Crise agricole, remaniement, grève des enseignants... Le 8h30 franceinfo de Sacha Houlié
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Sacha Oulier. Bonjour. Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas ? C'est ce qu'avait dit Emmanuel Macron dans l'entre-deux-tours de la présidentielle. Pour sortir de la crise agricole, certains ont le sentiment que l'écologie a été bradée. Est-ce que c'est votre avis ? Vous avez parlé de sentiments.
Sur quels produits sanitaires nous sommes revenus dans l'interdiction ?
Il y a une pause qui en tout cas est demandée sur le plan éco-fito.
Sur quels produits nouveaux nous avons interdit ? Nous avons interdit l'importation de produits, en tout cas de production, traité par le diaclopride. Ce qui veut dire que nous allons aller plus loin sur ce sujet. Quelle chose nous avons faite vis-à-vis du plan éco-fito ? Nous avons constaté que le plan éco-fito que nous avions développé procédait à des surtranspositions, des normes supplémentaires par rapport à ce qu'exigeait l'Union Européenne. Et donc, tout en constatant par ailleurs qu'en 10 ans nous avons réduit de 35% les pesticides, c'est l'indicateur européen.
Eh bien, nous avons dit que nous devions avoir des indicateurs qui sont performants en France pour qu'on poursuive la réduction des pesticides. On peut parler sur transposition, on peut aussi parler ambition, aller plus loin pour l'environnement, pour la santé. Je vous ai donné deux, trois exemples. Quand vous allez dans mon département dans la Vienne, mais par ailleurs dans beaucoup d'autres départements, aujourd'hui, si vous utilisez des produits de biocontrôle plutôt que des pesticides ou des herbicides, ça n'est pas considéré comme une évolution. Est-ce que c'est normal ou ce n'est pas normal ? Moi, je pense que ce n'est pas normal.
Si vous allez dans des départements beaucoup plus lointains comme la Martinique ou la Guadeloupe, lorsque vous n'utilisez plus aucun herbicide ou aucun pesticide dans les bananeraies, ça n'est pas considéré comme une évolution. Et pourtant, la seule chose qui est utilisée aujourd'hui dans les bananeraies, c'est le fongicide pour traiter la banane. Ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a déjà une évolution extrêmement forte qui est mesurée, qui est constatée par nos agriculteurs pour faire des efforts. Est-ce que ces efforts sont suffisants ?
C'est un peu bizarre de réaliser après que vous avez surtransposé, non ?
Sacha Oulier ? C'est quoi la méthode ?
Vous posez des règles, ensuite vous voyez que ce n'est pas populaire, donc vous reculez ?
Non, ce que nous disons, c'est qu'il y a un plan éco-phito qui a été mis en place avec des critères qui sont à ajuster. Ces critères ont été contestés par toute une partie des gens qui ont à les appliquer. qui par ailleurs justifient de résultats sur cela, les résultats que je vous ai dit sur la baisse des pesticides, 35% de moins en 10 ans selon l'indice européen, par la baisse de l'utilisation des produits, par une substitution de certains produits, puisque les produits qu'on utilise aujourd'hui sont pour le coup bien différents et avec la diminution très forte des nuisances, voire des risques pour la population. Est-ce que l'objectif sera maintenu de ce plan ?
Est-ce que la baisse prévue par le plan, moins 50% d'usage de pesticides d'ici à 2030 sera maintenue ?
Mais tous ces objectifs, ce sont des objectifs qui sont des objectifs européens. Donc oui, ils sont maintenus. Et la question, c'est comment on y parvient sans punir les agriculteurs français ? Parce que les agriculteurs français, ils ont besoin d'une chose, c'est de produire pour construire un revenu. Et c'était bien ça, en fait, finalement, le cœur de la demande. C'est de dire, on ne vit pas de ce que l'on produit.
D'abord parce que nos produits ne sont pas vendus assez chers, d'où la question des négociations commerciales, la construction du prix, une construction du prix que l'on doit d'ailleurs vérifier par des contrôles très fortes vis-à-vis des distributeurs en France, mais lorsqu'ils se sont concentrés aussi au niveau européen. Et puis la construction des prix pour les filières qui n'y arrivent plus. Mais justement, vos opposants disent qu'il n'y a pas de réponse sur les prix.
Et qu'en revanche, l'écologie a été bradée. Par exemple, Clémentine Autain, hier, disait que ces mesures, c'était une folie totale sur le plan écologique. Parce qu'il n'y a pas que la pause sur le plan éco-phyto. Il y a aussi moins de normes, moins de contrôles environnementaux, la facilitation des retenues d'eau avec des délais de recours raccourcis. Tout ça, vraiment, c'est écolo ?
