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Discours / meetingyoutube.com· 13 octobre 2026 13 minAutoproduitPortrait personnelCulture, médias & sport

François-Xavier Richard | Discours – Remise des insignes de Chevalier des Arts et des Lettres

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Chapitres

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  • Xavier Richard99 %

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Xavier Richard

Moi, je pense que beaucoup d'entre vous me connaissent suffisamment et comme l'a dit Hervé, l'idée n'était pas de de réunir euh des des sommités mais des gens qui me sont chers.

Donc je vous connaissez tous suffisamment je pense le parcours de l'atelier pour que je vous en dresse pas l'historique ni nécessairement mais pour vous Hervé, je vais vous le dire pourquoi l'atelier Dauphin parce que effectivement nous avons commencé sur l'île Dauphin à Saumur et nous aimions ce symbole d'une île qui servait pour un qui est très dangereux euh à passer d'une rive à l'autre et donc nous avons emprunté ce nom que nous aimons par ailleurs et voilà que nous avons essayé de donner depuis 26 ans un peu plus maintenant euh une certaine noblesse. Euh Bon comme je suis pas forcément très à l'aise, j'ai j'ai préparé un truc pour pas vous parler comme ça voilà.

Euh donc [raclement de gorge] voilà. Monsieur le président, mes chers amis, je vous remercie pour cette reconnaissance et cet honneur que nous partageons ce soir. Sans vous tous ici présents ou non et hors des pyramides du mérite, cette médaille pourtant frappée par la prestigieuse Monnaie de Paris, sonnerait comme un métal creux maladroitement suspendu à son galon. Vous avez à chaque pas de l'atelier Dauphin par vos regards, votre amitié, votre écoute et votre patience insufflé du vivant. Cette matière surréelle après laquelle nous courons chaque jour à l'atelier Dauphin les mains tendues.

Avant de remercier ceux avec qui tout s'est joué et ceux avec qui tout se joue au quotidien, je souhaiterais faire l'éloge de mon grand partenaire, le papier et avec lui celui de la discrétion sans esprit de contradiction avec ce qui nous réunit en ce moment même. Tu es pour moi la chair de la mémoire. Tu reçois l'encre de la pensée et j'aspire à te parler comme un alter ego car tu es comme un miroir mat qui offre des reflets aux profondeurs infinies. Tu accueilles nos premières idées et avec elles nos ratures. Tu donnes corps à l'intelligence humaine cette virtualité augmentée. Tu offres le voyage le plus vertigineux et le plus exaltant la page blanche.

Tu accompagnes muet ou presque nos gestes primitifs le griffonnage l'essuyage l'emballage. Tu portes de lourdes responsabilités et de lourds secrets. [raclement de gorge] Tu nous allèges nous soulages de tout ce que nous aimerions dire et qu'il est parfois plus sage d'écrire. Tu te donnes en partage grâce au multiple. J'ai appris à te connaître à travers l'une de tes expressions les plus indigentes le papier peint. Et pourtant même avec lui que nous associons plus aux éléments au mauvais goût que la représentation de notre magnificence tu m'as appris à lire dans l'intimité de grands personnages nos histoires nos cultures.

Marcel [raclement de gorge] Proust, George Sand Colette Louisa May Alcott, Eric Rohmer Louis Pasteur Auguste Renoir, Emile Zola et tant d'autres. Tu m'as appris qu'en entrant par la petite porte en pratiquant l'archéologie de l'intime nous en apprenons plus sur l'humain que ce qui est taillé dans le marbre. Car tu ancres la mémoire de chacun et offres tout ce dont l'humain d'aujourd'hui a besoin en toute discrétion de l'intimité et de la singularité.

Je te remercie de m'avoir ouvert les portes de l'inutile de l'humilité et de la simplicité de m'avoir fait comprendre que les pages que tu déroules sur les civilisations sont innombrables que la métamorphose du vivant peut aussi bien se trouver dans le geste que dans la pensée car peu importe le support le support quand tout réside dans l'effort de transmettre et de transformer. Pour tout cela, je poursuivrai avec toi ma quête d'un esprit humain vivant et incarné. Merci tout d'abord monsieur le président des grandes manufactures, mon cher Hervé Le Moine pour ce geste par lequel vous avez accepté de me faire chevalier car tout commence ici maintenant.

