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Conférence de presseLa France insoumise (sur YouTube)· 11 septembre 2023 89 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Ere du Peuple | Formation aux AMFIS 2023

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 12 %Défensif 3 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Sur la phase Constituante : comment éviter l'échec comme au Chili ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Théorie du techno-féodalisme : positionnement par rapport au capitalisme ?

  • 24:00OuverteRéponse directe

    La rue peut-elle contrer la gentrification des quartiers ?

  • 26:00OuverteRéponse directe

    Classe ouvrière : toujours centrale dans les conflits actuels ?

  • 28:00OuverteRéponse directe

    Comment gagner au Chili ? Analyse des erreurs de la gauche.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:00ManonChiffre
    « on a vécu tout un tas de découvertes et de production toutes plus formidable les unes que les autres en à peu près deux siècles les trois doublement de population »
  • 16:00ManonChiffre
    « 50 millions chaque année de poussins qui sont broyés à peine nés après quelques secondes de vie tout simplement parce que le commerce et l'agro industrie les juges non rentables »
  • 18:00ManonChiffre
    « le chlordécone dont les impacts sont envisagés à un horizon de 7 siècles »
  • 26:00ManonFait
    « le capitalisme se conduit bel et bien comme un nouvel obscurantisme aujourd'hui dans le sens où il repose beaucoup sur la propriété privée de savoir scientifiques »
  • 30:00ManonChiffre
    « en France 90% des cours d'eau sont pollués aux pesticides »
  • 50:00AntoineChiffre
    « à Paris intra-muros les acquéreurs de logements aujourd'hui parmi les accueilleurs de logements aujourd'hui on trouve uniquement 4% d'ouvriers d'employés quand ils représentent la moitié de la population française »
  • 56:00ManonChiffre
    « un tiers de la population française est exposée à des niveaux sonores excessifs »
  • 1:00:00ManonChiffre
    « 1 million de jeunes Français sont en difficulté scolaire du simple fait de ne pas avoir le silence suffisant pour bien faire leurs devoirs »
  • 0:10Fait
    « une présence massive de femmes dont le métier dépendait aussi du carburant des aides-soignantes à domicile des infirmières à domicile des travailleurs sociales etc etc »
  • 2:00Fait
    « il y a eu de très belles photos de figures féminines notamment au Soudan quand on connaît la situation d'oppression totale des femmes dans ces pays »
  • 4:00Fait
    « un événement fortuit un événement souvent soudain qui constitue en des coupures d'accès au réseau soit par le prix soit par le fait que le réseau ne fonctionne plus »
  • 6:00Fait
    « la phase qui vient ensuite c'est celle qu'on appelle instituante institut en pourquoi parce que la population qui descend dans la rue devient à travers une phase de construction de sa propre identité »
  • 10:00Fait
    « la mondialisation n'est rien d'autre qu'une mise en réseau de la production »
  • 18:00Fait
    « convoquer une assemblée constituante ne suffit pas en tant que tel si la société en tout entière autour n'est pas elle-même dans une phase constituante »
  • 26:00Fait
    « la gauche n'a pas suffisamment montré la direction dans laquelle on allait une fois que la Constitution était rédigée »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

donc je suis Antoine ça laisse pas pou je suis responsable de l'école de formation de l'Institut La Boétie et je vais donner cet atelier de formation sur la théorie de l'air du peuple avec Manon Dervin qui a travaillé avec moi avec Jean-Luc Mélenchon ces dernières années dans l'élaboration de la théorie de l'air du peuple pendant ces cinq dernières années donner cette formation en 1h30 un peu à un challenge pour nous parce que dernièrement nous l'avons chacun donné en trois heures donc c'est beaucoup plus rapide là qu'on essaie d'aller assez vite sur certains trucs il y aura un temps d'échange avec vous après notre notre exposé évidemment si on n'est pas clair si il y a des incompréhensions au fil de notre exposé n'hésitez pas bien sûr à nous interrompre et on vous répondra comme ça au fil au fil de l'eau donc la théorie de l'air du peuple je commence d'abord par le premier mot le mot théorie pourquoi on fait une théorie pourquoi on discute théorie ensemble c'est pas uniquement pour le plaisir de réfléchir ensemble au monde qui nous entoure même si ça nous plaît beaucoup de le faire mais pour nous la théorie c'est avant tout un outil pour s'orienter dans le monde social un outil pour comprendre les dominations qui et surtout pour les abattre donc la théorie est bien dans notre dans notre conception du militantisme une étape un moment de la lutte et pas simplement voilà un exercice d'intellectuel en chambre d'où elle vient cette théorie de l'air du peuple rapidement pour la présenter au départ c'est un livre de Jean-Luc Mélenchon qui s'appelle l'air du peuple qui a été publié en 2014 plusieurs fois réédité avec des ajouts de pluie dont la dernière version date de 2017 et puis c'est un aller-retour constant entre ce texte ces analyses son cadres et le réel ce qui se passe dans la vraie vie donc des observations notamment de mouvements populaires qui nous ont amené ensuite à adapter certains trucs ajouter certains trucs changer certains trucs c'est un aller-retour en fait entre la pratique et la réflexion l'élaboration constant donc la théorie n'est pas ne vit pas en elle-même une fois qu'elle est posée sur la table elle doit toujours être dans cette relation avec avec le réel et l'élaboration théorique et le militantisme révolutionnaire vont de pairs se nourrissent l'un l'autre donc ce travail d'aller-retour comme je vous disais il a été effectué toutes ces dernières années notamment ces 5 dernières années à travers différents cycles de conférence café Jean-Luc Mélenchon qui était à chaque fois lié à des événements qui avaient lieu les gilets jaunes les révolutions qui ont éclaté dans le monde en 2019 la crise covid le confinement les évolutions récentes du capitalisme tout ça a contribué du coup à nourrir cette théorie tout c'est important travail de remise à jour va bientôt être publiée dans un livre de Jean-Luc Mélenchon qui va sortir très prochainement à la rentrée voilà donc je vous conseille à tous de l'acheter de l'acheter pour tous vos proches de l'offrir en cadeau voilà mais bien sûr bon ce cadre théorique il est il est nouveau il propose une analyse du monde différente de celle qui a été celle des militants comme nous par le passé mais il est pas non plus ex ni l'eau il s'inscrit dans un certain héritage qui est notre héritage à tous ici à la France insoumise à savoir par l'héritage principalement du mouvement ouvrier et donc pour sa partie théorique l'héritage du mouvement ouvrier c'est le matérialisme historique qui est donc un acquis sur lequel on construit dans la théorie de l'air du peuple à savoir que bah comme dans le matérialisme historique et un nom un peu générique pour parler des marxisme on pense que le capitalisme repose sur l'exploitation du travail que l'histoire elle-même son mouvement sa dynamique l'évolution des sociétés humaines elle repose sur les conflits entre les classes sociales donc il y a une dynamique conflictuelle au cœur de l'évolution des sociétés humaines et on propose donc comme dans le matériel semi historique une perspective qui est une perspective révolutionnaire c'est à dire de rupture radicales avec l'ordre établi avec le système dans lequel on vit non pas simplement à cause de notre tempérament qui serait plus excité qu'un autre ou plus sensible qu'un autre même si les questions de sensibilité compte en politique mais aussi parce que cette approche révolutionnaire elle est nourrie bah justement dans cette analyse qui nous paraît mettre dans l'ordre du jour cette rupture radicale notre point notamment du point de vue de la crise écologique donc c'est ce qu'on va essayer de développer dans cette exposé en trois parties et on va commencer voilà dans la première partie à essayer de poser cette diagnostic cette analyse qu'on pose sur le capitalisme de notre époque et je passe du coup la parole à Manon pour le début de cette première partie alors comme on est c'est bon pour le micro ça sera mieux avec celui-ci comme on est contraint par le temps je vais rentrer tout de suite dans le vif du sujet évidemment le préalable à la compréhension de cette théorie de l'air du peuple et de la révolution citoyenne et c'est l'objet de cette première partie d'exposer c'est un état des lieux des différentes limites auxquelles est confronté le système capitaliste à l'heure actuelle et la première d'entre elles la question des limites planétaires la limite écologique au point de départ de la théorie de l'air du peuple se trouve une caractéristique fondamentale une caractéristique centrale qui est la question du nombre la question du nombre du nombre d'êtres humains sur la planète c'est un aspect caché de l'histoire humaine néanmoins non moins essentiels en effet à chaque doublement de la population mondiale dans l'histoire de l'humanité on a observé des ruptures majeures je n'en donnerai qu'un seul exemple c'est la question d'une époque du néolithique ou la population humaine atteint dépasse le seuil d'un milliard d'êtres humains et où on constate que la majorité de cette population qui était jusque là c'est nomade vivait de la cueillette se sédentarise se fixe dans des villes pour dépendre de l'agriculture et ensuite le commerce si on ramène l'histoire de l'évolution de la population humaine et l'histoire de l'humanité à l'échelle d'une année en positionnant l'apparition du premier être humain sur le 1er janvier la domestication du feu n'arrive que fin octobre la Révolution française à 23h10 et la première centrale nucléaire à 23h46 depuis on a vécu tout un tas de découvertes et de production toutes plus formidable les unes que les autres en à peu près deux siècles les trois doublement de population cette accélération prodigieuse du nombre elle nous amène aujourd'hui au nombre de 8 milliards d'êtres humains sur la planète et bientôt 10 aux alentours de 2050 selon les prévisions au rythme de croissance d'un milliard d'êtres humains supplémentaires tous les 12 ans ce constat de l'évolution prodigieuse du nombre elle ça serait évidemment trop facile d'en faire une mise en accusation du nombre comme étant le seul et unique responsable de la situation de crise écologique dans laquelle nous sommes et de d'expliquer par le nombre uniquement la capacité qui a eu la civilisation humaine autour de la date de 1950 à marquer directement les couches géologiques de la planète cette conception dans la théorie de l'air du peuple elle est trop facile et l'idée du nombre c'est plutôt de l'examiner comme étant indissociable du système capitaliste dans lequel il évolue j'entends