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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 6 janvier 2026 38 minContradictoireMixteEurope & international

Le traité du Mercosur, l’abandon des agriculteurs français ?

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Propositif 11 %Attaque 4 %Défensif 1 %

Temps de parole

  • Présentateur32 %
  • Présentateur 230 %
  • Invité16 %
  • Invité 211 %
  • Invité 34 %
  • Auditeur3 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Si tout se passe mal du point de vue des agriculteurs, lundi nous aurons une photo d'Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Tout sourire avec le président paraguayen et devant eux donc la signature du Mercosur après 25 ans de négociation. Je dis si tout se passe mal du point de vue des agriculteurs parce que leur opposition, vous l'entendez depuis très longtemps, le Mercosur a été maintes fois discuté et repoussé. Cette fois la France doit se sentir un peu seule, l'Italie qui préservait une minorité de blocage se dit satisfaite ce soir de la décision de la Commission européenne de débloquer par anticipation des fonds pour la PAC, la politique agricole commune.

Vous l'avez le sous-texte, l'Europe essaye d'apaiser les divisions, la PAC et le Mercosur dans le même panier si j'ose dire. Je te donne un peu du fond de la PAC, tu me donnes une signature pour le Mercosur, on verra si les choses s'alignent de cette manière-là. Demain, jour important donc à Bruxelles, réunion de tous les ministres de l'agriculture et donc accord vendredi, signature lundi. On verra parce que la pression des agriculteurs et des éleveurs surtout en France ne faiblit pas. Les convois, vous les voyez peut-être sur vos chemins, réunion donc hier et ce soir à Matignon qui est toujours en cours. Est-ce que c'est fini ?

On va encore parler de réciprocité à Bruxelles, de contrôle des produits importés, de teneur en pesticides autorisés. On verra si ça a du sens de poser ces questions-là mais ce sera aussi le fond de notre discussion. Est-ce qu'on a abdiqué ? Est-ce qu'on avait un autre choix ? Ou est-ce que c'est aussi une bouteille à moitié pleine dont on ne parle pas ou en tout cas beaucoup moins et que la balance est à peu près équitable dans ce Mercosur ? L'autre question qui se pose et que se posent les 27 et nous aussi avons-nous le choix, c'est celle d'un contexte européen. Est-ce que face aux Etats-Unis en ce moment, nous avons les moyens de nous montrer divisés ?

C'est le téléphone seul les amis, soyez les bienvenus. Patrice, vous êtes le premier et vous êtes le bienvenu. Bonsoir Patrice.

2:01
Auditeur

Oui, bonsoir tout le monde.

2:03
Présentateur

Eh bien, on vous écoute.

2:04
Auditeur

Voilà, je voulais savoir quel est l'intérêt pour l'économie en général et le consommateur en particulier d'importer des denrées agricoles que la France est capable de produire sur ses terres. Je suis inquiet par le Mercosur et je devrais faire une remarque en tant que citoyen consommateur qui me semble importante. J'habite dans un village de la Meuse où j'ai bien conscience de la difficulté et du courage surtout d'être agriculteur, surtout lorsqu'il y a des bêtes au parc, non pas gestionnaire d'une sinistre de stabulation, de centaines d'animaux qui ne voient jamais le jour.

Je ne suis pas agriculteur, je serais prêt à descendre dans la rue contre le Mercosur, sauf qu'on entend quand même des discours inadmissibles, pour ne pas dire totalitaires, de certains dirigeants qui méprisent totalement la défense de l'environnement, notamment qui maîtrisent l'OFB par exemple, et qui oublient que les écologistes sont des sentinelles sans but lucratif au service de tous, même de la santé des agriculteurs. Donc ce n'est pas en niant les dégâts environnementaux que ça va rapprocher les agriculteurs, on a besoin d'eux, les français et les écologistes ont besoin des agriculteurs, les agriculteurs ont besoin des citoyens et des écologistes.

3:11
Présentateur

Merci pour ces remarques et cette entrée en matière, Patrice, qui dit au fond à quel point on a parfois, on peut avoir des points de vue qui peuvent être ambigus aussi sur ces questions-là, et que heureusement, et c'est bien le principe, rien n'est simple, ce n'est pas toujours tout facile ou tout difficile. Bonsoir Thierry Pouche. Bonsoir. Vous êtes le premier invité de ce téléphone, vous êtes économiste, membre de la Chambre d'agriculture de France, on a Fabien Cazot qui est là également, bonsoir Fabien.

3:35
Invité

Bonsoir.

3:35
Présentateur

Votre correspondant à Bruxelles, c'est vous, vous allez nous raconter ce qui s'est passé d'abord avec les Italiens aujourd'hui, puisqu'il va sans doute se passer demain. On attend Johan Barb qui est éleveur, qui est président de la Fédération Nationale des Producteurs de lait, et qui est aussi porte-parole de la FNSEA, retenu, vous l'imaginez, à Matignon, enfin il pensait lui aussi d'ailleurs qu'il sortirait à temps, on espère qu'il aura au moins au téléphone avant la fin de cette journée, de cette émission.

