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interviewyoutube.com· 25 mai 2026 18 min

La grande interview CNEWS et Europe 1, mercredi 10 septembre 2025 | Laurent Wauquiez

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour et bienvenue Laurent Wauquiez. Merci. Merci à vous de votre présence. Vous êtes le président du groupe LR à l'Assemblée nationale, député de la Haute-Loire. C'est votre grande interview sur CNews et Europe 1. Au lendemain de la nomination du nouveau Premier ministre, avant d'en parler, M. Wauquiez, ces images, je les décris à nos auditeurs d'Europe 1. Nous sommes à Paris, nous sommes à Lyon, nous sommes à Toulouse avec nos reporters où des individus au visage dissimulés bloquent des routes, s'empruntent déjà aux forces de l'ordre, bloquent des centres de bus. La plupart sont cagoulés, on voit les premières échauffourées. De quoi tout cela est-il le symbole selon vous ?

0:36
Laurent Wauquiez

Précisément l'image de la France qu'on ne veut pas. J'ai vu ces images en arrivant. Et la journée n'a même pas commencé. On a déjà des images de violence chez moi, dans ma région, à Lyon. Des gens qui assument tellement leurs idées qu'ils sont masqués. Des forces de l'ordre qui vont devoir faire leur travail dans des conditions extrêmement difficiles. Des drapeaux palestiniens. Je demande qu'est-ce que font des drapeaux palestiniens dans ce mouvement.

0:59
Présentateur

Effectivement, nous en avons vu là, sur ces images, mêlées à des drapeaux de la CGT.

1:03
Laurent Wauquiez

Et je pense que toute une partie majoritaire de la France pense comme moi. Assez de cette France qui bloque tout, assez de cette France qui casse tout, et assez de l'autre côté de cette France qui paye tout.

1:14
Présentateur

Vous ne comprenez rien de cette colère ? Il y a évidemment tout ce qui est condamnable, inacceptable, les violences, les dégradations. Mais il n'y a pas une colère légitime également, aujourd'hui, que vous comprenez ?

1:23
Laurent Wauquiez

Il n'y a aucune colère qui justifie qu'on aboutisse à casser et qu'on bloque un pays. Aucune. Et je pense que pour tous ceux qui aiment notre pays, il y a quelque chose de lamentable dans tout ça. Il y a deux jours, l'image de la France est l'instabilité politique. Et aujourd'hui, on veut rajouter le blocage. Et il ne faut pas qu'on se trompe. Pour moi, c'est le même manipulateur dernier.

1:45
Présentateur

C'est-à-dire ?

1:45
Laurent Wauquiez

Quand j'étais lundi, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, il y avait dans les tribunes des spectateurs, quelqu'un qui se réjouissait qui était Jean-Luc Mélenchon.

1:52
Présentateur

Qui soutient le mouvement.

1:53
Laurent Wauquiez

Et aujourd'hui...

1:54
Présentateur

Vous le voyez quand même derrière la violence ?

1:55
Laurent Wauquiez

Pour moi, c'est une évidence. C'est l'ombre de la France insoumise, c'est la main de Jean-Luc Mélenchon. C'est lui qui nourrit le chaos, parce qu'il espère la révolution. Et donc on ne doit pas se tromper. Dernier tous ces visages cachés, dernier tous ces groupuscules, nos forces de l'ordre vont avoir affaire à cette tentative de déstabilisation. Et c'est pour ça qu'il faut qu'on soit très clair. Il ne peut y avoir aucune ambiguïté. Il y a eu une récupération politique depuis le début de ce mouvement. On commence la journée avec cette forme de violence. Pour moi, tout ça est lamentable. C'est précisément ce que je ne veux pas, ce n'est pas la France.

2:26
Présentateur

Monsieur Wauquiez, vous dites derrière tout cela la France insoumise. Le Rassemblement national, il y a quelques jours, j'ai interrogé Sébastien Chenu ici même à votre place. Il condamne les violences, mais il comprend une partie du mouvement. Il comprend la colère, vous vous dites non.

