Xavier Bertrand : retour à la case LR ? #cdanslair 10.09.2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 30 %Défensif 40 %
Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
Qui sera le candidat à droite ? Qui sera le candidat à gauche ? Et qui sera le candidat chez les écologistes ?
- 0:23OuverteRéponse partielle
Xavier Bertrand tente de se rapprocher de LR. Quel sera l'impact d'une candidature d'Éric Zemmour ?
- 1:10OuverteRéponse directe
Est-ce que le fait de participer à ce dîner, Xavier Bertrand n'a pas mangé son chapeau ?
- 1:44OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous pensé en voyant Xavier Bertrand à ce dîner ?
- 5:15OuverteRéponse directe
L'aventure en solo de Xavier Bertrand a-t-elle échoué ?
- 6:06OuverteRéponse directe
Est-ce que ça ne risque pas d'être sale à droite avec Valérie Pécresse ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:40Xavier BertrandFait
« Je n'imagine pas gagner cette élection présidentielle sans le soutien et l'aide de ma famille politique. »
- 10:47Xavier BertrandFait
« Vous connaissez ma position pour la primaire. Je n'en changerai pas. »
- 12:01Marine Le PenFait
« Nous sommes une grande démocratie. A-t-on encore besoin d'un audiovisuel public de cette taille ? »
- 18:14Pascal PerrineauFait
« Il faut faire très attention dans ces périodes à 6-7 mois d'une élection présidentielle, il y a toujours des phénomènes de bulles d'opinion. »
- 31:03Soisie KéménerChiffre
« Anne Hidalgo recueille 9% des intentions de vote au coude à coude avec Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon. »
- 34:35PrésentateurFait
« Cette gauche au confetti est mortifère. »
- 45:02Locuteur 6Fait
« C'est vrai qu'elle a été réélue à la mairie de Paris. »
- 45:11Locuteur 6Fait
« Nathalie Kosciusko-Morizet, on ne s'en souvient plus, mais ça fait longtemps, avait été candidate en 2014 face à elle. »
- 45:19Locuteur 6Fait
« Elle avait été les premières adjointes à l'époque. »
- 45:24Locuteur 6Fait
« Ensuite, on a essayé quand même d'envoyer ce qui semblait à l'époque des poids lourds, Benjamin Griveaux, Alain Hidalgo. »
- 45:26PrésentateurFait
« Édouard Philippe. »
- 45:39Locuteur 6Fait
« On voit bien d'ailleurs, autour d'elle, elle est soutenue en grande partie par le PS puisque Olivier Faure la soutient. »
- 45:44Locuteur 6Fait
« Mais en même temps, c'est des maires qu'elle a derrière elle. »
- 45:51Locuteur 6Fait
« Joanna Roland de Nantes qui la soutient, Martine Aubry, bien entendu, figure historique du PS, Mathieu Klein à Nancy. »
- 46:21PrésentateurFait
« C'est un peu dur ce que je dis, mais c'est un peu le cas quand même. »
- 47:16PrésentateurFait
« Les débats télévisés sont apaisés, pas de candidature dissidente, et plus de 70 000 inscrits pour le vote. »
- 47:22PrésentateurFait
« Yannick Jadot, on le sait, il est considéré comme le candidat le plus centriste, et il fait la tête dans les sondages. »
- 48:31PrésentateurChiffre
« 72 000 inscrits pour l'heure à la primaire, dont 86% de non-adhérents, un record. »
- 48:33PrésentateurFait
« Yannick Jadot part avec une longueur d'avance, largement en tête dans les sondages auprès des sympathisants. »
- 49:20Locuteur 2Fait
« Si on voulait atteindre la neutralité carbone dans 5 ans ou dans 10 ans, il faudrait des mesures radicales. »
- 50:43PrésentateurChiffre
« La SNCF a monté ce projet à 1 milliard d'euros qui va détruire les commerces locaux, qui va augmenter les émissions de gaz à effet de serre à Paris. »
- 51:24Locuteur 1Fait
« La Convention citoyenne pour le climat a dit qu'on arrête avec les centres commerciaux. »
- 52:16PrésentateurChiffre
« La dernière fois, la primaire des Verts avait mobilisé 17 000 personnes. »
- 52:21PrésentateurChiffre
« Là, nous sommes à 72 000. »
- 52:45PrésentateurChiffre
« 7-8 % d'intention de vote, c'est mieux de toute façon que le record qui avait été enregistré, en effet, en 2002 par le candidat écologiste Noël Mamère, un peu plus de 5 % des suffrages exprimés. »
- 55:12Locuteur 6Fait
« On voit bien que toute la génération climat les plus jeunes, ça va être intéressant de voir qui s'est inscrit pour aller voter à cette primaire. »
- 55:35Locuteur 6Fait
« La primaire, elle est ouverte aux plus de 16 ans. »
Temps de parole
- Présentateur62 %
- Locuteur 619 %
- Locuteur 411 %
- Locuteur 94 %
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Bonsoir à toutes et à tous. Qui sera le candidat à droite ? Qui sera le candidat à gauche ? Et qui sera le candidat chez les écologistes ? Nous sommes à 7 mois de la présidentielle et le suspense reste entier sur les têtes d'affiches du premier tour. Xavier Bertrand n'a pas réussi à plier le match dans son camp et du coup l'élu des Hauts-de-France tente de se rapprocher de son ancien parti, les Républicains et puis autres inconnus. Quel sera l'impact d'une candidature d'Éric Zemmour alors que Marine Le Pen se fait discrète dans les médias n'accordant qu'une seule interview au Figaro ? C'est le sujet de cette émission de ce C dans l'air intitulé ce soir. Xavier Bertrand, retour à la case LR.
Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Yves Tréhard. Vous êtes éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Pascal Perrineau, politologue, professeur des universités à Sciences Po. Soisie Kéméner, rédactrice en chef du service politique à Marianne. Et enfin Claire Gatinois, vous êtes journaliste au service politique du Monde en charge du suivi de l'exécutif. Merci à tous les quatre de participer à cette émission en direct. Bonsoir Yves Tréhard, on va commencer avec vous par regarder cette photo tweetée hier soir par Christian Jacob. Voilà, c'est un dîner, le dîner LR où l'on aperçoit effectivement Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Damien Abad.
Il n'y a pas que des LR d'ailleurs. Mais surtout, il y a Xavier Bertrand, Xavier Bertrand qui disait vouloir partir en soliste. Est-ce que le fait de participer à ce dîner, il n'a pas, c'est un petit jeu de mots, mangé son chapeau ? Vous pourriez dire qu'il a mis de l'eau dans son vin aussi, il y a beaucoup de vin sur la table. Voilà. Non, c'est sûr que... Qu'avez-vous, quand vous avez vu Xavier Bertrand à dîner, vous vous êtes dit quoi ? Bon, d'abord on savait qu'il allait à cette réunion de Nîmes. Même, simplement, ce qu'on se dit, deux choses, c'est que finalement, il se montre plus accommodant qu'il ne voulait l'être.
Et ça veut peut-être dire aussi qu'il a compris qu'il ne pouvait pas jouer en solitaire et qu'il ne pouvait pas jouer seul dans son couloir. Parce que les chiffres et surtout les statistiques montrent dans les études d'opinion, si tant est qu'elles reflètent vraiment la réalité, qu'il n'arrive pas à plier le match, comme vous l'avez dit tout à l'heure, et qu'il doit se rapprocher de sa famille, son ancienne famille politique. Et il ne peut pas, parce que je pense que ça serait un très mauvais coup et un très mauvais point pour lui, être montré comme le diviseur de son camp.
Si Xavier Bertrand, demain, est pointé du doigt comme étant le diviseur, celui qui fait perdre la droite et qui l'empêche d'accéder au deuxième tour de l'élection présidentielle, pour lui, pour sa famille, évidemment, c'est tragique. Et pour lui, c'est tragique. Et vous savez qu'à droite, on est souvent très méchant. Les bagarres et les luttes entre les chefs à droite sont toujours assez rudes. Donc là, pour la première fois, s'il se rapproche de son camp, s'il accepte, peut-être, ça ne veut pas dire ça, mais s'il accepte de participer à cette primaire, parce qu'il a dit... Ah, c'est envisageable ? Écoutez, il a dit qu'il ne voulait pas faire perdre son camp.
Il l'a dit hier, ou ce matin plutôt. Donc ça veut dire que peut-être qu'il se résoudrait à participer à une espèce de forme de départage, dont on ne connaît pas la règle encore, puisqu'elle sera décidée d'ici à 15 jours. Il mange son chapeau. Il a été sifflé la semaine dernière à l'université d'été des jeunes républicains. On lui en veut un peu, sa partition soliste.
Oui, alors il a quitté LR depuis 2017, donc c'est difficile pour lui d'être devant les militants LR. Alors là, il est devant les parlementaires. Les parlementaires le soutiennent. Il y a eu un décompte qui a été fait. Il y a plus de 50 parmi les parlementaires qui soutiennent Xavier Bertrand, qui est un ancien chef de l'UMP. Il ne faut pas oublier, il a été secrétaire général de l'UMP. Il connaît très bien l'appareil UMP devenu LR. Mais la difficulté, effectivement, pour Xavier Bertrand, c'est qu'il a voulu nous raconter une belle histoire, d'ailleurs qui était intéressante du point de vue de l'histoire récente de la droite.
