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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 21 décembre 2020 29 minComplaisantActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesTravail & emploiEurope & international

Compte rendu du Conseil des ministres du 21 décembre 2020.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Le président a évoqué un plateau trop haut avant les fêtes. Un tour de vis supplémentaire est-il envisagé ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    L'option d'une réouverture des bars/restaurants le 20 janvier est-elle toujours sur la table ?

  • 14:00OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous en dire plus sur le déroulement de la campagne vaccinale en France ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Qui décide de la campagne de vaccination ? Qui sera vacciné en premier ?

  • 20:00RelanceRéponse directe

    La réunion du 28 décembre doit-elle faire craindre un tour de vis entre Noël et le Nouvel An ?

  • 22:00RelanceRéponse directe

    Les échéances du 7 et 20 janvier pourront-elles être tenues ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... -G.

Attal : Bien. Bonjour. Ce matin, nous avons tenu un nouveau Conseil des ministres alors que la fin de l'année 2020 approche.

Une année évidemment singulière pour notre pays. Un Conseil des ministres que le chef de l'Etat présidait en visioconférence, le président étant encore à l'isolement conformément aux consignes sanitaires. Dans la continuité de la démarche de transparence sur l'état de santé du président, je tiens à vous informer que le médecin-chef de la présidence de la République a réalisé ce matin même un bilan indiquant que le président présente encore des symptômes, mais que son état de santé est stable.

Le président a ainsi pu présider le Conseil des ministres ce matin, comme le Conseil de défense hier, et continue à travailler depuis la résidence de La Lanterne. Ce conseil a été l'occasion de porter un regard sur l'année 2020, une année de décisions difficiles, éprouvantes parfois, dont certaines devront malheureusement se prolonger dans les semaines et peut-être les mois à venir. Mais une année où la France et où les Français ont fait face et ont fait preuve d'une très grande solidarité.

C'est cette détermination de notre pays tout entier qui nous a permis de tenir ensemble face à une pandémie mondiale d'une ampleur inédite. Aujourd'hui, nous connaissons mieux le virus, ses modes de transmission, et c'est cette connaissance qui nous a permis dès l'automne de prendre la décision du couvre-feu, puis celle d'un confinement adapté. Ces mesures et la mobilisation de tous les Français ont considérablement freiné la circulation du virus et nous permettent aujourd'hui d'aborder la période des fêtes dans une situation sanitaire moins dégradée que celle de la plupart de nos voisins européens, mais moins dégradée ne veut pas dire satisfaisante.

L'épidémie ne recule plus. A l'approche de Noël et alors que les vacances ont débuté, nous ne pouvons et nous ne devons évidemment pas baisser la garde. Nous avons donc pris des dispositions et fait part de recommandations.

Le couvre-feu est en place. Nous savons que les Français qui connaissent les dangers du virus seront vigilants à l'occasion de ces fêtes. Le travail...

Je veux insister sur le fait que le virus ne prend pas de vacances, donc, et que, bien évidemment, notre suivi aigu et permanent de l'épidémie n'en prendra pas non plus. Le travail du gouvernement se poursuit. Des réunions de préparation du lancement de la campagne vaccinale se tiendront toute la semaine, avant un lancement européen qui, vous le savez, est prévu ce dimanche.

D'autres réunions associant des membres du gouvernement se tiendront en début de semaine prochaine pour faire un point sur l'évolution de l'épidémie. A l'occasion de ce Conseil des ministres, nous avons examiné une nouvelle fois plusieurs textes pour continuer à protéger les Français face à la Covid et inscrire notre action contre l'épidémie et ses conséquences dans la durée. Ainsi, le Premier ministre a présenté un projet de loi instituant un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires.

L'objectif de ce texte est de nous préparer à la fin de l'état d'urgence sanitaire, le 1er avril 2021, et d'établir un cadre juridique durable face aux crises sanitaires. Ce texte prévoit 2 niveaux d'intervention de l'Etat selon la gravité de la situation. L'état de crise sanitaire, d'abord, en cas de menace ou de situation grave, de crainte importante, de basculer dans l'état d'urgence sanitaire.

Il permet de prendre des mesures nécessaires pour endiguer une menace sanitaire, notamment un contrôle des prix, des réquisitions ou des placements en quarantaine. Dans un second temps, en cas de péril pour la santé de la population, l'état d'urgence sanitaire peut être décidé par décret pour un mois et prolongé par la loi. Il permet au gouvernement de prendre des mesures restrictives pour protéger les Français.

