Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national - 02/02
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Bonjour à tous, heureuse de vous retrouver et de vous accompagner tout au long de ce dimanche. Bienvenue dans BFM Politique, votre rendez-vous de la mi-journée avec le Parisien aujourd'hui en France et avec BFM Business à mes côtés bien sûr David Ducan et Edwige Chevrillon. Dans un instant, notre invitée c'est Marine Le Pen. Elle est présidente du Rassemblement National et elle est désormais pour la troisième fois candidate à la présidence de la République. Pourquoi si tôt, plus de deux ans avant l'échéance ? Est-ce qu'elle estime que cette fois-ci elle est prête ? Est-ce qu'elle finira par y arriver ?
Aux yeux des Français, c'est elle qui incarne le mieux l'opposition à Emmanuel Macron mais elle continue aussi à être celle qui est le plus rejetée. Près de la moitié des Français rejettent Marine Le Pen aujourd'hui et ne veulent pas qu'elle soit présidente. Comment briser ce plafond de verre à ses yeux ? Marine Le Pen qui sillonne la France pour soutenir ses candidats aux municipales. Elle estime que cette élection c'est un tremplin. On en parlera dans un instant ainsi que bien sûr des retraites puisque le texte arrive en débat. à l'Assemblée Nationale. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes présidente du Rassemblement National.
Vous êtes, je le disais, candidate à la présidence de la République pour la troisième fois. Vous vous êtes lancée dans la bataille plus tôt que les autres. Plus de deux ans à l'avance. On reviendra dans un instant sur les raisons qui vous poussent à être dès maintenant en campagne. Un mot d'abord sur ce qui s'est passé à l'Assemblée Nationale jeudi autour de la question du congé pour un enfant décédé. Les députés La République En Marche ont rejeté vendredi un amendement qui visait à rallonger de 5 jours, ce qui est le cas aujourd'hui à 12 jours, le congé pour un salarié qui aurait perdu un enfant.
Emmanuel Macron a demandé depuis à sa majorité de revenir sur ce vote et de faire preuve, je le cite, d'humanité. Mieux vaut tard que jamais.
Oui, mieux vaut tard que jamais. Mais c'est assez révélateur quand même de la philosophie qui est celle des députés En Marche. C'est vraiment le pognon, le pognon, le pognon. Voilà. On n'a qu'une vision comptable des choses. L'humain, ses souffrances, ses malheurs sont totalement évacués du débat. On l'a vu à d'autres moments du mandat d'Emmanuel Macron. Et c'est heureux s'ils se rendent compte de leur inhumanité. A quel moment ? Au moment des Gilets jaunes. Il a fallu que des centaines de milliers de personnes descendent dans la rue, s'expriment semaine après semaine pour qu'ils prennent conscience de la difficulté dans laquelle vivaient nos compatriotes. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour.
Apolline fait référence à un vote qui s'est déroulé jeudi soir dans l'hémicycle. Et il n'y avait aucun député Rassemblement National présent à ce moment-là. Est-ce que vous le regrettez ? Oui, je le regrette. Mais on sait très bien que nous sommes en campagne. En règle générale, En Marche, d'ailleurs, choisit ça pour faire passer des textes qui sont polémiques. Ils nous mettent ça à 3h du matin. Alors là, pour le coup, ce n'est pas En Marche qui a fait cette proposition-là. Ils nous mettent ça les jours où normalement on est dans sa circonscription. Et j'en passe des meilleurs. Mais vous savez, nous sommes très peu au Rassemblement National.
Je ne cesse d'exprimer mon indignation, qui devrait d'ailleurs indigner tous les démocrates, que la première force politique du pays ne puisse être représentée que par 6 ou 7 députés. Et encore, on en a un de moins depuis 6 mois qui va revenir. C'est le remplaçant de M. Collard. Une part de proportionnel est prévue dans la réforme des institutions, qui est actuellement un peu embourbée au Sénat.
Je ne sais pas quelles informations vous avez, parce que moi, les informations que j'ai sont extrêmement inquiétantes, puisqu'elles me disent que la proportionnelle a été mise à la poubelle, purement et simplement, et que le gouvernement d'Emmanuel Macron renonce à cet engagement, qui était pourtant un engagement extrêmement clair. D'où tenez-vous ces informations ? De la même manière d'ailleurs qu'ils ont renoncé également à la Banque de la Démocratie, qui permettait le financement de la vie politique et accessoirement des partis d'opposition. C'est important.
Le gouvernement, le président de la République n'a jamais dit qu'il n'était plus question de mettre de la proportionnelle pour les prochaines élections. D'où tenez-vous ces éléments d'information ? Je tiens, mais les éléments d'information, comme vous, voyez, c'est-à-dire que j'ai des échos au sein des mouvements, les députés qui parlent et qui semblent dire, qui semblent, je veux dire, qui semblent dire qu'ils auraient totalement renoncé à l'idée de mettre en place la proportionnelle, et même une partie de proportionnelle. On vérifiera effectivement ce point, mais si...
De toute façon, on le verra très vite, puisque traditionnellement, ce genre de réforme électorale s'effectue un an avant l'élection. Donc il nous reste à peu près un an pour savoir s'ils respectent cette promesse ou si, une nouvelle fois, ils font fi de la démocratie.
Et vous parliez effectivement de cette échéance de la présidentielle. Vous vous êtes déclarée, donc ça y est, vous êtes candidat Edwige.
Bonjour Marine Le Pen. La question qu'on peut se poser, c'est pourquoi vous êtes déclarée si tôt, maintenant ? Il reste quand même deux ans avant l'élection présidentielle. Est-ce que vous redoutiez peut-être de ne pas vous faire suffisamment entendre ? C'était une manière pour vous de vous faire écouter au niveau de la France ? Et surtout, est-ce que vous n'avez pas le sentiment que les Français sont en campagne un peu... On en a marre d'avoir cette campagne un peu permanente. Une campagne politique, une campagne présidentielle. Permettez-moi, je crois que les Français, ils en ont marre d'Emmanuel Macron, surtout.
