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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 16 décembre 2025 24 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

Traité avec le Mercosur : "Il fait fi des normes que nous devons respecter" estime Michel-Édouard Leclerc

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:05OuverteRéponse partielle

    La crise agricole et les négociations Mercosur : la colère des agriculteurs vous semble-t-elle légitime ?

  • 2:48OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous connaissez des éleveurs confrontés à la DNC ? Avez-vous échangé avec eux ?

  • 3:29OuverteRéponse directe

    Redoutez-vous une baisse de la consommation de viande ?

  • 4:38OuverteRéponse directe

    Avez-vous prévu d'aider les producteurs en difficulté dans le Sud-Ouest ?

  • 5:31RelanceÉludée

    Un agriculteur avec un troupeau abattu : vous laissez l'État s'en occuper ?

  • 6:18OuverteRéponse directe

    L'accord Mercosur est une ineptie : faut-il continuer à s'y opposer ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:45Invité politiqueFait
    « Ne pas avoir des clauses de réciprocité, de ne pas avoir des possibilités d'empêcher du poulet aux hormones. »
  • 14:24Invité politiquePromesse
    « Tous les choux-fleurs dans les centres Leclerc seront vendus à prix coûtant. »

Temps de parole

  • Invité politique63 %
  • Invité19 %
  • Présentateur12 %
  • Auditeur3 %

4,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Dans le grand entretien avec Benjamin Duhamel, nous recevons donc ce matin le président du comité stratégique des centres Leclerc. Chers auditeurs, vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Michel-Edouard Leclerc.

0:23
Invité politique

Bonjour la grande Florence, bonjour le grand Benjamin.

0:27
Présentateur

Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.

0:29
Invité politique

Pour le grand entretien, ça commence bien.

0:32
Présentateur

Une semaine des fêtes de Noël. Vous allez nous dire dans un instant comment consomment les Français en ce moment, comment se passent les négociations commerciales avec vos fournisseurs et les producteurs qui ont commencé il y a deux semaines. On va aussi parler de ce clip au succès planétaire de vos concurrents d'intermarché qui vous a fait réagir. Mais commençons d'abord par la crise agricole entre la menace de la dermatose nodulaire contagieuse et les négociations autour du Mercosur qui pourraient aboutir malgré les protestations de la France. Vous qui avez souvent été visé par la colère agricole dans vos magasins, est-ce qu'elle vous paraît légitime aujourd'hui ?

1:12
Invité politique

Il y a plusieurs types de colère et puis il y a une surenchère de colère aussi parce qu'il n'y a plus un monopole syndical, enfin il n'y a plus une lisibilité de la pensée syndicale aussi unitaire. Sur les aspects vétérinaires, je ne sais pas quoi dire. Il faut faire une barrière sanitaire sur l'épisode aussi en cours. Je ne sais pas quelle est la meilleure. On voit bien qu'il y a deux positions selon deux types d'agriculture. Il y a une agriculture qui n'est pas exportatrice et donc voudrait vacciner ses troupeaux.

Et une autre agriculture, des éleveurs, je crois les plus nombreux, qui disent que si on vaccine le troupeau, on ne pourra pas vendre 1,5 million de bœufs, veaux, je ne sais pas, à l'étranger. Donc je ne sais pas trancher ça. J'ai beau lire les journaux, j'ai une pratique vétérinaire sur les agneaux et sur les moutons parce que j'ai vécu mari d'agricultrice pendant 17 ans. Donc je connais la pratique quotidienne sur un élevage. Je pense qu'il y a un choc émotionnel d'abord pour tous ceux qui abattent une bête, voire abattre une bête, voire abattre ces bêtes, ça ne rend pas raisonnable, ça assomme.

Madame Gennevard, elle doit arbitrer entre des autorités sanitaires, des conséquences politiques. Elle a lâché un peu apparemment, on dit de l'Est, mais en traçant une zone.

2:39
Invité

Elle maintient et le gouvernement maintient à la ministre de l'Agriculture cette stratégie d'abattage systématique quand il y a contamination dans le cadre de la DNC, la dermatose nodulaire contagieuse. Est-ce que vous, Michel-Alain Leclerc, qui travaillez indirectement avec des éleveurs pour vos rayons, viande, produits laitiers, est-ce que vous en connaissez, qui sont confrontés à ce problème ? Est-ce que vous avez pu échanger avec eux ?

