Travail : Macron persiste et signe #cdanslair 22.09.2017
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 28 %Attaque 45 %Défensif 28 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse partielle
À quoi ça sert, ces images en direct ?
- 3:19RelanceRéponse directe
Éric Fautorino, vous êtes d'accord ? C'est utile, au fond, cette communication ?
- 4:30OuverteRéponse directe
Christine Cardellan, un dernier mot sur la forme ?
- 4:51OuverteRéponse directe
Stéphanie Mathouli, un dernier mot sur la forme, encore une fois ?
- 5:15FerméeRéponse directe
Il a dit en gros que c'était inédit, cette réforme, qu'il n'y avait jamais eu de réforme du travail de cette ampleur, c'est vrai ou pas ?
- 5:58OuverteRéponse directe
Bruno Jeudy, ça a été vite, c'est 4 mois, c'est rien.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17PrésentateurFait
« Emmanuel Macron a signé les ordonnances à l'issue d'un conseil des ministres organisé exceptionnellement ce matin. »
- 1:04PrésentateurFait
« Emmanuel Macron persiste et signe. »
- 9:52InvitéFait
« Dorénavant, il sera possible de contourner les accords de branche par des accords conclus dans l'entreprise. »
- 10:03InvitéFait
« Côté salariés, un nouveau contrat est proposé, le CDI de projet. Un contrat qui prend fin quand le projet est terminé, sans indemnité de précarité. »
- 10:14InvitéFait
« Plus facile aussi de rompre les contrats. Les entreprises pourront désormais négocier à l'amiable un départ massif des salariés sans avoir à prouver leurs difficultés économiques. »
- 10:25InvitéFait
« En cas de licenciement abusif, le délai pour saisir les prud'hommes est raccourci et les indemnités sont plafonnées. »
- 11:03Locuteur 7Fait
« Je ne céderai rien. Ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. »
- 12:44InvitéChiffre
« Il y a cinq ordonnances, il y a 159 pages. Donc, selon les... Il y a 36 mesures qui ont été prises. »
- 12:53InvitéFait
« Si je prends le dialogue social où on va fusionner les instances, chose qui était extrêmement difficile à mettre en œuvre, il se bat depuis la loi EPSAMEN et c'est enfin abouti. »
- 16:01InvitéChiffre
« le seuil va passer de 30 000 à 80 000 et pour les services et pour le commerce à 130 000. »
- 16:17InvitéChiffre
« On a plafonné le coût. On sait maintenant combien coûte un cadre. C'est 20 mois maximum. »
- 20:55PrésentateurChiffre
« Deux tiers des Français estiment que les droits des salariés sont menacés. »
- 24:42PrésentateurChiffre
« Les promesses, c'est quand même 15 milliards sur la formation. »
- 32:41Locuteur 10Fait
« c'est bien Muriel Pénicaud qui a mené cette réforme du droit du travail. »
- 34:22Locuteur 10Fait
« Accusée d'avoir effectué une plus-value boursière après ses licenciements. »
- 40:50InvitéFait
« Emmanuel Macron a dit pour vaincre le chômage il faut désengorger, assouplir le marché du travail. »
- 44:22InvitéChiffre
« 16 millions de retraités. »
- 46:01InvitéChiffre
« 50% disent ça va permettre d'embaucher ces nouvelles lois. »
- 53:01InvitéChiffre
« il y a maintenant les 60 000 logements pour les étudiants qui vont être construits pendant le quinquennat. »
- 56:36InvitéFait
« son explication sur ces fainéants en fait c'était ses prédécesseurs ceux qui n'avaient rien fait avant. »
- 59:20InvitéFait
« même si on enlève 5 euros c'est juste, on vous dit que l'état il va plus pouvoir »
- 59:30InvitéFait
« et tout le monde ne peut pas créer son boulot même formé jusqu'au bout de sa vie »
- 1:00:36PrésentateurFait
« il a réussi à éviter ce qui était arrivé à François Hollande et Myriam El Khomri »
- 1:01:56PrésentateurChiffre
« 39 euros par jour de défiscalisé »
- 1:02:04PrésentateurFait
« un certain nombre de CRS qui n'étaient pas mobilisés là où on en avait besoin »
- 1:03:02PrésentateurFait
« tous les autres partis sont plus ou moins en état de décomposition »
- 1:03:23InvitéFait
« les mini-jobs ça a été très critiqué parce que vous entrez sur le marché du travail à 600 ou 500 euros »
- 1:03:41PrésentateurChiffre
« la moitié des Français SMICA sont au temps partiel »
Temps de parole
- Présentateur41 %
- Invité27 %
- Invité 220 %
- ?4 %
- Locuteur 104 %
≈ 20,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Notre code du travail va donc changer en profondeur. Cette fois, c'est sûr, Emmanuel Macron a signé les ordonnances à l'issue d'un conseil des ministres organisé exceptionnellement ce matin. Le président a voulu donner un caractère solennel à cette signature qui a eu lieu dans son bureau de l'Elysée, en présence de deux ministres et devant les caméras. C'est une étape essentielle dans cette première grande réforme du quinquennat. Les ordonnances vont maintenant être publiées au journal officiel dès la semaine prochaine et elles pourront ensuite être appliquées.
Les syndicats qui contestent ce nouveau code du travail n'ont pas réussi pour l'instant à prendre l'avantage dans ce bras de fer. Hier, la deuxième journée de mobilisation a été un échec. Tous les regards se tournent désormais vers Jean-Luc Mélenchon qui appelle ses partisans à manifester demain contre cette réforme. Mais incontestablement, le pouvoir a gagné cette première manche. Emmanuel Macron persiste et signe. On en parle ce soir avec nos invités. Bruno Jeudy,
vous
êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match. Cette semaine, justement, dans votre magazine, un long reportage sur Jean-Luc Mélenchon avant la manif. Éric Fautorino, vous êtes journaliste et écrivain, directeur et fondateur de l'hebdomadaire Le 1. Christine Kerdeland, vous êtes directrice de la rédaction de l'Usine Nouvelle et de l'Usine Digitale. Stéphanie Mathedi, vous êtes directrice d'art du dialogue social et chercheuse au laboratoire de recherche et d'études en droit social rattaché à Lille 2. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission en direct. Nous attendons vos questions par SMS et Internet. Un mot sur la forme pour commencer.
Je le disais, Emmanuel Macron a mis en scène la signature de ces ordonnances images diffusées en direct sur les chaînes d'information. Le président signe aux côtés de Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et de Christophe Castaner, secrétaire d'État au Parlement, porte-parole du gouvernement. À quoi ça sert, Bruno Jeudy ? C'est utile, ces images en direct ? C'est la deuxième fois qu'il le fait, puisqu'il avait déjà décidé de mettre en scène la signature de la loi sur la moralisation de la vie politique. Donc là, il le refait. Alors évidemment, s'agissant des ordonnances du travail, ça prend une ampleur toute particulière. C'est emprunté au modèle américain.
