Science et sport : conférence de presse
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Questions et réponses
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Dans votre rapport, vous faites référence aux références scientifiques des fédérations. Est-ce que toutes les fédérations en disposent ?
- 37:00OuverteRéponse directe
Vous soulevez le risque de souveraineté des données collectées par des entreprises étrangères. Quelle est la nature de ce risque ?
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Oui. Donc bonjour à tous ici présent et et en en distance pour la présentation donc du rapport de l'OPEC sur sciences et sport. Donc c'est un peu la deuxième mi-temps puisqu'on a présenté ce matin même le rapport à H clos au sein de l'OPEX. qu'il a été donc adopté à l'unanimité et je remercie notamment président Stéphan Pied Noir sénateur et le vice-président Pierre Henri qui ont évidemment présidé à cette séance.
Ce rapport pour moi était extrêmement important parce que j'ai à la fois un intérêt pour la science bien sûr en tant que scientifique et puis pour le sport. Et donc au-delà de mon intérêt personnel, évidemment, il était en perspective après les Jeux Olympiques, il y avait une volonté de réaliser ce rapport au sein de l'OPEX. Donc c'est un rapport qui a commencé dès le début du mois de mars, donc avant la fin des Jeux Olympiques, ce qui permettait de suivre aussi en parallèle bien sûr les les Jeux Olympiques.
C'est un rapport qui a été un petit peu long parce que comme vous le savez, il y a eu des aléas politiques qui ont fait que l'OPEX a travaillé au fur et à mesure des sessions parlementaires. Et donc je tiens aussi à remercier les collègues députés qui m'ont accompagné sur le une grande partie de ce rapport Jean-Luc Fugit et Stéphane Vogeta mais qui n'ont plus terminé ce rapport. Donc je serai le seul signateur au nom de l'OPEX.
C'est un rapport qui a permis de voir plus de 100 personnes avec 50 auditions, 8 visites de terrain et qui donc permet aujourd'hui de rendre un rapport qui a été donc public puisqu'il est validé de de plus de 200 pages. Au cours de cette présentation, je développerai quatre grandes séries d'observations et j'aboutirai à une dizaine de recommandations qui seront séparées en deux axes. Les séries d'observations, c'est une première assez générale sur l'apport de la science et des technologies et de leur impact sur les performances des sportifs de haut niveau avec, on va le voir des fois des côtés qui peuvent être un peu pervers sur l'usage excessif de ces technologies.
La deuxième partie plus spécifique aux Jeux Olympiques, à la préparation des Jeux Olympiques et de tout ce que ça pu apporter dans l'organisation de l'écosystème français autour du sport via la science. Ensuite, une troisième partie à laquelle nous sommes très attachés qui sont les retombées de ces recherches et des innovations, pas que pour les sportifs de haut niveau, mais pour la médecine, pour l'appareillage, pour les loisirs et la pratique amateure. Et puis une 4e partie qui est un peu en débat qui est que au regard de toutes les possibilités, de toutes les avancées euh offertes par cette contribution de la science au sport, de la reconnaissance de l'intérêt du sport notamment pour la santé, on voit qu'en parallèle la situation française de la pratique du sport et des activités physiques est en baisse de manière assez forte et donc il y a un peu une dualité qui est nécessaire de comprendre et d'essayer de changer et qui participera justement à au nom aux quatre recommandations de l'axe 2 que J'évoquerai à la fin de cette présentation.
Donc première partie, la science et les technologies et leur impact sur les sportifs de haut niveau, sur leur performance. Alors là, il y a trois grands domaines. Il y a évidemment les matériaux et les équipements.
Et donc évidemment, on voit des matériaux de plus en plus léger, de plus en plus aérodynamique. Et donc là, la science depuis plusieurs années a énormément travaillé sur ce domaine là avec notamment une spécificité en fonction des disciplines, une spécificité aussi pour les personnes victimes de handicap. Et donc évidemment, il y a un grand nombre d'exemples, le vélo, la voile, les vêtements thermorégulateurs ou respirants, mais également les innovations dans les voitures issues par exemple des Formul 1.
La deuxième partie, c'est la détection des potentiels pour les jeunes sportifs. C'est peut-être un sujet où il y a le plus de travail à faire parce que il y avait des détections qui étaient faites de manière assez binaire par rapport à l'âge relatif du sportif. C'est sa date de naissance et les catégories chez les jeunes.
Or maintenant la science permet de prendre davantage en compte ce qu'on appelle l'âge biologique et surtout la quantité d'entraînement qu'a jeune sportif qui est examiné au regard de son potentiel. Et c'est en couplant tous ces éléments-là avec de l'intelligence artificielle, avec évidemment les expériens des entraîneurs qu'on arrive à faire des détections un petit peu plus précise sur les potentiels des champions et leur parcours au regard de la concurrence internationale. Ensuite, il y a la préparation des athlètes au-Man.
