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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 6 septembre 2021 42 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEnvironnement & énergieÉducation & recherche

La terrible crise économique qu'ils nous préparent

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 21 %Attaque 63 %Défensif 16 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:54OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on est gagnant ou pas avec les 5,1 milliards d'euros pour la France ?

  • 5:35OuverteRéponse directe

    Quelles sont les conditions de l'Union européenne pour ces milliards ?

  • 7:45OuverteRéponse directe

    Qui va bénéficier du plan de relance ? Quels secteurs stratégiques ?

  • 8:55OuverteRéponse directe

    Comment faire pour sauver les services publics ?

  • 11:50OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas un cadeau empoisonné, ce plan, avec les débats sur le remboursement de la dette ?

  • 13:22OuverteRéponse directe

    La fin du 'quoi qu'il en coûte' de Bruno Le Maire, est-ce une bonne nouvelle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15PrésentateurFait
    « La politique du gouvernement, très interventionniste durant la crise sanitaire, semble avoir porté ses fruits. »
  • 2:38PrésentateurChiffre
    « Un plan de relance massif de 750 milliards d'euros pour les pays de l'Union. »
  • 2:49PrésentateurChiffre
    « 1900 milliards de dollars prévus pour venir en aide aux ménages américains. »
  • 2:55PrésentateurChiffre
    « L'équivalent de 1595 milliards d'euros soit le produit intérieur brut d'un pays comme l'Italie en 2020. »
  • 4:07InvitéFait
    « 5 milliards, ce n'est pas grand-chose. C'est vraiment rien du tout même. »
  • 4:11InvitéChiffre
    « Le plan de relance français, c'est 140 milliards. »
  • 4:22InvitéChiffre
    « Et puis il y a 100 milliards qu'on va financer nous-mêmes. »
  • 4:24InvitéChiffre
    « Le plan de relance à l'échelle européenne, c'est à peu près un peu plus de 700 milliards. »
  • 4:57InvitéChiffre
    « Les États-Unis, normalement, en 2022, ils sont à un PIB supérieur de 8 points à celui de 2019. »
  • 5:03InvitéChiffre
    « Quand nous, on sera à un point de plus. »
  • 5:14InvitéFait
    « La réforme des retraites, la réforme de l'assurance chômage et le contrôle des dépenses publiques. »
  • 9:36InvitéFait
    « Qu'il faut couper dans la dépense publique. »
  • 27:03InvitéChiffre
    « sur une enveloppe qui dépassait les 10 milliards. »
  • 27:50InvitéFait
    « il y a un gros problème dans certains quartiers marseillais en termes de chômage et de pauvreté et de retrait de l'État »
  • 31:08PrésentateurChiffre
    « Un réchauffement non pas de 2 degrés est attendu, de 4 à 5 degrés. »
  • 33:43InvitéChiffre
    « dans le monde, 80 % des énergies consommées, c'est des énergies polluantes »
  • 34:17InvitéChiffre
    « les 10 pays les plus riches consomment plus de 60 % de l'énergie mondiale. »
  • 37:05InvitéChiffre
    « Il y a 25 millions d'habitations à rénover. 1 million de rénovations par an. Ça coûte 20 milliards. »
  • 36:41InvitéPromesse
    « j'interdirai aux banques de faire des financements dans les énergies fossiles. »

Temps de parole

  • Invité74 %
  • Présentateur24 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

C'est la fin des vacances pour nous, pour vous aussi peut-être, et un retour à la réalité et l'actualité économique et politique qui, elle, n'a pas profité de la trêve estivale. Cet été a semblé très favorable au gouvernement. Une bonne reprise économique, notamment, qui permet de mettre fin, selon les mots de Bruno Le Maire, au quoi qu'il en coûte. La politique du gouvernement, très interventionniste durant la crise sanitaire, semble avoir porté ses fruits. Alors même qu'elle n'émane pas réellement de la matrice à l'REM, elle très néolibérale. Le quoi qu'il en coûte, nous en sommes déjà sortis. Je veux que les choses soient très claires entre nous. Nous avons protégé notre économie.

Et nous avons fait ce choix collectivement. Et je n'entends pas beaucoup de voix, d'ailleurs, pour critiquer les choix stratégiques du gouvernement en matière économique pendant cette crise. Nous avons protégé des salariés, évité la vague de faillite, évité la vague de chômage qui se serait soldée, non seulement par une crise économique, mais par une crise politique digne de celle des années 30. À cela, s'est ajoutée l'annonce du plan de relance européen. Quoi de mieux qu'une bonne politique keynésienne pour assurer un soutien aux pays meurtris par deux ans de Covid ? Un cadeau qui paraît et insuffisant et empoisonné.

Rentrer, toujours, avec Emmanuel Macron, qui s'est rendu à Marseille dès le 1er septembre. Au rendez-vous, rencontre avec les habitants des quartiers nord de la ville, notamment, d'élus locaux et annonce d'un plan de grande ampleur. Plusieurs centaines de millions d'euros pour venir en aide à la cité fausséenne. Que ce soit à gauche ou à droite, ce déplacement fait grincer des dents. Pas de doute, en tout cas, pour le président, il s'agit bien de la dernière ligne droite avant les présidentielles. Vous en avez entendu parler, mais ce n'est peut-être pas la nouvelle de l'été qui vous a le plus marqué.

Et pourtant, il est sorti au beau milieu d'incendies qui ont ravagé la Méditerranée, du nord au sud et d'est en ouest, de pics de chaleur au Canada et d'une série de catastrophes naturelles. C'est le fameux rapport du GIEC. Le GIEC, c'est le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, créé à la fin des années 80, qui a pour mission d'évaluer et de mieux comprendre les risques liés au dérèglement climatique. Impact de l'homme sans équivoque sur ce dérèglement, un dérèglement climatique sans précédent, des événements météorologiques extrêmes. Ce rapport n'a rien de très réjouissant et devrait davantage alerter les pouvoirs publics.

Bref, c'est la rentrée, et on vous retrouve pour cette nouvelle saison avec Thomas Porchet. Souvenez-vous, il y a un an, en plein cœur de la crise du coronavirus, les chefs d'État des pays membres de l'Union européenne se réunissaient pour enfin tenter d'apporter une solution à la crise économique à venir. Solution inspirée des États-Unis, keynésienne et efficace, un plan de relance massif de 750 milliards d'euros pour les pays de l'Union. Il faut dire que le projet de Joe Biden, fraîchement élu et accueilli à la présidence par une pandémie, est particulièrement ambitieux. 1900 milliards de dollars prévus pour venir en aide aux ménages américains.

L'équivalent de 1595 milliards d'euros soit le produit intérieur brut d'un pays comme l'Italie en 2020. C'est un plan de sauvetage historique, salué par un grand nombre de personnalités démocrates du pays et par des personnalités de gauche à international. Plus de 7 millions de nouveaux emplois vont être créés. 15 milliards vont être alloués pour la vaccination, 50 milliards pour les tests, 126 milliards vont aller aux écoles et 350 milliards aux collectivités locales. Massif, ambitieux, historique, semble même être des adjectifs insuffisants pour décrire ce plan de sauvetage.