Le président américain signe comme ça, mais depuis très longtemps. Donc là, Emmanuel Macron veut faire pareil. Il le fait. Alors sur ce texte-là, je pense que d'abord, il veut montrer qu'insister sur le côté « je suis allé vite », et donc je signe rapidement ma victoire, quelque part. Et puis c'est aussi peut-être, parce qu'il a parlé un petit peu, refaire un peu de pédagogie sur un ton que j'ai trouvé plutôt en dessous de ce qu'on avait entendu les jours précédents. Là,
il
ne nous a pas parlé des fainéants, des grincheux, mais là, il a essayé de redonner du sens à la réforme du travail, évidemment, lutter contre le chômage de masse. Puis je crois aussi, c'est peut-être envoyer un petit signal à ceux qui, peut-être, veulent encore manifester. Il y en a demain, Jean-Luc Mélenchon, les partisans de Jean-Luc Mélenchon, les routiers, ceux qui vont manifester la semaine prochaine, les routiers, les retraités, je crois, et puis les fonctionnaires dans quelques jours. Donc, il
y
a l'idée « 4 mois », c'est signé, c'est fait, vous pouvez continuer à manifester, mais c'est fait. – Éric Fautorino, vous êtes d'accord ? C'est utile, au fond, cette communication, il faut bien dire ce que c'est.
–
Je pense que c'est utile pour lui, c'est utile pour lui, dans la mesure où, effectivement, c'est la suite de grandes décisions qu'il avait annoncées qu'il prendrait s'il était élu. C'est quand même ça, ça remonte à loin, je pense qu'on va en parler dans l'émission. Il est en train vraiment de poser la première pierre de la société macronienne, celle qu'il veut, je ne
sais
pas s'il réussira, mais en tout cas, celle qui va changer complètement ce monde du travail, c'est les relations du travail, le salariat, etc. Donc, je pense que le soléniser comme ça, alors effectivement, il a peut-être emprunté un peu à Trump, il fait son Trump, c'est peut-être pas la meilleure référence, je trouve, pour lui, mais en revanche, ce qui est quand même assez marquant, c'est le pouvoir, c'est moi. À côté, je n
'ai
même pas le Premier ministre, j'ai la ministre, Muriel Pénicaud. Donc, effectivement, il a la main, on sent que c'est vraiment son projet, et si en effet, il fait un petit peu de pédagogie, il ne
faut
pas non plus mésestimer le fait que là, on parle non pas de sécurité, mais on parle plutôt de flexibilité. Donc, c'est un peu un projet un peu, j'allais dire, amputé pour le moment, bien sûr, il y aura d'autres étapes, et il commence comme ça. –
Christine Cardellan.
– J'ajouterais juste une chose, je pense que c'est aussi une mise en scène vis-à-vis de l'extérieur, vis-à-vis des étrangers, parce que ce texte est aussi destiné à améliorer l'attractivité de la France par rapport aux investisseurs allemands, japonais, américains, etc. Et le fait de mettre en scène ça, c'est un signal, ça y est, la France a signé, le droit du travail sera en France, c
'est
un peu ce qu'il est dans les autres pays, vous n'avez plus rien à craindre, vous pouvez venir investir.
–
Stéphanie Mathouli, un dernier mot sur la forme, encore
une fois ? – On se veut
effectivement rassurant, cela dit, les ordonnances, c
'est
que le début, après il y a les décrets qu'on attend, qui doivent rentrer en application, et puis il
y
a le monde du travail qui va justement se prendre ses ordonnances, et de voir œuvrer au quotidien, et ça ne va pas être simple, parce qu'il a sacrément dépoussiéré, notamment le dialogue social.
–
On va l'entendre dans un instant, dans le premier reportage, mais il a dit en gros que c'était inédit, cette réforme, qu'il n'y
avait
jamais eu de réforme du travail de cette ampleur, c'est vrai ou pas ?
–
Oui,
c
'est assez vrai, en ce sens que là, il dépoussière vraiment, sur la partie dialogue social, fusion des instances, sur la partie licenciement, effectivement, il y
a
des gros blocs,
il
y
a
des gros changements, le salarié va vraiment voir un nouveau modèle de droit du travail qui va lui être proposé, et demain, dans les entreprises, ça va être tout nouveau avec les partenaires sociaux, tout nouveau avec les accords de branches, donc avec le côté interprofessionnel, oui, oui, il y a des changements en profondeur, et pour les employeurs, et pour les salariés.
– Bruno Jeudy, ça a été vite, c'est 4 mois,
c
'est rien.
–
Oui,
c
'est très rapide, parce qu'il a décidé de ne pas recourir aux ordonnances plutôt que passer par la procédure parlementaire, dont on sait qu'elle est longue en France, qu'en gros, la procédure parlementaire, entre le moment où on prépare le projet de loi et le moment où il est adopté par les deux assemblées, c
'est
à peu près 10 mois en France. Donc c'est vrai que là, il a gagné du temps en passant par les ordonnances, ce qui lui a été reproché, mais il l'avait annoncé pendant la campagne électorale, et c'est vrai que Jean-Luc Mélenchon et d'autres opposants lui ont beaucoup reproché cet été notamment,
il
faut reconnaître qu'il l'avait dit, il l'avait mis sur la table, donc son envie c'était d'aller vite et de marquer rapidement son début de quinquennat par cette réforme du Code du travail qui était très attendue, annoncée souvent, jamais faite, il y
a
eu des choses de faite, c'est peut-être quand même pas non plus une révolution, c'est plus peut-être l'addition de nombreuses évolutions importantes, il faut dire aussi que ce texte a été favorisé sans doute, j'allais dire, par la loi El Khomri à la fin du quinquennat précédent, et les esprits avaient mûri à mon avis, et c'est vrai qu'Emmanuel Macron en début de mandat, ayant annoncé cette réforme pendant sa campagne, elle ne pouvait que passer, sa force c'est de le faire vite.
–
Christine Cardellan c'est aussi historique qu'il le dit.
–
Alors moi je dirais que ce n
'est
pas une révolution copernicienne,
ce
n
'est
pas non plus la porte ouverte à la casse du Code du travail,
et
voilà, ça ne
va
pas tout changer demain. C'est vrai que ça va permettre, si les entreprises s'en emparent, d'améliorer le dialogue social. Mais pour compléter ce que disait aussi Bruno, je pense qu'il a gagné du temps sur l'applicabilité, parce qu'effectivement ça va être publié, certaines choses vont être publiées au journal officiel, paraît-il demain, voire lundi ou mardi, mais le texte n'aura force de loi que lorsqu'il aura été ratifié à l'Assemblée, et donc ce sera plutôt fin novembre je crois.
