#RDLS165 - Mobilisations #PourNosRetraites / Le coût des riches / Guyane
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, c'est la 165e revue de la semaine, je suis de retour de la Guyane et je souffre du décalage horaire dans ce sens alors que j'ai quasiment rien ressenti dans l'autre. Bien, alors allez, le générique. Je commence par vous parler de ces jours passés en Guyane. J'ai fait une note sur mon blog pour donner quelques petits récits des moments que moi j'ai trouvé les plus savoureux sur place. Mais évidemment, j'y étais pour des raisons politiques et médiatiques. Donc médiatique, vous l'avez vu, c'est l'émission sur France 2, l'événement. C'est une émission qui commençait à 21h, ça ne s'arrangeait pas trop mes affaires, mais le décalage horaire permettait que ce soit là-bas en plein jour.
Et donc il y avait un côté un peu agréable à faire une émission de cette nature, ailleurs qu'enfermée dans un studio, avec des formes très conventionnelles. Et puis on a pu aborder des sujets puisque j'avais la liberté du choix de ces sujets sur un certain nombre d'entre eux, comme l'espace notamment, la forêt, les accords possibles avec le Brésil.
Et ça, je pense que ça a servi, c'est une démonstration de comment le service public peut être un lieu où on aborde des sujets qu'il est à peu près impossible d'aborder ailleurs, parce qu'aucune chaîne commerciale n'accepte de prendre en charge, comme sujet de discussion, autre chose que les trucs plus ou moins pipolisants qui ont lieu dans la semaine. Ça, c'était important. Et puis, vous, vous n'en avez peut-être pas rendu compte si vous l'avez regardée, cette émission, mais il y avait trois sujets en vidéo qui étaient trois sujets sur la Guyane.
Alors pour les Guyanais, il faut vous rendre compte que c'est énorme, qu'on parle d'eux, qu'on parle de leur territoire, qu'on montre les paysages qui sont ceux de cet endroit. Et pour que vous finissiez complètement de prendre en compte ce qu'est la Guyane, il faut se rendre compte que c'est grand comme le Portugal, et qu'il y a peut-être 400 000 personnes dessus, les chiffres officiels, ce n'est pas tout à fait 300 000. C'est donc un immense territoire, neuf, dont 90% de la surface appartient à l'État, et qui, bon, a une population qui est en train de se construire. Et pour dire les choses encore plus directement, il y a un peuple guyanais qui est en formation sur ce territoire.
Bon, on est loin d'un peuple parce qu'il y a de nombreuses différences qui existent sur place, et les gens ne sont pas toujours assez nombreux pour que leur interdépendance soit marquée comme dans d'autres pays. Ça, ça donne comme résultat que nous aurons donné un coup de main à la Guyane, aux Guyanais, pour qu'on parle d'eux. Et ça, dans le moment, vous ne vous rendez pas compte, mais c'est énorme. Pourquoi ? Parce que dans tous les Outre-mer français, on atteint un état d'exaspération, dont ce que vous vivez aujourd'hui dans l'Hexagone n'est qu'un petit reflet. C'est vraiment le sentiment d'être absolument abandonné.
J'ai découvert des situations, comme dans une ville comme Marie-Passoula, où pendant un mois, il n'y a pas d'avion, donc personne ne peut se déplacer, parce que sinon, par le fleuve, et ça prend des jours, pour faire les distances qui sont nécessaires d'être faites, évidemment, quand vous avez des problèmes de santé ou autres, et bien c'est quasiment insurmontable comme situation. Exaspération encore, quand vous avez quelque chose comme 10 000 enfants qui n'ont pas accès à l'école.
Soit parce qu'il n'y a pas d'instituteurs, soit parce qu'il n'y a pas de transport, et tout ça, ça pèse terriblement sur la vie quotidienne des gens, et qui sont excédés d'avoir le sentiment que, sans cesse, les choses vont plus mal. Il n'y a rien qui s'arrange. Pendant longtemps, c'était l'inverse. On avait le sentiment que les choses s'arrangeaient, que petit à petit, on s'avançait vers un mieux-être. Et là, le sentiment est exactement l'inverse. Ce qui plombe le moral de beaucoup de monde sur place, et puis notamment, bon, de beaucoup d'élus, parce qu'il faut faire face à tout ça en même temps, avec le sentiment qu'on ne sait pas comment on va régler les problèmes.