Thierry Pouch, sur le début de la question de Patrice, est-ce qu'on a, pourquoi textuellement, pourquoi est-ce qu'on a besoin d'aller chercher des produits ailleurs quand nous sommes au fond en France autosuffisants ? Le sommes-nous, pourquoi le faisons-nous ? Alors, il faut rappeler que dans ce type de négociations et ce type d'accords, ce sont des négociations globales, c'est-à-dire qui concernent l'ensemble des secteurs d'activité économique. Ça, c'est un premier point. Le deuxième point... Ça veut dire l'industrie, les voitures, etc. L'industrie, y compris un certain nombre de services, etc. Ça n'est pas un accord agricole, c'est ça qu'il faut répéter aujourd'hui.

Ce n'est pas un accord agricole. Et c'est bien là qu'est sans doute le problème, parce qu'on pourrait considérer que dans une négociation, à partir du moment où il y a des différences de coûts de production, des différences de normes, des différences environnementales, on pourrait considérer que, et même sur des filières qui sont menacées aujourd'hui dans l'Union Européenne et singulièrement en France, on pourrait considérer qu'on met de côté l'agriculture et on négocie que sur le reste. Ce n'est pas le cas. Les négociateurs en général, surtout ceux avec lesquels l'Europe négocie, entendent traiter globalement.

Et ça, c'est assez classique, puisque depuis les derniers accords du GATT en vigueur, c'est-à-dire ceux de Marrakech en 1994, on avait inclus l'agriculture, alors que depuis la naissance du GATT en 1947, l'agriculture bénéficiait d'un régime d'exception. Donc là, on négocie. Donc, lorsque nos négociateurs vont négocier avec un certain nombre de pays, ces pays-là, ils insistent pour dire, nous, on a des intérêts à faire valoir, des intérêts offensifs, et en particulier des intérêts agricoles, dans le cas du Mercosur. Alors là, il n'y a pas mieux, parce que c'est quand même de grandes puissances agricoles.

Mais est-ce qu'on peut dire, parce que vous avez raison, il y a des grandes puissances agricoles qui sont en jeu, est-ce qu'on peut dire que l'agriculture, qu'on parle de nous, ou de certains de nos voisins européens d'ailleurs, que l'agriculture a été, au fond, la sacrifiée du Mercosur ? Est-ce qu'on peut le dire aussi brutalement que ça ? Est-ce que c'est quand même un poil plus complexe ? Alors, c'est un petit peu plus complexe. Il faut regarder filière par filière. Je voudrais juste rappeler aussi, dans le cadre des négociations globales, que les États membres donnent mandat à la Commission pour négocier à leur place.

C'est-à-dire que la politique commerciale est vraiment du seul ressort de la Commission européenne. Donc après, il peut y avoir des tractations, des négociations. Mais c'est elle qui négocie. Et elle a effectivement à tenir compte de l'ensemble des intérêts industriels. On a beaucoup parlé de l'Allemagne et de son industrie. Bien sûr. Et donc, elle doit aussi tenir compte de la France. Mais sauf que là, l'agriculture, pour répondre à votre question... Alors, je vais la reformuler d'ailleurs. Est-ce que les vins, les spiritueux, les produits laitiers, les appellations protégées compensent les importations de bovins, par exemple, ou de poulets ?

Alors, c'est assez systématique dans des négociations commerciales bilatérales, puisque c'est le cas, que les contingents agricoles qu'on accorde à nos futurs partenaires commerciaux, avec des droits de douane qui sont réduits ou qui sont carrément démantelés, pour certains, c'est le cas avec le Mercosur, ces contingents sont systématiquement supérieurs à ceux que nous obtenons, et en particulier dans le Mercosur, sur les produits laitiers, fromage, poudre de lait et lait infantile, et les produits viticoles, et la reconnaissance de 350 indications géographiques, dont 44 pour la France. Donc, ça ne compense pas véritablement en termes de masse, en quelque sorte.

Sur les produits laitiers, c'est à peu près 15 000 tonnes, c'est 99 000 tonnes pour la viande bovine. Donc, on est vraiment sur des situations déséquilibrées. Et en même temps, 99 000 tonnes pour la viande bovine, par rapport à ce qu'on produit, nous, en termes de bovins en Europe, on a l'impression que c'est presque une goutte d'eau, en fait. Voilà, alors ça, c'est l'argument de la Commission européenne. Ça ne représente pas grand-chose de la production intérieure et de la consommation intérieure.

Mais il faut regarder sur la viande bovine, et c'est extrêmement important, que ce qui va être exporté par les pays du Mercosur, et en particulier par le Brésil et l'Argentine, ce sont les morceaux de très haute valeur ajoutée, en particulier les alloyaux, c'est-à-dire les filets, les faux filets, etc. C'est important que vous le précisiez, parce qu'on a un peu le sentiment qu'on va nous refiler le n'importe quoi, pas du tout. Pas du tout. C'est exactement l'inverse, en fait. On donne les bons morceaux, en effet. On va importer des produits de très haute qualité qui font finalement l'essentiel de la valeur économique de l'animal.

Et comme, en général, en Europe et en France en particulier, la restauration en domicile est particulièrement intéressée par des coûts relativement plus inférieurs que ce qu'on pourrait obtenir nous, eh bien, ils vont acheter ces morceaux d'alloyaux au détriment des éleveurs. Et je voudrais juste ajouter un point, c'est très important. Quand vous avez un animal, que vous l'abattez, il y a donc l'abattoir, ensuite vous le décortiquez pour faire les morceaux et vous extrayez ces morceaux d'alloyaux, c'est toute une chaîne de valeur. Et avec les importations en provenance du Mercosur, cette chaîne de valeur peut être remise en cause.

