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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 19 novembre 2012 8 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & international

Laurent Wauquiez

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse directe

    Qui a gagné la présidence de l'UMP ?

  • 0:39RelanceRéponse directe

    Comment se fait-il que vous n'arriviez pas aux mêmes additions ?

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Jean-François Copé était-il indigne en se proclamant président ?

  • 1:32OuverteÉludée

    D'après vous, est-ce qu'il y a eu de la fraude ?

  • 2:10OuverteRéponse directe

    Vous ne regrettez pas d'avoir refusé le vote par Internet ?

  • 2:24OuverteRéponse directe

    Quitte à faire deux heures de queue, comme beaucoup de militants ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25PrésentateurChiffre
    « on estime que François Fillon a une légère avance sur un scrutin très serré. »
  • 2:56PrésentateurChiffre
    « Oui, même un peu plus. »
  • 5:02PrésentateurChiffre
    « ils sont 8000 »
  • 5:07PrésentateurFait
    « qui a même été validé par les deux côtés »
  • 6:32PrésentateurFait
    « ça nous a beaucoup handicapés. »

Temps de parole

  • Présentateur78 %
  • Laurent Wauquiez22 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, le 7-9 de Patrick Cohen.

0:06
Laurent Wauquiez

À 8h21, bonjour Laurent Wauquiez. Bonjour. Ancien ministre, député de Haute-Loire, soutien de François Fillon. Qui a gagné la présidence de l'UMP ?

0:13
Présentateur

Pour l'instant, personne ne peut le dire. Je crois qu'il faut être très simple. On a les uns et les autres des remontées de terrain, puisqu'on a chacun des assesseurs dans les bureaux de vote. Nous, ce que ces remontées de terrain nous indiquent, c'est qu'on estime que François Fillon a une légère avance sur un scrutin très serré. Mais je suis aussi très honnête. Pour l'instant, les seuls qui proclameront les résultats, c'est la commission de contrôle. Cette commission de contrôle est en train de faire son travail. Et donc, on valide les bureaux de vote au fur et à mesure. Comment se fait-il que vous n'arriviez pas aux mêmes additions ? Vous avez identifié ou localisé le litige ? Non.

Vous voyez bien, quand il y a un résultat serré, il peut y avoir une petite guerre d'intox, on va dire. Et donc, quand il y a un résultat qui est serré comme celui-là, le seul comportement qui soit, je pense, digne, correct, calme, serein, c'est d'attendre que la commission, qui est chargée de proclamer objectivement les résultats, fasse son travail.

1:03
Laurent Wauquiez

Donc, Jean-François Copé était indigne et agité hier soir en se proclamant président, en remerciant les militants. C'est une faute, un coup de force ?

1:11
Présentateur

Disons que quand il y a un résultat serré, c'est tentant d'essayer de passer en force. Mais ce qu'il y a de clair, c'est qu'hier, il n'y avait absolument rien qui permettait à qui que ce soit de se proclamer président. Et d'ailleurs, il me semble qu'il y a un bon principe en démocratie, c'est qu'on ne s'autoproclame pas soi-même élu. Pour que la démocratie fonctionne, précisément, il faut qu'il y ait un regard objectif. D'après vous, est-ce qu'il y a eu de la fraude ? Je n'ai pas tellement envie de rentrer dans cette ère du soupçon. Je crois qu'on est suffisamment ridicule.

On donne suffisamment une mauvaise image pour ne pas rajouter en plus l'alimentation de rumeurs et que les uns et les autres perdent leur sang-froid. Donc, j'essaye de ne pas rentrer là-dedans. Voilà, évidemment, on peut, sur les uns et les autres, sur tel bureau de vote, dire qu'il y a eu telle procuration, ou qu'il y a eu telle liste, ou qu'il y a eu telle fraude. Moi, ce que j'attends, c'est juste qu'il y ait ce travail de comptage serein auquel j'ai participé hier jusqu'à 4h du matin. Donc, voilà, c'est la seule chose qu'il y a à faire dans un cas comme celui-là.