Et pendant que je me trouvais là-bas en Guyane, il s'est produit un événement que, moi, je considère comme un événement historique. C'est une réunion de l'ensemble des élus de l'outre-mer, qui étaient soit présents physiquement, soit reliés entre eux par une vidéoconférence. C'est un événement historique, parce que ça ne s'est jamais produit jusque-là. Et ça s'est fait sur un des territoires dits d'outre-mer, c'est-à-dire la Guyane elle-même, à l'invitation du député qui organisait ça, qui était David Riman et de Jean-Victor Castor, qui est l'autre élu d'opposition de la Guyane. Parce que la Guyane a élu deux députés d'opposition.
Et c'est un signal, je crois, parce que c'est une population qui n'est pas forcément, comment dire, frontalisante, pas aller dans le choc. Pour qu'ils élisent deux députés d'opposition, c'est que vraiment la coupe est pleine. Et puis, moi, ils m'ont élu au premier tour de l'élection présidentielle, puisque j'ai fait plus de 50% des voix là-bas. Bien sûr, je le reçois moi comme personne avec gratitude, mais je suis parfaitement conscient du fait que c'est un signal politique qui est donné dans cette circonstance-là.
Jetez un oeil, si vous le voulez, sur cette émission, puisqu'elle traite des questions que je voulais voir traiter, et aussi parce que, bon, elle rencontre d'une ambiance, et notamment qu'elle m'a permis de m'exprimer sur la question des retraites. Cette semaine même, nous enregistrons la revue de la semaine, nous sommes dans le temps fort numéro un de cette grande bataille des retraites. Je dis grande bataille des retraites parce qu'ici aussi, les gens sont exaspérés, et qu'ici, il se produit surtout quelque chose de totalement nouveau.
Nous en sommes à la huitième réforme des retraites, et je peux vous dire, pour avoir vu toutes les autres, que c'est la première fois que les gens ne croient pas les arguments chiffrés qui sont donnés par le gouvernement. Et ça, c'est un fait complètement nouveau. Un très grand nombre de gens, mais aussi, il faut le dire pour leur honneur, de commentateurs, ont compris que ce n'était pas vrai, qu'il n'y avait pas de problème d'équilibre financier, et que donc la réforme obéissait à d'autres objectifs que ceux qui étaient annoncés.
Et puis, on en était là, de ce doute, de cette méfiance à l'égard des arguments qui sont donnés, quand est tombé le rapport d'Oxfam, à qui on doit beaucoup, parce qu'il éclaire d'un jour terrible ce qui est en train de se passer dans notre pays, et notamment le résultat de l'écart des fortunes entre les uns et les autres, c'est-à-dire un tout petit groupe de gens, en l'occurrence 5 milliardaires sur 6, sont plus riches après la crise Covid et les autres crises que nous avons connues depuis 2020 qu'ils ne l'étaient auparavant. Et une personne, à elle toute seule, possède autant que 20 millions de Français.
Cet écart de situation, les uns s'enrichissent pendant que les autres s'appauvrissent, cet écart de situation où l'un accumule une fortune immense pendant que tous les autres perdent en moyenne 760 euros dans l'année, c'est le chiffre qui a été établi par Oxfam, à la suite de la soudaine poussée tout d'un coup de l'inflation et de la situation de stagnation qu'on a connue auparavant. Eh bien, tout ça, qui paraît à la fois soudain et cruel, est dévastateur sur l'esprit public. Alors, je devrais m'en réjouir, et d'ailleurs, je suis content que les gens ne croient pas à n'importe quoi.
Mais je dois dire aussi que ça crée une situation tout à fait particulière où toutes les valeurs sont démonétisées, comme on dit. On ne croit plus à rien, on ne croit plus à personne. Et ça, dans une société, ce n'est pas une belle situation. Mais comment ne pas être dans cet état d'esprit ? Dans l'enquête d'Oxfam, il y a un chiffre que j'ai trouvé absolument terrible. C'est quand cette enquête dit, voilà, si on faisait une taxe à 2%, d'accord ? 2% sur les 42 milliardaires de notre pays, les plus riches, si on leur prenait 2% de taxes sur leur super profit, on arriverait avec ces 2% à payer, à combler le déficit prévu pour les retraites dans 5, 6, 7 ou 8 ans.