par là que le capitalisme crée ce qu'on appelle dans la théorie de l'ère du peuple un nouvel espace-temps où tout doit sans cesse aller plus vite pour avec pour principal objectif de faire sans cesse toujours plus de profit et en cela imposer un temps dominant qui est celui du capitalisme financier de la financière globale je donnerai un exemple pour l'illustrer c'est celui de la durée moyenne de détention d'une action boursière qui dans les années 70 était d'environ 6 ans pour une action et qui aujourd'hui est réduite à la durée de quelques 22 secondes grâce au trading ou à cause du trading à haute fréquence évidemment ce temps dominant du capitalisme financier se fait au mépris pur et simple de tous les coûts sociaux et environnementaux et des limites planétaires des différentes limites constituées par l'épuisement des ressources naturelles et le temps nécessaire à leur régénération ça produit ce qu'on appelle dans la théorie de l'air du peuple une discordance des temps alors c'est une expression qui peut paraître un petit peu complexe dites comme ça mais en fait ça recouvre quelque chose que vous connaissez tout et tous à commencer par l'obsolescence programmée dont la vocation est de mettre sur le marché des produits qui ont justement sont programmés pour s'autodétruire suffisamment vite pour que vous soyez poussé à en racheter d'autres et à générer sans cesse davantage de profit cette discordance des temps c'est aussi un mépris un piétinement un écrasement d'étang du vivant et si on applique l'idée du temps 0 recherché par la finance à l'agro industrie pour ne prendre que cet exemple c'est à l'échelle de la France seulement 50 millions chaque année de poussins qui sont broyés à peine nés après quelques secondes de vie tout simplement parce que le commerce et l'agro industrie les juges non rentables ce sont aussi des temps sociaux méprisés au sens de temps humain on pense là à tous les travailleurs qui subissent des horaires décalés le travail de nuit et toutes les conséquences que ça peut avoir sur leur santé pour les seuls objectifs de rentabilité de compétitivité etc etc et enfin et non des moindres c'est un temps dominant du capitalisme financier qui va piétiner absolument les cycles longs de la nature je vais prendre pour illustrer ce propos deux exemples que je trouve particulièrement hallucinantes à savoir le fait qu'on met actuellement sur le marché qu'on vend des produits dont la toxicité les effets les impacts sur les écosystèmes et sur les êtres humains se mesure en siècle comme le chlordécone dont les impacts sont envisagés à un horizon de 7 siècles c'est-à-dire bien au-delà de l'échelle d'une vie humaine et c'est encore pire pour la radioactivité les conséquences du nucléaire puisque selon les composants dont on parle cela se mesure en plusieurs milliers d'années tout ça pour dire que ce temps dominant du capitalisme financier il entraîne une prédation globale génère une crise écologique générale en ne tenant absolument pas compte des limites planétaires ce qui est mesuré chaque année par le fameux jour du dépassement dont tout le monde je pense ici à déjà entendu parler en 1990 on avait épuisé toutes les ressources que la planète met à notre disposition pour un an à la date du 11 octobre et le l'année dernière c'était le 28 juillet si on ramène ça sur un mois j'ose le parallèle c'est comme si on était en 90 à découvert écologique le 26 du mois et qu'aujourd'hui on était à découvert écologique le 15 autrement dit le système capitaliste par ses caractéristiques et son fonctionnement absolument inique et immoral par l'appropriation gratuite de ressources qu'il privatise par l'externalisation des coûts sans jamais payer sans jamais en payer les conséquences en termes de santé publique notamment par sa logique productiviste et croissance et par sa propension à intervalles réguliers à produire et entrer dans des crises cycliques absolument destructrice pose un problème majeur qui est celui de la mise en péril de l'habitabilité du seul écosystème compatible avec la vie humaine puisqu'on n'a pas encore découvert de planètes sur laquelle on pourrait tout est tous déménager si tentait qu'on puisse organiser le déménagement de toute la population terrestre en somme l'idée derrière le nombre et la l'air de l'anthropocène dans laquelle on est entré n'est pas de dire que le nombre est lui tout seul responsable de la situation mais bien que c'est le capitalisme à 8 milliards d'êtres humains qui ne peut pas continuer qui est une contradiction purement insurmontable et qui constitue de fait une espèce de course effrénée vers le suicide global qui rend le capitalisme insoutenable voilà pour la première limite écologique du capitalisme et je passe la suite à Antoine Salesse donc voilà ça c'est quelque part le plus important c'est la limite physique une limite nouvelle que rencontre le capitalisme de notre époque il y en a une autre de ses limites qui est aussi lié au nombre dont je vais vous parler maintenant c'est la limite qui concerne la connaissance en gros on a vu tout à l'heure avec Manon qui avait une sorte de corrélation en fait entre l'évolution du nombre des êtres humains et le progrès technique c'est l'histoire qui ont maintenant vous a résumé avec l'année de l'histoire humaine les doubles membres de population l'accélération des doubles moments de population est lié à une accélération des inventions et des évolutions techniques de l'humanité mais cette corrélation il faudrait encore l'expliquer et pour l'expliquer on utilise en fait un mécanisme qui est au cœur de la façon dont fonctionne l'humanité de façon telle apprend et dont elle évolue qui est le mécanisme de culture cumulative la culture cumulative c'est quoi c'est qu'un être humain est capable non seulement d'apprendre d'un de ses congénères un geste une technique une connaissance en limitant par mimétisme mais il est aussi capable de modifier le geste qu'il a appris de lui rajouter quelque chose de l'améliorer et de le transmettre à son tour c'est amélioration ça peut se faire soit parce que on a une idée notre expérience nous a permis d'avoir une idée pour changer ce geste et l'améliorer soit des fois c'est souvent comme ça que ce font aussi les découvertes dans l'humanité un hasard une erreur une situation qu'on n'avait pas prévu fait que on découvre une façon d'effectuer mieux le geste cette culture cumulative elle est très liée au nombre des êtres humains pourquoi parce que si on imagine que Manon prend les cailloux qui sont là sur la table et allumes un feu déjà ce serait très dangereux en ce moment mais la probabilité qu'elle arrive à le faire que moi si on est que nous deux j'arrive à reproduire son geste en ce qui me concerne la probabilité est très faible mais que j'arrive à reproduire son geste et qu'en plus je fasse une erreur justement une situation qui fait que j'arrive à améliorer ce geste et que maintenant ensuite va être elle-même capable d'imiter le geste amélioré cette probabilité si on se retrouve tous les deux en tête à tête elle est vraiment très faible si maintenant on est tous ensemble et qu'on est tous à imiter le geste de Manon pour allumer un feu la probabilité que l'un d'entre nous l'une d'entre nous fasse une erreur ou une idée pour améliorer son geste elle devient beaucoup plus forte si on est pas tous ensemble mais le double de ce qu'on est là elle devient encore plus forte etc etc donc le processus de culture cumulative augmente accélère en fait au fur et avec le nombre des êtres humains qui sont impliqués ce sont les interactions entre les êtres humains qui font la construction de la connaissance plus la connaissance est transmise plus elle progresse c'est ça qui est au cœur du processus de culture cumulative et ça qui fait que le nombre est les progrès de la connaissance progrès technique mais aussi progrès de la connaissance sur la société ou progrès de de l'organisation sociale sont liés au nombre des êtres humains or aujourd'hui on est rentré dans une période un peu particulière du point de vue de la connaissance et de son utilisation qu'on a appelé l'air de l'incertitude pourquoi c'est lié à l'ensemble des dérèglements dont on parlait Manon tout à l'heure et qu'on regroupe sous le nom de l'anthropocène les systèmes qui se dérèglent aujourd'hui comme le climat font qu'il va être beaucoup plus difficile de prédire l'avenir pendant des millénaires le système climat par exemple est resté stable on en prend de la planète et donc il était assez facile non mais possible en tout cas d'établir des corrélations qui elle-même aussi étaient stables autrement dit on savait dire que quand un événement a se produisait on allait peu après avoir la conséquence B et ceci est vrai du point de vue des savoirs traditionnels par exemple on sait que quand tel oiseau immigrateur revient dans une région on y voit le signe que quelque temps après il va faire tel temps tel climat quelle météo plutôt ce savoir là et complètement détruit par le dérèglement climatique puisque les mécanismes des animaux leur horloge interne réglée sur le climat et elle-même déréglée puisque le climat est déréglé donc il devient de moins en moins possible de faire ses prédictions mais il en va de même pour les savoirs scientifiques puisque le climat et tous les systèmes qui interagissent avec beaucoup de variables sont des systèmes qu'on appelle chaotiques ça veut dire que ils ont comme cause énormément de variables beaucoup de choses entre en compte pour savoir quel temps il va faire et une infinité de variations sur une infinité de variables peuvent produire de d'immenses conséquences et des conséquences imprévisibles donc c'est ça qui est en train de nous arriver en ce moment le système climat est en train de changer et donc il est difficile d'établir des côtes des liens de causalité stable et prévisibles à l'avance le système biodiversité de la biodiversité en train de changer et de multiples autres systèmes qui constituent notre environnement sont en train d'être modifiés ce qui rend l'avenir à court moyen et long terme assez incertain et paradoxalement ça veut dire que Ben pour vivre et pour s'adapter dans cet environnement qui devient instable du fait du dérèglement climatique on a besoin puisque jamais d'un développement de la connaissance on a besoin puisque jamais d'observer ce qui se passe d'en tirer des conclusions de découvrir des nouveaux mécanismes qui sont allés dans la nature mais aussi de découvrir des nouvelles façons de vivre pour nous dans cette dans cette dans cette dans cet environnement donc d'avoir plus de connaissances sur la société elle-même donc d'un progrès des sciences et des techniques en général on pourrait dire que cette nouvelle est plutôt dans notre malheur une bonne nouvelle puisque on a on est plus nombreux qu'on n'a jamais été jamais il y a eu autant d'interactions entre des individus et donc le processus de culture cumulatif assez naturellement