Donc là, c'est aussi un sujet qui est assez bien documenté avec un grand nombre de domaines scientifiques qui participent à cette thématique. La biomécanique, la physiologie, les neurosciences qui ont beaucoup progressé ces dernières années, la psychologie et la sociologie. Bref, l'implication de toutes ces sances couplées permet de mieux préparer les athlètes et en particulier, on va insister sur un point, c'est de mieux gérer la fatigue qui constitue une priorité dans la durée des épreuves et dans la montée en puissance pour le jour J avec à la fois des mesures subjectives qui peuvent être des questionnaires sur le ressenti de l'athlète, sur l'humeur, sur les douleurs, sur le sommeil mais aussi objectif avec bah des mesures, toutes les données variation de la variable cardiaque l'électromiographie, l'IRM et c'est en croisant toutes ces données qu'on a un meilleur suivi à la fois de l'athlète, de sa fatigue, de son potentiel et de sa montée en puissance pour pour l'épreuve.
Dans la fatigue aussi, il y a des éléments qui viennent parasiter tout cela, notamment l'usage des smartphones qui participent à la fatigue non seulement dans la récupération du sommeil, mais aussi dans la performance elle-même. C'est un usage du smartphone moins de 45 minutes avant l'épreuve, ben nuit à finalement le la performance de l'athlète. Donc ça c'est des choses qui sont extrêmement bien euh documentées et qui ont permis de faire euh énormément de progrès euh ces dernières années.
De manière plus générale, euh de nombreuses études ont aussi montré l'effet délétaire sur le sommeil de l'utilisation du smartphone. Donc là, c'est intéressant pour les sportifs bien sûr, mais finalement, on voit qu'il y a déjà un intérêt pour le commun des mortels sur la gestion de cette fatigue. Un domaine qui a aussi beaucoup progressé ces dernières années, c'est la la préparation liée à la santé dite mentale ou en tout cas l'état psychologique.
Là encore, il y a la préparation individuelle, la préparation collective en fonction du sport que l'on pratique, mais aussi pour se comparer et pour être dans les meilleures dispositions pour tenir compte de son état de forme le moment venu. Par rapport à tout ça, il y a aussi donc la technologisation dans le sport. qui peut avoir donc des effets pervers.
Alors pourquoi pervers ? Parce que d'abord il y a des inégalités de plus en plus importantes entre les nations, mais ça c'est le choix de chaque pays d'y contribuer, entre les clubs et entre les fédérations, mais aussi entre les hommes et les femmes. Sur les 5 dernières années, 9 % des études portées exclusivement sur les sportives féminines alors que plus de 71 % exclusivement sur les hommes et 20 % en couplant les deux.
Et c'est d'autant plus dommage qu'en terme de performance, on sait très bien que des études sur les spécificités physiologiques spécifiques féminines permettraient d'avoir un impact important sur les les performances. L'augmentation aussi des données aboutit souvent à une pression psychologique liée à la donnée et à la performance. Et donc c'est quelque chose aussi qu'il faut prendre en compte dans l'entraînement et il faut pas que cette technologie soit au détriment de la santé des athlètes.
Et puis la forme ultime du dopage, c'est ce dopage vers ce qu'on appelle l'homme augmenté où les performances naturelles seraient augmentées par la technologie avec des nouvelles formes de dopage qui seraient peut-être plus difficiles à détecter euh qui pourraient y compris avec des capteurs internes. Et à cet égard, euh nous dénonçons bien sûr l'organisation assez médiatisée en 2026. Euh des jeux augmentés qui ont pour but de permettre toute forme de dopage euh qu'elle soit biologique ou technologique pour battre tous les records et c'est subventionné par des milliardaires américains.
Et donc on voit bien ce mythe de l'homme éternel ou de l'homme augmenté. En parallèle de tout ça, il faut aussi se méfier du développement de toutes les préparations mentales et physiques qui fleurissent dans tous les domaines avec certains qui ont des diplômes, d'autres qui ont pas des diplômes, qui ont des références. Et donc on voit qu'il y a un vrai risque de développement en parallèle qui peuvent être nuisibles aussi aux sportifs de haut niveau.