2:40
Laurent Wauquiez

Et quand vous commencez à excuser, vous finissez par justifier. C'est commencer par dire, ah mais oui quand même, je comprends ce qui se passe le 10 septembre, etc. Non, moi je ne comprends pas ça. Voilà. À un moment, moi j'aime l'ordre. Je pense qu'on peut s'exprimer. On est dans une démocratie, on a cette chance. Mais la démocratie, ce n'est pas ça.

2:59
Présentateur

Il est déjà 8h du matin, on voit ces boubelles incendiées, je le disais, des centres de bus bloqués, des autoroutes, des routes. Également quand le ministre de l'Intérieur, encore en exercice, Bruno Rotailleau dit tolérance zéro. Et qu'on voit déjà cela, Laurent Wauquiez, on se dit, elle est où la tolérance zéro ?

3:16
Laurent Wauquiez

Mais on le sait très bien. Et le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotailleau, il a raison de rappeler cet objectif. Mais je rêverais qu'on ait tolérance zéro dans notre pays.

3:24
Présentateur

Donc ce n'est pas le cas.

3:24
Laurent Wauquiez

Mais on le sait bien tous.

3:26
Présentateur

Mais vous assumeriez, vous, une tolérance zéro avec les risques que ça peut avoir ?

3:30
Laurent Wauquiez

Mais quand vous avez des gens qui cassent, moi vous savez à qui je pense ? Je pense à tous ceux qui nous regardent, qui sont contribuables, qui se disent, dans nos villes, c'est nous qui payons par nos impôts les équipements publics.

3:39
Présentateur

Vous parlez du mouvement notamment Nicolas qui paye ?

3:41
Laurent Wauquiez

Bien sûr. Et auquel j'ai apporté tout mon soutien, parce que vous savez quel est le cœur de mon combat. C'est la France qui travaille, qui a travaillé toute sa vie, et qui est écoeurée par le sentiment que certains se permettent tout, et qu'à l'arrivée, c'est toujours à eux qu'on demande des efforts. Et donc je rêverais qu'il y ait la tolérance zéro. Je rêverais qu'on puisse se dire qu'à la fin de cette journée, bien évidemment, tous les manifestants qui ont cassé vont payer. Mais la réalité, c'est qu'on a tout un système politique judiciaire à secouer pour arriver à ça.

4:08
Présentateur

Un système politique auquel vous participez.

4:11
Laurent Wauquiez

Et c'est bien pour ça que je m'emploie à le dénoncer et à le changer. Et vous connaissez mes opinions dessus ? C'est-à-dire qu'il faut qu'on se le dise, si on ne change pas le fonctionnement de notre État de droit, qui n'est plus un État qui protège les citoyens, qui n'est plus un État qui protège la police, on n'arrivera à rien. Si on n'a pas le courage de poser la question de ce qu'est la jurisprudence du Conseil constitutionnel, de la Cour européenne des droits de l'homme, nous n'arriverons pas à atteindre cet objectif que je partage avec Bruno Retailleau, que je partage avec vous, qui est celui de la tolérance zéro, qui est celui de la fermeté. Mais ça, il faut aller jusqu'au bout.

Ça suppose qu'on reprenne la main sur notre État de droit qui a dérivé et qui, maintenant, au lieu de protéger le citoyen, protège les délinquants.

4:47
Présentateur

Sébastien Lecornu est-il l'homme de la situation, l'homme, évidemment, de ce courage politique que vous appelez de vos voeux. C'est son premier défi, quand même, aujourd'hui. Quel signal envoie Emmanuel Macron, tout d'abord, leur invoquer avec une telle nomination à Matignon ?

5:02
Laurent Wauquiez

Écoutez, je vais répondre très simplement à ça. Pour moi, ce n'est pas la question. Et ne tombons pas...

5:08
Présentateur

C'est pourtant la mienne.

5:09
Laurent Wauquiez

Je le comprends. Je comprends que vous n'aimiez pas que je vous dise ça. Mais je vais le redire. Et je suis sûr que vous comprenez très bien ce que je veux dire par là. Ne tombons pas dans le piège du casting.

5:19
Présentateur

Monsieur Fouquet, là, je vous demande que représente le Premier ministre de la France. Quelle image il renvoie ?

