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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 3 février 2021 44 minComplaisantActualité / polémiqueSantéEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesJustice

Compte rendu du Conseil des ministres du 3 février 2021.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00OuverteRéponse directe

    La justice a condamné ce matin, dans le cadre de la pétition de l'affaire du siècle, pour manquement dans la lutte contre le réchauffement climatique. Alors quelle est votre réaction et comment entendez-vous y répondre ?

  • 15:00RelanceRéponse directe

    Il y a un consensus scientifique sur la circulation du variant anglais, il progresse de façon exponentielle en Ile-de-France. Est-ce que vous êtes prêts à prendre ce risque de confiner trop tard ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    On voit qu'on est sur un plateau haut, mais que les chiffres augmentent légèrement. Si jamais cela augmentait de façon plus inquiétante, est-ce que vous seriez prêts reconfiner par exemple en pleines vacances scolaires ?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Le président hier a annoncé que 4 sites produiraient des vaccins en France à partir de fin février, début mars. Pouvez-vous préciser si ce sera du flaconnage ou du transfert de technologie ?

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Vous parliez des vacances, vous avez dit la semaine dernière que les vacances pourraient être éventuellement allongées. Est-ce que l'hypothèse est toujours d'actualité ?

  • 35:00OuverteRéponse directe

    Certaines régions ne reçoivent pas le nombre de doses auquel elles pourraient prétendre. Comment l'expliquez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00G. AttalFait
    « La France est le 1er pays au monde à avoir interdit la recherche et l'exploitation d'hydrocarbures sur son sol. »
  • 3:00G. AttalPromesse
    « La France a annoncé la fermeture de l'intégralité de ses centrales à charbon d'ici à la fin de ce quinquennat. »
  • 4:00G. AttalFait
    « Nous avons mis en place une loi d'orientation sur les mobilités en développant les pistes cyclables, en développant le fret ferroviaire. »
  • 5:00G. AttalChiffre
    « Nous engageons avec le plan de relance un investissement historique, 30 milliards d'euros précisément pour lutter contre le réchauffement climatique. »
  • 6:00G. AttalChiffre
    « MaPrimeRénov' avec une prime jusqu'à 20 000 euros pour financer les travaux d'isolation énergétique des logements des Français. »
  • 7:00G. AttalChiffre
    « Au mois de janvier, nous avons vacciné 1,5 million de personnes. C'est 50% de plus que l'objectif qui avait été fixé fin décembre pour le mois de janvier. »
  • 8:00G. AttalPromesse
    « Au mois de février, nous vaccinerons au moins un million de Français supplémentaire. »
  • 12:00G. AttalChiffre
    « 10 000 policiers et gendarmes sont en train d'être recrutés, le parc automobile de notre police nationale est renouvelé. »
  • 13:00G. AttalChiffre
    « Le salaire des policiers est revalorisé de plus de 100 euros net par mois. »
  • 14:00G. AttalChiffre
    « En 2020, ce sont ainsi 30 000 trafiquants qui ont été interpellés et plus de 80 millions d'avoirs criminels qui ont été saisis. »
  • 15:00G. AttalChiffre
    « On constate une augmentation importante des variants sur notre territoire qui est estimée de l'ordre d'une augmentation de 50% chaque semaine. »
  • 26:00G. AttalChiffre
    « 140 millions de doses ont été commandées et sont prévues pour arriver sur notre territoire d'ici à la fin de l'été. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-G. Attal : Bien. Mesdames messieurs, bonjour.

Un Conseil des ministres s'est tenu ce matin à l'issue d'une nouvelle semaine de lutte contre l'épidémie de Covid-19. Vendredi dernier, à l'issue de consultations avec les parlementaires, avec les élus locaux, avec les partenaires sociaux, et à l'issue d'un Conseil de défense sanitaire, le Premier ministre a annoncé de nouvelles mesures pour freiner l'épidémie. Ce renforcement du couvre-feu a conduit à la fermeture des grands centres commerciaux non alimentaires, à accentuer encore la fermeture de nos frontières, à renforcer les contrôles du respect du couvre-feu, et le recours effectif au télétravail.

Après avoir observé pendant deux semaines, comme nous le recommandaient les scientifiques, les effets du couvre-feu, nous constatons toujours une stabilité du nombre de cas positifs. Le président de la République nous l'a rappelé et nous l'a répété, la situation reste évidemment fragile. Le nombre de patients hospitalisés et admis en réanimation est important.

Nos soignants sont mis à rude épreuve, et l'hôpital depuis un an a peu connu le creux des vagues. Les variants continuent à se développer dans notre pays, et évidemment appellent toute notre attention et notre mobilisation. Ce que nous indiquent ces chiffres et cette situation, ce n'est donc ni une accalmie ni une explosion, c'est qu'il existe un chemin pour tenir ensemble.

Ce chemin, c'est celui de la confiance dans la responsabilité des Français. Au premier confinement, et au second confinement, lors des fêtes de fin d'année, à chaque occasion, depuis le début de cette crise, les Français ont fait mentir les sceptiques, les cyniques, les narquois parfois, et ont montré leur détermination à affronter ensemble le virus. Une fois de plus, la situation est entre nos mains.

Le confinement n'est pas une fatalité. Ce sont nos efforts collectifs qui nous permettront de l'éviter. Ces efforts, ce sont évidemment les gestes barrières que les Français connaissent bien.

Chacun en a conscience. La période de vacances qui s'ouvre doit faire l'objet d'une vigilance accrue et renforcée de chacune et de chacun d'entre nous avec une réduction du nombre de contacts, avec une attention évidemment particulière pour les personnes les plus fragiles, pour les personnes les plus âgées, dans un contexte où il peut y avoir des retrouvailles en famille et évidemment avec le recours à un test de diagnostic dès lors qu'il y a le moindre doute sur une contamination pour permettre l'isolement le plus rapide et le plus complet possible. Ces efforts, c'est également le recours au télétravail.

Ce dernier a reculé depuis le mois de novembre. Or, un recours au télétravail effectif, plus effectif, est absolument central dans la mobilisation pour freiner l'épidémie. Les ministres du Travail et de la Fonction publique, vous le savez, ont rencontré les partenaires sociaux pour y parvenir en identifiant des leviers efficaces et en identifiant les secteurs devant faire l'objet d'une attention et d'une mobilisation particulières dans cette période.

