PSYCHOLOGUE EN SOINS PALLIATIFS (FIN DE VIE) : IL AIDE LES GENS FACE À LA MORT ( ANGE, PARANORMALE…)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
43 % des Français se disent angoissés à l'idée de leur mort. Toi, tu as peur de la mort ? Ouais, je pense qu'il y a encore une crainte.
Ouais. Quand on meurt, il y a quelqu'un. Mais je l'appellerai pas ange gardien.
Moi, je me suis vu en dehors de mon corps. Franchement, je préfère me regarder à la classe. Tu as fait une espérance de mar ?
Oui. Comment ? J'essaie de respirer et j'arriverai à reprendre respiration.
Je me dis [ __ ] j'ai pas envie de mourir comme ça. Le mec, il faut mourir avec classe. Et non.
Pf, je me retrouve dans quelque chose d'iminemment silencieux, de bon, de doux, d'amour et je commence à voyager. Il y a des gens qui vont venir te chercher comme si tu avais besoin de leur dire au revoir. Tu vas être en paix tranquillement.
Et tu crois quelque chose après ? Je crois pas. C'est pour moi c'est une évidence.
Il y a quoi après ? Ça continue. C'est pas la fin de l'histoire.
Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende. Aujourd'hui, notre invité s'appelle Éric Dudois. Il est psychologue dans un service de soins palliatifs à Marseille à l'hôpital de la Timon euh qui est un hôpital public.
Il est donc dans les soins palliatifs. C'est là où on finit sa vie va nous expliquer justement ce que c'est qu'un soin palliatif, à quel point l'humain est important dans son travail. Il va nous raconter son parcours, ses 30 ans d'expérience au sein de ce service.
On va parler de de la mort aussi avec lui. Toutes les questions. On a je crois d'après des sondages 43 % des des Français ont peur de la mort. va nous dire ce qu'il en pense lui de son point de vue.
En tout cas, merci d'être de plus en plus nombreux sur les genses. Tous les mercredis, vendredi et dimanche. On vous met une vidéo, une interview ou un documentaire.
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N'hésitez pas à commenter l'émission aussi. Je sais que ceux qu'on reçoit sont contents de pouvoir lire les commentaires. Et puis moi aussi, j'adore les lire.
Ça vous permet de d'échanger dessous et à mettre la petite cloche pour être au courant des prochaines sorties de vidéos. Et en podcast audio, si vous voulez nous écouter sur la route ou en faisant du sport par exemple, on est sur Spotify, sur Apple Podcast, Amazon Podcast, on est premier podcast de France donc voilà c'est un rêve éveillé. Merci d'être là de plus en plus nombreux et c'est parti avec Éric Dudo sur les gens.
On y va. Bonjour, je suis Éric Dudois. Je suis psychologue en soins palliatif depuis une trentaine d'années dans l'hôpital de la Timonne à Marseille, un hôpital public, assistance publique des hôpitaux de Marseille.
Et je viens ici pour vous raconter que mourir ça peut être un bon début finalement. Si tu veux claper et me donner le clap. [Musique] Bienvenue Éric.
Euh merci d'être venu. Je sais que tu es venu exprès de Marseille. Du coup, tu as pris le train ce matin ?
Oui. En 3h, c'est ça. Maintenant, Paris Marseille, c'est beaucoup plus 3h20.
Merci beaucoup. Et tu repars juste après la vidéo. Donc merci d'être venu jusqu'à nous pour ça.
Tu as déjà fait des interviews mais jamais aussi longues que légendes. Euh et tu es prof aussi ? Oui.
Tu sais, tu peux tu formes Je suis enseignant à la faculté de de psycho et en médecine aussi un peu dans le le petit encar de soins palliatifs. Tu connaissais l'émission ou pas avant qu'on commence ? Oui, j'avais vu.
Je vous avais vu. Oui. Dans l'émission, tu vois comment ça se passe.
J'avais vu comment ça se passait. On refait le parcours de l'invité. On essaie de comprendre les choix.
Toi, tu as passé 30 ans, tu y es encore ? Oui. La Timon en soins palliatifs.
Qu'est-ce que c'est que les soins palliatifs ? Est-ce que tu peux essayer d'expliquer en en une phrase ou deux en imaginant que tout ce que l'on va expliquer à l'émission, certains d'entre vous chez vous ne connaissent pas du tout le sujet. C'est important d'ouvrir à tout le monde.
Le soin palliatif, c'est une c'est un très grand truc mais en fait ce dont je m'occupe de le moment du soin palliatif au moment de la mort imminente. Sinon le soin palliatif c'est qu'on peut pas guérir. Et donc il y a beaucoup de maladies qui sont très longues qu'on peut pas guérir mais on meurt pas forcément.
Et moi là où je travaille à l'hôpital c'est au moment où on peut pas guérir et s'annonce ce qu'on appelle la mort. C'est la fin de vie quoi. C'est la fin de vie.
Tu as écrit un livre où tu racontes une quinzaine de cas, ça s'appelle D'une vie à l'autre. 15 histoires inoubliables d'un passeur d'âme, c'est chez Larousse si vous chercher. Je mettrai le lien en cliquable dans la description de cette vidéo et sur le podcast audio dans la description aussi de Spotify 10 d'Apple podcast ou d'Amazon Podcast pour le retrouver directement dessus.
C'est des vraies histoires tu racontes dans le Oui, c'est les vraies histoires. Je j'arrive pas à raconter des histoires qui sont pas vraies parce que la réalité est encore plus folle. Dans quel sens ?
Plus belle ou plus dure ? Les deux. Elle elle est souvent plus belle mais on je suis pas au pays des bisous nours donc des fois c'est fait raide.
Ouais. On on va parler donc des soins palliatifs donc de la mort. J'ai j'ai repris un chiffre ifop donc un sondage officiel. 43 % des Français se disent angoissés à l'idée de leur mort.
Est-ce que c'est normal d'avoir peur de la mort ? Alors déjà c'est très peu pour moi. Je trouve que c'est pas c'est pas juste.
Je pense que c'est plus ou Oui, c'est plus on est on a tous peur de la mort. On a tous peur de la mort parce qu'en fait on a ce dont on a peur c'est de perdre son identité et en fait c'est du côté de l'identité et du côté des affects des liens qu'on a tracé avec les objets, les animaux les proches et cetera que le flip vient. On a peur de perdre son nom, son son Oui, on a peur de perdre ce qu'on est.
On est on est habitué à notre corps ne serait-ce que même si on l'aime pas et qu'on le critique sans arrêt. Est-ce que tu as déjà rencontrer des gens qui n'ont qui enfin qui t'ont dit en tout cas c'est pas forcément vrai mais qui t'ont dit qu'ils avaient pas peur de la mort du tout. Oui.
Tu les crois ? Non jamais. Mais mais je suis saisi parce que quelqu'un qui me dit ça, il a envie de me dire autre chose.
Et ce qu'il a envie de me dire c'est que j'aurais le courage. Voilà, c'est une histoire de se donner du courage mais en fait c'est même la philosophie s'en aéré entre est-ce que la mort c'est du côté de la vie ? Est-ce que la mort c'est quelque chose de vraiment altère ?
Mais moi je fais partie des gens qui pensent que la mort c'est la fin de vie c'est la mort et dans la fin de vie il a la vie il y a rien de plus il y a rien de mieux. Toi tu as peur de la mort même si tu la côtois entre guillemets au quasiment au quotidien. Ouais je pense qu'il y a encore une crainte.
Ouais et pourtant ça fait 30 ans que je je la côtoie et je sais qu'on n'est jamais seul. C'est-à-dire que ce que je vois en soin palliviatif, c'est qu'on est toujours attendu. Quoi ?
Ben, ça veut dire que en fait lorsque je je suis en en relation avec le patient, je m'aperçois que il va me parler ou il va parler à côté de moi et parce qu'il y a il y a des gens qui l'attendent. Alors, est-ce que c'est une coconstruction ? Est-ce que c'est autre chose ?
J'ai tendance à penser qu'on baigne dans la conscience. Je comprends pas bien. Pardon ?
Quand tu dis qu'il est attendu, c'est par qui après ? Ouais. Tu crois aux anges gardiens ?
Non, je crois en rien. C'est vrai ? Par contre, je je vérifie.
C'est pour ça que j'ai fait théologie. On va parler des études de la théologie, c'est c'est c'est de faire des études en fait sur la sur Dieu. Oui, c'est ça.
Alors, tu es pas croyant ? Non. Et tu as fait des études sur Dieu ?
Ouais. Tout va bien. En fait, ce qui m'a plu en théologie, la première des choses qui m'a plu, c'est de je rentrer en cours.
Alors quand j'ai vu le quand je suis rentré pour m'inscrire, la dame qui était là, moi à l'époque, on avait souvent des s de très militaire avec le tchèck derrière le dos avec le quoi ? Le T c'est quoi che Guara et une boucle d'oreille avec une plume et les cheveux très longs. Et donc j'ai cru qu'elle allait faire une COP.
J'ai dit je vais faire théologie. Ils ont pas accepté, ils m'ont mis auditeur libre et au bout de 3 mois ils m'ont accepté comme étudiant. Et ce que j'ai vraiment adoré c'est que tous les débuts de cours, on priait.
Alors eux il priait c'est une théologie protestante donc il priait le Dieu. C'est à Marseille. Oui.
Non à Ex. Et et moi c'était un moment juste de délicatesse extrême, un moment bon, doux, ça j'ai aimé. On va y revenir là-dessus.
On va refaire ton parcours. C'est le principe de l'émission. tu vas nous raconter ce que tu as vécu aussi à l'intérieur des des justement de ton service, ce que tu as vu de plus beau, euh ce que tu as vu le plus triste, ce que tu as vu qui t'a le plus marqué aussi qui te peut-être marque encore aujourd'hui d'ailleurs des années après.
Juste dans ton livre, tu dis une phrase, tu dis tout le monde meurt. C'est la seule certitude qu'on puisse avoir en ce monde. Pourtant, on s'applique à l'oublier.
Si on le savait vraiment, on vivrait pas comme ça. On vivrait heureux. C'est fondamental pour moi de se dire attention la vie quand même ça passe vite.
Toi, tu as 59 ans aujourd'hui. Ouais. Ça passe vite ?
Oui, ça passe vite. Plus vite que ce que tu imaginais quand tu étais petit ? Ah, quand j'étais petit, je quand je voyais un mec de 59 ans, je me disais "Putain, il est vieux !" Pauvre gars.
Et maintenant quand je regarde quelqu'un qui a 60 ans ou 59 ans ou et cetera, je sais qu'en fait il a vécu plein de choses mais qu'il y a plein de choses à vivre et que le monde phénoménal, le monde dans lequel on vit est un monde extraordinaire. Moi, j'aime bien Christian Bobin et Bobin nous le dit, une brindie. Qui est Christian ?