5:24
Laurent Wauquiez

C'est pour ça que la question qui se pose, et je le redis, ne tombons pas dans ce piège.

5:28
Présentateur

Vous ne voulez pas dire un mot sur le signal envoyé par...

5:30
Laurent Wauquiez

Bien sûr que je vais répondre. Mais si vous me permettez, je voudrais juste expliquer pourquoi. La question, ce n'est pas qui, mais pour quoi faire. On va pouvoir répondre.

5:39
Présentateur

On va y venir.

5:40
Laurent Wauquiez

Bien sûr, on va pouvoir répondre.

5:41
Présentateur

Le qui peut donner une indication sur le pourquoi. C'est un homme qui est venu de la droite, qui a été exclu quand il a rejoint le macronisme. Donc j'imagine quand même que vous avez des affinités.

5:49
Laurent Wauquiez

Mais non, enfin, juste la question, moi, qui m'intéresse, c'est, il vient pour quoi faire ? Vous voulez que je vous réponde sur Sébastien Lecornu ? Je l'apprécie, Sébastien Lecornu. Je le connais personnellement. C'est un homme extrêmement intelligent, d'écoute. Ça a été un excellent ministre de la Défense. Une fois que je vous ai dit ça, je ne vous ai rien dit. Parce que la question qui compte, ce n'est pas qui est Sébastien Lecornu, c'est qu'est-ce qu'il va faire.

6:10
Présentateur

Alors je vous la pose différemment pour répondre au pourquoi faire. Est-ce que vous pensez que celui qui est décrit quand même comme le fidèle, parmi les fidèles, probablement la dernière carte du macronisme, est-ce qu'il peut rompre avec huit années de macronisme ?

6:22
Laurent Wauquiez

Il peut, à condition qu'on ait les cartes sur table. Et donc moi, ce qui m'intéresse, et c'est pour ça que je reviens à la même réponse, ce n'est pas qui est Sébastien Lecornu, mais quel sera son contrat de gouverneur.

6:31
Présentateur

Il va vous le dire, il va réunir les différentes forces politiques. Et à partir de là, vous allez décider. Donc si j'ai bien compris Laurent Wauquiez ce matin, la participation des LR au gouvernement n'est pas acquise.

6:42
Laurent Wauquiez

Alors, je vais essayer de vous répondre dans l'ordre. Je répète, ce qui compte pour moi, c'est qu'est-ce qui va être le programme de gouvernement. Et c'est uniquement par rapport à ça que les députés de la droite républicaine se détermineront. Pourquoi ? Quand vous me posiez, et on se posait les mêmes questions quand François Bayrou a été nommé, moyennant quoi, tout le monde s'est précipité. À l'arrivée, il n'y avait...

7:02
Présentateur

Attendez, tout le monde s'est précipité. Qui s'est précipité au gouvernement ? Vous voulez dire les LR ?

7:06
Laurent Wauquiez

À peine, à peine François Bayrou était nommé, on n'a pas pris le temps de déposer une feuille de route. On nous aurait dit, le gouvernement de François Bayrou va avoir comme bilan et comme feuille de travail, comme principale loi, la loi fin de vie, et rien d'autre. Je pense que la position des députés de la droite républicaine aurait été autre. Donc je ne veux pas qu'on reproduise les mêmes erreurs. Pour moi, ce qui compte, c'est qu'il faut qu'on ait le contrat de gouvernement sur la table. Et quand je dis ça, il faut qu'on soit bien précis. Le sujet, ce n'est pas juste que le Premier ministre reçoive les formations politiques, c'est qu'on écrive noir sur blanc ce qu'on va faire.

C'est quand même la moindre des choses. Dans une démocratie normale, vous n'allez pas dans un gouvernement sans savoir ce que vous allez faire. et pourtant, c'est ce qu'on a fait avec François Bayrou.

7:50
Présentateur

Je vous avais fait.

7:51
Laurent Wauquiez

Donc là, vous prenez une méthode différente. Non, souvenez-vous, moi je n'ai pas changé. Je disais exactement la même chose il y a neuf mois. Et vous me le rappeliez, je disais exactement la même chose. Je n'ai pas changé d'avis. Je dis la même chose avant la nomination, après, il faut une feuille de route. Pourquoi ?