Donc ça c'était un petit peu la la toile générale qui était indépendante des Jeux Olympiques et puis bien sûr donc deuxème partie il y a eu l'organisation de ces Jeux Olympiques à Paris en 2024 et finalement ça a été une étape assez importante pour que la France revoit sa stratégie d'intégration des sciences et des technologies dans le monde sportif de haut niveau. Il a été pour ça lancé le programme sciences 2024 en 2018 avec pour but d'élargir tous les réseaux des organismes impliqué dans la recherche sportive française que ce soit les écoles d'ingénieur, le CNRS, le centre national des sports et de la défense qui avait fait beaucoup de travaux souvent qui étaient pas connus et là c'était l'occasion de les faire partager par la communauté. le lancement et ça c'est très important du programme prioritaire de recherche sport de très haute performance en 2020 à hauteur de 20 millions d'euros sur 5 ans avec trois objectifs affichés. apporter des solutions scientifiques et technologiques aux sportifs de haut niveau afin d'atteindre leur performance optimale.
Transporter les avancées de la recherche à la préparation des athlètes en s'appuyant sur des projets à la fois appliqués et innovants et puis réduire évidemment le retard de la France vis-à-vis de ces concurrents en matière de recherche et d'innovation. Je pense notamment à nos amis britanniques qui avaient mis le paquet dans le cadre des justement des Jeux Olympiques organisés à Londres. Finalement, ça a été donc 11 projets de recherche qui ont été financés et qui concernaient 21 fédérations et qui ont contribuer à la moisson de de médaille de de l'équipe de France.
Au-delà de ce résultat, il y a eu aussi la mise en place de groupement de recherche sport et d'activité physique. Donc ça a permis de créer un réseau interdisciplinaire qui vise à fédérer les différentes équipes de recherche. Il y a eu bien sûr une réorganisation institutionnelle avec la création de l'Agence nationale du sport et plus particulièrement du pôle Haute performance.
Hier au Sénat dans la commission culture, sport, éducation, nous recevions la ministre des sports, madame Ferrari et c'est un sujet qui a été abordé sur le rôle futur justement de de l'ANS. Parmi les projets phares, on peut noter le Sport Data Hub qui est donc une plateforme qui va centraliser et analyser les données à la fois physiologique, biomécanique et médical de l'ensemble des athlètes. Bref, le bilan de cette politique est globalement positive avec un développement notamment de coopération forte entre les sportifs et le monde sportif et le monde scientifique et puis avec l'établissement d'un noyau d'un écosystème durable de recherche autour du sport.
On a vu aussi une montée en puissance d'un grand nombre de fédérations sur ces questions là avec des structures dédiées qui venaient accompagner les PPR et le travail avec la NS. Donc il y a une culture qui s'est un petit peu mise en place. Ceci dit, certains obstacles perdurent.
Il y a des nouvelles et à franchir donc ça tombe bien parce qu'il y aura de futures épreuves olympiques. D'abord les contraintes réglementaires avec l'application stricte de la loi Jardé qui concerne toutes les recherches qui impliquent la personne humaine. Et même quand il ne s'agit pas d'ess médicaux, le monde académique nous fait part de lourdeur administrative disproportionnée notamment au regard de la concurrence européenne.
Il y aura bientôt au Parlement l'étude de nouvelle loi bioéthique. Donc là, il y aura à discuter entre les lois existantes et celles à venir et le cadre européen, ce qui peut être ou pas amélioré, en tout cas mieux explicité. On a aussi forcément des contraintes culturelles entre un scientifique et un sportif et le lien entre les deux, il y a souvent le coach ou l'encadrant.
Et donc il y a beaucoup de choses à faire dans l'amélioration de la compréhension à la fois de l'attente du sportif et des contraintes scientifiques. Il faut aussi former les sportifs à la culture scientifique. Alors c'est compliqué parce que le temps n'est pas toujours le même.
Le temps de la science c'est un temps plutôt long et le temps du sportif c'est un temps court. C'est celui de la performance programmée et donc il faut que les les deux puissent se rencontrer au mieux. Et puis bien sûr il y a toujours le ner de la guerre, la limite financière et organisationnelle.
Donc il y a des inégalités entre certaines fédérations qui sont plutôt considérées comme riches. Je pense notamment au foot et au rugby et d'autres que je ne citerai pas qui sont un petit peu plus pauvres. Il y a aussi forcément l'incertitude sur la poursuite du financement de ce programme PPR à partir de 2025.
Dans le budget, nous allons examiner France 2030. On sait qu'il y a des coupes budgétaires, a priori cette somme-là serait conservée mais la séquence budgétaire qui va s'ouvrir au Sénat permettra de le vérifier ou en tout cas de le confirmer. Et le but est d'être vraiment prêt pour Los Angeles 2028 bien avant les J de 2030 qui sont une des GIOS d'hivers qui sont une un autre un autre sujet.
Donc on voit le bilan sur la deuxième partie. Troisème partie, c'est les retombées justement de toutes ces recherches sur la médecine et sur l'appareillage et les loisirs. Donc sur la médecine, on voit de plus en plus des continuums se dessiner là encore entre la partie scientifique et sportive et la partie médicale, notamment sur tout ce qui est la neuroplasticité, l'imagerie mentale, la gestion de la fatigue ou l'électrostimulation.