C'est c'est un poète, c'est un ess brindie, il nous parle d'une feuille, il nous parle d'un truc qui paraît anecdoctique mais qui est extraordinaire. Les détails de la vie quoi. Les détails de la vie.
Est-ce que tu bien nous expliquer ce que c'est que les soins palliatifs pour être précis pour ceux qui ne savent pas et à quoi ça sert et quel est vraiment le but ? Voilà. Les soins palliatifs, c'est quelque chose qui a été au niveau de la clinique d'abord posé par des dames.
Je trouve que c'est important. s'appelle madame Clubler Ross qui était médecin psychiatrie américaine et madame Cécilia Sanders qui était infirmière en en Angleterre et ils sont rendus compte qu'on pouvait pas continuer à mentir aux gens à leur dire que tout va bien alors qu'ils allaient mourir et donc ils ont dit il faut il faut vraiment qu'on fasse quelque chose et ils ont commencé à développer cliniquement donc dans dans le concret comment je peux faire pour accompagner ces personnes-là et c'est grâce à ces deux dames après il y a des des monsieurs qui ont terrorisé et cetera et puis mais c'est vraiment elles qui sont au cœur du cœur et ce qui me ce qui le soin palliatif, je suis en soin palliatif. J'ai une maladie qui peut pas se guérir.
Je suis en soin palliatif. Toi moi mais je suis pas en fin de vie. Et donc moi je suis en fin en soin palliatif virgule fin de vie.
H c'est-à-dire le moment où l'être humain ne peut plus continuer à être chez lui pour des raisons X ou Y ou ou à la fois des raisons logistiques, des raisons médicales ou d'autres raisons. Et donc il est à l'hôpital et c'est à l'hôpital que ça se passe. C'est forcément la fin de vie.
Est-ce queil y en a qui ressortent vivant du palliatif ? Alors c'est fou. Oui.
Rare hein. Rare très rare. Mais il y a un monsieur en fin de vie.
Je rigole parce qu'il était trop mimi. Il s'était il était antithétique à moi. Antithétique et ben c'est-à-dire que moi je suis objecteur de conscience, j'ai les cheveux longs, j'ai une certaine carrure et cetera.
Lui, il était c'était un monsieur qui se présente comme étant un amoureux de la France, comme quelqu'un qui était vraiment un guerrier. Il a fait sa carrière militaire, je crois, je sais plus quel grade il avait et cetera. Et au début où je l'écoue, je me dis [ __ ] je vais me faire chier et je me dis je je vais dire à un collègue de venir, j'en peux plus de lui quoi.
Et je me fais chier. Il me raconte sa live et il me raconte des trucs mais j'en ai à [ __ ] Il est catholique, il me dit "J'ai divorcé parce que ma femme pouvait pas avoir un enfant mais en fait c'était pas ma femme, c'était moi." Et à un moment, il me bouche un peu.
Il a besoin de parler. Oui, c'est mon job. Donc je me tais.
Mais franchement le contre transfert comme on dit moyen, je suis pas bon. Et d'un coup, je rêve et je me dis ça c'est bon ça. Et je rêve et je me vois parce que j'avais fait un petit voyage en plusieurs fois en Israël et je je je me vois sur les bords du lac de Tibériade et alors c'est un moment pour moi inoubliable et comme un con mais il y a un psychanalyste qui le dit anglais donc c'est pas c'est pas si couillon que ça.
Je le regarde et je lui dis "Ah, c'est comme si on se promenit ensemble avec Jésus sur les bords du lac." Le mec s'effondre en larme le voyant vraiment je suis touché, il est plus du tout l'homme que je voyais dire il me touche, il tout frê tout petit comme un petit oiseau. Et alors il se plaignait des douleurs et cetera et il me dit "Oui, je vois, je n'ai plus de douleur.
Ça va ?" On entend toquer à la porte, sa femme rentre. Elle nous parle, j'aurais pu redire exactement ce qu'elle nous dit.
Et lui, il continue, il parle et puis il s'arrête, il me regarde et il me dit "Je sais maintenant que que ça va, je sais que ça va. J'ai plus mal. Je pars, j'ai fini mon mon entretien clinique.
Je le retrouve plusieurs jours après, une semaine après, il était sorti. Incroyable ! Bon, il est rentré, hein.
Ouais, il est quand même mort. Ouais, mais mais il y a quelque chose qui s'est passé en lui de fort. Donc il y en a qui il y en a qui s'en sortent et qui ressortent.
C'est combien de temps le temps moyen qu'on passe en palliatif ? un mois à peu près. Mais moi j'étais dans un service un peu spécial parce que en fait c'est pour ça qu' y a il y a des mes entretiens cliniques sont beaucoup plus longs, c'est que l'oncologie était collée au palliatif et dans le le service d'oncologie il y a des lits ce qu'on appelle dédié. un lit dédié, c'est un lit dédié au palliatif et bien souvent comme en oncologie à la tim on s'occupe des sarcom, c'est-à-dire de tout ce qui est cancer des tissus mou et quand on se regarde dans la glace, il y a beaucoup de tissus mou et et c'est un cancer des jeunes.
Et donc on a beaucoup de beaucoup on a pas mal de jeunes entre 20 et 40 ans. Allez, est-ce qu'on peut rester autant de temps que nécessaire ? Est-ce qu'il y en a qui restent des années en palliatif ?
Oui, pas en fin de vie mais en palia. Oui. En fait, un palatif c'est que c'est pour avoir moins mal.
En gros, c'est les produits souvent qu'on injecte quand les gens ont trop mal, ils vont palliatif parce qu'ils y arrivent plus. Alors palliatif, non c'est oui, c'est vraiment ça. C'est c'est il y a trop de douleur, il y a trop on ils sont trop fatigués, ils peuvent ils peuvent plus ils peuvent plus vivre tranquille à la maison et il faut vraiment s'occuper d'eux quasi 24 et donc c'est plus possible pour la famille.
Juste pour comprendre comment tu t'es retrouvé dans ton parcours avec justement aller travailler dans un service de fin de vie. Au départ, tu étais pas du tout parti là-dedans. Tu vas donc étude de théologie, faire des études donc sur sur les sur Dieu.
Ensuite, tu vas devenir serveur pizza yolo. Tu vas enchaîner des métiers. Tu vas faire 2 ans de service militaire en tant qu'apprenti pasteur.
Ouais. Par vraiment faire des trucs très différents. Comment tu te retrouves après tout ça à aller travailler à l'hôpital ?
Et ben là encore, c'est un truc de fou. J'étais petit dans la 104 de ma mère Françoise. Feu françoise.
Une personne personnage celle-là. Et je voyais la Timon. Et je lui ai dit un jour je travaillerai là.
Ma mère heureuse s'est dit il va être médecin. Je jamais voulu être médecin. J'en à à [ __ ] de tout ça.
Et je me suis retrouvé là des années après. Je pense que tout a été fait dans ma vie pour que je me retrouve là. Tu dis que tu as été passionné par la tanatologie.
Donc comme tanatopracteur, c'est c'est en fait en gros c'est l'étude de la mort. C'est ça. Tu es passionné par ça ?
Tu écris carrément un premier livre à l'époque. Tu dis que le sujet c'est une révélation pour toi. Qu'est-ce qui te plaît dans ce sujet ?
Ce qui ce qui me plaît c'est de de remettre de remettre la lumière où il faut. C'est un peu, j'ai l'impression que notre société occidentale, elle met la lumière dans un endroit bizarre où il faut qu'on ait peur. Alors que si on aborde vraiment ce truc, oui, on va mourir.
Oui, oui, mon identité, elle est éphémère. Je vais faire le mieux que je peux à la longueur de mes bras et ça ira très bien. Et personne ne me punit, ni Dieu, ni maître, ni autre chose.
Il y a pas de grands punisseurs. Il y a que peut-être des sourires de l'éter de l'éternité. Il y a eu plein de On va en parler.
Et toi, tu crois pas en Dieu. Tu le disais avant, tu crois en rien. Il y a eu des des expériences de mort imminentes.
Ça c'est un sujet qui est vrai puisque pas mal de gens l'ont vécu. Des milliers de gens de culture et de religions très différentes. Donc c'est c'est le panel est exhaustif.
Il y a des millions de gens qui l'ont vécu euh y compris des gens qui ont pas du tout enfin des gens qui qui en ont rien à [ __ ] de raconter ça et qui disent "Oui, moi j'ai vécu, j'ai eu des militaires ici qui ont été touchés très grièvement et qui ont eu une sortie de corps et qui se sont vu d'en haut par exemple dans un dans un hélicoptère en train de se faire rapatrier par les Américains dans un pays en guerre." Je l'ai déjà eu dans l'émission. Comment tuexpliques ça que on puisse intéressant d'avoir ton retour toi qui a déjà vu, tu as peut-être eu déjà des gens qui ont vécu ça que certaines personnes décèdent en tout cas il y a un arrêt cardiorespiratoire et il se voi au niveau du plafond et parfois il voit même dans la pièce d'à côté ils peuvent la décrire ils peuvent parfois décrire ce que les gens on ce dont les gens ont parlé des accessoires utilisés aussi ce qu'on leur a fait pendant qu'ils dormaient comment on l'explique ça en tout cas toi moi alors moi j'ai cré un bouquin sur les emmi et je me expérience de mort et je me sers des émis en palliatif.
Et comment pourquoi je m'en sers ? Parce que il y a un américain qui a montré que dans une étude psychosociale, lorsqu'on parle des EMI à quelqu'un qui va mourir, il est moins angoissé. Et ça, on l'a vérifié dans un article scientifique sorti sur Kairen.
Et j'ai vécu moi-même des choses analogues. Et ce qui est intéressant, c'est de comprendre que lorsque je regarde la télé, mettons que je vois je sais pas n'importe qui à la télé, je casse la télé, j'ai pas tué le mec, j'ai juste cassé la télé. Par contre, je peux plus communiquer.
Et bien, j'ai la sensation que nous sommes cette chose-là. C'est-à-dire que notre cerveau nous permet de rentrer en contact les uns et les autres dans ce monde phénoménal. Ce monde phénoménal, c'est un monde parmi des millions.
Et ces millions de mondes, ils dépendent de la nature de notre conscience. Plus j'éveille ma conscience et plus je peux la modifier et plus je peux la modifier, plus je peux rendre compte de choses bizarres. Mais nous si on sort de notre corps, c'est qu'il y a quelque chose après.
C'est que notre âme n'est pas relié à notre corps. Non, elle est pas reliée. Alors là, en disant ça, tu tu fais l'hypothèse que l'âme animous, c'est ce qui anime le corps et qui en même temps est substantiel.
Je seris assez d'accord avec ça. C'est ça correspondrait à ce que l'Occident disait. Et moi je me suis vu en dehors de mon corps.
Franchement, je préfère me regarder à la glace. On n'est pas beau. On se dit bien.
C'està-dire tu as fait une espérance de marine ? Oui. Comment ?
