L'interview : Franck Riester - 25/07
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse directe
Bonjour.
- 0:46FerméeRéponse partielle
Cette fois, vous êtes sûr, pour les 30 centimes, c'est 30 centimes ?
- 1:27RelanceRéponse directe
C'est une mesure qui bénéficie davantage aux plus riches, c'est ce qu'a montré une étude.
- 2:05OuverteRéponse directe
Pourquoi vous attendez septembre ?
- 2:36RelanceRéponse directe
C'est-à-dire le paquet à la rentrée ?
- 3:02OuverteRéponse directe
Que devient cette indemnité carburant alors pour les gros rouleurs et les classes populaires ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueFait
« Le gouvernement a dit en fait tout et son contraire sur ce sujet. »
- 1:10PrésentateurChiffre
« On a eu un accord pour finalement avoir une prolongation de cette remise de 18 centimes, 30 centimes en septembre, 30 centimes en octobre, puis 10 centimes en novembre et 10 centimes en décembre. »
- 1:29Invité politiqueFait
« C'est une mesure qui bénéficie davantage aux plus riches, c'est ce qu'a montré une étude. »
- 3:07Invité politiqueFait
« Elle est reportée, elle est enterrée ? »
- 4:12Invité politiqueFait
« Vous êtes plus clair, ce matin, que Bruno Le Maire, qui avait dit, il est reporté, il est supprimé. »
- 4:16Invité politiqueFait
« C'est définitif. »
- 4:54Invité politiqueFait
« Bruno Le Maire a dit, mais c'était un peu flou, qu'il voulait des mesures spécifiques pour les stations essence des zones rurales. »
- 6:20Invité politiqueFait
« Total a dit qu'il y aurait également une remise de 20 centimes dans toutes ces stations à partir de la rentrée. »
- 7:03Invité politiqueChiffre
« Total, c'est 25% des parts de marché de vente du carburant en France. »
- 7:57Invité politiqueFait
« Toutes ces mesures dont on vient de parler, notamment la prolongation de la resturne, c'était des idées de la droite. »
- 8:35Invité politiqueChiffre
« Vous avez moins de 1134 amendements proposés par la gauche sur le projet de loi Pouvoir d'Achat. »
- 9:19Invité politiqueFait
« Ils ne discutent avec nous que sur des amendements bidons. »
- 12:30Invité politiqueChiffre
« 138 euros par an pour les foyers français. »
- 12:51Invité politiqueFait
« En 2019, vous étiez contre, ou du moins vous assuriez qu'elle ne serait pas supprimée. »
- 13:00Invité politiqueFait
« La redevance ne va pas disparaître parce qu'elle permet de maintenir un financement pérenne et de garantir l'indépendance par rapport au pouvoir politique. »
- 14:41Invité politiqueFait
« La NUPES va saisir le Conseil constitutionnel. »
- 16:32Invité politiqueChiffre
« La revalorisation de 4% du RSA soit compensée par l'État auprès des départements. »
Temps de parole
- Présentateur70 %
- Franck Riester30 %
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Vous écoutez RMC.
RMC, l'interview Amandine Atalaya.
Bonjour Franck Rieser.
Bonjour.
Vous êtes ministre chargé des Relations avec le Parlement. Merci d'être avec nous ce matin sur BFM TV RMC. On va d'abord parler ensemble des mesures sur le carburant puisqu'elles vont être votées aujourd'hui, normalement en tout cas à l'Assemblée Nationale. La risque tourne sur le litre du carburant pourrait passer de 18 centimes à 30 centimes par litre. Bruno Le Maire a dit en tout cas qu'il y était favorable, c'était vendredi. Mais le gouvernement a dit en fait tout et son contraire sur ce sujet puisqu'il y a quelques semaines, vous vouliez la supprimer cette ristante. Donc cette fois, vous êtes sûr, pour les 30 centimes, c'est 30 centimes. Et vous n'irez pas au-delà ?
