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interviewSud Radio· 7 juillet 2025 10 min

Réforme de Bayrou : les préfets tout puissants ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Sud Radio, les débats de l'été 10h 13h. Maxime Liedo à l'heure du déjeuner, il est temps de s'intéresser à à l'actualité chaude et c'était passé un peu inaperçu ce matin. Pourtant, c'est très important.

C'est un changement dans le la façon que l'État national a de déléguer ces missions. C'est François Baou qui dit qu'il veut, je cite, réorganiser complètement l'État et penser tout cela différemment. Bonjour Michel Auboin.

Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes haut fonctionnaire, préfet honoraire et c'est vrai que cette organisation, en tout cas cette volonté de François Baïou, nous ne l'avions pas vu venir.

Il dit "Bon, il est grand temps en réalité de changer totalement tout ça. Il faut s'appuyer beaucoup plus sur les préfets parce que ce sont eux les chefs. Est-ce que pour vous c'est une bonne chose ?" Oui, bien sûr, bien sûr.

Oui, oui. Évidemment, je défends pas ma la corporation des préfets en disant ça. Je dis simplement que il est nécessaire que dans l'administration locale, hein, dans l'administration dans les régions, dans les départements, nous ayons des décideurs.

C'est très important. C'est parfois ce qui manque les décideurs. Il y a beaucoup de gens pour faire de la coordination, pour donner du conseil et cetera, mais parfois, il faut décider.

Or euh les préfets sont des décideurs naturels, ils sont formés pour ça. Et aujourd'hui euh je pense que le premier ministre en a pris conscience et c'est très bien euh dans la profusion des différents services qui existent euh des multiples services qui existent au niveau de la région et du département. Celui qui est le le mieux placé hein pour pour faire mettre tout le monde autour de la table et surtout mettre tout le monde d'accord, c'est le préfet pardon. comme le fait d'ailleurs le le Premier ministre avec ses ministres d'une certaine façon parce que le préfet est le représentant de chacun des ministres mais il est aussi le représentant du premier ministre dans le département et la région.

Donc oui, c'est une c'est une bonne chose. Alors ce qui ce qui est un peu amusant d'une certaine façon, c'est souvenez-vous il y a encore quelques années, on je je j'étais interrogé pour savoir si on le corps préfectoral vous souvenez. Voilà.

Mais c'est ce que j'allais vous dire. Et comment vous expliquez justement que tout d'un coup on a l'impression que c'est un peu comme les diplomates, c'està-dire qu'on les a on a supprimé le corps des diplomates. Maintenant que le monde est en ébullition, maintenant que le monde est en ébullition, on se dit "Ah bah mince, on aurait peut-être pas dû le faire." Comment vous expliquez qu'au sommet de l'État, on va dire l'air pour les fonctionnaires est totalement tourné ?

Ah ben je je oui enfin oui oui mais le et c'est la même chose effectivement que pour les diplomates. C'estàd que les politiques qui avaient pensé que les pré les préfets servaient peu et qu'on pouvait et qu'on pouvait les remplacer par des gens qui qui n'avait pas eu leur formation viennent de se rendre compte d'un seul coup et le premier ministre tant mieux et c'est un é local hein ça ça joue beaucoup évidemment le ministre de l'intérieur évidemment aussi Bruno Rutaillot très très attentif à ce métier de de préfet dont il parle souvent et puis sans doute tout au sommet de l'État aussi le président de la République a dû être convaincu aussi que en fait il s'était trompé fait en voulant mettre fin au corps préfectoral. Donc c'est tant mieux.

Le corps préfectoral n'est pas mort. Les préfets sont toujours là, les sous-préfets aussi. Euh et je pense que tout le monde est en ordre de marche.

Je pense que tous les collègues sur le terrain attendaient ça parce que je vous pose pardon Michel Lou vous interromp. Je vous pose la question certainement avec un un brin de provocation mais est-ce que on va résoudre ce problème de proximité ? Est-ce que c'est ce que dit aussi François Baïou et ce que vous venez de dire à savoir qu'à chaque fois il y a tellement d'établissements d'agences de de strat administratif pour avoir une réponse à une question.

Est-ce que remplacer on va dire quelques fonctionnaires qui étaient dans des agences par un haut fonctionnaire, est-ce que c'est ça qui va résoudre les problèmes de proximité et de rapidité ? Si je vous disais oui, évidemment, je vous mentirai. C'est évidemment c'est plus compliqué que ça.

Vous avez d'abord un enchevrement de procédure et c'est surtout la question juridique he qui paralyse la France aujourd'hui. Non, c'est pas tellement la question des hommes, mais de temps en temps sur des chantiers d'avoir quelqu'un qui pilote et qui est capable de dire oui, non, plutôt, bien et cetera. Tout ça, tout ça c'est c'est c'est très important.

Alors, j'entends par exemple que euh je sais pas si ça sera fait hein, que les agences les agences régionales de santé euh qui avaient euh été créé pour que les préfets ne s'occupent plus de santé justement euh pourrai disparaître de nouveau euh pour laisser place à un pilotage plus direct par les préfets. Bon, le à l'époque, on disait les préfets sont pas compétents en matière de santé. D'ailleurs, c'est vrai, ils sont pas compétents en matière de santé, pas plus que du reste non plus. et on a cré on a fait d'ailleurs parfois des anciens du corps préflectoral pour les diriger et aujourd'hui on se rend compte que les ARS ont autant de mal que enfin plutôt on pas plus de facilité en tout cas à résoudre la question des hôpitaux.

C'est surtout la question des hôpitaux qui se posent. que remettre les RS dans le giron de l'État et permettre au préfet d'avoir un droit de regard sur le fonctionnement de la santé, je pense que ça peut beaucoup améliorer les choses. Oui.