8:07
Présentateur

Attendez, M. Wauquiez, pardonnez-moi. Donc, vous dites ce matin que la participation des LR au gouvernement n'est pas acquise. Ça dépend du pourquoi. Mais c'est normal.

8:14
Laurent Wauquiez

Enfin, vous seriez choqués que ce soit l'inverse, j'espère.

8:17
Présentateur

Mais ce matin, beaucoup de ceux qui nous regardent et nous écoutent estiment que Bruno Rotaillot sera sur la photo du gouvernement à l'intérieur.

8:23
Laurent Wauquiez

Mais la question, et nous partageons totalement cette ligne à l'intérieur des Républicains, c'est de savoir quel sera le programme de travail. Pourquoi ? Si vous ne dites pas ce que vous voulez faire avant, vous ne le ferez pas après. La deuxième raison, il faut qu'on retrouve de la stabilité. Ce gouvernement... A quel prix ? Je vais y venir. Il faut que ce gouvernement puisse aller jusqu'à l'élection présidentielle de 2027. Si vous n'avez pas votre feuille de route, que vous êtes installé sur des ambiguïtés, au fur et à mesure que le temps passe, ça tombe. Et le dernier point, celui que vous avez dit, l'Assemblée nationale est explosée.

Ça signifie, il faut en être conscient, que le gouvernement va évidemment devoir discuter avec des gens avec lesquels on ne partage pas toutes les idées et qu'il y aura des compromis. J'en suis conscient. Mais je ne veux pas que ces compromis nous amènent à des compromissions. Et donc, pourquoi je veux que tout soit écrit noir sur blanc ? Parce que ça nous permettra de juger sur pièce.

9:11
Présentateur

D'accord. Vous allez juger sur pièce un contrat de gouvernement. Mais en quoi rester encore participé au gouvernement si ce contrat de gouvernement vous convient ? En quoi ce n'est pas une dilution définitive dans le macronisme puisque vous voulez que M. Lecornu, vous souhaitez, au nom de la stabilité, qu'il reste qu'en 2027 ?

9:28
Laurent Wauquiez

Mais parce que précisément, c'est pour ça qu'il faut la feuille de route et que ça nous permettra de juger. Et moi, je serai le garant avec les députés...

9:34
Présentateur

Vous savez, le plus fidèle des macronistes qui est à Matignon. En quoi ce n'est pas une dilution dans le macronisme ?

9:38
Laurent Wauquiez

Mais la question pour moi, et je reviens toujours à ça, ce n'est pas la personnalité. Si Sébastien... Pardonnez-moi,

9:44
Présentateur

vous aurez eu un Premier ministre socialiste. À quoi que vous, vous avez dit que vous ne censuriez pas automatiquement ? Peut-être que ça ne vous aurait pas déplu.

9:51
Laurent Wauquiez

Et c'est pour ça que je suis très cohérent. Parce que ce qui compte pour moi, ce n'est pas la personnalité, c'est le programme. Si jamais j'ai un gouvernement qui assume de faire des baisses de dépenses et n'augmente pas les impôts, ça me va. Si j'ai un gouvernement qui lutte enfin contre la cistana pour revaloriser la France qui travaille, ça me va. Si j'ai un gouvernement qui, contrairement à ce qu'a fait François Bayrou la dernière fois, ne découvre pas l'immigration la dernière semaine, ça me va.

Et donc, la seule chose que j'essaye de faire dans cette période, où on voit bien le chaos, vous voyez ces images, vous voyez l'instabilité politique, on a fait un choix avec la droite républicaine, c'est d'essayer de faire oeuvre utile, même dans un contexte pas facile.

10:27
Présentateur

Mais vous parlez de cohérence, il y a quand même quelques jours, Laurent Wauquiez, c'est bien vous, vous avez dit que vous ne censuriez pas automatiquement un Premier ministre socialiste. Elle est où votre cohérence ? Vous n'étiez pas d'accord avec le reste des Républicains et encore moins avec le ministre de l'Intérieur. Donc, votre entente, quand même, elle tourne à la guerre des chefs aujourd'hui.

