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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 24 septembre 2018 8 minContradictoireFond programmatiqueTransportsEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Karima Delli : "C'est l'ensemble des camions qu'il faut taxer, pas seulement les étrangers"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteRéponse directe

    Cette vignette, c'est une bonne ou une mauvaise idée ?

  • 1:03RelanceRéponse directe

    Il ne peut pas y avoir de discrimination entre un camion étranger et un camion français ?

  • 2:59OuverteRéponse directe

    Mais dans la pratique, ça fonctionnerait comment ?

  • 5:22RelanceRéponse directe

    Mais pour que ça incite les transporteurs à utiliser plutôt le rail, il faut que la taxe soit très forte.

  • 7:10RelanceRéponse directe

    Cet argent pour rénover les infrastructures, les 40 milliards de taxes existantes ne suffisent-ils pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49Locuteur 1Fait
    « En France, on ne peut pas taxer les camions étrangers parce qu'ils sont étrangers. Non, ce n'est pas possible. On est dans des principes européens, c'est la libre circulation. »
  • 1:58Locuteur 1Fait
    « La taxe poids lourde, il faut savoir que c'est une mesure en France qui est dans le grenelle de l'environnement. Ça date de 2007. »
  • 2:16Locuteur 1Fait
    « Il faut qu'on comprenne qu'aujourd'hui, il est grand temps de mettre en place le principe pollueur-payeur. »
  • 2:43Locuteur 1Fait
    « C'est une taxe qui va permettre justement de taxer l'ensemble des poids lourds, non plus basé sur le temps, mais sur les kilomètres. »
  • 5:02Locuteur 1Chiffre
    « Je rappelle que la part en Europe, c'est 500 000 morts prématurées par an, donc c'est trop. »
  • 6:02Locuteur 1Chiffre
    « La Cour des comptes, ça fait 10 ans qu'elle dit en France, par exemple, que ne pas avoir de taxes poids lourds, c'est un manque à gagner de 4 à 5 milliards d'euros par an. »
  • 7:23Chiffre
    « La carte grise, ça rapporte 40 milliards d'euros par an. »

Temps de parole

  • Locuteur 173 %
  • Locuteur 227 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur 2

Le gouvernement envisage de taxer davantage les poids lourds, mais pas question de revivre le psychodrame de l'éco-taxe. Le ministre de la Transition écologique évoque la création d'une vignette qui permettrait de financer l'entretien des infrastructures routières. François de Rugy explique qu'il vise tout particulièrement les camions étrangers qui ne font que traverser la France sans s'arrêter. Bonjour Karim Adéli. Bonjour. Vous êtes députée européenne, écologiste, présidente de la Commission des transports au Parlement européen. Alors cette vignette, c'est une bonne ou une mauvaise idée ?

0:39
Locuteur 1

Ça va dans le bon sens, mais je crois que M. de Rugy a un peu mêlé les pinceaux en disant qu'il s'agit d'un texte en France pour juste taxer les camions étrangers. Je rappelle qu'en France, on ne peut pas taxer les camions étrangers parce qu'ils sont étrangers. Non, ce n'est pas possible. On est dans des principes européens, c'est la libre circulation. Et aujourd'hui, il faut comprendre que...

1:03
Locuteur 2

Il ne peut pas y avoir de discrimination, c'est ça, entre un camion étranger et un camion français ?

1:06
Locuteur 1

Voilà, ce serait une violation d'une règle européenne et qu'on ne peut pas discriminer justement un ressortissant d'un autre pays européen au sein du marché européen. L'Allemagne avait essayé de le faire il y a quelques années, notamment parce qu'il y avait énormément de voitures autrichiennes qui venaient sur son territoire. La Commission européenne a tapé, bien sûr, du poids sur la table. Et l'Allemagne est revenue avec un système d'harmonisation. Et là, vous savez quoi ? En Allemagne, il y a une taxe poids lourde.

1:33
Locuteur 2

Et alors, pour être tout à fait honnête, il y a eu un petit rectificatif dans la soirée. François de Rugy a dit que c'était notamment les camions étrangers. Et d'après nos informations, finalement, tous les camions seraient concernés, y compris les Français.