Non, en fait, ce qui s'est passé, c'est que nous avions prévu un autre dispositif pour accompagner les gros rouleurs et notamment les gros rouleurs qui travaillent et dans les discussions avec les députés, avec les députés de la majorité, mais aussi les députés de l'opposition, je pense notamment aux députés LR, on a eu un accord pour finalement avoir une prolongation de cette remise de 18 centimes, 30 centimes en septembre, 30 centimes en octobre, puis 10 centimes en novembre et 10 centimes en décembre.
L'idée en fait, c'est que cet effort pour accompagner nos compatriotes qui sont frappés par la hausse des prix touche tous les Français et pas spécifiquement ceux qui ont besoin de leur véhicule pour travailler.
C'est une mesure qui bénéficie davantage aux plus riches, c'est ce qu'a montré une étude, parce qu'ils se servent davantage de leur voiture qu'aux plus pauvres aujourd'hui.
Pour autant, on a mis en place un dispositif complémentaire, là aussi fruit des échanges au Parlement, pour doubler le plafond des fiscalisations des chèques carburants versés par les entreprises. L'idée est de solliciter les entreprises pour qu'elles accompagnent aussi leurs salariés, donc ceux qui travaillent, dans l'effort face à l'inflation. Mais ce dispositif de poursuite de la remise jusqu'à la fin de l'année est un effort qui permet de toucher tout le monde, et pas que les riches, et pas que ceux qui roulent pour travailler.
Pourquoi vous attendez septembre ? Parce qu'il y a beaucoup de Français qui sont en vacances, qui se servent de leur voiture tous les jours, ou aimeraient en tout cas s'en servir, et qui ne comprennent pas pourquoi c'est le mois de septembre.
Ils bénéficient aujourd'hui de la remise de 18 centimes.
Oui, mais ils voudraient bien aller 30 centimes avant le mois de septembre.
Écoutez, vous voyez bien, on est en juillet, il y a un certain nombre de temps pour mettre en œuvre les dispositions. Donc c'est juste un délai technique ? Non, il y a un délai technique, et puis c'est aussi parce qu'on veut mettre le paquet à la rentrée, là où les gens ont le plus de frais, et c'est pour ça que c'est dégressif.
C'est-à-dire le paquet à la rentrée ?
En septembre, il y aura les 30 centimes en septembre, donc on passera en août de 18 centimes, en septembre 30 centimes, 30 centimes en octobre, puis d'une façon dégressive, 10 centimes en novembre et 10 centimes en décembre. Et je rappelle donc cette facilitation qu'on donne aux entreprises pour aider leurs salariés qui roulent pour travailler en termes de chèque carburant.
Et que devient cette indemnité carburant alors pour les gros rouleurs et les classes populaires que vous vouliez au départ ? Vous nous dites que c'était notre idée, ça ne l'est plus. Elle est reportée, elle est enterrée ?
Non, elle n'est pas enterrée, elle est modifiée. On a ce dispositif de remise qui est...
Donc elle est enterrée ?
Elle est enterrée, si vous voulez le terminer.
C'est plus spécifiquement pour les gros rouleurs et pour les classes populaires.
On ne peut pas dire à la fois qu'il faut travailler avec les parlementaires, trouver des voies de passage et de compromis, et s'en émouvoir quand ces compromis existent. Nous avons eu un compromis...
Je ne m'en aime pas, c'est juste pour que les Français comprennent bien. Il n'y a plus d'indemnité carburante pour les gros rouleurs.
Je pense que les Français comprennent bien ce principe simple de remise. Aujourd'hui, il y a une remise de 18 centimes qui permet au carburant de baisser par rapport à un prix, je dirais, de marché classique. Là-dessus, on a pris, en discutant avec les parlementaires, de la majorité et de l'opposition, et notamment les députés, de passer à une remise de 30 centimes en septembre, 30 centimes en octobre, 10 centimes en novembre.
Je l'ai dit déjà plusieurs fois.
Oui, c'est important, puisque... En revanche, effectivement, le dispositif ciblé, gros rouleur, est supprimé, puisqu'il faut rester dans une enveloppe financière qui est très claire, qui est de 4,4 milliards pour...