3:00
Invité politique

Oui, alors, il y a ceux qui sont directement concernés par cette maladie, il y a aussi d'autres agriculteurs, parce qu'il y a d'autres maladies, notamment issues des groupes aviaires, de la peste porcine, ça fait beaucoup. Et donc, on s'inquiète plus ensemble de l'image que ça peut donner de la production animale, de la consommation animale dans les mois à venir. Et donc, ça, c'est aussi, ça peut être une plus grande crise que la crise si elle est localisée.

3:29
Présentateur

Ça veut dire que vous redoutez une baisse de la consommation de viande ?

3:32
Invité politique

Oui, oui, oui. Je le partage avec certains amis producteurs autour de moi, et puis dans les discussions sur les filières, c'est évident que l'accumulation, comme ça, d'épisodes, qui ont l'air de venir plus souvent, risquent de faire accélérer la baisse de la consommation de viande qu'on constate en France actuellement.

3:55
Présentateur

Même si ça ne la rend pas impropre à la consommation, en l'occurrence, il n'y a pas de problème sanitaire de consommation avec la viande. La consommation n'est pas rationnelle, hein.

4:02
Invité politique

Donc, pour moi, c'est ça la première crainte. Et donc, dans la gestion de cette crise, il faut penser au-delà de l'émotion. Enfin, je n'ai pas de leçons à donner, je ne suis pas compétent, je ne suis pas légitime, mais je pense que je voudrais dire aux agriculteurs qu'au-delà du débat que je ne sais pas trancher sur la manière de gérer cette crise, il faut faire attention à ne pas discréditer la viande, quoi.

4:25
Invité

Débat que, semble-t-il, les scientifiques ont tranché en plaidant pour cet abattage systématique, mais simplement, Michel-Éloi Leclerc, à la place où vous êtes, est-ce que vous avez prévu, vous, d'aider, avec vos magasins Leclerc, les producteurs en difficulté, dans les zones qui sont touchées, notamment dans le Sud-Ouest ? Est-ce qu'il y a des initiatives qui sont prévues pour les soutenir ?

4:45
Invité politique

Oui, on fait ça depuis 3 ans, 4 ans, de manière renforcée, à travers une relation qui n'est plus nationale, mais qui est locale, parce que la grippe aviaire, surtout, avait surtout touché le Sud-Ouest. Donc, on a des contrats avec des producteurs locaux, on a des contrats sur plusieurs années. La garantie de revenus, elle leur est accordée par la loi, une loi française, qui m'interdit, qui interdit à tout distributeur de remettre en cause le prix souhaité par l'agriculteur. Et des relations particulières, il y a 18 000 contrats d'alliances locales qui ont été construits autour de fermes de producteurs agricoles, nommément désignés. Et donc, oui, sur le terrain, on est beaucoup plus proche.

5:31
Présentateur

Ça veut dire qu'un agriculteur qui aurait un troupeau abattu, qu'est-ce que vous faites ?

5:36
Invité politique

Alors, il y a des démarches, je ne sais pas, vous voulez dire ?

5:38
Présentateur

Non, mais vous, personnellement, vous laissez l'État s'en occuper, en fait.

5:41
Invité politique

C'est-à-dire que tout bêtement, celui qui trouve la solution trop vite ne sera pas aidé par l'État. Donc, il faut laisser les procédures en place. Mais on est très présent auprès de notre population agricole, on est au cœur. Et je ne dis pas ça que pour Leclerc, je dis ça pour Intermarché, pour Système U. Nous sommes des gens de terroirs, nous sommes implantés dans des terroirs.

6:01
Présentateur

Il y a un autre enjeu majeur, c'est le Mercosur, ce traité de libre-échange avec les pays d'Amérique latine. La Commission européenne voudrait le signer en cette fin de semaine. La France s'y oppose, elle considère que le compte n'y est pas, que nos agriculteurs, enfin un certain nombre, vont y perdre. Vous, vous disiez, il y a un an, que cet accord était une ineptie. Vous continuez à le dire, il faut continuer à s'y opposer ?