Dans le cadre du plan de relance du Vieux Continent, la France, elle, va toucher à un chèque de 5,1 milliards d'euros. Alors la France, ce n'est pas les États-Unis. Mais peut-on réellement parler d'un plan de relance ambitieux à l'échelle de l'Union et quelles vont être les conditions de ce prêt ? Est-ce un bon présage pour cette période de relance qui mettrait fin, d'après Bruno Le Maire, enfin à la politique du quoi qu'il en coûte ? Salut Thomas, bon retour parmi nous.

3:47
Invité

Bonjour Elsa, ça va ? Tu as passé de bonnes vacances ?

3:49
Présentateur

Très bien et toi ?

3:50
Invité

Très bien.

3:50
Présentateur

Alors les nouvelles économiques ont fait bon train, évidemment, pendant les vacances. Je ne sais pas si tu étais sous les cocotiers au moment de l'annonce des 5,1 milliards d'euros pour la France, mais est-ce qu'on est gagnant ou pas ?

4:02
Invité

En fait, déjà, il faut dire une chose, c'est qu'on appelle ça un plan de relance, mais ce n'est pas du tout un plan de relance. 5 milliards, ce n'est pas grand-chose. C'est vraiment rien du tout même. Alors le plan de relance français, c'est 140 milliards. Il y a 40 milliards qui vont venir de l'Union européenne. Là, on a reçu la première tranche, 5 milliards. Et puis il y a 100 milliards qu'on va financer nous-mêmes. Et le plan de relance à l'échelle européenne, c'est à peu près un peu plus de 700 milliards. Mais ce n'est pas grand-chose. Tu l'as comparé avec les États-Unis.

Les États-Unis, on est deux fois, même trois fois plus, parce que Biden rajoute chaque jour des nouveaux plans de relance. Et les Américains sont deux fois moins que nous. Nous, on est deux fois plus en Europe et on a trois fois moins. Donc l'impulsion budgétaire américaine va être bien plus forte que l'impulsion budgétaire européenne. Et donc, quand on voit les prévisions de croissance, même s'il faut manier ça avec attention, mais quand on voit les États-Unis, normalement, en 2022, ils sont à un PIB supérieur de 8 points à celui de 2019, avant la crise du Covid. Quand nous, on sera à un point de plus. Donc, non, non, ce n'est pas un plan de relance. Ce n'est pas du tout suffisant.

C'est plutôt même un plan de transformation. Parce que, vous savez, en échange de cet argent qu'il nous est donné, derrière, en contrepartie, on nous demande de faire des réformes, notamment la réforme des retraites, la réforme de l'assurance chômage et le contrôle des dépenses publiques. Donc, on se donne l'apparence d'un changement qui est en fait un changement marginal. Mais le fonctionnement de l'Union européenne et le raisonnement de nos dirigeants politiques est identique à celui que nous avons eu après la crise de 2008.

5:31
Présentateur

Alors, justement, tu nous parles des conditions de l'Union européenne, ces milliards. Lesquelles sont-ils exactement ? Il n'y a que la réforme des retraites ?

5:41
Invité

Alors, là, ce qui nous a été mis en avant, c'est que pour la première fois, et c'est vrai, l'Europe emprunte, elle mutualise les dettes, ce ne sont plus les pays qui empruntent chacun de leur côté. Donc, voilà, pour eux, c'est un saut en avant, mais c'est des sommes, encore une fois, qui sont assez ridicules par pays. Et puis, voilà, l'échange de ça, c'est quoi ? Eh bien, c'est une série de réformes. Parce que dans la tête des Européens, comme dans la tête des grandes organisations internationales comme le FMI, quand on te prête de l'argent, il faut que tu t'assures d'un certain nombre de réformes qui, soi-disant, te placent dans une meilleure position pour pouvoir rembourser.

Et ces réformes, c'est quoi ? La France est engagée au contrôle des dépenses publiques dans le prochain quinquennat. Alors là, différents rapports, Arthuis, le rapport de la Commission des comptes, là, on va en parler tout à l'heure, la loi Wörth, Saint-Martin. Donc, c'est le contrôle des dépenses publiques. Et puis, c'est les réformes structurelles, notamment la réforme des retraites qui doit passer et la réforme de l'assurance chômage. Donc, c'est plutôt un plan de transformation qu'un plan de relance, en réalité. C'est que je te donne un petit peu d'argent, pas énormément, alors on appelle ça de la relance, c'est très bien.

Alors, pour eux, c'est une révolution, mais j'imagine qu'ils étaient tellement dans leur tête, coincés dans une politique économique libérale que ça peut sembler être une révolution. Mais en échange, c'est réforme et contrôle de la dépense publique. Et là, ça nous met dans la même configuration que 2008, parce que 2008, on a eu cette crise financière, on a fait une impulsion budgétaire, plan de relance, qui était déjà moins fort, moins élevé que celui des États-Unis. Les États-Unis, en trois ans, sont revenus à leur niveau de richesse d'avant-crise. Nous, nous avons mis sept ans, huit ans dans la zone euro. Pourquoi ?

Parce que nous étions partis sur un bon rebond et trop rapidement, nous avons pratiqué de l'austérité et vouloir réduire trop rapidement les déficits. Ce qui a fait que nous avons finalement fait de la politique pro-cyclique, c'est-à-dire qu'au lieu de lutter contre la crise, nous avons en fait créé une propre crise. Et là, tout porte à croire que nous nous orientons dans ce type de politique, puisque finalement, on nous dit qu'à partir de 2022, ça va être, on va se resserrer les vices et on va contrôler la dépense publique et on risque de fabriquer une autre crise, en réalité.

7:42
Présentateur

On va revenir sur les services publics, parce que j'ai plein de questions. Mais là, actuellement, qui va bénéficier du plan de relance ? Quels secteurs stratégiques vont être ?

7:50
Invité

Alors, bon, là, normalement, le plan de relance, elle a été présentée pour un plan de compétitivité, un plan sur la transition écologique et puis un plan aussi sur le numérique, une partie du numérique. Voilà. Donc, on va voir, mais il faut bien voir que dans ce plan de relance, ce n'est pas de l'investissement public, en fait. Il y a beaucoup, déjà en France, de baisse d'impôts, de choix, en fait, pour améliorer ce qu'ils appellent la compétitivité, mais pas de l'investissement public fort. Mais qu'est-ce qu'on peut faire avec 5 milliards ?

Si on veut rénover demain 500 000 logements par an, ce qui était la promesse de François Hollande, ce qui était ce que nous disait déjà à l'époque toutes les associations sur la rénovation des bâtiments, 500 000, je vais dire, le grenier de l'environnement, c'est ce qu'il disait, 500 000 habitations par an, il faut 10 milliards. Et il nous faudrait 50 ans pour rénover l'ensemble des habitations à ce rythme-là. Alors qu'il y a eu urgence climatique, on en parlera dans le troisième sujet. Donc, si demain, on voulait rénover 1 million d'habitations par an, il nous faudrait 20 milliards. Donc là, avec 5 milliards, qu'est-ce qu'on va faire ? On va faire pas grand-chose en réalité.