2:10
Laurent Wauquiez

Vous ne regrettez pas d'avoir refusé le vote par Internet que proposaient les partisans de Jean-François Copé ?

2:17
Présentateur

J'adore les nouvelles technologies, mais je dois dire qu'en matière de démocratie, je suis plutôt adepte du vieux système de la pierre de la démocratie.

2:24
Laurent Wauquiez

Quitte à faire deux heures de queue, comme beaucoup de militants ?

2:26
Présentateur

Non, là où vous avez parfaitement raison, c'est qu'il y a eu des très graves dysfonctionnements sur l'organisation qui a été faite de cette élection. C'est très clair. La mise en œuvre par notre parti de cette élection sur le terrain est apocalyptique. Voilà, ce n'est pas normal que des gens qui aillent voter mettent deux heures et demie. Et en plus, ce qui est d'autant plus indigne, c'est que les adhérents, eux, ont répondu hier. C'est-à-dire qu'il y avait une grosse participation, c'était plutôt d'ailleurs une belle leçon démocratique, c'est-à-dire un parti... C'est-à-dire combien ? 150 000 davantage ? Oui, même un peu plus. Même un peu plus.

Donc une participation qui est vraiment, je dirais, à l'honneur de notre famille politique. Sauf que tout ça est gâché par des bureaux de vote qui n'ont pas été correctement organisés et par un système de remontée qui est d'ailleurs un vrai problème. C'est-à-dire que les PV, les procès-verbaux, ce qui atteste du résultat final, hier, à 4h du matin, n'avaient même pas été transmis dans plus de la moitié des cas.

3:18
Laurent Wauquiez

La faute à qui le camp de Jean-François Copé dit c'est pas nous, on n'était pas les organisateurs de l'élection,

3:23
Présentateur

il y avait une procédure indépendante, je vois sourire. Ce qu'il y a de sûr, c'est que ça n'est en aucun cas la commission de contrôle qui est en cause. Après, c'est l'organisation du parti, donc c'est le parti qui était chargé d'organiser cette élection, visiblement, et je le regrette, les leçons de ce qui s'est passé pour les primaires socialistes n'ont pas été tirées. Bon, et pour la suite, est-ce que vous faites confiance

3:45
Laurent Wauquiez

donc à la COCOE, la commission de contrôle, et à son président, Patrice Gellard ? C'est un nom magique, la COCOE.

3:52
Présentateur

On aurait voulu l'inventer, on n'aurait pas choisi mieux. Vous l'avez inventé d'ailleurs, donc c'est pas nous. Oui, oui, enfin, moi j'ai décidé, et c'est vraiment l'attitude qui est l'attitude de François Fillon, c'est d'être dans cette période très délicate, délibérément constructif. Voilà, nous on a nos remontées, mais on ne prétend pas que ce sont les bonnes, on pense juste qu'on a cette avance, maintenant ce qu'on attend, c'est qu'elle soit objectivée, parce que c'est la seule chose qui pourra permettre d'en sortir par le haut. Mais enfin, tout ça me rappelle, et puis au micro de France Inter, on peut évoquer ce genre de choses, Rousseau.

Rousseau disait, le drame et la magie de la démocratie, c'est que la majorité se fait à une voix. On est un peu en train de vivre ça.

4:30
Laurent Wauquiez

Refaire l'élection, comme le suggère un autre soutien de François Fillon ce matin, Jean Léonetti, ça vous semble imaginable ?

4:38
Présentateur

On n'en est pas là. À ce stade, on n'en est pas là. Pour l'instant, déjà, on a des bureaux, on a des PV, on a des bulletins, donc maintenant, il reste juste à les compter. C'est un travail ingrat, fastidieux, dans lequel je conçois que l'image que nous ne donnions ne soit pas celle que j'aime. Mais voilà, c'est comme ça. Ça peut prendre combien de temps, Laurent Wauquiez ? J'espère que tout ça va pouvoir se faire tranquillement dans la journée.