–
En tout cas, Eric Fautorino, est-ce que c'est aussi la méthode
Macron
qu'on a pu voir au cours de ces quatre premiers mois
? –
Oui. – Sur cette réforme ?
–
C'est-à-dire la main dure et la main soucle, alternativement ou en même temps comme il aime à dire, c'est-à-dire qu'à la fois au début on disait « il n
'y
aura pas de concertation, on va passer », et puis il a quand même un peu amadoué les organisations syndicales pendant l'été et un peu à la rentrée, et d'ailleurs d'une certaine manière ça a fonctionné, parce qu'on a bien vu que la mobilisation n'avait pas été si forte que ça, et quand on rappelle la loi El Khomri, d'une certaine manière les syndicats d'avoir crié au loup toute la période El Khomri, là finalement, et que le loup n'y était pas vraiment, parce que cette loi n'était pas aussi terrible que ça, là, on va y revenir, mais je pense que ce qui est proposé est sûrement beaucoup plus dur, et finalement, et le paradoxe,
c
'est que les syndicats sont beaucoup plus faibles, donc je pense qu'il a bien manœuvré, maintenant manœuvrer n'est pas nécessairement faire de la grande politique.
–
Après quatre mois de discussion, Emmanuel Macron a donc signé les ordonnances qui vont réformer le Code du Travail, c'était une des promesses de campagne du candidat Macron, mais une nouvelle journée de mobilisation se profile demain, à l'initiative de la France Insoumise. Lucie Lémar, Julien Leney et Stéphane Lopez.
– C
'est l'acte final d'une des réformes clés de son quinquennat. Emmanuel Macron encadré par ses ministres, la mise en scène se veut solennelle.
–
Bien,
à
l'issue du Conseil des ministres de ce jour, les cinq ordonnances relatives à la réforme du droit du travail viennent d'être signées.
Elles
consacrent un engagement de campagne
important
et une réforme en profondeur inédite
du
marché du travail, indispensable à notre économie et notre société.
–
Une réforme qui, en tout cas, devrait changer le quotidien des patrons et des salariés dès les prochaines semaines. Dorénavant, il sera possible de contourner les accords de branche par des accords conclus dans l'entreprise.
Côté
salariés, un nouveau contrat est proposé, le CDI de projet. Un contrat qui prend fin quand le projet est terminé, sans indemnité de précarité. Plus facile
aussi de rompre les contrats. Les entreprises pourront désormais négocier à l'amiable un départ massif des salariés sans avoir à prouver leurs difficultés économiques.
En
cas de licenciement abusif, le délai pour saisir les prud'hommes est raccourci
et
les indemnités sont plafonnées.
Des
mesures qui divisent.
Hier encore, à Marseille, le président, en déplacement pour parler des Jeux olympiques,
s
'est fait rattraper par les critiques.
Vous
êtes vraiment dans trop
de libéralisme. Non, parce que les gens ne voient rien.
La contestation monte depuis près de trois mois. Mais Emmanuel Macron l'a dit et répété, il ne flanchera
pas.
Je ne céderai rien.
Ni
aux fainéants,
ni
aux cyniques,
ni
aux extrêmes.
Je
crois en démocratie.
Et
la démocratie n
'est
pas dans les rue. Ensuite,
mais dans la rue, justement, ces déclarations ne font qu'alimenter la colère.
Je pense que Macron, il n'en a rien à foutre de notre gueule
vu qu'on est des feignants, que la démocratie n'est pas dans la rue. Alors que là, ça se voit quand même que la démocratie,
elle
est dans la rue. Il ne
faut
pas qu'il oublie qu'il a été élu avec uniquement un quart des voix.
Une colère qui se cristallise contre l'ensemble des mesures annoncées par le président et qui fait le jeu de l'opposition.
On considère que Macron n'a pas été élu pour casser le code du travail,
il n
'a pas été élu pour baisser les appels, il n
'a
pas été élu pour rendre 3 à 7 milliards aux plus riches. Le pays que j'ai vu pendant la campagne électorale, c'est un pays déjà blessé par la précarité, déjà blessé par le chômage de masse, et sa réforme va aller encore plus loin.
Demain, la France
insoumise appelle à nouveau à la manifestation. Et dès la semaine prochaine, c'est au tour des routiers et des retraités de faire entendre leur colère. Tenter de paralyser le pays pour faire fléchir le président.
On va voir ensemble ce que cette réforme va changer pour le quotidien des salariés, mais aussi des employeurs. Mais juste avant, une chose vraiment très importante, on l'a évoquée très brièvement, mais est-ce que ça y est, c'est fait, c'est inéluctable, c'est coulé dans le marbre, où ça peut encore changer
? Ça
dépend pourquoi.
Il
y a cinq ordonnances, il y a 159 pages. Donc, selon les... Il y a 36 mesures qui ont été prises. Si je prends le dialogue social où on va fusionner les instances, chose qui était extrêmement difficile à mettre en œuvre, il se bat depuis la loi EPSAMEN et c'est enfin abouti, demain, il y aura des représentants du personnel qui auront un triple mandat, alors qu'avant, ils étaient délégués du personnel, ils étaient membres du comité d'entreprise, membres du comité d'hygiène et de sécurité, ils pouvaient cumuler les mandats. Demain, il n
'y
aura plus qu'une instance qui s'appelle le comité social et économique et qui va représenter le personnel et même pouvoir, s'il
y
a un accord d'entreprise, il relève, être un conseil d'entreprise où là, vraiment, il pourrait aller jusqu'à négocier des accords. Donc, ça, c'est un véritable changement. C'est extrêmement important.
Je
pense que là, le côté patron est ravi de cela. Mais il y a cinq ordonnances. Après, il y aura
plus
d'une vingtaine de décrets qui disent sortir avant le 1er janvier 2018. Je souhaiterais les voir avant
le 1er janvier 2018. Vous n'y croyez pas ?
Non.
Pourquoi ? J
'avoue. Si on prend l'exemple
de la loi
EPSAMEN, c'est long et technique. La loi EPSAMEN, c'était juin 2016. Le décret sur la répartition des élus et des heures de délégation, il est sorti en mars 2015. Il est sorti en mars 2016. Donc, neuf mois après. Ça prend plutôt entre six mois et un an. Et là, s'il veut ramasser en trois mois, je lui dis bravo et allez-y. Mais
il
y a les ordonnances, il y a les décrets qui vont être mis en application. Et ensuite, il y aura tout le travail des accords d'entreprise à faire pour satisfaire certaines exigences de ces ordonnances. Donc, ce n
'est
pas fini. C'est le début d'un commencement d'une réforme du Code du travail. Ce n'est que le début.