Il s'agit d'un cadre pérenne, durable, et qui impose une information constante sur la crise. Ensuite, un projet de loi ratifiant 5 ordonnances dans les domaines du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle, de l'action sociale et de la santé nous a été présenté. Il concerne un certain nombre de mesures pratiques et importantes pour les Français.

Je pense au prolongement des droits au chômage en cette période de crise ou encore à la capacité donnée à la médecine du travail de pratiquer des tests de dépistage. La ministre de la Transformation et de la Fonction publique, de son côté, a présenté un projet de loi qui permet aux conseils d'administration de tous les organismes publics de continuer leurs missions pendant cette période, notamment en autorisant le recours à la visioconférence. Autre texte très concret : une ordonnance relative à l'organisation des examens et des concours dans le contexte sanitaire.

La volonté de ce texte est simple, elle est claire, il s'agit d'anticiper et de nous permettre d'adapter aux besoins les modalités des concours et des examens d'accès à l'enseignement supérieur, d'obtention des diplômes et d'accès à la fonction publique. Cette ordonnance inclut donc le baccalauréat et permet donc de l'adapter si la situation sanitaire l'imposait. Enfin, gérer la crise sanitaire, c'est permettre à l'économie de vivre et aux Français de continuer à percevoir leur rémunération.

C'est pourquoi la ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion a présenté une ordonnance portant des mesures d'urgence en matière d'activité partielle. Vous le savez, l'activité partielle, le chômage partiel, comme on l'appelle, a sauvé beaucoup d'emplois. Il a sauvé le pouvoir d'achat et maintenu le niveau de vie de nombreux Français, et par ce texte, nous nous donnons les moyens de le prolonger et de le moduler, y compris géographiquement, si des restrictions sanitaires s'imposaient dans certains territoires précis et non dans d'autres.

Ce Conseil des ministres a été l'occasion, au-delà de la situation sanitaire, de nous pencher sur un certain nombre de textes. Le ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance a ainsi présenté 2 ordonnances en matière financière, qui permettront notamment de renforcer les pouvoirs de supervision des banques et de réduire les risques bancaires en matière de dette. La ministre de la Culture a de son côté présenté une ordonnance qui permet plusieurs avancées : une meilleure protection des mineurs, une meilleure accessibilité de l'audiovisuel aux personnes en situation de handicap, des obligations déontologiques plus fortes pour les plateformes en ligne et un renforcement des droits d'auteur et des artistes-interprètes dans leurs relations contractuelles.

Vous l'aurez compris, ce texte est la transposition très attendue de la directive Services de médias audiovisuels, dite directive SMA. Cette transposition concrétise l'engagement pris par le président de la République devant les artistes et les acteurs de la culture, de voir les plateformes en ligne contribuer à la création artistique française. Enfin, le ministre de l'Intérieur a présenté 2 textes concernant les élections.

Un projet de loi organique, d'abord, qui vient, comme à l'approche de chaque élection présidentielle, préciser les modalités d'organisation du scrutin. Ce texte inscrit dans la loi l'obligation de convoquer les électeurs au moins 10 semaines avant le scrutin, alors qu'il n'y avait aucune date limite prévue jusque-là. Il prévoit également le dépôt des comptes de campagne par voie dématérialisée.

Ce texte va par ailleurs faciliter considérablement les procurations en autorisant à donner procuration à une personne qui n'est pas inscrite sur les listes électorales de la même ville que soi. Enfin, texte attendu et conséquence directe de la crise sanitaire et du rapport qui a été remis par Jean-Louis Debré : Le ministre de l'Intérieur a présenté donc un projet de loi décalant au mois de juin les élections régionales et départementales. Mesdames et messieurs, ce Conseil des ministres était également l'occasion d'une communication du ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance sur notre action pour redresser l'économie depuis 2017, et nos efforts redoublés pour relancer l'économie face à la crise de la Covid-19.

Le ministre est donc revenu sur plusieurs décisions marquantes. Je pense au succès du prélèvement à la source. Je pense à la loi Pacte, qui permet un meilleur partage de la valeur au sein des entreprises en développant massivement l'intéressement.

