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Podcast / conversationHugoDécrypte — Actus et interviews (sur Podcast)· 19 août 2024 10 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & international

Emmanuel Macron peut-il vraiment être destitué ?

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  • 0:36PrésentateurFait
    « « Démettre le président plutôt que nous soumettre », c'est le titre de la tribune de la France Insoumise publiée dans le média « La tribune dimanche ce dimanche ». »
  • 1:05PrésentateurFait
    « mais surtout la candidate au poste de Premier ministre proposée par le nouveau Front populaire, la coalition des partis de gauche. »
  • 1:11PrésentateurFait
    « Les trois dirigeants estiment que le président, je cite, « ne va pas tenir compte du résultat politique des dernières élections législatives qu'il a perdu après avoir perdu auparavant les élections européennes ». »
  • 1:41PrésentateurFait
    « En France, il existe dans la Constitution, donc la loi suprême du pays, l'article 68, qui prévoit la possibilité de démettre de ses fonctions le président de la République, en cas, je cite, « de manquement à ses devoirs ». »
  • 1:53PrésentateurFait
    « Selon le site vipublic.fr, ce manquement, ça peut être le comportement politique du président, mais ça peut aussi relever du privé si ses actes portent atteinte à la fonction de président. »
  • 2:02PrésentateurChiffre
    « La procédure de destitution doit être déposée par au moins un dixième des députés, ce qui devrait être le cas, puisqu'à la FI compte 75 députés sur 577. »
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    « Ensuite, une proposition de réunion de la haute cour, composée d'élus des deux chambres, donc l'Assemblée nationale et le Sénat, doit être adoptée par une majorité des deux tiers. »
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    « Si cette réunion est acceptée, la haute cour doit ensuite déterminer si les actes reprochés au président sont constitutifs d'un manquement à ses devoirs, incompatibles donc avec l'exercice de son mandat. »
  • 2:29PrésentateurFait
    « Pour que la destitution soit effective, elle doit être votée, là encore, par une majorité des deux tiers des membres de la haute cour. »
  • 2:35PrésentateurFait
    « Si le président est destitué, il perd immédiatement son mandat et c'est le président du Sénat qui assure l'intérim jusqu'à l'organisation d'une nouvelle élection présidentielle. »
  • 2:43PrésentateurFait
    « A noter que depuis le début de la Vème République, donc en 1958, il n'y a jamais eu de président destitué. »
  • 4:00PrésentateurFait
    « Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a assuré ce lundi que la destitution du président de la République était, je cite, crédible. »
  • 4:18PrésentateurFait
    « Le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, a tout de suite déclaré que cette initiative n'engageait que la France Insoumise. »
  • 4:23PrésentateurFait
    « que l'entêtement d'Emmanuel Macron, qui continue à revendiquer qu'il ne changera pas de cap, est inquiétant. »
  • 4:35PrésentateurFait
    « que LFI choisit de se lancer dans la présidentielle dès maintenant. »
  • 5:03PrésentateurFait
    « De son côté, l'Elysée estime que le président est dans son rôle constitutionnel. »
  • 5:15PrésentateurFait
    « « une agitation bien peu conforme à l'esprit de la République et à la lettre de la Constitution, ainsi qu'un goût pour le désordre peu rassurant ». »
  • 5:27PrésentateurFait
    « dénonçant, je cite, « un risque d'anarchie ». »
  • 6:02PrésentateurFait
    « Selon lui, malgré l'arrivée en tête du NFP aux législatives, il n'y a pas de majorité, quelle qu'elle soit, et je cite, « personne ne peut appliquer son programme ». »

Temps de parole

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Présentateur

« Démettre le président plutôt que nous soumettre », c'est le titre de la tribune de la France Insoumise publiée dans le média « La tribune dimanche ce dimanche ». Ce texte annonce que le parti va déposer une demande de destitution d'Emmanuel Macron s'il ne nomme pas la candidate du nouveau Front populaire, Lucie Castet, au poste de Premier ministre. Mais alors comment fonctionne cette procédure de destitution ? A-t-elle des chances d'aboutir ? Et quelles ont été les réactions à gauche comme à l'Élysée ? Salut c'est Blanche, j'espère que vous allez bien. Nouvelle semaine, toujours dans ce format d'été des actus du jour. Hugo est toujours en vacances, il revient fin août.