Vous êtes plus clair, ce matin, que Bruno Le Maire, qui avait dit, il est reporté, il est supprimé. C'est définitif.
D'ici à la fin de l'année, il est supprimé. On verra ensuite, au projet de loi de finances 2023, quel dispositif est mis en place ou pas, en fonction de la situation du prix du carburant et de la situation de l'évolution de l'inflation. Mais d'ici à la fin de l'année, oui, il est supprimé. Mais en revanche, il y a deux dispositifs. Le dispositif de boost sur la remise de 18 centimes à 30 centimes et le dispositif de doublement du plafond d'exonération pour les chèques carburants, ce qui va permettre aux entreprises d'accompagner leurs salariés, et je les incite à le faire, qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler.
Il y a tous ces Français aussi qui vivent dans les zones rurales et Bruno Le Maire a dit, mais c'était un peu flou, qu'il voulait des mesures spécifiques pour les stations essence des zones rurales. Ça veut dire quoi ?
Oui, c'était au cœur aussi des discussions avec les parlementaires de trouver des dispositifs qui permettent, dans les départements ruraux, qui sont souvent loin des raffineries, et qui donc ont des prix de carburant supérieurs à la moyenne, de pouvoir avoir une aide spécifique. Là aussi, discussion avec notamment les élus de ces départements ruraux.
C'est-à-dire une enveloppe qui serait versée à la station ?
Une enveloppe qui serait versée à la station, dans les stations qui sont les plus petites, donc souvent dans les zones rurales, pour permettre, en demandant aux stations de jouer le jeu et de baisser le prix de leur carburant grâce à cette aide-là.
Et qui serait versée quand, cette aide pour les stations ?
Très prochainement.
Septembre ?
Très prochainement, il faut voir la modalité technique, je n'ai pas le mois exact. Ce qui est certain, c'est qu'il y aura une aide d'ici la fin de l'année, pour permettre à ces stations, et le plus tôt possible...
Pour qu'il n'y ait pas de disparité entre ces stations-là et les stations...
Oui, pour qu'il n'y ait pas de disparité entre ceux qui ont besoin d'acheter du carburant en zone rurale et les autres. Et donc, c'est en aidant ces stations qui ont des frais de transport de carburant depuis les raffineries plus importantes que les autres, qu'on arrivera à le faire.
Et dernière question sur le carburant, parce que vous n'avez pas dit que le litre sera à 1,50€ à la rentrée, c'est ce qu'on entend beaucoup de vos collègues ministres dire aujourd'hui, c'est que vous n'en êtes pas certain, parce que quand ils disent 1,50€, ils prennent en compte le fait que Total a dit qu'il y aurait également une remise de 20 centimes dans toutes ces stations à partir de la rentrée.
Oui, vous savez que nous avons souhaité que toutes les entreprises qui bénéficient spécifiquement de l'inflation et de la crise énergétique puissent contribuer, elles aussi, à cet effort de l'État pour accompagner nos compatriotes face à l'inflation. Eh bien, Bruno Le Maire a beaucoup discuté avec ses entreprises, CMAC, EGM ou Total, et Total a pris la décision de mettre une remise de 20 centimes complémentaire à nos 30 centimes à la rentrée. Septembre et Octobre, 20 centimes pour toutes leurs stations services totales, ce qui représente 50 centimes. Aujourd'hui, le prix de carburant...
Le total, c'est 25% des parts de marché de vente du carburant en France. Donc, c'est vrai qu'on ne peut pas dire que le litre sera à 1,50€ dans toutes les stations de France à la rentrée.
Eh bien, voilà, vous avez la réponse. C'est pour ça qu'on ne le dit pas. Et c'est pour ça qu'on dit que ça va dépendre du prix de marché au niveau européen du carburant, plus ou moins les remises de 30 centimes en septembre et de 20 centimes dans les stations totales. Après, charge aux autres stations services aussi de faire un effort et aux autres fournisseurs de carburant...
Vous appelez les autres fournisseurs à s'aligner sur Total ?