Ces efforts enfin, ce sont les trois axes de notre stratégie. Le premier, c'est évidemment "Tester, alerter, protéger", avec l'augmentation des moyens de l'assurance maladie pour augmenter le nombre d'appels qui sont passés pour remonter les chaînes de contamination, tracer les contacts, et permettre un isolement effectif des personnes qui sont positives ou des personnes qui sont à risque. C'est une augmentation et le déploiement des médiateurs, des infirmières et des infirmiers pour se rendre au domicile des personnes diagnostiquées positives pour proposer un test antigénique à leur entourage familial, pour les accompagner, les conseiller dans la meilleure manière de s'isoler lorsqu'elles sont positives.

C'est également la mobilisation pour les tests. Vous le savez, les tests sont gratuits en France et aujourd'hui, 90% des tests voient leurs résultats rendus en moins de 24h. Le 2e axe, c'est le développement de la campagne vaccinale qui se poursuit.

Il s'agit d'un défi scientifique, d'un défi logistique. Notre enjeu, notre mobilisation, consiste, vous le savez, à passer le maximum de commandes et à développer au maximum les capacités de production en Europe et en France. Une réunion importante sur ce point s'est tenue hier autour du président de la République qui s'est exprimé hier soir et a rappelé la mobilisation de notre industrie pour produire des vaccins en France et accroître le nombre de vaccins dont nous disposons au niveau européen pour lutter contre cette épidémie.

C'est également aussi la mobilisation du système de santé pour permettre les vaccinations partout sur le territoire. Je veux à nouveau saluer la mobilisation, l'engagement de toutes celles et tous ceux qui permettent aujourd'hui aux vaccinations de se dérouler en France. Vous le savez, au mois de janvier, nous avons vacciné 1,5 million de personnes.

C'est 50% de plus que l'objectif qui avait été fixé fin décembre pour le mois de janvier, et au mois de février, nous vaccinerons au moins un million de Français supplémentaire. Et évidemment, ces vaccinations vont se poursuivre à un rythme soutenu. Troisième axe : les traitements.

Evidemment, nous avons amélioré la prise en charge de la Covid-19 depuis un an et il est important de le souligner. Nous avons développé très tôt en France l'oxygénothérapie à haut débit en ville, mais aussi en pré- et en post-hospitalisation. Nous avons développé un certain nombre de traitements, notamment la corticothérapie qui permet de réduire le nombre de formes graves qui vont en réanimation, de réduire la mortalité, et qui permet de réduire la durée moyenne de séjour à l'hôpital pour les personnes atteintes de formes graves qui est passé de 18 jours en moyenne à 12 jours en moyenne.

Ces progrès sont importants, et un nouveau chemin de progrès est aujourd'hui ouvert devant nous et justifie une mobilisation absolue de l'Etat. Ce sont évidemment les traitements prometteurs qui pourraient permettre notamment de réduire le nombre de formes graves pour les personnes à risque quand elles sont diagnostiqués positives et que ces traitements sont administrés très tôt. Il s'agit, vous le savez, des anticorps monoclonaux et des interférons.

Et sur ce point également, hier, une réunion s'est tenue autour du président de la République là aussi pour accroître la mobilisation. Mesdames messieurs, si le gouvernement est au front pour lutter contre l'épidémie, nos réformes continuent et notre action se poursuit. Cette semaine, vous le savez, est particulièrement importante s'agissant du front régalien.

Le ministre de l'Intérieur a ainsi fait un point ce matin en Conseil des ministres sur les réformes prioritaires de son ministère au coeur de notre action depuis le début du mandat puisque nous portons depuis 2017 une ambition absolue pour la sécurité de nos concitoyens. 10 000 policiers et gendarmes sont en train d'être recrutés, le parc automobile de notre police nationale est renouvelé. Le salaire des policiers est revalorisé de plus de 100 euros net par mois, et des millions d'heures supplémentaires sont enfin payées alors qu'elles ne l'étaient pas, vous le savez, depuis un certain nombre d'années.

Nous avons adopté une nouvelle doctrine. La police de sécurité du quotidien. La sécurité du quotidien, c'est rendre aux policiers et aux gendarmes leur coeur de métier, les placer sur le terrain au plus près des Français et partout sur le territoire.

Partout, nous avons renforcé nos partenariats avec les acteurs locaux, avec les bailleurs, avec les sociétés de transport, avec les acteurs privés. Partout, nous avons renforcé la présence des forces de l'ordre sur la voie publique et augmenté le nombre d'effectifs là où c'était nécessaire en identifiant notamment 55 quartiers de reconquête républicaine sur notre territoire. Agir pour la sécurité des Français, c'est aussi s'attaquer frontalement à ce qui mine leur quotidien.

Lutter contre les trafics de stupéfiants, c'est la mère des batailles. Les stupéfiants nourrissent les règlements de compte, et les violences engendrent les trafics d'armes, brisent des vies, des familles, et parfois des quartiers entiers. Un plan de lutte contre les stupéfiants a été mis en place.

Nous avons revu notre organisation notamment pour permettre à tous les services de l'Etat de mieux coopérer ensemble. La crise sanitaire n'a pas entravé notre action. En 2020, ce sont ainsi 30 000 trafiquants qui ont été interpellés et plus de 80 millions d'avoirs criminels qui ont été saisis.

Et nous continuons à renforcer notre action. Le ministre de l'Intérieur a ainsi demandé une cartographie des points de deal sur notre territoire. 3 900 ont déjà été identifiés et nous nous attachons désormais à les démanteler méthodiquement sur les deux premières semaines de janvier, 134 points de vente ont ainsi pu être éliminés, plus de 300 personnes interpellées et 640kg de cannabis ont été saisis.

Une sécurité forte, c'est enfin une sécurité moderne. Nous avons lancé une offensive contre la haine en ligne notamment en créant la plateforme de signalement Pharos opérationnelle 24h sur 24, 7 jours sur 7, en renforçant ces moyens, nous nous sommes emparés aussi du fléau des atteintes à nos principes républicains. Un plan de lutte contre la radicalisation a été mis en place.