Alors là, on va bien sûr y venir, on a beaucoup de questions dans ce sens-là. Juste une dernière chose, avant qu'on aille au standard et qu'on rejoigne Fabien aussi, qui est à Bruxelles, au milieu de tout ça, il y a aussi ce qu'on appelle les clauses de sauvegarde. Est-ce que ça veut dire que ça aussi, ça ne fonctionne pas ? Une clause de sauvegarde, c'est simplement de dire, alors attention, si on dépasse les exportations de temps, à ce moment-là, effectivement, on les bloque ou on a ce qu'on appelle une clause de sauvegarde. C'est pareil sur les prix importés, s'ils baissaient de plus de 5% et tout ça a été vraiment renégocié, en fait. C'est pipo, ça ?

Cette renégociation des clauses de sauvegarde ou pas ? Peut-être pas complètement pipo, mais ça ne sera pas suffisant pour arrêter le flux d'importation. La discussion a eu lieu, et c'est à l'initiative de la France, qui a quand même réclamé cette clause de sauvegarde, s'était fixée à 10%. C'est-à-dire que si on dépassait hors contingent ces importations de 10% et que ça occasionnait une diminution des prix de 10%, on pouvait suspendre les importations. Le Parlement européen a réclamé 5%, donc c'est déjà beaucoup plus drastique.

La Commission, dans un premier temps, avait répondu sur 8% et finalement, là, dans le débat actuel et au regard des tensions entre le monde agricole et la Commission européenne, elle s'orienterait vers le Parlement européen et elle accepterait les 5%. Ça fait partie des tractations que vous avez évoquées au début. Juste un mot, Fabien Cazot, avant qu'on aille retrouver Jean-Christophe, notre auditeur qui nous attend. Moi, je voudrais que vous m'expliquiez un peu ce qui s'est tramé, ce qui s'est raconté aujourd'hui à Bruxelles. Est-ce qu'on est sûr désormais à Bruxelles que demain, on se met d'accord, vendredi, on signe, lundi, Ursula von der Leyen est au Paraguay et que c'est fini, en fait.

L'affaire est close.

10:42
Invité

Alors, j'ai envie de vous répondre qu'il existe toujours une marge d'incertitude dans ces affaires commerciales et singulièrement sur la position de pays comme l'Italie, comme la France aussi d'ailleurs, qui a soufflé le chaud et le froid à plusieurs reprises ces derniers mois.

10:56
Présentateur

Il faut rappeler, pardon de vous interrompre, Fabien, aux gens qui nous écoutent, que l'Italie, on n'a pas très bien compris à ce moment-là pourquoi d'ailleurs, mais s'est rallié à nous en disant attendez, non, non, non, le compte n'y est pas. Et puis là, elle est en train de sortir, en fait, parce qu'on lui a promis autre chose et on y viendra.

11:09
Invité

Oui, elle a tergiversé pendant longtemps l'Italie parce que Giorgia Meloni est tiraillée, en réalité, entre d'une part ces agriculteurs comme en France qui sont très sceptiques sur l'accord avec le Mercosur et d'autre part ces industriels notamment de l'Italie du Nord qui sont eux très exportateurs qui sont portés notamment par la Ligue du Nord pour ce qui est de l'extrême droite en coalition avec Giorgia Meloni au pouvoir aujourd'hui en Italie. Donc, ils ont fait aussi entendre leur voix en faveur de l'accord du Mercosur. Et Giorgia Meloni, elle a dû incarner une sorte de synthèse sans doute pas très commode pour elle.

Elle a fini par donner un nom provisoire le mois dernier en indiquant au président brésilien Lula qu'à ce stade, l'Italie ne signerait pas mais que ce serait partie remise en janvier. Nous sommes en janvier. Donc, voilà maintenant qu'avec un certain nombre de souplesse introduite, évoquée par la Commission européenne, elle estimerait désormais pouvoir donner la voix italienne à la signature de l'accord.

12:11
Présentateur

Ce qui s'est passé, Fabien, moi si j'ai bien compris, c'est qu'on a mis effectivement Pâques et Mercosur dans le même paquet. Enfin bref, on fait une espèce de cote mal taillée. Et là, on a dit au pays et notamment à Giorgia Meloni, on a dit, vous savez quoi, on va pouvoir dégager 45 milliards d'euros supplémentaires sur la politique agricole commune. Et elle, elle dit, ok, Banco, je prends. Ça s'appelle du marchandage. Enfin, c'est comme ça que ça marche.

12:32
Invité

C'est ça. Et c'est pour Meloni et pour les Européens dans leur ensemble. D'ailleurs, ça va être un accord global. Nous y compris, par ailleurs. Absolument. Oui, oui. Sur ce qu'on évoquait là sur l'activation des clauses de sauvegarde chères à la France. Sur aussi cet arrêté annoncée par le Premier ministre ce week-end sur l'interdiction des résidus de substances interdites en Europe pour les produits importés du Mercosur. Sur un assouplissement aussi de ce qu'on appelle la taxe carbone européenne aux frontières pour ne pas renchérir les importations d'engrais. Ça aussi, c'est un sujet sensible.

13:01
Présentateur

Oui, mais taxe carbone, taxe engrais. En gros, c'est la même que la taxe carbone pour les engrais. Est-ce que je vais un peu trop vite ?