Et ben parce que grâce à ma maladie qui est l'insuffisance respiratoire un jour j'ai c j'étais chez moi, mon épouse Martine que je salue ardemment. Embrasse Martine. Et et et je je je respire.
Enfin, j'étais plutôt j'étais dans la chambre, j'essaie de respirer et j'arrive pas à reprendre respiration. Elle s'affole un peu mais elle tient costaud la Martine. Et à ce moment-là, je sens des picotements de partout et je sens que ça, j'ai un peu peur.
Je panique, je me dis je vais mourir. Et alors je suis vraiment cour parce que je me dis [ __ ] j'ai pas envie de mourir comme ça quoi. Le mec, il faut mourir avec classe.
Et non. Et pof, je me retrouve dans quelque chose d'iminemment silencieux, de bon, de doux, d'amour et je commence à voyager. Mais j'avais déjà fait ça, c'estàdire ce qu'on appelle des sorties hors du corps, des OB s'appelle des DNA en anglais des near experience je crois.
DNE alors ça c'est les EMI. Oui, c'est ça. Et les sorties hors du corps, out of body expenses, c'est les sorties hors du corps.
Et tu aurais repris ta respiration après. Et après, j'ai repris ma respiration. Donc c'estàd qu'il y a quelque chose après en fait.
Et il y a 15 % des gens qui ont vécu des EMI. Je me suis intéressé pour vouloir faire, je voudrais faire une émission là-dessus. Je trouve c'est très intéressant comme sujet, c'est très passionnant et en fait j'ai donc j'ai j'ai lu des livres, il disent que environ 15 % des gens qui ont fait des EMI, donc des sorties de corps, des expériences de mort imminente, ont vu des anges gardiens.
On parlait à des anges gardiens avec des gens de leur famille qui leuraient appris des vraies choses. Alors moi je sais pas trop quoi croire mais je trouve ça passionnant quand même. C'est c'est passionnant et je peux témoigner que quand on meurt, il y a quelqu'un et mais je l'appellerai pas ange gardien parce que dans mon système à penser mais c'est on s'en fout, c'est juste mon système.
Ange, c'est un niveau de conscience beaucoup trop élevé. Mais il y a des gens qui nous accompagnent. Moi quand il m'arrive un truc de passionnant dans mon métier, je sens le frésia.
Le le fraisia, c'est une fleur des champs qui a souvent à Nice et cetera. et et je sais qu'il va se passer quelque chose. Et quand je me dis il va se passer quelque chose, j'arrête immédiatement mes narrations interne, c'est-à-dire le commentateur, j'arrête de me dire je suis à légende et cetera.
Il y a quelque chose qui peut advenir et ce qui advient généralement c'est de l'ordre de une personne qui me dit quelque chose ou qui puis ça ça va très bien. Il y a un livre qui s'appelle enquête sur l'existence des des an gardiens que j'ai lu. Je sais pas si tu l'as lu.
Et en fait il disait qu'il était parfois au chevé de de plein de gens ou des gens qui racontaient ça et en fait à leur chevé sur leur lit de mort une minute avant de mourir il y en a plein qui disent "Ah ils viennent me chercher, je les vois arriver." Et en fait, il voit des anges gardiens et parfois il les voit même descendre à l'escalier, disent "Ah, ils sont là !" Et hop, ça s'arrête de respirer 3 secondes après.
C'est fou quand même. J'aimerais bien, ça me fait des J'aimerais bien rencontrer quelqu'un qui l'a vécu ça, les anges gardiens qui arrivent pour qu'il décrivve exactement ce qu'il a vu précisément. Je pense que quand on lit des livres, c'est bien.
J'en avoir une personne physique face à moi qui raconte ça. En fait, ce qui arrive, ce que j'ai vécu moi quand on vient chercher ces gens-là, c'est que les personnes se présentent suivant la narration interne qu'à la personne. La dernière en date, c'était une vieille dame de 80 ans qui me dit, bon, elle avait, je vous le refais pas avec la voix parce que et elle me dit "Moi, je suis un palliatif, je le sais." Ma sœur avait peur du palliatif.
Mais j'étais là pour elle et je lui caressais. Et à un moment, elle tourne un petit peu la tête. J'étais avec deux autres collègues et elle regarde un peu dans le vide.
Et là je lui dis "Vous voyez quelque chose ?" Elle me dit "Elle est là, elle vient." Je dis "Alors, tout va bien ?" Elle me dit "Oh oui, tout va bien." Elle avait 88 ans, c'est Jacqueline, j'ai demandé son prénom et et je lui dis "Vous avez même pas besoin de PS." Alors elle me dit bah non bah je suis tout chômage moi.
Et là elle me dit et vous pouvez rester j'ai dit c'est gentil. Puis elle m'a raconté sa vie. C'était une vie comme on en a tous avec ses beautés et ces choses dures.
Et puis surtout cette sœur. Je suis retourné le soir la voir avant de partir et là je sentais vraiment une présence vraiment. Et dans le dans le flou parce que je suis pas un grand voyant comme garçon dans le flou je vois comme une forme et cetera et je dis elle est là.
Elle me dit "Oui fille, on se retrouve lundi. Elle elle est morte le lundi matin, bien plus tôt que ce que je n'arrive." [ __ ] !
Et c'était cette dame, elle Ouais. était belle. J'ai pas d'autres mots.
Vraiment une grande puissance. Tu l'aimes ton métier de psy ? Ah ouais ?
Euh comme ça dans un service de soins palliatif, tu pourrais faire autre chose maintenant que tu as vécu ça ? Non, il me ferait chier. Tu es face à du vrai là.
Tout le temps. Tout le temps. Il y a pas de temps pour les paillettes là.
Non. Non. Puis même quand je me loupe, je m'éclate de rire parce que il y a des moments, on est con.
Il y a un mec qui qui est décédé. En fait, c'était un un un monsieur qui qui était d'une certaine confession euh religieuse et qui avec qui donc je qui avait un cancer, avec qui je suis en en relation et il était homosexuel mais toute sa famille, il avait 75 ans, toute sa famille, c'était il y a il y a 5 6 ans, toute sa toute sa famille était pas du tout au courant de ça. Lui, il allait voir des des jeunes garçons et cetera dans des coins de Marseille et cetera et il me raconte ça.
OK, pas de souci. Il te dit voilà, j'ai faut que je vous le dise, faut que je vous le dise. Il l'avait jamais dit à personne.
Non. Et ben il avait il avait quand même un sida le gars parce que le sida donnait le le cancer et donc il me raconte ça et il il me dit il faudra leur dire après. Alors je dit ben non à ses enfants.
Oui. Je dis non c'est à vous c'est à vous de la patate chaude c'est à vous de faire le job et cetera. Il me dit non il me dit non de toute façon tu as pas le choix.
J'ai pas eu le choix. Vous l'avez fait ? Tu l'as fait ?
Le truc fou, c'est que il décède. Donc il est on laisse sur son livre, il faut un certain temps 2 heures pour pour le médico légal. Et il y a il y a sa fille qui est dans la chambre.
Moi je rentre et elle me regarde, me dit "Ça y est, il est parti. Il est décédé. J'aime pas le mot.
Il est parti. Je dis "OK, décédé." Et elle me dit "Mais j'ai l'impression qu'il est plus froid d'un côté, elle me montre de côté qui est vers la fenêtre que de l'autre." Elle refroidit plus vite.
Tu veux dire, elle pense ça, c'est ça. Elle pense ça. Et bien sûr, comme je suis un imminent psychologue, tu penses bien.
Je lui dis "Bah c'est normal, la fenêtre elle est ouverte. Je te promets que c'est vrai. Un manque de tac.
Là, je suis nul, j'ai mais nul." Et là, au moment où je dis ça, j'ai dit "Putain, je me suis trouvé vraiment pas bien, pas bon, pas bon, pas bon." Et elle elle m'excuse parce que parce que parce qu'elle est elle est débordée par la tristesse de la perte de son de son père et on commence à parler et là je peux lui dire mais comme quoi que lorsqu'on a un secret ou des choses comme ça, on n'est pas on n'est pas fin fin après comment elle le prend.
Alors elle ça va. J'ai j'ai eu une énormément de chance. Ça va ?
Il se trouve que c'est une c'est la dame qui sert un peu de de de levier dans toute cette famille et donc elle me dit je m'occupe du reste. Vous avez fait le job. Merci madame.
Euh petite question juste pour s'il y en a qui ont envie si vous regardez l'émission aujourd'hui ou si vous l'écoutez vous avez envie de faire ce métier justement de de psi mais en soins palliatif qu'est-ce qu'il faut comme diplôme pour faire exactement le même métier que toi ? S'il y en a qui ont envie de faire la même chose, au minimum un bac + 5 de psychologie clinique. Après, on peut, moi j'ai fait un doctorat parce que en en CHU euh ce qui m'intéressait c'était aussi de faire des études scientifiques.
Voilà. Mais c'est pas une obligation. Tu dis un truc dans le livre, on est tous en soin palliatif.
C'est juste que nous, on fait semblant de ne pas le savoir euh parce qu'en fait on est tous en soin palliatif, on a tous vers la mort. C'est horrible he en fait. On peut vite déprimer.
Euh mais non, c'est la fin de vie, c'est la vie. Moi ça me franchement ce qui me déprime c'est quand quand je vois des fois des scènes dans n'importe quel média où je vois des êtres humains qui se font du mal où je vois des alors qu'on n pas làts. Voilà.
Mais par contre quand je vois la vie et la vie qui se termine, c'est comme quand je mange un fruit, ben ça se termine. Ouais. Mais mais il y a une relation, il y a quelque chose.
C'est c'est beau. Tu dis "Ce qui compte le plus ce n'est pas de préparer les gens à la mort. Je préfère les préparer à vivre encore." Tu leur diseste du temps, on profite, on vit.
Mais oui bah souvent je leur dis, ils me disent un peu un peu comme Sar dans le bouquin, ils me disent "Mais tu vas me dire ce que tu penses ? Ça va bien de faire le psi ?" Et au bout d'un moment, je leur dis je dis "Mais on meurt pas ?" Enfin oui, on meurt bien évidemment qu'on meurt mais ça se termine pas, c'est pas la fin de l'histoire.
Donc c'est Tu crois quelque chose après ? Je crois pas. C'est c'est pour moi c'est une évidence.
Tu as quelque chose après ? Ah oui oui. Il y a quoi après ?
Ça continue. Après, il y a ce ce que je ce dont je me rends compte et ce que me disent les expérienceurs et ceux que moi j'ai vécu, c'est qu'on se retrouve dans un monde tout aussi réel que celui-ci mais que c'est pas c'est pas celui-ci. Je pense qu'il y a un autre monde.
Après, il y a un monde en tout cas qui est aussi réel que celui-là, aussi fort que celui-là, avec des couleur que je ne saurais pas décrire qui n'existe pas ici, avec des sensations que je ne pourrais pas décrire ici mais qui existent et surtout une connaissance. Ça c'est un truc ça fout les boules par contre parce que tu coup tu es chargé, tu dis "Wouh, ouais, c'est ça, tu es heureux, vraiment heureux." tu reviens dans ton corps et tu dis [ __ ] et tu as perdu.
