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InterviewLCP (sur YouTube)· 1 juin 2026 62 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéRetraitesÉconomie & entreprisesSanté

Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée nationale | LCP, Lundi C'est Politique - 01/06/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    L'approche des présidentielles explique ce changement de ton de Jordan Bardella sur la sécurité ?

  • 3:00RelanceRéponse directe

    Que préconisez-vous face à l'augmentation des faits de délinquance ?

  • 4:00FerméeÉludée

    Quelles mesures concrètes pour éviter les débordements lors d'événements festifs ?

  • 5:00OuverteRéponse partielle

    Faut-il interdire les rassemblements sur les Champs-Elysées ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Le Qatar doit-il financièrement réparer les dégradations ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Karl Olive doit-il être sanctionné par le bureau de l'Assemblée ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30Sébastien ChenuChiffre
    « Il y a une augmentation de 45 % des faits des personnes interpellées par rapport à l'année dernière. »
  • 6:00Sébastien ChenuFait
    « On est le seul pays européen dans lequel il y a autant de débordements. »
  • 10:00Sébastien ChenuChiffre
    « Les investissements directs étrangers ont baissé en termes de valeur ajoutée. Il y avait 15 % de ces investissements... L'Italie c'est 18 %. »
  • 12:00Sébastien ChenuChiffre
    « Un data center, c'est 80 emplois. Ce n'est pas énorme. Ce n'est pas une industrie lourde. »
  • 17:00Sébastien ChenuFait
    « On a une proposition qui est bien reçue par les chefs d'entreprise, en général, c'est l'augmentation des salaires. Il y a une problématique salariale dans notre pays qui est forte. »
  • 23:00Sébastien ChenuChiffre
    « Ce qui est intéressant c'est de voir qu'elle capte 14 % de la richesse du PIB. »
  • 25:00Sébastien ChenuFait
    « Le jour où Yaël Braun-Pivet avait accepté de... Sur des amendements de l'extrême gauche au motif de l'article 40, elle les avait déclarés irrecevable. »
  • 27:00Sébastien ChenuChiffre
    « Le budget a été construit... On est presque en récession de croissance. Et nous sommes à 2,4 d'inflation. »
  • 33:00Sébastien ChenuFait
    « Il y a deux écueils dans le texte en discussion. C'est le contrôle avec un risque de mise sous tutelle. Il y a la volonté de vouloir percuter l'enseignement privé. »
  • 35:00Sébastien ChenuChiffre
    « 110 000 places pourraient manquer dans les EHPAD d'ici 2030. »
  • 37:00Sébastien ChenuChiffre
    « Les plus de 65 ans sont aujourd'hui près de 15 millions. »
  • 39:00Sébastien ChenuChiffre
    « 2,7 millions de seniors pourraient subir une perte d'autonomie. 30 % de plus qu'aujourd'hui. »
  • 45:00Sébastien ChenuFait
    « Mes adversaires sont des marchands de haine. Des artisans de la nostalgie. »
  • 47:00Sébastien ChenuFait
    « Il a très peu de sincérité. Il est très plastique dans sa capacité à défendre. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Alors que le paysage de la prochaine présidentielle se met en place, le RN n'a toujours pas sa tête d'affiche définitive. Entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui sera sur la ligne de départ ? Pour l'heure, le RN surfe sur les sondages flatteurs mais il a encore un an à tenir.

Les députés restent mobilisés avec comme avec le prochain rendez-vous le budget 2027. Prochaine épreuve pour le Gouvernement, et le décompte pour les oppositions. Sébastien Chenu, député du Nord, Vice-Président de l'Assemblée nationale est l'invité de "LCP-Lundi, c'est politique".

Bonsoir à tous, merci d'être avec nous. Bonsoir Sébastien Chenu, merci d'être sur ce plateau. Avec moi pour vous interroger, Hervé Gattegno, Stéphanie Depierre, Laurent Fargues, Hugo au perchoir, Hugo Couturier avec la chaîne Twitch LCP Assemblée nationale, il nous lira s'il y a des questions, interpellations...

Puis, nous recevrons face à vous Patrice Machuret, il dirige un EHPAD. Le grand enjeu sera pour les années prochaines sur les états. On va commencer par la victoire du PSG en finale de la ligue des champions.

Ce n'est pas ça qui est intéressant mais tout ce qu'il y a eu depuis. D'abord, sur le terrain politique, les dégradations à Paris ont ravivé le débat sur la sécurité autour de cet événement. En recevant les joueurs hier soir à l'Elysée, Emmanuel Macron a jugé les débordements inacceptables : "Ce n'est pas ça le foot, ce n'est pas ça le sport".

Il y a eu au total 890 interpellations. - Réveillez-vous, car la France est en train de devenir un pays où la vie et la fête sont devenus totalement impossibles. On détruit tout sur son passage, on casse des commerces, des abribus, on brûle des voitures.

Je dis aux Français : "Réveillez-vous car dans quelque temps ils casseront la porte des immeubles et rentreront dans vos appartements". Si l'Etat ne reprend pas la main sur la politique de sécurité, sa politique pénale et sur sa politique migratoire. - On vient d'entendre les propos de Jordan Bardella.

L'année dernière, il y avait déjà eu des incidents comme ça mais ses propos n'étaient pas aussi virulents. L'approche des présidentielles explique ce changement de ton ? - Non.

Il y a une augmentation de 45 % des faits des personnes interpellées par rapport à l'année dernière. 45 % de plus. On est en train, pas nous, ni les Français, mais on est en train de s'habituer à l'inacceptable.

Quand j'entends Laurent Nunez dire que la situation est sous contrôle...