On va un peu saupoudrer à droite et à gauche, mais c'est pas grand-chose.

8:55
Présentateur

Alors, comment faire ? Parce que ce qu'on voit aussi dans les sondages, ce qui a révélé la crise, même si moi je pense que ça a toujours été le cas, les Français sont très attachés aux services publics, ils sont très soucieux de leur dégradation et je pense que ça va être un gros sujet pour 2022, la dégradation des services publics. Tu nous dis que, voilà, l'Union européenne, elle n'a pas vraiment comme impératif de sauver les services publics français. Comment est-ce qu'on peut faire, nous en France, pour pouvoir bénéficier à un moment donné d'un plan de relance qui nous permette de sauver les hôpitaux, l'école, enfin, tous nos services publics ?

9:26
Invité

L'Union européenne, mais pas que l'Union européenne, aussi nos dirigeants et nos élites françaises. Le rapport Arthuis, c'est un rapport qui a été commandé par Macron, ces Français, ils nous disent quoi ? Qu'il faut couper dans la dépense publique. Et donc, finalement, la dépense publique, c'est quoi ? C'est soit les retraites, soit les services publics. Les retraites en grosse partie, je crois que c'est 300 milliards, donc c'est un quart à peu près de la dépense publique, puis après, sur les services publics. Ça, c'est Arthuis. De la Cour des comptes, c'est pareil, c'est Français.

Et Macron, quand il a s'est fait élire en 2017, c'était un plan de 60 milliards de baisse sur la dépense publique et suppression de 120 000 postes de fonctionnaires. Donc, nos élites françaises pensent comme les élites européennes et ils pensent contre le service public. Ça, la réalité. Alors que là, on l'a bien vu, pendant la crise du Covid, ce qui nous a sauvés, c'est la dépense publique. Le quoi qu'il en coûte, c'est de l'argent public. Sans ça, l'économie se serait effondrée. Le chômage partiel, c'est de la dépense publique. Vous voyez ? L'hôpital, ça fait partie de la dépense publique. Les personnes de santé, la vaccination gratuite, etc., tout ça est pris en charge par l'État.

Donc, dire qu'à partir de demain, comme le vœu Wörth et Saint-Martin, il faut corseter les dépenses publiques dans le prochain quinquennat, c'est le truc le plus stupide. Déjà, c'est ne pas tenir compte de ce que nous avons fait pendant la crise. Et deuxièmement, c'est ne pas tenir compte de la conjoncture possible. Là, il y a des grosses incertitudes sur la reprise. On ne sait pas ce qui va se passer. Même le Covid, on n'en est pas complètement sortis. Demain, il pourrait y avoir un scénario catastrophe avec un nouveau variant ou des nouveaux confinements un peu plus ciblés, peut-être, mais quand même qui ralentirait l'activité économique. Qu'est-ce qu'il doit combler ?

Là, c'est le rôle de la politique contre-cyclique, les dépenses publiques.

11:02
Présentateur

C'est un état planificateur aussi, ce que rejette un peu. Tout à fait.

11:05
Invité

Et là, je veux dire, corseter. Aucune règle économique dit ce qu'il faut corseter les dépenses publiques. Aucune règle économique dit qu'il faut qu'on soit à l'excédent. Je veux dire, ça fait 50 ans qu'on est certes en déficit budgétaire, mais les États-Unis, ils ont été trois fois en excédent en 50 ans. Je veux dire, l'Italie n'a jamais été en excédent. Donc, je veux dire, les pays ne cherchent pas tous à être en excédent. Donc, nous, il y a des politiques comme ça qui n'ont aucune compétence économique, qui décident de s'en prendre au service public, alors que c'est idiot.

Demain, si on a une conjoncture qui ne repart pas assez vite, normalement, c'est la puissance publique, la politique contracyclique via les déficits qui doivent soutenir l'activité. Sinon, ça s'effondre. Et là, si on doit faire des investissements dans la transition énergétique ou dans l'hôpital ou dans l'éducation, c'est public, il faut les faire. Pourquoi corseter la dépense publique ? C'est idiot. Alors que des besoins sont là. On le verra notamment avec notre sujet sur Marseille.

11:50
Présentateur

C'est une question un peu épineuse, mais est-ce que ce n'est pas un peu un cadeau empoisonné, ce plan, à un moment où les débats, même à gauche, sur le remboursement de la dette, font rage ? Comment ça va se faire ?

12:03
Invité

Déjà, la première chose qu'il faut dire, il faut se calmer là-dessus, c'est que les dettes ont augmenté dans tous les pays du monde. Je veux dire, si on était les seuls à avoir vécu le Covid, la question pourrait être plus légitime. En disant, nous, on a augmenté notre dette de 10, 15 points alors que les autres n'ont pas eu le Covid et ils ont une dette qui est beaucoup plus faible. Là, il peut y avoir peut-être un problème parce que les investisseurs ne vont pas vouloir acheter de la dette française ou on va avoir des taux d'intérêt qui vont augmenter quand on est en train de l'argent. Sauf que là, tous les pays ont été frappés, toutes les dettes ont augmenté dans le monde. Toutes.

Donc, voilà, tout est relatif. Vous savez, sur les dix dernières années, enfin entre 2007 et 2017, la dette a augmenté plus vite aux États-Unis et plus vite au Royaume-Uni que chez nous.

12:42
Présentateur

Donc, il ne faut pas se laisser avoir par les discours pro-austéritaires, même pour 2022.

12:47
Invité

C'est un épouvantail qu'on agite. Ces dernières années, sous Macron, on a retiré 50 milliards de rentrées fiscales par des cadeaux, notamment sur l'ISF, sur l'impôt sur les sociétés, sur la taxe d'habitation, 50 milliards. Là, la dette, ce n'était pas un problème. Maintenant, pour mettre 3 à 4 milliards, mettre 1 milliard à Marseille, on dit, oulala, attention, il met énormément d'argent, on a retiré 50 milliards ces dernières années. Donc, il faut arrêter. Non, non, la dette n'est pas un problème, elle est soutenable et les dettes ont augmenté partout. Voilà, il faut regarder ça, veiller là-dessus parce qu'on ne va pas, mais en même temps, il ne faut pas en faire un problème.

On peut encore aller chercher de l'argent à des taux d'intérêt extrêmement faibles.

13:22
Présentateur

Alors, autre actualité économique, le sourire, peut-être, la fin du « Quoi qu'il en coûte » de Bruno Le Maire. Une croissance à la hausse prévue pour la fin de l'année, je pense que c'est une bonne nouvelle.

13:34
Invité

Alors, déjà, il y a une croissance de 6% qui est prévue, mais on a perdu 8% en 2020. Donc, 8%, 6%, on n'est pas revenu au niveau initial. Ça, c'est la première des choses. Le « Quoi qu'il en coûte », il faut le dire, avec tous les défauts qu'il y avait parce qu'il n'y avait pas de contrepartie, on a arrosé parfois des gens qui n'en avaient pas besoin, qui avaient de la trésorerie, etc., qu'on aurait pu faire face. Donc, il y a des choses qui ont été très mal faites. Et on a arrosé même des pollueurs, etc., d'argent public. Mais en même temps, dans cette situation-là, il fallait soutenir l'activité. Et c'est pour ça que nous avons mieux encaissé le choc, il y a eu le chômage partiel, etc.

