Municipales : "Au soir du premier tour, nous prendrons nos responsabilités" en cas de "risque d'un projet régressif en termes d'écologie", assure David Belliard
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:32OuverteÉludée
Vous y croyez toujours ce matin à terminer en tête au premier tour ?
- 1:15OuverteRéponse directe
Vous assumez tout du bilan écologique de la mairie sortante ?
- 2:15OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous avez le sentiment que vos idées sont parfois appropriées à votre détriment ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Nicolas Hulot salue le courage d'Anne Hidalgo, c'est un peu injuste ?
- 3:59OuverteRéponse directe
Vous voulez aller plus loin et plus vite pour verdir la ville ?
- 4:23FerméeRéponse partielle
Piétons les abords des écoles, vous fermez toutes les rues parisiennes avec une école ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:01Invité politiqueChiffre
« Il y a à peu près 1100, entre 1100 et 1200 écoles à Paris. »
- 5:15Invité politiqueChiffre
« Il y en a 300 qui sont extrêmement très, très, très élevés. »
- 8:39Invité politiquePromesse
« Mon objectif, c'est 30% de logements sociaux en 2030, en utilisant l'existant. »
Temps de parole
- David Belliard60 %
- Présentateur14 %
- Présentateur 213 %
- Locuteur 48 %
≈ 3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour à toutes et tous, c'est 8.30 France Info du samedi sur France Info Radio, le canal 27 de la TNT, avec Myriam Ancawa, bonjour. Bonjour Mathéo, bonjour à tous. Journaliste à la chaîne parlementaire, notre invité ce matin est candidat à Europe Écologie Les Verts au municipal à Paris. Bonjour David Béliard. Bonjour. Vous avez longtemps espéré terminer en tête au premier tour dimanche prochain, en tous les cas devant Anne Hidalgo. Vous y croyez toujours ce matin ?
La seule chose qui compte dans une élection, c'est le vote. C'est le vote du 15 mars, donc on verra. Le vote du 15 mars, vous savez moi, si vous faites référence au sondage, j'ai souvenir des sondages des Européens.
Vous êtes crédité autour de 12% dans les enquêtes d'opinion.
Oui, mais déjà c'est beaucoup. Et puis les sondages, vous savez moi je reste toujours prudent par rapport aux sondages. Quelques jours avant, quelques heures avant les Européennes, les dernières Européennes, ils nous décréditaient à 7%. On a terminé à 13%. À un moment donné, il faut faire confiance aux Parisiennes et aux Parisiens, il faut faire confiance à la démocratie. La démocratie, c'est le vote. Nous verrons donc le dimanche 15 mars.
Votre difficulté, c'est de vous démarquer d'Anne Hidalgo, tout en étant d'une certaine façon tributaire du bilan en matière d'écologie, puisque vous avez co-géré la ville avec elle. Vous assumez tout de ce bilan écologique ?
Ce n'est pas une difficulté. J'ai un projet et nous portons un projet qui est un projet singulier. Nous avons une grande différence, notamment sur un certain nombre de sujets, la vision que nous avons de la ville. Et d'ailleurs, ça s'est vu dans le mandat précédent, lorsque nous nous sommes opposés entre les socialistes et les écologistes, par exemple sur la création de la tour triangle, cette tour de bureau dans le 15e arrondissement, ou la création de tours, de projets de bétonisation dans le 12e arrondissement. Donc, vous voyez, on a une vision qui est une vision extrêmement différente. Bien sûr que nous sommes favorables.
D'ailleurs, nous l'avons porté sur le plan vélo, même si aujourd'hui, on est encore loin du compte. On voit bien que ce sont des réalisations qui sont des réalisations écologistes. Donc, moi, j'en suis très, très fier. Mais nous avons aussi, oui, bien sûr, des différences, parce que nous ne voyons pas la ville de la même manière. Il y a une ville béton, il y a une ville grise, et moi, je défends une ville verte.
Justement, on va revenir sur tout ça, mais sur la paternité des projets, la piétonisation, les voies sur berge, les pistes cyclables. Beaucoup de Parisiens associent cela à Anne Hidalgo, alors que ce sont des projets qui ont été portés également, et peut-être en premier lieu parfois, par les écologistes. Est-ce que vous avez le sentiment que parfois, on s'approprie un peu vos idées à votre détriment ? Vous êtes un peu squeezé, si vous me passez cette expression.