Ce serait quoi si ce n'était pas sous sans contrôle ? Tout le monde est très content sauf les Français. - Que préconisez-vous ? - Il y a une espèce d'extension du domaine de l'émeute.

Les choses qui étaient marginales auparavant deviennent habituelles dans tous les domaines de la fête, du sport...

C'est le constat. - Quelles mesures doit-on mettre en place pour que ça ne se reproduise plus ? Vaut mieux agir avant ? - On va en parler...

L'éducatif...

Pour un événement précis... - Il peut y avoir des incidents...

Pour les éviter, quelles mesures vous voulez mettre en place ? - Les stratégies d'organisation et combien il faut de policiers sur le terrain, ce n'est pas à moi de vous le dire. - Est-ce qu'il faut interdire les rassemblements sur les Champs-Elysées ? - J'y viens.

On va finir par renverser la problématique. On va demander aux Français de rester chez eux, de s'enfermer, de ne pas célébrer un événement festif. On est le seul pays européen dans lequel il y a autant de débordements. - Qu'est-ce que vous préconisez ? - Je vais vous en parler.

Il y a une surreprésentation dans ces actes de délinquance de la jeunesse, d'une partie de la jeunesse. Il y a plus de jeunes qui sont mis en cause. Puis, issus de l'immigration.

Tant que vous n'agissez pas de façon très ferme sur la jeunesse et les mises en cause dans ces événements et sur l'immigration, vous n'en viendrez jamais à bout. Il faut revoir l'échelle des peines. Imaginez qu'ils soient dans des centres d'éducation fermés...

Et l'idée qu'ils payent jusqu'à la fin de leurs jours des amendes pour réparer ce qu'ils ont cassé, ce sera peut-être dissuasif. Il y a quelque chose à faire sur la jeunesse. Sur l'immigration, les mis en cause étaient souvent de nationalité étrangère et il faut les expulser. - C'est après coup.

Que faire pour éviter que ça arrive ? - Responsabiliser les familles. J'ai vu beaucoup d'enfants qui avaient l'air d'être mineurs.

Ca se voit. Où sont les familles ? Il faut que les familles sachent qu'il y a des sanctions sur leurs aides sociales, allocations familiales si leur gamin se comporte mal.

C'est assez dissuasif. - Le Qatar, propriétaire du PSG, doit-il être tenu responsable financièrement pour les réparations ? - Je vois pas en quoi le club de foot lui-même doit prendre part aux réparations.

Quand vous allez dans cette logique, vous allez déshabiller la responsabilité du faiseur de troubles ou de ceux qui commettent des actes de délinquance. Recentrons-nous sur les choses, des jeunes voyous, pas des jeunes supporters, cassent des choses dans notre pays. Ce n'est pas au club de payer les conséquences ni aux Français de s'enfermer. - Vous avez vu les images sur les réseaux sociaux, Karl Olive qui montait sur le capot d'une voiture.

Ca vous a choqué ? - Je n'entre jamais dans ces schémas qui visent à juger les comportements de mes collègues députés. Oui, ça m'a choqué.

Il nous explique que c'étaient des amis...

Je trouve qu'effectivement, quand on est député, il vaut mieux s'abstenir de ce genre de comportement. - Je m'adresse au Vice-Président de l'Assemblée nationale. Est-ce que Karl Olive doit être entendu par le bureau de l'Assemblée nationale pour s'expliquer ? - Non, écoutez, les sanctions qui sont amenées à se prononcer contre les parlementaires, le sont dans le cadre de comportement à l'Assemblée.

Concernant Karl Olive, je ne crois pas qu'il faille l'entendre. Les images parlent d'elles-mêmes. Je trouve ça un peu pathétique et ça dévalorise...

Karl Olive n'est pas un plus mauvais député qu'un autre, mais il dévalorise le boulot que font les parlementaires. Il participe à l'idée... - Il s'est excusé depuis. - Oui, très bien.

Qu'il présente ses excuses...

Ses électeurs doivent être consternés. - Des milliards vont être investis dans l'économie française dans des usines, des data Center, et le sommet Choose France avec 15 000 emplois à la clé. - Cette édition de Choose France à elle seule va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d'euros d'investissement confirmé pour plus de 15 000 emplois.

C'est évidemment une édition record. - La France est devenue un des pays les plus attractifs d'Europe, sinon le plus attractif pour les capitaux étrangers. C'est un résultat dont vous créditez le président de la République Emmanuel Macron ? - Complètement.

Je me méfie un peu des mises en scène et je pense qu'il faut regarder les choses dans le détail. Les investissements directs étrangers ont baissé en termes de valeur ajoutée. Il y avait 15 % de ces investissements...

L'Italie c'est 18 %. Ils ont baissé aussi, ces investissements. On est passé dans une pente descendante.

Le nombre de projets abaissés. De 17 % si je me souviens bien. On annonce souvent des projets et à la fin, le compte n'y est pas.

Surtout, combien. Est-ce que ça bénéficie réellement à l'économie française. Un data center, c'est 80 emplois.

Ce n'est pas énorme. Ce n'est pas une industrie lourde. Je ne suis pas l'avocat d'Amazon...

C'est 1000 emplois. Je me méfie des mises en scène qui sont toujours glorieuses... - Vous parlez de mises en scène dans le monde actuel face a des concurrents comme Donald Trump, n'est-ce pas incontournable de chercher à travailler, améliorer l'image du pays ? - Tout ce qui peut aller dans le bon sens, je préfère ça que des résultats inverses.

J'aimerais aussi qu'on mette beaucoup de moyens pour développer un champion de l'IA au niveau français ou européen. - Les data centers sont favorables à la souveraineté française. - Pour stocker les données, il ne faut pas dépendre des autres.