Et nos opposants, ils disent tout et leur contraire. Ils nous disent qu'on n'a pas aidé les agriculteurs à construire un prix alors qu'il y a 400 millions d'euros d'aides qui sont débloqués. Ils nous disent que nous n'avons aucun résultat sur l'écologie alors que, pour le coup, les contraintes et les indicateurs que je vous ai présentés montrent que nous avons fait des efforts certains. Et donc, à la fin, ils veulent aider les agriculteurs sans leur donner aucun moyen. Il faut aussi être un peu lucide sur la façon dont on construit les choses. La France est exemplaire sur ce sujet. Elle continuera de le rester. Et par ailleurs, elle doit assurer un revenu à ses agriculteurs.
Faute de quoi, elle perd son avantage sur ce sujet. J'ajoute aussi que sur l'eau, effectivement, il faut produire. Et pour produire, il faut de l'eau. Et pour qu'il y ait de l'eau, il faut la partager. Je pense que les circonstances climatiques, aujourd'hui, nous ont assez éclairées sur le besoin de la stocker lorsqu'elle existe en surabondance.
Sacha Ollier, les enseignants ont annoncé hier une nouvelle journée de grève dans l'éducation. Ce sera mardi prochain, encore une après celle de jeudi dernier. Parmi les grèves, il y a les salaires, il y a les conditions de travail. Mais il y a aussi une figure, Amélie Oudea-Castera, la ministre de l'Éducation à peine nommée. L'école est officiellement une priorité. Est-ce qu'elle peut rester dans ces conditions, la ministre ? Vous l'avez dit, l'école est une priorité.
Et là encore, avec une priorité essentielle sur le salaire, sur la reconnaissance des enseignants avec ce pacte, qui a valorisé à la fois le salaire en brut des enseignants, une augmentation de 10% et puis une valorisation des tâches supplémentaires qui sont faites et qui sont nouvelles. Sur cette question, le Premier ministre a dit toute son ambition et a rappelé aussi que ce pacte pouvait évoluer pour mieux reconnaître tous les efforts qui sont faits par les enseignants. Mais est-ce que la ministre est aujourd'hui la bonne personne pour porter notamment ce pacte ? Vous savez, la question, ce n'est pas tellement les personnes. La question, c'est aussi l'ambition que nous nous défendons.
Les professeurs dénonçaient aussi la personne dans la rue, les enseignants.
Vous voyez aussi l'ambition qui était celle du recteur de Paris et qu'il a extrêmement bien décrite dans sa lettre sur la mixité sociale, sur la façon dont on construit des indicateurs, soit des indicateurs qui évaluent la performance des élèves. Juste pour résumer, c'est une nouvelle problémique. Soit sur l'indice de positionnement social dont il a été le promoteur et qui est essentiel pour savoir quelles sont les inégalités initiales à la racine qui frappent nos élèves et que l'école a à cœur de corriger pour donner à chacun les mêmes chances. Ça, je crois que c'est l'essentiel de notre mission.
C'est ce sur quoi nous devons nous concentrer et c'est aujourd'hui l'effort qui appartient au ministre de l'Éducation nationale.
Mais là, ce n'est pas le cas. Le recteur de Paris, il a démissionné justement parce que la ministre de l'Éducation a désavoué un projet de réforme de classe prépa qu'il avait pour introduire plus de mixité sociale. C'est quoi ce symbole pour la Macronie qui voulait justement lutter contre l'assignation à résidence ? Un recteur qui démissionne, c'est-à-dire un des plus hauts cadres de l'éducation nationale parce qu'il n'a pas pu mener à bien son projet de mixité ?
Moi, je crois d'abord à l'engagement du recteur de Paris comme celui des autres recteurs. Ce que je constate, c'est qu'outre ce projet-ci, il a conduit un projet de mixité sociale à Paris inégalé à la fois sur les montées alternées dans les collèges, à la fois sur le recrutement dans des établissements qui sont d'une renommée internationale comme Louis-le-Grand ou Henri IV, à la fois sur la mixité dans les lycées. Et donc, sur tous ces sujets, il a donné une chance sur l'idée de casser la reproduction sociale, sur l'idée de donner à chacun la même chance, sur mettre fin à l'assignation à résidence.