En attendant, on est parti pour un nouveau résumé de l'actualité en une dizaine de minutes. Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France Insoumise, Manuel Bompard, le coordinateur LFI et Mathilde Panot, la présidente du groupe à l'Assemblée nationale, ont donc co-signé un texte publié ce dimanche accusant le président de la République, je cite, de « coup de force institutionnel » et d'abus de pouvoir. La raison ?

Emmanuel Macron n'a toujours pas nommé de Premier ministre un mois et demi après le second tour des élections législatives et ne semble pas vouloir nommer Lucie Castet, la directrice du financement et des achats pour la ville de Paris, mais surtout la candidate au poste de Premier ministre proposée par le nouveau Front populaire, la coalition des partis de gauche. Les trois dirigeants estiment que le président, je cite, « ne va pas tenir compte du résultat politique des dernières élections législatives qu'il a perdu après avoir perdu auparavant les élections européennes ». Mais alors, qu'est-ce que c'est précisément cette procédure de destitution ?

Déjà, la destitution, c'est une procédure de droit qui vise à priver quelqu'un de sa charge ou de sa fonction, là en l'occurrence, il s'agit du président de la République, Emmanuel Macron. Vous en avez peut-être entendu parler ces dernières années, notamment aux Etats-Unis, puisque l'ex-président américain Donald Trump a été visé par plusieurs procédures en destitution. En France, il existe dans la Constitution, donc la loi suprême du pays, l'article 68, qui prévoit la possibilité de démettre de ses fonctions le président de la République, en cas, je cite, « de manquement à ses devoirs ».

Selon le site vipublic.fr, ce manquement, ça peut être le comportement politique du président, mais ça peut aussi relever du privé si ses actes portent atteinte à la fonction de président. La procédure de destitution doit être déposée par au moins un dixième des députés, ce qui devrait être le cas, puisqu'à la FI compte 75 députés sur 577. Ensuite, une proposition de réunion de la haute cour, composée d'élus des deux chambres, donc l'Assemblée nationale et le Sénat, doit être adoptée par une majorité des deux tiers.

Si cette réunion est acceptée, la haute cour doit ensuite déterminer si les actes reprochés au président sont constitutifs d'un manquement à ses devoirs, incompatibles donc avec l'exercice de son mandat. Pour que la destitution soit effective, elle doit être votée, là encore, par une majorité des deux tiers des membres de la haute cour. Si le président est destitué, il perd immédiatement son mandat et c'est le président du Sénat qui assure l'intérim jusqu'à l'organisation d'une nouvelle élection présidentielle. A noter que depuis le début de la Vème République, donc en 1958, il n'y a jamais eu de président destitué.

Du coup, la question qu'on se pose là, c'est est-ce que cette procédure a des chances d'aboutir ? Bon, déjà, ce qu'il faut comprendre, c'est que cette notion de manquement est volontairement floue et elle est soumise à interprétation, comme c'est souvent le cas pour des articles de la Constitution, d'après plusieurs constitutionnalistes cités par RMC.

En fait, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que la destitution, elle a été créée pour des situations d'abus de pouvoir du président et en l'occurrence, la France Insoumise estime que c'est le cas ici, puisqu'Emmanuel Macron ne souhaite a priori pas nommer de Premier ministre de gauche, alors que le nouveau Front Populaire est l'alliance qui a obtenu le plus de sièges à l'Assemblée suite aux législatives. Le truc, on en a déjà parlé, c'est que beaucoup, que ce soit des experts ou des politiques, estiment qu'il n'y a pas vraiment de majorité claire à l'Assemblée, mais plutôt trois gros blocs.