Et non
pas la fin d'un processus comme
ça
pourrait être
présenté ici
ou là. Et c'est sur la partie
flexibilité du travail. La sécurité, c'est encore autre chose.
Christine Cardellor.
Il y a quand même des choses qui sont applicables dès, alors peut-être demain, selon un journal officiel ou lundi ou mardi, mais par exemple le télétravail qui est une mesure favorable aux salariés. Dès la semaine prochaine, je sais que dans ma rédaction, un certain nombre de gens vont dire « Voilà, je voudrais un jour de télétravail supplémentaire puisqu'ils en ont déjà un. » Et c'est l'employeur qui doit prouver que ce n'est pas souhaitable pour l'entreprise. Mais normalement, le droit au télétravail, il est automatique.
Donc,
il
y a des choses, si je comprends bien, des choses qui vont pouvoir être appliquées immédiatement dès la semaine prochaine, comme vous le disiez à l'instant. Et puis d'autres dispositions qui vont être là beaucoup plus longues et qui vont nécessiter une adaptation du monde du travail, des employeurs, etc. Sur une question plus précise encore, question de SMS, avec le contrat de chantier ou de projet, est-ce que c'est la fin du CDI
?
Globalement, ce qui est certain, c'est que cette réforme, ce n
'est
pas la fin du salariat. Ce serait trop caricatural de dire ça. Mais c'est quand même le projet d'Emmanuel Macron depuis le début, d'une société où il n'y a plus de statut et de position acquise et on va au fur et à mesure détricoter le lien de subordination. Même le télétravail,
c
'est déjà un peu détricoter le lien de subordination entre un employé et son employeur. Ça veut dire quoi concrètement ? Ça veut dire que parallèlement, il faut voir, vous savez, il faut voir le code du travail tel qu'il va être, mais il faut voir tout ce qu
'il
dit autour. Il dit par exemple que l'auto-entrepreneur, qu'il appelle d'ailleurs micro-entrepreneur, le seuil va passer de 30 000 à 80 000 et pour les services et pour le commerce à 130 000. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'à la fois, on va encourager les patrons
à
virer leur cadre. C'est ça qu'il faut dire quand même dans ce projet. On a plafonné le coût. On sait maintenant combien coûte un cadre. C'est 20 mois maximum. Ça veut dire que comme une machine, finalement, c'est ce que dit l'avocat Thibaut de Saint-Sernin sur le code du travail, il dit finalement, comme une machine, on va dire que, n'aucun cas, les grandes boîtes, elles pourront les faire partir plafonner à 20 fois en espérant qu'on va faire rentrer sur le marché du travail des jeunes, de ceux qui n'étaient pas sur le marché. Et ça, ce calcul-là, de mon point de vue, il est assez périlleux parce que rien ne dit. Les gens vont partir.
Il
faudra regarder de très près, je crois, la courbe du chômage des plus de 50 ans dans les 12 mois qui viennent. Je pense que ce sera un très bon indicateur sur quel est l'effet réel de ces mesures du code du travail.
Je reviens un instant sur cette question sur la fin du CDI. C'est malgré tout un sujet qu'il n'a pas voulu mettre complètement sur la table.
Le
contrat de travail. Ah
non, pas du tout. Et à la limite, on aurait pu parler aussi de la fin du lien de subordination.
C'est pareil,
ça n'a pas été mis sur la table. C'est trop dangereux. Mais passer par le contrat de chantier, c'est assez malin. Et en plus, il le fait en laissant une marge de manœuvre extrêmement importante aux branches. Parce que c'est les branches finalement qui vont décider...
Ça
existait déjà un petit peu.
Oui, mais dans le bâtiment.
Là, ça
va s'ouvrir à l'ensemble des professions, en tout cas des branches qui voudront négocier dessus. Donc, ça peut quand même faire évoluer
les choses.
Ceci dit, ce n'était pas très employé, même dans le bâtiment.
On a une idée des secteurs qui pourraient être tentés par ce CDD de ce contrat de chantier ou ce contrat de projet ?
Oui, le secteur de l'informatique.
Oui.
Le syntec. Voilà, parce qu'effectivement, quand vous
créez
un site internet ou quand vous faites une remise à plat d'un système de serveurs, etc., ça peut durer plusieurs années et on ne sait pas si on fait un CD de deux ans, si ça suffira pour aller jusqu'au bout du chantier. Donc, dans ce cas-là, le contrat de chantier permet d'aller jusqu'au bout. Mais moi, je ne
suis
pas aussi pessimiste qu'Éric. Je ne crois pas. Ce n
'est
pas du tout la fin du CDI.
Ce n'est pas la fin du CDD.
Le CDD, effectivement, dans certaines branches, pourra être renouvelé trois fois, quatre fois si la branche en dessine ainsi.
C
'est-à
-dire
avec les syndicats. C'est la négociation dans la branche qui
va
avoir le dessus. Mais je pense qu'on a plutôt plus de souplesse.
C
'est-à-dire, on pourra renouveler plus souvent ou faire un contrat de chantier quand on a une visibilité sur un chantier précis. Mais je crois que des gens continueront à être embauchés en CDI. Mais c'est vrai que ça va permettre sûrement aux jeunes d'être embauchés plus vite, plus facilement.
Alors, Bruno, je dis la mobilisation contre cette réforme est en baisse. On l'a vu hier avec ce qui s'est passé à Paris notamment et dans toutes les grandes villes de France. Cette réforme est-elle pour autant populaire ?
Les
sondages ne le disent pas. Non, elle n'est pas populaire. En même temps, on voit que l'opinion est assez partagée. On est, j'allais dire, presque comme toujours au début de ces réformes sociales annoncées. En gros, on avait un tiers de gens qui étaient opposés.
Je
fais simple. Un tiers qui étaient favorables, qui soutenaient et un tiers, on va dire, sans avis, indifférent
ou entre deux.
Donc ça, c'est un petit peu sur l'ensemble de la loi. Après, quand on rentre dans le détail, on voit qu'il y a des mesures qui sont publicitées et puis il y en a quelques-unes qui étaient fortement contestées, notamment le plafonnement des indemnités prud'homales de licenciements. Ça,
c
'était vraiment quelque chose qui était contesté. Ce qu'on voit, plutôt, quand on étudie les différentes enquêtes, c'est qu'au fond, les Français étaient sans doute plus résignés que révoltés par rapport à cette réforme, surtout si on compare avec la forte contestation qu'avaient nourries la réforme et le Khomri. La méthode était différente, ça c'était en fin de mandat, François Hollande n'avait plus la force ni sans doute les relais, peut-être même pas la bonne ministre pour mener à bien la réforme et le Khomri. En plus, elle avait été préparée par Emmanuel Macron, l'était repassée par le ministère du Travail.