6:25
Invité politique

Oui, mais je ne l'oppose pas qu'aux politiques. Ça met aussi les chefs d'entreprise, agricoles ou industriels, devant leur responsabilité. C'est-à-dire que, qu'est-ce qu'on dit de cet accord Mercosur ? C'est qu'il fait fi des normes que nous devons respecter, dans le cas de la COP21, dans le cas de notre plan sanitaire, de notre plan de développement. Et donc, ne pas avoir des clauses de réciprocité, de ne pas avoir des possibilités d'empêcher du poulet aux hormones ou des modalités d'élevage, c'est un vrai sujet. Donc la France a raison de ne pas signer ce traité en l'État, d'accord ?

Et d'ailleurs, on le voit bien, parce que parallèlement, dans ce qui vient d'Asie, avec l'histoire de Chine, ce qu'on reproche bien à Chine, c'est de ne pas respecter les normes. Au-delà des turpitudes ponctuelles, c'est bien de ne pas respecter les normes.

7:20
Invité

Pardon, Michel, mais vous êtes paradoxal, puisque vous dites sur le Mercosur, c'est une ineptie, on a raison de s'y opposer. Et sur Chine, vous faisiez plutôt partie de ceux qui considéraient que c'était une bêtise de vouloir s'en prendre aux sites.

7:31
Invité politique

Non, il ne faut pas faire du réseau social. Ah, ce n'est pas du réseau social, je vous ai écouté longuement parler de la question de Chine. Ce contre quoi je suis, c'est de s'opposer à Chine, parce qu'il est chinois. Le fait qu'un Chinois ouvre un magasin à Paris, le fait de s'opposer à l'ouverture d'un magasin chinois à Paris, me paraît délirant. Enfin, ce n'est pas le problème. Non, mais quand j'ai parlé, et quand il n'y avait pas l'affaire des poupées, on était sur l'installation de Chine au BHV. Et donc, j'ai dit à un moment donné que c'était assez étonnant de la part d'autres commerçants de faire procès à Chine, de vouloir s'implanter en France. C'est juste ça.

Après, c'est à l'État de mettre les produits en conformité. Et on revient au Mercosur. Ne recommençons pas l'histoire. Exigeons des produits d'Amérique latine, des produits du Mercosur, le respect réciproque de nos normes. Ce qui veut dire qu'il y a des normes. Ce qui veut dire qu'il y a des normes, parce que là, c'est là où c'est important quand même dans le débat français. C'est que d'un côté, le monde patronal, le monde de l'entreprise trouve qu'il y a trop de normes. Mais de l'autre côté, on oppose nos normes aux importations d'Amérique latine ou de Chine.

8:42
Invité

Il faut rappeler encore une fois avec ce Mercosur que la France n'a pas la capacité seule à s'y opposer puisqu'il faut ce qu'on appelle une minorité de blocage. Il y a donc une hypothèse sérieuse où le traité de Mercosur est conclu entre l'Union Européenne et les pays d'Amérique latine. Si c'est le cas, est-ce que vous, les magasins Leclerc, vous vous engagez à ne pas commercialiser de viande qui viendrait d'Amérique latine ? Aucune vende d'Amérique latine ne se retrouvera dans les rayons d'un magasin Leclerc.

9:08
Invité politique

Personne ne demande que dans une foire au vin, il n'y ait pas un peu de vin chilien, un peu d'argentin. C'est pour ça que j'ai parlé de viande. Et dans la viande, sur une carte de restaurant ou dans un magasin, avoir un peu d'angus ou d'avoir même du wagyu néo-zélandais, ce n'est pas Mercosur, mais ça professionnalise le rayon et ce n'est pas de ça dont se plaignent les agriculteurs. La réponse, c'est oui, nous sommes prêts à nous engager, à faire respecter les normes, à ne pas importer. Et d'ailleurs, nous ne sommes pas tellement concernés nos distributeurs.

Ceux qui sont concernés, c'est les ringistes, c'est les grossistes, ce sont les importateurs, ce sont les industriels transformateurs du poulet et la restauration. La restauration est la première concernée.