Le nouveau Front Populaire, Ensemble, la coalition du camp présidentiel et le Rassemblement National. Ce qui est sûr en tout cas, c'est qu'aucun de ces blocs n'a de majorité absolue, soit au moins 289 députés. De son côté, le nouveau Front Populaire estime que non, il a une majorité, puisque c'est lui qui est arrivé en tête aux législatives, avec 193 députés au total. En tout cas, si on revient sur la procédure de destitution en elle-même, ça semble compliqué que la demande obtienne l'aval de la majorité des deux tiers, on va voir ça juste après.

En tout cas, ça n'a pas l'air d'arrêter les dirigeants de la France Insoumise qui semblent vouloir aller au bout de leur démarche et qui ne sont pas prêts à renoncer. Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a assuré ce lundi que la destitution du président de la République était, je cite, crédible. Mais alors, comment ont réagi les autres partis du nouveau Front Populaire à cette menace de LFI ? Pas très bien. Le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, a tout de suite déclaré que cette initiative n'engageait que la France Insoumise.

Même son cloche du côté de Marine Tondelier, la chef des écologistes, qui a déclaré, je cite, que l'entêtement d'Emmanuel Macron, qui continue à revendiquer qu'il ne changera pas de cap, est inquiétant. Chacun y réagit à sa manière et que pour ce qui était des écologistes, nous consacrerons toute notre énergie à ce que Lucie Casté soit nommée dans les plus brefs délais. De son côté, le Parti communiste a estimé, je cite, que LFI choisit de se lancer dans la présidentielle dès maintenant. C'est leur choix. Pour nous, ce n'est pas la priorité. En gros, ils ne commentent pas clairement cette procédure de destitution, mais se désolidarisent en quelque sorte.

Et puis, selon Le Monde, certains estiment, notamment au sein du Parti socialiste, qu'en faisant ça, la France Insoumise sabote en quelque sorte la candidature de Lucie Casté en l'empêchant d'aller nouer des coalitions au-delà du NFP et en menaçant clairement Emmanuel Macron, ce qui pourrait avoir finalement l'effet inverse. De son côté, l'Elysée estime que le président est dans son rôle constitutionnel. En gros, en l'absence de majorité claire à l'Assemblée, il consulte les différents groupes politiques dans le but de nommer un Premier ministre.

L'Elysée a par ailleurs dénoncé, je cite, « une agitation bien peu conforme à l'esprit de la République et à la lettre de la Constitution, ainsi qu'un goût pour le désordre peu rassurant ». D'ailleurs, le ministre démissionnaire de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a fortement critiqué cette idée sur son compte X, dénonçant, je cite, « un risque d'anarchie ». Une fois qu'on a dit ça, qui sont les potentiels candidats au poste de Premier ministre ? On en a déjà parlé la semaine dernière, les noms de Xavier Bertrand, le président de droite de la région Hauts-de-France, ainsi que celui de Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre sous François Hollande, circulent depuis pas mal de jours.

Il y a aussi une nouvelle hypothèse, celle de Karim Bouhamran, le maire socialiste de la ville de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, qui est apparemment poussé par l'aile gauche du camp présidentiel, selon les informations du journal Le Monde. Concernant l'hypothèse Lucie Casté, sa candidature a rapidement été expédiée par Emmanuel Macron avant les Jeux Olympiques. Selon lui, malgré l'arrivée en tête du NFP aux législatives, il n'y a pas de majorité, quelle qu'elle soit, et je cite, « personne ne peut appliquer son programme ».

En tout cas, Emmanuel Macron doit nommer son futur Premier ministre ce vendredi 23 août, après avoir reçu à l'Elysée les chefs de partis et de groupes parlementaires, dont Lucie Casté. On ne sait pas encore s'il le dévoilera le jour même ou s'il va falloir attendre un petit peu. Dans tous les cas, on vous tiendra au courant sur Instagram et TikTok. Les noms des comptes, c'est Hugo Décrypte. Je vous laisse avec Morgane pour les actualités en bref.