1:44
Locuteur 1

Voilà, c'est l'ensemble des camions qu'il faudra demain taxer. Pas seulement les étrangers, mais l'ensemble aussi des camions français. Donc ça va dans le bon sens. Pourquoi ? Tout simplement parce que les gouvernements se succèdent. La taxe poids lourde, il faut savoir que c'est une mesure en France qui est dans le grenelle de l'environnement. Ça date de 2007. Les gouvernements se succèdent et aucun n'a pris le courage politique de mettre en place cette fiscalité écolo qui est gagnant-gagnant. Et pourquoi c'est si difficile ? Parce qu'en face, il y a de grosses pressions. Il n'y a pas seulement ça.

Je crois qu'il faut qu'on comprenne qu'aujourd'hui, il est grand temps de mettre en place le principe pollueur-payeur. Plus on utilise la route, plus on paie. C'est assez simple. Et ensuite, il y a une distorsion entre les différents secteurs. C'est-à-dire, on voit bien que la concurrence entre le rail et le fluvial et la route, c'est pas pareil. Donc maintenant, il faut prendre son courage à deux mains et mettre en place ce dispositif d'une taxe poids lourde. Vous savez quoi ? Le Parlement européen a pris ses responsabilités puisqu'on est en train de mettre ce que nous, nous appelons une redevance poids lourde. Qu'est-ce que c'est ?

C'est-à-dire, c'est une taxe qui va permettre justement de taxer l'ensemble des poids lourds, non plus basé sur le temps, mais sur les kilomètres. Donc c'est une bonne chose. Ça veut dire quoi concrètement ? Oui, c'est ça, ce que j'allais dire, je fronce les sourcils. Alors chez les auditeurs, c'est qu'un camion, par exemple, dans un pays comme l'Allemagne, etc., on peut acheter, par exemple, un forfait pendant un mois, une semaine, etc., ou une journée. Ou vous pouvez rouler n'importe où sur toutes les roues, etc., mais vous n'êtes pas taxé sur le nombre de kilomètres.

Et c'est ça qui est important, c'est le nombre de kilomètres, parce que c'est là où on voit le nombre d'émissions de CO2, et donc les émissions de polluants que vous pouvez émettre. Et c'est là la véritable, c'est véritablement la mise en œuvre du principe pollueur-payeur. Donc c'est le coût de la pollution, et en plus le coût du bruit. Donc ça, c'est une nouveauté, donc c'est une bonne chose.

3:39
Locuteur 2

Mais dans la pratique, ça fonctionnerait comment ? Il faut regarder, il faut contrôler le compteur kilométrique de chaque véhicule ? Enfin, on fait comment ?

3:47
Locuteur 1

Alors c'est très simple, c'est qu'il y aura des dispositifs et des logiciels techniques, allant sur le DPH, qui viendront justement nous dire quelles sont les émissions de CO2, et en termes de bruit, etc. Donc c'est une bonne chose. Mais les DPH, donc ça ne concerne que les autoroutes ? Pour l'instant, ça ne se concerne que les autoroutes, pas le réseau secondaire. On a essayé de le mettre en place sur le réseau secondaire. Au Parlement européen, on n'y est pas arrivé, j'espère que dans les négociations. Et c'est là où j'attends M. Derugy, c'est qu'on a tout le dispositif qui est encadré, qui est bien appliqué au Parlement européen. Maintenant, il faut que M.

Derugy tape du poing sur la table pour que ce soit à l'ordre du jour. De l'ensemble des ministres, et notamment du Conseil. Parce que moi, ma volonté, c'est réellement de faire en sorte qu'avant la fin du mandat, on ait cette redevance poids lourd. Mais sur les autoroutes, il y a déjà un PH, donc pour les camions, il y aurait double dose, quoi. Ce n'est pas la double dose, c'est en fonction justement des émissions de CO2. Donc ce serait à la place des PH actuels ? Voilà. Donc il faut discuter avec les sociétés d'autoroutes aussi ? Ça, c'est une vraie question. Et on va voir aussi quelle va être la part des sociétés d'autoroutes sur la rénovation justement de nos routes, mais pas seulement.

