avant les gens dATP bah c'est à leur demande he c'est c'est-à-dire que tu peux pas un médecin peut pas pratiquer une une euthanasie de son propre chef c'est à la demande du patient là on rentre dans un cas de figure assez particulier parce que c'est une procédure qui a été très accélérée du fait de son état de sa pathologie qui était très avancé et et que de toute façon elle allait décéder dans dans les jours à venir euh mais c'est une procédure qui prend beaucoup plus de temps en général qui est étudiée par un comité médical un psychiatre et cetera et cetera et avant qu'une qu'e qu'une décision soit donnée en faveur ou pas de mais mais c'est c'estd que la sédation ça tendort il y en a pas qui demande à à à se faire endormir pendant 1 heure et ensuite à à se faire injecter ça il y en a qui qui se font euthanasier complètement lucide avec leur famille à leur côté souvent le l'euthanasie commence par une sédation c'estàdire qu'on oui oui on on on en voit pas une seringue qui arrête le cœur brutalement et on endort le patient et une fois que le patient est profondément endormi on lui administre le cocktail létal du coup qui qui va induire sa mort oui euh il y a des familles qui assistent à ça oui bien sûr et euh et je veux dire même si je suis pas unvant partisan de de cette pratique euh il y a des euthanasies qui se passent très bien il y a des euthanasies j'ai des témoignages de de de de de soignants en Belgique en Suisse et tout ça qui qui me raconent des euthanasies qui se sont passées dans dans dans dans l'amour avec énormément d'émotions et et voilà mais je pense que tu sais le ce débat sur l'euthanasie est extrêmement complexe et je pense que ce qui vient le le rendre un petit peu stérile c'est ce ce ce besoin un peu pathologique de trouver un camp d'être soit proethanasie soit antieuthanasie je je pense que c'est c'est important d'y apporter un peu plus de nuanceces de se dire que la la la vérité elle est elle est pas elle est pas dans un camp ou dans l'autre elle au milieu de tout ça et la la la vraie question que pose ce débat sur l'euthanasie c'est la question de la souffrance humaine en fait c'est que c'est contraire à la volonté humaine de mourir personne ne veut mourir pas plus en fin de vie attendre d'un cancert que que toi et moi et moi je pense que ce qui est super important c'est de comprendre l'origine de cette demande de mort qu'est-ce qui fait qu'au bout d'un moment une personne préfère demander la mort plutôt que de continuer à vivre et quand on investigue quand on creuse cette demande on comprend que elle elle émane de beaucoup d'angoisse l'angoisse de souffrir l'angoisse de de décliner l'angoisse de devenir un poids pour son entourage et la question que je me pose c'est si administrer la mort en réponse à cette angoisse c'est pas on peut passer à côté du problème est-ce qu'il y en a qui cachent leur maladie à leur famille est-ce que tu y en a qui arrivent et qui savent pas que leur proche était malade euh oui oui bien sûr ça ça arrive il y a il y a des familles auquel on doit annoncer que leur proche est hospitalisé chez nous atteendre un cancer incurable et que son son son décess risque de survenir dans dans les jours à venir et eu j'ai j'ai aussi l'exemple d'une d'une maman d'une trentaine d'années qui avait qui a caché sa maladie pendant 3 ans à ses deux enfants donc elle allait suivre ses séances de chimio en oncologie toutes les semaines ou peu importe et euh et puis un jour son concert est est devenue hors de contrôle et elle a été hospitalisée dans notre service et et c'est la psychologue de notre unité qui qui a dû apprendre à ses enfants que non seulement leur maman était malade mais qu'en plus elle allait mourir de sa maladie prochainement et c'était très touchant parce que ses enfants étaient pas dupe en fait euh c'est l'un des deux qui a dit spontanément lui-même quand le psychologue était était avec eux que il savait que sa maman était malade il a pas mesuré qu'on était dans les derniers instants mais il savait qu'elle était malade et attend quelque chose de grave h tu as une fille de 4 ans et demi ouais euh aujourd'hui tu as expliqué ton métier ou comment tu expliques ce que tu fais dans la vie pourquoi tu dessines ça et cetera alors déjà comme elle a 4 ans et demi et que ça fait presque 2 ans que je bosse plus à l'hôpital euh pour elle je suis pas infirmier c'est c'est drôle d'ailleurs quand je lui demande ce qu'elle veut faire plus tard elle me dit moi je veux je veis être comme maman je veis être infirmière et quand je lui dis mais tu sais papa aussi infirmierè il me dit mais non toi tu fais des bandes dessiné et elle sait que je suis infirmier et auteur de bandes dessiné mais elle sait pas auprès de de quelle population je travaille et j'avoue que tout à l'aise que je peux être dans mon métier avec avec l'idée de la mort du deuil de la fin de vie je sais pas comment aborder ça avec elle on a perdu notre chat il y a 6 mois et je sens que ça la remu beaucoup et elle me pose ses premières questions aujourd'hui autour de la mort euh elle est o elle s'appelleait pirate elle est où pirate en fait maintenant elle va où on va où après et c'est dur en fait c'est dur parce que ça ça nous confronte à notre propre angoisse c'est-à-dire que il il y a pas de j'ai pas de réponse à apporter à lui apporter je sais pas en fait où on va quand on meurt mais ça génère tellement d'angoisse cette incertitude que tu te dis je peux je peux pas lui dire ça en fait il faut faut que je trouve quelque chose de de de rassurant c'est les cigognes he qui vont emmener non c'est c'est très compliqué ouais parce que ça fait peur aux adultes