Et ça c'est un peu casse-pier. Puis quand tu reviens dans ton corps, il est toujours même avec un corp comme le mien, il est toujours trop petit. Un truc de fou quoi.
Euh petite alors j'ai j'ai une petite question avant. J'étais enseignant, tu me l'as dit tout à l'heure. Euh je je vais te poser une petite question avant.
Mais quand tu as des quand tu as des des patients qui arrivent, tu rentres dans leur chambre en soin palliatif, ils savent qu'ils vont sûrement partir très vite. Est-ce qu'il est-ce qu'il te parlent ? Est-ce que tu arrives facilement à parler avec eux ou au contraire c'est un peu fermé ?
Ça dépend vraiment des gens. Mais la plupart du temps, moi j'aime bien l'humour et je sors une grosse vanne. La plupart du temps, il y a un peu de famille et cetera et donc je dis bonjour.
Alors, c'est rare, c'est rare que j'ai ma blouse. Ça fait ça me fait chier moi les uniformes, j'y arrive pas. Tu portes pas de blouses ?
Non. Pourquoi ? Pourquoi je porterai une blouse quand je porte une blouse ?
Une blouse comme les ils me disent "Bonjour docteur, ça me fait chier quoi." J'ai pas de blouse et carrément il pensent que je suis le brancardier du coin. Ça me va très bien.
Donc je range, je dis "Bonjour, il disent oui, vous êtes". J'ai dit d'après vous le t et après je leur dis ça fait rire. Oui, je dit je suis le psychopathe de la bande.
Je dis donc je viens voir, vous dormez bien, vous mangez bien, tout va bien. Et on parle et je dis bon je suis le docteur du doigt parmi d'autres et puis le le lien se tisse et des fois il se tisse, il met du temps à se tisser. Mais c'est pas grave, j'ai tout mon temps.
Qu'est-ce que tu dis à tes étudiants qui arrivent que tu formes ? Qu'est-ce que tu leur dis ? Est-ce qu'il y a une première chose que tu leur dis quand ils arrivent pour les prévenir ? ce qu'ils vont voir vivre.
Garde ta joie, ne crois pas. C'est-à-dire qu'en fait, on n' pas accès au réel et on peut se laisser submerger par la réalité. La réalité c'est des murs blancs d'hôpitaux pas très frais.
Ça peut être glo en hôpital. Oui, c'est gloque. C'est ça sent parce que les chimiaux ça sent et cetera.
Et il faut que tu ailles au-delà ou en de ça. Et pour aller au-delà ou en de ça, c'est en toi que tu dois le trouver. Et en toi, il y a la joie.
Tu dis il y a des il y a des l'odeur de chimio. Tu reconnais ? Plus maintenant.
Plus maintenant. Mais au début oui. Mais moi, j'ai connu les les le l'époque Oh, quelle horreur.
J'ai connu une époque où les les chimios n'avaient pas tout l'arsenal thérapeutique qu'on a maintenant. Et donc les chimios pendant un entretien clinique, les gens vous trois quatre fois. Là maintenant c'est rare.
Il y a la nausée mais c'est rare. Tu dis en soin palliatif on meurt mais on nait beaucoup aussi. Ouais.
En fait si on veut me terrifier, on me met en néonate. Dès que je vois un bébé, c'est horrible ce que je vais dire, mais c'est vraiment ce que je ressens. Dès que je vois un bébé, je me dis "Ah ouais !
Est-ce que je sais qu'ils vont chier ? Je sais que ça va être beau. Je sais que ça va être Mais j'ai pas c'est pas Walt Disney quoi.
Je sais par Sais que la vie est dure quoi. Toi tu as des enfants ? Non, j'ai qu'une une fille que j'ai adopté et quand quelqu'un meurt, je sais qu'il retourne chez lui.
Donc je suis hyper content. Il rentre chez lui. Tu vois pas dans le côté d'arc ?
Non. Tu as déjà eu des moments de rire avec des gens qui allaient mourir ? Ah ouais, tu te tapes vraiment une barre avec un gars alors qui sait qu'il va demain ou qui reste très peu de temps et tu te tapes un four rire.
Oui, parce que c'est l'immédiateté, le fourire c'est l'instant, c'est l'éité. Et puis là, on part en biberine et on rigole. on rigole et puis et puis de suite après, il y a quelque chose de grave qui revient et généralement on rerit parce que cette chose de grave, elle est elle est aussi conditionnée par le mode social.
C'est dans notre mode social que mourir c'est noir et cetera et cetera. Il y a beaucoup de civilisations où c'est différent hein. On se prend toujours.
Peux nous raconter un exemple de moment que tu as passé joyeux, un peu hors norme. Je sais pas si tu t'es mis à danser quelqu'un. Qu'est-ce que tu as fait ?
Est-ce que tu peux donner un exemple précis ? Bah l'exemple c'est avec une dame qui faisit elle faisait des des dream catchers et elle me regarde des attraperves. Des attraperv qu'on met audessus du lit là avec des petites plumes et des trucs comme ça.
C'était un oiseau. Cette dame elle devait peser 38 kg 40 kg tout juste. Et elle elle me dit "Eric j'aimerais que tu me seres dans tes bras." Moi, je lui dis les trois règles du théâtre classique de la psychologie, c'est dire on est là pour parler, on n'est pas là pour se toucher.
Mais au moment où j'ai envie de dire ça, je vois dans ses yeux que c'est pas possible. Donc je lui dis, on va faire attention à tous les fils. Plein de fil de partout.
Elle elle elle descend de son lit, elle a ses fils, elle s'écroule dans mes bras. Et puis tout va bien et on est là ensemble. Et bien évidemment, comme il y a tous ses fils, c'est le bazar, elle se prend les pieds là-dedans et cetera, ben on rit, on rit.
Je crois que c'est le surlendemain qu'elle décède, je sais plus exactement. Il y a sa fille après qu'arrive avec son mari. Je me suis j'ai ri avec un un monsieur qui je l'appelais mon chevalier celui-là, il me faisait rire. il c'était l'archétype du du templier.
Donc lui il est alors je il a été franc-maçon, il a été l'archétype quoi. Et à chaque fois qu'il me parlait, il il me parlait de Saint-Jean d'Acre, je sais pas pourquoi. Et au bout d'un moment quand même, parce que je sens approché quand même l'événement.
Tu le vois, tu le vois ? Ouais, je il maigrit depuis physiquement. plus physiquement, il est gris, il il dort de plus en plus, il rêve de plus en plus.
Donc ça c'est les signes de quelqu'un qui est en partance. Et je lui dis je lui dis maintenant faut arrêter les conneries. Mais comme ça je va parler sérieusement.
Et au moment où je lui dis ça, il me regarde, il s'éclate de rire. Il me dit "J'attendais ce moment depuis le début. Et alors ça paraît bizarre comme truc parce que c'est détonnant.
Et là on rit. Et tu dis on va parler sérieusement de quoi ? De la mort.
Et on a parlé sérieusement de la mort. Et en parlant sérieusement de la mort là il y avait plus de chevaliers, il y avait plus rien. Il y avait plus que lui et moi et on a parlé de ce qu'il y a de l'autre côté.
Il m'a il m'a donné ses croyances et on a parlé ensemble. C'était beau. Tu as eu un comédien qui faisait semblant de mourir.
Oui. Pour te faire rire. Semblant d'être mort.
Ah lui il est extraordinaire. François paliatique, il il te faisait des blagues. Ouais.
C'était un comment il comment il s'appelait ? Un comédien qui il faisait faire le tour de Marseille de visite et en même temps il faisait de la comédie. Je sais plus comment il voulait s'appeler.
Et c'était extraordinaire parce que quand on venait le voir et surtout quand je venais voir, il faisait semblant de mourir. Il attendait sur le lit. Oui.
Allongé en arrière. La première fois, ça m'a fait ça m'a fait drôle quand même. Parce que Ah oui, un truc qu' faut savoir avec mes quand je vois quelqu'un qui est mort, j'ai une hallucinose toute bête, c'est que je vois respirer parce que ton cerveau te un corps ça bouge ou ça bouge et ça arrive à beaucoup de personnes et donc là je [ __ ] mais non il ils se foutaient de ma gueule.
Euh tu disais enfin il y a une étude d'ailleurs qui a été faite en Irlande a révélé que 74 % des gens regrettaient de ne pas s'être tout dit avant la mort d'un proche. Toi tu dis qu'il faut pas tout dire. Non.
Il faut pas dire si on a trompé sa femme, son mari, lui annoncer avant de mourir. Non. La chose très très émouvante que j'ai vécu, c'était une dame que j'aimais beaucoup qui est décédée et en fait je la suis, elle décède, on me fait appeler donc j'arrive et j'y suis avec son mari.
Son mari est au pied du lit comme ça. Très tendu le garçon. J'attends et il me dit j'aurais pas dû regarder dans son portable.
Mais je savais pas qu'elle allait tomber son mari. Bah et il me dit elle me trompait là j'étais pas bien dans mes basket et me parle de lui et de de sa vie et de ses enfants et de cette dame qu'il a terriblement aimé et cetera. Enfin truc déchérant quand même.
Et je lui dis peut-être il faut lui parler à elle. Il me dit "Mais qu'est-ce que je peux lui dire ? J'ai dit ce que vous avez sur le cœur, c'est pas à moi de vous dire.
Et là, le mec il parle à sa à sa dame en lui disant "Mon amour, tu m'as trompé, je le sais. Je c'était c'était émouvant ou possible ? Tu il y a il y a pas de souci.
Même ce mot là étrange, je t'aime, je t'aimerai toujours et on va s'arrêter là. Il prend le portable, il le pose à côté d'elle ou sur elle, je sais plus exactement. Et tiens, il dit "Je ne le rallumerai plus jamais mon amour." Bon, toi tu es là à côté ?
Ah ouais, moi je suis là, je suis bluffé, je suis je regarde après le monsieur, je le regarde, il me dit "On fait quoi maintenant ? Je suis complètement à l'ouest. J'essaie de lui dire ce qui va se passer.
Heureusement, on travaille en équipe. Il y a des infirmières qui arrivent qui elles me disent les choses. Et le lendemain, ce monsieur me cherche et il me remercie.
Et je lui dit "Je crois que vous vous trompez de tresse. Je crois que l'homme que vous devez remercier, c'est vous." et et il voit que je j'ai quand même de l'arme aux yeux quoi.
Et tous les deux, on se comprend, c'est quitter comme ça. Tu as des sacrées journées aussi, hein ? Ouais, il y a des journées qui sont sont un peu chaudes, sont belles à la fois.
C'est c'est ça. J'ai c'est de l'humain. C'est de l'humain.