Les idées de l'écologie, vous savez, les idées de l'écologie, c'est du bien commun. Tout le monde peut les partager, et c'est très bien. Et ça vous fait plaisir. Moi, je suis fier. Mais pourquoi je suis ici ? Pourquoi je suis devant vous ? Pourquoi je suis aujourd'hui candidat à l'élection municipale ? Eh bien, je suis candidat à l'élection municipale pour transformer cette ville, parce que je crois qu'aujourd'hui, il faut des écologistes au pouvoir. Il faut un maire écologiste pour faire véritablement une transition profonde de cette ville. Tout ce que vous dites, bien sûr, ce sont des écologistes qui l'ont porté, mais il y a une urgence aujourd'hui.
Il y a une urgence climatique, il y a une urgence écologique. Je vais vous donner un exemple. La question de la piétonisation des berges de Seine, qui est une vraie victoire, une vraie avancée. Et d'ailleurs, personne aujourd'hui ne souhaite y revenir, ou en tout cas à la marge. Eh bien, cette proposition, ça fait 30 ans, depuis 1989, que les écologistes la portent. Ça fait 30 ans qu'on se bat sur le terrain, mais qu'on se bat aussi au Conseil de Paris, pour que ça soit réalisé. Aujourd'hui, nous n'avons plus 30 ans. Il faut transformer en profondeur la ville. Et pour ça, il faut des écologistes.
Donc finalement, quand Nicolas Hulot figure de l'écologie dans notre pays, il salue le courage d'Anne Hidalgo, c'est un peu injuste ?
Non, il salue les avancées qu'il y a eu dans ce mandat, qui sont aussi des avancées écologistes, qui sont aussi des avancées que nous avons portées. Le plan vélo faisait partie de notre programme. C'est nous qui l'avons porté. Et c'est très bien qu'aujourd'hui, ça soit réel.
Alors, vous assumez, donc on l'entend, le bilan de la mer sortante en matière d'écologie, puisque vous y participez, mais vous voulez aller plus loin, vous voulez aller plus vite pour verdir la ville, la faire respirer. On voit dans votre projet qu'il y a un troisième bois à Bercy-Charenton, en plus du bois de Vincennes et du bois de Boulogne. On parle beaucoup de votre proposition de déterrer la rivière de la Bièvre. Peut-être une proposition qui peut intéresser les parents qui nous écoutent ce matin, piétonniser les abords des écoles. Comment vous faites ? Vous fermez à la circulation toutes les rues parisiennes dans lesquelles il y a une école, un lycée, un collège ?
D'abord, on est en face d'une situation qui est une situation extrêmement tendue, avec notamment la pollution de l'air, avec la dangerosité des rues. Les enfants, moi, quand je les vois jouer dans les rues, eh bien, j'ai toujours peur pour eux, parce que les rues sont des rues dangereuses aujourd'hui. Il y a encore trop de voitures. Oui, il y a encore trop de voitures. L'espace public est une jungle et il n'est pas du tout adapté aux enfants. Donc moi, ce que je veux et ce que je souhaite, c'est faire une ville pour les enfants. Une ville qui protège les enfants et notamment qui protège leur santé. 100%, quasi 100%.
Il y a combien de rues dans Paris où il y a des écoles ?
100%, il y a à peu près 1100, entre 1100 et 1200 écoles à Paris. Sur ces plus de 1000 écoles, sur ces plus de 1000 établissements, on sait qu'il y en a à peu près 100%, 100% qui ont des niveaux de pollution de l'air qui sont extrêmement élevés. Et il y en a 300 qui sont extrêmement très, très, très élevés. Moi, ce que je propose pour commencer à faire la ville des enfants, c'est de piétonniser les abords des écoles et de commencer par les 300 écoles qui sont aujourd'hui les plus polluées pour améliorer la sécurité des enfants, pour améliorer leur santé.
Concrètement, il n'y a plus de voitures qui circulent dans les rues ?