Je pense aux mesures d'aide aux entreprises, extrêmement massives, peut-être les plus fortes dans le monde, avec le fonds de solidarité, le prêt garanti par l'Etat, les reports, voire les exonérations de charges que nous avons mises en place depuis le début de cette crise. Le ministre est également revenu sur le plan de relance. 100 milliards d'euros pour des appels à projets concrets et de l'attractivité de l'activité pour les PME, les TPE, pour toutes nos entreprises.

Bruno Le Maire a également insisté sur l'effort mené pour la transformation numérique des PME et des TPE d'ici 2022. 120 000 entreprises bénéficieront d'un chèque numérique de 500 euros et 200 000 PME et TPE bénéficieront d'une formation pour les aider à mettre en place les outils numériques dont ils ont besoin. Le ministre a également voulu rappeler l'action majeure du gouvernement pour notre industrie, pour notre souveraineté industrielle. 5 secteurs industriels ont été identifiés dans le cadre de France Relance.

Il s'agit de la santé, de l'agroalimentaire, de l'électronique, des intrants de l'industrie et du numérique avec la 5G. Un appel à projets a été lancé. 138 millions d'euros d'aides ont d'ores et déjà été versés et 740 millions d'investissements industriels réalisés.

Ce n'est qu'un début. Et d'ici à la fin du mandat, nous souhaitons soutenir et réaliser 3,5 milliards d'euros d'investissements dans notre pays dans une logique de développement industriel, de reconquête industrielle et de relocalisation industrielle. Enfin, depuis le début du quinquennat, nous avons adopté une méthode refus de la fatalité.

Nous ne nous sommes jamais laisser impressionner par ceux qui disaient que telle ou telle décision, tel ou tel chantier était impossible. Et nous avons montré, à l'occasion de cette crise, à travers un certain nombre d'engagements, que nous avons obtenus, et des garanties supplémentaires, de la part d'acteurs, je pense notamment aux assureurs, ou encore une vigilance face aux plans sociaux, que la volonté paye et que l'action du gouvernement paye notamment en temps de crise. Voilà ce que je pouvais vous dire de ce Conseil des ministres, et je me tiens maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions.

Madame Tassin. -Bonjour. Alison Tassin pour TF1 et LCI.

Le président de la République a indiqué ce matin que le plateau était trop haut avant les rassemblements familiaux. Est-ce que cela sous-entend que vous avez pu envisager un tour de vis supplémentaire par rapport aux mesures qui sont en vigueur ? Et à un peu plus long terme, quand on envisage le début d'année prochaine, est-ce que vous êtes déjà sur des scénarios dans une optique plus restrictive ?

Est-ce que l'option d'une réouverture des bars et des restaurants le 20 janvier est toujours sur la table ? Et puis, par ailleurs, vous avez évoqué la date de vaccination, donc, de dimanche prochain. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur comment cela va se dérouler en France ?

Merci. -G. Attal : Alors, sur le 1er point, le président de la République a effectivement rappelé que les conditions de circulation du virus sont aujourd'hui certes moins importantes que ce que nous observons chez un certain nombre de nos voisins, mais que le plateau auquel nous sommes aujourd'hui, après plusieurs semaines de baisse importante, est un plateau qui est élevé, plus élevé que la cible qui avait été fixée pour l'étape du déconfinement du 15 décembre.

Ce qui nous a conduits à adapter cette étape, et notamment à, malheureusement, ne pas pouvoir rouvrir un certain nombre d'établissements recevant du public qui auraient dû pouvoir rouvrir à cette date, en avançant l'heure du couvre-feu qui a été mis en place à 20h et en maintenant ce couvre-feu pour la soirée du 31 décembre, alors même qu'au départ, vous saviez qu'il était prévu, envisagé si les conditions sanitaires le permettaient de ne pas mettre en place de couvre-feu au 31 décembre. C'est donc un franchissement de cette étape du 15 décembre plus restrictif que ce qui avait été envisagé au départ. Je disais à l'instant que nous allions évidemment poursuivre dans les jours qui viennent un suivi aigu et permanent de la circulation du virus dans notre pays et que nous serons amenés à nous réunir autour du président de la République au début de la semaine prochaine pour faire un point sur l'état de circulation, et je n'ai pas évidemment à ce stade d'annonce à vous faire sur ce sujet-là.

Nous suivons les choses de très près et, évidemment, le respect des recommandations, des gestes barrières, que nous aurons toutes et tous à l'occasion de ces fêtes, sera clé dans le succès de cette nouvelle étape qui s'est ouverte. Sur le 2e point, pardon, sur la campagne de vaccination...