Et ils ont besoin de se projeter autre part, dans une autre politique. Et pourquoi je me suis décidée deux ans plus tôt ? Parce que j'ai pris ma décision. C'est aussi simple que ça. Ayant pris ma décision, je n'ai pas voulu jouer le cinéma que jouent traditionnellement les éventuels candidats à la présidentielle. En vous faisant marner, voilà, je vous ai dit, oui, j'ai pris ma décision, je serai candidate. Tout ça se prépare, tout ça se travaille. Le grand rassemblement des patriotes, il doit avoir lieu dès maintenant. Et puis après tout, les grands sujets de la présidentielle sont déjà là. Ils sont sur la table. C'est notre système de protection sociale.
On est en plein débat sur les retraites. C'est évidemment l'immigration, le fondamentalisme islamiste, le communautarisme, l'insécurité. C'est le modèle économique. Est-ce qu'on continue avec les accords de libre-échange qui tuent notre industrie, notre agriculture ? Donc pourquoi attendre, attendre, plutôt que d'exprimer aux Français l'idée que c'est maintenant qu'il faut qu'on se rassemble, c'est maintenant qu'il faut qu'on entre en dynamique, c'est maintenant que l'on doit travailler au plus près du projet qui sera le projet alternatif à celui d'Emmanuel Macron.
On va rebondir sur chaque mot que vous avez utilisé, le mot de rassemblement, le mot de préparation, sur les thèmes que vous avez évoqués. Quand vous avez annoncé partir effectivement en campagne, ou en tout cas être candidate, vous avez eu cette phrase, les Français n'accorderont leur confiance qu'à la condition de la compétence. De votre propre aveu, vous avez commis des erreurs lors de la dernière présidentielle. Concrètement, qu'est-ce qui a changé chez vous en moins de trois ans, là ? Qu'est-ce qui fait que vous seriez différente cette fois-ci ? Qu'est-ce qui fait que vous n'allez pas vous prendre les pieds dans le tapis comme la dernière fois ?
Mais vous évoquez quoi exactement ? Le débat, vous-même, vous l'estimez. C'est quand même la marche.
C'est bien de monter les marches d'avant, mais si on rate la dernière...
Mais madame, je crois qu'il faut essayer de séparer la forme et le fond. J'ai été, je crois, très, comment dire, très franche sur ce débat. J'ai clairement dit aux Français, écoutez, voilà, sur la forme, j'avoue, que j'ai été probablement pas à la hauteur de ce qu'ils attendaient. Mais regardez ce débat, peut-être à nouveau. Regardez le fond. Regardez que j'ai quand même, dans ce débat, posé exactement les problèmes auxquels on est confrontés aujourd'hui. J'ai, je crois, bien analysé la politique qui était celle d'Emmanuel Macron. J'avais d'ailleurs dit à Emmanuel Macron, dans mon introduction au débat, vous êtes le candidat de la guerre de tous contre tous.
Eh bien, je crois que là aussi, j'ai eu raison. Je m'étais déjà exprimé pendant ce débat sur la réforme des retraites, quasiment, il faut bien le dire, mot à mot, de la manière dont je m'exprime aujourd'hui. Donc, nous avions une belle anticipation sur tous ces sujets-là. Maintenant, les Français ont cru, en tout cas pour une partie d'entre eux, à Emmanuel Macron. Ils se sont rendus compte qu'il n'y avait rien de nouveau dans la politique qui l'apportait, qu'en réalité, c'était une aggravation de la politique déjà menée lors des précédents mandats. Je pense que pour une partie d'entre eux, on ne les y reprendra plus.
Maintenant, moi, à cela, je viens dire, écoutez, venez avec nous, venez avec nous, venez réfléchir, venez lécher, si je puis me permettre, ce projet qui sera le projet présidentiel.
On peut vous poser la même question, c'est-à-dire la question de, est-ce qu'on ne les y reprendra pas non plus, sur le fait que vous-même, vous leur avez dit la dernière fois, vous teniez exactement le même discours, que vous étiez prête, que c'était déjà la deuxième fois que vous vous présentiez. Et puis, il y a eu cette déception, y compris dans vos propres rangs.
Mais, madame, bien sûr, mais encore une fois... Qu'est-ce qui a changé ? Je voudrais juste savoir qu'est-ce qui a changé ? Il y a eu une déception parce qu'il y a un match qui a été raté. C'est le match du débat. Pour le reste, vous étiez tous d'ailleurs en train de dire qu'on avait fait une superbe campagne présidentielle jusqu'à ce moment-là. Bon, ça laisse quand même persister l'idée que la campagne était... Non, ce n'est pas un entraînement, une campagne présidentielle. C'est un acte démocratique. Ça se gagne sur le terrain du match. Non, ça ne se gagne pas sur un débat, madame. Si vous croyez ça, vous vous trompez totalement d'analyse.
Une campagne électorale ne se gagne pas sur un débat. Elle se gagne sur le fond, elle se gagne sur le projet. Elle se gagne aussi si vous avez quelqu'un qui a un bilan, un passif sur son bilan ou son passif. Marine Le Pen, sur cette question... Moyen d'emploi, je pense qu'aujourd'hui, tout le monde comprend quelle est la politique d'Emmanuel Macron.
C'est une politique de brutalité, c'est une politique de désunion, c'est une politique de chaos, c'est une politique de concurrence déloyale, c'est une politique qui a accordé des bénéfices inouïs à une personne sur mille en France qui étaient déjà les plus aisées, les plus favorisées et qui a livré tous les autres à des difficultés économiques qui sont majeures. C'est quelqu'un... Vous parlez de compétence en permanence. Mais vous êtes la première à nous avoir expliqué qu'Emmanuel Macron, c'était un hyper compétent. Ah, que celui-là, alors là, vous allez voir ce que vous allez voir. Lui, c'est un sachant, un expert, un économiste.
