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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 10 octobre 2019 18 minAutoproduitActualité / polémiqueSécuritéRetraitesÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

EN MARCHE VERS LA RÉBELLION

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00auteurFait
    « Castaner et Nunez, les Doobie Brothers de la lutte anti terro et anti gilets jaunes, sont vraiment épatants. »
  • 4:00auteurFait
    « nos services de renseignements ont été défaillants »
  • 5:00Emmanuel MacronFait
    « Parce que, je pense, d'abord je ne serai pas aussi définitif que vous, parce que là il y a un monsieur qui a dit ça, mais j'ai mis une heure à faire 20 mètres »
  • 6:00Emmanuel MacronFait
    « les gens ils ont besoin de parler et d'avoir une parole, donc les mêmes qui disent "la parole n'imprime plus, c'est que des paroles", demandent des paroles de considération, demandent des paroles de soutien »
  • 7:00Emmanuel MacronFait
    « on ne croit plus personne, on ne croit plus vous, on ne croit plus les scientifiques »
  • 8:00auteurChiffre
    « il a promis qu’il n’y aurait plus qu’un seul statut avec un minimum qui passerait de 970 à 1000 euros, 30 euros d’augmentation »
  • 9:00auteurFait
    « Macron est un banquier qui n’a comme credo que le libéralisme, la force du marché et la volonté d’aider ses copains les premiers de cordée »
  • 10:00auteurChiffre
    « il a aussi voté le CICE, le dégrèvement fiscal pour les grosses PME, la flat tax, les 5 milliards pour les start up »
  • 11:00Marion Maréchal Le PenFait
    « Le premier grand défi, le plus vital, est le grand remplacement. »
  • 12:00Stéphane RozèsFait
    « Le président fait du patin à glace sur un lac gelé dont l’épaisseur est très fragile »
  • 13:00Stéphane RozèsFait
    « Macron a réactivé notre dépression nationale »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Traversé, rarement je n’ai autant eu ce sentiment d’être traversé par des visages, des mots, des cris, des sourires, des phrases, des injonctions, des images, des réflexions, et de me sentir perdu quand je dois en faire une synthèse. Que faire, que penser, où atterrir ? C'est peut-être moi qui change à force d'être ici au Média, à écouter, à tenter, à essayer d'imaginer demain.

J’essaie d’être attentif à ce qui se passe autour de moi, de ne pas être manichéen. J’essaie d’être raisonnable, de ne pas masquer mes émotions et de ne pas en être l’esclave non plus. Il y a tellement de gens qui parlent pour ne rien dire.

Maxime qui est community manager ici et qui milite pour que je fasse plus court dans ces éditos m’a expliqué que vous étiez en gros 50% sur Youtube à aller au bout de ces vidéos, et 25% à zapper après quelques secondes. Soit que vous êtes de droite ou encore plus à gauche que moi et que je vous énerve, soit que vous m’avez confondu avec Edwy Plenel mais ça m’étonnerait. Soit que vous pensiez être sur un site marchand qui vend, je ne sais pas moi, des lubrifiants.

Pourquoi je dis lubrifiant ? Sans doute à cause de l’usine de Rouen qui a brûlé et qui occupe notre espace-temps depuis deux semaines. Avec la mort de Jacques Chirac et maintenant le fameux terroriste martiniquais Jérôme H qui a planté au couteau de céramique quatre de ses collègues, voilà trois événements qui m’ont laminé à force de me traverser.

Rouen, donc, pourquoi ai-je ce sentiment ancré qu’on nous enfume ? Pourquoi, dès qu’un politique ou un préfet la ramène pour nous dire que tout va bien, on ne le croit pas, on ne le croit plus ? Et sur l’Islam dit radical, là encore plus qu’ailleurs, le mensonge d’État est permanent et patent.

Sous prétexte d’éviter la propagation d’angoisse collective, faire croire qu’on nous protège. Castaner et Nunez, les Doobie Brothers de la lutte anti terro et anti gilets jaunes, sont vraiment épatants. Dès qu’ils l’ouvrent, on attend la grosse connerie qu’ils vont dire, et on n’est jamais déçu. – Moi, je ne connais aucun policier, aucun gendarme qui ait attaqué des Gilets jaunes. – Je ne me sens pas du tout en sécurité avec eux aux manettes à Beauvau.