assez mécaniquement il est plus rapide qu'il n'a jamais été le temps pour élaborer des connaissances et élaborer des nouvelles connaissances à partir du socle de connaissances qu'on a déjà il est il peut être très très rapide du fait que on est 8 milliards d'êtres humains donc on a besoin que ce processus de culture cumulative tourne à plein régime pour pouvoir nous adapter à la nouvelle donne climatique et écologique mais là encore le capitalisme nous fait rentrer nous faire rencontrer une limite car le capitalisme lui ce qu'il fait la manière dont il fonctionne aujourd'hui bloc le la pleine potentialité du processus de culture cumulative car le capitalisme se conduit bel et bien comme un nouvel obscurantisme aujourd'hui dans le sens où il repose beaucoup sur la propriété privée de savoir scientifiques de connaissance ce qu'on appelle les brevets est au cœur aujourd'hui de des profits de beaucoup de firmes capitalisme on pense bien sûr aux firmes pharmaceutiques qui ne font de l'argent que parce que elles peuvent bloquer la circulation de la connaissance sur tel ou tel médicament tel ou tel molécule mais si on pense à des défiant les plus dominantes du monde notamment les gafams leurs modèles économique repose aussi sur le fait que il dépose des brevets sur des programmes informatiques et donc qu'ils empêchent tous les autres ingénieurs scientifiques du monde de les utiliser de les étudier de construire à à partir de deux nouvelles connaissances et de faire progresser comme ça le savoir global de l'humanité donc il y a là une autre limite qui fait que le capitalisme aujourd'hui est insoutenable c'est que le stade auquel l'humanité a besoin d'accéder en termes de connaissances et donc le stade en terme de de progrès de la connaissance et de culture cumulative auxquelles l'humanité a besoin d'accéder aujourd'hui pour s'adapter à la nouvelle donne climatique et bloquer par le système capitaliste ces deux limites la limite physique que nous fait rencontrer le capitalisme et la limite qu'il qui est finalement l'empêchement d'accéder aux solutions aux problèmes qu'il a lui-même créé donc on a identifié un certain nombre de logiciels qui sont des logiciels périmés aujourd'hui il y a évidemment le libéralisme donc je vais pas revenir longtemps dessus parce que ça paraissait évident étant donné ce qu'on vient ce qu'on vient de dire le libéralisme et l'idéologie qui pense que le marché les mécanismes de marché donc le capitalisme lui-même va nous apporter les solutions aux problèmes dans lequel on est aujourd'hui une un exemple de d'échec pas tant de libéralisme à régler la crise écologique aujourd'hui sont les marchés carbone c'est-à-dire l'idée que la loi de l'offre et la demande va nous permettre de trouver le niveau optimal d'utilisation du carbone et nous permettent d'économiser des émissions de CO2 au maximum cette solution a été expérimentée aux États-Unis elle a été expérimentée dans l'Union européenne elle conduit un échec total c'est-à-dire à conduire à ce qu'on ne baisse pas suffisamment les émissions carbone aujourd'hui c'est pourquoi le libéralisme d'ailleurs aujourd'hui confronté à son échec de venir de plus en plus autoritaire c'est-à-dire il passe de plus en plus par la force et non par le consentement pour imposer sa doctrine mais il y a aussi un autre logiciel qui nous paraît périmé aujourd'hui c'est le logiciel du compromis social-démocrate qui est revendiqué qui est porté par plusieurs courants quand même aujourd'hui au niveau mondial le courant social démocrate traditionnel c'est-à-dire en fait les parties socialistes mais aussi une certaine frange de l'écologie modérée de l'écologie centriste défend cette option du compromissime social-démocrate pour régler la crise écologique c'est à dire principalement un trouver un compromis avec la classe dominante pour faire les adaptations nécessaires au changement climatique et de le faire par graduellement par des petits pas qui nous permettent à chaque fois d'avoir du consensus pour chaque petit avancée et d'avancer comme ça petit à petit pourquoi selon nous c'est obsolètes premièrement les institutions qui permettaient de trouver un compromis dans la grande période de la social-démocratie après la Seconde Guerre mondiale c'est l'institutions elles étaient nationales elles dépendait de rapport de force qui avait été mis en place par les mouvements ouvriers par les mouvements démocratiques à l'intérieur des États-nations aujourd'hui la classe capitaliste c'est largement mondialisée internationalisée sans que cette internationalisation et cette mondialisation ne se fasse aussi au nous au niveau des mouvements populaires donc en gros il n'y a plus d'interlocuteurs avec qui négocier donc pas de compromis possibles en fait avec la classe dominante puisque la classe dominante elle-même n'en veut pas et deuxièmement le l'aspect graduel l'aspect des petits pas rencontre un autre problème qui est spécifique à la crise écologique qui est le problème du délai en gros avant le mouvement ouvrier certaines franges vont envoyer pouvait se dire et à des raisons de se le dire on va pas obtenir tout ce qu'on veut aujourd'hui mais c'est pas grave nous on va souffrir pour les générations suivantes aujourd'hui on ne peut pas se permettre de souffrir pour les générations suivantes puisque si on obtient pas tout ce qu'on veut entre guillemets on compromet l'avenir des générations suivantes donc il y a un problème de temps qui nous est imparti pour changer les choses et ce problème il est même mis à l'ordre de jour par des scientifiques je vais vous lire quelques citations Si je les retrouve elles sont juste là je suis vraiment super fort je vais vous lire quelques citations parce qu'elles sont assez éclairantes et assez frappantes sont donc des scientifiques assez renommés qui sont pas du tout des militants révolutionnaires qui sont ni des trots voilà qui écrivent dans des revues scientifiques par exemple Kevin Anderson un climatologue britannique très reconnu au niveau mondial qui écrit un article dans la revue Nature je vous cite cette extrême dans les années 1990 une approche technocratique du problème aurait pu réduire suffisamment les émissions mais le changement climatique est un problème d'émission qui se cumulent l'incapacité à réduire ses émissions à transformer notre défi de changement modéré de l'économie en nécessité de renversement révolutionnaire du système juste une autre une série pareil de scientifiques principalement de climatologues qui écrivent un article commun publié par la revue scientifique Knight challenge en 2022 les interventions conventionnelles ne sont tous simplement pas assez rapides ou profonde pour ralentir le changement climatique il faut alors place des interventions radicales c'est-à-dire s'attaquant aux racines du système ensuite il cite les racines du système le capitalisme les relations de pouvoir asymétriques le colonialisme les inégalités mondiales et l'exploitation donc ça ce sont des scientifiques qui n'écrivent pas un texte pour l'assemblée représentatif de la France insoumise mais qui écrivent un test qui dans leur esprit est une conclusion logique de leur travail scientifique c'est pourquoi c'est c'est logiciels périmés cette rupture c'est limite que rencontre le capitalisme et qui fait qu'il est insoutenable mais à l'ordre du jour justifie pour nous la ligne de la rupture elle se justifie donc par cette analyse par ce diagnostic qu'on pose sur les nouvelles limites les nouvelles conditions d'insoutenabilité à 8 milliards d'êtres humains du capitalisme et de là de cette de cette ligne de la rupture on déduit aussi des nouvelles revendications qui donc sont à l'intersection de des revendications sociales et des revendications écologiques donc maintenant on va vous parler maintenant oui face à cet ensemble de limites donc qu'on vient d'évoquer du système capitaliste se pose la nécessité d'une rupture et d'une planification au sens de réaligner les temps sociaux et les temps de la nature du vivant que j'évoquais au début de mon intervention tout à l'heure et en soi par là de viser l'harmonie quand on dit harmonie c'est évidemment la nécessité de satisfaire en premier lieu les besoins essentiels d'une majorité ce qu'on entend par intérêt général et de rétablir une forme de justice sociale pourquoi parce que le propre de ces nouvelles revendications qui s'inscrivent dans ce qu'on appelle aujourd'hui de l'écologie populaire c'est de considérer que toute crise écologique toute maltraitance écologique toute destruction du vivant est aussi et surtout une maltraitance sociale et donc que lutte environnementale et lutte sociale comme le disait Antoine juste avant sont liés au sens où les plus riches endosse la majeure responsabilité de cette destruction des temps sociaux et du vivant et qu'il est nécessaire de rétablir une justice à la fois environnementale et sociale pour permettre au plus grand nombre d'accéder à ce qu'on appelle les biens communs pour subvenir à leurs besoins essentiels il y en a un certain nombre que qui font partie des batailles phares de la France insoumise a commencé par la question de l'eau qui me permet d'illustrer ce que je suis en train d'expliquer en l'occurrence à l'heure actuelle en France 90% des cours d'eau sont pollués aux pesticides et on a un sérieux problème au cœur de essai au cœur de l'actualité dans la période de privatisation des nappes et de déploiement de méga massides qui vont détruire le cycle de l'eau c'est une catastrophe écologique majeure mais pas seulement parce qu'on se rend compte derrière cette gestion néolibérale de l'eau cette privatisation de l'eau par le système capitaliste que ceux qui subissent en premier les conséquences de cela ce sont aussi le plus pauvres en l'occurrence l'endroit en France ou on observe un état un stade de délabrement le plus avancé des canalisations et où la majeure partie de l'eau se perd ensuite ce sont les outre-mer qui sont habitants de outre-mer également ceux qui comptent parmi les plus pauvres du pays voilà pour la question de l'eau qui justifie de revendiquer une nouvelle forme de gestion collective démocratique de ce qui est un bien commun puisqu'il évidemment sans eau on ne peut pas survivre 2 donc une nouvelle organisation de la façon dont on va gérer collectivement cette ressource c'est aussi le cas pour un certain nombre de bien commun qu'on peut qualifier de bien commun qui peuvent paraître moins évident au premier abord mais qui fonctionne dans la même logique par exemple la question de l'air dont on connaît et de la pollution de l'air dont on connaît les conséquences puisque la principale source de pollution ce sont les émissions de gaz à effet de serre responsable elle-même du dérèglement climatique en cours et pollution qui outre le fait de dérégler complètement les cycles de la nature vont entraîner rien qu'en France 48 000 morts prématurés supplémentaires par an et