Il y a beaucoup de gens qui ont été, les intérims, qui ont été un peu, à mon avis, dans l'angle mort et qui ont mal vécu plus le premier confinement que les autres parce que l'activité maintenait encore, mais ont été jetés dans la précarité des étudiants, etc., où il aurait fallu rallonger un peu, pour moi, quelques lignes dans le quoi qu'il en coûte. Mais globalement, ça a permis de soutenir l'activité.

Maintenant, moi, ce qui me fait peur, c'est que si ce quoi qu'il en coûte, on l'arrête trop rapidement, alors que nous ne sommes pas revenus à notre niveau d'activité, il peut y avoir, notamment pour les PME, des faillites en chaîne parce qu'il y a des prêts garantis, il y a des reports de charges, il y a des gens qui ont du mal à retrouver leur activité. On n'est pas encore sortis du Covid. Après, on est dans

14:42
Présentateur

la dernière ligne droite pour les présidentielles, donc on peut s'attendre à ce que le gouvernement continue un peu de soutenir.

14:48
Invité

Oui, mais ils ont l'air de vouloir faire l'inverse. Donc, c'est un pari qu'ils font. C'est un pari qu'ils font. Je pense que dans le programme que doit donner Macron pour satisfaire une partie des dirigeants européens, mais également des dirigeants, on va dire, du patronat, c'est de montrer qui sait gérer la boutique, qui tient compte des déficits, qui tient compte de la dette, etc. Moi aussi, j'en tiens compte, mais je dis juste que là, si on arrête trop rapidement le quoi qu'il en coûte, on peut faire comme on a fait à l'époque de 2011, c'est-à-dire, en fait, recréer une autre crise de toute pièce, parce que si l'économie ne repart pas, comme elle doit repartir ?

S'il y a un nouveau variant, on ne sait pas, on ne peut pas savoir, parce qu'on n'est pas encore sortis du Covid, ou s'il y a des confinements locaux pour x ou y raisons, comme on le voit aujourd'hui en Guadeloupe et en Martinique, il va y avoir un problème sur l'activité économique. Et si il y a un problème sur l'activité économique, les premiers qui vont subir des pertes sont les petits, les PME. Et là, ça peut être assez dramatique. Donc, moi, je ne serais pas aussi pressé, je regarderais, alors là, ils le font progressivement, ils le disent, mais je ferais quand même attention que le coup de rabot ne soit pas trop brutal pour certains secteurs.

15:54
Présentateur

Donc, on ne va pas tirer les bonnes conclusions de la crise de 2008 ?

15:57
Invité

La crise de 2008, c'est exactement ce qu'on a fait, c'est-à-dire qu'on avait vraiment, les États-Unis sont allés à 10% de déficit pour soutenir leur activité, ils s'en foutaient des déficits. Nous, on était à 5, 6, 7, on a commencé à avoir peur, on s'est dit, là, il faut arrêter le soutien parce qu'on était sur la phase du rebond. Au début, on suit la même chose que les États-Unis, c'est-à-dire qu'on est tombé avec la crise, on rebondit, et là, les États-Unis, eux, ils continuent, ils continuent, ils montent, ils retrouvent en trois ans leur niveau de richesse d'avant-crise, et nous, on met après, avec cette austérité, on met à peu près 6, 7 ans à retrouver ce niveau d'avant-crise.

Et donc, entre 2007 et 2017, vous avez 1,5 million de chômeurs en plus en France parce qu'il n'y a pas suffisamment de soutien. Vous voyez, c'est quand même difficile. Donc, on a mis un temps fou. Donc là, moi, je pense que si on tient compte de cette règle, on doit comprendre que là, et les États-Unis n'hésitent pas avec ça, même le Royaume-Uni, même le Royaume-Uni, ils sont plus pragmatiques d'un point de vue économique. C'est étonnant. Voilà. Là, il faut soutenir l'activité jusqu'à ce qu'on soit remis sur pied. Et là, comme il y a encore des incertitudes sur la question sanitaire, on n'est pas encore revenus à notre niveau d'activité.

Ça fait quand même beaucoup pour lâcher prise tout de suite.

17:00
Présentateur

C'est la rentrée pour tout le monde, et même pour Emmanuel Macron. Celui-ci s'est rendu dernièrement dans la cité fosséenne pour une visite exceptionnelle. Destination française prisée par la jeunesse sous les feux des projecteurs du Festival de Cannes avec le film « Back Nord », Marseille suscite de plus en plus d'intérêts. Trois jours de déplacement où le président s'est rendu dans les quartiers nord à la rencontre des élus locaux et des habitants pour annoncer un plan de grande ampleur pour venir en aide à la ville. Trois jours. Il s'agit du plus long déplacement présidentiel du quinquennat d'Emmanuel Macron. Et il n'a pas ravi tout le monde.

Le député des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon, s'est empressé de qualifier ce déplacement d'insupportablement monarchique. Et à l'extrême droite, on se rit d'un déplacement qu'on estime arriver bien trop tard. Il est vrai que les problèmes de Marseille ne d'être pas d'hier. Ville fragmentée entre le nord et ses quartiers pauvres, chauds et incintres historiques, ville rongée par de nombreux trafics et la criminalité, des services publics de plus en plus dégradés. Bref, répondre rapidement aux besoins de la ville semble devenu quasiment impossible. Et pourtant, c'est bien la volonté du président qui a annoncé un plan massif et durable de plusieurs millions d'euros.

Alors Marseille, justement, moi j'y étais quelques jours durant l'été. Ça me semble être un très bon choix de la part du président d'avoir choisi un gros déplacement comme ça de rentrer à Marseille. J'ai l'impression qu'il tente d'apporter de vraies solutions à la ville. Qu'est-ce que tu en penses ?

18:21
Invité

Là, on voit qu'il se déplace, il rencontre les gens, il est très content. C'est le rôle aussi d'un président. Mais il y a un certain nombre quand même de statistiques quand on regarde. Déjà, la première chose qu'il faut dire, c'est les moyens de l'État qui ont été diminués dans beaucoup de secteurs. L'éducation. Vous savez, quand il s'est déplacé, la plupart des gens lui ont dit quoi ? On a besoin de moyens. Moyens dans les collèges, dans les infrastructures. À Marseille,

18:47
Présentateur

il y a une grosse demande sur les infrastructures.

18:50
Invité

Bien sûr. Et là, c'est des choses qu'il aurait dû voir même en arrivant à son quinquennat. Et lui, il a mené la politique inverse. En fait, ce qu'il a cru Macron, c'est que les quartiers populaires allaient être... Le problème du chômage dans les quartiers populaires allait être résolu grâce aux plateformes Uber, Delivero, etc. C'est lui qui a quand même théorisé l'ubérisation de l'économie. Un travail précaire. Il avait même dit à Mediapart, voilà, moi, qu'est-ce que je dis aux jeunes de Stein qui cherchent un travail alors qu'Uber leur donne un travail ? Qu'est-ce que je vais dire à Uber ? Je n'ai rien à dire. Ils ont ce travail-là, c'est mieux que... Plutôt qu'ils restent...