4:59
Laurent Wauquiez

Vous avez eu les votes des militants installés à l'étranger,

5:02
Présentateur

ils sont 8000, c'est revenu déjà ? Oui, c'est revenu, ça a été validé par un procès verbal qui a même été validé par les deux côtés et sur lequel François Fillon est en avance.

5:11
Laurent Wauquiez

Bon. En tout cas, c'est pour vous le pire des scénarios. Quelle sera la légitimité d'un président de l'UMP élu avec quelques dizaines de voix d'avance, voire une voix, puisque vous citiez Rousseau, éventuellement avec des soupçons de fraude ?

5:24
Présentateur

Je pense qu'en tout cas, personne n'aura intérêt à rentrer dans une guerre d'usure. Donc, une fois qu'on aura le résultat qui sera le résultat de la commission, je pense qu'il faut que tout le monde rentre dans une démarche constructive. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faudra que le vainqueur tende plus que jamais la main et qu'on soit dans vraiment ressoudé les blessures, parce qu'il y a quand même eu des plaies dans toute cette histoire. Et à l'inverse, que celui qui sera vaincu accepte de le reconnaître et ne soit pas dans un procès en légitimité. Ça va tous nous mettre face à nos responsabilités. Tous. Voilà.

Donc, ce sera au fond un bon test de maturité pour les politiques que nous sommes.

6:00
Laurent Wauquiez

Quoi qu'il en soit, n'est-ce pas un grave échec de François Fillon qui pensait l'emporter assez largement, qui imaginait qu'une large mobilisation des militants, que vous avez souligné il y a un instant, ferait coïncider leur préférence avec celle des sympathisants.

6:16
Présentateur

Non, je pense que dans une élection interne et au fond l'élection du Parti Socialiste, l'élection du Parti Socialiste l'a bien montré, le risque c'est que au fond la maîtrise du parti, la maîtrise de qui organise l'élection, comme vous l'avez dit, crée un avantage. Donc, oui, d'une certaine manière, ça nous a beaucoup handicapés. Bon, ben maintenant, on va voir. Je pense que tout le monde considérait il y a encore six mois que c'était impossible d'arriver à sortir, à gagner cette élection. Moi, je pense malgré tout que François Fillon peut en sortir par le haut et je crois surtout qu'il a la lucidité ensuite de le faire autrement que sur le mode du clivage et de l'affrontement. Voilà.

6:54
Laurent Wauquiez

Mais ça ne vous insère pas d'autres leçons le fait que l'homme politique le plus populaire à droite aujourd'hui, qui est François Fillon, tous les sondages le disent, et autant de mal à s'imposer dans sa propre formation politique. Laurent Wauquiez.

7:05
Présentateur

Je vais dire les choses simplement. L'interrogation qu'on peut avoir, c'est comment est-ce que ces systèmes de primaire permettent d'avoir des résultats qui font aussi qu'une famille politique est en osmose avec le sentiment de sa majorité potentielle et de ceux qui peuvent lui faire confiance. Voilà, c'est ça la question. C'est-à-dire que si vous avez un parti qui vote totalement à l'opposé de ce que pensent la majorité des sympathisants de la droite et du centre, effectivement, ça peut poser un problème. Sincèrement, on n'en est pas là. Et je n'ai pas envie de rentrer dans ce genre de considération dont on pourrait dire mauvais joueur, pas mauvais joueur.

Voilà, pour l'instant, la seule chose que j'attends, c'est le verdict des urnes, aussi fragile et ténu soit-il.

7:43
Laurent Wauquiez

Merci Laurent Wauquiez d'être venu ce matin au micro de France Interdant. Merci à vous. Quelques minutes après l'édito de Nicolas Béthoud, on évoquera la situation à Gaza avec Antoine Sfer et Frédéric Ancel et puis dans un instant la revue de presse.