On est très dépendant des Américains et je pense qu'on doit faire des efforts de notre pays pour le stockage de données pour se fabriquer en tant que champion. J'ai oublié le nom de l'entreprise qui s'est lancée il y a peu qui a levé 1,5 milliard d'euros. On en est loin encore. - Sur l'IA, c'est un vrai secteur d'avenir ?

Source de progrès économique ? Ou alors, c'est un danger pour l'emploi ? - C'est un vrai secteur d'avenir.

L'IA peut faire peur. Comme toute nouveauté, je pense que la révolution de l'IA, c'est comme l'arrivée de l'électricité. Ca va être aussi fort en termes de création et de destruction d'emplois.

Certains vont mourir et d'autres vont naître. C'est à nous d'accompagner ce mouvement. Il y a une régulation qui doit se faire.

Marine Le Pen disait qu'au niveau de l'ONU, ou à l'international... - On va parler... - Le pape aussi. - Disons que là où l'IA est passée, l'humanisme aussi. - Derrière, il y a aussi un sujet philosophique, intellectuel.

Il faut l'avoir en tête. Où l'histoire de la régulation internationale. - Mais pas forcément par le pape.

On va parler d'économie avec le SMIC qui a augmenté de 2,4 % aujourd'hui. - Pendant la campagne, certains disaient être contre la hausse du SMIC. Est-ce que ça veut dire que vous limitez la revalorisation du SMIC et que vous êtes défavorable ? - Il y a deux façons de revaloriser le SMIC.

Il y a le coup de pouce qui peut avoir lieu. - Là, on suit l'inflation. - Il y a la revalorisation, en général, c'est au 1er janvier.

Ce n'est pas toujours réalisé mais c'est prévu. Ce que nous croyons ce qu'il ne faut pas se limiter au SMIC. On a une proposition qui est bien reçue par les chefs d'entreprise, en général, c'est l'augmentation des salaires.

Il y a une problématique salariale dans notre pays qui est forte. En échange de cette augmentation, il y aurait un gel des cotisations patronales. Car en augmentant le SMIC, quand on écoute nos adversaires politiques...

L'augmentation du SMIC ça amène à quelque chose d'inflationniste. Vous demandez à des patrons...

Je le vois dans les boulangeries de ma circonscription, augmenter très fortement le SMIC, immédiatement, il faut que ce soit répercuté par l'augmentation des produits. Nous pensons que ce n'est pas comme ça qu'il faut procéder. La baisse des charges, ce n'est pas obligatoire pour créer les conditions du dialogue social... - Justement, sur le SMIC, vous êtes favorable à ce que le SMIC évolué avec l'inflation... - Mais pas que. - Si vous étiez au pouvoir... - Non.

C'est ce que je vous dis. On n'aborderait pas cette question du SMIC. On ferait une politique de hausse des salaires en créant un cadre.

Par exemple, la baisse de la TVA sur les énergies...

Ca permettrait aux employés...

Quand vous faites baisser le coût de l'énergie, vous redonnez aux patrons une marge de manoeuvre. - Sur le gel des cotisations patronales, car le Gouvernement a dit que les exonérations de cotisations patronales ne vont pas suivre l'augmentation du SMIC, est-ce que vous dîtes que le Gouvernement fait fausse route ? - Oui.

Le Gouvernement ne fait pas un cadeau aux entreprises. Le but n'est pas ça. - Il faudrait rétablir le niveau ? - Notre proposition a du sens car il n'y a pas de perdant. - Aujourd'hui, il faudrait que le Gouvernement rétablisse les exonérations patronales ? - J'en reviens à notre logique, une hausse des salaires dont le SMIC avec une baisse, un gel des cotisations patronales.

Le reste, c'est insatisfaisant. - Le SMIC augmente, et ils gèlent les cotisations patronales. On va parler des retraites. - Jordan Bardella se dit désormais favorable à une réforme des retraites qui abolira l'âge pivot alors que Marine Le Pen privilégie un statut différent pour la retraite. - Il n'a pas dit d'abolir l'âge pivot. - Il a dit que l'âge pivot ne servait à rien. - Il faut savoir de quoi on parle et où on veut aller.

On veut une forme de société. Aujourd'hui, on a une réforme des retraites qu'on connaît, qu'on considère comme injuste. Ce qui est intéressant c'est de voir qu'elle capte 14 % de la richesse du PIB.

Le comité d'orientation des retraites nous dit que jusqu'à 2050, voire même un peu plus loin, il n'y aura pas de problème de ce côté-là. Mais pour la réforme, il faut qu'elle bénéficie en premier lieu à ceux qui travailleront dès 20 ans...

Jusqu'à preuve du contraire, Jordan Bardella et Marine Le Pen défendent le même projet à toutes les élections. - Nous n'avons pas la preuve du contraire actuellement ? - Non.

Jordan Bardella dit quelque chose d'intéressant, il faut que plus de gens entrent sur le marché du travail, en particulier plus jeune. Derrière, il faut que les séniors restent le plus longtemps possible sur le marché du travail. - Pour vous, à l'âge pivot a toujours un sens ? - Oui.

C'est bien légitime. Certains pourraient dire qu'ils veulent partir plus tôt. Ca aura un coût car on peut partir aussi en mauvaise santé quand on part plus tôt.

Et les Français vont supporter ce coût. Il faut toujours aller vers cette proposition. Nous avons toujours cette même proposition qui est 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à moins de 20 ans, avec 40 années de cotisations.

Et 62 ans pour les autres. Je crois que c'est assez juste. Ca n'empêche pas de réfléchir à... - Le président de votre parti a engagé seul une réflexion qui est dissonante par rapport au groupe ? - Non.