parmi elles évidemment une majorité de gens pauvres qui sont ceux qui subissent en premier lieu les ravages de la pollution puisqu'ils habitent aux abords des autoroutes des friches industrielles des aéroports etc etc et à l'échelle mondiale on retrouve cette même situation d'injustice et d'inégalités puisque le simple fait de respirer un air sain et est devenu en Inde et ça sera je pense bientôt le cas en France si on ne s'en préoccupe pas davantage un luxe le moindre climatiseur ou purificateur d'air en Inde coûte l'équivalent de 3 ou 4 mois de salaire moyen on a le même problème avec la chaleur aujourd'hui en France moins de 80% de ceux qui ont des climatiseurs sont les plus riches et qui donc subissent moins les conséquences de la canicule on pourrait rajouter d'autres thèmes dans ces nouvelles revendications qui sont également moins évidentes mais qui ont été portées par Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne présidentielle précédente au premier rang desquelles la nuit et le silence l'obscurité aujourd'hui est un luxe sur la planète un quart de la planète est éclairé en permanence ça a un impact sur l'exécosystèmes ça perturbe énormément les oiseaux les insectes etc etc mais ça perturbe également les êtres humains au premier rang desquels les travailleurs précaires qui sont pour l'immense majorité les coortes de travailleurs de nuit d'horaires décalés qui entraînent un certain nombre de problèmes de santé dès lors le droit à l'obscurité devient une nouvelle revendication essentielle centrale de l'écologie populaire idem pour le silence quand on sait que un tiers de la population française est exposée à des niveaux sonores excessifs qui sont très souvent également liés à la question de la pollution de l'air puisque les mêmes autoroutes et les mêmes aéroports provoquent les mêmes nuisances à l'endroit des mêmes personnes toujours les plus vulnérables et les plus pauvres c'est le fait qu'il n'y ait plus presque plus de silence aujourd'hui sur la planète il y a un biologiste très célèbre qui a passé 50 ans à écouter les sons de la nature et qui en a déduit quand un demi siècle 50% des sons de la nature avaient disparu ou alors qu'on ne les entendait plus du fait du bruit assourdissant du système capitaliste et de ces machines entraîne des conséquences sanitaires dévastatrices au premier rang desquels le fait que 1 million de jeunes Français sont en difficulté scolaire du simple fait de ne pas avoir le silence suffisant pour bien faire leurs devoirs et réviser voilà pourquoi je pourrais rajouter un certain nombre d'autres revendications à cette liste la question de l'alimentation la question du logement la question de la santé environnementale au sens large puisque les injustices et les enjeux de justice sociale et environnementale sont les mêmes concernant les pesticides que ça soit pour l'alimentation notamment voilà pourquoi la liste de limite du système capitaliste auquel on est confronté aujourd'hui nous fait atterrir sur cette série de nouvelles de nouvelles revendications sociales et environnementales au cœur de la bataille de l'ère du peuple qui elle le deuxième partie de notre exposé et je transmets à Antoine pour la suite donc en gros on a établi par notre diagnostic la nécessité de la rupture la rupture est nécessaire néanmoins la rupture avoir raison sur sa nécessité ne permet pas de l'obtenir le monde l'histoire du monde n'est pas qu'un conflit d'idée qu'un débarrassenal entre entre idées différentes mais elle repose bien sur les conflits entre les groupes sociaux donc on va essayer d'identifier justement quel est le conflit central qui s'inscrit dans les rapports sociaux d'aujourd'hui sur lequel on va vouloir s'appuyer pour déclencher les processus enfin sur lesquels vont se déclencher les processus de révolution citoyenne pour identifier ce ce nouveau conflit on va partir voilà de la réalité des rapports sociaux de notre époque et une des premières choses à noter sur la façon dont vivent les êtres humains aujourd'hui dont il interagissent entre eux et dont il satisfont leurs besoins c'est le caractère urbain de notre civilisation en 2008 pour la première fois dans l'histoire de l'humanité plus de 50% de la population mondiale vit en ville c'est une rupture énorme avec tout ce qu'a connu l'humanité jusqu'à maintenant puisque depuis l'apparition des des premiers êtres humains et des premiers Homo sapiens mais pour prendre plus court de pied la révolution agricole et la sédentarisation 90 95 à 98% des individus ont vécu à la campagne en étant des paysans qui mangeaient ce qui cultivaient qui trouvait de l'eau près de près de là où ils habitaient et qui pour la plupart de la satisfaction de leurs besoins reposait sur la famille le clan la tribu le village donc sur un réseau d'interaction qui était assez étroit la ville c'est l'inverse dans en ville on vit dans des densités de population qui sont plus grandes avec beaucoup plus d'êtres humains avec des êtres des êtres humains qu'on ne connaît pas qui sont des anonymes pour nous et avec qui pourtant on est interdépendant pour la satisfaction de nos besoins mais la ville se tissu urbain déjà la première chose à dire sur lui c'est que il n'est pas un tissu urbain détaché du reste de des rapports sociaux du monde il est lui-même inscrit dans le système qui est le nôtre c'est-à-dire le système capitaliste et cette ville là ce tissu urbain capitaliste là il crée déjà de lui-même ses propres inégalités et donc ses propres conflits la ville capitaliste en gros elle repose sur la mécanique du marché immobilier c'est elle qui principalement détermine la façon dont la ville s'organise et cette mécanique là elle crée de la ségrégation c'est à dire de l'inégalité entre les différents quartiers les différentes zones de la ville c'est ces différentes ségrégations si on les si je reprends celles qui ont sont apparues au cours des trois quatre dernières décennies et qui caractérise les villes modernes on a premièrement celle de l'étalement urbain l'étalement urbain c'est un mécanisme créé par par le marché immobilier qui se saisit de la rendre la matière des centres villes donc pour faire plus d'argent et donc qui en chasse une partie de la population qui qui vivait et crée à la un autre segment un nouveau segment immobilier pour elle qui sont des habitats plus de périphérie si on pense par exemple à l'habitat pavillonnaire qui depuis les années 70 a été largement est devenu un secteur capitaliste à part entière a été largement capté par des grands promoteurs immobiliers qui ont fait des produits standardisés qu'ils ont produit à la chaîne etc cet étalement urbain donc créé par la ville capitaliste créer une première ségrégation entre les centres villes et les périphéries les centres villes eux-mêmes des métropoles qu'est-ce qu'ils deviennent dans les années 70 dans les années 80 dans les années 90 dans les années 2000 on a beaucoup parlé de la gentrification de ses centres c'est-à-dire du remplacement de leur population populaire paru une nouvelle population plus de classement moyenne instruite de petites bourgeoisie aujourd'hui dans les grandes métropoles du monde ce processus de gentrification il est souvent arrivé à son terme et remplacé par un processus qu'on pourrait qualifier de plutôt gratisations qui fait que amanatan aujourd'hui le seul segment du marché immobilier qui reste dynamique pour ces acteurs c'est le segment du marché immobilier de l'hyperluxe c'est à dire des appartements qui partent à plusieurs dizaines de millions de dollars qui fait que à Paris intra-muros les acquéreurs de logements aujourd'hui parmi les accueilleurs de logements aujourd'hui on trouve uniquement 4% d'ouvriers d'employés quand ils représentent la moitié de la population française l'étalement urbain des centres-villes et on a une troisième dynamique qui caractérise nos villes aujourd'hui c'est l'abandon des quartiers d'habitat sociaux qui des fois sont plus proches des centres-villes que les quartiers d'hyper périphériques mais qui sont des zones qui s'avèrent qui sont pour des raisons et des raisons impossibles à saisir par le marché immobilier qui donc sans désintéresse et donc sans détourne et qui se retrouvent donc abandonnés qui se retrouvent donc être des poches de pauvreté au cœur de métropole de plus en plus inégalitaire avec la photographie d'un côté l'abandon des quartiers d'habitats sociaux de l'autre cette ville s'est grillée elle crée déjà des conflits qui sont majeurs dans l'époque dans laquelle on vit qui sont des conflits pour le droit à la ville on peut citer par exemple à Sao Paulo au Brésil le mouvement des centois donc il y a un mouvement pour pour le droit au logement qui est majeur dans l'histoire de la gauche brésilienne des deux dernières décennies on peut citer vous connaissez sûrement Ada colao qui jusqu'à récemment été maire de Barcelone qui avant d'être mère de Barcelone était l'une des principales porte-paroles du de la plateforme entier expulsion en Espagne la révolution des parapluies à Hong Kong qui s'est fait avec un enjeu social sous-jacent qui était justement le prix de l'immobilier en compte et une des villes les plus chères du monde beaucoup de conflits aujourd'hui qui ont très donc à ce droit à la ville mais si on va plus profondément dans ce qu'est une ville et ce qu'est la civilisation urbaine pour le pour le dire mieux ce que le mode de vie urbain on se rend compte que donc c'est une sortie comme je disais tout à l'heure d'un mode de vie autarcique vers un mode de vie qu'on peut appeler un mode de vie en réseau en gros qu'est-ce que ça veut dire un mode de vie en réseau ça veut dire que pour satisfaire nos besoins fondamentaux pour manger pour boire pour nous chauffer pour éduquer nos enfants pour nous soigner nous dépendons de réseau collectifs très étendus qui font intervenir des milliers voire des millions d'êtres humains que nous ne connaissons pas nous ne savons pas quel millier de visages il y a derrière le robinet que nous ouvrons pour pour boire un verre d'eau et pourtant nous sommes absolument dépendants de ce réseau de canalisation qui arrive jusqu'à notre robinet pour satisfaire le plus essentiel de notre de nos besoins à savoir boire de l'eau donc on est passé dans une société de réseau cette société de réseau on la voit à la fois au fait que les réseaux sont de plus étonnants de plus en plus étendu si on les mesure on se rend compte que le réseau de communication qu'on utilise le plus aujourd'hui Internet passe par des câbles sous-marins qui si on les mettait tous bout à bout c'est-à-dire des caves qui passent sous les océans sous les mers pour relier les continents et faire voyager les les données qui transitent quand lorsque nous utilisons internet mettons ces câbles tout ce bout à vous ils font 20 fois le tour de la terre on peut multiplier les exemples et les exemples sont d'ailleurs multipliés dans le livre qui sort de bientôt de