Il a permis depuis février 2018 de réaliser plus de 20 000 contrôles et de fermer 452 établissements de tout genre qui étaient devenus des incubateurs de la haine sur notre sol. Vous le savez, notre combat pour la République se poursuit et nous franchissons en ce moment même une étape extrêmement importante avec l'examen par l'Assemblée nationale du projet de loi confortant nos principes républicains. Nous avons donc retrouvé une ambition pour notre sécurité, donné des moyens supplémentaires pour permettre à nos forces de l'ordre d'agir.

Cependant des problèmes structurels qui viennent de loin persistent évidemment dans l'organisation de notre sécurité. Le président de la République a donc demandé l'ouverture d'une grande consultation qui a été entamée lundi, le Beauvau de la sécurité. Le ministre de l'Intérieur a également fait le point ce matin en Conseil des ministres sur cette étape importante pour nos forces de l'ordre et pour tous les Français.

Le Beauvau de la sécurité, c'est d'abord l'occasion de regarder en face les problèmes auxquels sont confrontés nos forces de l'ordre. Huit chantiers majeurs, vous le savez, ont été identifiés et feront l'objet de réflexions et de débats approfondis. Il s'agit, je les cite rapidement, du lien entre la police et la population, de l'encadrement, de la formation, des relations entre les forces de l'ordre et la justice du maintien de l'ordre, de la question de la captation vidéo, du contrôle interne au sein du ministère de l'Intérieur, ainsi que les moyens dont disposent les policiers et les gendarmes.

Le Beauvau de la sécurité, c'est aussi une méthode. Toutes les deux semaines, une réunion thématique se tiendra. Elle rassemblera les directions du ministère, les organisations syndicales et des experts venus de tous horizons.

Chaque semaine, le ministre de l'Intérieur fera un déplacement sur le terrain pour échanger avec les forces de l'ordre, avec les Français, sur leurs exigences de sécurité. Il s'agit d'une démarche ambitieuse, d'une démarche novatrice. Son objectif est double : trouver les moyens et les réponses immédiates pour améliorer l'action de nos forces de l'ordre et poser les fondements d'une loi de programmation pour la sécurité intérieure.

Enfin, mesdames et messieurs, ce conseil des ministres a également été l'occasion d'examiner un certain nombre de textes, trois projets de loi d'abord ont été présentés qui ratifient des ordonnances que j'ai déjà eu l'occasion de présenter devant vous et donc je reviens très rapidement sur ces sujets. Il s'agit d'abord d'un projet de loi tirant les conséquences du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne. Ce texte permet notamment de protéger nos concitoyens des conséquences du Brexit et de maintenir nos relations en matière d'industrie spatiale et de défense.

Il s'agit ensuite d'un projet de loi concernant la restauration de Notre-Dame de Paris qui va considérablement faciliter le travail des carrières de pierres, et donc la fourniture de matières premières du chantier. L'objectif fixé par le président de la République après l'incendie de la cathédrale n'a pas changé : finir les travaux en 5 ans. Enfin, le projet de loi, un projet de loi d'ordonnances traitées à des missions des agences régionales de santé, des ARS, et de la mise en oeuvre de la prescription électronique.

J'avais aussi eu l'occasion d'en parler avec vous. Nos objectifs sont simples : recentrer les missions des ARS et permettre d'avancer vers la généralisation de la prescription numérique des médicaments et des soins. La ministre des Armées a de son côté présenté une ordonnance visant à préserver les effectifs et les compétences des personnels militaires face à l'épidémie de Covid-19.

Notre constat est simple, la crise sanitaire et en particulier la fermeture des centres de recrutement lors du premier confinement ont eu un impact très net sur le recrutement de nos militaires. Il nous faut donc nous adapter en conséquence le temps de rattraper ce retard dans les recrutements. Aussi, ce texte prend plusieurs dispositions et permet notamment aux militaires atteints par la limite d'âge ou de durée de service de prolonger leur engagement d'un an.

Enfin, nous avons adopté deux décrets modifiant les décrets d'attribution du ministre de l'Education nationale de la Jeunesse et des Sports et de la ministre du Travail, de l'Emploi et de l'insertion. Il ne s'agit pas de changement de périmètre de ces ministères, mais de clarifications administratives. Par exemple, sur le rattachement des services centraux chargés de la jeunesse et des sports au secrétariat général de l'Education nationale, selon la nouvelle organisation territoriale de l'Etat qui a été annoncée il y a un an environ.

Voilà, mesdames et messieurs, ce que je pouvais vous dire du Conseil des ministres de ce matin, et je me tiens maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions. -Bonjour. Jérôme Rivet de l'AFP.

La justice a condamné ce matin, dans le cadre de la pétition de l'affaire du siècle, pour manquement dans la lutte contre le réchauffement climatique. Alors quelle est votre réaction et comment entendez-vous y répondre ? -G.

Attal : Il y a depuis plusieurs décennies des manquements dans la lutte contre le réchauffement climatique. Dans notre pays et dans le monde d'une manière générale. Et c'est précisément ce que nous faisons depuis 2017, que de nous attacher à lutter contre le réchauffement climatique avec une action qui est probablement la plus ambitieuse en la matière des gouvernements qui se sont succédé.

Je rappelle que la France est le 1er pays au monde à avoir interdit la recherche et l'exploitation d'hydrocarbures sur son sol. Que la France a annoncé la fermeture de l'intégralité de ses centrales à charbon d'ici à la fin de ce quinquennat. Que nous avons mis en place une loi d'orientation sur les mobilités en développant les pistes cyclables, en développant le fret ferroviaire, que nous engageons avec le plan de relance un investissement historique, 30 milliards d'euros précisément pour lutter contre le réchauffement climatique et protéger notre environnement qui se traduit par des mobilisations extrêmement concrètes, notamment sur la rénovation thermique des bâtiments, qu'il s'agisse des bâtiments publics qui vont être davantage rénovés ou qu'il s'agisse des bâtiments privés, des logements de tous les Français qui peuvent accéder, vous le savez, à MaPrimeRénov' avec une prime jusqu'à 20 000 euros pour financer les travaux d'isolation énergétique des logements des Français.