Faire rentrer des jeunes plus tôt sur le marché du travail est nécessaire. - La position du RN aujourd'hui... - La position sur l'âge pivot est toujours la même. - Il y a maintien d'un âge référence. - Ca sert à quelque chose.

Les efforts sur lesquels on doit porter notre attention, car c'est là où ce n'est pas une réforme de paramètres mais une réforme de société, c'est comment faire entrer les jeunes sur le marché du travail. - Un député de votre groupe cité anonymement évoque une paralysie interne sur la question des retraites et annonce que le dossier des retraites sera tranché à l'intérieur du RN le 7 janvier. C'est-à-dire que la décision de justice sur la possibilité de Marine Le Pen de se présenter aux élections va avoir une influence sur votre position de groupe ? - Notre candidate, c'est Marine Le Pen.

Mais la justice va peut-être la priver de sa rencontre avec les Français. Donc, le projet de réforme des retraites que Marine Le Pen porte et que le RN porte et que Jordan Bardella a toujours défendu est le même. - Petite question sur les réseaux sociaux, plusieurs militantes féministes se sont mobilisées car Jean-Luc Lahaye a été accueilli au théâtre municipal de Hénin-Beaumont.

Il va être accueilli dans une autre ville du RN en juillet. Malgré ses condamnations pour atteinte sexuelle sur mineur. Jean-Philippe Tanguy avait dit dans une interview que heureusement que la société civile était mobilisée par rapport à la pédocriminalité.

Pourquoi vous accueillez quelqu'un suspecté ? - Quand quelqu'un est condamné, il exécute sa peine. Après, il revient dans la société.

C'est le cas pour tous ceux qui sont condamnés. Ca a été le cas pour Jean-Luc Lahaye. S'il est encore mis en examen, il a présomption d'innocence.

On peut débattre à l'infini de cela. J'entends toujours avec beaucoup de sérieux la parole des victimes présumées. Mais, de l'autre côté, le principe du droit à la présomption d'innocence est important.

C'est un principe fondamental de notre droit. - On a fait un détour. On va revenir aux retraites.

On va parler de la capitalisation. - Jordan Bardella a évoqué l'introduction d'une dose de capitalisation dans notre système de retraite. Ce serait donc un investissement des Français et de l'argent que les Français récupéreront à la retraite.

Ce sera obligatoire ? - Non. On droit réfléchir.

Je pense que la capitalisation est facultative. On doit la regarder. Elle existe déjà. - Des inégalités ? - Elle ne peut pas être obligatoire pour ces raisons-là.

Mais elle existe déjà. Les plans épargne-retraite, c'est de la capitalisation. Le Gouvernement a taxé ces plans.

Il faut qu'on entame cette réflexion. - Qu'est-ce que vous apporterez de nouveau par rapport à ce qui existe ? Il parle de fonds souverains. - C'est intéressant.

On aurait pu en parler avec l'IA. Les Français ont énormément d'épargne, y compris dans les moments où l'économie française se porte mal. Ce fléchage de l'économie des Français a été assez peu pensé.

On pourrait imaginer, peut-être, que ce soit un objet de mobilisation de l'épargne des Français, l'IA. Des retraites aussi. - Gabriel Attal a dit la même chose que Jordan Bardella samedi, plus d'âge légal, la capitalisation... - Je n'ai pas entendu la même chose chez Gabriel Attal.

Il a été en responsabilité. Je n'ai pas en tête ce qu'il a dit. - Il dit plus d'âge légal... - Nous ne disons pas ça.

Nous disons qu'il faut avoir une réflexion sur cela. Que Gabriel Attal dise qu'il faut que de la capitalisation...

Il y avait un système où la capitalisation sera un système... - On va parler de l'actualité parlementaire.

Les débats se poursuivent. - Le projet de loi de finances rectificative. Les aides pour les gros rouleurs sont versées en ce moment.

Vous les réclamez. Vous réclamez aussi un projet de loi de finances rectificative. A priori, il n'y en aura pas.

Vous dîtes que ce n'est pas grave ou qu'il faut insister encore ? - Ce projet de loi de finances rectificative est nécessaire. Il y a des risques de dérapage important.

Le budget a été construit...

On est presque en récession de croissance. Et nous sommes à 2,4 d'inflation. La construction même du budget doit être rectifiée.

Ensuite, vous avez un budget qui doit s'adapter à une situation particulièrement évolutive, celle de la crise internationale. On considère qu'à partir de là, le Gouvernement doit... - Mais pour l'instant, le Gouvernement ne veut pas. - Mais nous, notre boulot est de contrôler l'action du Gouvernement.

Si le Gouvernement raye un certain nombre de crédits ouverts, ensuite, il doit aller au-delà à travers un projet de loi de finances rectificatives. - Quels sont vos outils ? - Comment faire adopter une loi rectificative ? - C'est la difficulté du Gouvernement.

Ils ne veulent toucher à rien. C'est aussi le drame. Ils ne veulent pas toucher aux agences...

Si vous réfléchissez à périmètre constant, vous ne faites rien. - Contrôler l'action du Gouvernement, c'est ce qu'a rappelé Yaël Braun-Pivet. Interpeller le Gouvernement pour avoir ce projet de loi rectificative ? - Le jour où Yaël Braun-Pivet avait accepté de...

Sur des amendements de l'extrême gauche au motif de l'article 40, elle les avait déclarés irrecevable. C'était sous la pression de l'exécutif. Ca m'avait beaucoup choqué.

J'aurais préféré qu'elle résiste aux pressions. Elle ne l'a pas fait. C'était une erreur.