Jean-Luc Mélenchon et que vous pourrez par exemple tout s'acheter et offrir à tous vos proches un autre une autre façon d'illustrer cette société de réseau c'est de se rendre compte combien de gens travaillent pour les faire fonctionner pour les construire pour les installer pour les maintenir en état pour assurer la relation entre l'infrastructure et l'usagée si on mesure ce nombre de gens qui travaillent on l'a fait notamment à partir de données c'est pour la France et à partir de donner de l'OCDE pour beaucoup d'autres pays étrangers on se rend compte que un tiers de la population active généralement 30% de la population active sont des travailleurs de réseau donc cette dépendance au réseau elle est vraiment au cœur du mode de vie urbain et donc elle est au coeur aussi des inégalités à l'intérieur de ce mode de vie urbain des problèmes tout simplement que les gens rencontrent pour reproduire leurs existence matérielle c'est à dire tout simplement assouvir les besoins qu'ils ont besoin d'être d'être assouvie car les réseaux sont évidemment saisis par le capitalisme notre époque qui cherche à faire la seule chose qu'il cherche à faire c'est à dire faire du profit avec et ça amène plusieurs problèmes plusieurs empêchements d'accès au réseau ou plusieurs mauvais accès au réseau par exemple dans tout ce qu'on appelle aujourd'hui les déserts on a souvent cette expression là qui revient aux Etats-Unis il parle c'est un problème assez discuté de désert alimentaire des zones entières ou il n'y a pas de supérette il n'y a pas de supermarché où on peut aller acheter des fruits et des légumes concerne 39 millions de personnes aux États-Unis je suis sûr que vous pouvez penser à des endroits en France et en Europe ou cette notion de désert alimentaire existe on a bien sûr la question des déserts médicaux quelque chose de très discuté en France on peut penser au désert scolaire aux écoles qui sont trop loin on peut penser au désert bancaire plus de la moitié des communes en France il n'y a pas de distributeur non dans ces communes des aires de maternité les gares qui ferment etc je pourrais multiplier les exemples mais en gros ce qu'ils nous font voir c'est qu'il y a une inégalité territoriale de distribution des réseaux qui sont indispensables pour satisfaire nos besoins d'homo urbanus et cette inégalité de distribution territoriale ça ça cause c'est quoi c'est tout simplement que les propriétaires de ces réseaux il y a certains endroits où parce que la demande n'est pas assez nombreuse ou pas assez solvable ce qui veut dire tout simplement que les gens n'ont pas assez d'argent ce n'est pas rentable pour eux pas assez rentable en tout cas d'installer un nouveau point d'accès au réseau qu'il gère un autre problème de mauvais accès au réseau c'est un problème que qui est très actuelle et très présent aussi dans nos vies c'est le problème du prix les réseaux sont généralement des monopoles en théorie économique c'est ce qu'on appelle des monopoles naturels ça veut dire quoi ça ça veut dire que en fait il est toujours plus efficace économiquement de gérer un réseau en monopole plutôt que en concurrence la concurrence coûte tellement cher à tout le monde entre deux réseaux qui seraient parallèles de réseau de rails par exemple ou de réseaux de canalisation d'eau qui se ferait concurrence que ça n'arrive jamais et tendentiellement tous les réseaux Tanda de venir des monopoles donc les propriétaires de réseau se retrouvent dans la situation suivante il possède quelque chose dont les gens ont absolument besoin pour reproduire leur existence matérielle et ils sont en situation où il n'y a pas de concurrence du tout donc ils ont un pouvoir pour imposer leur prix qui est presque absolu c'est la cause aujourd'hui des notamment des super profits par exemple dans le secteur de l'énergie mais aussi dans le secteur de l'eau et des déchets il y a des supers profits qui se qui se font par exemple ces problèmes ou des autoroutes c'est le problème ce qu'on a vu généralement quand un réseau était nationalisé et qu'il a été privatisé les autoroutes par exemple quand elles ont été privatisées le prix des péages a augmenté ou lorsque des acteurs privés ont été introduits sur les marchés de l'énergie les tarifs du gaz et l'électricité ont aussi ont aussi augmenté c'est parce que voilà les propriétaires de réseau qui dominent en fait le capitalisme mondial détiennent un pouvoir de monopole qui a un pouvoir d'imposer leur prix qui est un prix qui ne reflète plus du tout leur prouesse productive la façon dont ils organisent la production concrète mais qui est simplement un pH un droit d'accès un tribut et donc on parle de capitalisme tributaire pour désigner ce type de capitalisme qui et le capitalisme dominant dans nos sociétés de réseaux donc à partir de ces de ces mâles accès au réseau la société va se découper en deux groupes conflits qui entretiennent une relation conflictuelle on va avoir d'un côté le peuple qui sont ceux qui n'ont d'autre choix que d'accéder au réseau commun aux réseaux collectif au réseau que tout le monde utilise pour reproduire leur existence matérielle et qui sont très souvent empêchés pour des réseaux de localisation ou des réseaux de prix d'accéder à ces réseaux et de l'autre côté on va voir l'oligarchie qui regroupe à la fois bon les propriétaires de réseau qui profitent du capitalisme tributaire mais aussi les deux catégories se regroupent une classe d'hyper riche qui par le pouvoir de l'argent peut faire sécession de la société et organiser ses propres réseaux séparés du reste de la société pour subvenir à ses besoins ce qu'il y a de plus courant en France ce sont évidemment les écoles les cliniques privées les quartiers également on voit ça à Marseille on voit ça à Paris sûrement dans d'autres villes où je connais moins les exemples mais les quartiers totalement fermés des résidences totalement fermées on parle on a parlé aux États-Unis où est ce domaine de Gates commune 6 qui organise leur vie de façon séparées du reste de la ville littéralement mais dans certains pays ça rejoint un peu ce que disait Manon aussi on voit des gens avoir leur propre citerne pour ne pas utiliser le réseau d'eau qui est trop endommagé on voit au Liban notamment le réseau d'électricité fonctionne très mal les plus riches organisés leurs propres générateur pour pour chez eux et donc voilà on a cette sécession des riches qui donc organise d'un côté le conflit entre d'un côté pardon le peuple et de l'autre côté l'oligarchie ce conflit il est donc ancré dans les rapports sociaux de notre époque les rapports sociaux réels de notre époque il n'annule pas évidemment le conflit entre bourgeois et pour les termes est plutôt l'englobe et il s'inscrit voilà dans la civilisation urbaine et c'est donc ce conflit sa dynamique qui va créer et qui va déclencher les processus de révolution citoyenne dont Manon va vous parler maintenant merci alors une fois qu'on a évoqué ces deux premières parties d'une part les impasses les limites du système capitaliste dans l'époque dans laquelle nous sommes et les caractéristiques de la société urbaine à laquelle nous appartenons une fois qu'on a observé comment le nombre croissant de la population fait les villes et comment les villes par leur organisation en réseau font le peuple caractérisé par sa dépendance à ces mêmes raisons on arrive à la deuxième partie de la théorie car elle comporte une suite on dit souvent en théorie de l'air du peuple mettant en réalité c'est la théorie de l'ère du peuple et de la révolution citoyenne révolution citoyenne pourquoi Antoine l'a dit parce que un nouveau conflit s'organise entre ceux qui dépendent de ces réseaux et ont des difficultés à y accéder et ce qui outre de s'enrichir considérablement dessus sont capables de s'en passer totalement pour vivre une vie épargnée par le lot des souffrances quotidiennes et derrière les années qu'on a passé à travailler et à améliorer cette théorie il y a un travail de long terme de longue haleine d'observation de critiques de décortiquage du processus des différentes révolutions citoyennes auxquelles on a pu assister ces dernières années qui se divise en deux vagues en deux grappes la première à partir de 2010 dans le sillage de ce qu'on a appelé le printemps arabe qui dont le déclencheur est un entrave d'accès au plus aux besoins le plus basique qui est celui de manger et notamment du pain parce que le point de départ est une augmentation faramineuse des prix du blé avec lequel on fait du pain et dans un deuxième temps une deuxième grappe à partir de 2018 les gilets jaunes en France et un certain nombre d'autres révolutions citoyennes en Amérique du Sud au Liban au Chili en Équateur mais également au Moyen-Orient au Liban notamment à partir d'éléments déclencheurs qui ont été des entraves d'accès au carburant pour les gilets jaunes au ticket de bus et tout un tas de de réseaux de transport et d'eau la production la réalisation dans la théorie de la révolution citoyenne d'une grille d'analyse elle l'a servi à identifier à la fois des déclencheurs sur lesquels je vais revenir des caractéristiques de ces processus de révolution citoyenne parce qu'on s'est rendu compte que peu importe l'endroit où ça se déroulait sur la planète peu importe les spécificités de la société religieuses culturelle quelle qu'elle soit on trouvait des caractéristiques similaires et également des phases qui étaient souvent très souvent les mêmes et dans le même ordre peu importe le contexte social précis peu importe le point de départ du moment de cristallisation des tensions concernant les déclencheurs tout d'abord l'idée est de considérer que la société fonctionne comme c'est très pompe comme formule un système critique auto-organisé l'image qu'il faut avoir en tête pour comprendre cette formule un peu un peu complexe c'est celle du tas de sable nous sommes en tant que société un agrégat de tas de sable on va s'en sortir très bien magnifique un agrégat de tas de sable relativement stable qui par le simple fait d'un énième grain de sable dont on ne sait pas quand ni où il va tomber va faire écrouler le tas de sable et produire une nouvelle réorganisation du système une autre image serait la goutte d'eau qui fait déborder le vase simplement en parlant d'eau on s'est rendu compte on observant les différentes révolutions citoyennes ces dernières années qu'il y avait un certain nombre de luttes d'enjeux préliminaires à une entrée en phase éruptive en colère et en expression massive de la population et au premier chef de ces sujets de lutte préliminaire il y a évidemment l'eau par exemple au Chili avant même que le gouvernement ne décide et n'annonce vouloir augmenter le prix du ticket de bus dans un pays où le fonctionnement des transports en commun et délabrés et où les gens peinent à avoir les moyens de se déplacer et non pas forcément les moyens d'avoir une voiture et donc dépendre du bus pour aller