Bien sûr, c'est une projection qui n'a aucun sens, parce que personne ne sait quelle sera la situation économique, quel sera le niveau d'emploi dans 5, 6, 7 ans. Évidemment, on ne sait pas non plus quelles crises auront frappé l'économie d'ici là. Ce dont on est certain, c'est qu'une crise s'avance et vient vers nous. Elle est le résultat, comme je l'ai déjà dit sur cette revue de la semaine et expliqué, de le fait que la banque centrale européenne, mais la banque américaine a fait pareil, a augmenté ses taux. Ce qui veut dire que ça va rendre le crédit plus cher partout.
Alors que ce soit le crédit à la consommation, que ce soit le crédit pour acheter une maison ou pour acheter je ne sais quoi, une voiture, enfin, toutes les choses qui font tourner l'activité économique vont coûter plus cher à être acquises par le crédit au moment même où par ailleurs elles coûtent plus cher parce qu'il y a de l'inflation. Et tout ça devrait donc ramener un ralentissement de l'économie et une augmentation du chômage. C'est la raison pour laquelle les économies sont, d'une manière générale, plutôt inquiées.
Et naturellement, la confrontation de cette situation avec les écarts de fortune que je viens de mentionner est absolument insupportable dans un pays qui a quand même une certaine tradition d'égalité et un certain refus des privilèges et de l'accumulation par quelques personnes de tout ce qui fait défaut à toutes les autres. C'est l'ambiance dans laquelle on rentre dans cette semaine où nous avons deux rendez-vous. Il faut en dire un mot. Le premier, c'est le 19. C'est une journée d'action à l'appel de tous les syndicats. C'est un point d'appui extrêmement précieux qu'ils soient tous d'accord.
Alors, bien sûr, c'est une journée d'action et il y aura sans doute des secteurs où il y aura des appels à la grève reconductibles qui seront faits. Mais pour l'instant, ça se présente comme une journée d'action. Elle est unie, donc il faut espérer qu'elle ait le plus grand succès possible parce que partout où le travail s'arrête, s'arrête la production et s'arrête donc l'accumulation du capital.
Et par conséquent, c'est une opération, ce 19, qui va coûter cher à ceux qui possèdent, à ceux qui font des bénéfices, à ceux qui font des dividendes parce que ça va leur faire la démonstration que les gens ne sont pas prêts à tout accepter, c'est-à-dire à travailler sans cesse davantage sans que leurs conditions matérielles s'améliorent. Parce que je rappelle que c'est ça dont on parle à propos de la retraite, c'est d'un allongement de la durée du travail, cette fois-ci, dans la vie. D'autres fois, c'est dans la semaine, d'autres fois, c'est dans le mois. Là, c'est dans la vie.
Et cette augmentation de la durée du travail dans la vie n'est faite que dans l'unique objectif qui est d'augmenter l'accumulation des profits. Parce que si vous voulez y réfléchir, vous avez le droit de vous poser une question. On nous a dit il faut travailler plus. Ah bon ? Ben, la question c'est pourquoi faire ? Pourquoi faire ? Faudra-t-il travailler plus ? Vous vous êtes déjà rendu compte que si la durée du travail pendant le siècle passé a été divisée par deux, c'est une tendance longue, lourde de l'histoire, mais encore heureux, qu'il y ait besoin de moins de travail pour produire ce dont on a besoin.
Alors, on peut discuter de savoir de quoi on a besoin, mais produire davantage en travaillant moins, c'est un résultat économique qui est extrêmement intéressant parce que ça veut dire que c'est plus intéressant de travailler comme ça, industriellement, collectivement, ça donne des résultats qui font que vous n'avez pas besoin de coudre vos chaussures, ce n'est pas vous qui tissez votre chemise et ainsi de suite.
Il y a donc que le travail collectif se substitue à ce qui était autrefois du travail individuel et le réalise dans de meilleures conditions et à des conditions d'accès qui sont au plus simple et plus intéressantes que s'il fallait faire tout soi-même mais en même temps qu'on peut observer cette progression, eh bien, on nous dit qu'il faudrait travailler davantage et je le redis, on travaille déjà beaucoup, la productivité du travail s'est accrue, elle a commencé à se bloquer mais répondait à la question ceux qui nous disent il faut produire plus, produire plus, pourquoi faire ?