Une fois de plus et une fois de trop, nos services de renseignements ont été défaillants. Là c’est plus grave que d’habitude car c’est au cœur du cœur de la police et du renseignement que les faits se sont déroulés. Si j’ai bien compris, le tueur, converti, s’était réjoui des attentats contre Charlie.

Ses collègues l’avaient dénoncé mais pas par écrit, et la hiérarchie, sans doute pour se couvrir, voulait une trace écrite. Résultat : 4 morts, et l’éternel rengaine contre l’Islam et le salafisme qui suit chaque attentat, la fermeture des mosquées, une centaine dit-on, l’enfermement des fichés S. Le retour de Marine et de toute la clique de faux derches et de bavards, qui surfent sur nos peurs.

Comment les croire ? Comment croire en cette parole officielle ? Au Petit journal, on a posé la question à Emmanuel Macron, et voici sa réponse. – Pourquoi la parole politique en général et votre parole n'impriment plus ? – Parce que, je pense, d'abord je ne serai pas aussi définitif que vous, parce que là il y a un monsieur qui a dit ça, mais j'ai mis une heure à faire 20 mètres, parce que les gens ils ont besoin de parler et d'avoir une parole, donc les mêmes qui disent "la parole n'imprime plus, c'est que des paroles", demandent des paroles de considération, demandent des paroles de soutien, donc je pense que ce serait une fausse piste de dire "la parole n'imprime plus, n'existe plus", ce n'est pas vrai – Ils ne vous croient plus en général. – Non, je pense qu'il y a dans la société, on ne croit plus personne, on ne croit plus vous, on ne croit plus les scientifiques, j'ai regardé les sondages, vous parlez de Rouen, les gens ne croient même plus la parole scientifique et autre, il y a une espèce de montée en température généralisée, liée aux fake news qui se répandent, aux réseaux sociaux, aux commentaires permanents, qui est un sujet, donc il faut que tout le monde retrouve le calme. – C’est intéressant car si on écoute attentivement notre bien-aimé président plénipotentiaire, on entend une chose et son contraire, comme souvent avec lui.

Il reconnaît que plus personne n’imprime grand chose, il rejette la responsabilité de cet état de fait sur les réseaux sociaux, les fake news et les commentaires permanents. Mais en même temps il dit que la démocratie a besoin de débat, de dialectique. La parole aurait un sens, que la sienne ou la nôtre aussi ?

Bizarrement, en l’écoutant, je me sens coupable. C’est vrai, depuis que j’ai démarré ces éditos, je suis très critique à l’égard de ce jeune et fringuant président démocratiquement élu. Quand est arrivé le débat de Rodez sur les retraites, je me suis dit que c’est vrai, on vit de plus en plus longtemps et on devrait travailler plus pour gagner plus.

J’étais chez moi, tranquillement installé devant ma télé, avec un petit verre de vin blanc, des feuilles et un stylo. Et je me suis dit : soyons pour une fois indulgent avec Emmanuel Macron, essayons d’être bienveillant avec le cheminement de sa pensée, après tout, peut-être que ce gars-là veut notre bien. D’abord j’ai noté une chose, ce grand débat était organisé par Jean-Michel Baylet, le patron de la Dépêche de Toulouse, opportuniste en chef et grand supporter d’Emmanuel Macron.

C’est lui qui a fait trier sur le volet les 600 participants annoncés au débat. En fait, ils n’étaient pas 600 mais 200, allez ! 250 à tout casser.

Des copains à moi qui travaillent à Toulouse m’ont soufflé que le tri avait été très sélectif. Pas d’emmerdeurs, pas de gilets jaunes. D’ailleurs, le Petit journal, toujours lui, l’a montré. – En cherchant bien, on a fini par trouver une fenêtre qui donnait pile sur le débat, premier constat : en fait, il n'y a pas grand monde, les organisateurs ont même dû enlever des dizaines de chaises vides, vite, vite, vite avant l'arrivée du Président, il disait quoi déjà l'organisateur ? 500 lecteurs ? – D'abord c'est 600. – J’ai remarqué que le Président avait des fiches et qu’il avait bien potassé.