Et de ce point de vue-là, l'ambition que nous portons depuis ces temps, elle reste pleine et entière.
Mais donc, vous déplorez sa démission ?
Toutes les personnes qui, aujourd'hui, quittent une institution, c'est un échec pour l'État. Et je pense que c'est ce que nous voulons à chaque fois éviter parce que nous voulons promouvoir ceux qui font réussir l'école d'aujourd'hui.
Donc, c'est un coup dur de plus pour Amélie Oudea-Castera, la ministre de l'Éducation ?
Vous voyez, moi, je ne fais pas le procès aux personnes. Vous voulez me parler des gens et moi, je veux vous parler des enfants. Non, mais c'est de la politique. À un moment, c'est des incarnations
et c'est aussi une capacité de dialogue avec une corporation, avec des enseignants.
Et de la façon dont on redonne l'espoir parce que, finalement, quel est le rôle de l'école sinon de donner un espoir et un avenir à tous ces jeunes qui en appellent à cette institution ?
Sacha Oulier, président Renaissance de la Commission des Lords. On se retrouve dans un instant, juste après le fil info de Sophie Echen à 8h40.
La Syrie fait état de mort, de blessés, et de dégâts importants après des frappes menées par les États-Unis cette nuit sur l'Irak. Également, des frappes de représailles contre des sites pro-Iran. Après la mort dimanche dernier de trois soldats américains dans une attaque de drones, Joe Biden avait promis une riposte qui va se poursuivre. L'état d'exception décrété au Chili en proie à de violents feux de forêt en ce moment, notamment dans des régions touristiques. Un premier bilan provisoire fait état d'une dizaine de morts. La police municipale en grève. Aujourd'hui, les 26 000 agents sont appelés à une mobilisation nationale qui s'annonce très forte selon leurs représentants.
Ils réclament une hausse de leur salaire et des retraites, mais aussi une meilleure reconnaissance de leur travail. Des manifestations sont prévues partout en France, notamment à Strasbourg, Tours ou encore Paris. Pas de grand chelème pour les Bleus au tournoi des 6 nations. Cette année, les rugbymen français se sont lourdement inclinés hier soir face à l'Irlande. 38 à 17 pour leur premier match dans la compétition. C'est une humiliation, dit sur France Info, l'ancien entraîneur du 15 de France, Pierre Berbizier. France Info. Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémy Baudot. Toujours avec Sacha Houllier, président Renaissance de la Commission des lois.
C'est un peu votre entrée aujourd'hui. On vous a peu entendu, très peu entendu, depuis le vote de la loi immigration, car vous êtes l'un des rares dans la majorité à avoir voté contre. Quand vous voyez que le Conseil constitutionnel a retoqué presque 40% du texte, on imagine que vous ne regrettez pas votre position. Vous assumez aujourd'hui ce vote contre ?
D'abord, ce que je constate, c'est que le Conseil constitutionnel a d'abord validé les mesures que nous défendions. Celles, même si elles sont largement dégradées sur la régularisation, celles qui permettent d'expulser les étrangers délinquants, celles qui permettent de simplifier les procédures. Donc le cœur du texte du gouvernement, celui que je défendais, demeure. Ce que j'avais pointé comme étant anticonstitutionnel a été reconnu comme tel par le Conseil constitutionnel.
Et donc, c'est aussi une satisfaction du travail bien fait que de dire que lorsque nous alertons, lorsque nous faisons remonter des difficultés ou des choses que nous jugeons anticonstitutionnelles, nous ne le faisons pas pour notre bon plaisir ou par égocentrisme, mais nous le faisons par souci du droit et de l'efficacité.
Donc vous assumez votre vote contre et on ne vous le fait pas payer aujourd'hui dans la majorité ?
Je pense que ces choses sont derrière nous et qu'aujourd'hui, le ministre de l'Intérieur a des outils et qu'il en a quatre à sa disposition au moins. Celui qui permet de régulariser les travailleurs, je l'ai dit. Celui qui permet d'expulser les 4 000 étrangers délinquants que nous avions visés. Celui qui permet aussi d'interdire les mineurs en centre de rétention administratif ou en lieu de rétention administratif. Et celui enfin qui permet de démanteler ou de poursuivre toutes les filières parce qu'elles ont été de passeurs, parce qu'elles ont été criminalisées d'une part, parce qu'on va aussi interdire et renforcer les mesures sur les marchands de sommeil.
Et puis enfin parce qu'on a aussi des mesures qui concernent les personnes qui recrutent des gens en vue de les exploiter simplement.