Parce que ce qu'on produit déjà donne lieu à un gaspillage d'une telle ampleur que ça mérite qu'on s'interroge sur ce qu'on est en train de faire. Saccager la nature, piller toutes les ressources pour produire toujours davantage des choses qu'on traite toujours de plus en plus mal. Que ce soit le soin des objets, que ce soit le soin des produits alimentaires, eh bien, les pertes sont considérables, le mépris pour la durée des choses est quasi total, il y a une culture du prompt à jeter mais ça donne des résultats terrifiants. 20% de la production alimentaire est gâchée dans notre pays.
Pendant ce temps, vous avez 8 millions de personnes qui sont à l'aide alimentaire et sur ces 20%, 30% sont perdus directement au travail de la terre et dans le transfert entre la terre et la mise en camion pour aller à l'usine de l'agroalimentaire. Et ensuite, c'est 20% à nouveau qui sont perdus dans l'agroalimentaire. Donc, vous voyez que la consigne de notre époque, ça devrait être plutôt travailler moins tous, travailler moins pour travailler tous et pour pouvoir travailler mieux. Et c'est clair que vous travaillez mieux si vous travaillez moins longtemps, tout le monde peut comprendre ça. Et vous travaillez mieux, ça veut dire notamment qu'on gâchera moins.
Et donc, on s'y retrouvera, non seulement parce que la productivité du travail donnera toujours les résultats qu'elle a donnés jusqu'à présent, mais en plus parce qu'on récupérera sur tout ce qui est jeté, perdu, inutilisé, etc., etc., jusqu'à l'absurde. Par exemple, vous voyez là, en Guyane, j'ai vu les camps d'orpailleurs clandestins. Et bon, de l'autre côté, au Suriname, il y en a des officiels. C'est les damnés de la Terre qui sont là pour balancer le plus possible de mercure pour que ça cristallise de l'or. Enfin, ça pourrit tout, la rivière, l'environnement. Les gens eux-mêmes se détruisent dans cette activité.
Et hier, on m'a passé une petite fiche pour argumenter mon propos sur le gâchis. Et dans cette fiche, j'ai pu lire qu'une tonne de téléphones portables jetés contient autant d'or qu'une tonne de ces cailloux que ramassent les gens là-bas dans la jungle dans les conditions que je viens de raconter. Donc, si on décidait, par exemple, d'utiliser dans notre pays ce qu'à un moment donné, on a appelé les mines urbaines, c'est-à-dire ramasser tous les déchets qu'on balance de tous les côtés et qu'on ne retraite pas, eh bien, on aurait accès à des matières premières dans des quantités considérables et qui nous permettraient de recycler.
Bref, tout ça, je veux vous dire une chose, c'est que ce système économique est aberrant. la manière qu'il a de traiter l'environnement, la manière de traiter les ressources est aberrante. La manière de traiter les êtres humains est aberrante. Là, on veut augmenter le nombre d'années pendant lesquelles il faudra cotiser et repousser l'âge du départ de la retraite à 64 ans. Même question de nouveau. Pourquoi faire ? Parce que si certains se sont amusés à chiffrer un soi-disant déficit qui devrait apparaître, qui est-ce qui a chiffré ce que ça va coûter de faire cette manœuvre ? Pourquoi je vous dis ça ?
Parce que jusqu'à présent, la moitié de ce qu'on appelle les seniors de plus de 60 ans ne sont ni en emploi ni au chômage. Ils sont donc dans le vide et ils vivent d'allocations, ils vivent de la solidarité entre les travailleurs par les différentes caisses de la sécurité sociale. Ça veut dire qu'on va en augmenter le nombre, tout simplement. Et donc, on va augmenter ce que ça va coûter d'une part en allocation chômage, ensuite en frais de santé parce que à ses âges, on est plus fragile et le chômage tue, le chômage détruit, le chômage mine les gens. Par conséquent, par quelques bouts que vous preniez le problème, vous n'avez jamais une explication rationnelle.
Il en existe pourtant au moins deux. La première, c'est que la chef du gouvernement et le président de la République sont engagés auprès de l'Union européenne à repousser l'âge de départ à la retraite comme on le fait dans toute l'Europe. Alors c'est pour ça qu'après, ils viennent et disent « mais les autres en font autant ». Non, les autres n'en font pas autant. C'est que les autres le font parce qu'on leur a ordonné et maintenant on vient de nous dire à nous « il faut faire comme eux » mais ça n'est pas plus valable pour eux que ça n'est valable pour nous. Il faut que vous sachiez, j'ai vu ça dans le monde diplomatique, que rien ne les arrête jamais ces gens-là.