13:06
Invité

C'est ça. C'est en fait un mécanisme qui prévoit d'alourdir le prix des importations dès lors qu'elles sont trop carbonées et les engrais le sont carbonés bien souvent. Et puis, donc, ce déblocage effectivement anticipé de fonds de la PAC salué par l'Italie ce qui augure sans doute demain d'une position italienne plutôt conciliante à l'égard de l'accord avec le Mercosur.

13:27
Présentateur

Je ne vous lâche pas Fabien mais je veux qu'on retourne au standard retrouver Jean-Christophe qui nous attend. Bonsoir Jean-Christophe.

13:32
Invité

Oui, bonsoir. Soyez le bienvenu. Merci. Alors écoutez, moi je vous appelle avec une double casquette. Je suis à la fois enseignant-chercheur et membre d'un think tank qui s'appelle la fabrique de l'exportation et aussi très proche du milieu agricole que je connais bien dont je suis issu et que je côtoie tous les week-ends. Et en fait, je crois qu'il faut remettre un peu les choses dans leur contexte. Ce Mercosur, on parle de libre-échange, c'est en fait d'abord un accord d'échange régulé comme la plupart des accords commerciaux par lesquels les produits que nous consommons et qui remplissent nos armoires et nos garages arrivent chez nous. Ce n'est pas un accord de libre-échange.

Vous avez parlé jusqu'à présent de quotas, de contingents, etc. Première chose. Deuxièmement, on est dans un contexte où beaucoup de nos partenaires commerciaux traditionnels comme les Etats-Unis ou comme la Chine sont en train de se tendre ou de fermer ou de restreindre leur marché à nos produits et on a besoin de rester une puissance productive et exportatrice. Et il ne faut pas oublier que derrière la contestation agricole qui est légitime mais qui est surtout dû au fait qu'on arrive sur un contexte climatique premièrement et le dermatose qui rend le sujet très très sensible.

Il y a de nombreuses filières qui attendent cet accord pour exporter et pour servir des clients en Amérique latine y compris des filières agroalimentaires. Et j'ai envie de dire aux auditeurs pour conclure que plutôt de s'opposer au Mercosur qui soutient l'agriculture française manger du bœuf plutôt que de la protéine végétale manger du bœuf français et accepter qu'on ouvre des fermes d'une certaine taille voire des usines pour produire en France.

15:13
Présentateur

Vous allez recevoir du courrier vous Jean-Christophe je vous le promets. Ah mais voilà

15:16
Invité

le consommateur doit être aussi conscient qu'il faut qu'il soit cohérent avec ses engagements. Voilà je vous remercie.

15:23
Présentateur

C'est moi qui vous remercie. Merci beaucoup Jean-Christophe. Je voudrais qu'on rejoigne Manon Pisani qui est avec nous. Bonsoir. Est-ce que vous êtes là ? Voilà on vous entend bien des jeunes agriculteurs. Moi j'aimerais bien vous entendre Manon Pisani réagir à ce que dit Jean-Christophe à l'instant c'est-à-dire sur l'autre côté de la médaille. Il y a aussi toute une partie y compris chez les agriculteurs de gens qui attendent la signature de cet accord. Qu'est-ce qu'on dit à ces gens qui y compris dans votre secteur encore une fois attendent la signature de cet accord ?

15:51
Invité

On leur dit qu'on ne peut pas raisonner sans le collectif sur la signature de ces accords-là. Nous en tout cas chez les jeunes agriculteurs on a la pour habitude de défendre l'ensemble des filières sans laisser personne de côté et à aujourd'hui j'ai quand même l'impression que beaucoup de nos adhérents se sentent en tout cas et se rend lésés par cet accord du Mercosur et ça pour le coup c'est plus que regrettable à l'heure où on espère en tout cas nous chez jeunes agriculteurs on a envie de voir perdurer l'agriculture française dans l'ensemble de ces filières sur l'ensemble de notre territoire. Non, ça passe mal dans les campagnes et les agriculteurs

16:35
Présentateur

ne le vivent pas bien. Et ça c'est ce qu'on entend et ce qu'on voit sur les barrages et partout et dans les réunions qui s'éternisent à Matignon mais Manon Pisani est-ce que vous dites que c'est foutu maintenant, c'est mort en fait depuis le retrait de l'Italie est-ce que c'est fini ? Qu'est-ce qu'il reste ? Quelle est la marge qui reste ?

16:54
Invité

Qu'est-ce qu'il nous reste ? Il nous reste encore quand même quelques espoirs un conseil des ministres des alliés de dernière minute qui pourraient sortir dans la semaine même si je vous avouerai que tout n'est pas le ciel à l'horizon n'est pas forcément J'ai bien compris que vous étiez bien consciente aussi de ce que vous avez devant vous Oui, oui, oui je pense qu'il serait quand même naïf de penser le contraire mais il reste quand même quelques espoirs et on ne peut pas s'avouer vaincu à l'heure actuelle alors que rien n'est signé pour Mercosur et qu'il nous reste une semaine une grosse semaine de travail et d'espoir

17:37
Présentateur

Quand on vous dit et je vous poserai la question aussi à vous Thierry Puche vous avez commencé à y répondre doucement quand on vous dit mais il y aura une clause miroir et notamment sur les fameux 5 pesticides les dernières choses qui ont été signées tout récemment quand on vous parle effectivement de cette taxe carbone taxe en gré sur lequel on fait plus ou moins une croix quand on vous parle d'un deal général avec la PAC et de 45 milliards qu'est-ce que vous répondez Manon Pizani est-ce que vous dites trop facile on nous aura pas comme ça est-ce que vous avez le sentiment que toutes les garde-fous qu'on met ne seront pas respectées une fois qu'on y est j'ai bien compris que vous pensiez qu'il pouvait y rester un peu une petite porte de sortie mais une fois qu'on y est est-ce que vous avez confiance dans les garde-fous ou pas du tout ?