Mais et on se souvient dans les années 2012 notamment, on avait souhaité la suppression du département en disant "Regardez, ça va être tellement plus simple, ça va être tellement plus facile. Bon, on sera on a découvert sans trop d'étonnement quand même qu'il y avait aujourd'hui encore quelques préfets qui étaient payés à ne rien faire, en tout cas qui étaient en poste sans être en poste. Est-ce que dans avec tout ce que vous dites, c'est-à-dire des ARS, j'imagine que si le préfet récupère quelques quelques zones de compéten que va-t-on faire des ARS ?

C'est-à-dire que est-ce que aujourd'hui le préfet ne va pas créer beaucoup plus, si vous voulez, de difficultés que prévu vous dites qu'il faut un chef, ça on est tous d'accord. Encore faut-il que le chef sache sur quoi il a du pouvoir, non ? Oui.

Oui, tout à fait. Non, mais c'est surtout ce qui est très embêtant dans la décision publique, c'est quand vous avez 10 personnes qui chacune ont une partie de la décision et veulent pas la partager avec les autres. Voilà, de temps en temps, il faut coordonner de temps en de temps en temps, il faut dire voilà la ligne et voilà celle que nous allons faire.

Ça permet aussi d'ailleurs ça permettra aussi d'ailleurs au ministre de comprendre que il y a une action de l'État qui doit être unique et l'action unique de l'État, elle se joue évidemment à Paris mais elle se joue aussi dans les territoires. Non, c'est très important et sur les départements, je suis je suis complètement d'accord avec vous. Je je le suis d'autant plus que je lis que c'est le décret 2004 auquel j'ai participé qui doit qui devrait être modifié.

à l'époque, j'étais sous-directeur et la grande idée c'était qu'on allait petit à petit renforcer les régions au détriment des départements. Avec le recul, je pense que c'est une erreur. Voilà, je pense que c'était une erreur.

Je pense qu'aujourd'hui le département, c'est toujours la proximité. C'est là où habitent les gens et euh c'est le département qu'on doit ren français. Je pense qu'on on s'était trompé sur cette sur cette idée.

Donc les préfets, il y a des préfets dans les départements, des préfets dans les régions, mais la vraie proximité, elle est dans le département. On va pas tout résoudre, hein non plus. Évidemment, tout c'est voilà, il faut pas rêver mais de temps en temps sur des grands des grands sujets des faut-il ouvrir un hôpital, faut-il faire une préfet, il faut qu'il y a un préfet qui soit en bouche.

Et ce que dit d'ailleurs le premier ministre, c'est il y a un préfet, il est responsable et donc comme il est responselable, il rendez compte hein. que la différence entre la décision et et et le conseil, c'est que celui qui prend la décision, il rend des comptes et donc évidemment, il peut perdre sa place si jamais il a pas pris la décision la décision adéquate. Euh celui qui conseille ne risque rien pour sa carrière et ça change beaucoup de choses quoi.

Et la mériade d'agence et de d'autres établissements qui n'ont aucune responsabilité, qui ne font que passer les dossiers. Là aussi, il y avait un problème de responsabilité. Et j'aimerais vous garder le temps encore d'une question Michel Auboin.

Je rappelle que vous êtes haut fonctionnaire et préfet honoraire. On a appris tôt en tout cas dans la matinée qu'Emmanuel Macron président de la République allait convoquer à nouveau un conseil de défense pour s'occuper de la question de l'entrisme notamment des frères musulmans suite à à ce rapport. À cette époque, nous nous nous avions reçu et vous nous aviez expliqué à quel point en effet la question de l'entrisme notamment au niveau préfectoral, notamment à à tous ces à toutes ces différentes échelles était importantes.

Est-ce que vous pensez que cette convocation, cette réunion que vient d'organiser le président de la République est enfin un pas vers la lucidité de certains de nos dirigeants sur ce sujet-là ? Alors, j'espère euh je l'espère vivement parce que euh évidemment tous les services savent ce que enfin le le travail de SAP que réalisent les femmes musulmans. Maintenant, on a des rapports qui sont rendus publics.

Les rapports existés, ils n'étaient pas publics. Maintenant, ils sont publics. Donc, l'opinion publique est est convaincu, je pense. comment dire le poids des frères musulmans puisqu'on parle de dans cette affaire, le poids des frères musulmans de nos institutions est devenu et et en Europe en particulier est devenu trop important et l'État français doit absolument réagir.

Je je crois que si le président affiche cette détermination, sans ça, il aurait pas convoqué évidemment un conseil de défense, euh c'est pour prendre des mesures plus efficaces que celles qui ont été prises jusqu'à maintenant. C'est c'est très important. Il suffit pas de faire du renseignement et de savoir et un certain moment il faut savoir dire non et montrer et là aussi cette fois-ci prendre des décisions.

Merci beaucoup Michel Lebin au fonctionnaire et préfet honoraire d'avoir répondu à nos questions. On y reviendra largement dans cette émission demain à midi sur cette ce en tout cas ce qui a été mobilisé par Emmanuel Macron, c'est-à-dire ce conseil de défense sur la question des frères musulmans. Mais vous êtes sur Sud Radio et à mini 21, il est l'heure de vous écouter. 0826 300 300.

Je vois déjà Laurent du côté de Méignac qui nous a appelé mais également Jacques. Vous voulez réagir à Emmanuel Macron ? Nous avons beaucoup évoqué durant ces grands débats de l'été à savoir faut-il armer ou désarmer la police municipale.

On voit bien que politiquement deux camp s'affrontent. Vous parlez vrai ? 0826 300 l'application Sud Radio.

À tout de suite. Sud Radio. Sud Radio, parlons vrai.

Parlons vrai.