C'est-à-dire, je pars tout seul, je fais ce que Juppé n'a pas osé faire en 2016 et que certains conseillers d'ailleurs à Juppé. Je pars en dehors de la primaire, qui est un mécanisme finalement de recroquevillement. Souvent, on sait, dans les primaires, c'est les CSP+, qui vont voter, c'est certaines catégories de population. Il y a des études qui ont été faites, notamment par la Fondation Jaurès, sur les militants qui vont voter aux primaires, surtout à la dernière primaire DLR. Donc, je passe par un autre chemin, je passe par le chemin du peuple, sauf que le peuple n'a pas répondu présent.
C'est-à-dire que, pour l'instant, on voit bien que dans les sondages, à aucun moment, Xavier Bertrand n'est en possibilité d'empêcher le match Marine Le Pen-Emmanuel Macron. Il espérait avoir cet avantage psychologique, surtout après l'échec de Marine Le Pen. Il y a quand même un tiers de conseillers régionaux en moins, après les dernières régionales, pour le Rassemblement National que ça n'était auparavant. Donc, Xavier Bertrand s'est dit qu'il y avait une fenêtre. Il a essayé, il a tenté tout l'été. Il a fait la couverture, alors pas la couverture, parce qu'il y a eu la prise de Kaboul par les talibans, mais il a fait en tout cas des pages dans Paris Match.
Il a exposé ce qu'il était, sans dire vraiment beaucoup sur son programme. On n'est pas sur un programme de rupture, en tout cas. Et là, il se retrouve dans une situation où il est obligé de composer avec son camp.
Claire Gatinois, ça veut dire que l'aventure en solo de Xavier Bertrand a échoué. Il est obligé de se rapprocher des LR pour avoir leur soutien politique, pour avoir peut-être, je ne sais pas, des questions d'argent.
Tout à fait. En fait, il a besoin d'une infrastructure, il a besoin d'argent, il a besoin de militants. Donc, il sait très bien qu'il ne peut pas faire campagne tout seul, même s'il a commencé sa campagne en solo. Donc, il a besoin de tout l'appareil. Et aujourd'hui, il pensait que c'était LR qui, finalement, allait devoir lui tendre la main. Et aujourd'hui, c'est lui qui doit tendre la main à LR, comme vous le disiez tout à l'heure. Donc, en fait, là, j'ai l'impression qu'il y a une espèce de jeu qui se joue essentiellement entre lui et Valérie Pécresse pour savoir qui des deux, finalement, va plier le premier. Lequel des deux va renoncer ?
Parce que je doute encore, en fait, que Xavier Bertrand soit prêt à aller à une primaire à laquelle il pourrait tout à fait échouer.
En tous les cas, Pascal Perrineau aussi, il n'y a pas de chef naturel qui sort du combat à droite. Est-ce que ça ne risque pas, du coup, d'être sale ? Je dis ça parce que Valérie Pécresse, au début, avait pour adversaire Emmanuel Macron. On l'a entendu à Nîmes dire « Choisissez-moi », genre « Ne choisissez pas les autres ». Est-ce qu'il n'y a pas le risque que, du coup, à droite, ça se termine en pugilat ? Parce que maintenant, c'est la bataille pour la survie. Écoutez, il n'y a pas 36 manières de choisir un candidat. Il y a l'autoproclamation. Ça se pratique beaucoup. Emmanuel Macron va le pratiquer. Jean-Luc Mélenchon l'a pratiqué, etc. Il y a « laisser la décision aux professionnels ».
C'est-à-dire, les chefs de partis se réunissent. On discute avec les parlementaires. Et puis, on fait sa petite tambouille dans son coin. Et puis, il y a tout de même ce qui existe maintenant depuis la fin des années 90. C'est-à-dire de se dire « Les partis ne représentent plus grand-chose. Il faut s'adresser aux électeurs ». Et tout le monde a vécu ça, à gauche, à droite et ailleurs, comme étant un phénomène de démocratisation. De laisser enfin les électeurs parler. Parce que les électeurs, à la fin des fins, c'est eux qui font les victoires ou les défaites. Alors que les partis, c'est quoi ? C'est quelques dizaines de milliers d'adhérents, pas plus.
Et très souvent, les partis ne sont pas représentatifs de leurs électorats. Donc, la primaire, et en particulier la primaire ouverte, ça donne la parole à ces électeurs-là. Au fond, le calendrier est assez clair à droite et au centre. Ils se sont dit « Voilà, on va laisser l'été, que sans fleurs s'épanouissent. Et on va voir si un candidat naturel, le fameux candidat naturel, n'est de manière évidente, sauf surprise dans les jours qui viennent. Il n'y a pas de candidat naturel. » C'est assez compréhensible aujourd'hui. Si vous voulez, on n'est pas à la période de De Gaulle à la fin des années 50 ou à la période de Mitterrand dans les années 80.
Et même le leadership de Mitterrand a été contesté, il ne faut pas l'oublier, par Michel Rocard. Donc, n'oublions rien. Donc, qu'il y ait une diversité, voilà, il y a plusieurs candidats, très bien. Donc, on ira vers cette primaire. Alors, donc, il faut aller vers une primaire. Mais alors, attention, de quoi parle-t-on ? Parce que ça peut être une primaire fermée, réservée aux adhérents. C'était comme ça que Jospin avait été choisi en 1995. C'est comme ça, apparemment, que la candidate socialiste sera choisie chez les socialistes. C'est-à-dire une primaire complètement close. Là, une primaire introvertie qui reste dans le monde des adhérents.
Et puis, il y a une primaire qui peut être une primaire ouverte, où on appelle, comme le font les Verts, on appelle les électeurs, les sympathisants à venir choisir entre 3, 4, 5 ou 6 candidats. Et ensuite, on se rallie au candidat qui a été choisi. Et puis, ensuite, il y a le mode de scrutin de cette primaire. Il y a le nombre de tours. Est-ce qu'on veut un tour ou deux tours ? C'est vrai que la primaire... Il y a un débat sur la primaire, moi, qui, personnellement, en tant qu'observateur, me paraît ubuesque. C'est-à-dire, on rend la primaire responsable de tous les défauts, après avoir vu toutes les qualités de ce... C'est complètement idiot.
Si Fillon a perdu, ça n'est pas à cause de la primaire. Oui, mais la question, c'est, s'il y a une primaire, est-ce que Xavier Bertrand va y participer ? Et s'il n'y participe pas, est-ce qu'on va se retrouver avec deux candidats de droite ? C'est quand même ça, le... On pourrait se retrouver pendant un temps, d'ailleurs, éventuellement, avec deux candidats de droite. Et puis, voilà, les sondages montrant qu'il y en a un... L'un se désistera. L'un se désisterait. C'est une solution également tout à fait possible. Et puis, on peut avoir une primaire aussi intelligente, une primaire douce, une primaire à un tour, par exemple, avec un vote préférentiel. Ça évite complètement l'affrontement.
Il y a trop de déchirements. Alors, Xavier Bertrand est donc venu demander le soutien de sa famille politique ce matin à Nîmes. L'ex-SLA refuse pourtant de se soumettre à une primaire qui pourrait permettre de dégager des candidats. Et ce, malgré un écart qui se resserre avec Valérie Pécresse dans les sondages. Sujet de Magali Lacroze, Pierre Dehorne avec Juliette Vallon.
C'est sans aucun doute la photo politique de la semaine. Face à l'objectif, tout sourire, les principaux candidats à droite, réunis hier soir autour d'un dîner. Mais à Nîmes, lors de ses journées parlementaires des Républicains, celui qui attire toute l'attention, c'est lui. Xavier Bertrand, venu comme les autres prétendants présenter sa profession de foi devant les députés. Opération séduction, même s'il continue à refuser la primaire.
Je n'imagine pas gagner cette élection présidentielle sans le soutien et l'aide de ma famille politique. Vous connaissez ma position pour la primaire. Je n'en changerai pas.
Xavier Bertrand, droit dans ses bottes, mais bien obligé de montrer patte blanche à son ancien parti. Lui qui est aujourd'hui talonné par Valérie Pécresse dans les sondages, mais surtout bien conscient qu'il aura besoin de l'appui des Républicains pour espérer l'emporter. Hier à Nîmes, côté militant, on rêve surtout réconciliation.
Il faut arrêter de se diviser et il faut se dire que si on veut gagner, justement, il ne faut pas refaire les erreurs qu'on a pu faire dans le passé.
Il y a beaucoup de militants qui ont tellement envie de ne pas voir un match Macron-Le Pen qu'ils seront prêts sans état d'âme, je crois, à voter pour celui qui y émergera.
Six candidats sur la ligne de départ à droite. Tous rêvent de s'inviter dans le duel que personne pour l'instant n'arrive à faire mentir dans les sondages. Emmanuel Macron contre Marine Le Pen. La présidente du Rassemblement national qui vient de dévoiler son affiche de campagne et qui passe à l'offensive dans la presse hier. En plus de la nationalisation des autoroutes, elle fait également cette proposition. Nous sommes une grande démocratie. A-t-on encore besoin d'un audiovisuel public de cette taille ? Marine Le Pen, présidente, Radio France et France Télévisions pourraient donc être privatisées pour rendre aux Français leur redevance.
Vous savez que dans l'audiovisuel public, pour le coup, et notamment la radio, vous avez des stations radio qui sont l'antichambre des partis de gauche dans toutes leurs nuances. France Inter, par exemple, voilà. France Inter, pour moi, est une radio de gauche et pourtant c'est une radio d'État et par ma redevance, je paye France Inter. Je trouve ça scandaleux.
Chez eux aussi, la campagne présidentielle démarre, même si leur candidat Emmanuel Macron ne s'est officiellement toujours pas déclaré. Réunis à Angers en début de semaine, les membres de La République En Marche se projettent dans un second mandat. Stanislas, à toi. Confortés par la reprise économique et les sondages qui placent pour l'instant leur chef en tête.