Nous faisons des îlots, nous faisons des zones qui sont des zones où les enfants et leurs familles, bien entendu, peuvent marcher, peuvent faire du vélo, avec de la nature aussi, pour qu'ils reprennent goût à la nature.
On aimerait vous faire réagir, David Béliard, à une déclaration. C'était quelqu'un qui était à votre place, ici même, hier matin, sur France Info. Elle s'appelle Agnès Buzyn, on l'écoute.
La ville de Paris a une politique de bétonisation, de bitumisation, de densification. Au lieu de créer des espaces verts, partout où il y avait du foncier libre, on a créé des immeubles et même les écologistes qui sont dans la majorité municipale ont attaqué la maire de Paris sur cette densification. D'ailleurs, je me suis demandé, à partir du moment où ils étaient écologistes et que primait le fait qu'il fallait végétaliser la ville, je me suis demandé pourquoi ils étaient restés dans cette majorité.
David Béliard, ça ressemble plus ou moins à un appel du pied de la part d'Agnès Buzyn.
Elle dit même les écolos sont d'accord. Oui, mais Agnès Buzyn découvre tardivement à la fois la campagne municipale et puis elle découvre tardivement un problème qui est effectivement un problème de densification, de bétonisation surtout de la ville. Vous savez, c'est un débat et ce sont des conflits que nous avons depuis des années et qui s'accentuent aujourd'hui parce qu'il y a une accélération des dérèglements climatiques, parce qu'il y a de plus en plus de canicules et qu'il nous faut rafraîchir la ville. Donc oui, c'est ce que je vous disais tout à l'heure, nous avons... Vous rapprochez avec Agnès Buzyn, c'est exclu entre les deux tours. Bien sûr, nous avons une divergence profonde.
Elle ne dit rien sur la question de la place de la voiture. Elle ne dit rien véritablement sur la question de la lutte contre la pollution, sur la transformation de la ville, sur les questions de solidarité. Moi aujourd'hui, je ne connais pas le projet d'Agnès Buzyn. Je vois qu'il y a une forme peut-être d'opportunisme et là-dessus, je suis d'accord avec elle.
Vous parlez de solidarité, pardon de vous couper David Béliard, mais justement, vous êtes élu du 11e arrondissement, il y a eu l'exemple de ce TEP Ménil-Montant. Ça a pu vous opposer à d'autres adjoints, à d'autres membres de la majorité, notamment Yann Brossal, adjoint au logement. En gros, vous dites arrêtons de bétonner, arrêtons de construire. Et lui vous répond, oui, mais si on fait ça, on a moins de logements sociaux, on ne construit pas de logements sociaux. Comment est-ce qu'on arrive à harmoniser tout ça ? C'est très intéressant.
Ce débat et ce sujet qui est très symptomatique, très local, j'en suis désolé pour celles et ceux qui nous écoutent, qui ne connaissent pas Paris, mais en effet, le TEP Ménil-Montant, c'est une parcelle de 6000 mètres carrés qui est juste devant le Père Lachaise. C'est une zone de nature, une zone de sport à ciel ouvert que moi je souhaite, avec les écologistes et avec d'autres d'ailleurs, préserver. Préserver parce qu'on a besoin, dans cet arrondissement qui est extrêmement dense, d'une zone de nature pour rafraîchir la ville. Et en effet, il ne faut pas opposer, parce que c'est extrêmement dangereux d'opposer l'écologie, la nature, avec les questions de solidarité.
Et je vais vous donner un exemple, parce que la proposition que nous faisons, et je termine, le 14 avenue Parmentier, qui est un bâtiment de la ville, qui a été vendu, qui a été cédé à des promoteurs pour en faire un restaurant de luxe, eh bien nous, nous avons proposé, eh bien oui, d'en faire un lieu pour l'hébergement.
Donc on n'est pas opposé par la construction de logements sociaux à Paris.
Nous avons une autre vision. Nous avons une autre vision. Moi, mon objectif, c'est 30% de logements sociaux en 2030, en utilisant l'existant. Je vous coupe, parce qu'on est très en retard pour les titres.
Il est 8h41, le Fin Info avec Edouard Margui, à tout de suite.