18:22
Invité

à titre très personnel j'ai moyennement confiance dans les garde-fous qu'on nous promet on voit bien comment se passent les choses à l'heure actuelle quel espoir pour la suite si ce n'est on n'en sait pas grand chose moi j'ai du mal avoir un douanier un gardien derrière chaque bateau qui pourrait rentrer dans un port français ou européen et encore moins un douanier ou un gardien derrière chaque producteur sud-américain c'est là en fait toute la difficulté de comment est-ce qu'on arrive à articuler des ambitions très belles sur le papier de close miroir mais comment est-ce qu'elles sont traduits défaits dans la réalité ça c'est bien plus compliqué et je pense que je serais bien naïf celui qui qui croit qui croit comme argent comptant

19:19
Présentateur

restez avec nous Manon Pizani bien sûr moi je voudrais me tourner vers vous là-dessus Thierry Pouche parce qu'on a beaucoup beaucoup de messages les voilà sur Whatsapp on a même quelqu'un qui reste anonyme et qui est douanier lui-même et qui dit moi je peux vous assurer qu'il n'y aura jamais un douanier évidemment derrière chaque exportation bovine est-ce que ça est-ce que vraiment c'est ça qu'il faut donner comme message aux gens qui nous écoutent toute forme de garde-fous pour empêcher l'arrivée sur notre territoire de viande qui serait soit mauvaise soit trop de pesticides etc tout ça c'est on ne peut pas faire confiance alors il y a plusieurs choses là dans l'échange qu'il y a eu avec madame Pizani il faut rappeler déjà qu'il y a un certain nombre de parlementaires européens qui ont déposé un recours auprès de la cour de justice européenne pour vérifier en quelque sorte entre guillemets la constitutionnalité de l'accord est-ce que ça s'est négocié dans les termes juridiques qu'il fallait avec la commission etc ça va prendre un certain temps j'allais dire 25 ans pour y penser mais bon c'est pas grave justement dans ce cas là l'accord pourrait un peu comme le cas du Canada pourrait rentrer en application provisoire du coup comme le CETA vous voulez dire comme le CETA il est toujours en application provisoire mais depuis 8 ans mais oui depuis 2017 il a été mis en application et en plus le Sénat ne l'a pas ratifié alors évidemment la procédure de ratification n'est pas la même avec le Mercosur puisque la commission européenne est assez vigilante là-dessus elle n'avait pas envie de consulter les parlements nationaux et régionaux ça c'est un premier point du coup je voudrais revenir à ma question quand même est-ce que ça veut dire que je ne peux pas avoir confiance si l'Europe dit on ne fera pas venir sur le territoire du bœuf aux hormones du bœuf piqué aux antibiotiques à certains pesticides nourris par certains pesticides je ne peux pas avoir confiance alors c'est compliqué parce que déjà pour effectuer les contrôles à la frontière il faudrait que la commission européenne et les états membres admettent que il va falloir regrossir les effectifs de douaniers quand on regarde les effectifs de douaniers dans l'Union Européenne avec le marché intérieur notamment ils ont fondu depuis quand même pas mal d'années et en particulier en France déjà il y a un problème très matériel d'une certaine façon d'effectifs faire ça et ensuite les contrôles vont se faire à l'arrivée ou vont se faire à l'expédition dans un des pays du Mercosur ce qui n'est pas tout à fait la même chose et à ce moment-là est-ce que les états membres du Mercosur vont accepter qu'il y ait des contrôles sur leur territoire donc vous voyez que c'est extrêmement compliqué je voudrais juste préciser aussi que les clauses miroirs pour l'instant elles ne sont pas appliquées parce qu'il y a un désaccord entre les 27 on parle bien de clauses de sauvegarde c'est une option qui a été retenue par la Commission européenne et puis la Commission européenne il faut faire attention parce qu'elle se targue finalement lors de l'accord qu'il y a eu le 6 décembre 2024 Madame van der Leyen est partie signer ça il y a eu l'inclusion de la notion de durabilité et en particulier avec l'acceptation par les pays du Mercosur de l'accord de Paris de 2015 alors il n'est pas contraignant évidemment mais il y a au moins dans la perspective de la lutte contre la déforestation quelque chose qui a été retenu donc la Commission peut très bien rétorquer de ce point de vue-là qu'elle tient compte finalement des aspects environnementaux et des aspects écologiques Voici une question c'est la vôtre Patrick bonsoir

22:30
Auditeur

Oui bonsoir On vous écoute

22:32
Présentateur

on vous écoute Patrick

22:34
Auditeur

Oui et bien ma question est relativement simple ce traité qu'on essaye de faire depuis une trentaine d'années pourquoi est-ce qu'on ne mettrait pas une clause de revoyure mais une vraie clause de revoyure au bout de trois ans par exemple et là on fait les bilans on regarde un peu comment ça va de manière qu'effectivement ça devient gagnant-gagnant parce que là on part dans l'inconnu à mon avis

22:58
Présentateur

Merci beaucoup pour votre question Patrick Manon Pisani je vous poserai la question aussi à vous Thierry Pouche parce que je suis curieuse de savoir ce que dans le CETA notamment ces fameux huit ans s'ils ont dit des choses déjà trois ans et on voit Manon Pisani si au pire parce qu'on se remet dans la configuration qui est la nôtre aujourd'hui pour l'instant il y a beaucoup de chances que cet accord soit signé au pire une clause de revoyure est-ce que vous signez ça Manon Pisani ou pas vous chez les jeunes agriculteurs ?