Nous allons lancer une grande campagne de mobilisation. On a décidé de l'appeler 50 plus. Je veux que le mouvement se mobilise entièrement pour pouvoir défendre notre bilan. Alors, on en a parlé au mois de juillet. Nous aurons, dès le mois de septembre, le matériel militant pour pouvoir réentraîner les marcheurs.
Un plan de bataille qui pourrait aussi passer par la refonte du parti est l'idée d'une maison commune qui réunirait tous les courants de la majorité du modem à agir.
La volonté d'Emmanuel Macron depuis 2017, c'est celle de l'élargissement politique. Celle de faire en sorte que nous soyons plus nombreux encore à se libérer du carcan des bons vieux partis politiques. Et si une structure de rassemblement permet plus de fluidité, y compris dans l'organisation du travail de nos militants, pourquoi pas ? Mais ça n'est pas une fin en soi. C'est l'objectif, c'est le projet politique qui doit l'emporter sur tout le reste.
Un grand parti présidentiel. Mais avec qui ? Pourquoi pas l'ancien Premier ministre Edouard Philippe, qui devrait lancer son propre mouvement début octobre, à sept mois de la présidentielle ? Les grandes manœuvres ont bel et bien commencé.
Alors, question téléspectateur, Soazic Guémener, qui est sorti le plus gagnant de cette réunion de famille de la droite ? On a entendu parler de l'hypothèse Barnier, je cite. Il y a une petite musique Barnier qui s'installe et que beaucoup n'avaient pas vu venir. Et c'est vrai que chez les parlementaires, en nombre de voix, il devance Valérie Pécresse.
Oui, alors il est soutenu par les parlementaires. Pourquoi ? Parce qu'il a 20 ans, 30 ans d'expérience politique derrière lui. Il a occupé énormément de postes différents. Il a été commissaire européen. On sait qu'il était en charge du Brexit. Donc c'est quelqu'un qui est reconnu pour avoir des capacités politiques importantes. Alors après, pour ce qui est de Michel Barnier, il y a quand même un souci. C'est qu'on voit qu'il a commencé à faire campagne en demandant un référendum sur l'immigration.
Un moratoire, même.
Un moratoire, enfin les deux. Et en fait, il se retrouve complètement à contre-pied par rapport au rôle et au discours qu'il pouvait avoir auprès des institutions européennes. Donc on sait aujourd'hui qu'il y a eu des réactions d'ailleurs de ses anciens collègues qui se demandent ce que fait Michel Barnier. C'est-à-dire que là, il est dans un discours. Il parle à la droite français. C'est-à-dire que pour l'instant, il parle aux militants LR. Et c'est un discours qui est totalement en décalage par rapport au poste qu'il occupait auparavant. C'est quelqu'un de très respecté en Europe, Michel Barnier.
Donc c'est vrai que là, pour l'instant, certains considèrent qu'il a une stature, qu'il a le physique pour être président. C'est ce qu'on entend aussi auprès des militants LR. Mais je pense que c'est plutôt un moment Barnier qu'autre chose.
Ce ne sera pas comme François Fillon qui était le troisième homme et qui a terminé en tête. C'est pour ça qu'on se dit rien n'est joué.
Alors c'est vrai, mais il faut que cette primaire ait lieu. Dans quelles conditions ? Vous le disiez tout à l'heure, rien n'est fixé pour l'instant. On n'en sera plus le 25 septembre. Donc c'est encore très flou pour l'instant.
Yves Tréhard, c'est vrai que Michel Barnier s'était fait remarquer avec ses propos très forts contre l'immigration. Est-ce que ce thème de l'immigration, la droite ne risque-t-elle pas de se le faire voler ? Avec Éric Zemmour qui, dit-on, pourrait présenter sa candidature dès ce week-end d'ailleurs. C'est sûr qu'Éric Zemmour, c'est un peu son fond de commerce. L'immigration, c'est un des thèmes qu'il cultive à l'envie et qu'il mettra très probablement en tête, j'y dirais, de ses discours. Parce que maintenant, ça fait guère de doute qu'il sera candidat à l'élection présidentielle.
Donc c'est sûr que, si vous voulez, ce qui va être assez étonnant, et c'est ça qui va être intéressant à regarder aussi, est-ce que c'est Zemmour qui va faire le rythme de la présidentielle ? Éric Zemmour qui, aujourd'hui, est donné, si on regarde les études d'opinion, je parle sous le contrôle de Pascal, autour de 5-6%. C'est-à-dire que c'est bien, mais ce n'est pas énorme. En France, il faut le mettre à 8 la semaine dernière. Alors allons-y, jusqu'à 8. Et c'est lui, effectivement, puisqu'on ne parle que de lui. Alors il y a un effet de loupe médiatique. Tous les journaux parlent de lui, parce que, et les médias, parce qu'il sort un livre en plus. Et parce que c'est un candidat atypique.
Il n'a pas fait carrière dans la politique, c'est un journaliste. Il y a toujours un poil à gratter dans toutes les élections depuis 1965. En 1965, c'était un certain Barbu qui faisait l'actualité, qui avait terminé avec un score assez anecdotique. Mais c'est vrai que, pour le moment, on se dit que les thèmes, en tous les cas, les thèmes régaliens, c'est Éric Zemmour qui pourrait les... Et c'est pour ça, d'une certaine façon, qu'il pourrait les imposer. C'est pour ça que, d'une certaine façon, Michel Barnier, qui est loin d'avoir perdu, s'il y a une primaire, de la droite. Pourquoi ? Parce que tout dépend, comme le disait Pascal tout à l'heure, du mode de scrutin.
Si c'est une primaire fermée, si c'est une primaire ouverte, si c'est une primaire semi-ouverte, tous les cas de figure sont encore possibles. Et ce qui est sûr, c'est que Barnier, en anticipant la candidature, parce que c'est comme ça que ça s'est passé, de Éric Zemmour, a mis ce thème sur la table, parce qu'il voulait être le premier de son parti à l'imposer. – Pascal Perrineau, Éric Zemmour, il va handicaper le plus qui ? Est-ce qu'il handicap plus Marine Le Pen ou bien la droite républicaine ? – Les deux. – Les deux, mais attention. Moi, je suis tout à fait sur la ligne que vient de développer Yves.
Il faut faire très attention, dans ces périodes, à 6-7 mois d'une élection présidentielle, il y a toujours des phénomènes de bulles d'opinion. Alors, parfois venant de politique, parfois venant de marginaux. Venant de politique, c'était la bulle Chevènement. Par exemple, en 2002, il y avait eu le succès… – Oui, mais Chevènement, on dit qu'il a fait peur de Lionel Jospin. – Oui, oui. – Comme quoi, les bulles, quand elles éclatent… – Les bulles, quand elles éclatent, les morceaux peuvent être chers. – Il y avait Taubira aussi. – Il y a des fragments, il y avait Taubira, etc. Donc, il y a des phénomènes de bulles, mais ensuite de bulles qui peuvent se dégonfler.
Parce que l'opinion, avoir une opinion favorable, être intéressé par un individu, ça ne veut pas dire qu'on va voter pour lui. Le comportement électoral obéit vraiment à d'autres logiques. Mais c'est vrai qu'en termes d'agenda, il y a un effet d'agenda. Il y a un effet d'agenda… – Il va l'annoncer d'ailleurs, sa candidature, là ? – Écoutez, c'est assez probable. – C'est assez probable. Puis il en a une telle envie, et puis voilà… – Ça se voit ? – Ça se voit, c'est un homme qui vit dans une certaine forme de roman national, et il a envie de faire partager son roman national au-delà des lecteurs, qui déjà sont assez nombreux à lire, non pas ses romans, mais ses essais.
Donc oui, pour l'instant, il est là, et il entame à peu près le capital du candidat ou de la candidate de la droite classique de deux points, et de Marine Le Pen à peu près de deux à trois points. Donc vous voyez, déjà Marine Le Pen est attaquée par la candidature éventuelle de Florian Philippot, ça vous fait perdre un point. Par la candidature de Nicolas Dupont-Aignan, ça peut vous faire perdre un point et demi, etc. C'est comme ça que lorsque vous êtes au-dessus de la barre des 20, vous pouvez vous retrouver en dessous de la barre des 20% d'attention de vote, et là, vous devenez une candidate fragile. Et là, le jeu peut s'ouvrir.
Et un troisième ou une troisième peut s'inviter, d'autant plus que c'est le désir des Français. Les Français faut de mieux, aujourd'hui, confinés démocratiquement, comme je dis. Ils vous disent, bon voilà, j'ai pas la tête à ça, on va reprendre les mêmes, puis on recommence. Est-ce que ça vous plaît ? Un second tour, deux tiers des Français disent non. Ce second tour ne nous plaît pas. Ce n'est pas ce dont nous avons envie. Donc il y a un espace pour un ailleurs. Pour l'instant, il y a l'espace électoral de cet ailleurs. Il faut un homme ou une femme pour incarner cet ailleurs. Claire Gatinois, comment à l'Élysée voit-on cette candidature Zemmour ?
Alors, elle est regardée de très près.
Avec ? Bienveillance ?
Avec, d'une façon assez cynique, avec une forme de bienveillance, sans doute, puisque, comme vous le disiez tout à l'heure, M. Perrineau, Éric Zemmour rogne sur Marine Le Pen, il rogne sur LR, donc il affaiblit... Et pas sur La République en marche ? Non, pas du tout. Mais en même temps, il fait aussi assez peur. Parce que vous disiez, il y a des bulles qui se dégonflent, et puis il y a des bulles qui gonflent. On l'a vu à l'international. Les hommes de télé, ça a peu impressionné. On l'a vu Zelensky en Ukraine, on a vu Trump aux États-Unis. C'est des choses, aujourd'hui, qu'on a du mal à mépriser, en fait. Comment est-ce que cette candidature va avancer ?
