Le discours en intégralité de Fabien Roussel à la Fête de l'Humanité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Mais quel monde ! C'est une crue ! Il y a du monde ! Quelle fête de l'UMA ! Quel anniversaire pour ces 90 ans ! Je vous remercie d'être toutes et tous présents, et si vous me permettez, je ne vais pas saluer les personnalités qui sont venues assister à ce discours, parce que vous êtes tous et toutes des personnalités, et je vous porte dans mon cœur ! 90 ans pour la fête de l'UMA ! 90 ans ! Et les communistes peuvent être fiers, fiers de tous ces combats portés ici, pour la justice sociale, pour la paix, pour le sport et la culture, contre le colonialisme, contre l'apartheid, et pour la liberté des peuples, et contre toutes les formes d'impérialisme.
Tous ces combats sont tellement d'actualité, ce sont aussi les nôtres ! Vive la fête de l'Humanité ! Et je voudrais avoir une pensée pour un ami, José Faure, un grand journaliste de l'UMA, chef du service Inter, qui a beaucoup œuvré au succès de la fête de l'Humanité, et un grand internationaliste, et qui a eu la coquetterie de nous quitter hier. Je pense à lui, à sa femme, à ses enfants, et à tous les amis du journal L'Humanité, qui perdent un grand journaliste. José, on pense à toi !
Et je pense bien sûr à l'équipe de l'UMA d'aujourd'hui, qui réussit cette fête, je les salue, Sophia, bien sûr, la directrice de la fête, et Fabien Guay, le directeur du journal, qui se bat pour faire vivre ce journal contre vents et marées. Bravo à vous ! Et merci, merci aux milliers de militantes et militants communistes sans qui cette fête n'existerait pas ! C'est vous, les bâtisseurs de la fête, avec ce bracelet rouge ? Merci !
Et merci à toutes celles et ceux qui viennent ici débattre, participer à nos réflexions, confronter les idées, forces de gauche, syndicales, associatifs, et que l'on soit d'accord ou pas entre nous, c'est le respect du débat et des idées qui dominent ici, vous serez toujours les bienvenus. Mes chers amis, mes chers camarades, vous le savez mieux que moi, la chute du gouvernement Béroud ne règle rien des problèmes de la France. Comme on dit, le fusible a sauté, mais le tableau électrique est toujours en place. Et nous, on pense qu'il faut changer le sens du courant. On a besoin d'un courant alternatif. Je n'ai pas dit radioactif.
Oui, nous devons obtenir un changement de politique, et il y a urgence. Il y a urgence pour le pouvoir d'achat, urgence pour la démocratie, urgence pour le climat, urgence pour la paix. Celles et ceux qui se sont mobilisés, ce mercredi 10 septembre, l'ont exprimé avec force, avec détermination. Et d'abord, ils l'ont fait de manière joyeuse, pacifique, avec parfois des formes de mobilisation originales. Je les salue. Je les salue et je voudrais dénoncer des provocations policières, suscitées par les instructions du ministre de l'Intérieur. Et je dis à monsieur Retailleau, c'est vous qui provoquez le désordre. Le ministre de l'Intérieur, il est nul. Il est nul. Il est chargé du renseignement.
Et il a dit à monsieur Macron, ne vous inquiétez pas, il ne seront que 100 000. Nous étions plus de 250 000 à nous mobiliser mercredi dernier. Plus de l'entreprise. Et surtout, mobilisés, joyeux. Ils se sont tous retrouvés dans leur diversité. Ils ont, contre un gouvernement méprisant, contre un président hors sol, perché dans son château à l'Elysée, coupé de la réalité de notre pays et de la vie des gens. Ceux qui bloquent le pays aujourd'hui, ce ne sont pas les jeunes, ce ne sont pas les salariés, ce ne sont pas les grévistes. Le bloqueur en chef, c'est le président de la République. C'est lui l'ingénieur du chaos. Et nous lui demandons...