Donc, ça avait été un échec, je dirais que c'est la contre-méthode et sans doute l'inverse de ce qu'a fait Emmanuel Macron. Pour autant, les salariés, et c'est vrai qu'en France, dès qu
'on
touche à la question du travail, c'est très sensible, les Français sont très attachés, finalement, surtout, même les salariés du privé sont quand même attachés aux grandes règles de ce code du travail. Donc, elle n'était pas très populaire. Mais je crois que, bon, ils se sont dit, voilà, on ne pourra pas l'empêcher, c'était dans sa campagne, il a été élu, il y a la légitimité de la présidentielle qui a été
il y a six
mois. Et en gros, les Français ont dit, de toute façon, on lui laisse sa chance. Donc, ils sont dans cet état d'esprit aujourd'hui. Oui, mais, un sondage indiqué ce matin que deux tiers des Français, c'est beaucoup, estiment que les droits des salariés sont menacés, avec Fautorino. Et malgré tout, bon, ça passe
? Oui,
moi, je pense, quand on regarde attentivement, même si moi, je ne
suis
pas juriste, mais simplement, il n
'y
a qu'un certain droit dont on voit qu'ils vont être pas mal ébranlés. Qu'est
-ce
que je veux dire par là ? D'une part, cette fameuse inversion des normes, qui n'est pas née d'ailleurs avec Macron. Ça a commencé avec Fillon, sur le travail de nuit, sur les heures supplémentaires, etc. Donc, c'est 2004 déjà. Mais, simplement, il y a un principe du droit qui est le principe de faveur. C'est-à-dire que lorsque vous allez vers une norme plus en dessous, c'est-à-dire que vous passez de la loi au contrat d'entreprise de la convention collective ou au contrat de branche, normalement, ça va être plus favorable aux salariés.
Là, dans cette inversion, on va voir que, finalement, le régime dérogatoire fera qu'on pourra avoir une norme qui est beaucoup moins favorable aux salariés lorsqu'on ne respecte pas le code du travail.
C
'est quand même, c'est pas rien. On a parlé des plafonnements des prud'hommes, mais la saisine des prud'hommes va être plus compliquée. Le délai sera plus court. Vous vous rendez compte que maintenant, un patron va pouvoir refaire sa copie de l'aide de licenciement, c'est-à-dire qu
'il
peut licencier quelqu'un et puis rajouter un motif supplémentaire quelques semaines après en disant « tiens, j'avais pas dit ça ou ça ». C'est
quand même des
choses... Ils ont changé,
par rapport... Ils ont changé
hier. Il peut seulement apporter une précision. Il ne
peut plus rajouter un
motif au... Oui, mais enfin, ça reste quand
même...
Ça
lui permet
quand
même
de corriger. Il peut rajouter des choses. Ce que je veux dire, c'est qu'en termes de droit, il faudra maintenant avoir un avocat pour saisir les prud'hommes. Ce n
'est
plus une lettre sur papier blanc. Il faut faire une requête motivée. Donc, toutes ces petits choses, le diable est dans les détails. Je pense que quand on va regarder les détails, on va se rendre compte que pour un certain nombre de salariés, ces ordonnances les mettront en danger, les affaibliront. En revanche, là encore, je répète, pour Emmanuel Macron,
c
'est vraiment sa logique, c'est de dire tous ces statuts, il faut arrêter. Il faut que chacun... Lui, son monde idéal serait que chacun crée son boulot. Et puis, en fonction, les contrats de chantier, d'ailleurs, c'est un peu ça. Donc, d'une certaine manière, on n'est pas vers la flexi-sécurité à la danoise ou à la... On est vers la société californienne qui est très
dure. Californienne ?
Oui,
c
'est-à-dire qu'en fait, une société en marche, eh bien, une société en marche, elle risque de laisser des gens sur le bas-côté. Et je pense qu'il y a, compte tenu dans ces ordonnances, le risque, je ne dis pas que ce sera, on ne les a pas vus appliqués, mais je crois qu'il y a le risque que certains soient sur les côtés et pas ceux qu'on croit, effectivement.
Alors, je répète la question à laquelle Éric Potoirénaud vient de répondre. Deux tiers des Français estiment que les droits des salariés sont menacés. Est-ce qu'ils ont raison d'avoir peur ? Christine Cardellan
?
Moi, je dirais qu'on change de système. C'est-à-dire qu'ils ont raison d'avoir peur parce que, pour l'instant, on a la première partie. On a quand même la flexi-sécurité à la danoise. Pour l'instant, on a le flexi. Oui, on
n'a pas la flexi. Mais la
sécurité va arriver avec, normalement, la formation professionnelle, la réforme de la formation professionnelle et la réforme de l'assurance chômage. Donc, effectivement, pour l'instant, on a surtout le volet flexi. On n'a pas encore le volet sécurité. Donc, si on raisonne à court terme, ils sont légèrement menacés.
Mais l'idée, c'est que, quand même, les gens se formeront tout au long de leur vie et que, s'ils sont licenciés parce que leur entreprise a été menacée par une innovation, une start-up, etc., et qu'ils sont obligés de fermer, eh bien, comme ils auront été formés pendant qu'ils étaient en travail au métier de demain, ils passeront naturellement de l'un à l'autre avec, éventuellement, en étant couverts toute leur vie par le système d'assurance chômage de type danois, effectivement.
On l'a vu dans le reportage. L'habitante de Marseille qui interpelle le président, elle est sans doute dans les 60% que vous décrivez, c'est-à-dire elle attend le volet sécurité. Elle lui dit « Mais comment je vais faire pour me former ?
»
Aujourd'hui, je ne peux pas. Il y a deux ans, je pouvais. Donc, il y
a
une attente et il y a sans doute évidemment de l'inquiétude chez les Français qui attendent que les promesses sur la sécurité soient tenues. Les promesses, c'est quand même 15 milliards sur la formation. Et puis, c'est aussi une assurance chômage qui sera complètement revisité. Et ça, on verra dans les prochains mois si le président tient ses promesses. Il a tenu la première partie. Donc, on peut imaginer qu'il va aller aussi vite et essayer de tenir la seconde partie. Stéphanie, il
m
'a dit, on est d'accord. Donc, priorité à
la
flexibilité
et
la sécurité, on verra après.
Oui, pour l'instant, c'est priorité à la flexibilité.