9:47
Présentateur

Michel-Edouard Leclerc, vous êtes en ce moment en pleine négociation commerciale. C'est-à-dire que les grandes surfaces négocient les prix avec les industriels qui eux-mêmes négocient avec les producteurs. Tout ça, à la fin, ça fait un prix pour le consommateur en supermarché. Et on a justement une question de Dominique au Standard. Bonjour, bienvenue Dominique.

10:05
Auditeur

Bonjour France Inter, bonjour M. Leclerc. Bonjour. A savoir si par rapport au pouvoir d'achat qui ne s'est baissé, si les grandes distributions telles que l'Edoard Leclerc, ont des moyens de lutter contre cette étape faite en diminuant peut-être quelques produits, quelques brossons pilotes.

10:27
Présentateur

Merci Dominique, la liaison n'est pas très bonne. Est-ce que les prix ont baissé, Michel-Edouard Leclerc ? Est-ce que vous alliez rogner sur vos marges ?

10:33
Invité politique

Tous les industriels aujourd'hui, enfin la plupart des industriels présentent des hausses en moyenne de 5%. On va négocier, nous on va chercher des baisses parce qu'on sort d'une période de très grosse inflation avec des hausses de prix qui n'étaient pas normales, qui n'étaient pas expliquées. Donc on ne va pas négocier la matière agricole. Donc que ce soit clair, l'agriculture française n'est pas concernée par la pression que l'on va mettre sur les multinationales. C'est l'agroalimentaire sur laquelle vous allez mettre la pression ? On va mettre la grosse pression sur Procter, sur Nilever, Nestlé, Mondelez, etc. Qui nous présentent chaque ligne de leur compte d'exploitation en hausse.

Et c'est peut-être vrai, mais ils ont les capacités de diluer, de différer. Et donc nous allons, là où ils proposent des hausses de 5%, on va aller chercher des baisses de 2%. Une négociation, on part chacun d'un point et on arrive quelque part.

11:33
Invité

Il y a deux ans, vous aviez dit, Michel-Eure Leclerc, je vais casser la gueule à l'inflation. Et toujours ça, c'est vos formules. Là, sur les conséquences de ces négociations avec les industriels, sur la façon dont les prix vont évoluer. Notamment en 2026, votre, je ne peux pas dire confrère, mais du moins homologue, Thierry Cotillère chez Intermarché, lui anticipe une baisse du prix de la farine et des pâtes, une hausse contenue du prix du café et de la viande. Là encore, pour ceux qui nous écoutent, qu'est-ce qui, dans le panier, va évoluer, va augmenter ou au contraire, va plutôt aller vers la baisse ?

12:05
Invité politique

Je ne sais pas. On verra ça en février, à la fin des négociations. Parce que vous voyez, par exemple, vous ne m'avez pas encore parlé du prix du chocolat, mais on n'a pas conclu avec certaines marques de chocolat, rien que pour Noël là. Donc, des négociations, c'est vraiment des négociations, et je ne sais pas le résultat qui va sortir. Parce qu'il y a des grandes marques industrielles, face auxquelles, même si on s'appelle Leclerc, on ne pèse pas grand-chose. Leclerc, ça doit être 1,4, 1,5% du chiffre d'affaires de Nestlé, et même avec d'autres Européens, on pèse peut-être 4% de son chiffre d'affaires.

12:42
Invité

Mais il n'y a pas d'explosion des prix à attendre.

12:44
Invité politique

Voilà, ça, ce que je peux vous dire, c'est que l'inflation, la vague d'inflation énorme qu'on a eue pendant 3 ans, elle est laminée. Les industriels qui avaient trop augmenté leurs prix ont vu leur part de marché baisser. Donc, ils sont revenus à la raison. Les marques de distributeurs ont pris le pas. Les marques premier prix sont revenues, comme Eco Plus chez nous. Et du coup, je pense que pour 2026, on n'a pas de facteur inflationniste trop dangereux qui va menacer notre pouvoir d'achat.

13:14
Présentateur

Alors, vous parlez chocolat, moi je vais vous parler chou-fleur. Vous dites que vous ne mettez pas la pression sur les agriculteurs. Pour autant, on a Jean-Louis qui nous appelle au standard et qui a une question chou-fleur à vous poser.