Alors, aujourd'hui, à Lélison, on se dit, c'est un homme de télévision, il n'est pas armé pour la politique, il est quand même un sport de combat. Il intervient à la télévision sans véritable contradicteur. Est-ce qu'il sera capable de tenir un discours et d'être aussi solide pendant la campagne ? C'est toutes les inconnues.
Et alors, même question, sois-y qu'est-ménère, mais pour Marine Le Pen, comment voit-elle cette candidature d'Éric Zemmour ? On imagine mal. Et quel impact sera sur Marine Le Pen et sa ligne politique ?
On voit bien que la rentrée de Marine Le Pen, elle est très fébrile, justement, parce qu'auparavant, elle était au-dessus de la barre des 20%. Alors, pas en tête des sondages, puisqu'Emmanuel Macron est à présent en tête des sondages, mais on voit bien, les courbes se croisent en permanence. Mais là, la question pour Marine Le Pen, c'est justement de rester celle qui n'est pas discutée. Donc, il y a eu le problème des régionales, et maintenant, il y a un nouveau problème, c'est le problème Zemmour.
Et ce qui est intéressant à voir, c'est que derrière la candidature Zemmour, il y a beaucoup de jeunes qui sont mis en avant, qu'on voit sur les plateaux télé, mais il y a aussi des anciens du RN qui ont fait sécession, c'est-à-dire qu'ils ne veulent plus entendre parler de Marine Le Pen, qui ont été très déçus par le débat de second tour.
Dans le monde, on lit, je vous coupe, excusez-moi pour aller dans votre sens, elle se chiracise, elle est entrée dans le système.
Voilà, et donc, l'idée pour eux, c'est de défendre Zemmour, non pas pour gagner avec Zemmour, mais pour faire perdre Marine Le Pen et pour tourner une page de ce côté-là, l'échec qui est politique. Donc, elle sait bien qu'elle a un gros problème avec Éric Zemmour, d'autant qu'il commence à distiller des petites phrases peu agréables. La semaine dernière, c'était « Elle ne peut pas gagner ». Donc, elle sait qu'il y a beaucoup de gens, finalement, de l'intérieur du RN qui sont maintenant aux côtés d'Éric Zemmour. Alors, il y a des gens qui se sont beaucoup promenés sur cette partie-là. Par exemple, Paul-Marie Couteau, mais Paul-Marie Couteau va faire partie de ceux.
Il avait déjà dévoilé la liste des lectures qu'il avait obligé Marine Le Pen à faire pour parfaire sa culture générale, ce qui était assez humiliant pour elle. Ça, c'était il y a quelque temps déjà. Mais voilà, il y a des personnages comme ça qui vont jouer un rôle, finalement, qui vont faire beaucoup de mal à Marine Le Pen pendant la campagne. Et donc, elle le sait. Elle essaie de garder son leadership. Mais toute la difficulté, c'est qu'elle a renié une partie de ce qui faisait sa différence. C'est-à-dire, on sait bien, sortie de l'euro, sortie de l'Union européenne. Elle a essayé de devenir présentable, présidentielle, mais quitte à se découvrir à la droite de la droite.
Elle est entrée dans le système, elle se chiracise. Voilà, c'est ce que disait cet ancien du RN dans Le Monde, cet après-midi, visiblement déçu. Yves Tréhard. Oui, je pense que Marine Le Pen joue très gros dans son entrée en campagne. Parce qu'elle a été très silencieuse, plutôt silencieuse pendant l'été. Elle a, c'est vrai, eu un printemps, ou une fin de printemps, un début d'été très désagréable avec les régionales, qui ont quand même été, d'une certaine façon, un échec. Et accrédite l'idée qu'elle ne peut pas gagner ? Et contestier. J'ai envie de dire que le RN est un parti, c'est un malade qui s'ignore. En interne, le RN est extrêmement divisé.
Extrêmement divisé entre ceux qui épousent, je dirais, la nouvelle ligne de recentrage de Mme Le Pen. Effectivement, on ne sort plus de l'euro, on ne sort plus de l'Europe. On a un ton beaucoup plus, je dirais, courtois. On est plus dans une conversation de bonne alloi. Alors qu'avant, elle était quand même systématiquement très agressive, très moins souriante. Et puis, il y a ceux qui disent, justement, elle est en train de banaliser le parti. Et elle va nous faire perdre. Parce que la singularité du RN n'existe plus. Et elle est prise en tenaille entre ces deux, je dirais, ces deux lignes.
D'autant qu'on a toujours dit, ça c'est Éric Zemmour qui l'a dit aussi parmi les premiers, elle n'a pas d'allié. C'est-à-dire que sa stratégie de recentrage, c'était pour aller chercher les alliés. C'est pour aller chercher M. Dupont-Aignan. C'est pour aller chercher des Républicains. C'est pour aller chercher des gens qui n'étaient pas dans son parti. Et le résultat était négatif, puisque le résultat des régionales, c'est justement des anciens républicains qui n'ont pas gagné dans les régions... Thierry Mariani, ça a été la grosse claque, ça. Mariani, le défaite de Thierry Mariani. Ah oui, Mariani surtout, c'était une très grosse claque. Donc, dans le Nord aussi, ça n'a pas marché.
C'est un ancien... Sébastien Chenu est un ancien républicain. Tout ça a complètement... n'a pas marché. Et donc, là, elle est à un carrefour... enfin, je dirais, à une période compliquée. Et, vlatille pas, si vous me permettez l'expression, qu'il y a Zemmour qui débarque. Et Zemmour qui peut, effectivement, lui faire du mal sur les thèmes qu'elle a un peu abandonnés, même si, lui, il révèle dans son livre qu'il n'est pas pour la sortie de l'euro et qu'il n'est pas pour la sortie de l'Europe. Bon. Ce qui est assez... Pascal Perrineau, elle a dévoilé, Marine Le Pen, la photo de sa campagne présidentielle. Alors, on va la voir. Il n'y a plus la petite flamme du Front National.
Il n'y a plus, d'ailleurs, de référence au Rassemblement National. Et il y a le mot, voilà, on le voit, liberté, liberté chérie. Donc, on ne mentionne même pas la sécurité qui est le thème, le fonds de commerce, j'allais dire, du Rassemblement National. Donc, que vous inspire cette photo ? C'est une affiche présidentielle. Dans une affiche présidentielle, on fait toujours un effort, qui n'est pas toujours conclu par le succès, un effort pour s'arracher à son enracinement familial, au sens de la famille politique. Bon, là, elle le fait. C'est réussi. C'est normal, voilà. Et c'est relativement réussi. En plus, ça, elle s'adapte à l'ère du temps. On parle beaucoup de liberté.
Une protestation anti-macronienne se développe bien au-delà du seul RN sur le thème des libertés. Ça se manifeste sur le terrain des mouvements sociaux par le mouvement anti-pass et anti-vax, dans lequel, regardez les Calico, la notion même de liberté est au cœur de la mobilisation. Et ça mobilise tout de même, en termes d'opinion, plus d'un tiers de la population française. Alors, ce n'est pas 50%, mais plus d'un tiers de la population française. Donc, elle s'adapte à ces terres du temps. Il y a quelque chose de porteur sur ce thème des libertés bafouées, du système pyramidal, autoritaire, du macronisme.
Vous voyez, c'est quelque chose qui est partagé bien au-delà de la seule extrême droite. Des électeurs de gauche, du centre, de droite, peuvent vous tenir, ce type de discours, avec un argumentaire qui est parfois un argumentaire tout à fait solide et qui doit être entendu. Donc, ça, c'est la première chose. Deuxième chose, en effet, elle a, mais depuis longtemps, pour son père, ce n'était pas très grave, parce que Jean-Marie Le Pen, au fond, le pouvoir ne l'intéressait pas. Et il l'a dit explicitement. Mais la fille est intéressée par le pouvoir. Et pour arriver au pouvoir sous la Ve République, il faut avoir un pôle important, le FN, devenu Rassemblement National, c'est un pôle important.
C'est même, on l'a vu, aux dernières européennes, dernier scrutin national, c'est le premier pôle en France. Mais il faut des alliés. Il faut des alliés. Et pour faire des alliés, il faut faire des concessions. Il faut rentrer dans une culture de compromis. C'est vraiment pas dans la culture... Voilà, c'est vraiment pas l'ADN du Rassemblement National. Et puis, il faut tenir les deux bouts de la chaîne. Rester cet instrument d'agrégation de toutes les inquiétudes, de toutes les peurs qu'est le Rassemblement National et le FN depuis ses origines. Et c'est un instrument extrêmement efficace sur ce terrain. Mais si on veut arriver au pouvoir, il faut devenir un parti de gouvernement.
Or, là, dans la période de la Cente, ils n'ont même pas été capables de devenir un parti de gouvernement régional. Et ça réintroduit un doute phénoménal. Donc, Claire Gatinois, équation compliquée pour le Rassemblement National. À droite, on va avoir des primaires qui, oui, vont devoir se battre. Ça pourrait être un marigot. Du coup, est-ce que chez Emmanuel Macron, on se dit, on marche sur l'eau, on est à 7 mois de la présidentielle, on n'a pas d'adversaire et on est en tête dans les sondages ?