Et c'est pour cela que, tout de suite, j'en viens aux fêtes. Le seul message que nous avons à faire passer en cette fête de l'humanité, le seul message, c'est de faire appel des salariés, de la jeunesse, et d'être jeudi d'hier syndical pour exprimer nos... Soyons nombreux partout, mobilisés, dans les lycées, dans les universités. Notre beau et grand pays a l'histoire si riche, au peuple si fier, qui a su réaliser des exploits, qui a su abolir la monarchie, se libérer du nazisme, gagner de grandes conquêtes sociales. Ce pays reste toujours un beau et grand pays.
Et c'est parce que, justement, nous l'aimons tant que nous voulons tout simplement pouvoir y vivre heureux, en paix, en fraternité, à égalité. Mais aujourd'hui, malheureusement, la France, qui est la septième puissance économique mondiale, est aussi un pays où des salariés qui travaillent, et qui travaillent parfois durement, n'arrivent pas à payer leurs factures. Ou un retraité qui a cotisé toute sa vie, se retrouve avec une pension inférieure au seuil de pauvreté, sans parler des temps partiels, occupés majoritairement par des femmes qui survivent avec des salaires de misère.
Vous voyez, j'ai entendu à la boucherie un monsieur qui venait acheter seulement une tranche de jambon en expliquant au boucher qu'il n'avait plus les moyens d'en acheter plus pour la semaine. Un Français sur trois est obligé de sauter un repas par jour. J'ai vu cette femme faire 20 kilomètres tous les jours à vélo, sous le vent, sous la pluie, pour faire des ménages, et pour gagner 900 euros par mois. J'ai rencontré ce jeune couple qui n'arrive pas à se loger, parce qu'ils vivent tous les deux à temps partiel. Les loyers sont trop chers et les places en HLM sont rares. Trois millions de nos concitoyens et nos concitoyennes sont mal logés.
Et dans un autre registre, et tout aussi important, j'ai réuni et rencontré les 15 présidents d'universités françaises. Ils ne sont pas d'accord sur tout, d'horizons différents, mais ils alertent sur une chose. Nos universités sont quasiment toutes en faillite. Les étudiants, la recherche sont abandonnés. Et je leur dis à ces présidents et à ces étudiants, nous ne vous abandonnerons pas, nous n'abandonnerons pas les étudiants, l'enseignement supérieur, la recherche et la science, parce que quand l'obscurantisme avance, nous avons besoin de vous plus que jamais, et nous serons à vos côtés pour défendre vos budgets. J'ai aussi été alerté par le mouvement associatif.
Le mouvement associatif, c'est 16 millions de bénévoles dans notre pays, 1,8 millions de salariés. Dans la culture, dans le sport, pour la petite enfance, le handicap pour les personnes âgées. Toutes les associations sont mises à la diète. 186 000 emplois sont menacés. J'appelle toutes les forces de gauche à se mobiliser, pour soutenir le mouvement associatif, et à refuser tout de saigner dans leur budget. Soyons à leur côté, les associations, c'est un modèle unique dans toute l'Europe et dans notre pays avec la loi de 1901.
Enfin, à quelques mois des élections municipales, j'entends les maires, de gauche et de droite, des maires aussi sans étiquette, de toute tendance, tous se disent inquiets de devoir faire un budget avec des dotations en baisse et des factures en hausse. Vous voyez, avec tout ça, j'enrage, oui, j'enrage de voir comment notre République si forte hier recule partout, en train de perdre tout ce qu'elle a de meilleur, de beau, d'original. Et voilà pourquoi cette fête, elle est exceptionnelle cette année. Car jamais elle ne s'est tenue dans un tel contexte. Avec cette colère qui monte, une colère énorme, qui monte dans tout le pays, de toutes les générations.
Et cette colère, en elle, quelques germes d'espoir qu'il faut entretenir. Car nos concitoyens commencent à prendre conscience que tous ces gouvernements qui se sont succédés depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, tous ces gouvernements, sans exception, nous ont fait les poches pour remplir celles des riches. Et cette prise de conscience, une conscience de classe, oserais-je dire, elle grandit. Elle grandit devant l'indécence des grandes familles, du MEDEF, qui nous demandent encore, aujourd'hui, d'accepter de nouveaux sacrifices. Et il faut le dire et être clair là-dessus. Nous serons sans compromission, intransigeants, irréductibles même.
