Catherine Pégard, interview - Madame Figaro
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Catherine Pégard, bonjour. Bonjour. Donc vous êtes l'ancienne rédactrice en chef du journal Le Point.
Vous avez également été la conseillère de Nicolas Sarkozy et vous êtes désormais à la tête du château de Versailles depuis un an. Comment justement est-ce qu'on passe de la direction d'un grand journal puis à un rôle quand même, certes privilégié, mais d'électron libre un petit peu au sein de l'Elysée à maintenant un rôle de management d'un établissement culturel, public avec une équipe d'environ 1000 personnes à gérer ? Est-ce que votre ancien métier de journaliste vous aide dans l'apprentissage du management ?
Je crois qu'il a été essentiel pour moi parce que je crois que le journalisme, c'est d'abord la curiosité, c'est la curiosité des autres, la curiosité de ce qui se fait autour de soi. C'est aussi la capacité d'écouter, de ne pas avoir peur de l'expérience des autres, de la connaissance des autres. Vous savez mieux que moi que lorsqu'on est journaliste, on a coutume de rencontrer des gens qui en savent plus que vous sur le sujet que vous allez traiter.
Et donc je crois que ça m'a beaucoup aidée à faire au jour le jour, comme j'ai coutume de le dire, des enquêtes pour essayer de comprendre ce qu'était ce château. Et une fois que j'ai terminé mes enquêtes, avant j'écrivais un article, aujourd'hui je prends une décision. D'accord.
C'est aussi comme ça qu'on gagne une légitimité ? Je crois que c'est sur le travail qu'on construit sa vie professionnelle. Et quand je suis arrivée à Versailles, je comprenais bien que beaucoup de gens puissent considérer que je venais d'un univers qui était totalement étranger au leur.
Que vous aviez été nommée aussi. Absolument. Voilà, de façon...
Mais je crois qu'ils m'ont adoptée et ils ont compris que j'étais là pour eux, pour travailler avec eux et pour faire le mieux possible pour Versailles. Il y a d'autres établissements culturels aussi qui vous ont marqué par leurs initiatives ? Je pense que, par exemple, tout ce qui est fait, par exemple, à la tête moderne, je prends exprès quelque chose de très éloigné de Versailles et pour ne pas comparer ce qui pourrait être comparable, ce qui est fait à la tête moderne me semble exemplaire, mais ce que fait Jean Deloisy aujourd'hui au Palais de Tokyo, c'est formidable aussi.
C'est-à-dire, c'est réanimer, refaire vivre un lieu. Et je pense que, là aussi, c'est rendre une vie artistique à Paris, dans l'art contemporain, qui fait qu'aujourd'hui, on vient du monde entier pour la FIAC et que la FIAC est en train de dépasser beaucoup d'autres salons d'art contemporain ailleurs en Europe. C'est une façon de penser le Versailles pour tous aussi ?
Bien évidemment, parce que là aussi, on a un rôle. Il y a des personnes à qui il est moins accessible ? Bien sûr.
On a à la fois à résoudre ce problème de l'accessibilité physique, donc pour les personnes éloignées des musées, pour convaincre et donner des facilités à ceux qui ont du mal à venir dans les musées, à y venir, qu'ils aient un handicap, que ce soit des publics éloignés de la culture en général. Et puis aussi, il y a la transmission des savoirs. Et donc là, on a un rôle sur l'accessibilité intellectuelle.
Et ça, ça commence tout petit. Ça commence avec les enfants des écoles. Et donc, il faut développer, et on le fait déjà beaucoup, tout ce qui peut être accès des classes dans ce grand livre d'histoire qu'est Versailles.
On oublie trop souvent que Versailles ne s'est pas arrêté à la Révolution française. Louis-Philippe a fait ces galeries de l'histoire de France que je voudrais réouvrir au public pour que les visiteurs puissent découvrir qu'on a à Versailles, à la fois Marat dans sa baignoire lorsqu'il a été assassiné, et puis un merveilleux portrait de Victor Hugo, et puis des portraits très célèbres de Napoléon. Et voilà, tout ça, c'est à Versailles.
Et Versailles, c'est comme on l'a dit bien avant moi, c'est un grand livre d'histoire qu'il faut mettre à la portée de tous, et c'est aussi ma mission.
Catherine Pégard