10:44
Laurent Wauquiez

Pas du tout. La position qui est la mienne, je l'ai toujours défendue et vous avez d'ailleurs relevé la cohérence de ce que je disais, c'est pour quoi faire ? C'est ma seule boussole. Il faut un cap. Et donc, ce que je veux dire par là...

10:56
Présentateur

Je pense que vous savez qu'un Premier ministre socialiste aura une feuille de route socialiste et qu'un Premier ministre macroniste aura une feuille de route macroniste. Vous avez des doutes ?

11:04
Laurent Wauquiez

En tout cas, je me bats pour que ce soit autre chose, oui. Et c'est ça mon combat. Je me bats pour que la voix des Républicains, elle soit entendue. Je me bats pour que ce ne soit pas une voix des Républicains qui aille juste prendre des postes et ne défendre pas ses idées. Je me bats...

11:15
Présentateur

Juste prendre des postes ? Il y a une place au poste aujourd'hui chez les Républicains ?

11:19
Laurent Wauquiez

Madame Mabrouk, il y a toujours, quand on constitue un gouvernement et ce n'est pas les Républicains. Ne faisons pas semblant, c'est la vie politique. Et donc, ce qu'il faut, c'est des discussions. C'est normal dans la période. Des compromissions, non. Et donc, ce qu'il faudra juger, et c'est pour ça qu'il faut ce contrat de gouvernement, c'est est-ce que la feuille de route, avec les discussions nécessaires, correspond à ce qu'on veut ou est-ce qu'on considère que ça ne correspond pas

11:42
Présentateur

à ce qu'on veut défendre ? Sur le travail d'impôt, évidemment, sur le travail sur les dépenses, sur l'insécurité, sur l'immigration, vous attendez des garanties sur tous ces points. Je vous pose une question directe, Laurent Gouquet. Est-ce que la droite, c'est encore où elle habite ? Vous avez un pied dedans, un pied dehors,

11:58
Laurent Wauquiez

dans le bloc central ? Je pense que, Madame Mabrouk, quand je vous explique nos idées, la défense du travail et pas de la cistana, les investissements et qu'on a fait tous ensemble sur les sujets sécurité et immigration, quand je défends avec constance la France qui travaille et qui ne veut pas que ce soit toujours les mêmes qui payent, je pense qu'au contraire, il y a une colonne vertébrale qui est très claire. Et quand, sur le mouvement du 10 septembre, contrairement à d'autres, je ne vous dis pas « Ah mais oui, je les comprends sans les soutenir », je pense qu'il y a une colonne vertébrale.

12:25
Présentateur

Mais vous avez des députés qui ont voté contre la confiance à François Bayreau, des députés qui sont abstenus, d'autres qui ont voté pour. Donc, un pied dedans, un pied dehors. Où est-ce que vous vous situez aujourd'hui, vous, patron quand même des députés LR, Laurent Wauquiez, par rapport à ce bloc central ?

12:37
Laurent Wauquiez

Dans un choix qui est clair de responsabilité, c'est-à-dire que dans une période de chaos, on essaye de faire œuvre utile.

12:42
Présentateur

Tout le monde me répond à la même chose.

12:44
Laurent Wauquiez

Oui, mais...

12:45
Présentateur

Rarement, quelqu'un vous dit « Je suis là pour être irresponsable ».

12:48
Laurent Wauquiez

Non, et je respecte aussi leur position. Le RN dit « On veut renverser toute la table ». Bon, ben moi, je ne vous dis pas ça. Moi, je vous dis, je considère qu'il faut...

12:55
Présentateur

C'est plus prudent aujourd'hui avec le profil de M. Lecornu.