travailler et quand ils ne vont pas travailler ne sont pas présents sur leur lieu de travail sont virés on réalise le caractère vital et urgent de ce genre de décision avant même cette situation il y avait un contexte hautement inflammable de conflits liés à l'eau dans une un contexte national de sécheresse ou des petits agriculteurs maraîchers éleveurs ne pouvait plus accéder à l'eau dont ils avaient besoin pour seulement vivre de leurs revenus et alimenter le marché local tout simplement parce que le gouvernement avait vendu privatisé donner l'intégralité de la ressource en eau aux gros exploitants agro-industriels qui cultivent au Chili l'avocat à des fins d'exportation on retrouve là les situations de d'injustice et d'inégalité sociale et environnementales sur la sur lesquels on s'est arrêté tout à l'heure ces questions d'eau au point de départ et comme terreau de de contexte inflammable qui précèdent des révolutions citoyennes on les retrouve on les a retrouvé au Liban au Moyen-Orient et plus récemment ça continue puisque cet été il y avait des manifestations massives en Uruguay concernant à nouveau un problème d'accès à l'eau ou les slogans étaient de l'eau pour le peuple pas pour les multinationales ou encore on n'a pas d'eau au robinet on a même pas d'eau pour boire et on veut de l'eau pour boire voilà les slogans qui étaient ceux des manifestants en Uruguay et idem en Iran ou suite à des décennies de mal gestion de privatisation les canalisations sont dans un état désastreux et quand ce superpose à cela une situation de sécheresse les gens descendent soudainement massivement dans la rue parce que c'est devenu une situation tellement insupportable de brutalité quotidienne que les slogans sont à nouveau il y a pas d'eau au robinet on en peut plus faites quelque chose voilà pour les luttes préliminaires l'intérêt de s'arrêter sur ces luttes préliminaires outre le sujet de l'eau qui doit nous-mêmes nous permettre de tirer des enseignements sur la situation en France utégard au Méga bassines et aux inégalités de d'accès à l'eau entre les petits agriculteurs les plus gros ceux qui n'ont pas l'eau dans les quartiers pauvres et ceux qui ont toutes les autorisations nécessaires pour continuer à arroser les Golf l'intérêt d'observer cela c'est de repérer que c'est luttes préliminaires vont permettre à la population de créer tout un tas tout un petit écosystème de gens déjà organisés entre eux d'associations de collectifs de comité de quartier qui sont reliés par ce contexte inflammable et qui quand se produit l'événement fortuit réactive les réseaux et ont un terrain une plus grande facilité à entrer en action voilà pour ce que je peux dire des déclencheurs je reviendrai plus dans le détail sur sur ce qu'ils peuvent être même si on en a déjà dit beaucoup de mots la deuxième champ d'études des processus de révolution citoyenne ça a été après observation et remonter d'un faute de terrain dans isoler des caractéristiques pour montrer que peu importe l'endroit où ça se déroule il s'agit en fait du même processus la première des caractéristiques c'est celle d'assembler citoyenne qui se constituent spontanément le plus ancien exemple qu'on est c'est celui de la Révolution française puisque ce qui correspond aujourd'hui au 14 juillet que nous célébrons tous les ans s'appelait en 1790 la fête de la Fédération on oublie trop souvent la suite c'était la fête de la Fédération des assemblées citoyennes constituées de gens qui souhaitaient la fin de la monarchie l'avènement de la République sur la base d'un certain nombre de doléances de frustration de de d'injustice et de colère subie depuis trop d'années on a retrouvé ces assemblé es citoyennes évidemment sur les ronds-points avec les gilets jaunes mais également dans d'autres pays au Chili ou des comités de quartier se sont constitués spontanément et au Sri Lanka ça me vient à l'esprit maintenant avec la particularité au Sri Lanka que la répression était telle que ces comités étaient secrets donc ce qui nécessite une certaine rigueur une certaine organisation une certaine confiance envers les gens avec lesquels on se mobilise parce que c'est sa propre vie qui est en jeu le deuxième critère et non des moindres c'est celui de la visibilité à nouveau évident quelle est la vocation du gilet jaune en tant que tel si ce n'est de se montrer et de vouloir montrer au pouvoir au gouvernement qu'on n'en peut plus et qu'on n'est pas écouté qu'on n'est pas vus plus récemment les casseroles ou quand le visiblement le gouvernement ne veut pas voir on essaye de le faire entendre ça marche pas davantage et également des slogans on est là ceux que j'ai cité sur en Uruguay en Irak un peu partout les mêmes slogans qui revendiquent un droit à exister et un droit à une vie digne la troisième caractéristique c'est celle évidemment de la légitimité de l'unanimité ou le peuple la population qui se mobilise et devient peuple par le fait qu'elle cherche à acquérir et à affirmer la légitimité de ses propres revendications pour cela elle se drape c'est l'occasion de le dire la langue française est bien faite dans les symboles nationaux a commencé par les drapeaux qu'on a repéré dans toutes les manifestations à travers le monde et il s'agit pas de revendications nationaliste mais bien de dire nous sommes le peuple nous demandons à ce que l'oligarchie cesse le désastre dont elle est responsable et de manifestement ce dont elle est incapable de s'occuper la quatrième caractéristique c'est celle pour faire le lien avec ce qu'a développé en toile sur le monde urbain dans lequel nous sommes c'est évidemment l'urbanité des modes d'action on l'a vu avec les gilets jaunes ce sont et ailleurs dans le monde ce sont la prise des places fortes ce sont les barricades ce sont le fait de tenir des ronds-points pour bloquer les flux et entraver le système capitaliste dépendant de cette de ce fonctionnement en réseau on bloque les péages on bloque les routes on organise on essaye d'organiser des grèves massives dans les secteurs importants de la production pour faire plier le pouvoir et enfin et non des moindres la cinquième caractéristique c'est partout dans le monde où cela s'est produit la présence forte de femmes le plus ancien exemple qu'on en est c'est le fait que la Révolution française commence avec les femmes qui vont chercher le Roi à Versailles et lui dise maintenant tu vas venir à Paris et tu vas voir d'un peu plus près comment nous on vit ou comment nous on ne peut plus vivre ici les gilets jaunes outre les routiers puisque leur profession était l'exercice de leur profession était directement menacés par la hausse des prix du carburant il y avait dans les contingents des gilets jaunes sur les ronds-points une présence massive de femmes dont le métier dépendait aussi du carburant des aides-soignantes à domicile des infirmières à domicile des travailleurs sociales etc etc ce critère là il est important parce qu'à partir du moment où on observe que les femmes descendent dans la rue on sait que le mouvement ne fera pas machine arrière l'histoire montre à quel point l'oppression des femmes dans la société et la charge qu'elles ont de gestion du foyer d'assouvissement des besoins essentiels de nourrir leurs familles etc etc font que quand elle descende dans la rue trop c'est trop et le pouvoir à quoi avoir peur il y a aussi des exemples qui me viennent on n'a pas de PowerPoint pour le montrer mais il y a eu de très belles photos de figures féminines notamment au Soudan quand on connaît la situation d'oppression totale des femmes dans ces pays un moment donné de leur histoire qui montre sur des camions et qui brandissent le point levé des pancartes ou des drapeaux on mesure le caractère déterminé du peuple qui rentre en action voilà pour rapidement les caractéristiques identifier des différentes révolutions citoyennes qui en font un processus en vérité unique même s'il est pluriel est diverse dans ces formes mais similaires peu importe l'endroit et l'époque où cela se déroule et enfin j'aborde le sujet des phases après avoir observé ces différentes révolutions citoyennes pas moins d'une vingtaine qui sont citées et données en exemple dans le livre de Jean-Luc Mélenchon qui va paraître à la rentrée et que vous devez tous et toutes achetés et offrir à vos familles moi aussi je coche la case il y a au point de départ j'y reviens un événement fortuit un événement souvent soudain qui constitue en des coupures d'accès au réseau soit par le prix soit par le fait que le réseau ne fonctionne plus ça peut être l'augmentation du prix du carburant ça peut être l'augmentation du prix du ticket de bus ça peut être des coupures d'accès à l'eau des coupures d'accès à l'électricité et même au Liban dans un contexte qui est celui très particulier du Liban ou la majorité de la population d'origine libanaise vit en fait à l'extérieur du pays et envoie de l'argent pour permettre à ceux qui sont sur place de survivre dépend donc des réseaux numériques et notamment de WhatsApp ou une phase éruptive de mobilisation citoyenne c'est déclencher quand le gouvernement a annoncé vouloir augmenter les tarifs des communications WhatsApp ce qui est assez particulier mais qui donne à voir de manière assez emblématique le fonctionnement de la société contemporaine et numérique dans laquelle nous sommes voilà pour l'essentiel des éléments fortuits qui constituent l'étincelle qui met le feu à la plaine la goutte d'eau qui fait déborder le vase dans un contexte global de colère et de mécontentement général la phase qui vient ensuite c'est celle qu'on appelle instituante institut en pourquoi parce que la population qui descend dans la rue devient à travers une phase de construction de sa propre identité par des symboles par des champs par des slogans que j'ai évoqué un peuple en mouvement qui dans cette phase décide de ces formes de délibération et de ces formes de mobilisation seul par les assemblées citoyennes que j'ai évoqué tout à l'heure ensuite vient la phase destituante le fameux dégagisme en Tunisie le kill s'en aille tous auquel les Libanais avaient rajouté tous c'est tous sans exception et une dimension assez particulière de cette phase destituante c'est à nouveau un terme un peu technique qui est celui de transcroissance et qui recouvre l'idée que bien qu'il y ait au point de départ une revendication un thème particulier au bout de quelques jours moi année parfois cela se transforme d'une revendication spécifique d'accès à un réseau à une revendication politique générale puisqu'ils ne sont pas capables de ce gouvernement en place de faire en sorte que les choses fonctionnent de faire en sorte d'amener l'eau l'électricité etc on va s'en occuper nous-mêmes et enfin la dernière phase une fois qu'on a passé les deux premières la phase constituante à laquelle certains pays sont arrivés mais pas tous on pense à la Tunisie à l'équateur au Chili avec les écueils et les failles