Alors, il y a effectivement cette petite musique à l'Elysée où on se dit, tout va bien, l'horizon est assez dégagé, la croissance va bien alors qu'on s'attendait à une hécatombe, la crise sanitaire s'apaise grâce à la vaccination. Et tout cela est même reconnu, en fait, par l'opinion, puisque la cote de popularité a plus de 40%. Donc, on peut se dire, tout va bien.
Je sens que vous allez dire mais.
Mais, exactement. Mais, justement, c'est ça qui est très dangereux parce qu'on ne sait pas exactement où est l'ennemi encore. Tout le jeu d'échecs n'est pas encore du tout posé sur la table. Donc, à droite, il y a beaucoup d'inconnus. À gauche, également, même si, visiblement, les adversaires ne sont peut-être pas aussi dangereux. Mais on sent que le match qu'on essaie d'installer est celui d'une confrontation avec Marine Le Pen.
Quand on voit, au fur et à mesure des interviews, les responsables de la chronique dire, nous incarnons le camp de la République, de la raison, nous incarnons les artisans du progressisme contre les déclinismes, on sent qu'ils s'adressent quand même à une opposition qui est ultra-radicale et qui est extrême.
C'est le match qu'on souhaite à l'Elysée parce qu'on le connaît et on se dit qu'il n'y aura pas trop de mauvais surpris.
On le souhaite quand même, mais en tout cas, c'est celui que, visiblement, on essaie d'anticiper.
En calcul politicien, il est jouable. Alors, du côté du PS, puisqu'on parlait des adversaires pour le premier tour, du côté du PS, la route vers la candidature semble toute tracée. Pour Anne Hidalgo, la maire de Paris devait se déclarer officiellement dimanche, sans avoir à affronter de réelles co-occurrences au sein de son parti, même s'il y a Arnaud Montebourg qui a finalement décidé de se lancer en solo dans la course à la présidentielle, sujet de Léa Dermidjian et David Lemarchand. Vous êtes mon histoire et je peux vous dire que je voterai pour vous. C'est vrai ? Ah oui, si vous vous présentez.
Si je me présente, je ne vais pas encore faire. Merci beaucoup. Anne Hidalgo candidate en 2022, c'est le vrai faux suspense qui anime la gauche depuis des semaines. Officiellement, la maire de Paris n'est pas encore candidate.
Ça a tout l'air d'un début de campagne, madame Hidalgo ? Ce n'est pas mon premier déplacement, j'en ai fait beaucoup, je suis allée un peu partout. Et c'est vrai que les marchés sont toujours des lieux que j'aime, où on rencontre les producteurs, les clients. Donc appelez ça comme vous voulez. Mais dans le monde si merveilleux des marchés, il y a aussi des citoyens, leur analyse de la politique et leur franchise.
Moi, je voterai pour vous de vous dire que je ne sais pas. Eh bien, si. Eh bien, non. Bon, d'accord, d'accord. C'est sûr que la gauche va perdre s'ils ne saluent pas et comme ils ne vont pas s'unir.
Constat catégorique, peut-être aussi un peu amer.
La veille, au château de Blois, accompagnée d'Olivier Fort, Anne Hidalgo en opération séduction auprès des militants socialistes, elle qui s'est souvent fait discrète dans ces événements, joue le jeu cette année.
On a un peu perdu nos repères, mais on n'a pas perdu nos valeurs. On n'a pas perdu nos valeurs et c'est à partir de cela qu'il nous faut construire l'avenir. Nous sommes vraiment au pied du mur ou à la croisée des chemins. Le choix que les Françaises et les Français vont devoir faire est un choix... Car la maire de Paris le sait, sans le parti, pas de victoire.
Il faut donc reconquérir ces militants déçus, désabusés après l'échec de 2017.
Pour Anne-Juliette Thillet, militante de 66 ans, l'urgence, aujourd'hui, c'est le projet plus que le candidat. J'ai 41 ans de parti socialiste, donc j'ai le droit d'avoir des exigences. J'ai le droit d'être déçu et de penser qu'il faut peut-être un petit peu plus se bouger pour arrêter cette fracture qu'on est en train de vivre avec les gens qui ne se retrouvent pas dans les partis politiques, qui n'ont plus envie d'aller voter, qui ne sont plus séduits par ce qu'on leur raconte. On a la gauche la plus bête du monde, je ne comprends pas qu'on ne soit pas capable de se rassembler.
Le rassemblement ? L'ancien socialiste Arnaud Montebourg n'a pas l'intention d'y participer.
Le week-end dernier, dans sa ville natale, il se déclare candidat directement à l'Elysée. Pas de parti et donc pas de primaire pour lui.
Il y a beaucoup de candidats mais il n'y a pas de projet. Ça c'est la première chose. Deuxièmement, il n'y aura pas de candidature unique. Donc moi, mon camp, c'est la France. Ce n'est pas seulement la gauche, c'est la France. Et mon projet est un projet inclassable et inédit. Et de ce point de vue-là, il s'adresse à tous les Français.
Cette candidature en dehors du PS pourrait-elle gêner Anne Hidalgo ? Car à gauche, la liste est déjà longue. Du communiste Fabien Roussel à l'insoumis Mélenchon en passant par le candidat des Verts. Les proches de la maire de Paris le reconnaissent. Trop de candidats, c'est la défaite assurée.
Cette gauche au confetti est mortifère. Dire si le 10 avril 2022, si bien sûr il y a les 500 signatures obtenues par chacun des élus locaux,
la gauche est à 6 ou 7 candidats, on sera éliminé. Je le dis très simplement.
Et les 25 à 30% de Français qui croient dans la gauche aujourd'hui se retrouveront à regarder un duel qui passera au-dessus de leur tête.
Selon les derniers sondages, Anne Hidalgo recueille 9% des intentions de vote au coude à coude avec Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon.
Sois-y, Kéménaire, dans le reportage, on a entendu un sympathisant dire « Je voterai pour vous au second tour, mais vous n'y serez pas ». C'est terrible, ça. Les électeurs de gauche n'y croient plus. Comme Benoît Hamon, d'ailleurs, qui vient de rendre son tabillé d'arrêter la politique.
Oui, tout en restant pour l'instant conseiller régional d'Île-de-France. Mais pour ce qui est d'Anne Hidalgo, c'est vrai qu'il y a une interrogation sur ce qu'elle veut exactement. Est-ce qu'elle veut être candidate à la présidentielle ? Elle le sera, mais est-ce qu'elle veut l'Élysée ? Ou bien est-ce qu'elle veut le leadership à gauche pour bâtir sur les décombres ? Parce que c'est ça la question aujourd'hui, effectivement. C'est ce que dit Patrick Caner, le sénateur Patrick Caner, dans ce reportage. C'est-à-dire qu'ils sont en confetti de ce côté-là de l'échiquier politique. Donc comment se mettre d'accord ?
Déjà, il va y avoir une clarification après la primaire écologiste, puisqu'on saura qui est le candidat de ce côté-là et avec qui il pourrait éventuellement s'entendre.
Alors, Anne Hidalgo, ça pourrait l'arranger si c'était l'un plutôt que l'autre ?
Qui elle souhaite ? C'est vrai que si c'était Yannick Jadot, par exemple, c'est un gros problème pour Anne Hidalgo parce qu'il n'y a pas vraiment de différence aux yeux des électeurs. Avec cette difficulté en plus, l'Obs avait fait un sondage il y a quelques temps qui permettait de voir que les électorats ne s'additionnaient pas. C'est-à-dire qu'on ne pouvait pas avoir Hidalgo plus Jadot, ça ne faisait pas un effet à gauche. Il n'y avait pas 9 et 9, 18. Enfin, c'était il y a quelques mois. Donc ça, ça n'a pas été refait récemment.
Mais ce qui est sûr, c'est que si c'est Yannick Jadot, c'est un problème pas au réel parce qu'ils sont à peu près sur les mêmes créneaux, raisonnables sur l'économie, une écologie avec des solutions qui ne sont pas obligatoirement radicales.
En revanche, si c'est un pur mais qui va faire 2%, genre Sandrine Rousseau ?
Voilà, Sandrine Rousseau regarde par exemple du côté de la France insoumise. Et si c'était Sandrine Rousseau, on pourrait discuter avec elle, éventuellement s'agréger et faire un peu ce qui a été fait finalement à la dernière présidentielle. Alors ça n'a pas fonctionné entre Yannick Jadot et Benoît Hamon. Je souviens, Yannick Jadot s'était retiré du jeu au profit de Benoît Hamon. C'était terminé un peu plus de 6%.
Question téléspectateur Yves Traire. Pourquoi les partis de gauche n'arrivent-ils plus à se réunir ? Parce qu'en plus, il faut ajouter Jean-Luc Mélenchon qui en est à sa troisième candidature et qui, c'est vrai, l'a écrédité de 8-9. C'est lui qui fait la course en tête. Pourquoi ils n'arrivent pas à se réunir ? C'est la question que tout le monde se pose. Mais je crois que plus vous êtes faible dans l'opinion, moins vous arrivez à vous réunir. Parce que justement, chaque sensibilité cherche et se dit qu'elle a un coup à jouer, que c'est peut-être elle qui va gagner. Vous voyez ?
Et c'est vrai que si vous vous prenez, on risque, je dis bien on risque, c'est pas fait, mais qu'au premier tour de l'élection présidentielle, dans 8 mois maintenant, on ait 7 candidats qui se réclament de la gauche. Entre Mme Hidalgo qui se réclame de la social-démocratie, qui est représentante du Parti Socialiste, M. Montebourg d'un héritier lointain de Jean-Pierre Chevènement, deux candidats, c'est sûr, d'extrême-gauche, anticapitaliste, Mme Artaud, monsieur, le candidat Mélenchon, le candidat communiste Roussel, enfin il y aura beaucoup de monde au portillon. Parce que tout le monde imagine que, et moins vous êtes fort, plus vous êtes divisé. C'est ça qui est terrible.