Et puis Elizabeth Pineau pourra se lever ensuite. Sur le 2e point et la 2e question que vous évoquez, nous attendons pour aujourd'hui l'avis de l'Agence européenne du médicament sur le premier vaccin. La Haute Autorité de santé rendra ensuite un avis dans les tout prochains jours, et nous pourrons donc lancer la campagne de vaccination en France, avec une coordination européenne, à la fin de cette semaine.

Je n'ai pas davantage de précisions à vous donner à ce stade, si ce n'est que, comme nous l'avons annoncé, cela débutera notamment par les maisons de retraite et les personnes âgées en maison de retraite, avec une chaîne logistique qui a été mise en place et qui est opérationnelle pour démarrer dès la fin de cette semaine la vaccination. Je précise...

Pardon. Je précise, mais vous pouvez vous lever pour vous préparer...

Je précise que s'agissant, puisque c'est une question qui revient régulièrement, de la question du recueil du consentement, qui est évidemment très importante dans le cadre de cette campagne de vaccination, nous avons reçu l'avis que nous avions demandé au Conseil consultatif national d'éthique, et que, dans un horizon de 24 à 48 heures, nous diffuserons un guide de recommandations, de bonnes pratiques pour les établissements accueillant des personnes âgées dépendantes, pour les Ehpad, s'agissant de la vaccination et des modalités de recueil du consentement. Madame Pineau. -Oui.

Elizabeth Pineau de l'agence Reuters. Merci beaucoup. C'était justement l'objet de ma question.

Est-ce qu'on peut en savoir un peu plus sur cette campagne de vaccination ? Qui décide ? Est-ce que c'est au niveau de la région ?

Est-ce que c'est au niveau du gouvernement ? Qui sera exactement vacciné en premier ? Qu'est-ce qui est prévu ?

Le consentement, vous en avez parlé. A partir de quel âge ? Qu'est-ce qu'on peut d'ores et déjà dire ? -G.

Attal : Ecoutez, sur cette 1re étape, les choses ont déjà été annoncées. Il s'agit des personnes âgées résidant en maison de retraite, de leurs soignants qui eux-mêmes ont des conditions de fragilité, notamment s'ils sont âgés ou s'ils souffrent de pathologies qui les rendent vulnérables à la Covid-19. Nous avons un objectif d'un million de personnes vaccinées pour cette 1re phase, qui démarrera donc à la fin du mois de décembre et se poursuivra au cours du mois de janvier et probablement au début du mois de février, puisque vous savez qu'il faut 3 semaines entre les 2 doses du vaccin.

S'agissant du recueil du consentement, j'ai répondu par anticipation. Le Conseil consultatif national d'éthique nous a remis un avis et nous communiquerons dans les prochains jours sur ce sujet-là. Mais évidemment, ce recueil s'appuiera sur le médecin traitant ou sur le médecin coordinateur en Ehpad pour recueillir le consentement des personnes. -Julie Marie-Leconte, Franceinfo.

Pour revenir sur la question de ma consoeur Alison Tassin, la réunion que vous annoncez autour du président de la République en début de semaine prochaine, doit-elle faire craindre aux Français qu'un éventuel tour de vis pourrait intervenir entre Noël et le Nouvel an ? Et est-ce que, d'ores et déjà, au niveau du gouvernement, vous doutez que les prochaines étapes du 7 janvier et du 20 janvier ne puissent plus être tenues ? -G.

Attal : D'abord, ce suivi permanent de la circulation du virus et les réunions que nous pouvons avoir avec le président de la République visent à assurer ce suivi permanent et aigu de la situation, qui ne doit évidemment pas s'arrêter à l'occasion des fêtes. Les membres du gouvernement pourront évidemment prendre un peu de recul en famille pour les quelques jours de fêtes, mais évidemment, ils restent totalement mobilisés pour poursuivre cette veille, ce suivi permanent que nous devons poursuivre. Il n'y a pas de mesure envisagée à ce stade.

Je tiens à le préciser, si cela était votre question. Moi, ce sur quoi je veux insister, c'est que l'on entend beaucoup de questions en ce moment sur un éventuel durcissement, parce que c'est vrai qu'un certain nombre de nos voisins en Europe prennent en ce moment même des mesures de durcissement. Mais ce sont des mesures qui, finalement, souvent, sont prises un peu en catastrophe et qui convergent vers des mesures que nous avons nous-mêmes prises en anticipation depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois.