Et qu'on allait avoir des résultats économiques qui allaient en surprendre plus d'un. Il allait mener le titre de son livre, La Révolution. Qu'est-ce qu'on a vu ? Eh bien, on a vu des résultats économiques qui sont mauvais. Mauvais. Pas si mauvais que ça. On va y revenir. Oui, Mme Chevrion, c'est mauvais. Quand on vous explique qu'on va faire des étincelles et qu'on va voir ce qu'on va voir, accrochez-vous à vos fauteilles, permettez-moi de vous dire, que ce soit la croissance, le chômage, le déficit, la dette, le commerce extérieur, il n'y a pas de quoi non plus. Le chiffre clé, vous avez raison. Il n'y a pas de quoi non plus. Le chômage, ça s'améliore. Vous voyez ce que je veux dire.
D'accord. Donc, voilà. Sur la question Marine Le Pen. Parce que l'image d'Emmanuel Macron a aussi beaucoup évolué. Maintenant, on voudrait comprendre ce qui a changé effectivement chez vous. Sur la question que posait Apolline, cette critique qui revient souvent vous concernant sur serait-elle en capacité de gouverner si elle devait l'emporter à l'élection présidentielle ? Est-ce que vous avez, là, dans cette nouvelle étape qui commence, Marine Le Pen, l'intention de mettre en avant dans les prochaines semaines, les prochains mois, des personnalités de votre parti ou d'autres partis et de les présenter comme des ministrables ? Premier ministrable et ministrable.
Est-ce que c'est ce que c'est dans vos intentions ? Oui, j'en présenterai quelques-uns. J'en présenterai quelques-uns parce que je pense qu'il est nécessaire autour de moi et qu'il y ait des gens qui incarnent la politique que je vais mener. Vous avez raison. Ce que je n'ai pas fait, d'ailleurs, lors de la dernière présidentielle, je pense que les Français ont besoin de savoir qui va incarner la politique en matière de sécurité et de justice. Qui ? Je vous le dirai le temps venu. Vous êtes étonnante tout de même. Vous ne cessez de me dire que je suis partie trop tôt et aujourd'hui, vous voulez déjà avoir le nom de la ministre. Quitte à être partie à nous-y.
C'est un changement de stratégie que vous avez. Oui, c'est vrai. C'est un changement de stratégie parce que je pense que nous sommes, encore une fois, de plus en plus proches du pouvoir. Et par conséquent, l'exigence des Français, à notre égard, va, elle aussi, en grandissant et nous y répondons. Si on est précis, est-ce que vous connaissez ce terme de shadow cabinet ? Est-ce que vous iriez jusque-là ? C'est-à-dire vraiment dire, dans les mois à venir, voilà, les 10, les 12 qui sont en capacité de prendre les grands ministères ? De quoi s'agit-il exactement ? J'en présenterais un certain nombre.
Ceux qui m'apparaissent devoir, encore une fois, exprimer la politique sur les sujets qui sont les sujets prioritaires du mandat. Vous lancez une compétition autour de vous aussi, ce matin ? Non, non, non, je ne lance pas. Que les uns et les autres se mettent en avant et démontrent leur capacité de porter les projets ? Non, je ne lance pas de compétition. Si on pouvait éviter de faire comme les autres dans ce domaine, ça nous arrangerait bien quand même. Est-ce que vous serez forcément candidat sous l'étiquette Rassemblement National ? Personne n'est candidat sous l'étiquette d'un parti politique, madame à la présidentielle. D'accord, donc vous pourrez être rassemblée plus large.
Le Rassemblement National et la question du rassemblement précisément, puisque depuis le début, c'est d'ailleurs une des phrases que vous dites, vous dites que vous répétez le rassemblement et vous pointez du doigt la division aussi du pays, notamment aujourd'hui. Mais vous-même, vous suscitez un important rejet. Vous êtes celle des hommes et des femmes politiques qui suscitent le plus de rejets, selon la dernière enquête Ipsos. Comment est-ce que vous allez, vous pourriez présider une France unie ?
Alors précisément que, contrairement à la plupart des autres hommes et femmes politiques, vous n'êtes pas juste, il y a ceux qui vous soutiennent et puis il y aurait ceux qui juste ne vous soutiennent pas. Ceux qui ne vous soutiennent pas vont jusqu'à vous rejeter.
Madame, quand je serai élue, c'est que la majorité du pays m'aura choisi. Ça donne une légitimité. Et sur un certain nombre de sujets, qui sont peut-être des sujets clivants en France, je mettrai en œuvre des référendums, ce que j'ai suggéré à Emmanuel Macron de faire pour la réforme des retraites, par ailleurs. Je dis, sur un sujet comme celui-là, qui touche tous les Français, et compte tenu de l'importance de la contestation qui est portée à cette réforme, vous devriez proposer votre réforme par ce référendum. Mais du coup, ce sera une bataille permanente, quoi. Mais pourquoi la démocratie, c'est la bagarre ? C'est pas la guerre. C'est l'expression de la volonté du peuple.
C'est ça, la démocratie. Et le référendum, c'est un outil démocratique qui est peu utilisé, voire pas utilisé. Et quand il a été utilisé dans les dernières années, une fois en 2005, il a été trahi. Donc, revenons à une gestion saine de la démocratie et à l'écoute des Français. Moi, ce qui me heurte, si vous voulez, c'est que depuis des années, les présidents de la République gouvernent contre le peuple français. On ne peut pas faire ça. Ça, c'est antidémocratique. On ne peut pas imposer la réforme des retraites quand on sait que la majorité des Français est contre. On y reviendra dans un instant. On l'a entendu, Marine Le Pen, dans le journal de midi, à l'instant, sur BFM TV.
Le patron du parti La République En Marche, Stanislas Guérini, annonce que lors des prochaines municipales, son parti se désistera entre les deux tours, systématiquement, je le cite, dès lors qu'il considérera qu'il y a un risque que le Rassemblement national l'emporte dans l'une ou l'autre des villes en question. Que vous inspire cette prise de position ? D'abord, je pense qu'ils vont se faire désister par les électeurs. Vous voyez ce que je veux dire ? Encore faut-il pour ça qu'ils arrivent au second tour des élections municipales. Et croyez-moi, dans un grand nombre de villes, ce n'est pas gagné. C'est moins qu'on puisse dire.