C'est Mais un humain, c'est tellement beau. Ça fait jamais de mal quand c'est quand quand c'est l'aimer, ça fait jamais de mal. Un humain, il commence à faire du mal lorsqu'il est pas aimé, pas reconnu, lorsqu'on commence à à lui enlever son énergie vitale.
C'est comme ça qu'on fait des monstres. Mais sinon, en soin palliatif, il y a jamais de monstre. Il y a que des gens qui vont de l'autre côté et de l'autre côté franchement c'est la maison, quoi.
Est-ce que les hommes et les femmes réagissent pareil ? Toi qui vois, est-ce queil y a une différence ? parce que les femmes sont plus courageuses.
On sait que sur les sur les sur les accouchements, il paraît qu'une femme, je peux pas le savoir parce que aucun homme le saura jamais. Mais l'accouchement, il paraît que c'est l'équivalent d'un arrachage de membres, il disait sur le de douleur s'il y en avait pas du tout de péridural et cetera. Est-ce qu'une femme résiste mieux et a moins peur de la mort ou est-ce que les hommes ont moins peur ?
Qu'est-ce que toi tu as remarqué ? Et ce que j'ai remarqué surtout, c'est que les hommes parlent moins de leurs émotions que les femmes. Ils font toujours les malins.
Ils ont toujours un petit peu plus mal que les dames. Ils disent toujours "J'ai mal, j'ai mal, j'ai mal, j'ai mal." Plein plus, hein, on se plaint plus.
Oui, on est souvent la plainte, c'est une restauration narcissique. Donc un homme, il a besoin Mais on comprend. Tu t'imagines en palliatif demain ?
Tu as fumé les jambes, tu es là, tu es bien, tu es beau, tu es sportif, tout va bien. Et le lendemain, tu es dans un lit, tu as une traqué pour pas respirer parce que X ou Y ou tu as des fils de tous les côtés, tu tu maigris, tu quand te regarde dit "Ah, tu es pas tu sais mais tu sais que c'est faux quoi. Tu sais que c'est faux.
C'est c'est c'est la norme. Mais tu la tendance de l'homme c'est les femmes recroqu sur les mêmes. Ouais.
Les femmes moins. Mais c'est genré. Alors est-ce que est-ce que c'est genré parce que c'était notre civilisation, notre génération ?
Chez les jeunes, c'est moins genré. C'estàdire les gens qui ont à peu près 30 ans, les femmes et les hommes sont plus ils se ressemblent plus que les vieux de mon âge, homme et femme. Il y a il y a quelque chose qu'on appelle le champ du signe.
Ça c'est hyper intéressant. C'est une sorte de retour d'énergie et en fait et de lucidité chez un patient quelques temps avant sa mort. Il y a un un regain d'énergie.
Puis ça, tu l'as déjà vu tout le temps ? Alors c'est oui, c'est c'est pas un mythe quoi. C'est pas un mythe.
C'est deux muss qu'il a mis de musant c'est un bou un psi. Il l'a écrit je crois en 1974 et c'est le transfert paradoxal. C'estàdire qu'à un moment la personne qui était complètement au fond de son lit ou et cetera, il y a une deuxième chose et elle va désinvestir sa famille pour investir quelqu'un d'autre dans le personnel.
être soignant, infirmière, médecin, psy ou autre. Et et c'est là où on voit bien que ce qui a qui ce qui fait notre identité, c'est l'attachement qu'on a à nos règles sociales et nos règles identitaires, quoi. Et donc ça, ouais, on le voit tout le temps.
Toi, tu vois des des gens, tu peux pressentir que il y a le champ du signe, donc un regard d'énergie, tu sais que c'est pas qu'elle va partir. Ouais, mais des fois le champ du signe, il peut durer plusieurs jours. J'ai arrêté de faire des pronostics.
Ah ouais ? On sait jamais. Ah c'est la vie, elle est folle.
Moi ce qui m'éclate c'est que même en sciences humaines, en psychologie sociale surtout, on fait des stats. C'est notre délire quoi. Et c'est que des conneries.
Mais c'est juste c'est une photo à un moment donné mais infin la vie elle est beaucoup plus étrange que ça beaucoup plus voilà c'est comme si si je disais voilà les Marseillais j'aime bien ils sont dans le sud ils sont contents. Oui mais tu peux être dans le sud et mourir. Et les Parisiens, bah c'est des gens qui sont surtout tu peux être à Paris, être mort de rire et être sans arrêt en train de t'éc Donc il faut Est-ce que c'est les patients qui qui te disent qu'il voit une lumière blanche ?
Est-ce que tu as déjà vu des gens partir ? Est-ce que tu il paraît que c'est ça, il y a une une énorme lumière éblouissante blanche. Est-ce que tu en as déjà entendu parler ?
J'imagine que oui. Est-ce que tu tu on t'en a déjà parlé ? Ben moi, j'ai vu des gens mourir souvent.
Enfin, ça arrive et je suis là. Alors ce que j'ai remarqué c'est que il y a rien qui change et tout change. J'ai pas vu de lumière blanche qui s'échappait rien.
Par contre, j'ai vu une paix juste avant que la famille et que tout le monde s'affole, mais une paix étrange, quelque chose de vraiment serein, de vraiment doux, de vraiment puis après il y a la vie avec la famille qui pleure, les soignants qui s'agitent et cetera. Pareil quand on meurt, on aspire de l'air, on la rejette pas. En fait, c'est c'est on c'est pas au moment où on expulse.
Oui, on fait pourquoi c'est physiologiquement je saurais pas dire. Et alors autre question, il paraît aussi, j'ai regardé un peu dans les rumeurs les choses sur la mort que parfois des gens attendraient que la famille sorte à un moment précis pour être seul avant de mourir. Est-ce que ça c'est tu l'as vu aussi ?
Ça, je l'ai vu. Genre si quelqu'un va fumer une cigarette par exemple, il va rester de jours à côté de son mari ou de sa femme. Moment où il va sortir fumer, c'est là où dans 3 minutes, ça tu l'as déjà vu ?
Oui. J'ai vu une maman qui avait attendu, j'avais 30 ans à l'époque, son fils avait le même âge que moi et elle était tout le temps là. Tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps.
Lui disait "Allez vous reposer." Non, non, non, non, non. Elle va chercher un café, elle revient, il est décédé.
Et je la vois toujours cette dame. Je la vois en tant que elle elle a mis des années à se remettre de ce petit choc. Le 27 mai 2025, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité pour le coup une loi pour renforcer les soins palliatifs, donc les services justement on fini sa vie.
Améliorer la prise en charge de la douleur et l'accompagnement de la fin de vie. Est-ce que c'est suffisant euh le contenu de cette loi par rapport à toi ce que tu vois au quotidien la Timman à Marseille pour donner un exemple là où tu travailles, est-ce qu'il manque est-ce qu'on manque de moyens encore ? On manque d'humanité. tous ces ces messieurs de l'assemblée que que je respecte pour ce qu'ils sont avant de faire de vous démettre des lois sur l'euthanasie ou quoi que ce soit qu'il viennent voir venez n'ayez pas peur venez et puis après on en parle.
Tu penses qu'ils sont déconnectés complètement. Ils ont jamais vu, ils ont on on est dans des locaux où on fait tout pour que ça soit humain, on fait tout pour rendre les choses humaines. Mais on nous met dans des il y a la pluie qui tombe au travers, le sol il est dégueulasse.
Le le il se faut voir grand travail. Et quand je dis latimone, c'est tous ça veut pas dire que les gens sont pas contents de venir, ils sont contents parce qu'il y a des humains et ces humains, c'est l'équipe infirmière, l'équip soignante, des gens extraordinaires, des médecins extraordinaires. Hm mais voilà et puis même les les salaires d'une d'une infirmière, je veux dire c'est c'est même le nom peut donner une fourchette on se rende compte parce qu'on on a aucune idée quand on n'est pas dedans.
Euh entre 2000 et 2005 brut net euh pour les plus anciennes en et elles se donnent quoi. Elles sont pas là, elles font pas semblant, elles sont pas Moi, j'ai beaucoup beaucoup de de d'admiration pour toutes ces personnes là. Je voudrais qu'on parle d'euthanasie aussi.
La loi est est passée là, du coup, c'est pas encore mis en place et ça. Tu en penses quoi toi ? C'est quoi ton opinion ?
Alors, l'opinion ne pense pas Bachelard. Donc, je vais essayer de faire quelque chose de construit. suivant la pathologie, j'aurais pas la même réponse pour les pathologies neurologiques et cetera, j'avais un monsieur qui qui voulait à tout prix Rico, on sait pas pourquoi.
Enfin, lui il aimait bien Éric Dudo c'est toi Eric Dudo ? Oui. Et donc en visio et il était tétrapilégique suite à un accident.
Il avait une trentaine d'années et il voulait à tout prix parler avec moi de ce qu'il y avait après la vie parce que il allait se faire euthanasier donc en Suisse. Est-ce que c'est mal ? Est-ce que c'est bien ?
C'est ni mal ni bien. Il a le droit. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
Ça veut dire qu'il va prendre une drogue qui va le tuer. C'est un truc que tu bois, que tu te prends en seringue. Oui.
Tu bois. C'est c'est un verre quoi. Hm.
Et je suis pas contre. Mais en même temps, des fois je je peux je peux rire sous cap, c'est quand quand on demande à des hommes de loi qui sont jamais venus voir ce que c'était de légiférer sur ça là, laisse-nous faire, on sait ce qu'on fait. Tu as des gens déjà qui avant que ça soit légal et donc ça va être mis en place progressivement, tu as déjà des patients qui t'ont dit trouver une seringue oui, on en termine.
Ils sont partis en Suisse ou en Belgique donc il faut bien qu'il y ait quelque chose qui existe. Je te demanderai pas si des moments tu as eu envie d'aider des patients parce que c'était hors la loi des fois. Ouais, mais j'ai jamais eu réellement envie de passer à l'acte parce que c'est un passage par l'acte.
Mais il y a des moments où où je crois que j'ai maudit tous les dieux de la terre. Et il y a pas longtemps, il y a une jeune fille qui qui est décédée, elle avait 23 ans. Et alors, elle m'a touché parce qu'elle me dit elle je vais la voir.
Me dit j'ai pas besoin. Puis dans la même journée, elle dit à son père, dis-lui de venir. Je viens.
Elle me dit bon, dis-moi ce qu'il y a après. Alors je dis mais qu'est-ce que je te raconter moi ? Je pas te raconter.
J'ai ça c'est mes croyances parce que c'est pas scientifique donc je peux pas. Elle me dit je m'en fous. Dis-moi dis-moi dis-moi.
De toute façon, j'ai j'ai plus rien. Puis elle était un peu affoulée. Elle avait une une espèce de enfin comme on a dans les hôpitaux parce que de chambre par devant.
Oui. Par devant. Et il y a on voyait un sein.
Donc je lui dis "Ma je vois ton sein ce sein que je ne saurais voir". Elle remonte son truc. dit c'est pas le problème.