Écoutez, à s'aligner, ça, c'est la loi de l'offre et la demande. Mais vous voyez bien que ce que fait Total peut pour d'autres aussi être un moyen de soutenir leurs clients d'une certaine façon face à l'inflation. Et on verra à quel niveau arrive net pour le consommateur le prix du carburant d'ici à la fin de l'année.
Toutes ces mesures dont on vient de parler, notamment la prolongation de la resturne, c'était des idées de la droite. Donc, une nouvelle fois, vous avez suivi une envie de la droite. Alors, Franck Riesse, est-ce que vous êtes ministre des Relations avec le Parlement ou ministre des Relations avec la droite ?
Mais avec le Parlement, Amandine Attanaga.
C'est pas si évident. Quand on regarde les débats toutes ces dernières semaines... Vous ne négociez qu'avec la droite ? C'est votre allié principal aujourd'hui.
On discute avec les parlementaires de tous les groupes de partis de gouvernement. Parce que nous pensons que...
Vous discutez, mais vous ne reprenez jamais les idées de la gauche.
Si, bien sûr, je peux vous citer.
Vous avez moins de 1134 amendements proposés par la gauche sur le projet de loi Pouvoir d'Achat. Combien vous en avez repris ?
Un certain nombre. Je n'ai pas le chiffre exact. Oui, mais c'est 15 qui comptent et des 15 qui font partie du fruit des négociations que nous avons avec les différents groupes. Au niveau des LR, on a repris effectivement un certain nombre de dispositions que vous avez rappelées sur le carburant ou aussi dans les discussions avec eux sur la démonétisation, enfin la monétisation, pardon, des RTT. Mais nous avons aussi discuté avec la gauche sur, par exemple, l'utilisation plus sécurisée des huiles recyclées de cuisson pour le carburant.
Alors ça, si je reprends leur propre mot, en effet, ils disent...
Pour les retraites d'agriculteurs.
Ils ne discutent avec nous que sur des amendements bidons. Je vous cite ce que disent les écologistes, les socialistes, les communistes.
Non, mais écoutez...
Qui sont déçus et qui attendent que vous leur tendiez la main aussi.
Non, mais on tend la main à tout le monde à partir du moment où ça reste dans l'ambition et la ligne qui est la nôtre au gouvernement. Vous comprenez bien que nous devons avoir...
Et donc la ligne, elle est à droite ?
Non, la ligne, elle est sur la ligne du gouvernement qui est une ligne de dépassement, qui est la ligne, qui est le projet du président de la République pour lequel les Français ont voté.
Mais vous venez de la droite, vous avez peut-être été choisi à ce poste
pour qu'il y ait une certaine cohérence. Je vous assure que je discute avec les présidents de chaque groupe, des partis de gouvernement. Je suis en lien avec les présidents de tous les groupes. Nous regardons et le gouvernement regarde les propositions que ça vienne de la gauche ou de la droite. Et à la fin, il y a des votes, des parlementaires...
Dans votre camp, de la majorité Sacha Houllier, qui est un député Renaissance et qui est également le président de la Commission des lois, il vous appelle à éviter le danger mortel de négociations hémiplégiques avec la droite.
Oui, mais il a raison, mais ce n'est pas le cas. Donc il a raison, il faut y veiller et j'y veille tout particulièrement. Et puis c'est aussi les députés. Vous savez, le gouvernement apporte au débat des textes et ensuite ce sont les parlementaires qui s'en saisissent. Et les parlementaires de la majorité en particulier, du groupe Renaissance, du groupe Modem et du groupe Horizon, charge à eux aussi dans les discussions de regarder concrètement, texte par texte, amendement par amendement, comment faire en sorte de bâtir des majorités.
Il s'est trouvé que dans la loi sanitaire, il s'est trouvé que dans cette loi pouvoir d'achat et le PLFR, il y a eu des amendements qui ont été repris, votés, qui étaient d'origine de la gauche, comme il y en a qui ont été repris et votés d'origine de la droite.