Merci également d'avoir généreusement ouvert les portes de cette maison où se créent et se conservent les gestes qui forgent l'histoire ceux dont les traces demeurent et témoignent de l'aventure humaine. Les sites archéologiques se lisent bien souvent à travers deux formes d'art, l'architecture et les objets du quotidien. Il est donc très symbolique et très important pour moi de recevoir cette distinction sous ce toit et de votre main.

Merci à votre équipe qui a permis la création de ce moment, Mathieu Divoire, Maxime Cassou et Léopold Tiran et merci à toute l'équipe des grandes manufactures avec qui nous partageons régulièrement nos désirs d'un monde où l'innovation résonne comme le trait d'union entre hier et demain. Ma chère épouse Muriel, tu rêvais peut-être d'un chevalier sur son blanc destrier. Ma monture est blanche, on l'appelle papier. Sa crinière n'est pas au vent, mais elle porte les mots que tu as toujours aimés et avec lesquels tu joues dans une maîtrise parfaite de la pensée qu'ils expriment.

Tu as tout partagé de l'aventure d'Ofar dont les chapitres continuent de s'écrire, les plaisirs mais surtout les moments pénibles que personne ne pouvait appréhender autant que toi dans la chair de notre foyer. Cette maison n'existerait pas sans toi et ma voix de papier serait définitivement muette. Nous avons aujourd'hui le bonheur de faire résonner le papier dans une quête partagée du vivant. Aussi, je ne saurais te remercier à la hauteur de ta patience et de ton amour. Elle n'est malheureusement pas là, mais je vais quand même la remercier. Ma chère Edwige, je ne te je ne te dois pas que cette médaille.

Par tes encouragements continus, assidus et amicaux, tu m'as envoyé à la Villa Kujoyama et à la Villa Albertine, à la découverte de mes aspirations profondes, à l'écoute de cette voix de papier qui restait étouffée dans les affres de la la technicité traditionnelle et contemporaine. Sans toi, l'aventure de l'Atelier d'Offard serait restée figée au premier accostage. Tu as cette fidélité, cette opiniâtreté qui ont permis à la Fondation Bettencourt Schueller de défendre l'intelligence de la main comme aucune autre entité, et tu as tracé le chemin d'une reconnaissance tant attendue et légitime des métiers d'art au-delà de nos espérances.

Aussi, je ne saurais te remercier à la hauteur de ton soutien. [raclement de gorge] Mon cher Gilles, qui n'est pas là non plus malheureusement, je crois je l'ai pas je l'ai pas vu. Mon cher Gilles, Gilles Müller, je ne te dois pas que cette médaille. Si l'électron devait avoir un visage, ce serait le tien. Grâce à l'électron, la matière n'est pas une masse molle et inerte, mais bien le support de la vie et du mouvement. Tu as cette force infatigable de connecter plus vivement que le numérique, et nous te devons tous l'éclosion de Bains Initiateurs, de belles rencontres, de belles aventures humaines, comme la création de l'Association des lauréats Bettencourt Schueller par exemple.

Aussi, je ne saurais te remercier à la hauteur de ton énergie. Mes chers parents, vous m'avez appris à transmettre par votre goût insatiable et véritable d'apprendre. Reconnaître qu'on ne sait pas, mais qu'en rassemblant tous nos efforts, il est possible de parvenir au meilleur de nous-mêmes. De l'esthétique à l'ingénierie, de l'impression à l'ennoblissement, de l'atelier au service comptable, vous avez fait beaucoup et plus encore pour l'Atelier d'Offard avec discrétion et abnégation. Certes, j'ai occupé joyeusement votre retraite, Mais la dimension familiale de l'atelier, lieu de magie et de transformation, n'existerait pas sans votre soutien de la première heure.