Les sacrifices et les efforts demandés au peuple, aux travailleurs, aux retraités, à la jeunesse, c'est terminé. On a assez donné. Je prends la référence de 2017, quand Emmanuel Macron a été élu pour la première fois président de la République. Le patrimoine des 500 plus grandes fortunes à son arrivée était de 600 milliards d'euros. Aujourd'hui, 8 ans après, il est de plus de 1 200 milliards d'euros. Ils ont multiplié par deux leur patrimoine. C'est tout simplement et purement un braquage des finances publiques, de nos poches vers leurs poches. Cet argent, c'est celui de notre travail, c'est celui de nos richesses, c'est celui de nos impôts.
Je leur dis, documenté par différents instituts, à l'Assemblée nationale, par nos groupes qui y travaillent, ils se sont enrichis sur notre... À coups de baisse d'impôts sur les grandes... Ils ont vidé les caisses de l'État. De plus de 60 milliards d'euros par an, de baisse d'impôts sur le capital. Ne cherchez pas d'où vient le déficit. Il vient de là, tout simplement. Il est dans le patrimoine de Bernard Arnault. Des banques et des assurances. C'est un vol en bande organisée, dérivée de notre pays. Ce hold-up, il est réalisé sur le dos des classes populaires, de toutes celles et ceux qui contribuent par leur travail, leurs cotisations et leurs impôts à la richesse nationale.
Il faut en finir avec ce système. Il faut en finir avec le capitalisme. Que les riches sortent leur porte-monnaie et que les délinquants en col blanc finissent en prison. Il y a urgence à ce que le peuple soit enfin respecté. Entendu. Il y a urgence à ce que l'État retrouve sa place, toute sa place, et que la République revienne. Il y a besoin d'un État qui joue tout son rôle. Tout son rôle pour la planification écologique, pour investir, pour former, pour révolutionner nos modes de consommation, de déplacement, de production, pour garantir notre souveraineté et notre indépendance.
Nous avons besoin d'un État plus fort, d'un État stratège, qui organise la relocalisation de la production, qui organise les filières, qui nationalise quand c'est nécessaire, comme à Arcelor, comme dans la chimie avec Vancorex, et avec Sanofi. Un État juste, un État social. Et je pense à ces salariés de ces entreprises, qui d'ores et déjà appellent à se mobiliser le 18 septembre prochain, et nous leur disons que nous, communistes, parlementaires, nous nous battrons pour la nationalisation de ces entreprises, indispensables à l'industrie et au climat. Enfin, nous avons besoin d'un État qui protège ses enfants, qui prend soin de son peuple, tout simplement.
Or, à force de vider les caisses de l'État, ils ont abîmé la République, ils ont abîmé nos services publics, ils ont laissé même parfois les mafias prospérer dans les quartiers, dans nos villes. « Pauvre France, ma pauvre France, comment s'occupe-t-il de tes enfants ? » Et pour en rajouter, voilà qu'ils nous imposent une économie de guerre. Et je voudrais m'arrêter un instant sur ce sujet. Pendant que tout le monde s'agite pour savoir qui sera ministre demain, les bruits de bottes claquent en Europe, et l'industrie de la guerre tourne à plein. Enfin, nous avons, nous, communistes, toujours été clairs sur ce sujet et sur ce conflit en Ukraine.
Oui, il y a un pays qui a violé le droit international, la Russie, et un autre qui est occupé, l'Ukraine. Et cela fait trois ans que ça dure. Trois ans sans chercher d'autres options que l'option militaire. Et aujourd'hui, l'économie de guerre s'impose à toute l'Europe, avec d'immenses sacrifices pour tous les peuples. Ceci est dangereux. Et le président de la République, quand je le vois réunir une coalition dernièrement, je le dis, le président de la République française est un va-t'en-guerre qui ne pense plus qu'à une chose, prendre la tête d'une grande coalition prête à faire la guerre à la Russie.