La Lituanie, par exemple, il leur propose un plan de retraite avec la retraite à 70 ans. Ils ne s'arrêtent jamais. Alors vous grattez la tête et vous vous dites « pourquoi ils font ça ? » C'est absurde, tout le monde sait qu'à 70 ans, ce n'est pas le meilleur moment pour aller travailler et user son corps parce qu'il l'est déjà usé. Il y a une raison. Les versements des retraites en France, comme vous le savez, c'est un système par répartition. C'est-à-dire que vous travaillez, vous payez, vous cotisez et les cotises, elles servent immédiatement à payer les retraites des gens. Mais la masse de cet argent, c'est 330 milliards. Rendez-vous compte, c'est plus que le budget du pays.
C'est 330 milliards. C'est une somme colossale. Eh bien, ces 330 milliards, le but du capitalisme, c'est de le sortir de la répartition pour le mettre en capitalisation. Alors ils ne vont pas y arriver d'un coup. Ils ont essayé. La précédente réforme des retraites qu'avait proposé de faire M. Macron et qu'on l'a empêché de faire, elle prévoyait d'avoir des fonds de pension et d'avoir des retraites à point. Je ne vais pas vous réexpliquer toute cette histoire parce qu'on l'avait fait à l'époque.
Mais ça vous permet de bien comprendre que cette fois-là, c'était toute la somme d'un seul coup qu'il ramassait et qu'il pouvait investir en fonds de pension et le faire travailler comme de la finance avec tous les parasites qui se grèvent dessus, les banques et ainsi de suite. Cette somme de 330 milliards, il la rogne. Si vous avez des mauvaises retraites, si vous êtes à un mauvais niveau de rémunération, mais que vous avez une paie qui vous permet d'y faire face, vous vous en allez aussitôt pour prendre des retraites complémentaires, des retraites surcomplémentaires et des plans épargne-retraite pour vous faire servir la somme dont vous estimez que vous auriez besoin.
Mais ça, ça va vous coûter affreusement cher parce que ce n'est pas du tout les mêmes proratas que dans la retraite par répartition. Et l'argent capitalisé, lui non plus, il ne voyage pas, les amis. Donc, on vous raconte des histoires. Ce n'est pas vos sous que vous allez retrouver dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans. Vous ne trouverez rien d'autre que les sous qui, à ce moment-là, circuleront entre les gens qui rempliront les plans épargne-retraite et ceux qui les videront comme vous si vous êtes retraité sur ces plans-là. J'espère que tout ce que je suis en train de vous dire ne paraît pas confus, mais je ne paraît pas trop chiffré, trop dense.
Mais je vais vous donner une dernière indication qui, à mes yeux, compte beaucoup. C'est que tout ce que font les gens qui sont à la retraite aujourd'hui ne sera plus fait par eux. Ah, quoi ? Bon, on a dit déjà s'occuper de ses enfants, faire vivre les associations, s'occuper de la mairie, notamment dans les petites communes. La proportion de maires du village qui sont à la retraite est considérable. C'est plus de 40% des maires. C'est donc beaucoup de monde. Mais qui va le faire s'ils sont occupés à autre chose ? Ce qui veut dire que plein de choses qui ne sont pas dans les remarchandes vont y entrer de force à cause de ce type de réforme.
Par exemple, quand on parle des grands-parents avec leurs enfants. Mais c'est un sujet qui n'est pas du tout à traiter par-dessus la jambe. Ce n'est pas juste à bâtir pendant que les grands-parents font ça. Il n'y a pas besoin de payer la babysitter. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est quelles garanties ont les enfants de vivre une vie en famille et donc d'apprendre tous les codes, toutes les interactions sociales qui constituent une personnalité humaine et qu'on acquiert essentiellement dans les relations qu'on peut avoir avec sa famille, avec des gens qui ouvrent immédiatement un large champ de discussion, de centre d'intérêt.