Ça a été souvent fait de concert en province dans des lieux où vous avez à la fois une faculté des sciences, des structures sportives et à proximité un hôpital. On a vu des exemples extrêmement parlants et à valoriser qui sont décrits de dans le rapport. Les sciences du sport ont également des retombées bien sûr dans le domaine de l'appareillage.
Alors, on pense d'abord à la performance avec les capteurs de force ou des caméras qui certes sont utiles pour la performance mais qui par exemple peuvent être utiles pour mettre en place des prothèses dans le cadre de d'exemples de biomécanique. Et ça permet évidemment de mieux ajuster les appareils pour le patient en fonction de sa pathologie. d'une certaine manière, enfin d'une manière plus générale, d'ailleurs, tout ce qui est parasportif permet non seulement de permettre à la tête de performer, mais aussi d'avoir des retombées très concrètes pour des personnes soit qui sont victimes, qui ont été victimes d'accident et qui ont donc un certain nombre de traumatismes ou soit pour accompagner les personnes âgées à bienir, à continuer à se bouger puisque on sait que si on arrête de bouger et ben on ne fait que dégrader son état et donc il peut y avoir un accompagnement qui est ici en fait des travaux qui ont été faits pour les Jeux Paraollympiques.
Ça posera d'ailleurs la question des enjeux de démocratisation des équipements et du coût, mais à partir du moment où ça se développera, le coût baissera et la démocratisation sera d'autant plus efficace, notamment en utilisant la technologie de l'impression 3D pour la fabrication de prothèses personnalisées. Troisème aspect, c'est les transferts de technologie au niveau du sport pour tous. Donc là, évidemment, on parlait des mobiles, mais on parle surtout des applications, des capteurs et des ce qu'on appelle des objets connectés. qui permettent à la fois d'avoir des informations sur sa propre santé, sur ses programmes, sur ses performances qui permet aussi de se motiver avec des groupes parler réseaux sociaux euh qui soient réel ou virtuel d'ailleurs et donc qui en fait est un une sorte de stimulateur à la pratique sportive.
Euh, il en demeure pas moins qu'il faut là encore faire attention au risque de l'usage excessif de ces objets connectés qui font perdre des fois des licenciés à des clubs par exemple d'athlétisme et qui permettent qui induisent des fois en erreur sur son propre entraînement. Donc la présence à un moment d'un référent, d'un coach humain sera certainement à reconsidérer dans le casadre de ce nouveau écosystème qui se met en place. J'en arrive à la 4è partie qui est extrêmement intéressante parce que je pense qu'elle pourra animer les débats avec les ministères concernés et les parlementaires.
Et finalement cette opposition entre le fait qu'il y ait un consensus scientifique très clair sur l'impact positif de du sport, de la pratique sportive, voire même de l'activité physique si on réduit un petit peu l'intensité et l'état réel de notre société et en particulier de notre jeunesse. D'abord, il y a l'impact de l'inactivité physique et de la sédentarité qui est de plus en plus prignant dans nos sociétés. Alors, il faut savoir de quoi on parle, hein, puisque la sédentarité, c'est le fait de rester assis ou allongé.
Donc, on peut être quelqu'un de très actif mais sédentaire. Et l'activité physique, elle est définie par l'OMS. Alors, ça a fait débat au sein de l'OPEX parce que justement la définition est relativement légère.
C'est 60 minutes d'activité par jour modéré à soutenu pour les enfants de 5 à 17 ans. Alors, pour ceux qui ont des enfants déjà, les limités de 5 à 17 ans euh bon, c'est déjà un exercice en soi qui qui est un peu discutable. et c'est 150 minutes par semaine d'activité modérée pour tous les autres adultes.
Donc de 18 ans à 99. Donc vous voyez que là encore, il y a des choses peut-être à préciser sur l'aspect lié à l'activité physique. Surtout que la science a beaucoup progressé sur non seulement le la quantité elle-même de l'activité physique, mais plus précisément la qualité sur la façon de marcher, d'avoir des rythmes qui soient pas uniquement réguliers mais accélérés.
Et donc là par rapport au aux notions de l'OMS, je pense qu'il y aura peut-être matière à être en tout cas en France un petit peu plus précis sur le sujet. Pour vous donner un exemple, il y a quand même 60 % des hommes et 43 % des femmes qui sont donc actifs et sédentaires. Donc c'est quand même une majorité.
Et lorsqu'on regarde ceux qui sont réellement actifs et non sédentaires, ce n'est que 11 % des hommes et 10 % des des femmes. Les conséquences sanitaires sont extrêmement importantes. On note plus de 5 millions de décès par an liés à l'inactivité physique dans le monde.