Elle me dit-moi. Donc je lui dis, je lui dis bah écoute, je te dis ce que je sais au niveau scientifique, au niveau face scientifique narratif, ben quand tu meurs, tu vas voir, tu fais une sortie hors du corps. Il y a des gens qui vont venir te chercher, que tu connais ou que tu connais pas.
Une fois qu'ils sont venus te chercher, généralement, tu fais le tour de tous les gens que tu aimes tranquillement et comme si tu avais besoin de leur dire au revoir et puis tu vas te retrouver dans un lieu qui est coconstruit par toi-même. Dans ce lieul et ben tu vas être en paix tranquillement. Tu vas peut-être voir d'autres êtres encore qui vont te raconter des choses et puis tu vas peut-être vouloir voir après ton enterrement.
Le temps pour toi sera pas le même que pour moi. Souvent nous les humains, on est curieux de notre enterrement et on a envie de voir ce qui s'y passe, ne serait-ce que pour se dire "J'avais raison quand même celui-ci il raconte des bêtises mais il dit que c'est mérapute mais je l'ai vu deux fois lui." Oui.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Et donc je lui dis ça, ça l'apaise un peu. Une autre patiente me l'avait dit.
C'est toujours si j'y crois que c'est mieux. Je lui dis non que tu y crois ou tu crois pas c'est des faits. C'est comme ça que ça se passe.
Tu tu dis un truc dans le livre, tu dis "Mes patients je les aime un point c'est tout parce que on sent que tu es très attaché, tu es tu es ému et tu dis mes patients je les aime un point c'est tout. Quand je rentre le soir, ils sont avec moi, je m'endors au milieu de leur rire, de leur larmes. Est-ce que il faut garder une distance entre psychologue en son palliatif et patient où en fait c'est impossible en réalité ?
On peut on peut il y a il y a des collègues qui travaillent autrement. Moi je sais pas faire en palliatif. En palliatif non, je les emmène avec moi.
Je je je quand je médite, je suis avec eux. Quand je voilà, ils sont ma famille. Mais au plus intime de l'intime.
Est-ce que tu es déjà un enterrement de de d'une personne que tu as eu en palliatif ? Est-ce que tu tu as eu envie d'y aller cinq fois en 30 ans. Donc c'est arrivé quand même.
C'est arrivé. Pourquoi ces cinq là et pas les autres p parce qu'ils me l'ont demandé et parce que la famille me l'a demandé mais eux c'est leur parole. Si je dis oui.
Je dis oui. Des fois, je m'en suis mordu un peu les pieds, les doigts, tout ce qu'on veut. C'est c'est parce que c'est pas notre c'est pas ma place quoi.
J'ai rien à faire là. Et puis c'est c'est un c'est un moment qui est tellement tragique pour la famille que j'ai rien à y faire. Et pour parler de de d'un cas particulier, tu tu en parles dans ton livre, tu dis quelque chose d'ailleurs, tu dis "Impossible de me livrer sur mon travail sans les consacrer". mes premières pages et aussi mes dernières.
Tu parles d'une patiente qui t'a marqué qui s'appelle Saray S A R A I trema. Euh qui était Sarï ? Pourquoi elle t'a marqué ?
Elle m'a marqué parce que c'est on était en dans les années 2005 2006 2007 et j'allais partir de mon boulot. à l'époque, je mettais une blouse. Donc j'avais posé ma blouse et une collègue TB me dit serait bien que tu a la chambre machin et cetera.
On vient de recevoir une jeune patiente. Et quel âge ? 27 un truc comme ça.
Viens de recevoir une jeune patiente et elle elle a vraiment besoin de toi avec sa mère et cetera. Comme je suis un être très très altruiste, je mets un truc puis j'y vais puis je rentre et là je vois une maman effondrée et une jeune femme quand même assez assez pimpante quand même. Et j'ai le médecin m'a dit qu'on vient de vous annoncer quelque chose qui était quand même un peu conséquent et elle me elle me dit "Oui, mon généraliste me disait que c'était dans ma tête mais c'était pas dans ma tête." Il a commencé à me faire le dérouler de son sarcom et cetera et cetera de de son de son cancer.
Donc c'est un un sarcom. Et c'est quoi un sarcom tu c'est les cancers du tissu mou. Ah oui, dont tu parlais tout à l'heure et et donc de la peau quoi.
Non, la peau c'est c'est plutôt les basaux ou les enfin d'autres cancers. Là là c'est vraiment les c'est à l'intérieur des tissus mous, c'est-à-dire de vos muscles, de vos et cetera. Et elle me touche, elle me touche et puis on va se suivre, on va se suivre.
Je vais la suivre pendant à peu près 2 ans 2 ans et demi. Et elle de la jeune femme pimpante. Alors faut savoir que elle arrive, elle vient de d'être d'être acceptée comme avocate.
Vient terminer ses études, le barreau l'a accepté et cetera. Donc tout tout sa vie, elle est tracée quoi. Une belle vie.
Et et moi à l'époque j'avais j'avais guerre plus euh je sais plus qu'importe. Elle avait un un un cancer avancé et ça sort d'entrée de jeu. Stasti Ouais.
Ouais. Et passe de c'est dans ta tête. Ah tu t'en sortiras pas.
Ah tu t'en sortiras pas. B tu t'en sortiras pas. On va faire tout pour que tu puisses t'en sortir.
Statistiquement, on sait déjà que et puis au fur et à mesure ben son corps se transforme et cetera et au fur et à mesure elle lâche Gala people et cetera pour se peut-être plus lire ce qui était plus en accord avec ce que je lisais à l'époque, c'est de la spiritualité et c'est elle qui m'a appris en fait mon métier en gros. Une patiente appris ton métier. La première des choses qu'elle me dit, elle me dit "Moi, tu es mignon aussi, c'est c'est bien mais tu vas me dire ce que tu penses un peu parce que là tu fais le 5 là, c'est bon." Donc elle m'a appris à me décoincer, à pouvoir parler vraiment, à pouvoir dire quelque chose de mon côté.
Ce qui veut pas dire que je vais lui dire tout ce que je ressens, mais je vais lui dire et puis surtout elle me dit dis-moi ce que tu penses et dis-moi ce que tu penses d'après d'après la vie. Qu'est-ce qui va se passer ? Et c'est la première.
Et et pour la petite anecdote, un jour il a eu une pomme posé sur son sa table et elle me regarde, elle me dit "L'autre côté, il y aura des pommes." Je Pourquoi tu veux qu'il a pas de pomme ? préfère de moi.
Et là, je lui dis au lieu de l'appeler par son prénom, je lui dis écoute Martine, c'est évident qu'il y a des pommes. Martine, c'est le prénom de ma femme. Je vois le lapsus et je me dis mais qu'est-ce que je raconte ?
Elle s'écroule de rire bien évidemment, elle me dit il y a des pommes et de suite il y a souci pomme. Pomme et Adam et Ève. La séquence se finit, je vais voir mon superviseur.
Je lui raconte le petit truc. Et là, il me dit "La pomme, c'est surtout le fruit défendu et le désir." Et là, je comprends que je l'aime.
Et là, je monviseur me dit "On ne lâche rien du désir et il a raison. J'ai rien lâché du désir mais je l'aime et depuis j'aime mes patients et je le dis. Et donc elle est elle est fondamentale ça.
C'est elle qui m'a appris à dire "Oui, je les aime. Oui, je tiens mon éthique. Je ne lâche rien de mon désir.
Et oui, je dis qui je suis sans tromper l'autre. Je suis pas docteur Truc Muge qui fait tout. Je suis juste un être humain parmi les êtres humains et en tant qu'être humain, je peux aller aussi loin que nous pouvons tous les deux.
Voilà, ça rend modeste de travailler. Ah ouais, ça non, ça c'est pas de la modestie ça. Au souvent je dis à mes étudiants, je dis vous savez, on a aucun pouvoir, on a de la toute puissance.
Alors, la toute puissance parce que en psycho, c'est pas bien la toute puissance. Alors, je leur dis la toute puissance c'est pas bien mais la puissance oui. Et je leur raconte une petite histoire, une petite histoire qui correspond à nos mythes à nous.
Euh il y a 2000 ans, il y a un mec a les cheveux ls. Il a dû dû faire des bêtises. Je sais pas ce qu'il a fait.
Enfin, toujours est-il qu'il s'est retrouvé devant un procurateur romain. À l'époque, c'était Rome qui gouvernait. Et là, il était fatigué.
On l'avait battu, il était humilié, il était très certainement nu, très certainement. Et là, le procurateur romain lui dit "Alors, on dit de toi que tu serais roi." Le silence sa seule réponse.
Le procurateur romain un peu. "Estu roi ?" Silence.
Es-tu roi des juifs ? Es-tu roi ? Et là, une petite voix entre la souffrance et a l'acceptation la plus totale.
Je le suis mais mon royaume n'est pas de ce monde. Et ben c'est la différence entre le pouvoir qui est le procurateur romain et la puissance qui est le Galiléen. Si on est du côté du Galiléen, au pire on est crucifié, ça va.
Tu vois, j'ai regardé l'âge moyen des gens là dans les soins palliatives, c'est 60 ans. Euh, tu as beaucoup de jeunes aussi ? Ouais, parce que les les sarcomes entraînent qu'on est beaucoup de jeunes.
Concer les tissus mous, c'est un truc que les jeunes attrapent plus facilement. Oui, le pic c'est 30 ans. Ça vient d'où ?
Sais pourquoi on attrape ces gen de sa pas. Il y en a plus qu'avant. Je je pourrais pas dire.
On ce qu'on sait c'est que souvent il y a un coup. Il y a un coup. Ouais.
C'estàd ben un coup c'est souvent des sportifs et quand on fait du sport, on se fait mal. Il y a un coup et le coup après et c'est pour ça qu'en fait c'est dès que tu étais assez tard. Mais il faudrait qu'un oncologue en parle parce que moi je suis que sûr le psychologue.
Mais non mais c'est ce que tu vois. Oui, ce que je vois c'est c'est souvent des bah ce que je vois c'est souvent des gens qui viennent qui me disent "J'ai mangé cinq bruits légumes par jour, j'ai pas fumé, j'ai pas bu." C'est pas juste.
C'est normal, non ? C'est vrai que c'est pas juste quand tu vois des des jeunes. Bah c'est pas juste ou quoi ?
J'ai vu quelque chose de juste toi dans la vie. Il y a rien de juste. Par contre, il y a une justesse.
Pourqui ? Les gens se demandent pourquoi eux. Non mais ça c'est c'est narcissique.
Pourquoi moi ? Pourquoi moi ? C'est il y a quelques jours, j'ai je reçois un mail.
J'étais en train de faire une conférence, je reçois un mail, votre avion est annulé. Dit pourquoi moi ? Je me le suis entendu dire ça.