A 19h52, j’ai noté qu’il n’aimait pas utiliser le mot pénibilité concernant le travail. – Moi je n'adore pas le mot pénibilité parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible, mais il y a des conditions de travail qui ne sont pas les mêmes, il y a des risques au travail qui ne sont pas les mêmes, quand on travaille de nuit c'est pas pareil, quand on est exposé à des risques chimiques, quand on est exposé à des activités où il y a des troubles musculo-squelettiques. – Musculo-squelettiques, c’est le genre d’adjectif qu’on n’utilise pas souvent.

Ensuite je me suis resservi un verre de blanc et je me suis accroché. J’ai noté que notre bien-aimé Président plénipotentiaire s’emmêlait parfois les crayons dans les chiffres, et promettait beaucoup. Il semblait moins à l’aise que d’habitude.

Bon OK, il y a trop de professions qui se sont fabriqué des petites niches un peu comme les niches fiscales mais pour la retraite, il a promis qu’il n’y aurait plus qu’un seul statut avec un minimum qui passerait de 970 à 1000 euros, 30 euros d’augmentation, il l’a répété plusieurs fois, 30 euros, il avait l’air de trouver que ça faisait beaucoup. Parfois le "Prési" s’énervait et utilisait des gros mots. Son gros mot préféré, c’est "pipe".

Les simulateurs qui nous montrent que nous allons avoir des baisses de retraite avec le nouveau système, c’est de la pipe. J’ai compris, j’ai aussi compris que la nation investissait en moi pour que je sois en bonne santé et bien éduqué et bien actif pour que je paye la retraite de mes aînés. Après une heure d’émission, avec tout le respect que je lui dois, j’ai trouvé qu’il partait en sucette avec la portabilité des droits, l’âge légal et l’âge pivot et surtout ces règles d’or balancées à tout-va qui voudraient qu’on ne perde pas d’argent.

La règle d’or c’est lui qui la fera, et là, méfiance. Macron est un banquier qui n’a comme credo que le libéralisme, la force du marché et la volonté d’aider ses copains les premiers de cordée. Chaque fois qu’une question un peu plus compliquée lui était gentiment mais précisément posée, il disait qu’on allait devoir en débattre.

Il y a un vieux proverbe anglais qui dit "la règle d’or : c’est celui qui a l’or qui fait la règle", à moins que ce soit "c’est celui qui fait la règle qui fait l’or", c’est pareil. Le résultat de la règle d’or, c’est qu’on se fait avoir, nous, le peuple, nous les gens qui, après une vie de labeur, dans un monde incertain dont on prédit la fin de plus en plus souvent, aimeraient manger à leur faim, faire parfois la grasse matinée, partir un peu en vacances, bref en profiter un peu comme les autres, les premiers de cordée, les copains de Macron. Bien avant la réforme des retraites, le Président et ses amis ont voté pour la suppression de l’ISF qui n’a profité qu’à 5% des plus riches de ce pays.

Il a aussi voté le CICE, le dégrèvement fiscal pour les grosses PME, la flat tax, les 5 milliards pour les start up. Maintenant il faut gérer la pénurie et donc nous serrer la ceinture pour les retraites, les hôpitaux, la sécurité sociale. Je sais, c’est plus fort que moi, j’ai un mauvais esprit, je vois le mal partout.

Mais bon, je suis un tout petit filet de voix dissonant dans un océan de complaisance. J’ai regardé le programme des festivités politiques de dimanche, que des gens de droite ou de la République en Marche, Ludivine de la Rochère de "La manif pour tous" à Europe 1 est sur CNews Benjamin Griveaux sur CNews aussi Nadine Morano à BFM, Eric Woerth au Grand Jury RTL Le Figaro, Nathalie Loiseau sur France Inter, France info, Le Monde, Christophe Castaner au JT de TF1, Nicolas Sarkozy chez Michel Drucker, Agnès Buzyn sur LCI, Alain Finkielkraut sur BFM le soir. C’est épuisant, non ?

Pour le grand débat sur les retraites, je n’ai pas tenu jusqu’au bout et j’ai été rejoindre mon fils et mon copain Mamedy qui avaient fait des gnocchis à la crème. On a ouvert une seconde bouteille de Chardonnay, j’étais profondément déprimé. Mamedy aussi mais pour d’autres raisons, lui, c’était à cause de Macron et de Zemmour.

La semaine a été raide, donc Eric Zemmour a la trouille de voir les homosexuels blacks et salafistes nous envahir, nous remplacer. J’ai dit à Mamedy que c’était moyennement grave dans la mesure où il n’était pas homosexuel, ni salafiste. Mais Macron ?