Il avait dit, je crois qu'ils tiennent le mur, quelque chose comme ça, il avait dit. Donc, il a cru en fait que la précarité allait être résolue par le travail précaire. Ce qu'il n'a pas compris, en fait, c'est que l'économie informelle, tous les types de trafic de l'économie illégale s'alimentent sur la précarité. C'est dans le monde entier, les quartiers pauvres sont les quartiers où il y a le plus de trafic, notamment le trafic de drogue. Ce n'est pas là-dessus. Donc, là, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut mettre des moyens. Déjà, la première chose, parce qu'il n'y a pas assez de moyens, il faut le dire. Déjà, dans l'éducation, l'école, les écoles, on demandait des moyens. C'est tout.

Vous regardez aujourd'hui le coût que l'on consacre à un élève, il est un des plus faibles dans les pays de l'OCDE en France. Voilà. Ça, c'est une réalité. Les profs sont très mal payés en France. Vous voyez ? Vous regardez dans des...

20:11
Présentateur

C'est les moins bien payés de l'OCDE. Voilà.

20:13
Invité

Vous regardez dans des quartiers... On compare souvent les quartiers de Marseille à des quartiers en Seine-Saint-Denis. Mais vous regardez, par exemple, en Seine-Saint-Denis, en termes d'heures dispensées, le collège de Seine-Saint-Denis le mieux doté est moins bien doté que le moins bien doté de Paris. Vous voyez ? Donc, le mieux doté en termes d'heures dispensées est en dessous du moins bien doté à Paris. Il n'y a aucun investissement qui est... Donc, voilà, il y a des inégalités qui sont énormes. Vous voyez ?

Et ça, je ne suis pas sûr que la politique de Macron qui visait à précariser, à flexibiliser le marché du travail, donc à flexibiliser la partie des gens qui vivent à Marseille, qui sont employés, ouvriers dans ces quartiers-là, c'est ça majoritairement, et qui sont en CDI. Ça, là, on fragilise leur situation. Puis ensuite, pour les jeunes qui ne trouvent pas d'emploi, on leur dit qu'un avenir chez Uber ou Deliveroo, c'est très bien. Ben, non, ce n'est pas la solution. Derrière, il faut des investissements massifs, ça va prendre du temps. Et lui, il a cru que ça allait être ça, la solution.

21:08
Présentateur

Ce n'est pas un travail très protégé.

21:09
Invité

Ce n'est pas un travail protégé. Je veux dire, ce n'est pas la précarité qui permet... Enfin, là, ce qui est grave, c'est que l'économie informelle et le trafic de drogue est la première entreprise qui emploie dans ces quartiers-là. Et ça, c'est un vrai problème. Ça, c'est un vrai problème. Je veux dire, les chiffres d'affaires de la drogue, c'est le chiffre d'affaires de multinationales. Et donc, qu'est-ce qu'on oppose à ça ? Penser qu'on puisse opposer de la répression, c'est une erreur. Je veux dire, au Mexique, ils ont mis des larmées contre les cartels de drogue. Les cartels de drogue ont augmenté. Ce n'est pas du tout ça qu'il faut.

Il faut de l'éducation, de l'investissement dans les infrastructures. Donc, il faut que l'État revienne dans ces quartiers-là, qu'on voit le service public. Là, on ne le voit plus. Même quand on parle des policiers, il y a moins de policiers dans ces quartiers que dans d'autres. Dans le 93, il y a moins de policiers dans certaines villes que sur Paris. Il n'y a pas d'investissement

21:48
Présentateur

dans la police de proximité du tout, d'ailleurs.

21:50
Invité

Il n'y en a pas. En fait, c'est des populations qui sont souvent plus jeunes. Donc, ils sont plus confrontés au chômage. D'accord ? Et c'est des populations qui sont plus précaires. Donc, normalement, là, il faut de l'investissement dans les loisirs, la culture. Enfin, il faut tout faire pour que ces jeunes-là, dans la précarité, avec des taux de chômage trois fois plus élevés dans ces quartiers, des taux de pauvreté, parfois jusqu'à 50 %, ne soient pas aspirés aussi facilement par l'économie informelle qui leur offre un revenu et des emplois.

22:20
Présentateur

Donc, toi, tu crains que s'il y a des investissements qui soient faits à Marseille, ne concernent que la police et que ce ne soit pas un véritable plan ?

22:28
Invité

Bon, déjà, un milliard, ce n'est pas grand-chose. Oui. Voilà. Deuxièmement, il faut être sûr que ces investissements aillent là où on veut qu'ils aillent. Voilà. Et il faut qu'ils aillent dans les… Enfin, un milliard, c'est rien. Parce qu'une piscine… Vous avez vu, moi, j'ai vu une statistique sur des enfants de ces quartiers-là qui ne savaient pas nager à Marseille. Ils vivent à Marseille, ils ne savent pas nager. Ils vivent près de la mer. Pourquoi il n'y a pas de piscine municipale ? Il n'y a rien. Un milliard, c'est rien. Vous voyez, qu'est-ce qu'on va faire ? Si les entreprises privées n'arrivent pas à leur donner des boulots, il faut que ce soit l'État qui leur donne du travail.

Et comment on leur donne du travail ? Justement, en ayant un plan d'infrastructure, de construction, de rénovation, en employant des jeunes et ainsi de suite. Il faut que l'État retrouve… Et puis, il faut que, via l'éducation, on voit que, pour cette jeunesse-là, l'éducation est un investissement et pas un coût. Alors là, on a géré tous les services publics, pas avant Macron déjà, mais Macron a été encore plus dans cette logique. On a géré tous les services publics comme si ce n'était pas des investissements, mais comme si c'était un coût. L'hôpital, avant la pandémie, c'était un coût.

Il fallait faire des économies, 1,2 milliard en 2018, on s'est rendu compte que non, c'est un investissement. Là, l'éducation, ça doit être un investissement. Il y a des quartiers plus difficiles où il faut qu'il y ait une offre d'éducation, de formation qui soit un peu plus adaptée parce qu'on est dans des quartiers plus difficiles. Je veux dire, la Courneuve, moi, c'est une ville que je suis. Je répète toujours cet exemple-là parce qu'il m'a marqué. On a des taux de pauvreté très proches de ces quartiers à Marseille, 50 % de la population, trois fois plus de chômage.

Si, à l'école, vous retirez les cours du soir et que vous passez les classes de 28 à 35 élèves, là, vous retirez des moyens, clairement, à une population qui est plus jeune et dans laquelle on devrait investir.

24:07
Présentateur

Alors oui, tu le disais, la dégradation des services publics à Marseille, c'est une catastrophe. En 2019, on a assisté à une catastrophe en plein centre-ville d'un immeuble rue d'Aubaine en plein centre-ville qui s'est totalement effondré. À Marseille, il y a aussi un côté, je pense, un peu plus spécifique parce que c'est une ville qui a été très marquée par la corruption. Les Marseillais, certains, en tout cas, parlent parfois en rigolant de ce tramway à Marseille qui suit exactement les mêmes lignes du métro qui fait qu'il y a plein d'endroits à Marseille qui ne sont absolument pas desservis et on voit qu'en fait beaucoup d'argent a été mis dans quelque chose de pas très utile.