Un incendie suivi d'une explosion à Strasbourg. Ce matin, il y a un mort et quatre blessés dans un immeuble du quartier de la Ménaud, situé au sud de la ville. L'origine du sinistre est pour le moment inconnue. 613 personnes contaminées par le coronavirus en France, chiffres annoncés pendant le dernier point presse du directeur général de la Santé. 39 sont dans un état grave ou dans un service de réanimation. L'Oise et le Haut-Rhin sont les deux départements où il y a le plus de contamination. Des mesures sont prises, comme la limitation de tous les rassemblements, sauf ceux qui sont essentiels à la vie sociale et démocratique, a déclaré le Premier ministre.
Les établissements scolaires resteront fermés pour deux semaines, à partir d'après demain lundi. Le bilan dans le monde, plus de 100 000 malades et des conséquences toujours économiques. La Chine annonce ce matin que ces exportations se sont effondrées de plus de 17% en janvier et en février. Après la pluie, certains cours d'eau débordent. Quatre départements sont placés en vigilance orange par Météo France. Il s'agit du Calvados, de l'Eure-et-Loire, des Deux-Sèvres et du Tarn-et-Garonne. La Vendée est sortie de l'alerte.
France Info. Et tout est plus clair.
Merci Edouard. Le 8.30 France Info avec David Béliard ce matin et Myriam Ancawa. Parlons un instant des alliances possibles. On a bien compris que vous ne vous rapprocherez pas d'Agnès Buzyn. La plus. Justement, c'est ma question. Est-ce qu'au fond, il n'y a pas un faux suspense dans cette élection ? Est-ce qu'au fond, naturellement, vous retrouverez la mer sortante ?
Le vrai suspense, c'est de savoir si je vais arriver en tête ou pas. Si on va mettre des écologistes en tête. Parce que c'est ça qui se joue aujourd'hui, avant la question des alliances. Même si, en effet, elles sont importantes parce que personne ne pourra gagner seul. Parce que nous sommes en face d'une telle urgence. Urgence climatique, urgence sociale, urgence démocratique. On vous entend tout à fait. Qu'il nous faut arriver à quelque chose de plus large.
Si on ne parle pas d'Anne Hidalgo, vous ne répondrez pas là-dessus. Où est-ce que vous en êtes de vos discussions avec Cédric Villani, cette coalition climat ?
Mais vous savez, moi j'ai toujours dit la même chose. J'entends qu'aujourd'hui, Anne Hidalgo a réussi à convaincre son adjoint, ses partenaires communistes, pour elle aussi tendre la main à Cédric Villani. Mais la différence, c'est que moi, je le fais sur la base d'une coalition pour le climat et pas pour une coalition des places. Je le fais sur la base d'un projet. Le projet, c'est un projet profondément écologiste. C'est un projet profondément solidaire. On parlait par exemple de la bétonisation. Est-ce que oui ou non, on arrête la bétonisation ?
Est-ce que oui ou non, pour vous répondre directement, Cédric Villani sera à mes côtés pour dénoncer l'incurie de l'État face au scandale des gens qui sont aujourd'hui dans la rue, alors que l'État n'agit pas. Et nous avons des milliers et des milliers de personnes qui dorment dans la rue. Ce sont sur ces bases-là. Vous savez, ça peut paraître complètement dingue, mais moi je fais de la politique sur le fond, pour transformer Paris, pour améliorer le quotidien des gens.
Vous faites de la politique sur le fond, mais c'est un mode de scrutin très particulier, une élection municipale. Et il peut se passer énormément de choses, effectivement à Paris, entre les deux tours. D'ailleurs, à une semaine du scrutin, elle est extrêmement ouverte, cette élection. Une alliance Buzyn-Dati, Villani, dans un front anti-Hidalgo. Vous y croyez ?
Moi, je ne suis pas là pour commenter. En tout cas, il y a une chose que je peux vous dire. Je ne laisserai pas une alliance régressive, notamment sur les questions écologistes. Parce que quand j'entends Rachida Dati nous parler d'écologie, j'ai l'impression d'entendre Nicolas Sarkozy, qui nous expliquait l'environnement, ça suffit. La seule chose efficace que je peux reconnaître à Rachida Dati, c'est celle de percevoir ces indemnités d'élu sans devoir travailler. Donc, si vous voulez, à un moment donné, non. Moi, je m'opposerai. Et ma famille politique, mon engagement politique, c'est toujours fait autour des valeurs d'humanisme, de justice sociale, de liberté.