Deuxièmement, il y a toute une série de villes où ils n'ont pas de candidats. En réalité, tout ce cinéma vise à justifier leur faiblesse en matière d'implantation locale, leur absence sur des départements entiers où ils sont totalement absents des élections municipales. Alors, ils vont venir vous dire, à vous, journalistes, vous voyez, on ne présente pas de candidats parce que c'est une ville où le Rassemblement national est fort et donc on ne veut pas affaiblir l'opposition face au Rassemblement national. Tout ça est assez dérisoire. Je pense que c'est un gigantesque cas de faiblesse. Le Front national est devenu Rassemblement national, mais perdure.
Existe toujours la notion de Front républicain. Au fond, comment est-ce que vous expliquez cela ? Ah bon ? Pourtant, j'ai entendu les Républicains en marche dire que ce n'était pas un Front républicain. Ça y revient, c'est la même chose. C'est l'idée de dire... On se désiste pour le candidat qui est le plus à même de battre le Front national. Tout ça, ce sont les mots du vieux monde. Avec les techniques du vieux monde, on voit bien que rien n'a véritablement changé. Sauf qu'il arrive un moment où, à un niveau électoral très important, comme l'est le Rassemblement national, dans des tas de territoires en France, ce Front républicain est voué à l'échec total. Il ne démontre qu'une chose.
C'est la collusion qui existe entre la République en marche et les Républicains, qui sont, je vous le signale, dans 100 villes. Ils présentent un candidat commun. 100 villes, c'est considérable. Donc c'est maintenant les Républicains en marche.
Oui, sauf que Marine Le Pen, vous dites que ce ne sont que des mots, mais finalement rien n'a changé sur le fond. Est-ce que ce n'est pas la même chose ? Je reprends ce que disait à l'instant David sur le changement de nom au Front national, le Front national et le Rassemblement national. Vous rassemblez qui ? Pardon ?
Vous vous appelez rassemblement. Vous rassemblez qui ? Je rassemble les patriotes, je rassemble les nationaux. Je rassemble ceux qui sont opposés à la concurrence déloyale, à la mondialisation sauvage, à l'immigration submersion.
Ceux qui se disent patriotes, ils se sont rassemblés sans vous. C'était vendredi soir pour fêter le Brexit. Quand vous regardez, il y a eu une fête à l'initiative de Nicolas Dupont-Aignan, avec Asselineau, avec votre ancien prince Florian Philippot, vous n'y étiez pas ?
Mais je suis heureuse qu'ils y soient. Mais à tous, ils font 3%. Voilà. Donc nous, nous sommes le premier parti d'opposition. Mais moi, je les appelle d'ailleurs, tous autant qu'ils sont, je les appelle à réfléchir pour la future présidentielle, à rejoindre le grand mouvement, la grande dynamique que nous allons mettre en œuvre. Parce qu'au-delà de nos divergences, et avec un certain nombre, nous en avons des sérieuses, au-delà de nos divergences, il y a au moins une chose qui nous est commune, c'est la souveraineté de la France. C'est-à-dire la liberté du peuple français de décider pour lui-même. Sur le fond, on est bien d'accord. Et ça, c'est un axe qui est un axe, évidemment, fondamental.
Il n'y a pas d'alliance, il n'y a pas de rassemblement.
Madame, nous avons effectué des rassemblements et des ralliements très importants, et vous le savez bien. Dans les derniers mois, nous avons accueilli des gens qui venaient de LR, des anciens ministres comme Thierry Mariani, des anciens députés comme M. Garou. Nous avons accueilli des gens comme Andréa Cotara, qui venait de la France Insoumise et qui sera candidat à la métropole de Lyon. Nous avons accueilli M. Pacule, qui va porter la liste à 7, qui est une liste de rassemblements. Il y en a dans les territoires.
Ça reste pour un temps des individus et plutôt des brebis égarés, quand même, non ?
Mais pourquoi vous êtes méprisante comme ça ?
Non, pas du tout, sur la question des rassemblements. Quand vous disiez tout à l'heure que certains partis se mettaient ensemble pour présenter des...
Ça n'est pas votre cas. Madame, essayez d'analyser un peu la situation, s'il vous plaît. Au lieu d'avoir des mots qui sont des mots qui sont en même temps injustes et désagréables. Bon. Vous voyez bien que les Républicains sont en train d'imploser. Une partie parte à la République en marche. Je n'ose pas dire que ce sont des brebis égarés comme vous, je ne me permettrai pas. Je pense qu'ils y vont parce qu'ils partagent l'ADN politique d'Emmanuel Macron. C'est donc sur un partage ADN ?
Et puis il y a une partie des LR qui rejoignent le Rassemblement National parce que leur ADN politique, leur attachement à la France, à sa liberté, à sa souveraineté, à sa sécurité, les pousse à avoir des choses en commun avec le Rassemblement National.
Vous avez parlé à l'instant de la question des patriotes. Dans un instant, on parlera du Brexit. Et on poursuit ce BFM politique avec vous, Marine Le Pen. Le Brexit, on l'a vu certains le fête. Est-ce qu'il y a de quoi le fêter, Edwige Chevrien ?
Marine Le Pen, est-ce que vous vous dites que ça va être difficile pour les Anglais ? Ou est-ce que vous vous dites, non, au contraire, ils ont devant eux l'avenir du libre-échange qui va faire que leur économie se porte bien, même si on voit les prévisions, notamment de la Banque d'Angleterre, ne sont pas très positives pour la Grande-Bretagne. En tous les cas, ce n'est pas moi qui le dit, c'est le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Marc Carnet, qui dit, jusqu'à présent, tout va à peu près bien, mais c'est sûr que les prévisions de croissance ne sont pas bonnes. Est-ce que vous dites, non, au contraire, pour la Grande-Bretagne, c'est une chance incroyable ?