C'est la 4è facteur de mortalité avant le tabac. Et puis évidemment, la sédentarité est un facteur de risque de mortalité précoce indépendamment du niveau d'activité. et il augmente fortement dès qu'on passe plus de 9h par jour assis.
Et évidemment ce ça aboutit à une augmentation de risque cardio-vasculaire mais évidemment d'obésité, de diabète voire même de cancer. Les études récentes montrent aussi cet aspect-là. Donc on a un consensus scientifique extrêmement large sur les bienfaits de l'activité physique.
Vous verrez rarement des scientifiques dire le contraire, peut-être juste sur les blessures liées au sport extrême, mais ça a quand même des conséquences très bénéfiques pour la santé physique en tant que telle. Amélioration de la capacité respiratoire, développement musculaire, effet positif évidemment sur le poids, sur le sommeil, sur la prévention des pathologies chroniques et j'insiste là-dessus y compris le cancer. C'est des choses qui vraiment est de plus en plus documenté.
Rôle aussi curatif de l'actif physique pour de nombreuses maladies, insuffisance cardiachronique, AVC. Et puis l'élément important et moi sur lequel aussi je souhaite insister, c'est que la santé physique, c'était connue. La santé mentale, on s'en doutait, il y a de plus en plus d'études qui montrent aussi l'intérêt pour la santé cognitive.
C'està-dire que l'amélioration de la mémoire, de la concentration, de l'apprentissage avec un effet très bénéfique alors pas forcément du sport mais au moins de l'activité physique notamment sur la performance en mathématiques. Des études très claires qui ont été euh faites sur ce sujet-là, la réduction de l'anxiété et la dépression et donc la lutte à long terme contre le déclin cognitif et notamment la maladie d'âge d'in humeur. Et de manière plus générale évidemment sur la lutte contre le vieillissement de par la préservation de la masse musculaire. de l'atténuation de la déminérisation hausseuse et évidemment ce qui aboutient un retard de la dépendance et à une meilleure qualité de vie.
Ce qu'il faut retenir c'est que les personnes qui sont actives tout au long de leur vie ont une espérance de vie de gain de 7 à 10 ans. Alors pas juste une espérance de vie, une espéance de vie en bonne santé. Donc c'est quand même pas négligeable euh par rapport à évidemment un parcours de vie et des retraites souvent bien méritées où on voit des gens extrêmement fatigué.
Et donc en parallèle de tout ça, on pourrait dire bah pourquoi tout le monde fait pas du sport et pourquoi la France va pas mieux ? Parce que lorsqu'on l' regarde la situation physique des Français, on constate une dégr une dégradation alarmante de l'État. On est actuellement par du fait du non respect des recommandations de l'OMS qui était pourtant pas très exigeante à 37,5 % des hommes et 46 % des femmes qui se déclarent inactifs.
Ça ça aboutit à aussi à 66 % des jeunes de 11 à 17 ans qui présentent un risque sanitaire préoccupant qui est caractérisé par le dépassement des seuils sanitaires. plus de 2 heures en plus passé devant les écrans et moins de 60 minutes d'activité physique par jour. Au-delà de 4h30 d'écran et de moins de 20 minutes par jour, ça augmente le risque sanitaire d'un facteur 5.
La sédentarité croissante, les travailleurs adultes passent en moyenne 12h à 6 le jour de travail et 9h les jours non travaillés. Donc on voit bien que depuis y compris la pandémie de la COVID-19, cette tendance s'est accélérée et donc on voit du coup très clairement une condition physique en baisse chez les adultes mais aussi chez les adolescents, chez les enfants. Et des études récentes ont montré effectivement que les capacités des 20 % les meilleures capacités des 20 % élèves en classe correspondent à ceux des 20 % d'il y a 30 ans du bas de la classe.
Les coûts sanitaires évidemment induit sont très élevés. En France, on est à 40 à 50000 décès qui sont attribués à cette sédentarité et à une inactivité physique. On parle pas évidemment des couliers aux soins, à l'absentisme, à la perte de productivité ou aux pensions d'invalidité. un rapport santé stratégie de 2022 point une somme autour de 140 milliards d'euros qui pourra être économiser si toutes les personnes inactives sans maladie chronique préexistante âgé de 20 à 74 ans devenez des personnes actives.
Donc voilà l'enjeu y est compris financier est extrêmement important. Alors pourquoi tout ça marche pas ? Et on voudrait essayer de le comprendre parce qu'il y a eu quand même beaucoup d'initiatives de tous les gouvernements.
Ça fait 25 ans qu'il y a des initiatives. Il y a ce qu'on appelle des programmes nationaux de nutrition de santé. Le 5e devra être présenté à l'automne 2025 très prochainement.