Là, elle a matière à demander à ce que le Parlement soit respecté en faisant un projet de loi de financement rectificative. - Vous voulez demander de faire la démarche ? - Bien sûr.

Elle a autorité pour le faire. Elle peut saisir le Gouvernement. Je pense qu'elle serait dans son rôle. - La proposition de loi après l'affaire Bétharram est en discussion.

Vous souhaitez que ça aille jusqu'au bout, au vote ? - Ca dépend...

Ce n'est pas trop le sujet, c'est ce qu'il y a dedans. Je suis favorable à ce qu'on protège les enfants. Et qu'on puisse reconnaître les victimes et une indemnisation.

Il y a deux écueils dans le texte en discussion. C'est le contrôle avec un risque de mise sous tutelle. Il y a la volonté de vouloir percuter l'enseignement privé. - On parle de faits qui se sont produits dans l'enseignement public. - Oui...

Avec du public très jeune...

Dans le périscolaire, là où il y a une population très jeune. Il y a un risque que cette population rencontre un prédateur. Puis il y a un doute sur le secret de confession qui me heurte car dans cette proposition dite "Bétharram", avec le secret de la confession... - Au-dessus de la loi de la république ? - Reconnue par la Cour de cassation.

C'est une liberté individuelle qui est reconnue par notre droit. Je vous parlais d'un principe de droit, là encore, c'est un principe du droit. Je suis très attaché à la liberté de conscience.

Faire violence aux individus contre leur conscience, ça ne me paraît pas...

Il faut recueillir, pas uniquement dans le cadre de la confession qui se fait, mais il faut recueillir la parole des victimes, allez les aider, les prendre très au sérieux... - Vous voterez contre ? - Ca dépend des dispositions.

Ca me choque à titre personnel. Il y a un sous texte derrière tout ça. On n'est pas des enfants de choeur.

Monsieur Vannier mène un combat derrière ça contre l'enseignement libre. Je suis un enfant de l'école publique. Il mène un combat contre les cathos. - A l'inverse, s'il entend des choses et qu'il ne dit rien, ça vous choque ? - Vous avez beaucoup de professions dans lesquelles le secret professionnel...

La révélation des sources... - Les sources oui mais les faits non. - Les faits, n'ont peut-être pas beaucoup d'intérêt. - La loi d'urgence agricole va être votée demain, est-ce que vous la voterez ? - On ne s'est pas encore prononcé.

Elle ne va pas se charger de le dire ce soir à l'antenne. On va mettre un dispositif sur cette loi. Ce n'est pas la grande loi de l'année.

C'est une loi d'urgence, oui, car les agriculteurs souffre énormément mais on va la beauté votée. On a fait bouger des lignes, on a obtenu des victoires sur les amendements, par exemple, inclure des organisations syndicales professionnelles dans un certain nombre de projets. Comme des projets de méga bassines, d'organisation territoriale...

On a pu le faire. La faciliter du stockage de l'eau, épauler des agriculteurs face aux loups. Des prix plancher...

On a voté. Par conséquent, l'achat sur la restauration collective. Ils en ont voté et d'autres groupes ont voté les nôtres. - Votre grand combat, c'était la pré autorisation de l'acétamipride.

Peu importe, vous votez quand même ? - Oui, on a pu interdire l'importation et la mise sur le marché d'un certain nombre de denrées créées avec des substances qui étaientinterdites...

Ce n'était pas le plus grand succès mais c'est un succès. Globalement, on se dit, avec tout ce que j'ai listé, nos députés ont été très combatifs, je pense qu'on peut voter et on va voter cette loi. - On va parler de la course. - Même question sur le statut de la course, est-ce que vous pouvez voter ce texte ? - Plus de décentralisation, pourquoi pas.

Mais quand, et avec qui. Les garanties aujourd'hui sont un peu un point d'interrogation. Le bon mode d'emploi serait de faire un référendum en Corse sur son avenir.

Ce sont les premiers concernés il faut leur donner la parole. - Vous avez évolué sur cette question, le Rassemblement National car vous étiez un peu jacobin sur la question de la Corse et on voit qu'il y a une inflexion pour défendre les identités locales... ? - On a toujours eu ça.

Je vous renvoie à 1986 avec l'arrivée des députés du Rassemblement National avec des leaders nationalistes alsaciens. On a toujours été très attentifs aux identités régionales. Elles sont des composantes de notre pays.

Il ne s'agit pas d'aller vers une autonomie. Plus de démocratie. - C'est lié aux accords électoraux ? - Vous pensez à Nicolas Platini.

Je pense que oui. - Sur la fin de vie, on va en parler. Ce sujet traîne depuis des années. - Le texte qui instaure un droit à l'aide à mourir de revenir à l'Assemblée nationale le 22 juin, dans peu de temps.

Lorsqu'il a été présenté au vote, le groupe RN s'est divisé. Marine Le Pen a voté contre, vous souhaitez que le texte puisse être adopté avant l'été ? C'est possible ? - On n'a pas été divisé.

Un peu comme les Français, on a la liberté de vote. C'est un sujet qui touche beaucoup les consciences des uns et des autres. On a tous votés pour le texte sur les soins palliatifs, on était tous d'accord. - Je ne disais pas que vous vous étiez disputé... - Ce n'est pas une dispute en tant que telle, ça s'est fait de façon respectueuse.

Le Sénat l'a rejeté. J'ai voté certaines choses car on doit encadrer ce droit et les garde-fous qui existent me semblaient suffisants et nécessaires. J'étais attaché à ces garde-fous.