Nous n'en voulons pas. Nous ne voulons pas de cette guerre. Et il faut y mettre un terme.
Et cette escalade est dangereuse. Vous avez vu ce qui s'est passé avec les drones qui ont survolé l'espace aérien de la Pologne dernièrement. C'est grave. Ça doit nous alerter tous. Parce que ça s'est déjà produit par le passé. La moindre étincelle, la plus petite provocation, la moindre barbouzerie organisée, tout cela, d'où que cela vienne, peut conduire à la guerre totale et au feu nucléaire. Alors oui, clamons-le. Il faut arrêter avec la logique de guerre. Il n'y aura pas de solution militaire à ce conflit.
Tout doit être fait pour mettre fin au carnage.
Je vois que vous partagez cette colère qui monte de plus en plus et que vous entendez comme moi contre l'économie de guerre. Mais parce que nos concitoyens commencent aussi à le ressentir et à le comprendre. C'est que l'économie de guerre, non seulement c'est pour acheter des bombes, mais aussi ça coûte cher pour notre pays. Eh bien, quand justement tout le monde dit que le pays est en crise et en crise économique, eh bien, il faut savoir où on met l'argent. Est-ce qu'on met l'argent dans les bombes ou est-ce qu'on met l'argent dans les écoles ? Pour nous, c'est clair, je préfère mille fois faire pousser des têtes
que de couper des têtes. Mettons l'argent dans les écoles et dans les hôpitaux, pas dans les armes, pas dans les bombes.
Et notre camp sera résolument celui de la paix, celui du respect du droit international, celui de la sécurité des peuples européens de Brest à Vladivostok. Et cette paix, nous ne la construirons pas en restant enfermés dans l'OTAN et alignés sur les Américains. Les guerres par procuration, c'est terminé aussi. Il faut imposer la paix en Ukraine, sortir de l'OTAN et travailler à la sécurité collective des peuples européens et sans les Américains. Je le dis aujourd'hui à M. Lecornu. M. Lecornu, parlons-en. D'abord, M. Lecornu, et c'est pour ça que j'ai commencé par l'Ukraine, c'est le ministre de la guerre. Et je vois bien, justement, pourquoi M. Macron l'a nommé Premier ministre.
C'est pour lui une garantie d'avoir les mains libres concernant l'Ukraine et ça, ça doit nous interpeller. C'est aussi le cinquième Premier ministre depuis 2022. Alors avant, on disait tout changer pour que rien ne change. Aujourd'hui, on ne peut même plus le dire, c'est rien changer pour que rien ne change. Et chez moi, à Saint-Avon-les-Eaux, quand ils ont vu Sébastien Lecornu, ils se sont dit mais c'est qui celui-là ? Puis ils ont vu le pédigré. Ça fait huit ans qu'il est ministre de tous les gouvernements. Alors ils se sont exclamés M. Lecornu, c'est Verchoux et Chouvert. C'est Bérou et Lecornu, c'est du pareil au même. C'est bouc et bique et bique et bouc.
Je ne vais pas vous faire toutes les expressions. Mais c'est ce qui ressort de ce changement de Premier ministre. Il est toujours issu du même camp et il a une lourde responsabilité, du coup. D'abord, celle d'entendre ce qui se dit dans le pays et de répondre à la colère, aux angoisses de nos concitoyennes et de nos concitoyens. Et je veux aussi être très clair là-dessus et je profite de cette tribune pour lui faire passer ce message. Que les choses soient claires pour nous. Oui, il y a besoin de ruptures claires et franches. Et nous ne transigerons pas sur ces questions. Et je le préviens que sans rupture claire et franche, les mêmes causes produiront les mêmes effets.
Et s'il le faut, nous appuierons sur le bouton de la censure et il sera démis de ses fonctions. Nous n'avons pas peur de cela, que ce soit bien clair. Et si le président de la République vient nous menacer en nous disant « Mais si vous le censurez, c'est une nouvelle dissolution », eh bien, dont acte ! Nous n'avons pas peur de retourner au peuple. Nous n'avons pas peur des élections. Ils ont plus à perdre que nous, la gauche. Nous sommes prêts et nous y travaillons.