Ce sont ces valeurs que je défendrai, dans tous les cas, à Paris et ailleurs.
David Béliard, pour rebondir sur ce que dit Myriam, est-ce qu'il y a... Vous n'êtes pas là pour commenter les alliances, on l'a bien compris, et c'est respectable. Mais est-ce qu'il y a un risque, aujourd'hui, qu'Anne Hidalgo, et notamment, on s'est posé la question quand on a vu Rachida Dati arriver en tête des intentions de vote au premier tour, est-ce qu'il y a un risque qu'Anne Hidalgo ne soit pas réélu ?
La question qui se pose, aujourd'hui, c'est qu'est-ce qu'on veut comme projet pour transformer cette ville ? Est-ce qu'il y a un risque d'un projet qui est un projet régressif ? Si ce risque existe au soir du premier tour, nous prendrons nos responsabilités. Et je le dis ici, comme je le dirai, ailleurs, pendant ces derniers jours de campagne. Et d'ailleurs, nous, nous avons toujours été clairs là-dessus. Nous ne laisserons pas un projet qui est un projet régressif en termes d'écologie et en termes de justice sociale. Donc, nous irons là où nous pourrons transformer véritablement la ville. Et je le dis d'autant plus que moi, je crois encore, et je le redis, que je peux arriver en tête.
Un mot sur la crise sanitaire, le coronavirus, qui effectivement préoccupe les Français qui nous écoutent. Peut-être même que cette crise aura des conséquences politiques. Sur l'abstention, c'est une possibilité dans la capitale ou dans d'autres villes du pays. Dans votre programme, vous proposez d'augmenter les taxes de séjour de l'hôtellerie de luxe. Est-ce que, tout ça pour toujours l'écologie, vous trouvez que c'est le bon moment, en pleine crise du coronavirus, alors que le tourisme est à l'arrêt ?
Alors, vous savez, ce que je propose, pour que tout le monde soit bien au fait des chiffres, ce que je propose, c'est une augmentation de 2 euros de taxes sur des chambres qui peuvent dépasser parfois 1 000 euros. Donc, on est sur un public qui est un public extrêmement particulier. Ce sont les palaces, ce sont les 5 étoiles. Et oui, je crois aujourd'hui qu'il faut mettre à contribution un certain nombre d'activités, et notamment ces activités qui sont des activités de luxe, pour pouvoir engager une transition... Si vous êtes élu, vous ne le faites pas tout de suite,
parce que là, l'économie du tourisme est durement frappée.
Mais quelle est l'urgence ? Quelle est l'urgence, pardon ? L'urgence, aujourd'hui, c'est effectivement de répondre à la question du coronavirus. C'est une question de santé publique. Mais la question de santé publique, c'est aussi d'améliorer la santé de nos enfants, c'est aussi d'améliorer la qualité de l'air, c'est aussi de répondre à l'urgence climatique, parce que les dérèglements climatiques, parce que les périodes de canicule, elles vont arriver, elles vont arriver cet été. Nous étions dans un hiver qui est un hiver extrêmement doux. C'est ça, l'urgence. Vous trouvez que c'est bien géré, cette crise dans la capitale ? Moi, ce qui m'importe, pardon, c'est de répondre à ces urgences.
Est-ce que je trouve que c'est bien géré ? Aujourd'hui, moi, je ne vais pas faire polémique. Il y a un certain nombre de mesures qui sont prises. Moi, je suis favorable, en tout cas, à ce que ces mesures sur la question du coronavirus, elles soient ciblées. Elles soient ciblées sur les clusters, comme c'est le cas d'ailleurs aujourd'hui, et qu'elles soient ciblées sur les publics qui sont aujourd'hui les plus fragiles, les plus exposés. Je parlais tout à l'heure des SDF. Ils sont particulièrement exposés. Les femmes enceintes, elles sont particulièrement exposées. C'est auprès de ces publics qu'il faut agir en termes de prévention et d'information.