Il y a une stratégie nationale sport santé 2014-2024. Une nouvelle a été publiée en septembre 2025-2030. Des lois aussi ont été votées en 2004 2022. une aussi en 2016 qui reconnaissait l'activité physique adaptée comme une thérapie non médicamenteuse et qui pouvait être prescrite par les médecins.
Bref, beaucoup de choses sont programmées, sont annoncées et pourtant les résultats ne sont pas là. Alors, ce qui est important, compris quand vous êtes scientifique, c'est de noter les obstacles principaux à à cette réalisation. On a noté un urbanisme défavorable à l'activité dans certains endroits où les populations sont importantes.
Peu de pist cyclable, manque d'espace vert, manque d'espace de jeu collectif. On a aussi évidemment constaté des inégalités sociales importantes et avec des familles défavorisées socialement qui sont beaucoup moins actives que celles qui ont plus de moyens. Un manque de reconnaissance aussi dont souffre le sport et l'activité physique par son image en général.
Donc les perspectives scientifiques pour essayer de d'inciter à reprendre de l'activité physique. D'abord une fois qu'on a compris les freins, il faut aussi identifier les leviers à l'activité physique. Et c'est là qu'apparaît un autre une autre aide qui ont pas les sciences exactes mais les sciences humaines et sociales qui permettent aussi de changer un peu de paradigme et de remettre la place du sport au cœur de la société avec les données scientifiques exactes mais avec les sciences humaines et sociales.
Il s'agit de mettre en avant le plaisir de l'engagement et de l'activité physique. Alors, pas uniquement par la dopamine qu'elle produit, mais euh sur le plaisir de faire un effort et de se dépasser et de se voir progresser, y compris dans ces données. Et finalement, ça nous obligera à avoir deux conséquences directes.
Une sur la réflexion sur l'éducation physique et sportive à l'école. puisque l'environnement scolaire, c'est le moment où l'enfant passe le plus de temps, c'est le lieu idéal pour la promotion de l'activité physique. Pourtant, les expériences vécu en EPS ont souvent ont tendance à détourner les enfants voire les adolescents de l'activité physique.
Souvent, les cours de PS sont vu comme une contrainte et alors qu'il y a un vrai travail à faire de personnalisation et d'accompagnement des enfants tout au long cours depuis la 6e jusqu'à la terminale mais même dès l'école primaire. Ce qui va nous donc nous obliger à revoir la communication des pouvoirs publics sur l'activité physique qui met systématiquement en avant les bénéfices sur la santé alors que le plaisir reste la motivation première ou devrait rester la motivation première et que la capacité ensuite à apprendre suite au sport devrait être aussi mise en avant. Et donc ça c'est extrêmement important.
La responsabilité des parents est aussi importante en souvent en école primaire lorsque l'enfant ne travaille pas comment on fait pour le punir ? On lui dit tu feras pas de sport, tu iras pas au sport. Donc on fait l'opposé de finalement de ce qui devrait être fait.
La responsabilité aussi des clubs est importante dont l'offre n'est plus attractive pour les enfants entre 11 et 14 ans. Et on voit un décrochage très fort à partir de cet âge là. Et puis évidemment, je l'ai pointé, mais la responsabilité de l'école à partir du lycée en particulier en point d'org avec la pression exercé par le parcours sup, la réussite des matières classiques entre guillemets mathématiques, français, physique, SVT et les emplois du temps surchargés, les équipements saturés qui fait que le sport devient une variable d'ajustement.
Donc c'est extrêmement important de pouvoir faire ce travail-là, de remettre en avant le rôle de la littérat physique, c'est-à-dire de que l'enfant qui soit formé dès son plus jeune âge à mieux connaître son corps, se coordonner à marcher, faire du vélo, apprendre à nager et qu'il prenne ce plaisir là et que ce soit pour lui une activité naturelle au quotidien tout au cours de son parcours, tout au long de son parcours. Alors, c'est important pour savoir des recommandations aussi personnalisées et de tenir compte des différentes sciences de l'implémentation pour optimiser le parcours individuel. J'en arrive donc au aux 10 recommandations de l'OPEX qui sont donc séparées en deux axes.
Le premier axe, c'est renforcer durablement et pas juste sur un effet Jeux Olympiques, l'accompagnement scientifique à la performance et à l'activité sportive. Donc recommandation numéro 1, c'est sanctuariser et élargir les programmes de recherche en lien avec le sport de très haut niveau, en particulier en allant vers les spécificités féminines tout en associant davantage les fédérations. Donc c'est un travail qui est en cours mais qu'il faut maintenant structurer de manière pérenne.
Deuxième recommandation, c'est renforcer l'expertise des fédérations et les moyens de l'INCEP et de l'Agence nationale du sport. Certaines fédérations sont quasiment maintenant autonomes sur ce domaine-là. D'autres n'ont pas eu l'occasion de de pouvoir se structurer et donc il y a ce travail à mener en parallèle de la recommandation numéro 1.