En tout cas, par exemple, sur la droite, les RTT, c'était également une idée de la droite que vous avez reprise, c'est-à-dire que le rachat des RTT sera défiscalisé. Donc c'est un gain de pouvoir d'achat, mais pour l'instant, ça ne concerne que les salariés du privé. Ça pourrait intéresser aussi les agents de la fonction publique ou bien les médecins, par exemple, des hôpitaux, les soignants qui n'arrivent pas à prendre leur RTT. Est-ce que vous pourriez l'élargir à la fonction publique et aux hôpitaux ?
Vous comprenez bien que les statuts, les contrats, je dirais tout ce qui fait la relation entre l'employeur et le salarié est très différent entre le public et le privé. Donc il ne faut pas comparer ce qui n'est pas comparable. Pour autant, il y a des discussions, il y a des discussions sociales. C'est le dialogue social qui permet d'aborder tous les sujets.
Mais ça n'est pas votre piste privilégiée alors ? Pour l'instant, on n'est pas sur une extension, ça reste pour le privé.
Absolument. Aujourd'hui, les dispositions sont pour le privé. Et le dialogue social a lieu entre le ministre des Comptes publics, oui bien sûr, mais le ministre de la fonction publique et les différentes organisations professionnelles pour parler de l'intégralité des dispositions qui touchent les salariés du public. Ça ne vous a pas échappé que nous avons augmenté l'indice de rémunération des fonctionnaires, ce qui est historique. Ça fait 37 ans qu'il n'y a pas eu une augmentation comme celle-là. Ce qui va permettre d'améliorer le pouvoir d'achat des fonctionnaires dans notre pays.
Autre mesure importante ces derniers jours, c'est la suppression de la redevance audiovisuelle. 138 euros par an pour les foyers français. Vous êtes satisfait ?
Oui, puisque c'est un engagement que nous avons pris lors de la campagne des élections présidentielles.
Vous savez pourquoi je vous pose la question ?
Écoutez, je ne sais pas, non, pourquoi ?
C'est parce qu'en 2019, vous étiez contre, ou du moins vous assuriez qu'elle ne serait pas supprimée. J'ai relu vos propos, vous étiez alors ministre de la Culture et vous disiez, non, au même micro, BFM TV, non, la redevance ne va pas disparaître parce qu'elle permet de maintenir un financement pérenne et de garantir l'indépendance par rapport au pouvoir politique. Et ça, c'est très important. Donc, ça veut dire que si elle est supprimée, l'indépendance n'est plus garantie. C'est ce que vous disiez il y a trois ans.
Oui, écoutez, il y a trois ans, elle n'allait pas être supprimée puisque ce n'était pas dans nos projets. Il y a eu une élection présidentielle, ça ne vous a pas échappé, où il y a un nouveau projet qui a été présenté et où, effectivement, le président de la République, très clairement, devant les Français, a dit qu'il supprimerait la redevance. La redevance va donc être supprimée. Vous savez, la politique, c'est la cohérence. C'est de pouvoir...
Précisément, on est plutôt sur une incohérence. Mais non, ce n'est pas une incohérence. Vous disiez le contraire il y a trois ans, M. Lester.
Mais je ne disais pas le contraire.
Et vous disiez que l'indépendance ne serait pas garantie.
Mais ça, c'est une interprétation des propos... Non, c'est une interprétation fausse de mes propos. Pardon, Amandie Nathalia, je connais très bien le dossier. J'étais, comme vous l'avez rappelé, ministre de la Culture et donc en charge des questions audiovisuelles. Nous n'avions pas pris l'engagement, pendant la campagne de 2017, de supprimer la redevance. Et donc, j'ai très clairement dit, en 2019, que non, il n'y avait pas de projet à court terme de suppression de la redevance. Ensuite, il y a eu un projet présidentiel, une campagne présidentielle. Et dans la campagne, il a été prévu de supprimer la redevance. On supprime la redevance parce que c'est un impôt.
C'est un impôt qui est injuste. Et c'est un impôt qui, aujourd'hui, est obsolète puisque vous savez que la redevance finance l'audiovisuel public sur la base de la déclaration d'acquisition ou de propriété d'un téléviseur. Or, aujourd'hui, il y a beaucoup de gens qui regardent l'audiovisuel public. Attendez, laissez-moi le finir, c'est important. L'audiovisuel public sur des supports qui ne sont pas la télévision. Je pense, par exemple, à un smartphone ou un ordinateur et qui ne payent pas la redevance.