Aussi, je ne saurais vous remercier à la hauteur de votre engagement. Mes chers enfants, vous faites donc partie de l'équation au-delà de ce que la nature avait décidé. Travailler avec vous au quotidien est le meilleur des encouragements à poursuivre. Et même si je regrette, en sympathie avec votre mère, que la musique ne fasse pas autant partie de votre vie que de la sienne, j'espère qu'à travers le papier, qui est son meilleur supporteur, vous entendrez les mêmes voix que votre désormais chevalier de père. Quant au cinéma, accordez-moi aujourd'hui de le considérer comme du papier animé. Votre enthousiasme à vivre me porte, quoi qu'il advienne.

Aussi, je ne saurais vous remercier à la hauteur de vos aspirations. Mes chers collaborateurs, Simon, Rose-Marie, Hardy, Ulysse, Osseng, Louis, il vous faut bien de la patience, au doléane de la famille très présente, pour accompagner un homme de papier dans ses élucubrations. Vous savez que pour le maîtriser, le papier, pas l'homme, il faut du mouvement, de la fermeté dans la délicatesse. Vous subissez comme moi, et au quotidien, le pli, la déchirure, le froissement, l'enroulement et bien d'autres caprices de cette matière ancestrale, avec force et enthousiasme. Sans vous, l'atelier Dofa serait resté une aventure solitaire.

Aussi, je ne saurais vous remercier à la hauteur de votre implication. Mon cher Simon, je ne te dois pas que cette médaille, je t'en dois d'autres. Et depuis quelques années maintenant, tu es la voix digitale qui fait écho à notre voix de papier, dans lequel tu as découpé des ailes pour que le monde connaisse, à juste valeur à sa juste valeur, l'engagement que nous mettons dans le geste. Tu as accompagné et initié un certain décollage de l'atelier. Aussi, je ne saurais te remercier à la hauteur de nos followers. [rires] L'atelier [raclement de gorge] du phare ne serait rien non plus sans une myriade de mains, d'oreilles, de cerveaux et d'yeux.

Je tiens ici à remercier très sincèrement Véronique de la Hougue et Bernard Jacquet qui m'ont ouvert les portes de leur musée, Claude Nantnaise qui est le premier à avoir jeté son regard approbateur sur nos premiers papiers peints bricolés, Gaëlle du Pré qui nous a embarqués pour la Chine et le Japon, Claude le Calvez qui nous a ancrés dans un territoire et dans son sillage Valérie Tierselin, Isabelle Durant qui est la vitamine et l'oligo-élément du business, René Jacques Meyers qui nous a fait voyager dans de multiples aventures entre design et savoir-faire, Alain Lardet dont la douceur et le regard sont comme le papier enveloppant, Soumiko à qui je dois aussi ce voyage transformatif dans le pays du washi, Adèle Fremolle qui a transformé avec son équipe Masako, Elisa et Camille un bruit de papier en son mémoriel, Ronny Tanderson et sa famille version américaine de notre tribu tourangelle, et sans oublier euh Silvia Digard qui euh tôt le matin euh nous a permis de faire valoir notre travail, Maxime Langeac sans qui l'Orient Express ne serait rien pour nous, euh j'en oublierai, c'est certain, mais je tiens une fois encore à vous remercier tous et chacun pour cette alchimie dont nous avons besoin pour transformer la matière.

J'ai foi en l'IAH, l'intelligence humaine, qui sait aussi bien se construire que s'autodétruire, mais qui, j'ose l'espérer, une fois couchée sur le papier, trouve une forme de paix. J'espère rester toujours digne de cette reconnaissance que vous manifestez aujourd'hui et œuvrer toujours plus pour une civilisation bercée dans les langes de papier qui font de nous des êtres uniques. Merci.

11:36
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

11:53
Xavier Richard

Pour résumer, merci à vous en fait.

11:55
Non speech

[applaudissements]

11:56
Xavier Richard

Bah je suis pour rien. Bah je suis Je vous invite à partager un petit verre ensemble et euh on va essayer de sortir quelque part euh des dominos de l'atelier d'Ofar pour que vous repartiez avec un petit souvenir. C'est un exercice qu'on demande à tous les gens qui passent à l'atelier. Donc on a toujours grand plaisir à vous voir fouiller dans ces dominos, trouver votre couleur. Euh voilà, ils vont être quelque part mis euh voilà. Et encore merci à vous et voilà, longue vie au papier.