13:27
Auditeur

Oui, bonjour à tous, bonjour à toutes. Bonjour François Sainte-Claire, bonjour M. Leclerc. Bonjour. Vous n'êtes pas sans ignorer qu'il y a une crise importante sur le chou-fleur en matière de surproduction actuellement. La tête de chou-fleur est achetée environ 40 centimes au producteur. On la retrouve dans votre magasin de Sornier, Marseille, à 1,79. Comment expliquez-vous cet écart ?

13:52
Invité politique

Si elle est à 1,79, ce n'est pas normal. Je peux vous dire qu'elle était à 0,99 jusqu'à hier. Là, les cours remontent. Peut-être que ça va remonter vers 1,10, 1,15. De toute façon, il faut beaucoup plus pour l'agriculteur pour qu'il puisse s'en tirer. Mais vous savez bien que c'est une crise de surproduction. Et ce sont vos propres organisations aujourd'hui qui nous demandent de faire du dégagement. Donc nous, on s'engage, Leclerc, je peux vous le dire ici à France Inter, on met ça en place pour demain et après-demain. De toute façon, tous les choux-fleurs dans les centres Leclerc seront vendus à prix coûtant. Comme ça, il n'y a pas de discussion sur la marge.

14:31
Invité

Donc ça, c'est l'annonce sur le choux-fleur dans tous les magasins Leclerc à prix coûtant.

14:33
Invité politique

Voilà, je suis devenu un spécialiste du choux-fleur.

14:35
Invité

C'est important. J'ai même vu une sorte d'appel de Karine Lemarchand sur la question du choux-fleur qui a appelé les grands distributeurs à s'engager sur cette question.

14:43
Invité politique

Oui, je suis quelqu'un qui est né au milieu des choux-fleurs, dans le Finistère Nord, choux-fleurs et artichauts. Et donc, je défends le choux-fleur.

14:51
Invité

Alors, je ne sais pas si on mangera du choux-fleur à Noël, mais peut-être. Pourquoi pas ? On est à quelques jours, Michel-Eloir Leclerc, des fêtes de fin d'année. Et c'est toujours intéressant avec vous de faire un point sur l'état d'esprit des Français puisqu'avec vos plus de 700 magasins, vous êtes comme une sorte de baromètre de leur état d'esprit, de la façon dont ils consomment. Qu'est-ce que vous constatez à 8 jours de Noël ?

15:11
Invité politique

Là, je pense que Noël, ça va marcher. Du point de vue commerçant, ça va marcher. Et du point de vue consommateur, ça va être un formidable exutoire. Beaucoup de consommateurs en ont marre, même de rester devant leur post-télé. La vie politique, la vie même géopolitique, les a assommés. Et donc, ça a commencé avec le Black Friday. Moi, je ne suis pas un militant du Black Friday. Je me rends compte que le public a acheté beaucoup des premiers cadeaux pour Noël. Il y a plein de choses qui marchent. Je suis étonné, vu mon âge, de voir revenir les jouets, les jouets de société, les trucs de ma génération. Ça marche très fort.

15:49
Invité

C'est toutes les générations ?

15:50
Invité politique

Non, il y a des moments où ça disparaît pour les jouets techniques. Alors, tu sais, tu as les dragons qui se transforment en voiture. Ça marche très bien. Et ce n'est pas que pour les garçons. Et puis, oui, il va y avoir... Je pense que ça va être un bon Noël. Donc, les Français consomment. Les Français consomment. Et alors, en fait, ils ne vont pas lésiner là-dessus. Pourtant, on est le pays qui a le plus fort taux d'épargne d'Europe. Et c'est plutôt l'investissement qu'ils ne font pas. Ils ne savent pas s'il faut acheter l'appartement ou pas. Ils ont découvert pendant le Covid que c'était quand même intéressant d'avoir un pied-à-terre avec un jardin, etc. Ils ont aussi envie...

Les jeunes qui arrivent ont envie d'acheter une voiture. Mais ils ne savent pas quelle sera la valeur de revendre dans leur voiture. Ils ne savent pas les décisions qui vont être prises. Et donc, ça, ils épargnent. Et ça, ça bloque la consommation. Il y a beaucoup de consommation ou d'investissement potentiel qui sont sous le pied.

16:39
Présentateur

Mais ça ne va pas les empêcher de se lâcher un peu pour Noël.