Est-ce que votre mesure est constitutionnelle ? Sur 100% ? Parce que la NUPES va saisir le Conseil constitutionnel.
On verra bien, je ne peux pas me prononcer à la place du Conseil constitutionnel, mais il nous semble que oui. En revanche...
Oui, il vous semble, parce que beaucoup de députés ont un doute, y compris dans la majorité.
Écoutez, encore une fois, on verra ce que dit le Conseil constitutionnel, s'il est saisi. En revanche, ce que je veux dire à votre micro, aujourd'hui, c'est que c'est une suppression de fiscalité, mais que ça ne supprime pas la ressource qui vient financer l'audiovisuel public et qui permettra l'indépendance de l'audiovisuel public. Parce que nous avons besoin de ressources pour l'audiovisuel public. Mais ce qui fait l'indépendance avant tout de l'audiovisuel public, c'est les dispositions de nomination, c'est l'indépendance des rédactions.
Vous le savez, puisque vous êtes dans une rédaction, Amandine Attalaya, l'indépendance des rédactions, c'est une des clés, effectivement, de notre démocratie. Et elle est assurée dans l'audiovisuel public, aujourd'hui et demain. C'est l'engagement du gouvernement. C'est pour ça, d'ailleurs, que la suppression de la redevance va être compensée intégralement pour l'audiovisuel public.
J'imagine que l'opposition y veillera. Sur les travaux à l'Assemblée, très rapidement, vous êtes satisfait de la qualité de ces travaux ? Oui, non, c'est un peu trop le bazar.
Il y a du bazar, il y a des coups de théâtre, il y a des coups d'esbrouf. Je pense que ça...
Et il y a un coup de théâtre dont je voulais vous parler pour finir. Attendez, attendez, juste... C'est celui des députés d'Edouard Philippe. Non, parce que c'est important quand même. Oui, mais attendez, je finis mon propos. C'est un allié de la majorité.
Je voudrais dire quelque chose d'important. Il y a des coups de théâtre, il y a de l'esbrouf, mais les choses avancent. Les choses sont votées. Il y a une réalité du vote. Et je le dis aux Français aujourd'hui, malgré ceux, notamment aux extrêmes, à l'extrême gauche ou à l'extrême droite, qui veulent utiliser le théâtre comme une foire d'ampogne, la réalité, c'est que le gouvernement, avec la majorité et avec les députés qui sont constructifs, construisent des projets-lois qui vont changer la vie de nos compatriotes, notamment les 20 milliards pour le pouvoir d'achat.
Il vous reste quelques secondes pour commenter ce vote des députés d'Edouard Philippe, donc Horizon, qui ont voté contre l'avis du gouvernement pour que la revalorisation de 4% du RSA soit compensée par l'État auprès des départements. Qu'est-ce qui se passe ? Ils ont déraillé ? Vous vous êtes fait avoir ? Vous êtes en colère ?
Vous savez, la majorité est diverse. Il y a des discussions. Il y a des groupes différents. Ça veut dire qu'il y a des différences. Sur cette question-là...
Là, ils vous ont fait un mauvais coup.
On sait qu'il y a une sensibilité particulière du groupe Horizon sur les questions de collectivité territoriale. Là, la disposition qui a été votée ne nous paraît pas être une bonne disposition parce qu'elle compense intégralement l'augmentation du RSA pour les départements. Alors que les départements, aujourd'hui, ont des ressources très dynamiques, on préfère un dispositif sur lequel nous travaillons avec les parlementaires en ce moment même, qui est un dispositif qui vient accompagner les collectivités qui sont les plus en difficulté. Après, aujourd'hui, se passent globalement très très bien avec le groupe Horizon. On travaille avec Laurent Marc-Angeli et toute son équipe.
Merci beaucoup, Franck Lester, d'avoir été avec nous. Il est 8h54 sur BFMTV RMC. C'est parti.
Franck Riester