12:58
Laurent Wauquiez

Peut-être. Et tant mieux si c'est le cas. Et vous savez que je ne fais jamais partie de ceux qui sont dans les leçons de morale à l'égard de qui que ce soit. Mais ce que j'essaie, moi, c'est juste qu'on fasse œuvre utile. Et pour ça, pour moi, il y a la défense de la France qui travaille. Il y a un dernier sujet qu'on n'a pas abordé dans ce que doit être le contrat de gouvernement. On voit bien les ravages de l'instabilité. Je ne veux pas qu'on renoue avec les vieux démons de la 4ème République. Et donc, dans la feuille de route du Premier ministre, il doit être très clair qu'il n'y a pas la proportionnelle. La proportionnelle, c'est ce qui garantit l'instabilité politique dans un pays.

Je ne veux pas voir ça dans un contrat de gouvernement.

13:30
Présentateur

Alors, l'instabilité, est-ce que ce serait aussi que ça passe par des personnalités ? À l'instant, Gérald Darmanin affirme qu'il veut rester à sa place. On imagine que Bruno Rotaillot, compte tenu des défis, veut également rester à sa place. Au-delà des postes, est-ce que vous dites que nous avons besoin de ministres tels que Bruno Rotaillot ou Gérald Darmanin dans ce gouvernement ?

13:48
Laurent Wauquiez

Oui. Mais pareil, c'est la même constance. Ce qui m'intéresse surtout, c'est pourquoi faire ? Parce que je me souviens, quand François Bayrou nous avait vendu son premier gouvernement, il était question d'avoir toute une série de lois sur l'immigration. Il n'y a eu quasiment aucune loi sur l'immigration qui a été portée et qu'on a pu porter par le gouvernement directement. Et donc, ce qu'il faut, c'est par raisonner par poste, c'est quelle va être la feuille de route et qu'est-ce qu'on va inscrire. Et ceux qui nous écoutent, c'est ce qui les préoccupe.

Si Sébastien Lecornu mène une politique qui est claire, que les Français peuvent juger parce qu'il y aurait eu un contrat de gouvernement dès le début.

14:20
Présentateur

Mais ça peut être l'homme de la rupture avec le macronisme ?

14:23
Laurent Wauquiez

Mais, Mme Mabrouk...

14:24
Présentateur

Vous imaginez qu'après...

14:25
Laurent Wauquiez

Mme Mabrouk...

14:26
Présentateur

Il peut proposer totalement autre chose.

14:28
Laurent Wauquiez

Enfin, arrêtons... Enfin, je ne vous ai jamais dit que vous alliez avoir une rupture avec le macronisme dans l'année et demie qui vient. Enfin, tout le monde est lucide sur ce qu'on a. Vous avez vu l'Assemblée nationale. La seule chose que je vous dis, c'est essayons de faire un minimum de travail utile plutôt que de laisser notre pays se défaire sous nos yeux. Et donc, le sujet, ce n'est pas est-ce que le cornu va être la rupture avec le macronisme ? Bien sûr que non. Le sujet, c'est est-ce qu'on aura une feuille de route qui, pendant un an et demi, permet de faire avancer le pays dans la bonne direction ou non ?

14:56
Présentateur

Et si le sujet, c'était le peuple ? Pourquoi vous ne croyez pas à un retour aux urnes ?

15:02
Laurent Wauquiez

Mais parce que je considère que dans la période, mettons un mot sur les choses, certains veulent une dissolution. Oui. Vous regardez les intentions de vote.

15:10
Présentateur

Surtout vos partisans et militants.

15:12
Laurent Wauquiez

Non.

15:12
Présentateur

Ah si, une majorité. Ah, dans tous les sondages.

15:14
Laurent Wauquiez

Non, c'est assez partagé. C'est moitié-moitié, d'ailleurs, si on est très franc.

15:17
Présentateur

Une bonne moitié, on va dire, oui.

15:18
Laurent Wauquiez

Oui, mais...

15:19
Présentateur

Et même démission pour certains.

15:20
Laurent Wauquiez

Vous savez, j'ai mes convictions. Je les défends quand même. Même si parfois, il faut un peu de courage pour les exprimer. Je ne fais pas partie de ces politiques qui vont au gré des sondages et qui disent exactement ce que pensent les sondages.

15:30
Présentateur

Redonner la parole au peuple, c'est plutôt noble, généralement.

15:34
Laurent Wauquiez

Oui, si ce n'est pas pour le chaos. C'est-à-dire, à l'arrivée, vous regardez les intentions de vote, comme moi, est-ce qu'elles aboutiraient à une Assemblée nationale différente ?