Mais avant d'en arriver là, avant d'en arriver là, avant d'en arriver là, nous voulons, nous communistes, d'abord faire appel au mouvement social, à l'intervention des salariés dans cette période, à exprimer ce que nous voulons clairement. Et c'est pour ça que, c'est à vous, c'est à nous, c'est aux syndicats, à la jeunesse, aux travailleurs, de prendre la main, d'imposer une nouvelle politique, de les empêcher de poursuivre leur politique de destruction. Notre priorité, c'est de leur mettre la... Notre priorité, c'est de leur mettre la pression la plus totale, la plus forte, sur le nouveau locataire de Matignon. Alors, le 18 septembre prochain, envahissons toutes les rues de France.
Soyons nombreux, soyons forts, soyons unis.
Et pour notre part, en tant que force politique, quand nous le verrons, nous exprimerons quatre exigences pour être simple et clair. Quatre. Toutes les mesures toxiques et scandaleuses contenues dans le budget Bérou, dehors. Les deux jours fériés à travailler, les doublements des franchises médicales, la non-indexation de la location adulte handicapé, etc., etc., niette, on n'en veut pas. Deux. Une augmentation générale des salaires. Relancer le pouvoir d'achat, ça passe par des salaires. le travail doit payer. Et bien sûr, trois, nous demandons l'abrogation de la réforme des retraites. Allez-y, osez le faire. Les travailleurs vous remercieront.
Et enfin, quatre, pas compliqué tout ça, quatre, de la justice fiscale. Que les riches payent, que les gros payent gros et que les petits payent petits. On n'arrête pas de leur répéter et c'est ultra majoritaire dans le pays. Et oui, justice fiscale. Oui, c'est possible d'établir un impôt minimal de 2% sur les patrimoines des foyers au-dessus de 100 millions d'euros. Regardez comme nous sommes magnanimes. Seulement ceux qui ont 100 millions d'euros de patrimoine. 1800 familles seulement concernées. Et ils résistent. Ils sont forts quand même. Oui, il est possible de rétablir l'ISF.
Oui, il est possible de faire cotiser les revenus du capital pour les retraites, pour notre modèle social, pour la sécurité sociale. Et bien sûr, qu'il est possible et même nécessaire que l'État demande des comptes aux grandes entreprises qui contribuent, aux grandes entreprises qui touchent 211 milliards d'euros d'aides publiques. et merci à Fabien Gué d'avoir révélé, révélé ce chiffre énorme qui montre que l'argent existe, qui montre que le capital, ces grandes entreprises reçoivent des sommes astronomiques provenant de nos impôts sans rien demander, sans évaluation, sans aucun contrôle. Ils ne savent même pas d'où vient cet argent, mais ils le prennent et ils l'encaissent.
Merci à Fabien Gué pour toutes tes propositions pour ce travail remarquable. Karl Marx te le rendra au centuple. Enfin, enfin, parlons de la dette. La dette. La dette, la dette, la dette. La dette. Mais ils vont arrêter avec ce discours culpabilisant avec ce discours culpabilisant sur la dette. Comme si vous, qui avez déjà du mal à compter vos sous, vous seriez responsables de la dette. Les responsables de la dette, ce sont eux, c'est eux qui ont accroissé la dette, augmenté la dette de 1 300 milliards d'euros en l'espace de 8 ans. Ce sont eux les responsables. Cette dette, elle sert d'excuse tout simplement.
Elle sert d'excuse pour nous faire payer toujours plus, pour que ce soit toujours les mêmes qui payent, les travailleurs et jamais le capital. Eh bien, nous voulons tout simplement changer de logique. Nous voulons arrêter la politique de l'offre, relancer la consommation par le pouvoir d'achat, par les salaires, par de bonnes retraites, par l'investissement. C'est ça, ce que nous voulons comme rupture. Et c'est le pacte pour la France, le pacte d'avenir pour la France que nous proposons et que nous mettons en débat. C'est une promesse d'avenir. C'est le parti pris du travail et de la paix, celui du renouveau industriel et de la transition écologique que nous prenons.