Et à l'époque d'ailleurs, à l'occasion de ces échanges que nous avons après le Conseil des ministres, j'avais à me justifier que nous prenions ces mesures en anticipation. Ces mesures qui étaient parfois perçues comme très dures, voire trop dures. Et nous assumons de les avoir prises.

Et ce sont ces mesures qui nous permettent aujourd'hui de connaître une circulation du virus qui est moins importante que chez nos voisins, mais qui reste évidemment préoccupante, qui doit nous conduire à poursuivre un suivi de l'épidémie. Mais je voulais remettre cette perspective, évidemment, puisqu'on entend en ce moment des mesures qui sont prises chez nos voisins de fermer un certain nombre d'établissements, de renoncer à l'ouverture qui avait pourtant été annoncée de stations de ski. Nous avons pris nos responsabilités, je crois, au bon moment, en tout cas en anticipation, et donc ce sont des décisions que nous n'avons pas à prendre aujourd'hui précisément parce que nous les avons prises hier. -Mais est-ce qu'on peut dire que vous êtes confiant sur le fait que les échéances du 7 et du 20 janvier pourront être tenues ? -G.

Attal : Ce que je dis, c'est que ces échéances ont été données par le président de la République face à une demande totalement légitime des Français et d'un certain nombre de secteurs économiques d'avoir de la visibilité. Nous leur avons donné de la visibilité par étapes pour leur dire quelles seraient les conditions qui permettraient une réouverture de leurs établissements au 7 janvier ou au 20 janvier. Il n'y a pas de changement sur ces conditions.

Ce qu'on constate aujourd'hui, c'est que la circulation du virus est plus importante que ce qui était espéré pour l'échéance du 15 décembre. Nous visions, vous le savez, 5 000 contaminations par jour et moins de 3 000 personnes en réanimation. Nous avons desserré l'étau sur l'hôpital, même si la situation reste tendue, et s'agissant des contaminations, nous ne sommes pas arrivés à l'objectif qui avait été fixé.

Nous n'y sommes pas aujourd'hui. Nous sommes sur un plateau, ce qui veut dire qu'il faut continuer et maintenir les efforts à l'occasion de ces fêtes. -Bonjour.

Pour BFMTV. J'ai une question tout d'abord sur la nouvelle souche. Olivier Véran ce matin, sur Europe 1, dit que c'est possible que cette souche circule en France.

Est-ce que vous avez des éléments concrets, justement, sur cette évolution dans le pays ? Autre question également : est-ce qu'on est sûr que ça va rouvrir pour le 22 décembre pour les Français qui souhaitent rentrer sur le continent, avec un test négatif, qui sont actuellement en Angleterre ? Et enfin, dernière question concernant les vacances des ministres, vous l'avez un peu évoqué : vont-ils partir en vacances ?

On se doute qu'ils seront surveillés, qu'ils ne pourront pas partir très loin. Vous, par exemple, quel sera votre programme ? Merci. -G.

Attal : Alors, sur le 1er point, nous avons eu, comme à chaque Conseil des ministres, une communication du ministre des Solidarités et de la Santé sur l'épidémie de Covid-19, et s'agissant de cette variante du virus qui a été constatée au Royaume-Uni, le ministre nous a indiqué qu'un certain nombre de souches virales sont analysées, examinées par les chercheurs en permanence dans notre pays et que, s'agissant des souches qui ont été examinées ces derniers jours, notamment 500 souches, la variante constatée au Royaume-Uni n'avait pas été détectée dans ces souches examinées ces derniers jours, mais que ça ne veut pas dire évidemment que cette variante ne circule pas en France, n'est pas d'ores et déjà dans notre pays. Vous avez observé que plusieurs pays du nord ou du sud de l'Europe ont indiqué ces dernières heures avoir identifié cette souche sur leur sol. Et donc Olivier Véran a rappelé, comme il l'a dit d'ailleurs ce matin chez certains de vos confrères, qu'il est tout à fait possible qu'elle ait circulé, qu'elle ait circulé en France, ou qu'elle circule en France.