A fait Mamedy. Là, j’étais plus ennuyé. On va encore dire que je lui en veux, mais pas du tout.

Enfin bon, il a quand même lâché un tissu de conneries. Je sais, c’est un gros mot. Mais regarder l’immigration en face, cette immigration avec laquelle la bourgeoisie n’a pas de problème, trouver que le droit d’asile est détourné de sa finalité, bref, nous trouver trop cool avec les migrants, c’est quand même chasser sur les terres du Rassemblement National, non ?

C’est quand même une grosse connerie ? Comment et pourquoi offrir cette tribune à Eric Zemmour et à Marion Maréchal Le Pen ? Bravo LCI, bravo Mr Bouygues, fort, très fort.

Je pourrais vous enfoncer mais je vous reconnais néanmoins un mérite. Vous ne l’aviez certainement pas prémédité, pressés que vous étiez à faire de l’audience. Mais écouter un discours de Marion Maréchal Le Pen jusqu’au bout est un exercice finalement salvateur, c’est comme regarder un film expérimental slovène des années 70.

C’est tellement vide et creux qu’à la fin on se dit bon, les gens ne vont pas être cons au point de trouver ça pertinent. – Le premier grand défi, le plus vital, est le grand remplacement. Je comprends évidemment qu'il puisse y avoir du doute, mais je ne comprends pas du tout qu'on puisse perdre espoir. [applaudissements] – En même temps, les gens sont souvent cons.

Tiens puisqu’on en est à LCI, j’ai découvert en lisant Street Press… il faut soutenir Street Press qui a du mal à joindre les deux bouts, que deux dessins y avaient été censurés, les voici. L’interview la plus assassine de la semaine, je l’ai trouvée dans le Point. C’est un politologue et un sondeur qui parle, on le voit souvent sur les plateaux télé, Stéphane Rozès est un homme calme et mesuré. – Si vous voulez discuter avec moi sur le fond, discutez sur le fond, ne souriez pas s'il vous plaît. – Il avait plutôt Macron à la bonne, mais là il a balancé sévère. "Le président fait du patin à glace sur un lac gelé dont l’épaisseur est très fragile", dit-il.

En gros, s’il se casse la gueule, on est mal. Mais ce n’est pas tout, "Macron n'est pas juste un banquier ou ancien inspecteur des finances, c'est un homme de culture et d'humanité. Il a une profondeur que n'avaient pas ses prédécesseurs, excepté Jacques Chirac, François Mitterrand et bien entendu le Général de Gaulle", dit-il aussi.

Vous voyez que je suis gentil, comme Stéphane Rozès. Le problème c’est la suite, "le problème, c'est qu'il a tellement confiance en lui qu'il pense que son incarnation et la force performative de son verbe sont suffisantes pour diriger la nation". Sous-entendu, elles ne le sont pas, mais alors pas du tout, et toc.

Et enfin, le coup de grâce : "le président Macron a réactivé notre dépression nationale", conclut le politologue, car le malheur français, notre dépression record dans le monde est de nature culturelle. La France a besoin, pour rassembler ses diversités, de déployer son génie et d'exceller, mais Bruxelles oblige la Nation à intérioriser des contraintes de nature technique, comptable, venant de l'extérieur, c'est cela qui fait notre dépression et notre défiance. Macron avait dit aux Français que c'était le personnel politique qui faisait notre malheur. "Selon moi" dit le sondeur, "la crise du politique est l'effet et non la cause de nos problèmes." D’où l’impuissance de Macron et ses tentatives vaines et anxiogène d’enfumage, d’où notre déprime.

Les sujets de dépression sont légions et ne laissent présager rien de bon. Il y a cette directrice d’école qui s’est suicidée et a laissé une lettre poignante qui laisse visiblement de marbre le ministre de l’Éducation, M. Blanquer.

Il y a cette interview formidable du père de Julian Assange qui souffre de voir mourir son fils sous les regards fuyants des Anglais, des Américains, des Français, et des Allemands. Il y plus drôle mais vraiment pathétique, cette séance à l’Assemblée qui en dit long sur l’état de notre démocratie. – Je mets donc aux voix l'amendement 2123 qui a reçu l'avis favorable du rapporteur et du gouvernement.