C'est toute cette action-là qui est extrêmement ambitieuse et qui est non seulement ambitieuse, mais dont l'ambition va être renouvelée puisque vous le savez, la semaine prochaine sera présenté le projet de loi issu des travaux de la Convention citoyenne pour le climat avec là aussi des mesures extrêmement concrètes, extrêmement fortes sur tous ces sujets-là. Donc évidemment, il y a une mobilisation absolue qui doit être collective sur la lutte contre le réchauffement climatique et nous sommes au rendez-vous de cette ambition. Oui ? -Bonjour, M. le ministre.

Sami Sfaxi pour Canal+ CNews. Il y a un consensus scientifique sur la circulation du variant anglais, il progresse de façon exponentielle en Ile-de-France. Il sera très probablement dominant dans les prochaines semaines selon ces mêmes scientifiques.

Est-ce que vous êtes prêts à prendre ce risque de confiner trop tard au risque de confiner plus longtemps ? Merci. -G.

Attal : Sur la question des variants, il y a une mobilisation totale. Si je devais la résumer, je dirais que la mobilisation, c'est d'abord de limiter l'arrivée de personnes atteintes par un variant sur le sol français, d'où la mobilisation supplémentaire sur les frontières qui a été rehaussée vendredi dernier, avec la mise en place de motifs impérieux pour venir en France, c'est-à-dire une limitation quasiment totale des motifs pour se rendre sur notre territoire qui fait suite, je le rappelle, à d'autres mesures qui avaient été mises en place depuis plusieurs mois et notamment l'obligation d'avoir un test PCR négatif pour embarquer vers la France. Ensuite, il y a la question des variants sur notre sol.

Et d'abord la possibilité d'avoir une vision sur la situation, d'où l'augmentation des capacités de séquençage pour être capable de mesurer, de déterminer, d'identifier les cas de variants qui se présentent et qui sont aujourd'hui sur notre sol. La 2e chose, c'est de freiner le développement de ces variants, d'où les mesures qui ont été mises en place très tôt et notamment le couvre-feu qui a été avancé à 18h, d'où le renforcement des mesures qui a été annoncé vendredi pour limiter le brassage avec la fermeture des grands centres commerciaux, avec le recours accru au télétravail qui vise, là aussi, à freiner ce qu'a indiqué le ministre des Solidarités et de la Santé, c'est qu'on constate une augmentation importante des variants sur notre territoire qui est estimée de l'ordre d'une augmentation de 50% chaque semaine. Quand on la compare avec l'augmentation constatée dans des pays qui n'ont pas mis en place des mesures de freinage aussi importantes que celles que nous avons mises en place, on voit qu'elle est moins importante qu'ailleurs puisque dans certains pays, je crois que l'exemple qui a été cité dans l'intervention du ministre ce dimanche était le Portugal.

On peut constater une augmentation de 70 à 90% du variant sur leur sol. Et puis, il y a, une fois qu'un cas diagnostiqué positif de variant est identifié sur notre sol, toute la mobilisation pour lui permettre de s'isoler et de remonter la chaîne des contacts. Il y a un renforcement des équipes de l'assurance maladie, des agences régionales de santé pour faire ce travail-là, toutes les agences régionales de santé à l'assurance maladie.

Vous avez des cellules qui sont dédiées à la lutte contre le variant, à l'identification des patients atteints d'un variant et à la capacité à remonter les chaînes de contamination pour isoler les personnes qui peuvent être à risque. C'est toute cette mobilisation-là qui est menée et qui a pour objectif de freiner la diffusion de ce variant. Pour répondre à votre seconde question, je crois que nous avons collectivement eu l'occasion de rappeler que nous prendrons toujours les mesures qui sont nécessaires pour protéger la santé des Français et pour protéger notre hôpital.

Je disais tout à l'heure, les soignants sont mis à rude épreuve. Il faut toujours rappeler cette mobilisation, souligner cette mobilisation qui est celle de nos soignants aujourd'hui dans nos hôpitaux, et nous prendrons toujours les mesures nécessaires, au moment où c'est nécessaire, pour protéger notre hôpital et la santé des Français. -Bonjour.

Agathe Lambret pour BFMTV. On voit qu'on est sur un plateau haut, mais que les chiffres augmentent légèrement. Si jamais cela augmentait de façon plus inquiétante, est-ce que vous seriez prêts reconfiner par exemple en pleines vacances scolaires ?

Et ensuite, une autre question. Le président hier a annoncé que 4 sites produiraient des vaccins en France à partir de fin février, début mars. Est-ce que vous pourriez nous préciser si ce sera du flaconnage ou alors du transfert de technologie ?

Que feront ces sites exactement ? Merci. -G.

Attal : Alors sur le premier point, je le disais à l'instant, nous suivons la situation jour après jour, même heure après heure. Ce qu'on constate depuis une semaine, c'est ce que vous avez rappelé : un plateau haut très légèrement ascendant, en réalité stable, puisque depuis une semaine, l'incidence a augmenté de 1,5% là où dans les semaines précédentes, on avait vu une augmentation qui pouvait aller de 10 à 15%. Donc on voit cette stabilisation, mais évidemment, il faut rester extrêmement prudents, extrêmement attentifs.

La 2e chose que je veux dire, c'est que nous sommes aujourd'hui engagés dans une mobilisation qui est une mobilisation nationale pour éviter un reconfinement. J'ai dit à l'instant qu'on prendrait toujours les mesures nécessaires quand elles sont nécessaires pour protéger notre système de santé, pour protéger l'hôpital, et pour protéger la santé des Français. Mais vous le savez, le confinement pour nous est une mesure d'ultime recours quand nous avons tout essayé.

Et ce que nous portons aujourd'hui collectivement, c'est une mobilisation nationale supplémentaire pour tenir ensemble face à l'épidémie et pour faire reculer l'épidémie. Et ça, c'est entre nos mains à tous, je le disais à l'instant, avec les gestes barrières, avec le recours au télétravail et avec la politique qui est menée par le gouvernement notamment sur le "Tester, alerter, protéger". Et c'est cet état d'esprit qui doit aujourd'hui nous animer et qui va nous animer pendant les vacances évidemment.

Il y a je crois un tiers des Français qui sont couverts par la zone dont les vacances débutent ce vendredi. Moi, je le dis et j'entends parfaitement les questions qui sont posées. J'entends parfaitement que des Français se demandent comment les vacances vont se dérouler, si des mesures devaient être prises, ce que cela impliquerait.