Ça
se voit
très
bien en matière de licenciement. Ça se voit très bien en matière de négociation. N'oublions pas que maintenant, les entreprises de moins de 20 salariés qui n'ont pas de représentant du personnel peuvent négocier. l'employeur présente un projet de façon unilatérale qui doit être voté aux deux tiers des salariés. Alors qu'avant, de toute façon,
il
y
avait
toujours la question syndicale qui était derrière. Il fallait demander un salarié mandaté. Il y avait un contrôle par les branches. Là, c'est fini. Et la CFDT, c'était ce qu'elle redoutait. C'est clairement annoncé. Donc, il y a quand même une... Il y avait un affaiblissement syndical depuis plusieurs années. Maintenant, on vient le signer et on ne
va
pas permettre aux syndicats de remonter la pente avec des dispositions comme ça en matière de négociation collective. Et qui dit à la base négociation collective, dit un accord entre syndicat et patronat. Là,
ça
n'est plus le cas. C'est autre chose.
C'était une ligne rouge pour les syndicats à la question des 20 salariés d'entreprise. De 20 salariés. Et
ils
ont été obligés de l'accepter. Alors, les syndicats, justement, la CGT a-t-elle perdu son pari après cette deuxième journée de mobilisation qui a vu moins de monde, nettement moins de monde dans les rues
? Sur
la deuxième journée, oui, elle a perdu son pari. Sur la première journée, elle pouvait être satisfaite dans la mesure où elle avait à peu près le niveau de mobilisation de la première journée de manifestation contre le projet
et
c'est vrai que la CGT seule, alors c'est le gros bataillon, même les faux, ils sont quand même moins nombreux, seule, elle avait pratiquement fait, j'allais dire, la même performance entre guillemets. Là, clairement, c'est un échec de mobilisation ce qui s'est passé hier et de ce point de vue-là, on n'a pas vu le grand mécontentement social espéré par la CGT. La bataille sociale dans la rue a été perdue hier par la CGT. On verra si Mélenchon fait mieux que Martinez demain à la Bastille.
Il
y
a
aussi la CGT Transport qui manifeste lundi,
les routiers. Il y a l'ensemble, et ça,
on ne le dit pas aussi, mais le 10 octobre, c'est l'ensemble des syndicats, des organisations syndicales de fonctionnaires qui appellent à manifester. Ça, c
'est quasiment pas vu. C'est une journée qui inquiète d'ailleurs un peu le gouvernement.
Justement, parlons-en. On a un conflit social assez bizarre, parce qu'effectivement, hier, c'était plutôt raté. Mais demain, Jean-Luc Mélenchon espère rassembler peut-être 100 000 personnes à Paris. Lundi, vous l'avez dit, en effet, il y a les transporteurs qui vont bloquer les raffineries. On a du mal à saisir, Eric Fautorino, ce conflit social.
On avait eu les forains d'ailleurs aussi le jour où la CGT. Mais moi, je dirais deux choses. La première, c'est que je pense qu'il y a eu une vraie erreur stratégique de la CGT avant l'été. C'est-à-dire qu'ils se sont tellement vraiment... Ils ont foncé sur cette loi El Khomri. Ils auraient dû arrêter à un moment donné parce qu'ils avaient bien vu qu
'il
n
'y
avait plus grand-chose dedans. Et donc, du coup, ce que je disais tout à
l
'heure, quand on crie au loup et qu
'il
n
'y a
pas le loup, après, on ne vous entend plus. Là, je pense, encore une fois, qu'il y a un loup. Mais qu'ils ont été battus par eux-mêmes, par leur acharnement, à aller sur une mouletta qui ne cachait rien. Maintenant, sur la division dont vous parlez, c'est exactement la chance de Macron et c'est aussi sa victoire. La gauche est un miroir brisé.
C
'est-à-dire que chacun a ses chapelles, a ses petites corporations, etc. Alors Mélenchon, qui a toujours le goût de la formule, les fâchés, n
'est pas
fachos, etc. Bon, lui, il récupère quelque chose. Il y a un côté, vous savez, la fonction tribunitienne. On parlait de ça pour le Parti communiste autrefois. La contestation va vers quelqu'un et lui attire cette contestation. Mais derrière, c'est l'arbre qui cache la forêt parce que la gauche, les forces vives de la gauche, les syndicats, le Parti socialiste qui vend son immeuble, etc. On voit bien qu'elle n'est plus en état de construire et d'être audible pour construire une opposition, même constructive.
On
a le sentiment qu'au fond, cette journée de demain, cette manifestation contre les ordonnances, c'est un prétexte pour que Jean-Luc Mélenchon ait une démonstration de force dans les rues de Paris. On n'est plus sur de la politique ? Je crois plutôt qu'en tous les cas, il a déjà enjambé les ordonnances. Il sait que, d'ailleurs, la date n'a pas fixé le lendemain. Donc, il sait que de toute façon, il ne pouvait pas faire reculer le gouvernement. Il a beau dire je jure que je ferai reculer Emmanuel Macron sur les ordonnances, non, il ne le fera pas reculer. Elles sont signées, on l'a vu aujourd'hui.
Donc, en fait, il enjambre déjà les ordonnances et lui, il veut toujours capitaliser et apparaître comme l'opposant numéro un, Emmanuel Macron. C'est ça qu'il veut installer à gauche. Il veut absolument installer cette figure-là pour être celui qui, pendant le quinquennat, va être l'opposant. Un petit peu comme Mitterrand l'avait fait face à Giscard dans les années 70. C'est ça qu'il veut. Il veut préempter le leadership à gauche. Il en profite parce que le PS est à terre. Éric le rappelait, ils en sont maintenant essayés de vendre leur immeuble. Donc, pour l'instant, il n
'y a
pas de figure possible. Il bat, entre guillemets, battre également Philippe Martinez et quelque part le PC. On l'a vu le week-end dernier. Cette espèce d'opposition entre la Réunion et la Courneuve où il y avait la fête de l'humanité.
La
Réunion est absolument tout à fait révélateur de ce climat d'opposition en Gagné 2. Donc, c'est ce que veut Mélenchon. Il a déjà enjambé ça. Lui, il est déjà en train de construire son opposition, toujours plus l'opposition anti-Macron. Marine Le Pen ne peut pas jouer ce rôle aujourd'hui. Elle était assise aux côtés du président lors de la fameuse signature des ordonnances tout à l'heure en début d'après-midi. Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, a été en première ligne pendant tout l'été avec les partenaires sociaux. Premier crash test réussi donc pour cette ancienne DRH avant de s'attaquer au prochain chantier. Clotilde Mravko, Pierre-Jean Perrin et Pierre Dehors.
Ce
jour-là, alors que les concertations avec les syndicats sur la réforme du Code du Travail s'achèvent, c'est dans les jardins de son ministère que Muriel Pénicaud nous accueille.
C
'est Oscar Wilde qui se disait
la
sagesse c
'est
d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue quand on les poursuit. Voilà, bonne chance et bravo
! Une
réception avec des apprentis, l'occasion de s'afficher avec la jeunesse
et
de nous livrer sa définition du travail.
La
définition
du travail, c'est pas simplement un salaire avec un emploi,
je
crois que c'est aussi une fierté et c'est du lien social.