Non, mais je dis que, de toute façon, ce n'est pas ni à vous ni à moi de le décider, c'est aux Britanniques. Et ils l'ont décidé. Ils l'ont décidé deux fois. Ils ont confirmé leur décision. Donc, à un moment donné, si vous voulez, le catastrophisme qui vit depuis trois ans, où on nous expliquait, y compris des hautes autorités économiques, que ça allait être la catastrophe, ils devaient rentrer en récession en 2016, je vous rappelle. Et ils ont pris leur décision. Donc, il va y avoir, évidemment, pour eux des avantages, bien sûr. Il y aura peut-être des inconvénients, mais de toute façon, ça ne dépend ni de vous ni de moi. Moi, je pense qu'ils s'en sortiront plutôt bien.
Bon, ça, c'est mon opinion. Ça l'a toujours été. Je vois d'ailleurs que leurs chiffres sont bons. Le chômage n'a jamais été aussi bas. Toutes les entreprises qui, soi-disant, devaient partir en courant de Grande-Bretagne, en réalité, elles restent et même s'y instables. C'est difficile pour certains secteurs et, au contraire, pour d'autres, c'est plutôt bénéfique. La production automobile a quand même baissé de 14% l'année dernière. Tous les pays sont comme ça. Si je puis permettre, quand on a des points positifs et des points négatifs, on est content. Nous, on n'en a que des points négatifs, quasiment. Donc, je pense qu'ils sont dans une situation plus avantageuse que la nôtre.
Moi, ce que je vois, c'est que Boris Johnson a pris un certain nombre de décisions. Et la première des décisions, ça a été d'augmenter le SMIC de 6%. C'est-à-dire quatre fois le montant de leur inflation.
Oui, mais avec une relance budgétaire qui va coûter aux finances publiques en Britannique, vous le savez bien.
D'accord, mais c'est qu'ils pensent qu'ils peuvent le faire et que derrière, il y aura très probablement des retombées positives pour la Grande-Bretagne. Mais encore une fois, c'est leur choix. Je suis convaincue de manière générale, la liberté leur ira mieux que la prison de l'Union européenne qui n'est même pas une prison d'Europe.
Mais est-ce que vous dites qu'il faut négocier, notamment avec la Grande-Bretagne, il faut négocier extrêmement serré du point de vue de l'Union européenne, notamment sur les questions des normes européennes, des normes sociales ou des normes fiscales ? C'est-à-dire que, est-ce que ça va être le Singapour aux portes de l'Union européenne et qu'ils pourront faire ce qu'ils veulent ? Au contraire, vous dites, attention, il faut protéger l'Union européenne.
Mais protéger l'Union européenne ? Mais l'Union européenne ne se protège absolument pas. Qu'est-ce que vous me racontez ? L'Union européenne va se mettre à se protéger de la Grande-Bretagne alors qu'elle importe massivement des produits dont on sait pertinemment qu'ils ne respectent aucune normes qui sont imposées aux pays de l'Union européenne, qu'il y a 25% de fraude aux importations alimentaires. Mais l'Union européenne est une passoire totale. Moyennant quoi, moi je crois que c'est surtout la France qui doit défendre ses intérêts. Moi je conteste la politique menée par l'Union européenne. Elle n'a jamais défendu nos intérêts commerciaux.
C'est la raison pour laquelle d'ailleurs les chiffres de l'Union européenne sont si mauvais. Mais la France doit discuter avec la Grande-Bretagne. On doit continuer d'ailleurs à coopérer avec la Grande-Bretagne, y compris sur le plan militaire où on a une belle coopération et encore de belles perspectives. Sur le territoire français. Oui, je vous ramène effectivement en France où on constate bien une inquiétude de nos concitoyens liée à la maîtrise de leur territoire et peut-être même à l'organisation administrative de la France, de notre pays. Le Front national, puis le Rassemblement national a toujours prôné une organisation commune, département, État. Vous confirmez.
Est-ce que dans cette nouvelle étape qui est la vôtre, vous vous êtes lancé pour la présidentielle de 2022, est-ce que vous évoluez là-dessus ? Est-ce que vous avez de nouvelles propositions concernant l'organisation administrative territoriale de notre pays ? Eh bien, nous y travaillons, M. Ducorne. Nous y travaillons très sérieusement et nous présenterons effectivement aux Français une nouvelle organisation de notre territoire sans les inconvénients, en évitant les inconvénients qui ont été ceux des communautés d'agglomération ou de la fusion des grandes régions qui ont été ou coûté très cher, ont éloigné le pouvoir de la proximité et notamment des mairies.
Le maire a de moins en moins de pouvoir et c'est quelque chose de négatif, y compris sur le plan de la sécurité. Il y aura une partie du livre blanc sur la sécurité que je vais présenter dans quelques jours qui sera consacrée au pouvoir du maire premier magistrat de la commune. Que vous voulez élargir ce pouvoir en matière de sécurité ? Oui, que je voudrais élargir, mais également dans d'autres domaines pour que les maires ne soient pas seulement des fonctionnaires d'État civil qui marient les gens et qui inscrivent les naissances. Le fait que vous n'appréciez pas l'organisation intercommunalité et région, nous le savions, c'est votre position depuis toujours. Qu'est-ce qui va changer ?
Je vous le dis, nous sommes en train de travailler dessus. Vous n'avez pas encore arrêté une position là-dessus ? Nous sommes en train d'y travailler. Nous faisons toute une série de livres blancs. Nous allons présenter aux Français un livre blanc sur la sécurité. Nous présenterons aux Français un livre blanc sur les fraudes. Puis un livre blanc sur la transition énergétique. Et nous présenterons un livre blanc sur l'organisation territoriale. Car c'est quoi le constat ? Le constat, c'est que l'État aménageur du territoire a disparu. L'État stratège qui aménage a disparu. Au bénéfice de qui ? Au bénéfice du marché. Donc on a laissé le marché organiser le territoire. On voit ce que ça donne.
des super, hyper agglomérations qui aspirent le pouvoir économique, qui aspirent le pouvoir politique et qui contribuent à la désertification non seulement des campagnes, mais également des villes moyennes de France qui perdent des habitants dont la valeur de l'immobilier est en train de s'effondrer évidemment au grand détriment des propriétaires de ces biens. qui voient disparaître les services publics et qui voient disparaître les entreprises. Vous imaginez par exemple des petites villes ou villes moyennes, zone franche, c'est-à-dire aucun impôt pour les entreprises dans certaines petites villes de notre pays ? C'est exactement ce que j'envisage.