15:41
Présentateur

Je ne sais pas. La situation a changé depuis... Non, la première fois.

15:47
Laurent Wauquiez

Que celle qui était prévue en juin pour avoir dégagé une majorité absolue. Et donc, dans la situation dans laquelle on est, avec une dette, la menace de l'insécurité, l'immigration qui est hors de contrôle, aller perdre des semaines et des mois avec à nouveau un gouvernement, même pas de budget, c'est-à-dire qu'il faut dire un mot, si vous faites une dissolution, ça veut dire qu'il n'y a pas de budget l'année prochaine. Bon, je suis désolé, ce n'est pas ma façon de faire de la politique. Par contre, vous me parlez de revenir vers les Français, moi, je suis favorable à ce qu'il y ait des référendums. Je veux qu'il y ait un référendum sur l'accès aux aides sociales des étrangers.

16:19
Présentateur

Il y a eu des promesses.

16:20
Laurent Wauquiez

Je voudrais qu'il y ait un référendum sur cette question de l'assistanat. On garde le social, on arrête l'assistanat, on revalorise le travail. Donc oui, je suis favorable à ce qu'on aille devant les Français, je suis favorable à ce qu'ils tranchent, c'est l'esprit gaulliste, mais pas la chianlée.

16:35
Présentateur

Je vais passer à nos sujets, mais le renvoqué au gouvernement, ce n'est pas automatique.

16:41
Laurent Wauquiez

La cohérence, je me l'applique aussi à moi-même. C'est quelle feuille de route ? Vous m'y posez la question.

16:46
Présentateur

Votre réaction, Laurent Wauquiez, à l'affaire autour de Thomas Legrand et Patrick Cohen pour conclure, accusé de connivence avec le Parti socialiste pour barrer la route à Rachida Dati, le tout dans une vidéo filmée à leur insu sur la méthode tout d'abord, à savoir un enregistrement pirate. Il y a quelque temps, lorsque vous-même, vous avez fait l'objet d'un tel enregistrement dans d'autres circonstances, complètement, Patrick Cohen justifiait ces méthodes, méthodes contre lesquelles aujourd'hui, il peut porter plainte désormais. Comment vous réagissez ?

17:11
Laurent Wauquiez

Quel étrange personnage ? Deux poids, deux mesures ? Je me souviens très bien quand moi, j'avais été enregistré à l'issue totalement de façon dissimulée et organisée. Il avait expliqué que c'était tout à fait naturel et normal. Et maintenant, quand ça le touche lui, il dit, mais comment ? Quelle indignité ! Ce n'est pas des fonctionnements républicains. Pour moi, c'est très révélateur de ce qu'est cette personne. Je n'ai jamais voulu participer à des interviews avec lui parce que j'ai toujours considéré...

17:36
Présentateur

Vous avez déjà été invité sur le service public, évidemment.

17:38
Laurent Wauquiez

Et j'y défends mes idées parce que je veux que dans le service public il y ait le pluralisme et je pense que quand on est de droite et qu'on défend nos idées, il faut aller y compris là où ce n'est pas facile. Et donc, j'y vais, bien sûr. Mais il y a des limites. Il y a des limites au deux poids, deux mesures. Je n'ai pas oublié ce qui a été fait à Cyril Hanouna. Je n'ai pas oublié la façon dont on a fait fermer son émission et son antenne. Et j'attends de voir ce qui là sera fait. Le service public, ça doit être le pluralisme, ce comportement à porter atteinte à ce qui est normalement le service public qui est financé par nos impôts et donc il y a des limites.

18:10
Présentateur

Merci Laurent Wauquiez. Merci à vous. C'est notre invitation ce matin.

18:13
Laurent Wauquiez

C'était un plaisir.

18:14
Présentateur

Bonne journée et à bientôt.

18:15
Laurent Wauquiez

Merci à vous. Sous-titrage ST' 501

La grande interview CNEWS et Europe 1, mercredi 10 septembre 2025 | Laurent Wauquiez — Laurent Wauquiez · Pourquijevote