En tout état de cause, nous nous donnons les moyens, avec la suspension du passage des frontières pendant 48 heures, de faire cette analyse et de bâtir un protocole sanitaire, des règles sanitaires qui devraient permettre à nos concitoyens, à nos compatriotes, qui sont aujourd'hui en Grande-Bretagne et qui avaient prévu de rentrer en France pour passer les fêtes auprès de leur famille, de le faire avec des nouvelles règles sanitaires qui sont en train d'être discutées et d'être construites, ce qui répond à votre 2e question. Pour ce qui est de la 3e question, je crois que j'ai eu l'occasion de dire dans mon intervention liminaire que, évidemment, les membres du gouvernement pourront souffler et prendre un peu de recul à l'occasion de ces fêtes en famille, mais que je crois que tout le monde reste sur le pont face à une épidémie qui continue de circuler. Le virus ne prend pas de vacances, il sera insensible à la magie de Noël, et donc évidemment nous allons poursuivre notre suivi aigu et permanent de l'épidémie.

Pour ce qui me concerne, je prendrai quelques jours à l'occasion du réveillon de Noël en famille en Normandie. Et nous serons 5 adultes et 2 petits enfants autour de la table. -Elodie Huchard, pour CNews.

Justement, on le sait aussi, des cas de cette nouvelle souche ont été détectés dans d'autres pays. Est-ce que le gouvernement travaille à mettre en place soit plus de contrôles aux frontières ou de fermer d'autres frontières, par exemple avec l'Italie ou les Pays-Bas, où on sait que ce virus mutant est déjà arrivé ? -G.

Attal : Alors, ce sont quelques cas qui ont été analysés, diagnostiqués et rendus publics dans ces pays. On sait que le territoire où cette variante circule le plus, c'est bien le Royaume-Uni, et notamment les zones sud et les zones est du Royaume-Uni, ce qui a d'ailleurs conduit le Royaume-Uni lui-même à mettre en place des mesures de confinement pour ces territoires, et ce qui nous a conduits, en coordination avec un certain nombre de pays européens, à suspendre les passages de frontière pour 48 heures. Il n'y a pas d'autres mesures de frontières qui sont prévues.

Et ce que je peux vous dire, c'est que nous allons poursuivre et renforcer les analyses génomiques des souches virales que nous constatons dans notre pays pour identifier si cette variante a circulé ou circule dans notre pays. -Bonjour. Ania Nussbaum, de Bloomberg News.

Une question donc sur la fermeture des frontières avec le Royaume-Uni, qui est temporaire. Quand est-ce que les restrictions sur le fret pourraient être levées et dans quelles conditions ? Une question aussi sur le Brexit.

Vous avez peut-être entendu que le maire de Londres demande à son gouvernement de prolonger la période de transition. Est-ce que vous avez le moindre signe à ce stade de la part du gouvernement britannique ? Une possibilité de prolonger, ou d'une velléité de prolonger cette période de transition.

Et dernière question : est-ce que, comme le rapportent certains de mes confrères, le gouvernement est en effet inquiet, s'inquiète des velléités de Vivendi sur une grande radio nationale ? Merci. -G.

Attal : Alors, je me suis perdu dans le fil des questions. Il y avait la 2e sur le Brexit. -La 1re, c'était sur la fermeture des frontières avec le Royaume-Uni, et surtout le fret. -G.

Attal : Ce qui a été annoncé, c'est une suspension depuis hier soir minuit, pour 48 heures, de tous les passages de frontières, qu'il s'agisse des passages routiers, aériens, maritimes, et ça s'applique y compris au fret, à l'exception du fret non accompagné, qui, lui, peut se poursuivre. Et nous sommes en train de bâtir des règles sanitaires et un protocole, en coordination européenne, pour permettre de reprendre les passages de frontières. Ca concerne à la fois nos ressortissants qui sont en Grande-Bretagne, mais aussi le fret.

Ce que j'essaye de vous dire par là, c'est que les 2 sujets sont liés, à la fois dans la décision qui a été prise et dans les travaux qui sont en cours pour lever les restrictions, mais évidemment avec des règles sanitaires renforcées. Et vous savez qu'au centre de ces règles renforcées, il y a la question des tests PCR qui doivent être réalisés. Raison pour laquelle, dès hier, j'intervenais pour appeler nos concitoyens qui sont aujourd'hui en Grande-Bretagne et qui avaient prévu de revenir en France pour passer les fêtes en famille, les appeler à se faire tester dès à présent, puisque, quelle que soit la solution qui sera trouvée, il est évidemment plus que probable qu'elle reposera sur le fait d'avoir réalisé un test avant de partir du Royaume-Uni.