Ce que nous proposons avec ce pacte pour la France, c'est tout simplement de mettre sur la table 500 milliards d'euros en l'espace de 5 ans. 100 milliards d'euros par an. 100 milliards d'euros par an. Ça peut vous paraître fou. Alors, tout le monde vous dit qu'il faut faire des économies. Mais non. Au contraire, comme le font d'autres pays qui font ce choix d'utiliser massivement ce que l'on appelle le bazooka monétaire pour relancer la croissance et produire des richesses, c'est le choix que la France doit faire aussi. Investir, investir massivement et retrouver la France des bâtisseurs, celles qui se projettent sur l'avenir, celles que nous avons su reconstruire au lendemain de la guerre.
C'est une France unie, heureuse, de se retrousser les manches, de travailler, de réparer le présent et de construire l'avenir et bien sûr à égalité, sans exploitation, sans domination et sans gavage des actionnaires. Ça peut vous paraître des sommes folles, 100 milliards d'euros par an. Mais rien que pour la transition écologique, des investissements colossaux sont nécessaires et que nous ne pourrons pas financer rien qu'avec un ISF ou une taxe Zuckmann. Le plan climat que le Parti communiste français a présenté l'année dernière a chiffré à 100 milliards d'euros par an l'argent à injecter pour que notre pays respecte sa trajectoire carbone.
C'est 100 milliards d'euros pour le ferroviaire, pour le logement, pour construire des logements, pour l'énergie, l'énergie renouvelable et pour les centrales nucléaires, pour le rail et pour le train, pour le métro. C'est comme ça que nous baisserons le prix de l'électricité, le prix du train, le prix des loyers. Ce sont des sommes qui peuvent donner le vertige mais qui sont équivalentes à ce que les marchés financiers nous prennent tous les ans en intérêt de la dette. Et c'est aussi la somme que se sont versées l'année dernière les entreprises du CAC 40 à leurs actionnaires. la dette. Il ne faut pas les laisser en parler comme ils le font.
Quand ils vous parlent de la dette, parlez-leur de nos enfants et de leur avenir. Ils veulent moins d'État. Eh bien nous, on en veut plus pour protéger et pour produire. Et c'est pour cela que nous avons besoin d'un vaste plan d'investissement que nous avons besoin d'embaucher dans nos écoles, dans nos hôpitaux pour éduquer, pour soigner, pour protéger et renouer avec une République sociale et laïque. Le travail ne paye pas. La vie est chère. Eh bien oui, il faut augmenter les salaires et nous demandons l'augmentation du SMIC à 2 000 euros bruts et une hausse de 10% du point d'indice des fonctionnaires. Et tous les salaires doivent être indexés sur le SMIC.
Ça s'appelle l'échelle mobile des salaires. Ça a existé. Remettons-la en place. Oui, il y a besoin de redonner de l'air aux travailleurs et aux boomers les retraités. Mais les retraites, mais les retraites, il faut les augmenter. Il faut leur supprimer la CSG. Il faut leur rétablir la demi-part pour les veuves. Quand les retraites augmentent, l'argent part pas dans les paradis fiscaux. Ils le dépensent. Ils aident leurs petits-enfants. Ils font tourner l'économie. Oui, il faut redonner de l'air aux travailleurs et aux boomers. Car quand la France étouffe, c'est pas sous le poids de la dette. La France, elle crève du libéralisme. Et c'est pour ça qu'on le combat.
Vous le voyez, nous ne lâchons rien de nos combats, de nos espoirs pour faire gagner les jours heureux. Et la paix. La paix, si malmenée par tous les impérialismes qui ressurgissent dans le monde. Comme si les leçons de la Seconde Guerre mondiale étaient derrière nous, oubliés, enterrés. L'impérialisme, c'est cette volonté de dominer les peuples pour prendre leurs richesses et les soumettre en les privant de leur autonomie, de leur liberté, de leur indépendance. Et c'est au nom de cet impérialisme que le nouveau dirigeant américain, intégriste religieux d'extrême droite, impose l'Union européenne, impose à l'Union européenne et à la France d'être toujours plus son vassal.