J'envisage exactement cela, c'est-à-dire de pousser par une incitation fiscale, mais pas seulement au niveau d'un quartier comme on a vu, qui est très inefficace en réalité, mais au niveau d'une ville entière, une zone franche. Par exemple, vous avez déjà regardé, j'imagine. Dans le Nord-Pas-de-Calais ? Mais pas seulement dans le Nord-Pas-de-Calais. Pour permettre à des entreprises de s'arracher, elles et leurs employés, leurs salariés, à des grandes villes où on vit de moins en moins bien. C'est une forme de décentralisation économique ? Oui, peut-être. Via la fiscalité, au fond. Pourquoi ?
Parce qu'encore une fois, aujourd'hui on est dans une situation où les entreprises vont dans les grandes villes parce qu'elles pensent que c'est là que ça se passe, elles subissent des loyers qui sont très importants, mais leurs salariés aussi subissent des loyers très importants, des locaux exigus, des temps de transport qui deviennent insupportables sur une journée, la pollution que ça génère. Et donc le rééquilibrage économique du territoire est absolument, effectivement, une de vos priorités.
En parlant de la réforme des retraites qui arrive au Parlement, d'abord, sur le fond, vous avez dit « je reviendrai en arrière ». Est-ce que ça veut dire que vous allez recréer les régimes spéciaux ?
D'abord, je vais laisser la situation en l'État. Parce que j'ose espérer qu'en 2022, en réalité, la réforme ne sera pas prête à être appliquée. Dieu merci.
Vous pensez que la réforme ne va pas être appliquée ? Elle est quand même bien avancée ?
En 2022, non. Donc simplement, vous éviterez juste de d'appliquer ? En 2022, voilà, exactement. Pour l'instant, on va partir de l'existant. Il y a un certain nombre de régimes spéciaux qui méritent d'être conservés. C'est absolument essentiel et incontournable. D'ailleurs, c'est si vrai que le gouvernement recrée des régimes spécifiques. Celui des avocats, par exemple ? Mais ce n'est pas un régime spécial, celui des avocats. C'est un régime autonome. Ce n'est pas du tout la même chose. C'est un régime autonome qui doit rester, évidemment, autonome, parce qu'il fonctionne très bien. Mais les cheminots, vous l'estimez que le régime spécial, on y revient.
C'est évidemment celui qui a été très emblématique. Et c'est là qu'il y a eu la grève la plus dure.
Mais c'est vrai, mais il y en a 42 des régimes spéciaux. Il faut arrêter avec les cheminots. Pourquoi pas vous poser la question sur celui-là ?
Est-ce que vous pourrez établir du coup le régime spécial des cheminots ?
Non, mais la SNCF, déjà, ce régime va disparaître. Oui ? D'accord. Donc, il va disparaître au fur et à mesure du temps. Donc, n'en parlons plus de celui-là. Alors, il nous reste la RATP. Il n'y a que ça comme problème des retraites. La RATP, mais il n'y a aucun souci. Je ne vous dis pas que c'est le seul problème. Je voudrais juste une réponse sur cette question-là. On va le régler. Moi, je pense que dans beaucoup de grandes entreprises, d'ailleurs, il faudrait qu'il y ait des conventions collectives qui permettent de renégocier tout en même temps. La retraite, le temps de travail, le salaire, l'étongé... Donc, vous ne revenez pas sur les régimes spéciaux ?
Donc, en l'État, on va se mettre autour d'une table avec les partenaires sociaux parce que figurez-vous que c'était une des grandes avancées de notre démocratie et de la pacification du débat, c'est le travail avec les partenaires sociaux. Moi, je n'entends pas les mépriser comme l'a fait Emmanuel Macron et on arrivera à trouver des solutions qui visent à limiter les aspects les plus contestables, disons-nous, d'un régime spécial parce qu'on en est là. La réforme arrive à l'Assemblée. Donc, on change pour des dizaines de millions de Français. On va changer un régime unique ou pas ? Sous planique de changer un régime spécial ? Mais pardon, j'ai pas compris.
Effectivement, est-ce que vous êtes pour un régime unique ? Non, pas du tout. Pas du tout. Ce régime unique, il a été mis en place. Votre bain était pauvre du reste. Un point, il a été mis en place en Suède. C'est une catastrophe sociale. Bon, voilà. Donc, c'est un choix de société. Moi, mon choix de société, c'est que les retraités dans notre pays ne soient pas des retraités pauvres. Aujourd'hui, en Suède, ils sont de plus en plus pauvres. Et alors, le régime unique à étage unique, c'est encore pire puisqu'on supprime en réalité les complémentaires et on vole les réserves des complémentaires. 130 milliards qui ont été cotisés par les Français.
L'État envisage de les voler purement et simplement. Et pour rester sur votre projet, est-ce que vous êtes toujours sur la retraite à 60 ans ? Je suis pour la retraite. C'est drôle qu'on n'arrive jamais à obtenir la totalité de la proposition. Alors, allez-y. Je suis pour la retraite à 60 ans avec 40 annuités. Par conséquent, ceux qui arrivent à l'âge de 60 ans en ayant 40 annuités, ce qui est de plus en plus rare pourront prendre leur retraite, les autres auront besoin d'avoir leur 40 annuités. C'est-à-dire qu'en moyenne...
Est-ce qu'il faut que le régime des retraites des Français soit équilibré ou pas ? Est-ce que pour vous, c'est un point essentiel ?
Oui, c'est mieux.
