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interviewFrançois Ruffin (sur YouTube)· 29 juillet 2025 2 minAutoproduit

« C’est un fou que j’ai mis au monde ! »

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Invité

Ma mère a mis au monde huit gosses et sur les huit, je suis le seul loupé parce que je fais de l'agriculture. Et ma mère n'avait jamais aimé ça. C'est un fou que j'ai mis au monde. Et elle a travaillé dur pour que tous ses enfants ne finissent pas dans l'agriculture. Pour avoir moins de pression peut-être ou pour pouvoir voir comment on fait ailleurs, j'ai fait mes études à Angers et puis je suis parti en Guadeloupe deux ans. Et quand je suis revenu, je me suis mis tout de suite à réfléchir comment je pourrais apporter ma pierre à l'édifice pour ma vie. Mon sujet simple, c'était qu'il faut prouver à ma mère qu'on peut vivre de ce métier-là.

Parce qu'elle me disait, tu le vois bien que tous les gens qui font de l'agriculture, ils ont un métier à côté. Alors comment tu peux m'expliquer que tu veux vivre de ça ? Ah ça, ça le rendait dingue. Mais j'ai réussi à la faire comprendre ça quand on a construit l'abattoir. Quand l'abattoir était fini, là elle a reconnu que c'est vrai, il avait raison. Il n'est pas que con. Et tout le monde, c'était difficile de prouver à nos parents qu'on va faire de l'agriculture et c'est un métier. Donc c'est pour ça que c'était notre sujet politique syndical, qu'il fallait prouver aux gens que c'est un vrai métier. Et c'est pour ça que dans la politique départementale, ce n'est pas un sujet prioritaire.

Oui, il n'y a pas de vice-président. On ne peut pas être un élu pour les fous. Mais non ! Il n'y a pas d'élu pour les fous parce que... Et donc il n'y a pas de vice-président à l'agriculture au département parce que finalement réussir ici, c'était abandonner l'agriculture et aller vers la fonction publique. C'est ça. C'est ça.