alors tu peux pas dire ça à un enfant et je je j'avoue que même quand je lu lis des histoires et c'est c'est peut-être nul mais je j'évite ces questions là quand je lu lis des conttes la plupart des contes c'est toujours le le même guimiic hein c'est elle a perdu sa maman elle vit avec son père qui s'est remarié avec une connanesse et et voilà et et donc souvent l'histoire de de la maman qui est morte et le père qui est veuf et tout ça je je j'ai tendance à l'éviter parce que parce que j'ai peur des questions à ce sujet-là h c'est quoi les CIN meilleures minutes de vie que tu as passé avec un patient pour terminer cette interview ah ça je je peux te répondre du tac au tac c'est la la chorégraphie de bohémien rapsudi avec un patient euh ce patient s'appelait Roger et et celui qui mangeait beaucoup des plateaux exactement c'est ça et ce ce patient il avait pas envie de parler de la maladie il Ava envie de rester dans la vie jusqu'au bout ça n'empêche qu'il y avait beaucoup de questions qui se posaient et qu'il osait pas nous poser mais il était dans la déconne et et je me souviens que chaque jour quand je m'occupais de lui je lui mettais de la musique euh au début tu sais j'y vais à taton je mets des musiques de film des trucs un peu passe partout et puis la relation se noue le lien se tisse et un jour il me dit Xavier ça suffit à 5 minutes tu estaes musiques de grand-mère là tu as pas envie de me mettre un truc qui dépote un petit peu et donc je lui mets les Guns d'abord et et on finit par explorer Queen et il y a ce moment suspendu en dehors du temps qui je pense est véritablement un des plus beaux moments de ma carrière euh Roger a enfin réussi à mettre des mots à travers en fait une chanson de Queen go on je lui explique en fait les conditions dans lesquelles cette chanson était enregistrée et je sens que ça ça génère une immense émotion en lui et il arrive à me dire qu'il a qu'il a peur de la suite qu'il a peur de mourir et et voilà le lendemain j'arrive dans sa chambre et je me dis comment on peut investir ces cet instant et je lui dis Roger il y a quand même une chanson de Queen qu'on a encore jamais écouté et c'est la meilleure chanson de Queen et je lui mets bohemy rapsodi et pendant les 6 minutes que dure cette chanson t les deux ont chorégraphi cette chanson on fait le clip là tu sais et et et pendant ces 6 minutes lui aussi ouais il est je souvens qu'il était avec sa sa brosse à dents et son tube de dentifrice en train de de faire la batterie quoi sur le lit et sur sur son sa do quoi j'allais m'occuper de de faire sa toilette et ce moment-là comme je le dis dans dans la vie c'est c'est un moment que la maladie n'a pas eu tu vois c'est c'est c'est un moment qu'on a volé à la maladie et c'est un moment de vie et et c'était un moment d'une de de de fun c'était un moment drôle c'était un moment touchant et c'est un des plus beaux moments de ma carrière ouais tu l'as accompagné jusqu'au bout Roger j'ai pas j'étais pas présent lors de son essai il est céd sur une fin de nuit et et moi j'ai j'ai pris mon poste le matin suivant donc j'ai pas pu l'accompagner dans ces dernières instant non cétait quelques jours après bohemian rapsodi euh c'était une ou deux bonnes semaines après oui est-ce que les moments comme ça ça peut un peu rallonger tu penses que ça fait du bien au corps je me suis toujours posé tu vois je sais pas mais je je je pense que le soutien l'affection d'une famille l'amour de ses proches toute la tendresse et la bienveillance dont on peut faire preuve au chevet de d'une personne malade ça ça participe à rendre ces moments en tout cas plus faciles enfin moins difficile et je sais pas si ça rallonge mais en tout cas c'est c'est une manière de d'investir ces moments de manière plus constructive merci beaucoup l'homme étoilé ation voilà si vous voulez lire toutes les toutes les BD je vous mets les liens comme je vous le dis depuis tout à l'heure en clickup sous la vidéo aux éditions du Lombard voilà avec avec cette BD qui est vraiment génial où tu racontes plein d'anecdotes où il y a Polette dedans où il y a Roger Roger Roger c'était dans à la vie et Polette dont je serais là c'est les BD qui mes premières BD en fait merci beaucoup d'être venu merci à toi tu as été très bon tu t'es senti bien oui franchement cétait c'était cool on aurait pu encore passer une heure tranquille tu as été très très bon tu as expliqué super bien ton ton métier on a vraiment j'imagine j'espère pour vous aussi chez vous pu vous mettre à sa place et imaginer un peu ce que ce que tu as pu vivre et ce que tu vis au quotidien voilà grosse pensée encore à tous les infirmiers en général les infirmières et et tous ceux des soins palliatifs en particulier sur cette émission voilà petite petite pensée pour pour tes tes collègues et bon courage si tu retournes après après ces ces deux années sabatiques du coup pour écrire les BD qui sont vraiment très chouette voilà si vous allez les les chercher c'est vraiment un chouette cadeau aussi je vous embrasse merci à toute la toute l'équipe d'avoir préparé cette émission on vous met une émission tous les mercredis vendredi et dimanche à chaque fois sur légende merci de vous abonner prenez 30 secondes et n'oubliez pas que vous pouvez nous écouter si vous êtes en voiture ou ailleurs en podcast audio sur Google podcast Spotify deer même Amazon podcast on est partout donc merci à vous tous d'être de plus en plus nombreux on est premier des podcasts aujourd'hui aujourd'hui tournage en France des podcast audio donc merci 1000 fois d'être de plus en plus nombreux et à très vite [Musique] [Musique] [Rires] [Musique]
Gilbert Collard