Maintenant, je suis hostile au délit d'entrave. S'il y avait ce délit qui revenait, ça me gênerait. Ca fait penser au débat sur les consciences. - Ca vous paraît possible que ce soit voté avant l'été ? - Je ne sais pas, ça été une réforme menée un peu dans l'urgence, de façon cavalière... - C'est improvisé comme débat ? - C'est toujours aux Français de trancher cela.

Je crois que les sujets de société doivent être traités par la société. - Donc un référendum... - C'est bien que la société s'en empare.

Ce n'a pas été le cas. Je demeure favorable à voter ce texte. Nous aurons ce droit encadré qui existera qui permettra...

C'est ce qui me heurtait, à des gens de ne pas s'expatrier, quitter le pays, en plus que de devoir quitter la vie. - On va parler du fonctionnement de l'Assemblée nationale. - Depuis plusieurs mois, Yaël Braun-Pivet réfléchit à ce qu'il faut changer dans l'assemblée...

Vous, à quoi vous pensez ? - La politique est institutionnelle. La macronie gouverne contre le peuple.

Le président de la République a essayé de contourner l'Assemblée nationale. Avec l'utilisation très forte du 49.3 d'Elisabeth Borne...

Et cette façon répétitive pour bloquer les débats... - Il faudrait limiter le nombre de 49.3 utilisables ? - Je ne dis pas qu'il faut l'interdire mais là, c'était devenu un réflexe. - Donc il faut le limiter ? - Vous avez la pratique.

Vous n'avez pas eu besoin, dans les années précédentes...

Il n'avait pas de majorité et il n'est pas les cherché les quelques voix qui lui manquaient. Il est allé chercher des majorités. Au-delà de ça, vous avez des articles, 45, sur les cavaliers législatifs.

On n'a pas la même appréciation à l'Assemblée nationale et au Sénat. La représentativité...

Il faut arrêter de donner cette image piteuse des députés à la rentrée...

La proportionnelle pure et simple dans la gestion de l'Assemblée nationale permettrait de corriger la chose. Est-ce qu'on légifère bien dans un pays comme la France ? Notre calendrier doit être vu à la semaine, au mois, à l'année...

Il y a des réformes d'ampleur concernant notre Assemblée nationale. - Parmi les propositions, il y aurait la création de deux nouvelles sanctions contre les députés qui perturbent les débats. Une pour l'exclure immédiatement de l'hémicycle et l'autre pour l'empêcher de parler.

Vous, vous êtes favorable ? - L'échelle des sanctions n'est pas très adaptée. On peut regarder ça aussi mais moi je crois...

Pour revenir à l'utilisation du 49.3, il faut de la stabilité dans notre institution. Lui redonner du pouvoir, pas prendre le pouvoir d'autres, mais lui permettre d'exercer tous ses pouvoirs et être représentative.

Représenter le nombre d'habitants. Il y a des circonscription qui ont plus d'habitants et moins de poids...

Alpes-Maritimes et Haute-Garonne en plus d'habitants inscrits sur les listes électorales que la Seine-Saint-Denis. Et Seine-Saint-Denis, il y a plus de députés car elle a plus d'habitants qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales. Il faudrait équilibrer les choses en plus de la proportionnelle. - Parlons de la présidentielle qui approche, juin, c'est la saison des meetings.

Samedi, Gabriel Attal et La France Insoumise... - Mes adversaires sont des marchands de haine.

Des artisans de la nostalgie. Mes adversaires, c'est La France Insoumise et le Rassemblement National qui veulent briser le pays. - C'est votre adversaire quand vous l'entendez ? - C'est lui qui nous positionne comme ça.

Il cherche à ce marché marqué à la culotte. Nous n'appliquerons pas l'honneur d'être la cible. Gabriel Attal, il a très peu de sincérité.

Il est très plastique dans sa capacité à défendre. Sur le SMIC, quand Gabriel Attal arrive à Matignon, il disait qu'il allait enlever le SMIC de la France. Que le Mercosur, c'est non.

Oui. Ca me fatigue. - Bien avant Gabriel Attal, ceux qui nous regardent ne le savent peut-être pas, vous avez été membres du RPR... - De l'UMP. - Du RPR d'abord.

Est-ce que vous diriez que Jordan Bardella est comme Jacques Chirac ? - Il a une certaine énergie qui rappelle Jacques Chirac. - D'où vient toute cette énergie. - J'avais soutenu Chirac face à Balladur à l'époque.

Il peut lui ressembler. - Que sur l'énergie ? - Comparaison n'est pas raison.

On est dans une autre époque. - C'est Nicolas Nicolas Sarkozy qui dit ça. On ne fait que reprendre. - On interroge souvent les candidats sur ce qu'ils feraient en cas de deuxième tour entre Jean-Luc Mélenchon et le candidat du RN.

Que feriez-vous vous si le candidat n'était pas au deuxième tour ? - Il y aurait qui ? Je ferais barrage à Jean-Luc Mélenchon. - Donc Edouard Philippe, par exemple ? - J'aurais du mal à voter Edouard Philippe. - Donc vote blanc ? - Blanc ou Edouard Philippe.

Etant donné la situation qu'il a créée pour la retraite...

Un candidat qui renonce à toutes ses dogmes...

Peut-être qu'il serait possible de voter pour lui pour faire face Mélenchon. - Donc vous n'êtes pas pour le tout contre Mélenchon ? - Ce serait une catastrophe, Mélenchon.

C'est fini l'époque où on fait barrage en fermant les yeux. - Sur le sujet, il y a parfois des dissensions entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Si Jordan Bardella est le candidat du RN pour 2027, est-ce qu'il aura la main sur son programme ou est-ce que ce sera Marine Le Pen et le RN qui décideront de son programme ? - Le candidat à la main sur son programme.