David Béliard, il y a une question qu'on se pose tous, qu'on soit ou pas habitants de Paris depuis quelques jours. On annule des manifestations sportives. Là, il y a le match Strasbourg-Paris-Saint-Germain. C'est tombé hier, mais également le marathon de Paris, parmi les plus emblématiques. Pourquoi est-ce qu'on annule ce genre de rassemblement et qu'on maintient, par exemple, les transports en commun sans problème, sachant qu'il y a plus de 5 millions de personnes qui se croisent chaque jour dans les transports en commun en région parisienne ? Comment expliquer ce qui apparaît comme des contradictions et des paradoxes ?
Parce que je ne crois pas qu'on puisse aujourd'hui mettre Paris sous cloche. Je ne crois pas aujourd'hui que d'avoir une interdiction de tous les déplacements résoudrait le problème, diminuerait le risque, mais créerait plutôt un climat anxiogène et particulièrement contre-productif. Encore une fois, il faut avoir une action qui est très spécifique sur des publics et des publics qui sont vulnérables. Et ces publics vulnérables, je le redisais tout à l'heure, les SDF, les femmes enceintes, les personnes qui souffrent aujourd'hui de maladies respiratoires. C'est vers eux qu'il faut donner l'information. C'est vers eux qu'il faut donner les gestes simples de prévention.
Comme par exemple celui, eh bien oui, de ne pas serrer la main. Moi, je fais une campagne, et c'est à mon grand regret d'ailleurs, eh bien je fais une campagne sans serrer la main des interlocuteurs et interlocutrices que je rencontre. C'est dommage, je préférerais que ça soit plus humain, mais c'est comme ça, chacun doit prendre aussi ses responsabilités.
Un mot très rapidement sur ceux et les personnes âgées, peut-être qui craignent d'aller voter dimanche prochain. L'abstention peut être plus importante, elle était déjà importante à la précédente élection. Vous leur dites quoi, ces gens-là ?
Alors moi, ce que je demande, surtout à l'État, au gouvernement, eh bien c'est de prendre toutes les actions pour justement rassurer et permettre à toutes les personnes, et notamment les personnes âgées, eh bien de pouvoir voter et de participer à ce grand moment démocratique.
On est moins en retard que tout à l'heure. Merci David Béliard. 9h10, vous restez évidemment avec nous, on a encore des choses à voir, évidemment ensemble. 9h10, le fil info, Édouard Margué.
Un mort et quatre blessés dans un incendie à Strasbourg. Incendie qui a été suivi d'une explosion dans cet immeuble du quartier de la Méno, situé au sud de la ville. L'enquête qui vient de débuter doit encore déterminer l'origine du sinistre. Le monde, face au coronavirus, plus de 100 000 malades atteints par cette maladie dans 92 pays. En France, le virus est présent dans toutes les régions métropolitaines et dans trois régions d'outre-mer. C'est 613 personnes contaminées. 39 sont dans un état grave où en réanimation, précise le directeur général de la Santé, les départements de l'Oise et du Haut-Rhin sont les plus touchés. Dans ce contexte, le match Strasbourg-PSG est reporté.
Il devait avoir lieu cet après-midi dans le cadre de la 28e journée de Ligue 1 de football. Autre événement sportif perturbé, le match de rugby du tournoi féminin des 6 nations Écosse-France, reporté, car une joueuse écossaisse a contracté la maladie. L'autobiographie de Woody Allen ne sortira pas aux Etats-Unis comme prévu le mois prochain. Le groupe Hachette renonce car des manifestations eut lieu à New York pour dénoncer le livre du cinéaste accusé d'avoir agressé sexuellement sa fille adoptive Dylan Farrow dans les années 90.
France Info et tout est plus clair.
Le 8.30 France Info avec Myriam Ancawa et David Béliard, candidat à Europe Écologie, Les Verts, au municipal à Paris. Rachida Dati et Agnès Buzyn font de la propreté et de la sécurité, je schématise un petit peu, les deux axes prioritaires de leur campagne. Est-ce que vous jugez, vous aussi, que Paris est peu propre
et peu sûr ? Alors Paris, il y a un problème, moi je vis à Paris donc je vois aussi la situation. Paris, il y a des problèmes de propreté ou plutôt il y a des problèmes de saleté à Paris. Pas d'ailleurs de la même façon dans tous les arrondissements. Les quartiers qui sont les quartiers les plus touristiques sont plus propres que les quartiers plus populaires, notamment dans l'Est parisien, mais pas que, on voit qu'il y a des différences. Donc il y a un sujet, oui, il y a un sujet de saleté. Et puis, lorsque vous avez des déchets, le déchet c'est un problème parce que ça se retrouve par terre, mais ça va se retrouver aussi dans l'eau, ça va se retrouver aussi dans nos océans.