Ce que je dirais encore une fois, c'est qu'il nous appartient à chacune et à chacun de maintenir les efforts qui ont été engagés. Je le disais tout à l'heure, les Français ont désormais l'habitude des vacances sous Covid. Ils l'ont vécu à la Toussaint, ils l'ont vécu aux vacances de Noël.

Et ce qu'on a vu notamment aux vacances de Noël, c'est une mobilisation exceptionnelle, héroïque des Français. Tout le monde nous annonçait, sur les plateaux télé notamment, une explosion de l'épidémie à la rentrée, au mois de janvier, à cause des fêtes de fin d'année et des vacances de Noël. Elle n'a pas eu lieu, parce qu'il y a eu une mobilisation.

C'est donc qu'une mobilisation et des efforts dans les semaines qui viennent est possible. La 2e chose que je dirais, c'est qu'à chaque fois qu'on a pris des mesures, évidemment nous avons toujours tenu compte avec pragmatisme de la situation très concrète des Français et de la possibilité pour eux de se déplacer et retrouver leur domicile, si c'était nécessaire. Donc voilà, c'est vraiment comme ça qu'on avance, mais ne nous mettons pas immédiatement dans un objectif de prendre des mesures d'ultime recours, alors même que ce que nous avons engagé depuis la semaine dernière, c'est une nouvelle étape dans la mobilisation collective qui peut porter ses fruits. -Et sur les sites de production ? -G.

Attal : Sur les sites de production, le président de la République a hier réuni des laboratoires, soit des laboratoires qui produisent déjà des vaccins, soit des laboratoires qui peuvent être mobilisés pour produire des vaccins. Il a annoncé notamment que 4 sites allaient démarrer la production de vaccins dans les prochaines semaines et les prochains mois. Il s'agit de Delpharm, Recipharm, Fareva et Sanofi.

Pour ce qui est des vaccins qui sont développés par d'autres laboratoires et qui vont être produits sur notre sol, il s'agit du flaconnage, qui est la manière la plus rapide aujourd'hui d'avoir cette production et qui est la mobilisation nécessaire pour les laboratoires pour augmenter les capacités de production. Ca implique un transfert de technologie. C'est pour ça que c'est une mobilisation qui a été initiée avec les laboratoires depuis plusieurs mois dès l'été dernier.

On a financé, le gouvernement, l'Etat a financé des industriels pour leur permettre de développer des chaînes de production pour produire du vaccin. Et cette mobilisation, elle permet d'aboutir. C'est ce qui a eu lieu hier avec le président de la République à cette mobilisation pour produire les vaccins.

Mais vous savez qu'il y a des laboratoires qui, par ailleurs, sont dans une phase d'essais, de derniers essais pour développer leur propre vaccin et le produire intégralement en France sur notre territoire. C'est notamment le cas de Sanofi. -Yannick Falt de France Info.

Vous parliez des vacances, vous avez dit la semaine dernière qu'elles pourraient être éventuellement, c'était une hypothèse, allongées d'un côté ou de l'autre, les vacances débutent ce samedi pour la zone A. Est-ce que l'hypothèse est toujours d'actualité en fonction de l'évolution de la situation ? -G.

Attal : Je redis que tout est toujours sur la table par principe. Vous savez qu'on suit la situation en continu et que, évidemment, on prendra toujours les mesures qui sont nécessaires, mais qu'à ce stade, il n'y a pas de mesure supplémentaire qui est prévue. Tout est sur la table.

Mais encore une fois, l'actualité aujourd'hui, c'est de poursuivre et d'amplifier la mobilisation qui a été annoncée, s'agissant du gouvernement, de l'Etat, évidemment avec notre stratégie "Tester, alerter, protéger", la vaccination, les traitements, et s'agissant de chacune et chacun d'entre nous, les gestes barrières, le recours au télétravail. -Donc le calendrier scolaire n'est pas figé à ce stade ? -G.

Attal : Ce que je dis, c'est qu'à ce stade, il n'y a pas de mesure supplémentaire qui a été actée mais que tout est sur la table par principe, toujours, depuis le début de cette crise. -Bonjour. Julien Lécuyer, la Voix du Nord.

Deux questions. Une qui a trait à la stratégie de vaccination. Vous aviez parlé du fait d'adapter la livraison des doses en fonction à la fois de la proportion de personnes âgées et de la circulation de l'épidémie.

Il s'avère qu'à l'heure actuelle, certaines régions ne reçoivent pas finalement le nombre de doses auxquelles elles pourraient prétendre. J'en veux pour preuve dans les Hauts-de-France que nous avons reçu 129 500 doses en janvier, soit une dose pour 46 habitants, alors que la Normandie, pour ne citer qu'elle, par exemple, a eu droit à une dose pour 33 habitants. Ce déficit, on le retrouve aussi dans d'autres régions, l'Ile-de-France, le Grand Est, qui semblent en déficit de doses alors que la circulation épidémique y est pourtant plus élevée que dans d'autres.

Comment expliquez-vous ce déficit, comment vous comptez le résoudre ? Et désolé, j'ai une autre question qui a trait à un autre sujet largement. Nous avons une dame, Pascale Descamps, qui a entamé une grève de la faim pour réclamer auprès du gouvernement le retour de sa fille toujours emprisonnée dans un camp au Nord-Est syrien avec ses quatre enfants.

Elle est à l'heure actuelle dans un état de santé...

Elle souffre d'un cancer très avancé. Que comptez-vous lui répondre ? Merci. -G.

Attal : Sur le premier point, le coeur de la mobilisation, c'est d'obtenir davantage de doses, que les engagements qui ont été pris par les laboratoires soient tenus. Il peut y avoir des problèmes de production, notamment quand un vaccin est découvert et arrive aussi vite, mais le coeur de la mobilisation, c'est celui-là. Nous avons fait énormément de commandes au niveau européen.

Elles arrivent progressivement et tout est fait pour qu'elles puissent arriver le plus rapidement possible sur notre territoire. Et c'est ça aujourd'hui qui nous empêche de faire davantage de vaccinations comme tous les pays européens, et même tous les pays dans le monde. C'est la question de la production dont nous disposons de vaccins.

C'est le premier point. Ensuite, il y a la question de l'organisation sur notre territoire. Est-ce que le démarrage a été un long fleuve tranquille ?