Il a sa sensibilité, son histoire, son expérience...

Il y a des sujets qui le passionnent et d'autres beaucoup moins. - Il pourra changer la ligne du parti ? - Il y a le programme des partis politiques et le programme des candidats.

C'est toujours comme ça. Les candidats, parfois, s'éloignent un peu de leur parti sur certains sujets ou se rapprochent fort. Jordan Bardella portera le programme qui lui est cher. - Sur les retraites, le programme va changer fortement. - Je ne crois pas. - Il y a des sujets sur lesquels...

Le programme pourrait changer ? - Peut-être qu'il aura des inflexions sur des sujets qui lui sont très propres. - Les retraites ? - Non.

Les retraites, c'est un totem. Libre à lui de faire évoluer d'autres sujets dans un sens ou un autre. - Mais les retraites, on ne peut pas y toucher. - On a évolué sur ce sujet ensemble avec Jordan Bardella.

Marine Le Pen a été candidate en présence du parti et sans l'être. Jordan Bardella prendra cette décision. - Si Marine Le Pen est inéligible, vous êtes pour une grâce présidentielle pour Marine Le Pen et les différents prévenus du RN ? - Je me suis jamais posé la question.

Je ne crois pas qu'on soit favorables à ce type de loi qui nous toucherait nous-mêmes. Ce n'est pas l'esprit de la maison. - Un mot sur André Santini qui est décédé aujourd'hui.

Il était député des Hauts-de-Seine. Grand défenseur du cumul des mandats. Le cumul des mandats n'est plus autorisé.

Vous seriez favorable à un retour du cumul des mandats ? - Non. On peut cumuler deux mandats. - Je parle mandats exécutifs. - Mais ça suffit.

Il était drôle, il a fait quelque chose de bien. Je n'avais pas une sympathie extraordinaire pour lui. Quand on se présente à 85 ans au suffrage alors qu'on est dans un lit d'hôpital...

Les habitants l'ont réélu. Je trouve que c'est étrange de considérer...

On est sur la continuité des mandats sur le temps. Je trouve que c'est une décision désinvolte. C'est un homme qui était malade.

Sa pratique du pouvoir, dans ce que j'en voyais, ne me plaisait pas tellement. - On va parler de la loi du grand âge. Il en est question depuis des années.

Ce n'est pas encore le cas cette fois-ci car ça n'a toujours pas été réglé. Vous allez en débattre avec Patrice Machuret, ancien journaliste qui dirige maintenant un EHPAD et il alerte sur le manque de places dans les maisons de retraite. Ca ne va pas aller en s'arrangeant.

Marco Pommier nous dresse son portrait. - Face à vous, un témoin du grand âge, ancien journaliste mais aussi directeur d'EHPAD et d'une résidence d'autonomie. Aux premières loges pour observer les fragilités de la prise en charge des personnes âgées.

Aujourd'hui, il publie ce livre, "Papa, Maman, qu'est-ce qu'on va faire de vous ?". Un cri d'alerte sur le vieillissement de la population et sur les difficultés des enfants face à la perte d'autonomie des parents. - Les villes EHPAD, c'est la dernière adresse.

C'est la fin de course pour les dernières années de vie. Il faut déculpabiliser les familles. - Les Français vieillissent de plus en plus.

Les plus de 65 ans sont aujourd'hui près de 15 millions. L'enjeu majeur de la dépendance est primordial. 2,7 millions de seniors pourraient subir une perte d'autonomie. 30 % de plus qu'aujourd'hui.

Selon notre invité, la société française n'est pas prête à annoncer ce choc démographique. 110 000 places pourraient manquer dans les EHPAD d'ici 2030. - Quand on met une annonce dans un EHPAD de qualité et qu'on ne reçoit pas de candidatures, on s'interroge.

Quand les familles viennent vous voir toutes les semaines dans votre bureau pour me dire qu'elle ne peut plus financer les 3100 EUR de l'EHPAD... - Sébastien Chenu, comment prendre en charge le vieillissement sans faire peser tout l'effort sur la famille et comment financer la perte d'autonomie dans une France qui vieillit ? - Nous accueillons Patrice Machuret.

Je vous laisse saluer Sébastien Chenu. Bonsoir Patrice. Vous étiez un ancien collègue.

Je vous laisse face à Sébastien Chenu pour parler de la prise en charge des anciens, notamment sur le fait que tout pèse sur les familles. - J'ai préparé quelques chiffres, 1500 EUR de retraite en moyenne pour les Français, des EHPAD qui commencent à 1800, 2000 EUR par mois dans le public. Il n'y a pas une semaine où un directeur d'EHPAD ne reçoit pas une famille dans son bureau qui lui dit qu'elle ne peut plus payer.

Y compris pour ceux qui bénéficient d'une aide sociale à l'hébergement. Vous êtes censé être un parti de Gouvernement, est-ce que c'est la solidarité nationale qui doit financer cette prise en charge de nos anciens ? - Merci.

Monsieur le directeur, c'est une question fondamentale. On a des problématiques dans notre pays qui sont des Himalaya devant nous, le narcotrafic, l'immigration...

Et puis, on a des Himalaya doux, des problématiques moins violentes mais qui sont très percutantes pour notre société. J'ai été confronté à cette problématique avec mon père qui a été placé pendant trois ans dans un établissement. Je suis tellement reconnaissant, j'en profite pour le dire, ça me touche, tellement reconnaissant à la fois au personnel de direction, d'encadrement et de soins de l'avoir accompagné jusqu'à la fin mais aussi à cette solidarité nationale qui lui permettait...