Aujourd'hui, la gauche en France, dans les études d'opinion, représente 30% de l'opinion française. C'est moins qu'avant ? Mais attendez, vous vous rendez compte ? Elle pesait du temps de... Il y a 10 ans, elle était à 50%. Donc elle est plus petite et il se partage un gâteau plus petit, plus nombreux. Voilà. Et alors, il faut quand même raison garder et se méfier. En 2007, alors que Nicolas Sarkozy écrase le match, vous avez un philosophe qui s'appelle Bernard-Henri Lévy, et qui dit que la gauche, reprenant une formule de Sartre, est un grand cadavre à la renverse. Et en 2012, qui est-ce qui gagne ? M. François Hollande, qui était dans l'imagerie populaire, M. 3%. Donc ça...
Alors, vous allez me dire, il y a eu l'accident, Dominique Schroeskane. Mais il faut toujours se méfier, quand même, des pronostics qui sont toujours un peu hasardeux. Ce qui est sûr, c'est que Mme Hidalgo, et je suis tout à fait d'accord avec Soazic, si c'est Jadot qui gagne la primaire des écologistes... C'est pas bon pour elle. C'est très mauvais pour elle, parce qu'ils vont, d'une certaine façon, s'annuler. Pascal Perrineau, alors justement, les sondages peuvent se tromper. Anne Hidalgo, elle va faire son annonce de candidature, dit-on, depuis Rouen, pour essayer de se déparisianiser. Oui. Elle a des atouts, c'est une mère... Elle est aux manettes depuis...
Grand Cuvilly, la terre de Laurent Fabius. Laurent Fabius, voilà. En effet, vous savez, la gauche a toujours beaucoup aimé, manié les références historiques. C'était Mitterrand qui renvoyait, en effet, à Jaurès et à Léon Blum. Bon, là, on renvoie à des choses que les électeurs connaissent mieux. Laurent Fabius, bien. Mais il faut bien voir qu'Anne Hidalgo a certains avantages. C'est la mère, en effet, de la ville phare française qu'est Paris. Mais cette ville, c'est une ville particulière. C'est une ville aussi qui est caractéristique des mutations de la gauche et de l'affaiblissement de la gauche. C'est une gauche qui est une gauche bourgeoise.
Paris n'est pas une grande ville populaire, ça se saurait. Et au fond, l'établissement, l'enracinement de la gauche à Paris est tout à fait révélatrice d'une mutation, de la gauche française d'ailleurs, comme de la gauche européenne, qui parle de plus qu'a perdu le peuple, qui a perdu largement les catégories populaires, et qui parle de plus en plus aux couches moyennes, aux hauts niveaux de diplôme. Aux urbains bobos ? Aux urbains bobos. C'est ce qu'on appelle peut-être de manière un peu excessif. Mais le concept inventé par un sociologue américain de bourgeoisie bohème a un sens.
C'est-à-dire que c'est une gauche qui se rassemble sur les valeurs, sur le plan social et économique, mais tout les divise. Si la gauche est divisée, si la gauche est une gauche confetti, mais ça correspond à l'histoire de la gauche. Ce qui est extraordinaire, c'est que les gens ont une amnésie historique phénoménale. Vous prenez 130 ans de gauche française, mettons depuis le début du XXe siècle jusqu'à nos jours, 130 ans de gauche française, il y a 100 ans de désunion. Et il y a 30 ans d'union. Donc c'est la norme, j'allais dire, la désunion. C'est frappant parce que, en effet, la gauche n'a jamais été la peau de chagrin qu'elle est devenue aujourd'hui. C'est absolument troublant.
Vous avez eu l'IFOP qui, l'été dernier, avait fait un sondage sur la manière dont les Français se positionnent, à gauche ou à droite. Vous voyez, quelque chose de très neutre. On arrivait péniblement à 15%. Vous voyez, c'est-à-dire une espèce presque en voie de disparition. C'est très troublant pour la gauche française et pour ce grand parti qu'a été le Parti Socialiste. Claire Gatinois, ça veut dire qu'Emmanuel Macron, qui était le candidat du en même temps, et à droite et à gauche, étant donné l'affaiblissement de cette gauche, il est maintenant et à droite et à droite. Je veux dire, est-ce que c'est encore un souci pour le Président que de vouloir ratisser sur son flanc gauche ?
En fait, paradoxalement, on a beaucoup parlé de la droitisation d'Emmanuel Macron depuis son arrivée à l'Élysée en 2017, parce qu'il avait dans son gouvernement des ministres poids doux issus de la droite, Édouard Philippe, Bruno Le Maire, aujourd'hui Jean Castex, notamment. Donc, effectivement, on a vu qu'il s'est largement déporté un peu sur la droite et qu'il a essayé d'emprunter des thèmes, notamment sur les sujets régaliens, un discours plus ferme, etc. Mais il continue de jouer cette partition du en même temps, en se défendant de cette droitisée, en tentant de conserver cet électorat de gauche qu'il a réussi à capter.
Donc, il essaye quand même toujours de garder cette espèce de nuance du en même temps. On l'a vu lors de ses dernières interventions, notamment sur l'Afghanistan, où c'était très frappant. Il commence à parler, à s'adresser à la droite avec ce discours sur la possible crise migratoire.
– Mais ça lui a été beaucoup reproché, justement.
– Ça lui a été reproché et dans…
– De penser uniquement aux migrants avant de penser à l'humanité.
– Dans l'heure qui a suivi, on l'entendait dire, tenir un discours très humaniste sur l'exil, l'asile, pardon, l'asile. Donc, on voit qu'il essaye toujours de naviguer dans ce en même temps, de capter la droite, de se défendre contre tous les procès en laxisme ou en naïveté qui peuvent lui être faits sur les thèmes régaliens, tout en essayant de ne pas heurter la gauche. On le voit encore aujourd'hui. Il est toujours dans cette espèce de valse hésitation. La réforme des retraites est sans doute le dernier exemple. Il faut continuer à bousculer le système, mais il faut ne pas heurter les Français, ne pas tenter d'apaiser cette France qu'on dit fracturée.
– Question téléspectateur, Anne Hidalgo a-t-elle vraiment envie de quitter son terrain parisien ? Sois-y qu'est-médère. Et d'ailleurs, est-ce que ça va lui être reproché d'être la maire de Paris ?
– Alors, elle a essayé de purger ce problème parce qu'effectivement, il y a à peu près un an, elle disait qu'elle allait être la maire de Paris et uniquement la maire de Paris, qu'elle ne se présenterait pas à la présidentielle. – On peut mentir comme ça ? – Alors, elle, ce n'est pas du mensonge, c'est des vérités dans le temps, des vérités différentes dans le temps. – Non, mais elle explique que la situation a changé, et puis qu'il y a eu une forme d'appel. Alors, c'est vrai qu'il y avait la recherche d'un candidat de la part du Parti Socialiste et que finalement, on voit qu'elle est contestée par Stéphane Le Folle, qui voudrait bien qu'il y ait une primaire.
On va voir quel sera le processus de désignation finale, mais sans doute que ça va être très rapide et ce sera plutôt une victoire par acclamation d'Anne Hidalgo. Mais effectivement, pendant longtemps, on s'est posé la question du destin que voulait Anne Hidalgo. C'est vrai qu'elle a été réélue à la mairie de Paris. Souvent, on savait qu'elle avait une cible dans le dos à partir du moment où elle s'installait à la mairie de Paris. Beaucoup s'y sont cassés les dents. Alors, Nathalie Kosciusko-Morizet, on ne s'en souvient plus, mais ça fait longtemps, avait été candidate en 2014 face à elle. Elle avait été les premières adjointes à l'époque.
Ensuite, on a essayé quand même d'envoyer ce qui semblait à l'époque des poids lourds, Benjamin Griveaux, Alain Hidalgo.
– Édouard Philippe.
– Il a été question de… Donc, il y a eu des tentatives et puis elle a résisté. Alors, donc, forte de ces combats-là et puis forte aussi de ce qu'elle sent dans l'opinion. C'est-à-dire que, finalement, on voit bien d'ailleurs, autour d'elle, elle est soutenue en grande partie par le PS puisque Olivier Faure la soutient. Mais en même temps, c'est des maires qu'elle a derrière elle. Donc, elle essaie d'installer comme ça une espèce de république des maires avec Joanna Roland de Nantes qui la soutient, Martine Aubry, bien entendu, figure historique du PS, Mathieu Klein à Nancy.
Donc, elle essaie de se constituer une nouvelle garde en disant, voilà, c'est le PS, mais ce n'est pas tout à fait le PS, c'est aussi des nouveaux visages.
– Mais si vous le savez, parce que le Parti Socialiste, contrairement à la droite d'ailleurs, est décimé. C'est-à-dire que où ils sont les Montdebourg a quitté le PS, Hamon, vous l'avez dit, a quitté le PS, Manuel Valls a quitté le PS, tous ceux qui faisaient combat d'hélices. – Ça n'interroge pas, c'est d'ailleurs que tous les talents s'en allaient comme ça. – Oui, mais c'est des talents qui finalement n'ont jamais rien gagné. Si vous me permettez, c'est un peu dur ce que je dis, mais c'est un peu le cas quand même. Voilà, et ils ont déserté.