23:23
Invité

Non très honnêtement la clause de revoyure moi je n'y crois pas enfin je n'y crois pas vraiment pendant trois ans tout le monde essaiera de faire les choses correctement et après le contrôle on lâche on lâche les enfin on revient à des habitudes et à des pratiques qui sont coutumières chez dans les pays partie prenante du MERCO sur très honnêtement la clause de revoyure à trois ans moi je n'y crois pas trop sachant que pendant trois ans les gens feront collectivement l'effort de faire les choses comme il faut pour la signature définitive et puis ensuite advienne que pourra

24:01
Présentateur

Après Manon Pisani on les voit bien vos collègues en ce moment effectivement on voit les barrages on voit aussi le contexte effectivement et l'un de nos auditeurs l'a rappelé dans un contexte de dermatose nodulaire en plus tout ça rend les choses très compliquées mais on a bien compris aussi que la France continuait à dire non donc est-ce que vous en voulez toujours au gouvernement français s'il y a signature sans dire en gros est-ce qu'on n'a pas poussé le bouchon assez loin est-ce que c'est contre l'Europe que vous êtes en colère est-ce que vous voulez quoi le symbole de la non-signature de la France à minima à Bruxelles à ce stade là au fond contre qui est dirigée votre colère Madame Pisani

24:39
Invité

la non-signature du Mercosur à aujourd'hui par la France ce serait un signal fort envoyé à l'agriculture européenne et à l'agriculture française pour ce qui nous concerne nous en tout cas chez jeunes agriculteurs on croit pleinement en l'avenir de l'ensemble de nos filières persuadés qu'on est capable de produire à peu près la totalité de ce qu'on consomme sur nos différents territoires ce serait dommage d'importer une agriculture qui nous est incapable dont on n'est pas capable de produire et dont à aujourd'hui personne ne veut dans son assiette aujourd'hui nous sommes capables de produire de belles choses de bonnes choses en France il faudrait capitaliser là-dessus sans forcément aller chercher du bœuf bien plus loin alors qu'on est capable enfin on est tout à fait capable de produire à France c'est un minimum en Europe

25:34
Présentateur

Deux questions Thierry Pouche d'abord oui est-ce qu'on est totalement on pourrait vivre en autarcie agricole si je puis dire non alors sur les grandes filières céréalières laitières bovins même sur le porc etc on est largement autosuffisant ou vraiment tout juste à l'équilibre en revanche pour un certain nombre alors les fruits et légumes ça fait très longtemps que nous sommes déficitaires nous ne sommes pas autosuffisants la viande ovine on est à 50% la viande de volaille où on était autosuffisant nous ne le sommes plus donc voilà là un bel exemple de bascule on importe un peu plus de 50% notre consommation intérieure mais sur le Mercosur je voudrais dire deux choses qui me paraissent fondamentales à l'heure actuelle sans que l'accord ne soit signé et encore moins appliqué 58% des importations européennes de viande bovine proviennent déjà du Mercosur c'est le premier fournisseur en viande bovine de l'Union Européenne la seule différence avec l'accord c'est que ces importations elles contiennent un droit de douane qui est en général en moyenne de 20% voire même un peu plus donc là avec l'accord on va tomber à 7,5 donc les exportateurs du Mercosur vont faire un bénéfice financier avec la diminution de cette rente et la deuxième chose c'est que cet accord il intervient vraiment au plus mauvais moment vous avez parlé de la dermatose etc mais il y a un autre aspect qu'on signale assez peu et qui me paraît fondamental c'est la baisse drastique des cheptels bovins en Europe et en particulier en France et la Commission Européenne vient de publier un rapport où elle estime qu'à l'horizon 2035 on va encore perdre 3 millions de têtes sur le cheptel bovin ce qui veut dire qu'inévitablement si on continue à consommer de la viande bovine on va être obligé d'importer et le calcul de la Commission il est là d'importer parce qu'on manque de disponibilité et on a du mal à régénérer les générations d'éleveurs bovins et en plus on va pouvoir importer moins cher j'ai dit tout à l'heure qu'il y avait 40% sur le Mercosur de différence en moins par rapport à l'Union Européenne et rien qu'avec le Brésil c'est 60% et puisque vous nous parlez d'éleveurs Périne nous a appelé bonsoir Périne bonsoir on vous écoute

27:44
Auditeur

et bien moi j'ai une toute petite ferme en Haute-Garonne avec 8 vaches et je crée mes vaches et je transforme le lait à la fête et je voudrais savoir comment ça se passe pour l'acheminement de la viande qui est en provenance d'Amérique du Sud puisque chez nous et notamment où est-ce que sont abattues les vaches ?