Ca absorbait toute sa retraite. Mais pas plus. Ce qui, pour ses enfants, était plus confortable.

Il y a des familles où ce n'est pas le cas. - L'héritage va devenir un luxe en France. - Exactement. - Le patrimoine familial coule.

Ce n'est pas dans la culture française de ne rien laisser à ses enfants. Parfois, le domicile même ne suffit plus. - On parle de société qui vieillit. elle nous dit que dans 10 ans, on aura 140 ans d'espérance de vie.

La question de l'âge est devant nous. Il y a la question de la rentabilité pour les EHPAD privés. Il faut se pencher là-dessus.

On a vu des scandales. Il y a certains nombres pour lesquels Marine Le Pen a demandé une commission d'enquête. Il y a des leviers fiscaux qu'on peut utiliser.

On plaide beaucoup pour le rétablissement d'une demi-part supplémentaire pour les veuves et veufs. C'est ce qui pourrait permettre de donner... - On ne peut déduire que 2500 EUR par an. - Il y a des leviers fiscaux sur lesquels il faut agir.

Il y a également des créations de places. 110 000, nous, dans le programme de Marine Le Pen, on était sur plus de places. Avec une infirmière et un médecin coordinateur dans chaque établissement. d'infirmiers... - On a un tiers des EHPAD français qui n'ont pas de médecin. - J'y viens. - Comment vous allez faire...

Merci de lever la présomption de maltraitance, c'est ce qu'on subit...

L'image est très dégradée. - A ce propos, Sébastien Chenu parlait de la rentabilité. Il y a eu des scandales autour de ça.

Vous en parlez - Nous ne faisons pas plus de 6 % de résultat net dans certains établissements ou sinon, on monte à 10 ou 12 %. Il y a certaines personnes qui se font de l'argent...

Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Pour faire une prise en charge de qualité, la masse salariale, les besoins sont de plus en plus importants et autant vous dire qu'en EHPAD, les investisseurs dont on a besoin aussi, ils partent à l'étranger, ils s'en vont en Europe car il y a moins de contraintes administratives et il y a un équilibre qui est mieux trouvé. - Ca rapporte plus. - Oui.

Mais avec un taux d'encadrement qui n'est pas du tout le même. Les pays du Nord ont gardé ce principe de prise en charge de nos anciens. Mais le nombre de personnels n'est pas le même. - On touche aussi la problématique des normes, de la sur administration...

On connaît cette problématique à laquelle il faut pallier. Sur l'attractivité des métiers, on a aussi un problème. On ne fabrique pas assez de médecins, d'infirmières...

Rappelons-nous, avant, toutes les petites filles voulaient devenir infirmière et tous les petits garçons voulaient devenir médecins. On ne parle pas uniquement de rémunération. Dans mon département, il y a des questions de transport et de logement.

Quand vous ne pouvez pas vous déplacer, que vous habitez loin de votre lieu de travail, que vous avez des problématiques de logement cher et que vous êtes infirmière, vous vous demandez quelle vie vous êtes en train de vous fabriquer. Ca baisse l'attractivité. Tant qu'on ne réglera pas la problématique du statut, des salaires, ça fait beaucoup.

Faire de la politique, c'est essayer d'anticiper quelque chose, de prévoir. C'est vous qui pouvez nous nourrir en termes de propositions, vous pouvez dire très concrètement...

Je lirai avec beaucoup d'attention votre ouvrage. C'est un des défis actuels. - On sort d'une grande période de chaleur, vous voyez des jeunes et des anciens qui s'occupent des personnes âgées qui est en incontinence, avec des odeurs fortes, avec un masque a porter...

C'est vraiment respectueux. Je vous remercie de ce que vous avez exprimé avec votre papa. J'ai beaucoup de respect pour cette population.

Travailler en EHPAD ou à domicile, car on pousse le Gouvernement depuis des années avec l'aide à domicile. Mais on connaît aussi ses limites. Il y a encore plus de pénurie sur l'aide à domicile.

Et c'est beaucoup moins contrôlé. C'est un tabou dont on ne parle pas. Ca présente aussi un risque de bonne prise en charge alors que dans les EHPAD, on est très contrôlés.

C'est presque caricatural. On est inondé de contrôle, d'audit...

Ca fait penser au généraliste de campagne qui dit qu'il arrête car il passe son dimanche à remplir des documents au lieu d'être sur le terrain. - Sur tout ce qui est hospitalisation ou maintien à domicile, il y a aussi la problématique de ceux qui ont des maladies, qui ne sont pas forcément en fin de vie mais qui ont des maladies qui peuvent se gérer à domicile. Sur le statut des aidants, on doit aussi pouvoir aller plus loin.

Il faut aller plus loin sur les congés professionnels, pouvoir aider ces personnes qui ont le statut d'aidant. - Un voisin fait mieux que nous en France ? - Le système fiscal en Europe n'est pas du tout le même.

Ce n'est pas facile de comparer un pays scandinave avec la France. Mais la prise en charge collective de donner, c'est une obligation. Ou alors, on va changer de culture et de systèmes.

Vous parliez des aidants, c'était au maximum de récupérer la maison des parents. Aujourd'hui, ce n'est plus possible. - Ca touche beaucoup de sujets, l'héritage sur lequel nous sommes favorables...

Ca touche des tas de sujets. Merci de vous attaquer à ce sujet. - Ca vaut le coup d'en faire un thème de campagne présidentielle. - Ce sera un thème de débat 2027.

Merci à vous deux d'être venus sur notre plateau. Un petit clin d'oeil à notre réalisateur qui part à la retraite aujourd'hui. Bonne soirée, bonne semaine sur LCP. - Il a quel âge ? - 63.

A bientôt.