C'est aussi de la pollution, la question de la propreté. C'est une question qui est une question de vie quotidienne, mais c'est aussi une question écologiste et à part entière. Donc oui, il faut agir sur la propreté. Il faut agir maintenant et il faut agir aussi dans les années futures.
Avant de nous donner vos solutions et nous expliquer pourquoi vous ne l'avez pas fait précédemment, pendant la précédente mandature à Paris. Ça ne vous a pas échappé,
je ne suis pas maire de Paris.
C'est vrai, mais vous participez à l'équipe.
En tout cas, c'est un élément de réponse.
On va écouter Rachid Adati qui nous parlait sur LCI lors du grand débat de l'état des voies sur berge. Elle a été très en forme. Regardez.
Je cours sur les voies sur berge. Je passe en apnée. Il y a certains endroits. Je peux peut-être après... Je ne fais pas de plongée. Je pense que je suis apte à la plongée tellement je cours en apnée sur certains tronçons. Ce sont des latrines à ciel ouvert. Ce n'est pas aménagé, ce n'est pas verdi, ce n'est pas végétalisé. Je peux vous dire, là, c'est la courreuse qui vous dit ça. Elle a raison, Rachid Adati, ou elle en fait trop ?
En tout cas, une chose est sûre sur celles et ceux qui font leur jogging sur les berges de Seine et qui ont la même sensation, moi, ça m'arrive aussi, il faut voter pour moi. Parce que pour moi, moi, ce que je dis, c'est qu'il faut créer des toilettes publiques. On a un problème de toilettes publiques. 400 toilettes publiques seulement à Paris pour une ville de plus de 2 millions d'habitants. Ce n'est pas assez. On les a supprimées. On a enlevé les toilettes publiques gratuites. On veut en remettre. Accessibilité aux toilettes publiques. Parce que, vous savez, la question de la propreté, c'est évidemment la question de la réorganisation des services de propreté pour aller au plus local.
Ce n'est pas la faute des Parisiens, surtout, si c'est ça. Mais, justement, je vais y venir. Je vais y venir. C'est aussi la question, oui, de la sanction des sensibilités. C'est la raison pour laquelle je propose de créer une brigade de sécurité et de tranquillité publique dont ce sera l'une des missions avec 4 000 agents sur le terrain parce qu'il faut remettre des humains sur le terrain. Et puis, il y a aussi une question de donner la possibilité aux gens. Eh bien, oui, il faut mettre des toilettes publiques parce que c'est une des solutions pour répondre à la question de la propreté. Oui, il faut mettre plus de poubelles et notamment plus de poubelles de tri, une toutes les 50 mètres.
Et enfin, je termine, il faut que nous nous engagions vers une politique zéro déchet parce que le meilleur déchet, c'est celui qu'on ne produit pas, notamment les déchets plastiques.
Un mot sur la sécurité à présent. Anne Hidalgo et Rachid Adati s'opposent notamment sur la question de la police municipale armée. Vous vous situez où dans ce débat ? À nouveau, plutôt vers Anne Hidalgo ?
Non mais moi, je me situe au niveau de l'écologie. L'écologie, c'est dire quoi ? Mon projet à moi, c'est de dire qu'il faut plus d'humains. Vous savez ce qu'on paye sur la question de la sécurité et de l'insécurité aujourd'hui, du problème des incivilités ? C'est qu'on a mis 200 millions d'euros pendant 15 ans sur la table. Il n'y a pas de police
municipale armée pour vous mais une police municipale de terrain, de proximité, oui.