Donc, à ce moment-là, est-ce qu'il faut une mesure d'âge ? C'est pas vraiment l'équilibre ?
Même si, voyons, pardon. C'est mieux. Mais et s'il ne l'est pas pendant un certain temps ? Parce que vous savez très bien que là, on a vu arriver à la retraite des générations qui sont les générations du baby-boom. On sait très bien que c'est quand même transitoire. Moi, je regarde les projections du corps et on voit que la situation s'améliore beaucoup d'ici quelques années. Mais même si pendant ces quelques années, il y a un déficit, mon Dieu, un déficit de 10 milliards sur 350 milliards de pensions ?
Moi, je pense que c'est un choix de société, encore une fois, et je préfère faire des économies ailleurs, et croyez-moi, des économies, il y en a à faire, dans le budget de l'État, plutôt que de mettre à bas un système qui fait de la France un pays où les retraités sont les moins pauvres, même s'il y en a les moins pauvres d'Europe. Maintenant, sur ce qui va se passer au Parlement. À partir de demain, en commission, et de la semaine suivante dans l'hémicycle, le débat va se passer au Parlement, où vous êtes, Mme Le Pen, députée. Le groupe politique La France Insoumise, celui dirigé et présidé par Jean-Luc Mélenchon, a déposé plus de 19 000 amendements.
Les responsables de la majorité crient à l'obstruction. Quel regard portez-vous là-dessus ? La stratégie assumée, d'ailleurs, par Jean-Luc Mélenchon, qui dit « Oui, nous faisons de l'obstruction, est-elle la bonne ? » C'est-à-dire qu'à partir du moment où l'Assemblée nationale ne représente pas les forces politiques du pays, et ne représente pas le poids politique des différents mouvements, ça contraint, si je puis me permettre, l'opposition à être obligée d'abuser, en quelque sorte, des droits de l'opposition. Ça démontre qu'une seule chose, c'est que le système ne peut pas continuer comme ça.
Le système ne peut pas continuer, encore une fois, en donnant une hyper majorité à un Emmanuel Macron, qui en réalité n'était pas majoritaire dans le pays, même au moment de l'élection des députés, parce que tous les débats qui ne se déroulent pas au sein de l'Assemblée nationale se déroulent soit dans la rue, comme on le voit depuis maintenant plus de 4 ans de mois. Madame Le Pen, comment pouvez-vous dire qu'Emmanuel Macron n'était pas majoritaire dans le pays en 2017 ? Parce que je crois qu'au législatif, s'il y avait eu la proportionnelle, il n'aurait pas eu la majorité. C'est aussi simple que cela. Ce sont les chiffres qui le disent, monsieur.
Mais avec des « si », on ne peut mettre pas rien en bout. Non, non, ce n'est pas « si ». Vous prenez les... Alors bon, d'accord, on peut faire un peu de maths. On va juste reprendre les résultats des législatifs du premier tour et on applique ça à une proportionnelle.
Même tout à l'heure, vous avez dit « c'est la démocratie ». Il y a un moment où c'est les règles, on ne va pas les contester.
Même le président de la République le sait. C'est toujours pareil, c'est une question de maths. Le président de la République sait très bien que s'il y avait eu la proportionnelle dans notre pays, la suppression de l'ISF n'aurait pas été votée.
Vous êtes comme Jean-Luc Mélenchon qui dit à posteriori, finalement, qu'Emmanuel Macron ne représente pas la majorité, qu'on ne peut pas refaire le match.
Mais on peut refaire le match parce que ce n'est pas refaire le match, c'est améliorer la démocratie dans notre pays. Est-ce que ça ne vous heurte pas ? Vous êtes démocrate, vous aimez la démocratie, vous croyez dans le peuple et vous pensez qu'il doit exprimer sa volonté. Ça ne vous choque pas que le premier parti de France ait 6 députés sur 577 ? Bien sûr que ça choque tout le monde.
Il y a évidemment une question de l'organisation, mais il y a aussi un choix politique qui avait été fait bien avant nous. Il y a aussi cette question de la stabilité et de la décision et de la capacité à gouverner. Vous parlez d'une stabilité, il y a des vagues bleues, des vagues rôles, des vagues nattroniques.
Le premier parti de France, vous l'avez dit plusieurs fois Marine Le Pen, si on regarde les résultats aux dernières européennes, mais lors des législatives et de la présidentielle de 2017, vous n'êtes pas le premier parti de France à ce moment-là. Mais monsieur, aux législatives, vous avez raison, mais précisément parce qu'il n'existe pas de proportionnel. C'est tout. Et quoi que vous puissiez me dire, monsieur Zoukorn, la candidate arrivée au second tour de l'élection présidentielle, qui a 6 députés pour défendre les millions d'électeurs qui croient dans notre projet, c'est un véritable scandale. Et donc ça pose un problème de fonctionnement. C'est ça que je viens de dire.
Ça pose un problème de fonctionnement. Et sur les retraites, puisque revenons-en en retraite, clairement, je vous le dis, c'est le ressenti que j'ai, majoritairement les Français y sont opposés. Si il y a un référendum demain, cette réforme ne passera pas. En effet, elle va passer à l'Assemblée nationale. Est-ce que ça ne vous choque pas ? Vous avez entendu la déclaration récente du patron du groupe Modem au Parlement, qui brandit la menace d'un 49-3. Qu'en pensez-vous ?
Un 49-3 de dissuasion, dit-il, précisément contre tous ces amendements qui vont obstruer le débat.
Mais il passe en force depuis deux ans. Pourquoi est-ce qu'il s'arrêterait ? Le gouvernement, la majorité d'Emmanuel Macron passe en force. Il nous prépare une réforme de retraite avec 29 ordonnances. 29 ordonnances. Même le Conseil d'État sursaute sur sa chaise en lisant cela, si vous voulez. Donc je ne serais pas étonnée qu'il passe par le 49-3. Mais ça ne réglera pas l'opposition du peuple français à cette réforme. Parce que tout ça, c'est bien gentil. On parle de mécanique... Excusez-moi, on parle de mécanique à l'Assemblée nationale. Mais moi, j'aimerais qu'on parle des Français quand même. J'aimerais qu'on parle de tous ceux qui vont pouvoir appliquer cette réforme des retraites.