Alors il y a une nouvelle, effectivement, il y a un socialisme, il faut toujours regarder ça de près, il y a un socialisme municipal qui est très intéressant, et qui a émergé à la faveur aussi d'une féminisation du parti qui s'est renforcée, alors que c'était un des points faibles du Parti Socialiste. Et ça, c'est intéressant. Mais vous savez, moi je suis assez d'accord, ce que voulait dire Soazic, si je peux me permettre, tout à l'heure, c'est qu'elle joue aussi 2027, bien sûr. Elle joue 2027.
– Si je peux rebondir là-dessus, effectivement, parce qu'il y aura les Jeux Olympiques, elle peut acquérir un crédit supplémentaire là-dessus, elle peut essayer de jouer le tour d'après, tout à fait, qui lui donnera une visibilité.
– Une assise pour 2027. En attendant, pour les Verts, jusqu'ici, tout va bien, les débats télévisés sont apaisés, pas de candidature dissidente, et plus de 70 000 inscrits pour le vote. Alors Yannick Jadot, on le sait, il est considéré comme le candidat le plus centriste, et il fait la tête dans les sondages. Paul-Rémy Barjavel et Emmanuel Bach l'ont suivi sur le terrain à Lyon. – Vous pouvez vous inscrire jusqu'au 12 septembre
pour choisir la candidate ou le candidat de l'écologie.
– Le même message, martelé par Yannick Jadot pendant toute sa déambulation à Lyon. – Inscrivez-vous vite parce qu'après, on oublie. – Ça marche, on va pas. – D'accord ? – Merci. – Tout le monde peut voter. – Tout le monde peut voter. Convaincre le maximum de personnes de participer à la primaire des écologistes,
le défi des Verts pour être crédible au niveau national.
– Tout le monde est concerné par l'écologie, il n'y a qu'à voir l'enchaînement du chaos climatique cet été, donc il faut s'emparer de cette primaire, que ce soit à la fois un choix fort, un choix légitime, et surtout que ça soit une belle rampe de lancement pour l'élection présidentielle. – Les écologistes sont-ils en train de gagner leur pari ? 72 000 inscrits pour l'heure à la primaire, dont 86% de non-adhérents, un record. Yannick Jadot part avec une longueur d'avance, largement en tête dans les sondages auprès des sympathisants.
Il lutte malgré tout contre la réputation d'écologistes modérés qui lui collent à la peau, comme ici lors d'une rencontre avec des étudiants en école de commerce.
– Vous êtes souvent présenté comme le candidat un peu centriste de la primaire écolo, et est-ce que vous pensez que l'État doit avoir une action assez… enfin, qui doit vraiment inciter, ou peut-être même obliger ou contraindre ?
– Bien sûr, bien sûr. Je ne vois pas comment je change l'économie sans les impôts. Comme je ne vois pas comment je change l'agriculture sans les agriculteurs. Moi, je suis pour une économie régulée.
– D'accord.
– Mais je suis pour que l'économie fonctionne. L'éloge du pragmatisme face à une radicalité écologiste qui pourtant séduit.
– Je pense que si on voulait atteindre la neutralité carbone dans 5 ans ou dans 10 ans, il faudrait des mesures radicales. Et je n'appelle même pas ça radicale, c'est des mesures nécessaires et vitales en fait. Donc voilà.
– La radicale dans cette primaire, c'est Sandrine Rousseau. Depuis quelques semaines, l'économiste se fait remarquer par des prises de positions franches, comme lors du premier débat entre candidats.
– La question sociale et la question écologique sont intimement liées. Et c'est pour ça qu'on ne peut pas faire une écologie d'accompagnement, qu'on doit au contraire faire une écologie de transformation, une écologie radicale.
– Dans un débat feutré, pas question de se déchirer en public. Une cible commune, néanmoins le président de la République, à l'origine du mouvement des Gilets jaunes, selon Éric Piolle. – Ce mouvement, c'était d'abord une réaction face à l'arrogance du pouvoir, ce mépris qu'on a retrouvé dans toutes les petites phrases d'Emmanuel Macron, traverser la rue et trouver du boulot, ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien, c'est une réaction à tout cela. – Mais assez vite, la même question revient, celle du positionnement politique du futur candidat écologiste. – Depuis 30 ans, l'écologie politique en France subit un boulet. Ce boulet, c'est la gauche.
L'heure est venue de l'écologie au centre. – Dans sa ligne de mire, peut-être, Delphine Bateau qui fait campagne avec un mot-clé, décroissance. Près du chantier de modernisation de la gare d'Austerlitz lundi, l'ancienne ministre de l'écologie sous François Hollande rencontre des habitants du quartier
qui s'opposent au projet immobilier.
– La SNCF a monté ce projet à 1 milliard d'euros qui va détruire les commerces locaux, qui va augmenter les émissions de gaz à effet de serre à Paris. Donc on nage dans l'absurde. – Illustration selon Delphine Bateau de ce qu'il ne faut pas faire. La décroissance, selon elle, doit être au centre de la primaire.
– Le chemin de la décroissance, c'est absolument l'opposé de ça. Là, on est dans l'archétype d'une conception du développement des villes qui est celle d'il y a 20 ou 30 ans. C'est-à-dire que développer une ville, c'était rajouter des mètres carrés de bureaux, c'était rajouter 25 000 mètres carrés de centres commerciaux. La Convention citoyenne pour le climat a dit qu'on arrête avec les centres commerciaux. Celui-ci risque d'avoir des conséquences sur tous les commerces de proximité. C'est une aberration.
– Quel que soit le nom du vainqueur, le candidat écologiste se situe pour le moment entre 7 et 8 % d'intention de vote au premier tour de la présidentielle. – Pascal Perrineau, question téléspectateur. Avec 65 000 personnes inscrites à la primaire écologiste, peut-on s'attendre à de bons résultats en 2022 pour le candidat ou la candidate qui la remportera ? Plus il y a de monde, plus ce sera le bon ? – C'est un signe par rapport en tout cas à ce qui s'était passé la dernière fois où d'ailleurs l'espace écologiste semblait tellement restreint que le candidat écologiste s'était fondu derrière Hamon qui n'avait recueilli que d'un maigre contingent d'électeurs.
Là, cette fois-ci, la dernière fois, la primaire des Verts avait mobilisé 17 000 personnes. Là, nous sommes à 72 000. Donc il y a quelque chose qui se passe. Il y a quelque chose qui se passe. Il faut dire que l'été a été un été, en effet, qui a mis au premier plan à peu près tous les jours, toutes les semaines, l'enjeu du réchauffement climatique. Et donc il se passe quelque chose. Cependant, les intentions de vote restent des intentions modestes. Alors 7-8 % d'intention de vote, c'est mieux de toute façon que le record qui avait été enregistré, en effet, en 2002 par le candidat écologiste Noël Mamère, un peu plus de 5 % des suffrages exprimés.
Mais enfin, ça ne casse pas la baraque, si vous voulez, pour un mouvement écologiste qui voulait recomposer la gauche autour de lui. Là, pour l'instant, le moins qu'on puisse dire, c'est que ce mouvement écologiste, ce candidat écologiste est derrière Jean-Luc Mélenchon et à touche-touche avec Annie Hidalgo. Mais la sous-question, jusqu'à présent, on dit que les écologistes choisissent toujours le plus pur. Le plus pur, il termine à 2 %. Là, on voit que... Alors, ce n'est pas les militants, ce sont les sympathisants EELV qui mettent Yannick Jadot largement en tête. Et le nombre assez important de participants à la primaire, est-ce que ça ne valide pas l'hypothèse de Yannick Jadot ?
Plus le monde des décideurs de la primaire est restreint, plus la logique militante et éventuellement sectaire l'emporte. Voilà. Plus la participation est large, plus des candidats, en effet, qui ont un profil plus souple, un profil plus modéré, moins sectaire, peuvent l'emporter. Donc, pour, en effet, Yannick Jadot, c'est plutôt une bonne nouvelle. Et on voyait sur le terrain lyonnais l'ardeur qu'il mettait à préciser que le 12 septembre, c'était terminé pour l'inscription sur les listes. Sois-y qu'il m'énerve, Pascal Perrineau en parlait à l'instant. On a eu un été, une saison en enfer, canicule, sécheresse, inondation, incendie.
Et pourtant, les verres devraient être portés, malheureusement, par ces mauvaises nouvelles du monde. Et pourtant, ils ne sont qu'à 7-8%.
Oui, parce qu'en fait, l'écologie politique n'a pas le monopole de l'écologie dans tout le champ politique français. On voit Emmanuel Macron a essayé de revenir sur ce thème, même si ce n'est pas son thème de prédilection. Mais c'est l'un des thèmes. Il y aura sans doute deux thèmes phares dans la campagne, à la fois l'identité, et Éric Zemmour en parlera beaucoup, même s'il y a fort à douter qu'il ne sera pas au second tour. Mais il nous ramènera à ça. Et puis, il y aura ce sujet écolo qui dépassera le champ du parti écologiste. Et ce qui est vrai depuis longtemps, d'ailleurs, parce que les écologistes n'ont jamais été au pouvoir.
Et pourtant, Grenelle de l'environnement, on peut discuter de tout ça. Mais le sujet écologiste a déjà été à l'avant de la scène. La Convention citoyenne pour le climat en est la preuve. à de nombreuses reprises, même si ça a créé aussi beaucoup de déceptions. D'ailleurs, vous posiez tout à l'heure la question de ce qui pouvait se passer lors de cette primaire. Il y a une question aussi générationnelle. C'est-à-dire qu'on voit bien que toute la génération climat les plus jeunes, ça va être intéressant de voir qui s'est inscrit pour aller voter à cette primaire. Est-ce que c'est des électeurs qui ressemblent au corps électoral ? Ou bien est-ce qu'on est vraiment dans une génération ?