Brigade de sécurité, ça existe déjà. Nous ne sommes pas obligés de passer par un vote à l'Assemblée nationale. C'est un débat très politicien. La police municipale, c'est un peu comme le messie qu'on attend et qui ne vient jamais. Moi, maire de Paris, le 15 mars, je suis élu, enfin le 22 mars, je suis élu, au mois d'avril, nous avons une brigade de sécurité et de tranquillité publique parce que nous pouvons le faire. C'est comme tout le reste. Les solutions, nous les avons déjà. Soyons pragmatiques. La brigade de sécurité, on réorganise les services de la ville, on embauche 400 personnes, on fait un premier bilan dans six mois pour voir comment les choses avancent.
David Béliaramo de la question migratoire. L'ONG Amnesty International a dénoncé en début de semaine une criminalisation de la solidarité en Europe. On a vu cette semaine les images de ces migrants violemment pris à partie sur l'île grecque de Lesbos. Écoutez ce que disait l'accueil des migrants. Anne Hidalgo, c'était avant-hier sur France Info.
Je fais partie de celles et ceux qui pensent depuis longtemps qu'il faut accueillir et organiser l'accueil. Alors pas tout le monde, pas dans n'importe quelle condition et pas tous au même endroit, mais accueillir en mettant en place des lieux qui soient des lieux dignes d'accueil de ces réfugiés pour pouvoir examiner évidemment leur situation. Et il nous faut faire preuve d'humanité.
C'est possible d'être humain, d'accueillir dignement, sachant que la plupart des endroits, des zones réservées sont saturés presque partout, à Paris, en France et en Europe.
Non seulement c'est possible, mais c'est une exigence, une exigence éthique, une exigence de justice, une exigence politique, une exigence humaine. Moi je suis engagé depuis 2014, je suis élu depuis 2014, sur la question, oui, d'un accueil digne des personnes exilées qui vivent dans des conditions qui sont des conditions effroyables dans le nord de Paris. Et ce qui se passe sur l'île de Lesbo, ce qui se passe en Grèce, avec des milices fascistes qui exercent une violence qui est une violence exécrable sur ces personnes, eh bien oui, c'est extrêmement choquant.
Je crois que des grandes métropoles, des grandes métropoles comme Paris, qui sont extrêmement riches, extrêmement puissantes, elles doivent prendre leur part dans un accueil digne des personnes aujourd'hui migrantes qui cherchent un refuge et moi, ça fait partie de mes combats et ça continuera à faire partie de mes combats et oui, c'est possible parce que nous avons des possibilités pour faire de l'hébergement pour les migrants.
Un point d'accord avec Anne Hidalgo sur cette question-là.
Je crois que ça dépasse. Je crois que ça dépasse uniquement. Il y a d'autres candidats et candidates qui se sont prononcés. Heureusement encore que nous partageons, malgré nos différences, des valeurs d'humanisme.
La Convention citoyenne pour le climat entre dans sa dernière phase. Je rappelle qu'il s'agit de 150 citoyens tirés au sort qui doivent, au fond, écrire l'agenda, l'agenda vert, l'agenda écolo pour l'année 2020 et faire des propositions qui seront soumises au président de la République pour devenir des projets de loi. Vous avez confiance, vous, dans ce processus qu'a mis en place le gouvernement ?
Ce que je vois surtout, c'est que les citoyens et citoyennes qui participent à cette Convention citoyenne, ils sont en avance. Ils proposent des choses qui vont bien au-delà de ce qui était proposé par le gouvernement. Alors, d'une certaine manière, sur les questions d'écologie, ce n'est pas difficile. Mais on voit bien que d'abord, ils ont pris conscience et ces citoyens et citoyennes, elles ont conscience de la question de l'urgence climatique et surtout, leurs solutions sont très en avance. Et moi, je le vois d'ailleurs sur le terrain, à Paris, toutes celles et ceux qui font l'écologie au quotidien et qui se retrouvent d'ailleurs beaucoup sur nos listes.
On voit bien que la société, elle est prête. On voit bien que maintenant, c'est aux responsables politiques de prendre leurs responsabilités et c'est aussi la question qui va être posée le 15 mars prochain.
Merci, justement, David Bénière, d'être venu ce matin à France Info. Merci, Myriam. On n'a pas pu parler de votre promesse et comme ça, vous pourrez le faire sur France Info. Merci, David Bénière. Excellente journée. Merci à vous. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info, Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis, un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France.
David Belliard