16:41
Invité politique

Mais ça ne va pas les empêcher de se lâcher à Noël. Comme vous, à France Inter, j'imagine. Vous allez faire la fête. Surtout Florence.

16:51
Invité

Simplement, sur les habitudes de consommation que vous constatez. Vous avez sorti un observatoire Leclerc avec un observatoire des nouvelles consommations. Et vous décrivez, je vous cite, une transformation silencieuse à l'œuvre qui se traduit par un Noël plus ajusté, plus raisonné, plus personnel. Où on cherche avant tout à préserver le sens tout en tenant compte des contraintes économiques du moment. Là encore, au-delà de la question de savoir si les Français vont consommer ou pas. Et vous nous dites ce matin que ce que vous constatez dans les magasins, c'est plutôt qu'ils consomment. Sur les tendances de consommation. Par exemple, alimentaire.

Le repas de Noël, est-ce qu'on reste dans les grands classiques ? La volaille, les produits exceptionnels, foie gras, huître. Ou est-ce qu'il y a des choses qui évoluent ?

17:29
Invité politique

Oui, c'est plus, je dirais, c'est plus diversifié. C'est plus jeunes aussi. On n'est plus forcément dans le respect de la tradition culinaire française avec des plats lourds, avec des chapons, avec de la sauce. On n'est plus non plus dans une société très masculine qui sortait ses belles étiquettes avec des crues couillues et des grandes... Vous voyez ce que je veux dire ? Aujourd'hui, on boit... Le rosé remonte très fort. À Noël ! Oui, même à Noël, le rosé remonte très fort. Même la bière remonte très fort. C'est-à-dire qu'on se fait plaisir, mais peut-être avec des choses qui, socialement, ne représentent plus la même chose. Donc, on dépense moins dans l'alimentaire.

On dépense moins, mais on dépense autrement. On sort beaucoup, on va au spectacle vivant.

18:15
Invité

On se fait plaisir et il y a parfois des produits du terroir. Vous riez en anticipation, mais peut-être que vous rirez moins dans un instant. Il y a ce qu'on appelle des produits terroirs qui sont plébiscités à Noël, avec parfois un marketing qui peut être trompeur, y compris dans vos magasins, puisque l'association de consommateurs Foodwatch a épinglé vos escargots de Bourgogne de la marque distributeur L'Origine du Goût, pour la raison simple qu'ils ne viennent pas de Bourgogne, ces escargots, mais vraisemblablement d'Europe de l'Est. Sur l'emballage, on peut seulement lire Origine Européenne. Vous essayez d'induire le consommateur en erreur, Michel Orlecler ?

18:46
Invité politique

Non, je soutiens Foodwatch. Ils nous ont aidés, ils nous ont fait évoluer, notamment sur les emballages et les fameuses encres chimiques qui étaient sur les boîtages. Donc je suis pour le travail des ONG, mais là, ils auraient dû aller regarder ChatGPT5 ou Gemini, parce qu'en fait, escargots de Bourgogne, ce n'est pas une appellation géographique, c'est un type d'escargot. Et 80% des escargots de Bourgogne viennent d'Europe et ne viennent pas de Bourgogne. Pas plus que la moutarde de Dijon ne vient de Dijon. Donc vous n'impuisez pas le consommateur en erreur ? Non, non. D'ailleurs, je n'ai pas renvoyé de pique en retour, parce que l'intention était bonne. Nous, on a besoin des ONG.

Mais là, ils se sont un peu trompés. C'est comme si on disait, les pâtes bolognaises ne viennent pas de Bologne.

19:32
Présentateur

Alors, justement, on a une question consommation-alimentation de Marion. Bienvenue Marion, au Standard de France Inter. Bonjour.

19:41
Auditeur

Oui, bonjour. Merci de prendre mon appel. Bonjour à toute l'équipe. Bonjour. Bonjour, monsieur Leclerc. J'avais une question consommation. Je fais mes courses. J'essaye de consommer de manière éthique, de limiter mon empreinte carbone, etc. J'aurais voulu savoir, moi, ce que je vois dans les supermarchés, ce n'est pas de l'aide à ce niveau-là, c'est le contraire. comment la grande distribution, comment vous pouvez aider les consommateurs à dealer avec ces enjeux-là.