Et dans le même temps, le groupe centriste au Sénat annonce vouloir déposer d'une proposition de loi reprenant de nombreuses dispositions censurées par le Conseil constitutionnel. La droite est aussi à la manœuvre. D'une certaine manière, ce qui a été enlevé d'un côté pourrait revenir de l'autre. La discussion, elle est toujours possible sur ces sujets-là ?
Pour durcir encore ? L'initiative parlementaire est libre et vous ne trouverez pas chez moi un censeur des droits du Parlement, notamment dans la possibilité de déposer des propositions de loi. Ce que je veux dire, c'est qu'à partir du moment où le ministère de l'Intérieur estime qu'il a des outils utiles et suffisants, je vois mal quel est l'intérêt pour nous d'en rajouter.
Il y a huit ministres issus de la droite dans la première vague du gouvernement. On l'aurait presque oublié, mais le gouvernement n'est pas encore complet. D'autres ministres issus de la droite pourraient faire leur entrée. Est-ce que vous dites maintenant ça suffit, il faut un rééquilibrage, vous qui venez de la gauche ?
Moi, je juge les gens pour ce qu'ils font et pas ce qu'ils sont. Sinon, on n'aurait pas souscrit au dépassement qui est celui initial. Aujourd'hui, si vous parlez de Rachida Datis, ce qu'on lui demande, c'est de poursuivre l'ambition de démocratisation de l'accès à la culture, comme nous l'avons fait avec le Pass Culture. Si vous demandez quelle est la mission de Catherine Vautrin, sa mission est de poursuivre la baisse historique du chômage, notamment chez les jeunes, passés de 25 à 15%. Donc, ce n'est pas nécessaire de faire le dépassement
jusqu'au macroniste, pour ne pas paraphraser une phrase.
C'est toujours utile de savoir de là où on vient. Toujours.
D'accord. Donc, peut-être un message à décoder de Sacha Houllier. Vous-même, vous êtes intéressé pour rentrer dans ce gouvernement ? Vous êtes le monsieur food de l'Assemblée.
Ce n'est pas moi qui fais le casting. Il ne vous a pas échappé que prendre la commission des lois, c'est une mission à plein temps qui m'occupe beaucoup. Vous l'avez rappelé sur les textes que nous avons adoptés. Outre la loi de migration, je rappelle quand même qu'en 18 mois, c'est un texte qui augmente de 15 milliards d'euros les moyens du ministère de l'Intérieur, un texte qui augmente de 7 milliards d'euros les moyens de nos magistrats par la loi de programmation de la justice, un texte qui prépare les JO et notamment qui nous donne tous les moyens en termes de vidéo protection pour accueillir le monde entier à l'été prochain.
Et donc, un texte d'immigration, je crois qu'en 18 mois, on n'a pas chômé et qu'on a encore un peu de pain sur la planche sur ce sujet, sur le stupéfiant notamment et avec un effort considérable pour vider cette source de délinquance qui est finalement la plus importante parce qu'elle finance beaucoup d'autres.
En même temps, on l'a appris il y a quelques instants, plusieurs personnes, et je me permets, parce que je pense que vous n'avez pas eu cette information avant qu'on rentre en studio, plusieurs personnes blessées à l'arme blanche ce matin à Paris-Garde-Lyon. Un homme a été interpellé. C'est aussi la preuve que la menace, quelle qu'elle soit, on n'a pas encore ni les motivations, ni l'ensemble du contexte de ce fait, de cette attaque, cette question reste éminemment compliquée à quelques mois des JO.
Oui, d'abord, on a une mobilisation totale de tous les services, quelle que soit la nature des attaques, il s'agit d'une attaque terroriste ou autre. Notamment, nous subissons à Paris des attaques de personnes qui sont atteintes de troubles psychiatriques forts. C'était le cas d'attaques précédentes. Et donc, j'espère d'abord que l'enquête ira vite et qu'on aura des réponses sur ces questions. Mais l'exposition du territoire national aux attaques est certaine et elle est connue à la fois des services comme du ministre de l'Intérieur.
Et en parallèle, on a appris que les chiffres de la délinquance étaient très mauvais. A l'inverse aussi du discours droitier du gouvernement, la majorité des crimes et délits ont encore augmenté en 2023. Ça, c'est aussi votre échec, l'échec du ministre de l'Intérieur ?
Non, je crois que d'abord, nous avons mis des moyens considérables qui se manifestent par des hommes en plus sur le terrain, 10 000 lors du premier quinquennat, 8 500 pour le second. Que ces hommes, ils ont aussi une modification de leur formation, de l'encadrement, de la façon dont nous intervenons. Il y a aussi tout un thermomètre que nous avons réparé. On mesure beaucoup plus d'atteintes dans les familles, les violences intrafamiliales, les violences conjugales.
Donc c'est parce qu'on mesure plus qu'il y en a plus ? On les traite, on les reconnaît. Plus 7% des coups et blessures volontaires, plus 5% des homicides, plus 13% des tentatives d'homicide.
On les connaît et il faut aussi admettre qu'elles ont largement augmenté. Elles ont largement augmenté pour un contexte d'une société qui ne va pas bien. Qui ne va pas bien, pas seulement depuis le Covid, mais que l'épidémie a aggravé. Et puis par ailleurs, il y a aussi une inflation, une explosion du trafic de stupéfiants contre laquelle nous luttons pied à pied. Notamment dans la ville de Marseille où 70 points de deal ont par exemple définitivement été supprimés depuis que nous conduisons des opérations de pilonnage. C'est-à-dire des interventions des compagnies de CRS qui viennent occuper les quartiers pour ne pas que les trafiquants s'y rétablissent.
Sacha Oluon, vous voulez vous entendre sur un dernier point ? Le gouvernement n'est pas encore au complet. On attend notamment la personne qui sera en charge du logement, qui est un sujet très compliqué, qui préoccupe beaucoup les Français. Et cette semaine, le Premier ministre a annoncé une remise en cause de la loi SRU, par exemple sur le quota des logements sociaux imposés aux communes. Le Premier ministre veut y inclure des logements intermédiaires destinés plutôt aux classes moyennes, moyennes supérieures.
Est-ce que là, on n'est pas face à un recul, un recul à l'accès aux logements pour des millions de Français qui s'interrogent de savoir comment est-ce qu'ils vont se loger correctement ?
D'abord, on a un problème de demande qui est extrêmement important puisqu'on ne construit pas assez de logements sociaux. Si vous prenez le nombre d'agréments qui ont été délivrés l'année dernière, c'est 82 000. La seule demande de logements sociaux en Nouvelle-Aquitaine, dans ma région, c'est 170 000. Ça vous donne un peu l'écart qu'il y a entre la demande. Mais là, ça ne va pas en rajouter d'une simple manière. Non, on a besoin d'un choc de demande.
Et donc, tout ce qui peut contribuer à inclure des logements à bas coût, y compris si c'est de nature intermédiaire, qui permettent à la classe moyenne de se loger, puisque c'est la classe moyenne qui, aujourd'hui, est en plus grande difficulté.
Sachez-vous, ce ne sont pas des logements à bas coût. Ce sont des logements, en moyenne, le loyer, c'est 1 500 voire 2 000 euros. C'est-à-dire que les instituteurs, les infirmiers, les libraires n'y ont pas accès. Ce sont plutôt les classes moyennes supérieures. En pleine crise du logement social, il y a 2,6 millions de ménages qui attendent... Il y a 2,6 millions de ménages qui attendent d'avoir un HLM.
Paris n'est malheureusement pas la seule ville concernée par la crise du logement.
Est-ce que la priorité ne serait pas plutôt de donner à ceux qui attendent un HLM que de réduire le champ des HLM pour faire augmenter celui des logements des classes moyennes supérieures ?
La priorité est celle de construire. Et les villes qui sont très éloignées, aujourd'hui, de quotas de logements sociaux ne parviendront pas à atteindre les 25 % en seulement intégrant les logements intermédiaires. Donc, il y a ce coup de pouce sur les logements intermédiaires. Ça n'exonère personne.
Ça n'exonère personne et certainement pas ces maires de construire davantage de logements sociaux dont nous avons cruellement besoin, de rénover ceux qui sont inoccupés aujourd'hui puisque c'est aussi le cas pour des questions d'insalubrité, comme on le connaît sur les copropriétés dégradées, ou sur les questions du fait que dans ces logements, on a ghettoisé des quartiers dans lesquels il n'y a que des logements sociaux où personne ne veut aller. J'ai le cas, par exemple, à Poitiers. Donc, je sais aussi qu'il y a besoin avant tout de construire davantage et c'est bien l'essentiel de la politique que nous devons conduire.
Merci beaucoup Sacha Oulier, président Renaissance de la Commission des lois. Merci beaucoup d'avoir été l'invité du 830 France Info.
Sacha Houlié