C'est-à-dire que juste pour ça, j'étais déjà un peu Pourquoi moi ? Donc c'est évident qu'on se le dit, mais c'est évident aussi qu'il faut qu'on arrête de penser que parce que je vois la moitié d'une orange, je vois toute l'orange. La moitié de l'orange, c'est la vie.
L'autre moitié, c'est ce que nous on appelle la mort. Et l'orange en entier, ça fait un cercle, ça fait un mouvement. Juste les diagnostics pour terminer, c'est pas toi qui les annonce, c'est les médecins à côté.
Est-ce que parfois tu es présent ? Parce que tu assistes à ça en tant que psychologue pour aider s'il y a Oui, souvent j'assiste à ça parce que parce que c'est dur pour les médecins parce que c'est pas évident non plus leur job et puis parce qu'ils ont besoin d'un doudou. Donc je sers de doudou et en même temps euh ça permet la première rencontre avec le patient.
Il se dit bon j'ai déjà vu celui-là, je le connais, je vois. Est-ce que tu as des familles qui s'énervent sur toi ? Ouais, parfois qui t'en veulent qui en veulent quand plus que même le patient, il apprend.
Ouais. Souvent c'est envers le médecin. Et moi je ser de pochin bol.
Tu es déjà arrivé physiquement ? Euh, une fois que quelqu'un te tape ? Me tape le pauvre.
Mais je suis assez massif comme garçon. Donc oui, si vous si vous nous écoutez en podcast audio, c'est plutôt plutôt grand et costaud. Voilà.
Mais oui oui, j'ai puis à Marseille, ils ont le sens chaud. Donc c'est c'est souvent parler haut et parler pas bien. Mais souvent ils en ont après la terre entière.
Et celui qui peut recevoir ça, c'est mon job. C'est moi. Tu as jamais craqué ?
Non. Est-ce qu'un psy dans soin palliatif se fait suivre par un psi en soin pas palliatif ? Ah oui, pendant longtemps.
Oui, bien sûr. Parler à quelqu'un. pendant au moins 10 ans.
Ouais, c'est vrai. Je te fais suivre pendant 10 ans. Parce que c'est pas puis encore maintenant ça peut m'arriver avoir un confrère ou de euh même si c'est un mec qui ose h aller du côté de la connaissance et donc plus de connaissance, plus de souffrance.
Il y a des moments où mon chiwa ne suffit pas. près d'un soignant sur trois se dit toucher par un problème de santé mentale. Beaucoup c'est peut-être même plus d'ailleurs en réalité peut-être il y en a qui veulent pas le dire mais qui sont pas on est d'accord c'est pas forcément bien et voilà euh est-ce que tu vas voir quand tu accompagnes des patients, quand ils décèdent, est-ce que tu vas les voir dans la chambre ?
Est-ce qu'il faut voir quand on perd quelqu'un ? Il y en a qui veulent pas voir parce que pour pas être traumatisé. Est-ce qu'il faut voir ?
Qu'est-ce quelle est ton avis ? Bon, mon avis c'est que il quand on est adulte, c'est toujours mieux de voir parce que ça facilite ce qu'on appelle après le deuil. Mais si on ne peut pas, c'est pas un souci, pas d'obligation.
On reprendra ça plus tard. C'està-dire, on peut faire ce qui n'a pas été fait à un moment peut être fait à un autre moment. Tu penses qu'on a réincarné toi ?
On parlait, tu disais tiens, je pense qu'on peut être réincarné. qu'on peut être incarné en animal ou forcément en être humain une deè fois. Ça c'est la météopsychose.
Moi je pense que honnêtement je je pense que quand on est humain, on reste humain et à chaque fois alors mon mon truc qui me fait le plus rire, c'est quand je chope quelqu'un qui a des propos racistes ou et cetera. J'ai je lui dis ta prochaine nuit, c'est con, tu tu rises de naître de l'autre côté la Méditerranée. Et oui, donc ça ça m'éclate de rire et je pense à l'intérieur de moi, je pense qu'il y a des choses qui viennent d'autres vies.
Et après comme dit un collègue peut-être j'ai trop lu Daniel Moroi et son épouse Marichan Crotau qui sont des des gens qui racontent les des sorties astrales des choses comme ça peut-être pour terminer je voulais terminer un sujet dont tu parles que je ne connaissais pas tu appelles ça l'état de conscience modifié c'est c'est c'est toi qui en parle qu'est-ce que ça veut direement état de conscience modifié c'est le terme qu'on utilise à la fac pour parler de toutes les trans ou les choses comme ça par méditation par exemple. Oui, c'est un état de conscience modifié et après tu peux aller beaucoup plus loin dans les états de conscience modifié et les états de conscience par exemple quand tu prends du blas psychotrope qui te donne un état de conscience modifié très fort. Un peu comme quand tu es ivre.
Vois quand tu es ivre. Est-ce que Est-ce que quand on est ivre, on est en état de conscience modifié ? Oui, on n'est pas dans notre conscience classique.
Bah, on le voit bien quoi. On fait un peu n'importe quoi. Mais les état modifié de conscience pour moi dans mon travail m'aide si tu veux.
Bah exemple, là je suis dans mon bureau et je dois avoir un patient et je sais que ce patient est en fin de vie et je sais que on va parler de ça. Je vais pas y aller comme ça. Je vais je mets dans mon bureau et dans mon bureau, j'ai commencé à respirer lentement, rentrer à l'intérieur de moi le plus profondément possible.
Et quand je sens l'odeur du fraisia ou autre chose, c'està-dire quelque chose à l'intérieur de moi qui me dit va, je vais et quand quelqu'un meurt c'est pareil. Je vais dans mon bureau et il y a au moins 5 minutes minimum pour cette personne. Non pas qu'elle ait besoin de moi loin de là, mais juste parce que parce que d'abord j'ai aimé la rencontrer et parce qu'elle est importante à mes yeux cette personne et que je sais même ma façon à moi petit homme de lui rendre hommage.
Tu tu dis, tu vas accompagner un un patient, tu t'expliques qui s'appelle Abdel, qui a 19 ans. Euh et que en fait tu tu vas le tu vas le l'aider à il va te parler de son papa. Ouais.
Euh tu vas dire que tu ressens son père. Ouais. Euh tu tu racontes dans le livre, c'est partie des quelques anecdotes que tu racontes.
Il y en a beaucoup dedans, mais si tu peux expliquer celle-là pour comprendre un peu ce qu'on peut retrouver, je rappelle le livre s'appelle D'une vie à l'autre, ça vous intéresse ? de Éric Dudo du coup qui avec nous et c'est chez Larous. Donc voilà, c'est Larous qui a édité.
Je vous mettrai tous les liens si vous voulez aller cliquable dans la description de cette vidéo sur YouTube si vous avez commandé le livre directement ou alors directement sur Spotify, sur Apple Podcast, Amazon Podcast, peu importe si vous nous écoutez sur une plateforme de podcast audio, vous allez dans la description. Je mettrai le lien aussi pour aller chercher ton ton livre. Est-ce que tu peux nous raconter ce que tu vis avec Abdel ?
à Abdel, il était fantastique. Abdel, c'est ce que ce que certains ont appelé des racailles, mais c'est c'est juste quelqu'un qui qui était des quartiers du 13e ou plus de Marseille et qui avait un fort accent de ces quartiers-là. Et Abdel, il va pas bien, il va de moins en moins bien.
Et au fur et à mesure du temps où on se connaît pour le faire cours, il m'appelle mon frère. Et bien frère, au début je lui dis c'est bon quoi. Non, il a pas voulu déroger.
Donc j'ai pas dérogé, je l'appelais frère aussi. Donc on était frères, on était bien tous les deux et donc on parle ensemble et là il est très malade, il en peut plus et il parle de son père pour la première fois et quand il parle de son père il en parle pas pas bien bien au début, pas très à l'aise pas très à l'aise et puis moi je vois mais vraiment derrière comme une ombre comme s'il y avait son père. Donc je suis très ému.
Et son père s'était suicidé et Abdel lui en voulait. Il en voulait parce que il a fallu qu'il grandisse seul et cetera et cetera. Et Abdel à la fin de sa narration à lui en fait il comprend que il aime son père et qu'il y a pas de souci.
Et ça a été pour moi un moment très très touchant parce que moi mon papa c'était il s'est pas s'est pas suicidé mais presque. Il était alcoolique, il a beaucoup trop bu. Il a 49 ans, il est décédé et on était séparé, ma mère était séparé de lui.
Mais ça fait écho à ma propre pardon, ça fait écho à ma propre chair. Et et donc je vois Abdel et je vois qu'on est effectivement frère d'un père absent et qu'effectivement ce qu'il me raconte depuis le début, ça fait écho à ce que je suis moi aussi un manquant parmi tous les manquants. Mais qu'en étant manquant parmi tous les manquants, je n'ai pas manqué d'être vivant.
Ça c'est le plus important. Tu vas l'aider à se mettre dans un état d'hypnose, Abdel. Oui.
Comment tu vas faire ? Bah comme tous les hypnotiseurs, c'est-à-dire qu'en fait comme je je vais lui demander de se relaxer, de faire un un body scan et euh c'est-à-dire de relaxe telle partie de ton corps, telle telle telle telle partie puis après va dans ton monde intérieur, dans ce qu'on appelle le songtum ou dans un monde que tu te tu autocrées pour être bien, relaxe et cetera. Qu'est-ce qui va se passer quand il va être en état d'hypnose ? et il va être bien, il va se alors trembler, ça tout le temps on tremble et transpirer, c'est parce queil un peu dans bon point et surtout il va voir son père et son père va lui demander pardon pendant l'hypnose, il le voit.
Pendant l'hypnose, il le voit. Oui. Et moi je le vois aussi.
Donc c'est ça qui est bien. C'est-à-dire les clombres. Oui.
C'est-à-dire que quand je mets quelqu'un en état modifié de conscience, moi-même je rentre dans un état modifié de conscience. Mais ça m'est arrivé aussi avec un autre patient qui voyait ses grands-parents, ses deux grands-pères. Lui, il se Alexandre, je sais pas si c'est dans ce bouquin dans un Alexandre, il voit ses deux grands-pères et et je lui dis "Mais qu'est-ce que tu fous Alexandre ?" et il me dit "Mais je vois mes deux grands-pères, ils viennent me chercher, mais j'ai pas envie moi d'y aller." Ah, j'ai dit "Mais fais ce que tu as envie." Il il revient de l'hypnose et il me dit "Ouais, il voulait que je vienne, moi je veux pas et cetera." Alors, Alexandre avait 19 ans, 19 21 ans et je laisse Alexandre, je vais voir sa maman.
Sa maman me dit "Oui, oui, il était très très proche de ses deux grands-pères qui sont décédés et cetera." Bon, pourquoi pas ? Et la deuxième fois où je le mets dans cet état là d'hypnose, il revient, il chante pendant l'hypnose, chante pas très beau.