C
'est très important dans l'identité, en particulier
en France.
Parmi
les invités,
quelques
amis, comme le chef Thierry Marx
avec
qui elle a travaillé sur l'insertion professionnelle.
Elle
serait bienvenue au monde de l'artisanat parce que c'est un bourreau de travail. Elle est capable d'engranger un certain nombre de dossiers très vides, d'avoir une analyse de synthèse extrêmement efficace et voilà, pourquoi j'apprécie Muriel Pénifo.
Une
bosseuse qui a déjà touché à la politique. Entre 1991 et 1993, elle travaille aux côtés de Martine Aubry, alors ministre du travail et son ancienne mentor estime qu'elle a depuis renié ses valeurs.
C
'était il y a 25 ans. Tout le monde peut changer. On me dit que je l'ai formée. Je la trouve très déformée en tout cas. Je ne l'attaque pas personnellement comme personnalité. Je dis simplement voilà, c'est triste d'entendre quelqu'un dont je connaissais les convictions dire des choses qu'elle ne peut pas partager.
Pourtant, c'est bien Muriel Pénicaud qui a mené cette réforme du droit du travail. Quitte à décevoir aussi certains des partenaires sociaux avec qui elle a travaillé.
Oui,
la CFDT pense que cette réforme n'est pas à la hauteur de la modernisation des relations sociales que l'on aurait pu attendre dans un pays moderne avec les profondes transformations du travail que nous connaissons.
Car
au lieu des grands débats annoncés par le gouvernement, la méthode Pénicaud c'est d'isoler chaque négociateur.
Les
seules réunions qu'on a eues avec le ministère c'est des réunions bilatérales c'est-à-dire on avait le ministère et la CPME et puis la même chose de l'autre côté que les syndicats de salariés. Et on n'est pas totalement convaincu que le discours était exactement le même en fonction des différents interlocuteurs autour de la table.
C
'est pourtant son expérience dans les négociations qui lui a valu sa nomination au gouvernement.
Dans
l'exécutif, on met en avant ses projets comme Dan Cares, la couverture santé c'est qu'elle a mise en place alors qu'elle était directrice des ressources humaines chez Dan Cares
chez
Dan Cares c'est
une ambition incroyable
totale
économique et sociale à l'esprit du projet.
Mais
côté pile, les syndicats dénoncent une politique de ressources humaines bien moins progressiste.
Début
2013, l'annonce de 900 emplois supprimés au niveau du groupe Dan Cares au niveau Europe
dont
plus de 200 en France et ça c'est une casse sociale extrêmement grave pour les salariés qui sont concernés.
Accusée d'avoir effectué une plus-value boursière après ses licenciements, placée sous le statut de témoin assisté dans une autre affaire, Muriel Benicot est toujours aux côtés du président.
C
'est elle qui mènera les prochaines batailles, négociations autour des retraites, réformes de l'assurance chômage et celles de la formation professionnelle.
Elle
était totalement inconnue du grand public avant d'être nommée à ce poste. Est-ce qu'on lui doit, Christine Cardellan, en partie, en grande partie, même la réussite on va dire de cette réforme ?
Je dirais que oui. Emmanuel Macron n'a pas choisi au hasard à certains postes clés comme à l'éducation ou au travail. Il a mis vraiment des vrais professionnels et elle, elle avait vraiment une double compétence à la fois pour avoir travaillé avec l'État, enfin avec Martine Aubry, certes, mais aussi, ce qu'on oublie, elle a été présidente de l'école des inspecteurs du travail. Elle connaît bien aussi tous les rouages et puis par ailleurs, dans le privé, elle était chez Danone, DRH, elle a été DRH adjoint chez Dassault.
Elle a écrit un rapport sur le bien-être au travail donc quand elle est arrivée, elle avait un a priori très favorable notamment de la part de Jean-Claude Mailly mais aussi de l'ensemble des syndicats.
C'est ce
que j'allais vous demander. Ce profil hors politique, ça a séduit certains partenaires sociaux ?
Oui, parce qu'elle a été crédible chez Danone en tant que DRH. Elle a tenu ses promesses, elle a négocié réellement. Quand on la voit parler anglais, elle a effectivement mis en place cette protection sociale sur l'ensemble du monde, enfin pour tous les salariés de Danone dans le monde et c'est quelque chose qui n'avait jamais été fait et la réputation de Danone en matière de... enfin la dimension sociale de Danone est vraiment réputée. Comme elle est restée 10 ans à la tête des ressources humaines chez Danone, on peut considérer que c'est elle qui les avait bâties. Donc c'était très habile de la faire venir à ce poste et de faire finalement une réforme avec un grand DRH France.
Stéphanie Mathaudi ?
Elle n'est pas toute seule. Le ministère du Travail c'est quand même une équipe ne serait-ce que dans les conseillers et conseillers du Président, conseillers du Premier ministre, on a Franck Morel, ça y est, j'ai oublié son nom, on a Pierre-André Imbert, on a Antoine Fouché, donc des anciens du MEDEF, des anciens syndicalistes, des anciens de
l
'entreprise. Donc on est vraiment sur une sphère très technique. Donc pour réformer le Code du Travail c'est parfait parce que c'est vraiment du droit qui est très technique. Donc elle n'est pas seule par contre, elle a su effectivement communiquer. c'est vraiment une communication d'entreprise qu'elle a par ailleurs à l'extérieur vis-à-vis médiatiquement.
C
'est une communication d'entreprise donc elle va droit au but, elle répond à toutes les questions, on ne sent pas la langue de bois chez elle et derrière il faut savoir que le travail n'est pas fait uniquement par elle,
il
est
vraiment fait et il est fait depuis bien longtemps d'ailleurs, même avant Emmanuel Macron, ces réformes elles ont démarré vous le disiez tout à l'heure en 2004 elles ont même démarré après les lois à partir de 1982 et donc voilà l'avancée ça ne fait que conclure ce qui est fait depuis 2004 en termes de réformes. Je voulais ajouter quelque chose pardon
c
'est que les syndicats lors de la négociation enfin lors des discussions pendant la loi El Khomri certains disaient que leurs interlocuteurs ils étaient obligés de lui expliquer les textes qu'ils voulaient leur faire passer alors que là ils ont eu à faire effectivement avec elle mais aussi avec les gens qui étaient autour d'elle à des vraies
points Parole d
'expert incontestablement Emmanuel Macron qui, il faut qu'il le rappelait a choisi pour réaliser sa transformation économique et sociale de mettre ces textes-là d'emblée il s'est pour reprendre les mots comme il aime les mots en anglais il s'est staffé en ingénierie sociale à haut niveau c'est vrai que ce choix de mettre des experts sur les ministères sensibles c'est un choix qui pour le travail s'avère payant elle avait toutes les qualités pour ça et les syndicats eux-mêmes même s'ils ont contesté pour certains la méthode ont reconnu qu'il y avait une consultation avec la ministre qui était active qui était intéressante ils l'ont même dit à la sortie cette première bataille on appelle d'autres formation professionnelle
réforme
de l'assurance chômage apprentissage
et retraite
c'est elle qui va être changée de ça aussi
?