et les critiques qu'on pourrait faire sur l'arrivée à cette phase est-ce que ça en a donné ou une fois qu'il a revendiqué le pouvoir politique le peuple se donne les moyens d'écrire les nouvelles règles du jeu nouvelle Constitution à l'image de ce que nous on revendique à savoir la Sixième République pour réécrire les règles redéfinir qui gère quoi qui s'occupe de quoi qui paye quoi qui profite qui devrait être davantage protégé etc etc je précise que ces différentes phases ne sont pas une grille de lecture figée ce que j'ai pu lister comme déclencheur et caractéristique souvent une grille de lecture figée c'est une grille de lecture qui continuera d'être amélioré corriger réévaluer puisque évidemment on doit laisser passer le temps pour voir ce que les mouvements eux-mêmes deviennent puisque ces phases ce ne sont pas des processus qui ça peut être des processus qui participent d'un renversement révolutionnaire radical du pouvoir en l'espace de quelques jours mais ça prend souvent plusieurs années la Révolution française la plupart des historiens estiment qu'elles durent six ans la situation au Liban elle passe par des phases éruptives de manifestations puis les gens sont là non plus les moyens non plus d'argent parce que ça coûte parfois d'entrer dans la lutte on va plus travailler etc donc ça s'apaise puis ça repart car il y a un autre incident un autre événement fortuit vécu comme étant insupportable et de fait on produit cette grille d'analyse pour être en capacité en tant que militant parce que c'est notre rôle en tant que militant au sein d'organisation politique d'avoir la capacité de voir arriver c'est pas toujours le plus facile et on n'y arrive pas toujours mais de voir arriver ces événements du moins dans repérer les caractéristiques qui permettent de dire là ça peut mal tourner quand le processus de révolution citoyenne se déclenche d'accompagner les mouvements et les transitions de phase pour essayer de faire que ça ne s'arrête pas à la phase instituante ou même simplement à la phase destituante ou de faire en sorte que la Constitution qui est réécrite convienne aux revendications qu'on porte voilà à quoi doit servir cette théorie de l'air du peuple et de la révolution citoyenne j'espère que on a été assez clair dans notre exposé même si on était contraint par le temps ce qui fait qu'on n'a pas pu aborder un certain nombre d'aspects j'espère qu'on y reviendra dans le temps d'échanges qu'on va avoir maintenant on a quelques quelques minutes voilà une vingtaine de minutes pour en discuter en vous remerciant d'avoir eu la patience sous cette chaleur de nous écouter et à vos questions [Applaudissements] oui moi j'avais une question par rapport à la dernière phase la Constituante faire une constitution au Chili ils ont réussi à faire une constitution et elle a été votée négativement par le peuple donc je voulais savoir comment on pouvait éviter ça si vous avez analysé cette cette ce moment là de l'histoire oui bonjour Merci pour la conférence juge j'ai une question alors c'est vraiment pas très matérial c'est vraiment juste une question théorique un peu bébête que je me posais cette question de des réseaux etc et de comment le la bourgeoisie s'éloigne petit à petit des milieux prolétaires elle est beaucoup posée notamment par des philosophes comme nickeland ou des économistes comme Varu fakis qui eux théorisent en fait que le capitalisme évolue et qu'on serait plus sur selon nickeland la techno singularité du techno capitalisme ou alors sous le sous-var of fakis du techno féodalisme carrément et du coup je me demandais un peu où est-ce que vous vous positionnez par rapport à cette vision est-ce que selon vous on est toujours très ancrés au sein du capitalisme ou est-ce que on est dans un système économique qui est en pleine évolution et comment est-ce que vous le définirez voilà merci pour pour vos interventions c'était intéressant la question principale que je me pose c'est on a voilà l'air du peuple c'est intégré donc la question de la lutte des classes on va dire prolétaire et bourgeois englober dans un conflictualité plus importante ou plus large je sais pas comment dire plus générale la question en retour c'est moi je ne vois pas le peuple gagné je pense que les les événements qui ont eu lieu ne sont pas des révolutions citoyennes abouties on en a aucune qui a gagné c'est pas parce qu'il y a eu un processus pour moi un processus constitutionnel au Chili il a été vicié et la Constitution en ce moment c'est pas celle que les assemblées portaient et donc ils sont en contradiction avec le mouvement qu'ils ont lancé et donc c'est pour ça qu'ils y participent pas les gens et cette question là elle est comment on se fait pas voler la dernière phase je dirais et quelle classe sociale est là pour moi je ne vois pas d'autres classes que la classe ouvrière par son rôle dans la société capitaliste la classe ouvrière au sens large je parle pas que des prolétaires parce que objectivement la base qui sur laquelle repose sur laquelle repose le capitalisme et pour moi il a pas il a beau il se transforme évidemment parce qu'il cherche toujours plus de profit et c'est une course effrénée qui mène c'est pas quelque chose qui est construit c'est une nécessité absolue pour eux qu'ils avancent quoi qu'il se passe quoi qu'il en coûte et je pense que c'est ça un peu qui pose question parce que ça nous pose ensuite des questions militantes sur quelle ou est-ce qu'on met les impératifs ou est-ce qu'on accentue comment on lit les choses et à comment aussi on organise on cherche à ce que voilà tous ceux qui participent à ce processus et notamment ceux qui sont dans le cœur des réseaux vous dites notamment les ouvrières rejoignent la France insoumise pour se préparer aussi à ces moments explosif qu'on peut évidemment pas planifier quoi déjà merci pour la conférence qui était très intéressante et moi j'ai une question en fait vous avez parlé dans les années 90 la sortie de la gentrification de centre-ville qui aujourd'hui est devenu un luxe est-ce qu'aujourd'hui on se rend compte que dans les projets en rue il y a une très grande gentrification et pas mal de création de réserve foncière est-ce qu'aujourd'hui la rue ne vient pas remettre du grammouth dans ce système en fait une petite blague je vais repasser le micro à Antoine de un je pense que j'ai beaucoup parlé dans les minutes qui viennent de s'écouler et de deux le hasard fait que toutes les questions qui viennent d'être posées le plus spécialiste de nous deux c'est lui donc c'est lui qui me répondra c'est moi qui suis spécialiste de savoir comment on devait faire pour gagner au Chili super donc je vais pas commencer par ça sur la question sur le le techno féodalisme je vais répondre psychiquement à ça parce que ton autre référence je la connais pas [Musique] oui en fait Louis le capitalisme évolue je pense qu'on dit des choses proches dans le sens où en fait le l'analyse qu'on fait du capitalisme de réseau en fait ce qu'on appelle capitalisme tributaire c'est une forme de de c'est une forme de technophoniste fait partie [Musique] en gros il y a déjà un mécanisme qui fait que j'ai expliqué qui fait que une mutation du capitalisme c'est que la l'a l'amélioration de la productivité du travail la façon dont le travail est organisé en lien avec les machines sur lesquelles il est organisé pour produire plus en moins de temps cette question là devient plus ils central que ça dans la manière dont les profits se font par le capital d'ailleurs les gains de productivité eux-mêmes sont en baisse depuis les années 70 et la productivité elle-même est en baisse depuis 2020 en France et dans tous les pays occidentaux ce qui fait que en effet le fait d'être propriétaire des réseaux comme on était dans le féodalisme mettre d'un domaine et la façon dont on extrait la valeur plus que par la productivité du travail aujourd'hui bon en tout cas c'est l'analyse si on la poutre jusqu'au bout du capitalisme tributaire c'est c'est celle-là par ailleurs pour la la question numérique en fait le là on a parlé voilà de des réseaux entre guillemets du quotidien l'eau l'électricité les autoroutes etc mais au niveau global on peut dire que le capitalisme lui-même s'est mis en réseau en fait la mondialisation n'est rien d'autre qu'une mise en réseau de la production on produit un bout à un endroit du monde un autre ou un endroit du monde etc etc et ce qui est déterminant pour pouvoir faire ça c'est évidemment qu'on ait un réseau de transport de marchandises et un réseau de communication pour transmettre les bonnes informations à tous les points de la production à travers le globe pour pour pouvoir produire ça et donc les entreprises les firmes transnationales qui aujourd'hui tirent leur épingle du jeu du capitalisme mondial sont celles qui LED le réseau d'organisation de la production par exemple une entreprise comme Apple ne possède pas d'usine ne fait pas travailler d'ouvriers mais maîtrise un réseau qui organise toutes les usines qui produisent les iPhone et pour cette raison extrait capte la plus grande part de la valeur qui est produite lorsqu'un iPhone est produit la grande distribution fonctionne aujourd'hui sur le même modèle c'est-à-dire que les entreprises de grande distribution comme Walmart ou Auchan en Europe ont mis en place des réseaux numériques de les années 90 qui coordonne toutes les interactions entre les chaînes de fournisseurs jusqu'à jusqu'au magasin ce qui fait que tout le monde participe tous les fournisseurs de Auchan participent au même réseau numérique pour faire leurs commandes etc ce qui fait qu'il y a c'est beaucoup plus efficace il y a beaucoup moins de retard dans les livraisons il y a des adaptations qui sont possibles sur les jours on livre etc et ça fait gagner beaucoup d'argent au système globalement mais cette valeur créée elle est captée uniquement par celui qui est l'organisateur du réseau et le processeur du réseau c'est à dire Walmart États-Unis ou Auchan ça de manière sévère en France en Europe aussi donc je pense que les analyses du Tecno féodalisme rejoignent celles de rejoindre celle de du capitalisme tributaire va enfin qui ce n'est pas là mais Cédric Durand qui a écrit aussi sur le sujet est présent aux amphis va donner plusieurs comptes sur le sujet de l'économie numérique dans les jours qui viennent que je vous conseille si le sujet vous intéresse quoi la rue je peux répondre en effet l'horris je suis d'accord avec toi l'enrue est une tentative à mon avis de de valorisation de quartier que le capitalisme n'arrive pas à valoriser que le marché immobilier n'arrive pas à valoriser tout seul et donc c'est un cas où l'intervention de l'étape peut être comprise comme utile justement pour faire un certain nombre de transformation qui sont nécessaires à dans un second temps une valorisation par le marché immobilier de ces espaces leur rue pour ceux qui savent pas c'est l'Agence nationale de