L'invité d'Apolline Matin : Yannick Buisson - 05/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. Il est 7h41, vous êtes bien sûr RMC et RMC Story. C'est 315 millions de colis qui ont été distribués l'an dernier, rien qu'en région parisienne. Et c'est un record. Bonjour Yannick Buissin. Bonjour. Vous êtes le vice-président de l'Union des entreprises des transports et de logistique en France. Aujourd'hui en Ile-de-France, un véhicule sur cinq qui circule, transporte au moins un colis. C'est une bonne nouvelle ou c'est un risque de saturation pour vous ?
C'est une tendance de l'économie et du mode de consommation des consommateurs que les entreprises de transport et logistique accompagnent. Donc c'est une transformation des modes de consommation. Et les entreprises investissent, s'organisent, modifient leur schéma de distribution pour répondre à cette demande.
C'est un changement évidemment de consommation. C'est un changement aussi pour vous, les transporteurs, pour les livreurs. On va tout de suite d'ailleurs accueillir Mathias qui nous appelle de Lyon. Bonjour Mathias. Bonjour. Vous vous faites beaucoup livrer vous ? Beaucoup. Pour tout ? Pourquoi ? Pour tout.
Un exemple, je suis en formation, là j'habite à Lyon en ce moment, je suis en télétravail. Ok. Je suis en formation à Nanto. Non, non, en ce moment je ne suis pas à Nanto, je suis à Lyon. Ok. Il me manquait un shampoing, je l'ai commandé, je l'ai reçu le lendemain. Dans ce village, il n'y a rien. Il n'y a plus de boulangerie, qui fait bar en même temps. Moi ça me va bien, quand je vais dans un magasin, si je dois acheter un shampoing, j'achète d'autres articles, donc ce n'est pas la peine. La livraison ne coûte rien parce que j'ai un abonnement spécifique. Je commande tout, sauf les fringues et le frais.
Voilà. Et sinon le reste, tout, tout, tout. Alors ce que je trouve très intéressant, c'est ce que vous dites aussi sur le côté, du coup je n'ai pas de tentation. C'est-à-dire que je ne prends que ce dont j'ai besoin et je ne vais pas traîner dans les rayons à rajouter des trucs inutiles.
Non. Et puis un autre sujet, je pense que ça, il faudrait l'aborder un jour, c'est l'accueil que vous avez dans les magasins maintenant. Et je crois que c'est spécifique à la génération Z. J'ai 60 ans, j'ai travaillé dans l'hôtellerie, j'ai travaillé comme officiant en boutique et je vois bien qu'il y a une différence d'accueil. Donc voilà. Mais ça, c'est vraiment un autre sujet.
Ça veut dire qu'aujourd'hui, vous vous sentez en réalité, enfin c'est le même sujet, c'est-à-dire que la raison aussi pour laquelle vous n'allez pas l'acheter en magasin, c'est qu'au fond, vous avez, vous trouvez ça presque désagréable désormais, l'expérience client dans un magasin.
Oui, vraiment. Oui, oui, vraiment. Mais vraiment, ça c'est un autre sujet qu'il faudrait peut-être l'aborder un jour.
C'est effectivement la question de l'accueil. Si vous-même, vous avez travaillé en restauration étant plus jeune, effectivement, cette question de l'accueil qui, à vos yeux, a changé. Je voudrais qu'Yannick Buissin puisse réagir à un point de ce que vous disiez tout de suite, Mathias. C'est la question aussi de la ruralité. C'est-à-dire que là, on a parlé du record en Ile-de-France. En Ile-de-France, honnêtement, il n'y a pas la question ou l'excuse de dire qu'il n'y a pas de magasin dans le coin.
Mais en ruralité, comme le disait à l'instant Mathias, il y a parfois des endroits où il faut faire plusieurs kilomètres et avec le prix de l'essence actuelle pour aller acheter ne serait-ce qu'un shampoing. Est-ce qu'effectivement, ce sont ces colis-là aussi qui ont transformé, y compris votre mode de travail ? À vous, les transporteurs, Yannick Buissin.
Bien sûr. C'est pour ça qu'il y a des solutions multiples qui sont mises en œuvre. La tendance de commerce concerne l'ensemble du territoire et on voit qu'aujourd'hui on parle d'omni-canalité, c'est-à-dire que... Ça veut dire quoi, ça ? Ça veut dire que le consommateur va vouloir, quand il passe devant un magasin, acheter quelque chose, commander, se faire livrer à la maison où il est en vacances et retrouver ses produits de l'ensemble de ses manières ou en drive. Et donc, bien sûr, tout ça influe les flux logistiques.
Et c'est pour ça que vous avez des nouvelles solutions. Voilà. Qu'est-ce que vous voulez dire quand vous dites nouvelles solutions ? C'est quoi les nouvelles solutions ?
En tout cas, vous avez vu qu'il y a beaucoup de points relais qui sont aussi un moyen d'optimiser ses livraisons puisque vous allez avoir 10, 20, 50, 100 colis qui vont arriver sur une boutique et puis le consommateur va venir le chercher. Vous voyez qu'il y a de plus en plus de consignes, de retraits qui sont aussi un moyen d'optimiser finalement ces derniers mètres puisque vous allez remplir des casiers et le consommateur va passer devant cette consigne de retrait. Donc voilà, c'est des nouvelles solutions qui accompagnent la mutation de la consommation.
Un vrai changement de consommation, on l'a entendu dans la voix de Mathias et on l'entend avec vos chiffres. Yannick Buissin, merci d'avoir été en direct avec nous. Vice-président de l'Union des entreprises de transport et de logistique de France. Je vous rappelle ce chiffre, 315 millions de colis distribués l'an dernier. Rien qu'en Ile-de-France, c'est donc un record.