Et qu'avec les délais de rendu des résultats, il est important évidemment d'anticiper pour la réalisation de ces tests. Sur la 2e question que vous avez posée sur le Brexit. Vous savez que les discussions sont toujours en cours, qu'elles ont été tout à fait nourries ce week-end, qu'elles se poursuivent aujourd'hui et que le moment de vérité approche.

Je ne vais pas revenir, puisque ça nous a beaucoup occupés ici, sur ce que nous avons toujours dit, c'est que nous souhaitions évidemment un accord qui serait bon pour tout le monde, mais pas n'importe quel accord, que nous avons un certain nombre de lignes rouges, notamment sur le level playing field et sur la question de la pêche. Que la question est actuellement discutée, que les négociations se poursuivent, que la solution du Brexit réside dans un choix politique qui doit être fait et qui doit être fait par le Royaume-Uni. Et puis évidemment, nous attendons maintenant que ces négociations puissent aboutir.

Sur le 3e point, ça n'est pas un sujet dont j'ai eu l'occasion d'échanger avec mes collègues du gouvernement, qui n'a en tout cas pas été abordé à l'occasion du Conseil des ministres. Donc je n'ai pas de réponse à vous apporter sur ce point. -Bonjour.

Jérôme Rivet, de l'AFP. Sur un autre sujet. Certains cadres de la majorité plaident pour l'introduction de la proportionnelle intégrale pour les législatives de 2022.

Alors, quels sont les scénarios envisagés ? Et est-ce qu'il est encore possible de lancer cette réforme, par exemple dès janvier, alors qu'on est à un an et demi maintenant de la présidentielle ? -G.

Attal : D'abord, ça n'est pas un sujet qui a été abordé dans ce Conseil des ministres, ni d'ailleurs dans ceux qui l'ont précédé. Et si je devais résumer cette question de la proportionnelle, je dirais que le sujet est sur la table, mais qu'il n'est pas en haut de la pile. Il est sur la table par principe, puisque vous savez que le président de la République dans le cadre de la campagne présidentielle avait pris des engagements devant les Français sur cette question de la proportionnelle, qu'elle avait d'ailleurs été prévue dans le cadre d'une réforme institutionnelle en 2018, qui a été empêchée, bloquée, par une opposition au niveau parlementaire, mais qu'elle reste un engagement que nous avons pris à l'occasion de la campagne.

Elle n'est pas en haut de la pile, puisque, évidemment, ce qui nous mobilise en ce moment, vous l'imaginez bien, c'est la gestion de la crise sanitaire et la protection et la relance de notre économie. Donc je n'ai pas d'annonce à vous faire sur des perspectives ou sur des scénarios envisagés sur ce sujet-là. Mais comme vous l'avez dit, ça reste un sujet qui est discuté, y compris par des membres de la majorité qui s'en expriment auprès de vous.

S'il n'y a pas d'autres questions...

Si, je vois Mme Tassin pour... -Juste pour compléter sur le Royaume-Uni.

Quelle est la prochaine échéance de cette mise en place du nouveau protocole sanitaire ? Là, on a 48 heures de suspension. Est-ce que vous envisagez des détails dans la journée ou plutôt dans la journée de demain ?

Et est-ce que ça va se faire en coordination aussi avec l'Allemagne qui, on l'a vu, a pu par exemple prendre des mesures, en tout cas, annoncer des mesures un peu avant celles du gouvernement français ? -G. Attal : Oui, alors, un certain nombre de pays, et notamment l'Allemagne et la France, ont annoncé des mesures dans quasiment la même journée pour la même durée, et en tout cas qui ont pris effet au même moment pour la plupart, c'est-à-dire hier soir à minuit.

Evidemment, ce délai doit nous permettre de renforcer encore la coordination européenne. Je ne peux pas vous dire à ce stade quand, dans les 48 heures, seront annoncées les nouvelles règles. Ce que je peux vous dire, c'est que nous travaillons de manière très intense, qu'il y a des réunions qui ont lieu en ce moment entre des représentants des différents pays européens et la Commission européenne pour avancer rapidement et que notre souhait, c'est évidemment de pouvoir donner de la visibilité le plus tôt possible, notamment pour nos compatriotes qui sont actuellement en Grande-Bretagne.

S'il n'y a pas d'autres questions, je vous souhaite de belles fêtes et j'espère que vous pourrez vous aussi prendre un peu de repos, même si je ne doute pas que vous continuerez à avoir un suivi tout aussi aigu et permanent de la situation sanitaire et politique pendant ces fêtes. Merci beaucoup.