la rénovation urbaine qui est une agence qui met de l'argent pour rénover des quartiers HLM tout en imposant que il y ait du privé qui arrive dans ces quartiers que ce soit plus seulement des quartiers de logements sociaux donc ouais je suis d'accord avec toi sur sur ce constat je sais pas si ça si c'est très efficace tout le temps par contre je pense que en fait c'est une volonté qui a derrière la rue mais je suis pas sûr que enfin il y a plusieurs cas où en fait ils sont pas arrivés si tu veux on ouais je sais si tu veux on en parle après moi j'adore le sujet et par ailleurs il y a aussi un atelier je crois dans les jours qui viennent de François pickman qui est un député insoumis qui bosse beaucoup sur le sujet rapidement sur la classe ouvrière je suis je partage le constat de évidemment de la centralité de la classe ouvrière et du conflit en fait du conflit de de d'exploitation du travail je pense pour les raisons que j'ai expliqué qui sont les raisons un peu d'ordre anthropologique c'est à dire donc de la civilisation urbaine de la manière dont les gens reproduisent leur existence d'une part et des raisons d'organisation du capitalisme ce que je viens d'expliquer en gros sur cet échange qu'on a eu sur le techno féodalisme et le capitalisme tributaire que il y a d'autres conflits qui sont des conflits de classe anticapitalistes qui ne se passent pas sur le lieu de travail aujourd'hui par exemple ce que disait maintenant sur le blocage des flux bloqué les ports les entrepôts les routes les autoroutes les la circulation en fait de de cette immense réseau qui est la mondialisation est un pouvoir d'intervention énorme caleple comme la grève est un pouvoir d'intervention énorme qu'à la classe ouvrière voilà ce que je peux dire là-dessus le Chili comment gagner au Chili maintenant très bonne question alors moi je suis pas une grande spécialiste de la façon dont s'est déroulée la Constituante au Chili là où je mettrai un peu plus optimisme et où je suis moins enfin je m'inscris peut-être en faut dans ce qui a été dit au départ qui est comment se fait pas voler la dernière phase qui est une très bonne question si on considère qu'il y a aucun processus révolutionnaire qui n'a fonctionné alors aucun en est et à ce moment là la Révolution française est de ce point de vue aussi un échec puisqu'elle a été captée dans la dernière phase par la bourgeoisie ce qu'on essaye de faire en proposant cette grille de lecture c'est de d'introduire des clés de d'analyse de ce qui se passe et de donner peut-être un espoir et et des outils pour faire en sorte que ces révolutions elles arrivent au point où on aimerait qu'elles arrivent avec le niveau d'exigence et l'investissement qu'on y met c'est pas chose aisé c'est pas garanti mais c'est ce qui fait aussi la saveur du militantisme dans un contexte de possible fin du monde d'un point de vue écologique relativement avancé qui nous permet de nouvelles le matin parce que si on part du principe que de toute façon ça ne marche pas et ça ne marchera jamais à quoi bon non mais c'était pour remettre un petit peu de de positif dans tout ça après concernant le Chili je termine juste que je suis en train de dire et après on y vient surtout si vous êtes spécialiste du sujet je vous transmets le micro avec grand plaisir ce qui est compliqué c'est que quand on n'est pas sur place c'est difficile de dire aux camarades on aurait mieux fait et vous auriez dû faire comme ci comme ça comme ça moi je je pense que c'est tout l'intérêt de propager cette grille de lecture cette vision du monde et les clés de cette théorie y compris à l'échelle internationale de la partager de la mettre en commun pour justement s'améliorer et faire mieux au moment où il faudra faire mieux voilà c'est une réponse un peu globale un peu floue si Antoine tu veux rajouter quelque chose sur le Chili en particulier je passe le micro ouais juste un mot je pense que je pense déjà qu'on peut considérer que le la fin de l'histoire n'est pas encore écrite au Chili mais que dans cet échec qui a été le référendum constituant [Musique] en fait si on reprend le fil des événements il y a eu cette révolution cette énergie révolutionnaire extraordinaire au Chili en 2019 qui a gagné successivement le droit d'un référendum pour convoquer une nation les constituante puis qui a gagné le référendum de convocation des assemblée constituante puis on peut considérer il a gagné les élections à cette assemblée constituante puisque les indépendants comment les appelait c'est-à-dire les gens issus de la Révolution étaient très puissants à l'Assemblée constituante et constituée une majorité de l'Assemblée si on y ajoutait les les parties de gauche de transformation du Chili ensuite la cause et ensuite Gabriel borrich a été élu président de la République chilienne puis ils ont perdu le référendum constituant je pense que en fait le il y a eu l'énergie révolutionnaire qui a été qui a été qui s'est déployé au début de cette de cette de ce processus n'a pas été suffisamment entretenu je pense dans la dernière phase et donc elle est un peu retombée ce que je veux dire par là c'est que convoquer une assemblée constituante ne suffit pas en tant que tel si la société en tout entière autour n'est pas elle-même dans une phase constituante et pour que la société soit dans une phase constituante il faut maintenir la flamme présente et notamment il faut je sais que je pense en tout cas que nous parce que nous l'avons déjà dit si nous arrivions au pouvoir donc convoquerions une assemblée constituante et en même temps avant même le référendum constituant et pendant les travaux de la Constituante nous ferions immédiatement un certain nombre l'exécutif prendrait un certain nombre de mesures on ferait un certain nombre de réformes immédiatement pour montrer que la direction dans laquelle va la société je pense qu'au schili ça n'a pas été suffisamment fait pour des raisons qui ne dépendent pas entièrement de nos camarades qui dépend aussi des conditions dans lesquelles ils ont été élus face à un fasciste qui a été très haut avec des marges de manœuvre au Parlement qui n'étaient pas très grande et donc ils sont probablement retrouvés bloqués mais je pense qu'en fait quand on accède au gouvernement il faut déclencher le processus constituant et il faut que l'exécutif participe lui-même au processus constituant par les mesures qu'il prend montrant la direction dans lesquelles va le procession je pense c'est une des raisons pour lesquelles le référendum a été perdu au Chili parce que la gauche n'a pas suffisamment montré la direction dans laquelle on allait une fois que la Constitution était rédigée et que il s'agissait de l'adopter je te passe la parole si tu peux rajouter un mot ouais pardon je voulais surtout pas vous promettre en question non je quand vous parliez de du Chili et de du problème qui a eu pour l'adoption de la Constitution je me suis souvenu d'une d'une intervention de Barbara stigler que tout le monde doit connaître je pense ici et qui a justement qui a dit des choses là-dessus que je vais m'efforcer de dire fidèlement parce que je ne suis pas du tout spécialiste de ça donc pour elle il s'agit de de ce qu'on a voulu trop mettre dans la Constitution ce qui pouvait correspondre peut-être à certaines forces sociales notamment dans le domaine par exemple de de LGBT etc etc et qui a choqué un certain nombre de milieux donc ce qu'elle dit je crois que ça rejoint un peu ce que vous disiez d'ailleurs que que la société n'était pas mûre pour accepter que dans cette Constitution il y ait énormément de règles qui ne correspondait pas à un accord totalement majoritaire et donc selon elle il aurait fallu prendre le temps de beaucoup plus comment dire débattre de manière constituante et ne pas vouloir trop rapidement rédiger cette constitution avant que tout que tout le monde disons ou une grande majorité partage tous les éléments qui étaient présents dans cette constitution voilà c'est c'est ce que disait Barbara stigler je suppose qu'elle a dû travailler la question merci juste pour réagir là dessus je suis pas trop d'accord avec cette explication je pense que ça revient à je connais enfin je paramètres en cause par un cylor que j'aime beaucoup par ailleurs mais je pense que ça revient un peu à prendre pour argent comptant l'explication de la droite en fait en vérité le Chili a été un le Chili a été un une en barbare n'est pas à droite mais j'ai pas dit que non plus toi tu étais je en vérité le Chili est quand même quand pendant la période révolutionnaire et toutes les années qu'on préférais au ciné un pays où il y avait un des mouvements féministes les plus puissants du monde qui je pense a fait énormément avancer la société chienne sur ces questions la composante indigène chilienne était également très présente dans la Révolution et c'était très clair pour tout le monde au moment où les gens ont voté pour la convocation de la Constituante et pour l'élection de CDT qui votait pour des aussi des féministes aussi des coloniaux je pense que par contre la droite au moment des débats sur la constitution chilienne elle s'est évidemment saisie de ces questions pour construire un récit sur ou aller la société chilienne et où elle devait aller et je pense que la gauche elle ne l'a pas suffisamment fait je pense qu'il était possible de construire un récit qui aurait qui aurait pu emmener bien sûr facile à dire de mon point de vue qui n'est pas participé à cette bataille au Chili mais je pense qu'il est possible de manière générale pour la gauche de construire un récit qui inclut les avancées féministes LGBT pour les minorités etc qui contient ainsi qui inclut toutes ces avancées et qui emmène une majorité de la société je vais rajouter juste un mot et je pense qu'on a atteint leur limite qu'on nous avait fixé et qu'on va terminer là-dessus sauf s'il y a évidemment une dernière question évidemment je souscris à ce que vient de dire Antoine et ça à mon sens justifie d'autant plus le fait de s'approprier et de diffuser cette grille de lecture et cette théorie qui invite à considérer qu'il ne s'agit pas uniquement d'attendre que surgissent une révolution citoyenne hypothétique pour faire advenir le grand soir mais qui justifie une action militante de terrain continue pour faire avancer la société convaincre sur tout un tas de points et faire en sorte qu'au moment où arrive un processus révolutionnaire et au moment où arrive le processus constituant on soit on est suffisamment fait infuser toutes ces idées dans la société pour qu'elle soit prête à les inclure dans cette constitution et c'est tout le mérite je crois de toutes les caravanes qui ont été organisées par les camarades dans les quartiers populaires cet été et d'un tas d'autres actions qui nous amènent à conclure que la théorie sans la pratique et la pratique sans la théorie n'ont pas d'issue voilà merci à vous et bonne suite d'amphi [Applaudissements]