Evidemment non. Est-ce qu'il y a des éléments qui ont dû être corrigés ? Evidemment oui.

Mais moi, je vais insister sur la mobilisation absolue qui est celle de l'ensemble de notre système de santé. Il y a, je crois, autour de 2 millions de rendez-vous qui ont été pris pour la vaccination au mois de janvier. Il y a eu 50 000 rendez-vous qui ont dû être reportés.

C'est trop, c'est évidemment trop, mais c'est à mettre au regard de ceux qui ont pu être tenus. Et croyez bien que nous faisons tout pour que ces rendez-vous puissent être tenus en lien avec les élus locaux. Ensuite, il y a la question que vous évoquez de la répartition des doses entre les régions.

Je n'ai pas en tête les chiffres exacts entre les Hauts-de-France et d'autres régions, vous les avez évoqués. J'ai en tête un déplacement que j'ai effectué. Vous étiez présent avec moi d'ailleurs, je crois, pour La Voix du Nord à Amiens, il y a 2 semaines, je crois, où je me suis rendu dans la Somme et où j'ai notamment été interpellé sur le fait qu'il y avait une circulation virale plus importante dans la baie de Somme et qu'il y avait une demande notamment faite par les élus locaux, la préfecture, d'avoir une dotation supplémentaire de vaccins pour répondre à cette situation.

Et je sais, puisque j'ai vérifié ce point, que la semaine dernière, il y a eu une livraison de vaccins supplémentaires, je crois 5 000 doses, précisément pour ce territoire, suite à la demande qui a été faite des vaccins du laboratoire Moderna dont vous savez que nous l'utilisons pour ajuster la livraison des doses selon les territoires pour répondre à ces situations-là. Donc cette mobilisation, elle est là, elle existe. Le coeur aujourd'hui de la difficulté à laquelle nous faisons face collectivement, c'est le fait de ne pas avoir suffisamment de doses pour vacciner tous les Français que nous souhaiterions pouvoir vacciner, et tous les Français qui souhaiteraient pouvoir se faire vacciner.

C'est une situation à laquelle le monde entier est confronté. Il y a une mobilisation au niveau européen pour y répondre et croyez bien que dans les prochaines semaines et les prochains mois évidemment, nous allons progresser sur ce point à mesure que les livraisons arriveront. Et pardon, la seconde question qui est évidemment très... tout à fait dramatique et très difficile.

Je n'ai pas d'informations sur la situation de cette femme et de sa famille, mais je retiens ce point et j'en parlerai avec mes collègues, avec le garde des Sceaux, le ministre de l'Intérieur et le ministre des Affaires étrangères, et je reviendrai vers vous avec une réponse du gouvernement sur ce sujet. -Bonjour. Rym Momtaz de Politico.

J'ai quelques questions sur la vaccination évidemment. Quand le président hier dit que tous les adultes qui le souhaiteraient pourraient se faire vacciner d'ici la fin de l'été, il parle de combien de gens précisément ? Quel est le chiffre qu'on vise ?

Comment ça se fait que dimanche dernier, seulement 4 560 personnes se sont fait vacciner ? Est-ce que la France a le luxe de prendre le week-end off pendant une stratégie de vaccination ? Et troisièmement, le gouvernement britannique, quelques membres du gouvernement britannique, et des officiels britanniques, ont dit que c'était une honte que le président dise que, par exemple, les délais qu'ils sont en train, eux, de respecter entre les deux doses d'AstraZeneca étaient trop longs, alors que les autorités sanitaires leur ont plutôt donné raison.

Comment est-ce que vous répondez à cette attaque de la part du gouvernement britannique ? Merci. -G.

Attal : Sur le premier point que vous avez évoqué, il y a une mobilisation totale pour vacciner le plus possible et évidemment chaque jour de la semaine. Il peut y avoir un peu moins de vaccinations le week-end. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, nous n'avons pas encore une fois de doses suffisantes pour vacciner tous ceux qui le souhaiteraient.

Evidemment à mesure que les doses vont arriver sur notre territoire, ça sera encore le cas dans les prochaines semaines, dès cette fin de semaine, d'ailleurs, nous augmenterons les capacités de vaccination à chaque journée de la semaine. Sur la 2e question, mais qui était en réalité la première, puisque j'ai répondu d'abord à la deuxième, le président de la République a effectivement annoncé que d'ici à la fin de l'été, tous les Français adultes qui le souhaitent pourront être vaccinés et se verront proposer un vaccin. Ca correspond à ce qui a été annoncé en termes de commandes de doses, puisque je crois que 140 millions de doses ont été commandées et sont prévues pour arriver sur notre territoire d'ici à la fin de l'été.

Evidemment dès lors que les laboratoires ont reçu l'autorisation pour la mise sur le marché de leurs vaccins. Vous savez qu'il y a aujourd'hui trois autorisations qui ont été accordées par les instances médicales européennes et françaises, qu'il y a d'autres candidats vaccins qui sont dans les phases finales des essais cliniques qui devront bénéficier d'une autorisation, mais nous n'avons pas attendu qu'ils aient une autorisation pour commander des doses. Nous avons précommandé des doses auprès d'eux, et elles arriveront dans les prochains mois.

Et d'ici à la fin de l'été, c'est le chiffre qui avait été évoqué par Olivier Véran, 140 millions de doses sont prévues à condition que les laboratoires reçoivent leur autorisation. Sur le dernier point, il n'y a évidemment aucune attaque, il y a le constat qu'il peut y avoir des stratégies différentes entre l'Union européenne d'un côté et certains pays de l'autre. Nous avons fait le choix au niveau européen de respecter toutes les procédures et tous les délais de validation scientifique de la sécurité sanitaire des vaccins et des produits de santé.

Et j'ai l'absolue conviction que si nous avions "rogné" entre guillemets sur des étapes de validation scientifique classiques du vaccin pour les mettre à disposition plus tôt, on nous aurait probablement reproché cela avec un vaccin qui, encore une fois, arrive extrêmement rapidement sur... arrive extrêmement rapidement dans les recherches qui ont été faites moins d'un an après l'arrivée de ce vaccin.