Et il me dit, ils veulent m'apprendre une chanson pour que ça soit plus simple quand je passe. Et puis finalement, au bout d'un certain temps, ça dure des mois là, au bout d'un certain temps, ben les médicaments font plus effet. Alexandre tombe de plus en plus dans une sorte de de rêve comateux et et les grands-pères viennent le chercher.
Et le copain d'Alex est devenu psychologue en soin palliatif. Incroyable. Ouais parce qu'il nous a vu ensemble.
Tu avais une petite anecdote aussi pour terminer, mais tu avais un couple qui s'est dit au revoir grâce à toi. Tu as réussi un couple de je crois monsieur de 90 ans de pardon, un monsieur de 80 ans je crois et que tu as fait sortir de son état un peu comateux. Ah oui !
Oh c'était c'était c'était trop beau. Il il voulait voir sa femme absolument et ils se sont rencontrés. Il est sorti de son état comateux.
Je suis allé le chercher là-bas mais j'ai pas fait exprès. Alors ce qu'il faut bien savoir c'est que je fais pas exprès. C'est pas ma faute.
C'est-à-dire que il y a des moments ma conscience je dois être un peu flayé. Il y a ma conscience qui s'en va d'un côté ou d'un autre. Je vis des choses.
Je suis pas forcément au courant de ce que je dois faire. En tout cas là je l'ai vécu et je savais qu'il il fallait qu'il revienne et qu'il se disent au revoir avec son épouse. Donc lui il était en commun.
Il est revenu. Oui, il a parlé. Oui, oui, il a parlé.
Alors, le coma, ça c'est un terme médical. Il était il était pas là. On entend qu'on est dans le coma ou pas ?
Oui, ça je le dis au patients sans arrêt. Et ça c'est encore un patient qui me l'a dit. [ __ ] quand vous êtes dans le couloir et que vous pensez à vos carottes, à ce que vous allez faire ce soir ou quoi, taisez-vous.
Taisez-vous quand vous parlez. Je leur dis toujours parce que les les personnes entendent, ça peut les déranger. C'est pas grave mais ça peut les déranger et surtout même si vous avez l'impression qu'ils vous entendent pas, faites attention.
Il y a un truc qu'on maîtrise pas trop, c'était les les je voulais t'en parler mais les barreurs de feu, coupeurs de feu, on peut appeler ça de différentes manières. C'est il y en a qui ont du magnétisme dans les mains qui arrivent à enlever une douleur parfois de brûlure par exemple et dans des certains services d'hôpitaux. En France he aujourd'hui, on a des coupeurs de feu pour certains brûler.
Euh ça c'est pas considéré dans la médecine mais c'est quand même accepté dans les hôpitaux donc c'est que ça doit fonctionner. Oui oui on accepte. J'ai un ami qui s'appelle monsieur Bourbon qui a un coupeur de feu magnifique qui m'a appris.
Je viens d'une famille, on était coupeur de feu. Alors, je peux pas être à toutes les places, donc je le fais pas. Mais on a les les infirmières ont une liste pour les gens qui sont irradiés, donc à qui on fait de la radiothérapie et on sait que ça va les brûler, on les aide.
Et les médecins, il y en a qui disent "Ouais, c'est OK, c'est super." D'autres qui disent "C'est des conneries mais ça fait peut pas faire de mal." On en est là.
Mais pour ma part, je dirais que c'est franchement j'ai vu des choses qui sont étonnantes. C'est-à-dire, ben ils auraient dû être brûlé mais brûlé de chez brûlé. Pas du tout parce que quelqu'un leur met la main dessus.
Alors il ils le font à distance. Alors ça c'est un truc de fou. C'estàdire que à distance ils font un truc ça marche.
Mais je sais pas comment. Est-ce qu'on a mal quand on meurt avant ? Oui.
Après non. Et quand je dis avant oui, c'est par expérience. C'està-dire que quand vous arrêtez de respirer et que vous avez le réflexe de la respiration qui revient, il y a un moment où c'est très très inconfortable.
Après ça va et après les morts violentes ou et cetera, je sais pas mais je pense qu'on a mal parce que le en fait c'est des signaux électriques, c'est c'est des c'est des neuromédiateurs qui vont qui vont lâcher des choses dans le cerveau après ça va. C'est quoi ton souvenir le plus dur ? La dernière question de cette émission.
Mais en 30 ans de soin palliatif, qu'est-ce qui t'a plus marqué vraiment ? Euh de deux patients, un dans un couloir où la la carotie avait lâché et donc ça fait des g de 10 m. Donc ça c'est à cause de quoi ?
Il y avait un un cancer. Ah au RL. Et donc l'infirmière avait avait mis quel une compresse et cetera, mais il a fallu l'endormir et puis après le sang a coulé quoi.
Et tu peux pas l'arrêter une carotide qui peine ? Non, il pouvait pas il pouvait pas. Là c'était éétait tout bouffé par le cancer.
Ah si c'est la tienne ou la mienne, oui mais quand c'est tout bouffé, il y a il y a plus rien. Et une autre fois où je je rentre dans le service et je vois tout le monde effondré et je dis aux filles parce qu'il y a le maximum de filles mais il y a quelques garçons. Je dis mais qu'est-ce qui se passe ?
Ils me disent ben tu as qu' aller à 118. Là c'est d'enfoiré des fois. Je vais à 118 et là je je vois des traces de doigt du sang partout.
Enfin ce qu'on peut voir dans les films d'horreur et là je dis mais qu'est-ce qui s'est passé ? Et le pire c'est que j'entends une voix qu' le voisin d'à côté qui était là alors l'était en face. Ouais c'est complètement court Timon c'était comme ça à l'époque.
Et qui dit "Ah ouais il a eu du mal cette nuit hein. Je suis je suis sorti je savais pas s'il fallait que je pleure je rise. Je je sais pas.
C'était quoi ? Ben, c'est quelqu'un qui était mort et Cap pareil avec Carodine qui avait lâché, il avait essayé tout et puis il était mort. Et tout le monde me disait "Faut que tu ailles voir le le voisin après parce qu'il est traumatisé et cetera." Je sais pas, je l'ai je l'ai revu deux trois fois mais il a il s'en foutait complètement de ma live.
Il a pas l'air traumatisé plus que ça. Il y a une dame, petite anecdote que tu racontes, tu dis euh une histoire de vernis à c'est un peu dans les trucs les plus étonnants qu'on t' demandé. Oui, elle m'a mis dans la dans la mouise en fait la socioesthéticienne, on dit ça comme ça, n'était plus là.
Elle lui faisait les ongles et trucs comme ça et elle me met en demeure de lui faire les ongles et comme je suis je suis normalement on dit non enfin là je dis OK je faire les ongles. J'ai jamais fait les ongles de ma vie moi. Plus je m'appelle du doigt j'y fais les doigts les doigts rouges.
C'était une horreur. Et qu'est-ce qu'on arrive ? En fait, le principe de ton métier, c'est de faire des choses qui sont pas forcément marquées dans ton post.
C'est de donner de l'humain. C'est donner de l'humain. C'est aussi simple que ça.
Souvent, je je dis "Mais quel métier d'escroc dans ma tête !" Enfin, je le dis aussi oralement, peut-être pour un peu provoquer mais qu'est-ce que moi si quelqu'un me dit "Qu'est-ce que tu as fait dans ta vie J'ai aimé, j'ai lu beaucoup de livres ou c'est intelligent tout ça. J'ai donné des cours sur des sujets.
Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que c'est pas vrai ? On sait pas.
La psychose c'est très mouvant. Alors il y a des choses c'est des certitudes. Il y a des trucs on sait où quand Freud s'est planté comme un enf et cetera.
Si on t'annonçait à toi qu'il te restait 15 jours à vivre, tu étais encore en forme physiquement, qu'est-ce que tu ferais ? Rien de ce que je fais là, rien d'autre. Rien d'autre.
En fait, c'est un fantasme qu'on a tous de croire que quand quand si on sait qu'on va mourir, tout va changer. Non, si tu sais que tu vas mourir, tu vas te chier dessus. Enfin, tu vas avoir peur, pardon, et tu vas continuer ta vie parce que ta vie, c'est ce à quoi tu tiens le plus.
Alors peut-être que tu tu vas oser avec ta compagne ou ton compagnon prendre quelques jours dans une destination un peu folle, mais j'en suis vraiment pas certain. Tu as déjà pensé à la fin de ta vie ? Ouais.
Qu'est-ce que Comment tu aimerais partir ? Ah moi j'aimerais mourir en regardant la mer. Alors mes amis psychanalystes me diront la mère et dirais certes la mer au moment ce que j'aime l'hiver j'habite pas loin de la mer donc je peux descendre à pied petite machine et je regarde l'eau qui tombe du ciel dans la mer.
Il y a un moment où la mer et le ciel sont confondus. ces moments un peu gris et c'est les moments que je préfère. Je voudrais mourir en voyant ça.
Merci beaucoup. Merci euh raconter tout ça euh c'était très intéressant et tu vas pouvoir reprendre le train pour repartir à Marseille à l'heure. Euh non, tu as fait l'aller-retour.
Merci d'être venu. C'est moi qui dit merci. Éric, je vous rappelle, voilà, si vous voulez aller prendre le livre d'Éric Dudois, D u D O I T d'une vie à l'autre, il s'appelle le liv.
Voilà, c'est chez la rose, je disais tout à l'heure. Et donc, il y a 15 histoires inoubliables d'un passeur d'â. Il y a beaucoup d'anecdotes à l'intérieur.
On essayé d'en prendre quelques-unes et puis surtout de parler ton métier pour comprendre aussi et donner quelques exemples pour que vous puissiez savoir de quoi ça parle aussi à l'intérieur. En tout cas, j'espère que ça vous a plu chez vous. Vous avez pu vous avez pu comprendre un peu le métier que tu pratiques tous les jours et que tous les soignants d'ailleurs tous les toutes les personnes qui travaillent au sens large d'ailleurs il y a plein de différents métiers dans les soins palliatifs notamment.
Bravo pour ce que tu fais puis merci d'être venu jusqu'à nous. C'est un plaisir de te rencontrer. Euh, on espère que ça vous a plu chez vous.
Je vous embrasse fort. On se retrouve très vite pour une prochaine vidéo. Merci à toute l'équipe d'avoir préparé l'émission avec moi aussi tous les mercredis, vendredi et dimanche.
On vous met trois émissions au documentaire par semaine. Le mardi, il y a un légende story, c'est les journalistes qui interviewent des gens. Il restent derrière la caméra puis il posent des questions aussi pour découvrir des parcours exceptionnels.
En tout cas, merci d'être de plus en plus nombreux aussi à nous écouter en podcast audio sur Spotify, 10 Apple podcast, Amazon Podcast. Les premiers podcasts de France aujourd'hui. Donc merci beaucoup pour tout ça puis on se retrouve très vite de toute façon pour une prochaine vidéo.
Ciao tout le monde. [Musique] H [Musique]
Olivier Faure