28:01
Présentateur

Il y a beaucoup de questions dans ce sens-là qui peut répondre à ça Manon Pisani comment ça va se passer ? Donc on a bien compris que l'abattage il se faisait au pays de départ et ensuite ?

28:13
Invité

Écoutez je ne suis pas experte de la filière viande une fois qu'elle est abattue à l'étranger mais j'imagine que ce sont des transports par bateau qui arrivent congelés sur le sol européen et qui sont ensuite redistribués sur l'ensemble du territoire mais je vous avouerai que je ne suis absolument pas experte je n'en ai aucune idée et l'expertise ne devrait pas arriver de moi

28:38
Présentateur

la question pardon Manon Pisani je ne voulais pas vous mettre en difficulté dans le contingent qui a été accordé sur la viande bovine mais il faudrait aussi parler des autres contingents en viande de volaille en sucre etc qui vont certainement fragiliser ces filières mais sur le contingent en viande bovine c'est de la viande congelée et de la viande fraîche à peu près à parité à peu près je voudrais qu'on retourne à Bruxelles mais je voudrais qu'on entende Claudine avant bonsoir Claudine Dominique pardon pardon Dominique pardon

29:04
Auditeur

oui bonjour je voulais dire qu'on avait oublié le volet du consommateur en fin de compte parce qu'on sait très bien et l'un des intervenants l'a dit tout à l'heure il y aura très peu de contrôles on va contrôler par sondage et en fin de compte ces viandes sont achetées par des par soit des chaînes de fast food soit des gens qui font de la restauration collective et on va se retrouver avec des viandes aux antibiotiques ou avec des pesticides

29:32
Présentateur

après moi je vous merci beaucoup pour votre question Claudine pardon Dominique non parce que j'ai marqué Claudine sur la fiche excusez-moi moi ce que j'ai envie de vous reposer la question en fait à tous les deux Manon Pisani peut-être pour commencer je suis assez scotché par le manque de confiance a priori en fait a priori on va nous refiler de la viande qui sera piquée aux hormones des veaux nourris par des OGM etc etc et on a l'impression qu'a priori c'est sûr et certain tout le monde va tricher sur les quantités et les difficultés je peux comprendre mais sur la mauvaise foi est-ce que vraiment il faut acter le fait qu'on va forcément se faire avoir qui veut répondre à ça allez-y Manon pardon

30:20
Invité

acter le fait que tout le monde va se faire avoir je ne sais pas mais il faut imaginer que ça ne fait plaisir à personne dans un pays où on est capable et sur un continent sur lequel on est capable de produire d'une façon la plus durable et ça a été ça a été démontré la plus la plus vertueuse qui puisse exister sur l'ensemble de l'agriculture mondiale ça ne plaît à personne d'imaginer qu'on puisse importer des produits issus de l'agriculture de l'autre bout de l'autre bout du monde dans fait dans des des conditions déloyales au possible en concurrence directe avec des produits de bœuf en l'occurrence parce que c'est ce qu'on parle le plus mais aussi le betterave français enfin issu de filières françaises ça ça ne plaît à personne on est capable de produire tout ça en France on le produit on le produit bien et on est incapable de le valoriser malheureusement nos produits sont à aujourd'hui très peu concurrentiels sur un marché qui est mondialisé et ça c'est vrai pour l'ensemble des filières mais sachant que on peut personne n'est satisfait et l'équation elle sera forcément pas bonne et la défiance elle sera importante quoique peu importe les conditions qui nous sont mises

31:41
Présentateur

en face je comprends très bien ce que nous explique Manon Pisani Thierry Pouch et le mot que je retiens c'est défiance en fait c'est pas forcément une histoire de tricherie effectivement comme j'ai formulé tout à l'heure il y aura toujours une défiance c'est ça que ça dit il y a une défiance parce que les pratiques d'élevage sont tellement différentes et les coûts de production sont tellement avec un écart important que la défiance surgit quasi immédiatement et au delà de la viande bovine j'ai parlé de la viande de volaille du sucre mais il faut ne pas oublier aussi par exemple la filière apicole il y a 45 000 tonnes de miel qui vont arriver du Mercosur à droit de douane nul qu'est-ce qu'on va expliquer aux producteurs de miel dans l'Union Européenne et en particulier les producteurs de miel en France et vous avez tout un tas de filières comme ça qui vont être exposées j'ajouterais juste un point aussi sur ces accords alors il y a eu un auditeur qui n'aimait pas trop libre-échange on peut parler de partenariat commercial d'accords régulés des échanges etc sauf qu'à chaque fois il y a une variable qui n'est jamais prise en compte c'est le taux de change et on sait que le réel brésilien par exemple la monnaie locale est systématiquement sous-évaluée par rapport à l'euro ce qui procure un avantage compétitif par la voie de la parité monétaire aux exportateurs brésiliens et un dernier point il ne faut pas oublier que le Brésil est doté d'immenses firmes multinationales à commencer par JBS qui est le grand spécialiste dans le monde de la viande bovine justement entre autres mais ça ça peut compter aussi de façon offensive pour le commerce extérieur brésilien c'est sûr que des fermes avec huit vaches comme notre auditrice tout à l'heure au Brésil je ne sais pas si ça existe eux-mêmes je voudrais qu'on refasse un aller-retour à Bruxelles retrouver Fabien Cazot parce que quand même Fabien qu'est-ce qui se passe est-ce qu'il y a une possibilité même pour que la France dise moi je signe pas on sait bien que de toute façon il n'y a pas la minorité de blocage mais est-ce que c'est dans les papiers les tuyaux ça ou pas