Est-ce que, pour répondre à cette question-là, ce ne serait pas plus logique que ce soit l'État directement qui s'occupe de relancer un peu l'activité à Marseille, d'investir, etc., et non pas les collectivités territoriales pour justement limiter les problèmes de corruption ?

24:58
Invité

Alors, je ne suis pas un historien qui connaît toute l'histoire de Marseille comme ça. Je regarde. Déjà, il y a eu un changement d'équipe au niveau municipal. Là, il y a un changement d'équipe qui était plutôt un collectif citoyen avec des gens du Parti Socialiste mais d'autres, des écologistes et tout. Ils ont l'air d'être beaucoup plus investis sur ces questions-là. En tous les cas, peut-être qu'ils n'étaient les précédents, même si, encore une fois, je n'ai pas une connaissance parfaite de la ville de Marseille.

Mais ce que je vois, c'est que sur les collectivités locales, on a eu une politique très forte d'économie qui a été menée sous François Hollande à partir de 2015 qui a été poursuivie plus fortement sous Macron. Macron voulait supprimer 120 000 postes de fonctionnaires dont 70 000 dans les collectivités locales. Donc, on ne peut pas dire que l'État reprend les choses en main. L'État fait tout pour se désengager d'année en année. Et donc, c'est ça la réalité.

Et en fait, ce qu'il faudrait, moi, ce que je dis, c'est de tenir compte de la spécificité de certains quartiers, de certains territoires qui sont beaucoup plus pauvres, où les taux de chômage sont plus élevés et où là, si on ne fait rien, on sait où est-ce que ça va mener. C'est-à-dire que c'est l'économie informelle qui va prendre le relais. Donc, quand il n'y a plus de travail dans le secteur privé, il faut que, normalement, l'État intervienne et compense. C'est pareil, mais c'est pareil pour les territoires ou des usines fermes. Si les usines fermes et qu'au même moment, on retire des moyens au territoire, on réforme l'assurance chômage, on laisse des populations sans rien.

Je veux dire, et là, qu'est-ce que vous voulez qu'elles fassent ? Soit elles se vendent au moins cher possible à un délivreux quand il y a des délivreux ou soit elles font du travail précaire, mais ça ne peut pas être un avenir, vous voyez ? Ça ne peut pas être un avenir. Et là, c'est pareil. Dans ces quartiers-là, force est de constater que c'est les trafics qui l'emportent sur le reste. Donc là, il faut y mettre des moyens, des moyens à la hauteur. Et il y avait eu ce rapport du maire de la Courneuve qui était sorti en 2019 où d'ailleurs, Samia Ghelli était également intervenu, je me souviens, quand on avait présenté ce rapport-là.

Lui, il prévoyait un plan pareil avec un certain nombre de mesures adaptées à ces quartiers-là. Et on était sur une enveloppe, alors pas que pour Marseille, mais sur une enveloppe qui dépassait les 10 milliards. Donc moi, je pense qu'à un moment, quand vous avez plusieurs maires qui utilisent des termes comme le maire d'Eustin de Tiers-France pour décrire sa commune, etc., c'est qu'il faut des moyens à la hauteur. Et ça, on ne peut pas faire comme si on venait de le découvrir. Et moi, ce qui me dérange avec Macron, c'est qu'il fait comme s'il l'avait découvert, il descend, il fait un peu campagne.

Et comme il va faire une campagne qui ne va plus être axée, sa campagne, ça ne va plus être la Start-up Nation, ça ne va plus être le cadre de ville. Ça ne marche plus, ça, il a compris. C'était ça avant, l'ubérisation, la Start-up Nation. Là, il a compris que ça ne marchait plus. Donc là, il a fait son tour de France dans les territoires. Marseille symbolise l'opposition à Paris, donc l'opposition à la Start-up, un peu au cadre, etc. Donc là, même s'il a toujours montré un intérêt avec Marseille, mais là, il y a une volonté de faire campagne.

Alors que dans les chiffres, même sans faire campagne, il aurait pu se rendre compte depuis longtemps qu'il y a un gros problème dans certains quartiers marseillais en termes de chômage et de pauvreté et de retrait de l'État et qu'il fallait faire quelque chose.

28:00
Présentateur

Je vais parler de quelqu'un que tu aimes beaucoup, qui a été très réactif puisqu'il a quasiment immédiatement réagi au déplacement du président. Il faut tout raser, tout repeupler autrement à Marseille, nous dit Manuel Valls. Il avait déjà annoncé quand il était Premier ministre un plan d'aide pour Marseille.

28:19
Invité

Oui, tout à fait. Je ne pense pas que... Raser, c'est quand même quelque chose de... C'est quelque chose d'en... Effectivement, il y a des grands ensembles qui étaient prévus pour quelques années et qui existent encore aujourd'hui, qui ne sont pas rénovés et qu'il faudrait probablement rénover. Après, raser, repeupler... Je n'aime pas ce type d'expression me gêne très fortement parce que la question, ce n'est pas qui habite dans ces quartiers-là. C'est quels emplois ils ont, quelles offres ils ont pour l'éducation, quelles offres ils ont pour... Vraiment, vous regardez quels logements ils ont, etc. En fait, c'est vraiment un cumul de handicaps dont on est au courant.

Vous faites un enfant, vous avez moins de place en crèche là-bas, vous avez moins de moyens pour l'éducation, et ainsi de suite. Vous avez moins d'agents à Pôle emploi, alors vous avez plus de taux de chômage. Vous voyez, c'est un cumul de handicaps qui fait qu'on ghettoise un quartier au bout d'un moment. On ghettoise. C'est-à-dire que c'est les gens les plus pauvres qui y vivent, ceux qui sont au chômage, on n'a rien donné pour qu'ils trouvent un emploi, il n'y a pas de place en crèche, il y a moins de moyens d'obtenir.

À un moment, vous avez déjà que la mobilité sociale est très faible, l'ascension sociale est très faible en France, mais alors là, vous les enfermez dans une trappe à pauvreté. Et donc là, il faut mettre le paquet. Et vous avez plein de cas sur l'emploi, sur la formation, sur l'éducation et sur le fait que chacun puisse avoir un emploi, donc les services publics comme la petite enfance, etc., qui accompagnent tout ça. Et quand vous avez moins d'agents à Pôle emploi dans certains de ces quartiers-là qu'à Paris, où vous n'avez pratiquement que des cadres, il y a un vrai problème. Ça veut dire que là, le service public est au service de ceux qui n'en ont pas besoin. C'est un vrai problème.

Quand il y a des déserts médicaux, c'est un problème aussi. Et ainsi de suite. Donc, il y a une reconquête à faire dans ces territoires. Et ce n'est pas une question de repeupler, de casser. Vous pouvez repeindre un bâtiment dans la couleur que vous voulez, vous pouvez casser et remettre d'autres trucs. Si vous n'avez pas résolu le problème de l'emploi et le problème des services publics, dans 10 ans, même dans 5 ans, on sera au même point. Voilà. Donc, ce n'est pas le problème de la population ni le logement. Il faudrait des meilleurs logements ni le fait de repeindre des bâtiments. C'est les infrastructures à remettre à neuf, l'emploi à trouver, le service public à remettre sur place.