Je ne dis pas que les babysitters ne le fassent pas mais ce n'est pas pareil avec quelqu'un qu'on a là pour quelques heures qu'avec quelqu'un qui est membre de sa famille donc on est appelé à voir, à revoir et avec lesquels on se construit soi-même. Eh bien, tout ça devrait entrer dans la sphère marchande où ça ne se trouve pas. Je demande qu'on y réfléchisse parce qu'il n'y a jamais de réforme dont le but ou le sens est purement comptable. ça n'existe pas. Ce n'est pas une question purement comptable la retraite.
D'abord, il n'y a pas de problème comptable mais quand bien même il y en aurait-il un il faudrait d'abord réfléchir aux conséquences des décisions qui sont prises sur le fonctionnement général de la société. Alors cette semaine donc nous avons le 19 la journée d'action à l'appel de tous les syndicats.
Pour ma part je serai le 19 à Marseille comme je le fais chaque fois qu'il y a une grande mobilisation nationale puisque c'est le dernier endroit où j'ai été élu député de la nation et j'en étais très fier donc par conséquent je me mets avec eux chaque fois que je peux pour participer à des luttes et puis ensuite nous allons avoir la marche du 21 le 21 c'est un samedi ça veut dire que tous ceux qui ne sont pas salariés donc qui n'ont pas pu faire la grève qu'ils soient au chômage qu'ils soient jeunes en formation pourquoi je dis jeunes en formation ?
Parce que les jeunes notamment les jeunes étudiants il y en a 2 millions dans notre pays mais la moitié est obligée de travailler pour se payer ses études et donc elle vit avec des budgets extrêmement chiches et bon on n'a pas toujours la possibilité de participer à la lutte en tout cas ça veut dire que la moitié d'entre eux seront retenus ailleurs et donc les étudiants les retraités les personnes qui d'une manière ou d'une autre ne sont pas au travail pour autant de raisons qui leur appartiennent et bien ils auront la possibilité de se mobiliser et ce qui est très important c'est qu'ils le feront derrière 10 organisations de jeunesse et moi je crois que c'est très important de voir des organisations de jeunesse se mêler de la question de la retraite alors on peut dire ah ben c'est loin dans leur vie la retraite c'est pas pour tout de suite ils ont le temps d'y penser pas du tout c'est qu'ils savent très bien que le changement de mode de vie qu'implique la retraite va changer la vie tout de suite maintenant et puis pour la jeune génération c'est aussi une manière de s'emparer du monde dans lequel elle vit et comme vous le savez et comme vous le savez on a beaucoup dit que les jeunes s'en foutaient que ça les intéressait pas etc je trouve que c'est un super symbole que cette journée de marche du 21 soit ouverte par les organisations de jeunesse et naturellement nous autres les insoumis nous nous sommes mis à leur service nous avons distribué des tracts organisé des cas collé des affiches et ça continue maintenant pour que le 21 soit un succès alors fort heureusement se sont apaisées des petites tensions qu'il y avait sur le sujet entre la mobilisation syndicale et la mobilisation de la jeunesse qui est d'ailleurs aussi en partie une mobilisation syndicale et nous sommes contents de dire que tout ça converge tout ça va dans le même sens cela a été dit par les dirigeants syndicalistes eux-mêmes et donc que nous allons pouvoir vraiment jeter toutes nos forces dans la bataille que ce soit le 19 ou que ce soit le 21 et je vous demande vraiment de faire l'effort de vous impliquer dans cette bataille vous allez voir pour ceux pour qui ce sera la première fois dans leur vie ça va être une grande étape de l'histoire sociale de la France parce que tout montre qu'il y a une tension extrême que beaucoup de gens sont très choqués par les décisions qui ont été prises à propos des retraites et que l'exaspération à l'égard du gouvernement est dans une de ses formes les plus denses maintenant lui le gouvernement et en particulier monsieur Macron il souhaite un bras de fer avec les travailleurs de ce pays avec le peuple de ce pays et bien c'est à nous de montrer que dans le bras de fer c'est nous qui allons gagner et il faut que vous vous souveniez que vous en avez le droit on a le droit de s'opposer c'est même la règle de base dans une démocratie alors je vous dis au 19 au 21 et puis après on se retrouve pour une nouvelle revue de la semaine si ça vous plaît vous mettez un petit pouce bleu si vous découvrez ça par hasard et que ça vous plaît vous pouvez vous abonner c'est gratuit et ça le restera toujours pour un petit pouce bleu
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