33:34
Invité

alors oui il y a une possibilité surtout si on se réfère à ce qu'est venu dire Emmanuel Macron le mois dernier à Bruxelles vous vous souvenez il y avait un conseil européen avec tous les chefs d'état de gouvernement et il avait même invoqué une forme de bon sens paysan qui s'était lui-même approprié en disant je veux la vérité des prix voilà la commission européenne promet des contrôles on en parle depuis tout à l'heure elle les promet pour janvier moi j'attends de voir et en l'état actuel des choses il n'est pas question de signer l'accord avec le maire Cossour ça c'était mi-décembre janvier commence à peine les contrôles ne sont pas ou ne vont pas être tout de suite en place donc de ce point de vue-là on ne voit pas comment sur la base de ce seul argument-là la position française pourrait bouger donc effectivement l'option d'une non-signature reste sur la table après la partition française est quand même compliquée la France est un pays fondateur de l'Union Européenne est-ce qu'elle peut s'opposer à quasiment tous les autres il y a aussi ça s'est jamais produit

34:33
Présentateur

non je ne veux pas vous piéger là-dessus Fabien Cazot je ne suis pas sûr que ça se soit déjà produit en fait un nom sur un texte aussi important

34:39
Invité

sur un côté en fait sur des textes importants sur des mesures importantes à certains moments chaque partenaire européen prend un peu sa pomme j'allais dire enfin son mange un peu son chapeau et les Allemands l'ont fait par exemple quand l'Union Européenne a décrété les droits de douane sur les voitures électriques importées de Chine ou plus récemment sur l'emprunt le prêt à l'Ukraine gagé sur les avoirs russes qui n'a finalement pas été retenu c'est peut-être autour de la France du point de vue de la Commission Européenne de prendre un peu son revers avec cet accord avec cet accord Mercosur il y a un enjeu d'unité européenne et puis aussi de diversification des partenariats commerciaux ça en entend beaucoup parler à Bruxelles aussi

35:22
Présentateur

alors il y a l'un de nos auditeurs Fabien y a fait allusion il y a la Chine il y a les Etats-Unis il y a tout ça qui se tend donc on a besoin aussi de nos filières de notre côté c'est un argument qui tient ça ou pas ? L'argument de la Commission c'est que l'accélération des tensions internationales notamment sur le plan commercial Chine-Etats-Unis doit précipiter on doit accélérer la signature et ça on l'a dit dès le début on s'est dit aïe aïe aïe le Mercosur dès lors que les droits de douane sont arrivés mais c'est vrai ou pas ? Est-ce qu'on balaye cet argument d'un trait de plume ? On se dit oui c'est vrai on le met quand même dans la case des plus qu'on le veuille ou non ?

C'est l'argument de la Commission après si on revient au cas agricole justement on peut se poser plein de questions là on accélère parce qu'il y a des marchés notamment celui des Etats-Unis qui se ferment avec les droits de douane donc la Commission cherche une porte de sortie qui était déjà là de toute façon mais qui s'accélère en raison de la tension internationale Je voudrais juste ajouter un point sur les 45 milliards de la Commission pour la politique agricole commune qui ont été accordées Et qui font plier l'Italie donc ?

Il faut faire attention parce que c'est à d'où le tranchant le budget de la PAC il va être négocié et entre les Etats-membres Oui c'est le budget 28-34 on est d'accord Voilà c'est ça le budget 28-34 Il va être négocié avec le Parlement avec le Conseil et avec la Commission et donc l'Italie elle a obtenu quelque chose mais il faut voir que la négociation peut faire évoluer aussi le dossier dans les années à venir J'ai une dernière question pour vous Fabien Cazot je vous remercie tous vraiment beaucoup on n'a pas trop de temps mais je voudrais quand même est-ce que dans les couloirs de Bruxelles on dit aussi attendez il y a un autre facteur et c'est pour ça que ce n'est pas le moment que la France n'assigne pas quoi qu'elle en pense c'est Trump c'est le Venezuela c'est tout ce qui se passe là c'est la coalition des volontaires enfin on a besoin de montrer une Europe unie et donc pardon de le dire comme ça tant pis pour le Mercosur amis français est-ce que c'est ça aussi le message qu'on nous envoie ?

37:07
Invité

Il y a un enjeu même si la Commission européenne fait très attention à ne pas brouiller les messages à ne pas mélanger tous les sujets les uns avec les autres mais il y a quand même cette idée effectivement d'afficher une unité des Européens d'autant plus importante au moment où que ce soit depuis les Etats-Unis depuis la Chine depuis la Russie et même à l'intérieur de l'Union européenne des forces politiques justement ont plutôt tendance à attiser les divisions entre Européens

37:32
Présentateur

Merci beaucoup merci vraiment à tous les trois en particulier à vous Manon Pisani parce que vous êtes arrivé au pied levé chez nous merci vraiment de l'avoir fait merci à tous pour vos nombreuses questions merci à tous

Le traité du Mercosur, l’abandon des agriculteurs français ? · Pourquijevote