Si ce sont des très jeunes, ça peut favoriser quelqu'un...
La génération Greta Thunberg.
Ça peut favoriser quelqu'un, par exemple, comme Sandrine Rousseau, qui se présente comme intersectionnelle. C'est-à-dire à la fois écolo et féministe. Ça, c'est quelque chose qui a une audience très importante auprès d'un jeune public. Et on sait que la primaire, elle est ouverte aux plus de 16 ans.
Elle commence jeudi prochain, pendant 2-3 jours.
Voilà, c'est du 16 au 19 à 17 heures.
D'accord. Yves Tréard, est-ce qu'on peut d'ailleurs dire que les écologistes sont en train de réussir leur primaire ? Contrairement à... On verra ce que ça donne à droite. Ils ne sont pas écharpés rapidement ? On peut réussir sa primaire et se planter, si vous permettez l'expression, à l'élection présidentielle. On l'a vu chez Les Républicains, il n'y a pas très longtemps, avec François Fillon. Donc, tout est relatif. Moi, ce que je vois là, c'est que si c'est Yannick Jadot qui passe, c'est pas... Attention, c'est pas le plus écolo. Parce que la dernière fois, il y a 10 ans, Eva Joly, par exemple, elle a gagné contre Nicolas Hulot. Eva Joly est beaucoup moins écologiste.
Elle avait terminé à 2%. Elle est beaucoup moins écologiste que Nicolas Hulot. Mais c'est celui qui a le discours le plus radical, le plus anti-système, le plus anti-capitaliste aussi. Vous voyez ? Et Hulot avait perdu. Donc là, ce qui serait étonnant, c'est que si Jadot gagne, ça veut dire qu'il y a une évolution. Jadot, il est pourquoi ? Et il a cultivé ce sillon-là depuis de nombreuses années, sous tout le quinquennat de Macron. Il est pour une écologie de gouvernement. Le mot gouvernement, c'est nouveau dans la bouche des Verts français. Ils veulent marcher, enfin, lui et quelques autres, veulent marcher sur les traces des grunons allemands.
Si ça se trouve, à la fin du mois, vous aurez une première ministre, une chancelière verte en Allemagne. Ce qui serait quand même... Vous voyez ? Et donc, lui, il est sur ce... Alors, ça voudra dire, je ne sais pas si le terme est approprié, c'est que l'écologie réaliste, je ne sais pas si c'est le mot approprié, eh bien, en France, si c'est Jadot qui gagne, est en train de gagner. Et s'il gagne, il peut être un argument... Enfin, je veux dire, il peut déstabiliser un peu la campagne électorale et puis remporter la mise à gauche, surtout. Allez, tout de suite, on revient à vos questions. Alors, question téléspectateurs.
Daniel Cohn-Bendit, José Bové, Nicolas Hulot, parmi les grandes personnalités écologistes, ce sont-ils qui, parmi les grandes personnalités écologistes, s'est exprimées sur le candidat actuel ? Pascal Perrineau, à l'instant, Soazic-Keméner disait qu'il y a quand même une nouvelle génération très jeune qui soutient l'écologie. Est-ce que ces noms, ça paraît pour des anciens à l'oreille de la génération Greta Thunberg ? Hélas, parce que certains parmi ces noms, comme Daniel Cohn-Bendit, avaient vraiment fait percer l'écologie au plan politique. Parce que Daniel Cohn-Bendit savait, au-delà de l'enjeu écologique, parler d'autre chose.
Il y avait une dimension, une largesse dans le programme dont était porteur Cohn-Bendit et puis aussi son tropisme européen qui faisait que ça avait parlé et il a fait vraiment turbuler l'espace des gauches. Et là, on s'est dit à un moment, tiens, il y a peut-être là une force capable de devenir, pas hégémonique, mais leader au sein de la gauche française. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, pour la nouvelle génération, et quand on regarde l'étrange d'âge, en effet, plus on est jeune, plus on est préoccupé par l'enjeu de l'écologie et plus on a l'intention de voter, mais attention, on a l'intention. Y ratons, parce qu'on sait que les jeunes sont très touchés par l'abstentionniste.
Donc parfois, c'est un peu du wishful thinking, comme on dit. on dit, ah voilà, plus vert que moi, tu meurs, mais le jour où il faut aller voter le dimanche, on n'y va pas. Et c'est ça, une des grandes faiblesses, en particulier de l'électorat vert. Mais cette génération des José Bovet, des Daniel Cohn-Bendit, en effet, ne mobilise plus et n'est plus au premier plan de la mobilisation des verts. Claire Gatinois, Éric Zemmour a l'habitude des plateaux de télévision. Est-ce suffisant pour savoir comment gérer un pays ? Ça va lui être reproché, mais même parce que dans son livre, c'est un vendeur d'apocalypse, quand on est fait de la politique, il faut trouver des solutions.
D'ailleurs, effectivement, c'est très étonnant qu'il arrive à fédérer autour de lui quand même toute cette popularité avec un discours aussi noir et négatif et décliniste. Donc, parce que pour gouverner, il faut avoir un projet, il faut emmener le pays quelque part, il faut avoir un discours plutôt positif, de redressement. Donc, est-ce qu'il est capable d'avoir un projet positif ou est-ce qu'il va maintenir un discours uniquement dans l'opposition ou dans le déclin ? Ce sera toute la question et ce sera très intéressant de voir quel sera son discours de campagne.
Oui. Oui, et puis, pour comprendre un peu le succès, certainement, de Zemmour, vous savez, dans toutes les enquêtes internationales, la France est un des pays les plus pessimistes au monde. Il y a un pessimisme. Oui, oui. Donc, tous les prophètes du pessimisme rencontrent un véritable écho en France. Il y a aussi, si vous me permettez, c'est qu'il joue aussi sur un discours qu'on entend depuis 40 ans et qu'il a été un des premiers à ressasser, à répéter, avec brio d'ailleurs, avec des références culturelles, en disant « Vous voyez, vous êtes gouverné, pardonnez-moi l'expression, par une bande d'incapables depuis 40 ans. » Et son livre, c'est un peu ça.
Il rapporte des conversations qu'il a eues, et il en a eu beaucoup ces derniers temps, avec d'anciens dirigeants, des ministres de l'intérieur, des hommes d'affaires, et il donne son sentiment après chacune des conversations. Il dit « Ben voilà, il n'a rien fait celui-là, il n'a rien fait du tout, il avait promis de faire ça, et il n'a rien fait. » Et c'est un peu le discours qu'il tient depuis qu'il est polémiste, chroniqueur, en disant « Ben, ils sont, vous voyez, ils sont incapables, vous avez promis ça, ils n'ont jamais fait. » Et ça, les Français, ils sont très sensibles à ça. Claire Gatinois.
Effectivement, c'est très intéressant justement la popularité qu'il arrive à acquérir, parce que vous me posiez la question tout à l'heure, comment sa candidature est vue à l'Élysée ? Donc on peut se dire d'un point de vue complètement cynique, ça peut être un avantage, qu'Éric Zemmour se...
Qui affaiblit, et Marine Le Pen, et Xavier Bertrand.
Exactement. Sauf qu'il y a aussi ce qui renvoie de l'État de la France. Donc la popularité d'Éric Zemmour, qui sera un vote complètement défaitiste, finalement de résignation, peut être aussi très dangereux. Enfin, on voit que l'État de la France est déjà assez compliqué, Emmanuel Macron a eu les gilets jaunes à gérer, il y a des manifestations qui... Enfin, il y a une espèce de cocotte minute qui fait un petit peu peur et qui, du coup, peut inquiéter aussi. Voilà, dont Éric Zemmour est l'un des symptômes. Voilà, s'il fédère et qu'il porte la campagne dans une direction, dans une telle direction, ça peut être...
Ça va signe d'anxiété. Soisie Kéména, Yannick Jadot, n'est-il pas trop modéré pour les écologistes ?
Alors, ça dépend quels écologistes. Est-ce que c'est les militants ? Est-ce que ce sont ceux qui vont se déplacer ou bien est-ce que c'est les Français ? On dit qu'il y a à peu près 20 millions de personnes qui s'intéressent à l'écologie. Alors, ça, c'est dans les rêves des écolos qui voient déjà des scores à deux chiffres pour le premier tour de la présidentielle. Yannick Jadot, il y a un an, ce qu'il faut savoir, c'est qu'il ne voulait pas de cette primaire. Lui, il espérait pouvoir s'imposer au sein de son camp grâce au sondage et tuer cette primaire.
Alors, aujourd'hui, il est en train de se battre pour qu'il y ait le plus d'inscrits possibles mais lui, il ne voulait pas et il disait « j'ai un chemin du muletier devant moi ». Et donc, il savait que ça allait être une pente très escarpée, que ça allait être dur mais il espérait… Il a déjà été choisi une fois.
C'était Jean-Florett. Toute petite dernière question et il faut rendre l'antenne après. Qui, Emmanuel Macron, a-t-il le plus à craindre au second tour ? Xavier Bertrand ou Marine Le Pen ? D'un mot. Xavier Bertrand. Xavier Bertrand, le candidat ou la candidate qui sera choisie par la droite. C'est d'ailleurs
ce qui fait la force de Xavier Bertrand aujourd'hui. C'est un de ses atouts majeurs pour essayer de s'imposer chez LR.
Allez, c'est la fin de cette émission. Merci beaucoup d'y avoir participé. Je rappelle que « C'est dans l'air » est disponible gratuitement en podcast audio sur toutes les bonnes plateformes. Vous restez sur France 5. À suivre, c'est à vous.