Nous ne l'acceptons pas, nous ne l'accepterons jamais, nous refusons cette ingérence dans nos politiques et c'est aussi un message à faire passer au nouveau Premier ministre. La soumission de la présidente de la Commission européenne auprès de Donald Trump cet été est une capitulation de la France. Inadmissible ! Et entre nous soit dit que la présidente de la Commission européenne fasse ça, c'est mettre fin définitivement à cette Europe libérale dédiée au marché financier.
Pour nous, que ce soit les droits de douane qui vont pénaliser encore plus notre économie, que ce soit le gaz naturel liquéfi américain qu'il nous impose d'acheter ou encore les 600 milliards de dollars à investir là-bas au détriment de notre industrie, nous disons non et c'est pour cela que nous demandons que le Parlement français soit saisi et nous allons même jusqu'à dire qu'il faut sur ce sujet, sur ce traité, un référendum pour demander au peuple son avis et nous lui dirons de dire non, non à cette soumission aux Etats-Unis. Oui, la France doit se faire respecter. Le peuple français doit se faire respecter.
Et si la France doit se faire respecter sur la scène internationale, elle doit aussi se faire respecter tout simplement et faire respecter tout simplement le droit international. Le droit international, ils sont nombreux et fermes à vouloir le faire respecter en Ukraine. Nous, nous demandons de faire respecter le droit international pour tous les peuples aujourd'hui qui se battent pour leur liberté, pour le peuple cubain, pour le peuple sarahoui, pour le peuple kurde. Pour tous ces peuples qui se battent avec des résolutions de l'ONU, pour leur droit à vivre libre et indépendant. Et nous sommes à leur côté.
Et bien sûr, bien sûr, nous sommes aux côtés du peuple palestinien qui subit un génocide,
qui subit un génocide en ce moment même.
Solidarité ! Solidarité ! Solidarité !
Voilà pour la prise de parole de Fabien Roussel en direct de la fête de l'UMA dans l'Essonne. On va continuer d'en parler de ce discours aujourd'hui avec vous. Aurore Malval, merci d'être avec nous. Avec Léopold Lautbert du service politique de BFM TV. Léopold, est-ce qu'on peut dire, il a eu des mots très forts, on va y revenir, c'est une défiance là envers le premier ministre, le tout nouveau premier ministre, Sébastien Lecornu.
Il y a toute une partie de son discours effectivement qui est ciblée très directement vers la personne du nouveau premier ministre qu'il prévient. En quelque sorte, Fabien Roussel, il dit, moi je préviens, sans rupture, franche, dit-il, et clair, on appuiera sur le bouton censure. Vous savez que Sébastien Lecornu a déjà mis en avant et théorisé ce mot de rupture qu'il a appuyé notamment pendant cette passation. La question qu'on se pose maintenant, c'est est-ce que tout le monde a vraiment la même définition du mot rupture ? C'est sur ça que ça va se jouer. Il y a une ambiguïté.
Est-ce que Sébastien Lecornu va aller très loin dans ce mot de rupture par rapport à la politique engagée jusqu'à présent de la part de ses prédécesseurs et de la part d'Emmanuel Macron ? Pour l'instant, il ne dévoile pas vraiment ses cartes. Le premier ministre, il a opté pour une stratégie plutôt de silence. Ce qu'il explique, c'est qu'il d'abord, il concerte les syndicats, les partenaires sociaux, les forces également patronales et les partis politiques avant, dans un autre temps, de dévoiler publiquement ses annonces. Mais effectivement, quelques mots forts. Il appelle également à la mobilisation dans la rue. Il dit qu'il faut mettre la pression sur le nouveau premier ministre.
Et puis, il a ces mots également qui sont très directement ciblés en disant qu'il a été 8 ans ministre, Sébastien Lecornu. C'est vert chou et chou vert par rapport à François Bayrou. Bref, pour lui, il faut des gages et dégages très fort. Merci. Merci.
Fabien Roussel