6:29
Invité

Merci Blanche et bonjour à tous. On commence avec cette info. Deux feux de forêt dans le département de Léros, dans le sud de la France, ont ravagé plus de 400 hectares de végétation en l'espace de quelques heures ce dimanche. 400 hectares, pour vous donner une idée, c'est un peu plus grand que Central Park à New York. Les deux incendies étaient déjà maîtrisés ce lundi matin après la mobilisation de plusieurs centaines de pompiers, de canadaires et d'hélicoptères. Leur progression rapide a été facilitée par le climat dans la région, qui a asséché la végétation et le vent très fort. A l'heure actuelle, on ne sait pas si l'incendie est d'origine criminelle ou accidentelle.

En tout cas, les Rômes et aussi cinq autres départements du sud, comme l'Aude et les Bouches-du-Rhône, sont placés en vigilance orange feux de forêt par Météo France ce lundi. Ça veut dire que les risques de feux de forêt sont forts dans ces départements, à cause de la météo par exemple. Deuxième info, le secrétaire d'État américain Anthony Blinken s'est rendu en Israël ce lundi afin de négocier un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Il s'agit de sa neuvième visite dans la région depuis le 7 octobre dernier.

Selon lui, il pourrait s'agir de la meilleure, mais aussi de la dernière occasion de négocier un cessez-le-feu à Gaza et la libération des otages israéliens et étrangers retenus par le Hamas. Il n'a pas expliqué pourquoi précisément, mais ça peut potentiellement être à cause de l'escalade de tensions entre Israël d'un côté et le Liban et l'Iran de l'autre. Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a appelé les États-Unis à diriger la pression sur le Hamas et non sur le gouvernement israélien. De son côté, le Hamas accuse Benyamin Netanyahou d'avoir entravé la mise en place d'un accord entre les deux parties malgré la présence de médiateurs.

Troisième info, l'ONU a dénoncé ce lundi dans un nouveau rapport un record, je cite, « inacceptable et inadmissible » de violences sur les travailleurs humanitaires à travers le monde. Au total, en 2023, 280 humanitaires ont été tués, soit une augmentation de 137% par rapport à 2023. Et toujours selon l'ONU, le nombre de victimes pourrait encore augmenter en 2024. 172 travailleurs humanitaires ont déjà été tués entre le 1er janvier et le 7 août 2024. Cette augmentation est due notamment à l'accélération des violences en Palestine. Plus de la moitié des victimes humanitaires de 2023 ont été tuées dans la bande de Gaza entre octobre et décembre.

L'ONU cite aussi les violences au Soudan et Soudan du Sud où des conflits armés ravagent les deux pays. Et enfin, dernière info, à New York, une foule a fait la queue pendant parfois plus de deux heures ce samedi pour goûter le fameux muffin du Krus qui a fait le buzz au village des athlètes des Jeux Olympiques de Paris 2024. En fait, le gâteau a été popularisé par le nageur norvégien Henrik Kristiansen sur TikTok. A son arrivée, le sportif s'est pris de passion pour le muffin et a posté de nombreuses vidéos humoristiques sur le réseau social qui en parlaient. Les muffins sont très vite devenus un des symboles de ces jeux et d'autres sportifs ont fait des vidéos dessus.

Alors, ce muffin était proposé uniquement ce samedi dans un café new-yorkais qui a importé directement de France les muffins qui étaient vendus au prix de 10,89$ l'unité. En France, ils sont vendus dans les restaurants Krus pour un prix allant entre 1,20€ et 3€.

9:08
Présentateur

Merci pour ces actualités en bref. Alors, si de votre côté, vous voulez plus d'actualités, sachez qu'on a lancé très récemment un nouveau podcast dédié spécifiquement aux actualités culturelles, concrètement, en quelques minutes chaque jour. On parle de musique, de cinéma, de séries, de littérature, de jeux vidéo, avec l'objectif d'analyser des tendances importantes, mais aussi de vous recommander pas mal de choses. Vous allez aussi pouvoir de temps en temps retrouver des interviews exclusives directement sur ce podcast. Alors, concrètement, il s'appelle les Actu Pop Hugo Décrypte. Donc, si vous tapez Hugo Décrypte Pop sur votre appli de podcast, vous allez pouvoir le retrouver.

Pensez juste à vous abonner directement à ce nouveau podcast pour être sûr de ne pas le louper. Et on se dit à demain pour des nouvelles actualités.

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