Et qui y sont opposés. Et qui sont là à se dire, mais enfin, c'est incroyable. On va mettre en l'air un système qui fonctionne, que le monde entier nous envie, pour entraîner une baisse massive des pensions. Une baisse massive des pensions. Et on va en plus effondrer le système parce qu'il va y avoir une perte massive des recettes du système. On organise la paupérisation du système. Marine Lefebriand, je parle sous votre contrôle. C'est près de 90 milliards dont on va priver le système d'un financement dont il aurait bien besoin. Et par l'intermédiaire de cette suppression des cotisations au-delà de 10 000 euros par mois pour les très hauts cadres.
Et par l'intermédiaire de la baisse de cotisation de l'État.
Allez-vous signer...
Ça veut dire que ça coûtait 5 à 10 fois plus cher que le déficit dont on parlait tout à l'heure.
Allez-vous signer, soutenir la motion de censure qui a été déposée justement à l'Assemblée nationale ? Mais je ne sais pas, je vais la lire.
Pourquoi pas, ça ne me dérange pas. Moi, je ne suis pas dans la politique politicienne en disant, oh là là, il ne faut pas signer quelque chose. Qu'est-ce qui ferait que vous la signeriez ? La rédaction, voilà, tout simplement. Mais il faut qu'il y ait quoi dedans, les éléments ? J'attends de voir la manière dont elle est rédigée. Mais par exemple, le recours à un référendum, ça pourrait être une bonne chose. Vous savez que je le réclame depuis longtemps.
Vous en avez déjà discuté avec... On parlait de Jean-Luc Mélenchon tout à l'heure, qui est à la pointe là-dessus.
Est-ce que vous avez des échanges avec lui ? Non, parce que les socialistes et la France insoumise sont des sectaires de première. Ils ne parlent avec personne. Voilà, on dépose un amendement, ils le trouvent positif, plutôt que de le voter, ils déposent le leur pour voter le leur. Nous, on n'est pas comme ça. Nous, il nous est arrivé de voter et même d'applaudir des députés LR, des députés communistes, des députés la France insoumise, lorsque ce qu'ils disent ou ce qu'ils défendent va dans l'intérêt des Français.
Et eux, ils sont terriblement sectaires, au point d'ailleurs que je crois que le président, le dirigeant du PC ou du PS s'est précipité en disant « Ah, on interdira au Rassemblement national d'apposer sa signature sur la motion de censure ». On s'en moque de tout ça. On les laisse à leur petite manœuvre politicienne. Nous, ce que nous défendons, c'est l'intérêt des Français et des millions de Français qui vont voir leur pension baisser avec cette réforme des retraits. On vous écoute depuis une heure dans cette émission. Vous montrez votre détermination.
Est-ce que vous avez le sentiment, la conviction en vous-même que cette fois-ci, en 2022, vous pourrez devenir présidente de la République française ? Oui, j'en ai la conviction. J'ai la conviction que les Français sont allés au bout du système qui leur a été imposé par les différents dirigeants. J'ai la conviction qu'ils n'en peuvent plus de l'insécurité qui explose. Ils n'en peuvent plus, encore une fois, de l'ouverture totale des frontières et de voir les commerçants, les industriels, les agriculteurs mourir.
Je suis convaincue qu'ils sont attachés à leur grande liberté publique et qu'ils voient bien qu'Emmanuel Macron, par son action, a opéré un recul de nos grandes libertés publiques comme jamais depuis des décennies. Je suis convaincue qu'ils veulent qu'on lutte contre le fondamentalisme islamiste et qu'ils sont conscients du danger majeur du développement de ce fondamentalisme islamiste. Et vous pensez qu'Emmanuel Macron est battu d'avance ? Est-ce que vous ne le sous-estimez pas un petit peu ? Personne n'est battu d'avance. Je n'ai pas cet orgueil.
Mais je suis convaincue que j'ai la possibilité d'être présidente de la République parce que les Français veulent résolument une politique fondamentalement différente de celle qui est appliquée aujourd'hui.
Présidente de la République, est-ce que vous prendriez la même décision qu'Emmanuel Macron tel qu'il l'a annoncé ce matin ? Il a annoncé renforcer les effectifs de l'opération Barkhane au Sahel, porté donc à 5100 soldats français déployés sur place, c'est-à-dire 600 de plus qu'aujourd'hui. Est-ce que vous prendriez la même décision qui est une décision fondamentalement de chef d'État ?
Oui, c'est une bonne décision mais totalement hémiplégique. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas la peine de renforcer nos armées pour aller lutter contre le fondamentalisme islamiste dans le Sahel si on est incapable de lutter contre le fondamentalisme islamiste dans nos propres quartiers en France. Donc il ne faut pas de politique hémiplégique. De la même manière, je m'étonne qu'Emmanuel Macron n'ait pas réussi à obtenir de l'Union Européenne l'engagement financier pour soutenir cet effort.
Parce que nous sommes les seuls à payer, les seuls à voir nos gamins mourir sur les théâtres d'opération pour défendre pas seulement la France contre le fondamentalisme islamiste et contre les terroristes, mais l'Europe tout entière. Alors si même sur ce sujet-là, qui ne fait pas polémique, l'Union Européenne est incapable d'apporter le soutien, à quoi sert-elle ?
Merci Marine Le Pen, on vous laissera sur cette question. En tout cas, vous soutenez la décision d'Emmanuel Macron d'envoyer plus de soldats, mais vous voudriez que la guerre, elle soit menée aussi ici même. Merci d'avoir été notre invitée. Vous êtes la présidente du Rassemblement National et on l'a bien compris, vous êtes pleinement en campagne et candidate pour la présidentielle. Merci David, merci Edwin. L'actualité continue sur BFM TV. Je vous retrouve pour ma part à 18h pour et en même temps. A tout à l'heure.
Marine Le Pen