Et après, peut-être qu'on aura une... Mais la répression et le déplacement de population, je ne pense pas... Moi, j'ai du mal avec se dire qu'il y a un type de population qui est problématique et un type qui n'est pas problématique. C'est des conditions qui vous font que vous devenez problématique. et pas un type de population.

30:44
Présentateur

C'est un rapport sur la crise climatique publié le 9 août 2021 qui devrait tous nous alarmer. Le climat change partout dans le monde beaucoup plus vite que prévu et les catastrophes naturelles semblent d'ores et déjà se multiplier. 234 scientifiques de 66 pays sur la base de plus de 14 000 études alertent. Il n'y a pas de quoi être optimiste et les engagements des accords de Paris en 2015 semblent déjà caduques. Un réchauffement non pas de 2 degrés est attendu, de 4 à 5 degrés. Il n'y a plus aucun doute, la crise climatique aura bien lieu. Mais cela ne semble pas davantage intéresser les pouvoirs publics.

Pourtant, disséminés ça et là, les déclarations des membres du gouvernement y font bel et bien référence. Alors Thomas, le rapport du GIEC, c'était clairement pas la bonne nouvelle. comment est-ce que ça a été perçu selon toi dans le champ médiatique par les concitoyens ?

31:35
Invité

Déjà, c'est sorti, je crois, quasiment le même jour que la signature ou que l'arrivée de Messi au PSG. Donc, l'actualité a beaucoup parlé de Messi. Ça a été quand même traité, mais c'est traité vraiment alors que ça devrait être vraiment la boussole de nos politiques économiques. C'est très central parce que là, on n'a qu'une seule planète vivable. s'il y a un problème, c'est fini. Donc là, ça devrait être vraiment la boussole et en même temps, ça passe entre une actualité avec Messi qui arrive et un cambriolage qu'il y a eu dans telle maison je ne sais où et au milieu, vous avez le rapport du GIEC qui dit que c'est catastrophique et puis on passe à autre chose.

Donc, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui n'ont pas pris la mesure en fait de ce rapport-là et ça, c'est un vrai problème.

32:18
Présentateur

Moi, j'imagine aussi qu'à l'échelle nationale, c'est difficile de se sentir si impliqué. Enfin, on peut en tout cas se sentir désœuvré puisque les discours très culpabilisants contre les citoyens français, etc., quand on sait que déjà, on n'est pas le pays le plus polluant au monde, loin de là, il y a quand même des géants de la pollution et que, évidemment, en tant qu'individu, c'est compliqué de se sentir un petit peu écrasé par tout ça, c'est difficile de savoir comment répondre à ça.

32:44
Invité

Mais oui, surtout que, en fait, la culpabilisation de l'individu, c'est la seule politique qui est mise en place depuis une dizaine d'années. On te culpabilise parce que tu as mangé trop de viande, parce que tu as… Alors, tout est en vente libre, bouteille en plastique, etc., etc., voilà, tu dois prendre ta voiture pour aller travailler, alors qu'en fait, il faudrait plutôt se concentrer sur la production, l'encadrement, la régulation de la production. On culpabilise le consommateur en bout de chaîne, comme si le consommateur, il avait la… Enfin, vous cherchez une bouteille en verre, par exemple, si vous ne voulez pas de plastique, vous ne la trouvez pas difficilement…

Les rénovations des bâtiments, vous voulez rénover votre logement, ça coûte 10 000, 20 000 euros, personne ne peut les mettre, enfin, tout le monde ne peut pas les mettre, donc on base l'effort sur le consommateur, ce qui est un vrai problème. Mais il faut quand même ne pas oublier que quand on regarde quand même le panorama qui est dressé du GIEC et quand on regarde comme ça le panorama de la consommation d'énergie, etc., c'est quand même assez dramatique, c'est-à-dire que dans le monde, 80 % des énergies consommées, c'est des énergies polluantes, c'est-à-dire charbon, pétrole, gaz, 80 % dans le monde entier. C'est quand même déjà hallucinant. Vous dites mince, il y a 20 ans…

Après Paris, ce n'est pas le cas en France. En France, non, parce qu'on a le nucléaire qui est un autre type de pollution qui représente à peu près 40 % de notre bilan énergétique, notre bilan énergétique, pas notre consommation d'électricité, bilan énergétique.

34:05
Présentateur

En fin de carbone,

34:05
Invité

voilà. Oui, mais par exemple, en France, vous regardez, on consomme par jour 2 millions de barils de pétrole, c'est l'équivalent de ce que produit le Koweït. En fait, vous regardez, les responsables, les 10 pays les plus riches, les 10 pays les plus riches consomment plus de 60 % de l'énergie mondiale. C'est-à-dire, sur le pétrole, nous, c'est 2 millions de barils par jour, c'est l'équivalent, je vous dis, du Koweït. Les États-Unis, c'est 18 millions de barils par jour. Sur 80 millions de barils, 90 millions de barils produits par an, c'est-à-dire, les 10 premiers pays consomment largement… Et il y a d'autres pays qui veulent aussi se développer, vous voyez, et qui vont consommer.

Donc, la problématique, vous vous demandez comment on va sortir de ça. Et la réalité, c'est que ceux qui doivent faire des efforts, ce sont les pays riches. C'est ça, la réalité, dont on fait partie. Dont on fait partie. Même si nous ne sommes pas les moins polluants, on pollue moins que les États-Unis, c'est sûr, et que le Royaume-Uni… Ou que l'Allemagne, par tête, exactement. Mais nous devons quand même, malgré tout, faire des efforts. Alors, faire des efforts, ça ne veut pas dire nous, moi, parce que l'ajustement est très faible en réalité du consommateur.

C'est la réglementation, les réglementations qu'on impose à un moment sur les producteurs, les débats sur le libre-échange, sur les traités de libre-échange. Est-ce que c'est bien d'importer finalement de la viande et de lui faire traverser 10 000 kilomètres alors qu'on peut la produire chez nous ? Voilà, c'est des questions qu'il faut poser. Est-ce que c'est bien d'importer des légumes que l'on pourrait produire chez nous ? Est-ce que c'est bien de manger des légumes à toute saison, sans tenir compte des saisons ? Il y a quand même tout plein de choses comme ça qu'il faut reposer tout et remettre tout à plat parce que là, la situation est de fait catastrophique.

35:33
Présentateur

à prendre là, mettons, hypothétiquement, tu es ministre, quel serait tout de suite là quelque chose à faire pour pouvoir répondre ?

35:42
Invité

Alors, la première chose, moi, c'est que j'arrêterais, déjà, je stopperais toute signature de traité de libre-échange. Je stopperais ça. Voilà, j'essaierais de localiser au mieux. Je regarderais en fait quelles sont les grosses dépendances en termes de... Parce qu'on a des dépendances parfois sur certains produits. Je regarderais si c'est essentiel ou pas parce que ce qu'on a besoin d'avoir tout le temps des kiwis, enfin, vraiment, il y a une question... Non, mais c'est vrai, non, mais il y a des questions... Oui, mais c'est vrai, de la banque... J'arrêterais en tous les cas tous les traités de libre-échange parce que là, je pense que ça n'a pas dans le bon sens.