Qui est pour ? Qui est contre ? Il est adopté. [Protestations] [silence] Adopté, j'ai regardé, évidemment.

Non, non… non ! Je mets aux voix… [Protestations] non, non, mais écoutez… C'est adopté, [Protestations] il y a une série d'amendements identiques. Monsieur Breton, Monsieur Breton, non, non, écoutez, mais pourquoi vous contestez si je vous dis que l'amendement est adopté, il a été adopté. – Non [protestations fortes] – Ecoutez, ça suffit, ça suffit, le vote a eu lieu. – Il y a la gentille Margrethe Vestager qui perd sa bataille contre les fraudeurs fiscaux comme Starbuck.

Il y a Bernard Arnault qui a embauché Ismaël Emelien, le principal conseiller d’Emmanuel Macron pour le conseiller en matière d’environnement. Il y a cette arme nouvelle inventée par des chercheurs chinois mais aussi par des Américains qui envoient des ultrasons qui atteignent le cerveau des manifestants et les font gerber, ce n’est pas une blague, c’est une enquête parue dans Capital, et c’est bien flippant. Et puis en Australie, le ministre de l’Intérieur qui demande à ce que les militants pacifistes pour le climat soient emprisonnés.

Traversé, on est traversé, je suis traversé par ces histoires déprimantes. Parfois, elles nous touchent plus directement. Cette semaine au Média, deux petites histoires, bien plus insignifiantes que ces suicides, ces armes de destruction ou ces emprisonnements iniques m’ont troublé, elles concernent deux collaborateurs du Média.

Gaspard Glanz d’abord qui ne peut plus exercer son travail de journaliste sans que des flics ne lui tombent dessus et l’enferment sans aucune justification légale. Dans le seul but d’entraver sa liberté d’informer. Là, on voit à la manœuvre, le patron du syndicat Alliance. | [musique en fond de manifestation] [conversations inaudibles] – Nous allons procéder à un contrôle d'identité.

Vous avez une fiche qui apparaît au fichier des personnes recherchées parce que vous n'avez pas déféré à une décision de justice. Je n'ai pas le moyen de vérifier, donc ce sera au commissariat de vérifier. – Allez, salut, à la prochaine, – Et puis Lucas Gautheron.

Lucas est sans doute aussi déprimé que moi, mais il a de l’humour et sur Twitter il se lâche parfois dans des tweets plutôt fendards. On appelle ça de l’humour, du second degré. Mais même cet humour est aujourd’hui réprimé puisque Lucas est convoqué à la police sur instruction du parquet de Paris. – On t'aime, Lucas ! [rires] – On ne va pas se laisser abattre.

Le week-end a été par ailleurs réjouissant, et même si les médias dominants l’ont très peu évoqué, sachez que des convergences se font un peu partout entre Gilets jaunes et les militants pour le climat d’Extinction Rébellion. L’attaque du centre commercial par une armée joyeuse et inventive faisait plaisir à voir. | [musique] Pour finir, je voudrais vous montrer une toile de Banksy.

Elle vient d’être rachetée chez Sotheby’s à Londres pour 11 millions d’euros alors qu’elle avait été vendue dix fois moins huit ans plus tôt. Elle montre le parlement britannique en plein débat, mais on aurait pu faire la même à Paris ou à Melbourne. Pourquoi l’Australie, parce que Banksy s’est fendu d’un message qui reprenait la citation d’un critique d’art australien appelé Robert Hugues.

L’art devrait nous faire sentir les choses de façon plus claire et plus intelligible. Il devrait nous donner des sensations cohérentes que nous n’aurions pas sinon. Mais le prix d’une œuvre d’art fait désormais partie de sa fonction.

Son nouveau travail consiste à être exposée sur un mur et à devenir de plus en plus chère. Au lieu d’être un patrimoine commun à l’humanité comme le sont les livres, l’art devient la propriété personnelle de celui qui veut se l’offrir. Imaginez que n’importe quel livre du monde vaille un million de dollars, imaginez l’effet catastrophique que cela aurait sur la culture.

Ce que je trouve artistique et révolutionnaire, moi en ce moment, ce sont les slogans qui fleurissent dans nos centres commerciaux occupés. "Ensemble détruisons ce qui nous détruit". Allez et salut. [Générique]

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