La deuxième chose, c'est que nous avons fait le choix, au niveau français, mais je crois que c'est un choix qui est partagé par une grande partie des Européens puisque l'Allemagne a fait le même choix de ne pas mettre à disposition le vaccin AstraZeneca aux plus de 65 ans par manque de données sur l'efficacité de ce vaccin sur les plus de 65 ans. Le Royaume-Uni a fait un choix différent en mettant à disposition ce vaccin y compris pour les plus de 65 ans. Ca n'est pas notre choix.

Et puis, nous avons fait le choix de respecter, sur le vaccin Pfizer et BioNTech notamment, le délai qui a été recommandé non seulement par les autorités sanitaires indépendantes, qu'elles soient européennes ou nationales, mais également par les industriels eux-mêmes, le délai entre les deux doses, ce qui peut être un choix différent dans d'autres Etats qui ont fait un choix différent, mais nous assumons, nous, de nous être fondés sur à la fois l'éclairage de la science des scientifiques indépendants, et des industriels eux-mêmes. C'est un simple constat sur les différences de stratégie qui peuvent exister entre l'Union européenne et des pays qui, certes, affichent un nombre de vaccinations plus important aujourd'hui que les pays européens, mais qui ont fait des choix différents. Il s'agit pour nous, et c'est ce que je viens de faire à nouveau devant vous, de justifier les choix qui ont été les nôtres et qui sont avant tout fondés sur la sécurité sanitaire. -Bonjour.

Jean-Rémi Baudot pour Europe 1. Je voudrais juste rebondir sur deux questions, d'abord la question de mon collègue de l'AFP sur l'affaire du siècle. Alors, on a entendu votre liste de l'engagement affiché par l'exécutif, mais au fond, cette condamnation, comment vous la ressentez ?

Quand on vous écoute, vous avez l'impression qu'elle est injuste, cette condamnation. Et puis, pour rebondir sur la question de ma collègue de Politico, on a compris qu'il y avait des éventuelles difficultés d'approvisionnement. On a donc compris que le président faisait aussi des promesses de vaccination pour cet été.

Est-ce que c'est pas un peu risqué comme promesses ? Politiquement parlant, on est à un an de la présidentielle, on sait que certains présidents qui ont fait des promesses, comme par exemple l'inversion de la courbe du chômage, eh bien, ont été un peu empêchés puisque ça ne s'est pas réalisé. Est-ce que politiquement, la question de la vaccination est un risque pour le président ? -G.

Attal : Alors sur le premier point, il est tout à fait juste de dire que notre pays a accumulé un retard depuis des années dans la lutte contre le réchauffement climatique. Je partage ce constat et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles je me suis engagé avec Emmanuel Macron pour avoir une action écologique, une action de défense de l'environnement extrêmement ambitieuse, comme celle que nous avons depuis 2017 et qui est rehaussée de manière historique avec le plan de relance et les 30 milliards d'euros pour la transition écologique. Donc je rejoins tout à fait ce constat et nous y répondons.

Et il faut que ceux qui enjoignent l'Etat à aller encore plus loin fassent y compris des propositions pour parvenir à ces objectifs et aller encore plus loin. Nous avons d'ailleurs sollicité les Français avec la Convention citoyenne et nous avons retenu des propositions qui seront présentées dans un projet de loi la semaine prochaine. Donc vous voyez que nous ne nous arrêtons pas et nous regardons évidemment tout ce qui est fait et tout ce qui peut être proposé.

Mais encore faut-il qu'il y ait des propositions. La deuxième question que vous avez posée sur la question des vaccins et des stocks, évidemment, il y a toujours cet aléa de l'autorisation des différents vaccins des laboratoires par les agences de santé européennes et françaises et la capacité de production des laboratoires. On a vu que sur le démarrage de la production, il avait pu y avoir quelques problèmes.

Par principe, dès lors que la production a démarré et qu'elle a atteint son rythme de croisière, ces difficultés et ces risques de retard, de réduction des livraisons se réduisent, et les commandes qui ont été passées, vous le voyez, sont honorées et vont continuer à l'être davantage encore dans les semaines et les mois qui viennent. Il y a à ce stade trois vaccins qui ont été autorisés pour lesquels il y a eu un très grand nombre de commandes qui a été fait par l'Union européenne et par la France. Et donc quand nous prenons des engagements, évidemment nous le faisons à la lumière de l'anticipation que nous avons eue à commander des doses et de la visibilité que nous avons désormais sur un certain nombre de laboratoires qui ont reçu une autorisation sur la capacité à nous livrer ces doses. -Mais tous les Français qui ne sont pas vaccinés, ils vous rendront comptables du fait qu'ils n'ont pas... -G.

Attal : Je veux bien que vous anticipiez en permanence que les choses ne fonctionnent pas. Ce que je constate, c'est que certains nous disaient, notamment dans les oppositions politiques au début du mois de janvier, que nous n'arriverions jamais à vacciner un million de personnes dans le courant du mois de janvier en France, et que nous avons vacciné au mois de janvier en France 1,5 million de personnes. On n'entend pas aujourd'hui ces responsables politiques se réjouir non pas pour le gouvernement, pour nous, mais pour les Français que nous soyons parvenus à atteindre cet objectif et même à le dépasser.

Et c'est la même mobilisation qu'on va avoir dans les mois qui viennent pour atteindre les objectifs que nous avons fixés devant les Français. -Sami Sfaxi toujours pour Canal+ CNews. Il y a une entreprise qui s'appelle Valneva, qui est française, qui fabrique des vaccins et qui va livrer ses premières doses normalement au Royaume-Uni, parce que le Royaume-Uni a aidé financièrement cette entreprise un peu plus que la France.

Comment est-ce que vous pouvez l'expliquer aujourd'hui à nos concitoyens ? Est-ce que c'est un échec pour la France à l'heure où l'on parle quotidiennement de souveraineté sur le plan sanitaire ? Merci. -Alors l'entreprise Valneva est une entreprise que nous connaissons bien, avec laquelle nous travaillons.

Il me semble d'ailleurs que la Banque publique d'investissement française est actionnaire, et a soutenu financièrement cette entreprise. Nous avons commencé à échanger avec cette entreprise, c'est ma collègue Agnès Pannier-Runacher, dès le mois de mai 2020, pour précisément travailler avec elle sur cette question de la vaccination. Il se trouve qu'il s'agit d'une entreprise franco-autrichienne dont le siège se situe en France, mais dont la seule usine de production de vaccins se situe en Grande-Bretagne.