Recommandation numéro 3. Alors ça c'est aussi un domaine particulier. Il y a une explosion des données liées aux sportifs de haut niveau et pour l'instant il y a pas un inter un interlocuteur défini pour gérer euh la souveraineté dite numérique.
Et donc nous proposons de charger l'Agence nationale du sport de représent pour représenter l'ensemble des fédérations et des clubs sportifs dans les relations avec les fournisseurs de données afin de poser de peser dans les négociations sur les aspects techniques et sur la souveraineté des données relatives aux sportifs français. La recommandation 4 est liée donc aux obstacles administratifs qui pèsent sur les recherches impliquant la personne humaine à visé non médical et donc en réformant le momentu la législation sur les comités de protection des personnes afin d'appliquer le principe de proportionnalité aux recherches concernées et de distinguer les recherches avisées médicales des autres recherches. Recommandation numéro 5, faire de la prévention des commotions cérébrales qui est un vrai sujet qui a été pointé initialement avec un travail remarquable par la Fédération française de rugby et qui s'est avéré toucher un grand nombre d'autres de sports, le handball, le football pour les jeunes ou encore le judo et donc a un vrai besoin de se saisir de ce sujet-là au niveau national par le ministère et en parallèle des commotions cérébrales du coup de chaleur d'exercice qui souvent aboutit à des morts subites qui commencent à être extrêmement bien décrit et pour lesquels il y a des enjeux extrêmement importants qui sont des prix qui soient des priorités de santé publique dans les compétitions extrêmes pour les jeunes publics et dans des milieux où on sait que les températures vont aller en augmentant dans les années à venir.
Donc c'est un sujet qui risque d'être extrêmement plus encore important. Recommandation 6. Donc c'est réglementer la préparation mentale dans le sport puisqu'on a vu qu'il y avait une offre très très disparate et rationaliser les diplômes des préparateurs physiques, ça obligera le ministère des sports et suit de l'enseignement supérieur certainement de travailler de réfléchir de concert sur ce sujet-là.
Donc ça c'était pour les six recommandations liées au monde du sport de dit de haut niveau de compétition. Et puis donc on a souhaité un axe numéro 2 pour participer à faire de la France une nation sportive puisque c'est souvent affiché comme un objectif y compris présidentiel ou à défaut sportives au moins active. Recommandation 7.
Donc, il s'agit de d'actualiser les données de sédentarité, de lié à l'activité physique, des temps passés devant les écrans et de manière plus générale la condition physique des Français avec une sorte d'observatoire qui puisse être dynamique et accessible. un peu comme on va voir la météo sur son portable tous les matins, on pourrait voir un petit peu l'évolution, la tendance du résultat finalement des politiques qui seraient impulsé pour que les personnes soient amenées à faire davantage d'activité physique. Recommandation numéro 8, c'est faire de la prescription de l'activité physique adaptée un axe majeur du traitement non médicamenteux des maladies chroniques et des troubles de santé mentale.
C'est des choses qui seront en discussion dans le cas du projet de loi de finance notamment de la sécurité sociale autour de l'article 19. On a évoqué ça hier avec la ministre des sports madame Ferrari. C'est aussi un sujet qui est important parce qu'au-delà de la santé, il permettrait bien sûr de faire des économies majeures dans les dépenses de santé.
La recommandation 9 vise à à mettre en place des stratégies de long terme en s'appuyant sur les sciences de l'implémentation de manière à personnaliser et à motiver finalement la personne à faire de l'activité physique dans la durée. Et c'est un élément extrêmement important qui est l'héritage finalement de l'apport des sciences humaines et sociales. Et puis la dernière recommandation alors qui est à la fois courte mais qui évidemment pour avoir une déclinaison extrêmement longue, c'est redonner sens à l'activité physique de manière générale tout au long de son parcours du premier âge donc avec l'école, je l'ai évoqué, mais ensuite au lycée à l'université avec un vrai sujet sur le sport à l'université en comparaison par exemple des États-Unis ou des écoles de commerce, des écoles d'ingénieur et jusqu'aux structures médicalisées pour accompagner le bien bien vieillir et et le bien-être.
Et donc, on voit là que c'est un travail qui devrait mobiliser, on pense au ministère des sports, au ministère de la santé, mais il faut rajouter bien sûr le ministère de l'éducation nationale et moi je rajouterai aussi le ministère de l'économie et le ministère des finances pour que ce domaine de la pratique et de l'activité physique soit vraiment quelque chose qui soit au cœur des réflexions budgétaires et au cœur de notre société. Pour terminer, la stratégie nationale donc sport santé 2025-2030 devrait être considérée comme l'une des politiques publique prioritaire. Le budget qui est accordé au sport actuellement est de moins de 1 % du budget national.
Donc on voit qu'il y a quand même des marges de manœuvre conséquence et elle devra comme je l'ai dit donc impliquer l'ensemble des ministères si on veut non seulement avoir une France qui réussit avec une France de sportif mais aussi une France sportive. Je vous remercie pour votre attention et je suis maintenant disponible pour répondre à vos questions avec peut-être priorité au présent si vous le souhaitez. Question dans la salle.
On a une question dans la salle. Bonjour Arthur Devrien, journaliste Newstank éducation recherche. Dans votre rapport, vous faites référence plusieurs fois aux références scientifiques des fédérations.
Est-ce que toutes les fédérations en non ? Quel est un petit peu le le paysage en la matière ? Non, ben effectivement c'est un vrai sujet.
Il y a des fédérations qui avaient déjà anticipé parce que historiquement sont elles étaient pourvoyeuses d'un grand nombre de médailles déjà dans des Jeux Olympiques. Donc c'était pas par hasard. Donc elles s'étaient déjà structurées avec des références scientifiques.
Alors on pense notamment au judo, à l'athlétisme qui bénéficier aussi bien sûr de de l'INCEP, au sport collectif même si c'est pas directement aux Jeux Olympiques au rugby foot. Et puis il y en a d'autres qui sont dans l'incapacité d'avoir ces références en tif donc qui ont soit bénéficié du PPR ou soit qui à l'avenir dans le cadre avec le travail avec la NS devrai justement pouvoir bénéficier de cette expertise. C'est un vrai sujet raison. notamment alors après il y a il y a encore d'autres sujets.
Il y a puisqu'il se trouve que le directeur de la NS et c'est l'ancien gymnaste Yan Kruch et lui n'a pas pu travailler la NS a pas pu travailler avec la Fédération française de gymnastique dans le cadre des Jeux Olympiques. Alors je dis pas que c'est le résultat qui explique ça explique le résultat du manque de médaille de l'équipe de gymnastique mais il y a il y a ceux qui travaillaient tout seul pour leur bien ou pour leur mal et il y a ceux qui ne pouvaient pas travailler tout seul. Donc il va falloir effectivement avec la NS un petit peu réorganiser tout ce panel quoi.
Nous avons ensuite une question en ligne donc d'Agl Marchand qui est journaliste pour Public Sénat et qui demande "Vous soulevez dans le rapport le risque de la souveraineté des données collectées et conservées par des entreprises en majorité australienne ou américaine dans le cadre de l'accompagnement des sportifs. Quelle est la nature de ce risque et comment s'en prémunir s'il est établi ? Alors, il y a un premier risque, je sais pas si c'est un risque, mais c'est euh un risque euh dit commercial, c'est-à-dire que lorsque vous avez des applications par exemple de running sur votre performance ou sur vos attentes, par que souvent vous fixez vos objectifs, bah vous pouvez avoir des finalement des publicités spécifiques pour vous vendre votre matériel qui est censé améliorer vos vos performances, mais il y a un risque sur de plus en plus on rentre de données personnelles euh sur son état de santé.
Et donc euh on pourrait très bien imaginer un jour que des assureurs puissent avoir accès à ces données-là parce qu'elles sont de moins en moins anonymes. Vous rentrez votre nom et on a euh vos données sur votre âge sur vous pouvez même mettre pour certains votre taux de diabète, taux de cholestérol parce que c'est le but à à la concurrence à avoir l'effet lié au à la performance physique et donc c'est des choses qui vous appartiennent. Donc c'est un vrai sujet qui pourrait à l'avenir poser problème.
Je parle pas des cambroleurs qui savent que vous êtes en train de courir pendant 2 heures un marathon ou une course et que votre domicile est libre. On attend la question. Donc le rapport est disponible.
Donc c'est un un rapport assez assez long de de 200 pages avec le détail de tout ce qui a été fait. Il y a une synthèse évidemment remarquable qui a été fait par l'OPEX dont moi je en tant que sénateur, j'en profite pour saluer la qualité des travaux de l'OPEX et je vous invite à aller sur le site de l'OPEX voir tout ce qui est produit parce que c'est des domaines extrêmement variés. Euh il y a des rapports qui sont l'objet d'un travail long, il y a des notes, il y a des choses beaucoup plus courtes, mais voilà, c'est l'occasion aussi de faire la publicité de ce bel office.
C'est bon, tout le monde retourne sur les terrains de sport pour ça donner à sa pratique préférée. Ben, je vous remercie en tout cas. On a fait une une petite mi-temps et donc il y aura pas de deuxième mi-temps pour ce rapport là.
Stéphane Piednoir