Il faut savoir que la taxe poids lourd, c'est un dispositif important pour le défi climatique. Ça, c'est très important. Le défi de la pollution de l'air. Je rappelle que la part en Europe, c'est 500 000 morts prématurées par an, donc c'est trop. Et ensuite, il va falloir réellement se dire, les camions, c'est plus sur la route, c'est sur le train, c'est sur le fluvial. Et ça permet surtout, surtout, de relancer la bataille du climat et donc la bataille de l'emploi.

5:22
Locuteur 2

Mais pour que ça incite les transporteurs à utiliser plutôt le rail plutôt que la route, il faut que la taxe soit très forte. Sinon, ça instaure juste un droit à polluer et puis on continue à utiliser les routes.

5:36
Locuteur 1

Non, parce que justement, le fait d'avoir une taxe qui nous permettra aujourd'hui de contrôler le CO2, plus vous allez émettre, plus vous allez payer. Donc ça, c'est une bonne chose. Oui, mais les entreprises qui ont de l'argent vont continuer à payer. C'est ce que je vous dis, ça fait un droit à polluer. Oui. Moi, je ne considère pas que ce soit un droit à polluer. Si c'était juste ça, il y a longtemps qu'on l'aurait mis en place. Mais maintenant, il faut comprendre que c'est un gâchis en termes d'investissement. La Cour des comptes, ça fait 10 ans qu'elle dit en France, par exemple, que ne pas avoir de taxes poids lourds, c'est un manque à gagner de 4 à 5 milliards d'euros par an.

C'est énorme. Vous savez, depuis 10 ans, ça fait plus de 50 milliards d'euros. Donc moi, je considère aujourd'hui qu'il va falloir regarder qu'est-ce qu'on fait de cet argent. Et c'est là où c'est important. Et c'est pour ça que le Parlement européen, nous avons déjà mis en place un fléchage. Eh bien, ces investissements, ces recettes vont aller dans les investissements sur la rénovation du ferroviaire, la sécurité de nos infrastructures. Il ne faut pas qu'on se retrouve dans des situations comme le pont de Gênes. Il faut arrêter de mettre dans des grands projets inutiles encore plus d'autoroutes. Je pense notamment au Grand Contournement Ouest à Strasbourg.

Il faut investir dans la mobilité urbaine durable. C'est ça, la volonté de demain. Et pour ça, très simplement, il faut dire que cette taxe poids lourds, elle doit être mise en place partout en Europe d'ici 2021. Et on ouvrira à l'ensemble des véhicules.

6:58
Locuteur 2

Pour le moment, on est bien d'accord, ce n'est qu'au Parlement. Il faut que les États, maintenant, en discutent entre...

7:02
Locuteur 1

Allez, du courage, M. Durugy. Il va falloir taper du poing sur la table pour convaincre ses voisins et faire en sorte que ce soit adapté avant la fin du mandat.

7:10
Locuteur 2

Une dernière question, Karim Adéli, à propos, justement, de cet argent dont on a besoin, vous dites, pour rénover les infrastructures et les changer. Il y a déjà plein de taxes dans le secteur des transports, payées, y compris par les camions, mais par les particuliers, la taxe sur la carte brise, etc. La carte grise, ça rapporte 40 milliards d'euros par an. Ces 40 milliards ne vont pas aux infrastructures. Si cet argent était vraiment consacré aux infrastructures, il n'y aura pas besoin de créer une nouvelle taxe ?

7:33
Locuteur 1

C'est ça le drame de la France. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, et c'est pour ça que nous, dans notre dispositif, on demande à ce que ce soit une agence européenne du transport routier qui vienne justement mettre de la transparence. Les citoyens européens ont besoin de savoir où va leur argent. Les 40 milliards d'euros, il faut le dire, par exemple, sur la taxation entre le diesel et l'essence, on ne sait pas. Et en règle générale, vous savez quoi ? Ça ne va pas dans la mobilité urbaine durable. Et c'est ça le gros problème.

8:02
Locuteur 2

Merci beaucoup, Karine Adéli, députée européenne et présidente de la Commission des transports au Parlement européen. Vous étiez l'invité du 5-7 ce matin. Merci à vous.