Elle a donc des relations privilégiées, anciennes également, avec le Royaume-Uni qui a financé ses essais cliniques, et qui a également commandé des doses. La France a milité depuis le début de cette crise auprès des instances européennes pour que le portefeuille de vaccins que nous commandons soit le plus élargi possible et intègre toutes les technologies possibles. Valneva développe un vaccin à partir, je crois, du virus inactivé qui est une technologie très ancienne qui a fait ses preuves, et nous, nous avons milité, nous avons obtenu des instances européennes qu'au moins un vaccin de cette technologie soit retenu dans le portefeuille.

Il y a donc 60 millions de doses qui ont été commandées au niveau européen à l'entreprise Valneva. Ce que je veux rappeler, puisque vous ne l'avez pas fait dans votre question, c'est que les premières arrivées, premières mises à disposition de doses de ce vaccin sont prévues pour la fin 2021. La fin de cette année 2021.

D'ici là, évidemment, nous espérons avoir vacciné beaucoup de Français. Il y a par ailleurs un autre laboratoire français Sanofi qui travaille sur un vaccin, et donc vous savez qu'il doit arriver auparavant puisqu'il est prévu pour, je crois, le troisième ou le début du quatrième trimestre 2021 et qui sera produit pour le coup en France et qui arrivera aussi dans notre pays. Donc non seulement il y a eu un dialogue et un travail ancien anticipé avec l'entreprise Valneva qui a abouti à la demande de la France à ce que des commandes soient faites au niveau européen auprès de cette entreprise et ce laboratoire qui ne pourra a priori commencer ses livraisons qu'à la fin de l'année 2021.

Et ça s'inscrit évidemment dans notre objectif de souveraineté sanitaire à la fois européenne et française. Vous savez que dans le cadre du plan de relance, nous finançons des chaînes de production, nous finançons des entreprises pour rapatrier en France un certain nombre de compétences et un certain nombre de productions notamment sanitaires. C'est un travail qui a déjà commencé.

Je rappelle qu'au moment où la crise du Covid est arrivée il y a un an, on ne produisait quasiment plus aucun masque sanitaire en France. Je crois qu'on en produit désormais plusieurs dizaines de millions par semaine dans notre pays. On a progressé sur un certain nombre de points dès le printemps dernier.

On a financé 150 millions d'euros des industriels pour développer des vaccins, des traitements, des dispositifs médicaux face à la Covid-19. Je pense à des entreprises de différentes tailles comme Osivax ou comme Ose, qui aujourd'hui travaillent sur des vaccins ou sur des traitements qui, probablement, viendront enrichir la lutte contre l'épidémie de Covid-19 et auront été financés par la France, puisqu'on a pris cet engagement et on l'a accompli très tôt. -Bonjour, M. le ministre.

Alison Tassin pour TF1 et LCI. Justement, vous parliez des traitements. C'est redevenu un sujet ces derniers jours.

Il y avait notamment une réunion à l'Elysée hier, alors que c'était devenu un peu un point mort de la communication gouvernementale. Est-ce que c'est une manière de dissimuler nos échecs sur le vaccin ou est-ce que c'est un réel espoir d'une sortie de crise ? Est-ce que c'est le vaccin ou le traitement, la solution privilégiée pour un retour à la normale ? -G.

Attal : Alors il n'y a pas de point mort dans notre lutte contre l'épidémie et dans la recherche de toutes les solutions qui nous permettent de freiner la circulation du virus, et réduire le nombre de Français qui développent des formes graves. La recherche de traitements, elle a été encouragée et soutenue par le gouvernement depuis le début de cette crise. Et je rappelle que très tôt, nous avons développé l'oxygénothérapie à haut débit qui a permis d'améliorer le quotidien des patients, des malades, et de limiter les traitements invasifs qui pouvaient avoir lieu à l'hôpital, et donc réduit la durée moyenne de séjour et le nombre de formes graves et de décès.

Je rappelle la mobilisation très tôt de la France pour développer, acheter de la dexaméthasone qui permet, là aussi, de limiter le nombre de formes graves qui passent d'une hospitalisation conventionnelle à un service de réanimation parce qu'il y a eu ce choix de notre part d'investir très tôt sur la question des traitements, et la question des traitements, elle progresse à mesure que la recherche progresse. Il y a eu des publications ces dernières semaines prometteuses sur différents traitements, notamment les anticorps monoclonaux ou les interférons. Et donc évidemment, à chaque fois que nous observons qu'il y a des résultats prometteurs sur un traitement, nous investiguons le sujet et puis, nous investissons, nous parions sur ces traitements pour améliorer le quotidien des Français.

Il y a eu deux réunions sur le sujet autour du président de la République, une jeudi matin et une qui s'est tenue hier après-midi. Ca nous permet d'avancer, ça va nous permettre très prochainement de lancer des protocoles de recherche clinique pour développer l'utilisation de ces traitements, notamment, je le disais tout à l'heure, pour des patients qui sont à risque, c'est-à-dire qui sont âgés ou qui ont des comorbidités, qui viennent d'être diagnostiqués positifs ou qui ont le tout début des symptômes, qui ne sont donc pas hospitalisés, mais qui sont en ville et qui pourraient faire l'objet de ces traitements pour limiter le nombre de personnes qui doivent être hospitalisées. Donc c'est vraiment un choix très fort que nous faisons pour, là aussi, lutter contre la circulation du virus, le développement des formes graves.

C'est un tout cohérent avec la stratégie "Tester, alerter, protéger" et avec le vaccin qui est évidemment l'espoir de sortir de cette crise. -Justement en complément, vous disiez dimanche que le protocole sanitaire concernant ces traitements allait être mis en place dans les prochains jours. Est-ce que la réunion d'hier a permis de dégager des échéances ? -G.

Attal : Oui, et sur ce point, Olivier Véran, dans sa conférence de presse de demain, reviendra sur ce sujet et répondra à toutes vos questions. S'il n'y a pas d'autres questions, je vous remercie et je vous dis à la semaine prochaine.

Compte rendu du Conseil des ministres du 3 février 2021. · Pourquijevote