Je ferais en sorte que les banques arrêtent de financer des projets climaticides, comme on dit. C'est-à-dire, aujourd'hui, tout le monde est conscient que sur les réserves prouvées de pétrole et de gaz, on doit en laisser deux tiers sous terre de celles que l'on a prouvées qui sont accessibles, pas celles qui sont possibles. Et pourquoi on finance des projets pour aller voir si nous avons du pétrole à plus de 1 500 mètres de profondeur en Guyane ? Est-ce que ça sert à quelque chose ? Puisque déjà, sur les réserves prouvées, on doit laisser deux tiers sous terre. Donc moi, ce type de financement, je les stopperai tout de suite.

Donc j'interdirai aux banques de faire des financements dans les énergies fossiles. Voilà. J'interdirai parce que nous avons des réserves prouvées qui nous permettent déjà de rouler, etc. Ça ne veut pas dire qu'on ne roule plus du jour en main, mais ça veut dire qu'on ne cherche plus des investissements de 5-10 ans dans des pétroles non conventionnels ou du offshore très profond. On arrête ça. Je rénoverai les bâtiments très fortement. Là, comme je l'ai dit au début, je mettrai 1 million de rénovations. Il y a 25 millions d'habitations à rénover. 1 million de rénovations par an. Ça coûte 20 milliards.

Je les mettrai mais avec de l'argent public puisque finalement, le privé n'y va pas, les consommateurs n'y vont pas suffisamment. Donc il faut combler avec de l'argent public. Ça crée de l'emploi non délocalisable. Quand le bâtiment va, tout va en France, c'est ce qu'on dit. Donc tout irait bien. Je ferai ça. Il y a vraiment des régulations très fortes sur les entreprises qui savent s'adapter quand on les régule en réalité, quand il n'y a pas ce jeu de chantage. Et puis après, j'essaierai de développer l'économie circulaire. Donc il y a un certain nombre de mesures.

En fait, aujourd'hui, le problème, c'est que les seules mesures mises en place et défendues par les économistes, c'est un marché du carbone. Donc déjà, il y a un marché qui ne fonctionnerait pas bien. On en rajoute un marché du carbone pour corriger le premier marché. Ce marché du carbone, pour le mettre en place, ça mettrait 5, 6 ans et ça a été un échec Le prix du carbone, c'est un élément à prendre en compte parmi un ensemble de mesures. Ça ne peut pas être la mesure centrale.

Et les premières mesures, c'est d'investir, encore une fois, la rénovation des bâtiments, la régulation des grandes entreprises, l'arrêt du libre-échange, la limitation, la voiture qui consomme moins, les petits moteurs, ainsi de suite, le développement des transports en commun. Il y a plein de choses que l'on peut faire. Vous voyez, le numérique aussi qui a sa part de pollution qu'il faut... Parce que là, on veut encore faire une transition avec le numérique, mais le numérique qui pollue plus, qui pollue énormément en termes d'émissions de CO2, comment on limite ça, et ainsi de suite.

Donc, il y a vraiment, il y a un tas de choses qu'on peut mettre en place, mais c'est un vrai défi technologique. Et puis moi, je pense qu'il y a un certain nombre de gens aujourd'hui qui se rendent compte que ça ne peut plus fonctionner comme ça. Ça ne peut plus fonctionner comme ça.

38:38
Présentateur

Alors, il y a des mesures qui sont possibles, tu viens de nous le dire, mais alors pourquoi, comment, encore une fois, à droite comme à gauche d'ailleurs, on nous parle encore de la taxe carbone ?

38:48
Invité

Parce que...

38:48
Présentateur

Sur les ménages.

38:49
Invité

Sur les ménages. Parce qu'on part du principe que réglementer la production, c'est-à-dire imposer des contraintes aux producteurs, et encore une fois, un producteur, on peut lui dire, des étudiants de grandes universités américaines ont demandé aux pétroliers, ils ont dit vous avez tant de réserves, vous ne pouvez en utiliser qu'un tiers, quel est votre stress test financier ? C'est-à-dire, comme vous savez que vous avez valorisé vos réserves, c'est un produit financier, vous les valorisez dans votre bilan, ce qui fait que l'action de la compagnie vaut un peu plus cher. Vous valorisez ça dans vos bilans, les étudiants ont demandé vous êtes climato-sceptique ? Non. Vous croyez au climat ?

Oui. Alors qu'est-ce que vous allez faire de vos réserves pétrolières ? Parce que vous n'allez pas pouvoir toutes les utiliser. Faites-nous des scénarios. Les mecs ont dû répondre. C'est ça. C'est des étudiants américains qui ont fait ça, de grandes écoles américaines. Donc c'est ça en fait. Il faut dire aux entreprises, aux multinationales, que maintenant, voilà, ça va être fini pour des raisons climatiques. Si elles ne sont pas climato-sceptiques, elles doivent s'adapter. En général, quand on leur pose des contraintes, elles s'adaptent. C'est vrai ? Elles s'adaptent. Oui, bien sûr. On le voit bien.

C'est que les gens, aujourd'hui, ne veulent pas poser de contraintes, désarment l'État et donnent encore plus de pouvoir en baissant la fiscalité, ainsi de suite, en déréglementant les marchés, des capitaux, le marché du travail. Elles donnent beaucoup plus de pouvoir, finalement, aux entreprises et aux profits de court terme qui ne sont pas viables avec une lutte contre le réchauffement climatique. Donc moi, je réglementerai qui en place doivent être faites sur les grandes entreprises qui doivent s'adapter pour que l'alignement entre, on va dire, les profits et activités soient reliés à celles de la lutte contre le réchauffement climatique, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Et comme on part du principe que ça, c'est impossible, on va dire qu'il faut que le consommateur s'adapte. Aujourd'hui, vous avez des entreprises tellement puissantes qu'elles peuvent vous dire, je vous l'ai dit, il y a une pub d'un jeans célèbre qui vous dit quasiment n'achetez plus de vêtements. Et c'est ça, sa pub. Et en même temps, il y a des boutiques dans le monde entier, il produit dans les conditions les pires. Et d'autres boissons gazeuses peuvent vous dire ne buvez pas de sucre alors qu'il n'y a que du sucre dedans, mais vous achetez quand même. Donc le problème, il est là. C'est là qu'il faut taper.

40:55
Présentateur

C'est la fin de l'Instant Porchet. Merci de l'avoir suivi avec nous, d'être de nouveau au rendez-vous pour cette prochaine saison qui s'annonce très riche. Cette émission, comme toutes les autres émissions du Média, est financée par nos donateurs et nos sociaux. Pour nous aider, n'hésitez pas à faire un don aux médias. Le Média devient une coopérative. Alors pour garantir son indépendance, n'hésitez pas à devenir sociaux et à nous soutenir sur lemediatv.fr. Et pour ne rien rater de nos contenus, abonnez-vous au podcast.