Parce que, moi, ce que je constate, c'est que, quand on lit les études, il y a 30%, il n'y a que 30% au maximum de ce qui se vend en supermarché qui correspond et qui coche les cases du développement soutenable pour nous et dans le cadre d'une bonne santé.

20:34
Invité politique

Alors, c'est un vrai sujet. Alors, vous me donnez la main, c'est 2035, Leclerc va diminuer de 50% son empreinte carbone dès maintenant, dès la rentrée, là. Tous les produits textiles importés ou fabriqués en France vont afficher leur poids carbone et on va partir sur une descente des émissions de carbone. Il y aura aussi sur ces QR codes sur les produits et sur les drives et sur les sites internet de Leclerc. Une manière pour les consommateurs de voir diminuer ce taux d'émissions de carbone et l'amélioration des conditions environnementales. On met aussi une Nutri-Score.

21:14
Présentateur

Attendez, mais ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous faites venir

21:17
Invité politique

les vêtements

21:18
Présentateur

de moins loin dans des usines plus efficaces ? C'est pas forcément le transport

21:24
Invité politique

qui fait l'émission de carbone, ce sont les conditions de production. Enfin, rentrons pas dans le détail. Nous nous engageons à ce que la moyenne de nos émissions de carbone soit diminuée de 50%. Nous mettons en place des systèmes d'information pour que le consommateur puisse suivre cette évolution. Pareil pour aujourd'hui dans la lutte anti-gaspillage, 50% des magasins en France qui sont labellisés anti-gaspillage sont des centres Leclerc. On est en pointe là-dessus. Dès même qu'on avait été les premiers à supprimer les sacs plastiques jetables, on met le Nutri-Score partout, sur même les premiers prix, sur toutes les références premiers prix.

C'est pas l'idéal, mais ça donne une indication sur le gras, le sucre, le sel, etc. Et on met l'indication d'origine, on met l'indication d'origine sur les quatre principaux ingrédients des articles consommés. Oui, Benjamin ?

22:18
Invité

Non, mais c'est parce qu'il nous reste peu de temps et qu'il faut absolument qu'on parle de cette pub de vos concurrents d'intermarché qui a été vue par le monde entier. On est quasiment à un milliard de vues. Vous allez jouer au loup. Voilà, c'est tout moi. Réalisé par un studio d'animation français, on entend la chanson Le Mal-Aimé de Claude François, on y voit un loup qui cuisine des légumes pour se faire accepter des autres animaux de la forêt qui normalement ont peur de lui, par définition. Vous êtes beaux joueurs, vous les avez félicités sur vos réseaux sociaux, vous qui adorez les coups de com' sur la baguette, vous avez été un peu jaloux ou pas ? Oui.

22:48
Invité politique

Oui, il a fait un super truc. Alors, j'ai deux raisons d'apprécier. D'abord, je suis un amoureux de la bande dessinée et des dessins animés, donc qu'une société montpellier-reine ait fait ça, c'est formidable. Il y a d'ailleurs une autre société qui a fait un jeu vidéo qui a un gros succès. Le meilleur jeu du monde de Montpellier aussi. De Montpellier aussi, comme quoi, il faut aussi croire au talent de son pays. Et puis, évidemment, Inter signe cette campagne atypique et bravo Inter.

23:19
Invité

Qu'est-ce que vous en avez tiré comme leçon ? Parce que dans votre réaction, vous ironisez sur Thierry Cotillard qui va devoir traverser ses magasins sans aller vers la viande pour aller vers des choses plus végétariennes. Parce que c'est ça la leçon que vous avez tirée de la pub ? On peut aussi se dire que c'est seulement vous venez comme vous êtes, comme dirait une autre entreprise.

23:35
Invité politique

Non, non, ça renvoie. J'ai marqué d'ailleurs sur mon petit post sur Facebook et LinkedIn que c'était une remarque personnelle. C'est que j'ai rendez-vous avec lui dans un restaurant cette semaine ou chez lui cette semaine et on mange de la viande.

23:47
Présentateur

Très bien. Écoutez, on est ravis d'avoir votre agenda. Merci beaucoup, Michel-Edouard Leclerc. Merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin.