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interviewRMC· 14 juin 2024 23 min

🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Jordan Bardella, président du Rassemblement national, su...

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

à envoyer leurs questions et à vouloir réagir. Vous êtes le président du Rassemblement National, vous êtes le vainqueur des élections européennes, vous êtes arrivé premier, et puis vous faites campagne pour être le Premier ministre en cas de victoire du RN aux législatives. D'abord une question sur le programme, parce que ce qu'on découvre depuis hier, c'est que finalement vous ne ferez pas le référendum sur l'immigration, c'était la pierre angulaire de votre programme,

0:21
Jordan Bardella

que finalement vous ne supprimerez pas la double nationalité,

0:26
Présentateur

contrairement à ce qu'affirmait encore hier soir Sébastien Chenier,

0:28
Jordan Bardella

votre vice-président, et que finalement vous ne reviendrez plus

0:32
Présentateur

sur la réforme des retraites.

0:33
Jordan Bardella

C'est faux, ça commence bien.

0:35
Présentateur

Madame, c'est à quelle version de votre programme qu'on doit se fier ?

0:39
Jordan Bardella

D'abord, bonjour, dimanche 9 juin, le RN a réalisé un score important, un score historique, et le plus haut score qu'il ait réalisé de toute son histoire. Suite à notre demande, alors que tous les observateurs m'expliquaient que c'était impossible, pendant de nombreux mois, le président de la République a entendu notre appel, a décidé parfaitement de prendre acte et de revenir devant les Français en organisant le 30 juin et le 7 juillet des élections législatives anticipées.

Dans ce cadre-là, le RN peut aujourd'hui obtenir, et c'est tout le travail que j'essaie de bâtir en ces temps, une majorité pour offrir à la France une majorité nouvelle et un gouvernement issu du RN, mais un gouvernement d'union nationale, avec l'ambition de redresser le pays. Donc nous travaillons précisément à la constitution d'un projet autour de trois grandes urgences, le pouvoir d'achat, la sécurité et l'immigration. Pardon de revenir sur les questions que vous m'avez posées en entrée d'entretien.

1:36
Présentateur

En fait, on a besoin de clarification.

1:37
Jordan Bardella

Vous me dites que je ne ferai pas de référendum sur l'immigration. Le référendum, notamment par le déclenchement de l'article 11, vous le savez, la prérogative non pas du Premier ministre, mais du Président de la République. En revanche, si je deviens Premier ministre du pays au début du mois de juillet, je ferai de la question de l'immigration et du contrôle de nos frontières l'une de mes priorités, et ça tombe bien parce que c'est aussi la priorité des Français.

Et donc je ferai voter, dès les premières semaines de mon action par le Parlement, une loi immigration qui aura notamment dans un premier temps vocation à faciliter les expulsions de délinquants criminels et islamistes étrangers en levant les contraintes administratives qui s'appliquent. Aujourd'hui, il y en a plusieurs, on pourra rentrer dans les détails, et surtout, je supprimerai le droit du sol. C'est un message clair. Je dis avec moi, la France n'aura plus vocation à être un pays d'immigration massive incontrôlée. Nous choisirons de manière minime, mais nous réduirons drastiquement et considérablement le flux. Deuxièmement, vous m'avez interpellé sur...

2:36
Présentateur

Sur la question de la réforme des retraites.

2:39
Jordan Bardella

Sur la question de la réforme des retraites. Bon, vous n'êtes pas sans savoir que la situation économique, budgétaire et financière du pays est dans un état catastrophique. Avant de remonter la pente, nous devons mettre un coup d'arrêt à la glissade dans laquelle nous ont conduit les macronistes. Donc, sur la question économique, j'ai une priorité, et je crois que cette priorité, c'est aussi celle des Français, c'est la question du pouvoir d'achat. Dès les premières semaines de mon action comme Première Ministre, je ferai d'abord de la baisse de la TVA sur le carburant, sur l'énergie, sur l'électricité, le gaz et le fioul.

Alors que des millions de Français n'arrivent plus aujourd'hui à payer leur facture, l'une de mes priorités dans mes premiers jours de mon action... Pour pouvoir permettre immédiatement une baisse des taxes sur l'énergie, parce que se déplacer et se chauffer est aujourd'hui, dans notre pays, Madame, en train de devenir un produit de luxe. Gabriel Attal a dans sa première décision, au mois de février, décidé d'augmenter de 10% les prix de l'électricité, et le gouvernement d'Emmanuel Macron s'apprête au 1er juillet à augmenter de 10% les prix du gaz.

3:47
Présentateur

Même si Bruno Le Maire, ici même lundi, disait que le prix de l'électricité allait baisser d'ici 6 mois, de 15...

3:55
Jordan Bardella

Oui, les promesses n'engagent que ceux qui les croient, depuis deux ans, haussent de 45% des factures d'électricité. Donc première mesure, c'est la TVA, et je ferai donc voter cette mesure par le Parlement, par l'intermédiaire d'un projet de loi de finances rectifié. Et deuxièmement, je souhaite aller devant la Commission européenne pour négocier une dérogation sur le marché européen de l'électricité, pour sortir des règles de fixation des prix et permettre immédiatement à la France de retrouver un prix français de l'électricité.

Les gens qui nous écoutent ce matin doivent savoir que, et Emmanuel Macron se soumet à ces règles, c'est l'Allemagne et ce sont la Commission européenne qui artificiellement décident d'indexer le prix de l'électricité en France sur le prix de la dernière centrale à la paix, c'est-à-dire sur le gaz.

4:34
Présentateur

Je veux dire que parfois, ça nous arrange, parce que précisément, on en vend beaucoup de l'électricité à nos voisins. Donc si vous faites baisser le prix, oui, ça va être très bien pour les factures des Français, mais ça va aussi être très mauvais à long terme, puisqu'on vendra moins cher l'énergie qu'on exporte.

4:48
Jordan Bardella

Mon ambition, c'est l'autonomie stratégique et c'est l'autonomie énergétique. La France a de tout temps eu comme atout industriel et stratégique majeur son parc nucléaire. Je souhaite donc qu'elle puisse bénéficier de son avantage comparatif, grâce au nucléaire, c'est une énergie décarbonée, pas chère, c'est bon pour les ménages, mais c'est aussi bon pour les entreprises. Donc ma priorité économique, ça sera le pouvoir d'achat. Après, et une fois réglé ce temps des urgences, j'engagerai, madame, le temps des réformes. Et il y aura dans ce temps des réformes, la réforme des retraites.

Je ne conçois pas aujourd'hui que des millions de Français qui ont commencé à travailler très tôt arrivent à la retraite en mauvaise santé, avec les bras cassés, le dos cassé.

5:28
Présentateur

Quel sera l'âge légal de la retraite avec vous, Jordan Bardella ?

5:32
Jordan Bardella

Je permettrai à ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans de partir à 40 annuités de cotisation et avec un âge de départ légal à 60 ans, avant 20 ans. Au-delà, il y aura évidemment une progressivité qui se mettra en œuvre et je ferai en fonction pour les autres des contraintes budgétaires dont je vais hériter. Mais ma priorité, c'est les Français qui ont commencé à travailler très tôt, qui ont des métiers difficiles, qui n'ont pas la chance et l'avantage que nous avons tous les deux de travailler l'hiver dans des bureaux qui sont chauffés et l'été dans des emplacements qui sont climatisés. Donc à cette France-là, je veux lui rendre justice. Ça, ce sera le temps d'eux.

On l'a chiffré pour ce premier étage de la fusée, je dirais, sur la réforme des retraites à 1,6 milliard. Pour vous donner un exemple, les soins gratuits que nous offrons aujourd'hui aux clandestins, c'est également plus d'un milliard d'euros. Donc je fais des choix, mais j'en ai juste... Et ça, c'est supprimé ?

6:25
Présentateur

Et ça, c'est supprimé ?

6:26
Jordan Bardella

Je remplacerai l'aide médicale d'État par une aide d'urgence, mais il n'y aura plus la gratuité des soins pour les gens qui viennent dans notre pays et qui, bien souvent, sont présents de manière illégale et qui peuvent, malgré tout, bénéficier de cette solidarité nationale. Le cœur de mon action, madame, se tournera vers les Français, vers les familles françaises, parce que j'en ai assez, que ce soit toujours les mêmes qui bossent, toujours les mêmes qui travaillent, toujours les mêmes qui payent et qui cotisent. Et pendant ce temps-là, on accueille des millions de personnes, ça nous coûte beaucoup d'argent. Donc je sifflerai la fin de la récréation en la matière.

6:56
Présentateur

Et il y en a qui sont là, qui bossent et qui ont peur. C'est le cas de Nadia, qui a des questions très précises à vous poser. Nadia, elle nous a appelé ce matin au 32 16. Bonjour Nadia. Nadia, vous nous appelez d'Indre-et-Loire, me semble-t-il. Vous êtes arrivée en France à l'âge de 5 ans et demi. Vous avez votre carte de séjour permanente. Votre question à Jordan Bardella.

7:15
Auditeur

Bonjour M. Bardella. Bonjour Madame. Je me permets de vous appeler parce que j'ai une petite question, en fait. Donc comme je le disais, je suis arrivée en France à l'âge de 5 ans et demi. J'ai une carte de séjour permanente qui est renouvelable tous les 10 ans. Je suis cadre dirigeant dans une association, etc. Et ma question, c'est si vous rejoignez Matignon, que vont devenir les gens comme moi, qui n'ont jamais demandé la naturalisation et qui aiment la France pour ce qu'elle est.

7:41
Présentateur

Jordan Bardella, vous pouvez lui parler directement à Nadia.

7:43
Jordan Bardella

Madame, merci pour votre question. Il y a souvent eu des caricatures qui ont été faites sur le projet du Rassemblement national et sur l'attitude ou le comportement qu'un gouvernement Rassemblement national pourrait avoir à l'égard de Français d'origine étrangère ou de nationalité étrangère qui travaillent et qui respectent nos lois, qui payent leurs impôts, qui ne posent de difficultés à personne. Je veux rassurer tout le monde aujourd'hui. Nos compatriotes de nationalité étrangère ou d'origine étrangère qui travaillent, qui paient leurs impôts, qui perdent leurs cotisations, qui respectent la loi, qui aiment notre pays, n'ont strictement rien à craindre.

Je le dis, rien n'a craindre de la politique que je vais mettre en œuvre. En revanche, je dis une chose, et peut-être qu'on peut se retrouver sur ce sujet. Aujourd'hui, le système social français est extrêmement attractif pour des gens qui viennent de l'étranger et qui, même sans avoir travaillé, peuvent par exemple bénéficier de soins gratuits. Donc, chère Nadia, si vous travaillez, si vous respectez la loi et si vous participez de la communauté nationale, il n'y a absolument aucune difficulté. Et je ne cesserai, moi, de rappeler, parce que c'est aussi l'histoire de ma famille, qu'il y a des millions de gens qui sont arrivés en France.

Certains sont devenus français, ont acquis la nationalité de haute lutte et ils l'ont fait parce qu'ils aimaient la France. Et aujourd'hui, ces gens-là se sentent pleinement patriotes. Et ils ne comprennent pas, madame, qu'on continue d'accueillir des millions de gens chaque année qui semblent un peu dispensés de cet effort de s'assimiler, de travailler, de respecter nos lois et nos valeurs. C'est très simple.

9:07
Présentateur

Nadia, vous êtes convaincue ?

9:09
Auditeur

Alors, moi, ma question, c'est que non, je ne suis pas convaincue pour la simple et bonne raison. C'est qu'on n'a pas besoin d'avoir la nationalité française pour aimer la France. On peut très bien avoir une carte de séjour et aimer beaucoup plus la France que certains qui possèdent la carte d'identité française.

9:23
Jordan Bardella

C'est tout à fait ce que je viens de vous dire, madame. Et je ne me permettrai jamais de juger sur le plan moral de votre intégrité, de votre patriotisme ou de la tâche que vous prêtez à la France. Et vous êtes pour moi l'exemple de ces millions de Français qui ont rejoint notre pays de par les précédentes décennies, comme ma famille, qui aime la France, qui travaille, qui respecte nos lois. Et il faut aussi le dire.

9:44
Présentateur

Georgia Mélonie va délivrer. Merci beaucoup, Nadia. Georgia Mélonie va délivrer 450 000 titres de séjour d'ici 2025 à des travailleurs étrangers. Vous pourriez faire comme elle ?

9:52
Jordan Bardella

Il y a aujourd'hui des secteurs dans lesquels nos chefs d'entreprise ne trouvent pas de main d'œuvre. Alors, il y a plusieurs raisons à cela. On sait que s'agissant de l'hôtellerie, de la restauration, le coût du logement est extrêmement élevé. Il faut évidemment faire des efforts en la matière. Il y a aussi des emplois qui ne sont pas suffisamment rémunérés. Et j'aurais aussi à cœur de permettre l'augmentation des salaires dans notre pays parce que tout augmente aujourd'hui, sauf les salaires.

Donc moi, je veux permettre comme Premier ministre demain aux entreprises françaises d'augmenter les salaires de leurs entreprises jusqu'à 10% avec la contrepartie que ces 10% soient exonérés de charges. C'est un deal gagnant-gagnant que je passe avec les entreprises. Maintenant, il est clair aujourd'hui, madame, que devant une situation, encore une fois, budgétaire, économique, financière, extrêmement difficile, que s'apprête à léguer Emmanuel Macron à son successeur ou un potentiel Premier ministre de cohabitation, il faudra précisément faire des choix.

Et on a aujourd'hui des secteurs, je pense aux médecins, qu'on est contraints d'aller chercher à l'étranger parce qu'à cause d'une virus-closus...

10:53
Présentateur

Vous prolongerez ces décisions qui ont été prises d'accueillir des médecins étrangers...

10:57
Jordan Bardella

On n'a pas le choix, mais je veux aussi, et c'est un engagement que je prends, que les médecins qui viennent de prendre leur retraite et qui accepteraient de travailler, de continuer à exercer et de continuer à soigner, soient exonérés d'impôts sur le revenu.

11:15
Présentateur

Exonérés d'impôts sur le revenu ?

11:16
Jordan Bardella

Oui, alors je ne le ferai pas, je le dis de la manière la plus claire qui soit, je ne le ferai pas dans les premières semaines. Parce que dans les premières semaines de mon action, j'ai indiqué mes priorités, ça sera la baisse de la TVA pour soulager le pouvoir d'achat et redonner du pouvoir d'achat à nos concitoyens, et ça sera la baisse des factures d'électricité.

Mais je souhaite que sur les trois ans, pour soulager aujourd'hui des territoires où nos compatriotes n'arrivent plus à avoir accès à des consultations médicales, et je rappelle qu'il y a d'innombrables territoires en France, madame, où il y a des femmes qui n'arrivent plus à trouver des gynécologues, et bien pour les médecins qui acceptent d'exercer une fois partie en retraite, je permettrai l'exonération d'impôts sur le revenu. Mais comprenez bien que...

11:55
Présentateur

Exonération aussi pour tous les jeunes de moins de 30 ans de l'impôt sur le revenu, vous maintenez ?

11:58
Jordan Bardella

Madame, ça c'était le projet de la présidentielle qui avait été défendue par Marine Le Pen.

12:02
Présentateur

Mais on a du mal à y voir clair honnêtement, c'est-à-dire quelle version du programme, celle d'il y a deux ans, celle d'il y a un an, celle d'il y a trois semaines ?

12:09
Jordan Bardella

J'ai du mal à y voir clair madame, parce que si je deviens Premier ministre dans quelques semaines, je m'apprête à récupérer un État dont la dette est à un niveau record. 3 000 milliards d'euros de dette imputable à Emmanuel Macron, c'est en valeur le pays le plus endetté de la zone euro. Record du déficit public, 5,6% du PIB, record du déficit commercial, des comptes de la sécurité sociale qui tellement suscitaient la suspicion des plus hautes autorités de l'État, n'ont pas été certifiés par la Cour des comptes. Je suis certain madame, et je le dis aux Français, qu'en arrivant à la tête de l'État, on va découvrir beaucoup de dossiers dans les placards.

Et moi je veux permettre à tous les Français...

12:49
Présentateur

Vous êtes déjà en train de justifier un certain nombre de renonceurs ?

12:52
Jordan Bardella

Non, non, vous savez les Français, moi je ne leur mens pas. Et dans ces élections, moi, je suis le candidat de la vérité. Je ne suis pas M. Mélenchon, je ne suis pas membre de la NUPES à expliquer tout et n'importe quoi, à dire qu'on va mettre les salaires à 2 000 euros, à expliquer qu'on va donner des primes de 1 000 euros à tout le monde, à expliquer que...

13:07
Présentateur

Ils ont annoncé le SMIC à 1 600 euros net.

13:09
Jordan Bardella

Oui, voilà, c'est le Père Noël. Bon, personne n'y croit. Donc moi je suis réaliste. Je pense que pour être juste, il faut être réaliste. Et surtout, je suis le candidat de la vérité. Je ne mens pas aux Français. Et je dis aux Français, je veux vous permettre de comprendre ce qui se passe aujourd'hui dans les finances de l'État. Dès les premières semaines, ça fera partie de mes premières mesures à la tête de l'État. Qui le fera cet audit ?

Je demanderai à la Cour des comptes, à l'Inspection générale des finances, je mobiliserai les moyens de l'État pour que dans tous les grands services publics de l'État, la santé, la sécurité, la justice, l'éducation nationale, les universités, on puisse faire un audit des comptes de l'État. Parce que je vais vous dire, au regard de la situation économique du pays extrêmement dégradée d'un pays en quasi-faillite, je pense qu'il y a eu soit des dissimulations dans les placards, soit des mensonges. Regardez, du mois de décembre au mois d'avril, nous avons perdu 0,6% de points de déficit public. On est passé à quasiment 5,6 points du PIB.

Mais donc, cette dégradation rapide me fait dire qu'il y a aujourd'hui des choses en l'État.

14:18
Présentateur

Sébastien Chenu, ici même, disait qu'il engagerait rapidement, vous engageriez rapidement une privatisation de l'audiovisuel public. Aurélien, 26 ans, nous envoie à l'instant cette question sur Direct Studio. Il est conseiller client en Loire-Atlantique. Il demande si vous comptez privatiser également la Poste et la SNCF.

14:36
Jordan Bardella

Non, pas du tout. Je veux rétablir en tout cas et assurer la continuité du service public et remettre du service public dans d'innombrables communes de France où aujourd'hui, on vit extrêmement loin de l'attention de l'État et des pouvoirs publics. Je pense que, pour vous répondre très clairement sur la privatisation du service public, de l'audiovisuel, je pense qu'on est une grande démocratie. On n'est plus au temps de l'ORTF. La France est un grand pays, une grande démocratie. Moi, je suis attaché à la liberté d'expression et par-dessus tout à la liberté de la presse.

Vous voyez, moi, je ne suis pas à la France insoumise à organiser des manifestations devant TF1 ou devant BFMTV, à pointer du doigt tel ou tel journaliste, à mettre des fatwas sur la tête de journalistes libres en France parce que ces journalistes interviewent, par exemple, le Premier ministre israélien.

15:18
Présentateur

Vous parlez notamment de Rima Hassan, de la France insoumise qui a manifesté devant le siège de TF1.

15:24
Jordan Bardella

C'est la différence entre les discours extrémistes de gauche et d'extrême gauche et les forces républicaines de la coalition Rassemblement National et des Républicains que je conduis ce matin devant vous.

15:31
Présentateur

Allez-vous, oui ou non, privatiser l'audiovisuel public ?

15:33
Jordan Bardella

C'est un engagement que nous avons pris dans le cadre de l'élection présidentielle.

15:36
Présentateur

Ça fait partie de la première...

15:37
Jordan Bardella

C'est un objectif, ça sera le temps des réformes, ça sera le deuxième temps. Comprenez bien, mon temps des urgences, c'est la sécurité, l'immigration et le pouvoir d'achat. Sur la sécurité... Je pense qu'il y a un besoin d'ordre dans le pays et je souhaite précisément, moi, répondre à cette demande d'ordre parce que je crois qu'il y a des millions de Français qui ne supportent plus ce désordre permanent dans les comptes, mais aussi dans les rues du pays. Et je serai donc le Premier ministre de la paix civile et du rétablissement de la sécurité.

15:57
Présentateur

La sécurité, qu'est-ce que vous pouvez changer véritablement ? On regarde par exemple, tiens, le rapport de la Cour des comptes. Vous lui faites confiance visiblement à la Cour des comptes. La Cour des comptes, elle dit qu'il n'y a jamais eu autant d'application des peines, que ça n'a jamais été aussi répressif, une sévérité croissante du système répressif et une hausse continue des incarcérations.

16:18
Jordan Bardella

Ça, c'est un jugement moral et politique. Ce n'est plus un jugement financier de la part de la Cour des comptes. Je pense qu'en matière de politique pénale et de politique sécuritaire, il est temps de siffler la fin de la récréation. Parce qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron n'a pas simplement franchi tous les désastres en matière économique et tous les records de déficit. Nous avons aussi le record d'immigration. La France n'a jamais autant accueilli dans notre pays. Et les records d'insécurité où en 2023, tous les voyants sont au rouge. Dans quelques jours, nous célébrerons, hélas, les un an des émeutes de banlieue.

Il y a un an, à la suite de l'accident tragique et de la mort d'un jeune homme, on avait un déferlement dans les rues du pays, notamment contre nos policiers. Quelles mesures de fond ont été prises ? Donc, je vous l'ai dit, la sécurité fera partie de mes premières priorités. C'est aussi l'une des priorités des Français. Et je ferai voter, dès les premières semaines de mon action à Matignon, une loi sécurité qui portera sur la politique pénale, avec notamment le rétablissement des peines planchées. Et je le dis parce que je trouve que c'est un scandale. Je supprimerai les allocations familiales aux parents de mineurs récidivistes.

Il y en a assez, encore une fois, que ce soit toujours les mêmes qui payent, que ce soit toujours les mêmes qui cotisent. Allocations familiales, logements sociaux ? D'autres personnes, madame, font preuve de carences éducatives manifestes à l'égard de leurs enfants, que les autres continuent de payer pour ces gens-là. Donc, il faut responsabiliser les parents. Et donc, je supprimerai et je suspenderai les allocations familiales aux parents de mineurs récidivistes.

17:46
Présentateur

Et les logements sociaux ?

17:47
Jordan Bardella

Ah, moi, vous savez, on a eu l'occasion d'en parler ensemble sur ce plateau il y a quelques semaines. Lorsque vous avez un casier judiciaire long comme le bras, eh bien, je pense que c'est...

17:55
Présentateur

Mais long comme le bras, c'est quoi ? Si vous avez un casier judiciaire, point barre ?

17:58
Jordan Bardella

Madame, c'est ma position. Le Parlement précisera les choses. Il y a un Parlement, il y a des députés. Nos députés travaillent sur des textes de loi depuis deux mois.

18:05
Présentateur

Mais vous proposerez d'explicer ceux qui ont un casier judiciaire des logements sociaux ?

18:09
Jordan Bardella

Je souhaite que le fait d'avoir un casier judiciaire long comme le bras... Mais c'est ce que je ne comprends pas, c'est long comme le bras.

18:14
Présentateur

Ça veut dire quoi, long comme le bras ? C'est-à-dire, c'est à partir de quoi ?

18:16
Jordan Bardella

Vous disqualifiez pour obtenir un logement social. Le logement social, madame, c'est une aide sociale. C'est payé par tous les Français qui travaillent pour nos compatriotes les plus en difficulté. Par conséquent, lorsque vous portez atteinte à la sécurité publique, lorsque vous portez atteinte à la cohésion nationale, vous ne devriez pas pouvoir bénéficier de la solidarité de tous les Français qui travaillent dur pour contribuer à cette solidarité nationale.

18:38
Présentateur

Le Parlement, ce sera qui ? Vous nous avez parlé d'un gouvernement d'union nationale. Ça veut dire qui ? Vous pensiez avoir décroché les Républicains ? Finalement, vous avez décroché Éric Ciotti.

18:47
Jordan Bardella

Madame, M. Ciotti est président des Républicains.

18:50
Présentateur

M. Carré... Si les gens ne le suivent pas, c'est-à-dire au-delà de la question président, pas président, ça c'est le tribunal administratif qui en jugera aujourd'hui.

18:56
Jordan Bardella

Madame, nous avons...

18:57
Présentateur

Mais s'il est tout seul, s'ils sont deux...

18:58
Jordan Bardella

Il n'est pas tout seul. Je suis à la tête d'une coalition...

19:02
Présentateur

Vous n'êtes pas déçue un peu quand même ?

19:02
Jordan Bardella

Rassemblement national. Honnêtement. Les Républicains, déçus de quoi, madame ?

19:06
Présentateur

Vous pensiez avoir décroché un parti, vous avez décroché un individu.

19:11
Jordan Bardella

Madame, ce que vous dites ne correspond pas à la réalité des faits. J'ai procédé avec les Républicains et avec le président Ciotti à l'investiture de 70 candidats. Dans 70 circonscriptions de France, il y aura un candidat commun. Dont deux députés sortants, on est bien d'accord. Les Républicains. Dont des députés sortants, dont on est en train de finaliser les investitures. Ça sera annoncé dans les tout prochains jours. L'accord est historique, madame. Je veux bien qu'on explique qu'il ne se passe rien.

19:35
Présentateur

Non, non, je vous parle des députés sortants.

19:37
Jordan Bardella

L'accord aujourd'hui entre le Rassemblement national et les Républicains est historique. Pourquoi j'ai voulu faire cette alliance ? Parce que je veux bâtir la majorité la plus large possible pour redresser le pays avec les Républicains. On est d'accord sur un certain nombre de points. La défense du pouvoir d'achat, le rétablissement de l'ordre et de la sécurité et la réduction drastique des flux migratoires. Si les Français le décident, nous engagerons ces actions politiques dès les premières semaines de ma nomination à Matignon. Et j'ai aussi voulu, madame, cette alliance avec Éric Ciotti. Parce qu'il y a un péril dans cette élection. C'est celui de l'extrême-gauche.

Et c'est celui d'une coalition aujourd'hui de gauche et d'extrême-gauche organisée derrière la France insoumise qui peut remporter aussi ces élections législatives.

20:16
Présentateur

Les derniers sont d'argent entre 31 pour vous, 28% pour eux en effet.

20:19
Jordan Bardella

Exactement. Je dis aux Français, cette hypothèse de victoire de l'extrême-gauche, elle est parfaitement crédible.

Vous allez vous retrouver, si vous ne vous mobilisez pas le 30 juin et le 7 juillet prochains, en faisant barrage à ces gens qui représentent aujourd'hui un danger, qui passent leur temps à insulter nos policiers, à vouloir désarmer la police, qui refusent de qualifier le Hamas, qui a commis des atrocités en Israël, d'organisations terroristes, qui piétinent la vie de nos entreprises, qui piétinent les champs de nos agriculteurs, qui piétinent la laïcité en soutenant envers et contre tout, toutes les revendications des fondamentalistes islamistes, ces gens-là peuvent se retrouver au pouvoir.

Et sur le plan économique, je le disais tout à l'heure, ils vendent absolument tout et n'importe quoi. Voter pour la France insoumise le 30 juin, c'est voter pour le Fonds monétaire international. Avec eux, en 48 heures, la France sera sous tutelle du Fonds monétaire international. Donc, je dis à tous les patriotes, à tous les républicains, et y compris d'ailleurs, parce qu'il est très probable, madame, qu'au second tour des élections législatives, c'est ce qu'indique aujourd'hui, les sondages et les sondages ne se sont pas trompés lors des élections européennes, que je sois le seul, le seul en capacité de faire barrage à Jean-Luc Mélenchon et de faire barrage à l'extrême-gauche.

Par conséquent, toutes les forces républicaines patriotes du pays doivent se rassembler pour faire barrage au pire du pire et à ce péril de voir l'extrême-gauche remporter cette élection législative. Avec, maintenant, on a vu M. Poutou du NPA. C'est maintenant là...

21:48
Présentateur

Qui dit rejoindre, mais on ne sait pas encore s'ils auront véritablement une description.

21:53
Jordan Bardella

On a quelqu'un qui, demain, peut potentiellement être ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de M. Mélenchon.

21:58
Présentateur

Vous n'avez pas Philippe Poutou, ministre de l'Intérieur. Vous réécrivez l'histoire, là.

22:02
Jordan Bardella

Madame, vous m'aviez dit exactement la même chose lorsque je vous disais qu'Emmanuel Macron pouvait, en cas de victoire, dissoudre l'Assemblée nationale. Lorsque tous les partis politiques de gauche se réunissent, demain, au pouvoir, c'est Mélenchon, Premier ministre, c'est Mme Obono qui refuse de qualifier le Hamas d'organisations terroristes aux affaires étrangères. C'est peut-être M. Quatennens aux droits des femmes. C'est M. Poutou qui est sous le coup d'une enquête, madame.

22:24
Présentateur

Ils préciseront, ils préciseront.

22:25
Jordan Bardella

M. Poutou et le NPA, pardon, j'en termine. Le NPA qui est sous le coup d'une enquête. Qui est sous le coup d'une enquête pour apologie terroriste pour avoir applaudi au massacre par le Hamas de civils et d'innocents israéliens le 7 octobre. C'est ça la réalité.

22:36
Présentateur

Aujourd'hui, Jordan Bardella, on a la répartition des circonscriptions au sein de cette nouvelle alliance de gauche. Mais on n'a pas encore le nom des députés investis.

22:47
Jordan Bardella

Donc, il faut se rassembler parce qu'il y a aujourd'hui danger aux portes de la République.

22:52
Présentateur

Jordan Bardella, président du Rassemblement.

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