ça fait partie d'un ensemble en tout cas
ça fait partie du programme
il
y a Jean-Paul Delvaux pour préparer
le projet de loi sur les retraites on a une méthode maintenant
une
méthode de travail pour les futures les futures réformes si on considère que ces
cinq ordonnances sont le fruit d'un précédent qui va s'appliquer oui on voit bien c'est à dire que d'abord on rappelle les principes ensuite on est prêt à se fâcher avec ses amis c'est à dire on l'a bien vu avec Laurent Berger dans votre reportage c
'est à
dire que ce qu'il y a c'est pas je crois chez Emmanuel Macron du cynisme mais c'est une forme de c'est se dire j'ai pris des engagements et au nom de ces engagements même si mes amis grincent un peu ou crient je continue ces engagements donc la méthode pour moi ce que je vois chez Emmanuel Macron c'est que de la même manière même qu'il avait fait ce qu'il a fait à Hollande en disant bah oui à un moment donné je joue ma carte parce que je pense que j'ai raison pour le pays et bien là même si les syndicats qui sont plutôt qui étaient plutôt avec lui qui étaient prêts à participer comme la CFDT grincent il passera outre et il avancera et je pense qu'en effet Marielle Pénicaud elle n'aura pas d'état d'âme je pense que c
'est
quelqu'un qui est très valable professionnellement ça a été dit je pense que
c
'est quelqu'un d'une grande valeur mais en même temps je pense qu'elle n'aura pas d'état d'âme non plus pour appliquer ce que le président veut et l'image du début de l'émission est quand même très forte moi j'y vois quand même quelque chose des états un petit peu officiels moi je vois je ne vais pas comparer avec Poutine évidemment mais quand vous voyez ces images là statiques avec le président qui signe le ministre à côté comme un petit garçon en l'occurrence c'est une femme ça fait que c'est quand même un peu curieux dans la gestuelle et dans ce que ça dit en silence juste
quand même ça ira moins vite pour certains dossiers à venir parce qu'il y
aura
du législatif donc il faudra faire des projets de loi il faudra
préparer des projets de loi
et ça prendra plus de temps alors que là il a pu par la méthode des ordonnances aller beaucoup plus vite faire quelque chose que la droite voulait faire d'ailleurs si elle avait été élue et là il y est allé juste
un mot pour ajouter ce qui je trouve est très fort et en même temps très inquiétant c'est qu'Emmanuel Macron a dit pour vaincre le chômage il faut désengorger assouplir le marché du travail puisque là tout le monde est d'accord avec ça donc comme ça on va réformer ce fichu code du travail on va le simplifier on va faire en sorte qu'il y
ait de la
fluidité mais simplement les mesures qu'il fait prendre qu'il prend sont des mesures dont on verra je crois qu'elles ont elles sont aussi le début d'une politique qui attaque le salariat en tant que tel dans notre société moderne ça je pense que c'est contenu dans les réformes en effet compensé parce qu'on verra on va se former toute sa vie mais tout le monde ne pourra
pas se former toute sa vie
sauf qu'Éric les français je pense aujourd'hui se disent on sort d'une longue période où finalement on n'a pas réussi à faire reculer ce chômage toujours plus massif et le dernier quinquennat comme le précédent ont échoué de la même manière donc du coup les français assez dubitatifs peut-être inquiets en partie on le voit dans les sondages mais également prêts à entendre un autre discours
à
mon avis pour l'instant ils sont en état d'esprit à accepter ce type de réforme question SMS le plus facile est fait on laisse ça à l'appréciation du téléspectateur plus tard viendront les retraites et les régimes spéciaux le gouvernement ne devra-t-il pas céder
en
cas de blocage des transports Remember 95
voilà
on arrive on arrive sur un champ qui est un peu plus miné qui est le champ du paritarisme qui est la formation professionnelle c'est lié à une gestion par les organisations syndicales et les organisations patronales formation professionnelle l'assurance chômage est en lien aussi les retraites complémentaires également donc là le terrain est beaucoup plus difficile et on va passer plutôt par une loi et peut-être par des accords interprofessionnels qui sont signés régulièrement et si effectivement il suit sa méthode il suit son objectif à la dure j'ai envie de dire là effectivement les manifestations de rue qu'il ne souhaite pas risquent d'être beaucoup plus nombreuses
filmer
une signature d'ordonnance ça ne suffira pas Christine Cardellan
je
ne crois pas que c'était le plus facile c'est peut-être pas le plus difficile mais ce n
'était
pas le plus facile la formation professionnelle je pense que ça va être un peu moins compliqué plus compliqué avec les organisations syndicales qui sont effectivement votre
spécialité
mais avec les salariés personne n'est satisfait aujourd'hui de dépenser 42 milliards pour des formations de l'argent qui part beaucoup dans les cases des syndicats
la
question c'est est-ce qu'il faut s'attendre à un automne et à un hiver l'automne a commencé commence aujourd'hui un automne et
un hiver
sociaux difficiles je pense que de la même manière que les syndicats les français n'ont pas vu il n'y avait pas de prise vraiment sur ces ordonnances pour pouvoir vraiment créer une mobilisation sociale très forte je pense que ce sera compliqué de faire descendre les gens dans la rue sur la réforme de l'assurance chômage et même sur la formation en revanche je pense que le dossier le plus compliqué pour le président ce sera les retraites et pas seulement parce qu'on se souvient des grèves précédentes et qu'à chaque fois qu'on touche Sarkozy Juppé et d'autres c'est difficile non parce que Emmanuel Macron a été très flou sur le sujet pendant la campagne autant il a mis bien les cartes sur la table sur la réforme du travail autant sur les retraites se contenter de parler d'un système de retraite à points les gens ont écouté ça ils se sont dit oh bon finalement il y a un truc magique peut-être qu'on va pas avoir besoin de reculer l'âge de départ à la retraite et que tout va bien se passer je pense que là ça sera plus compliqué quand il va falloir
rentrer dans le dur de cette
réforme
16 millions de retraités ça peut faire 16
millions
on a une idée de quand pourrait être lancé ce chantier des retraites c'est quoi les chiens c'est cet
hiver c'est dans un an dans
deux ans alors d'abord il va y avoir toute une période de préparation par Jean-Paul Delvoy l'ancien ministre et Emmanuel Macron bien planifié son affaire il veut d'abord terminer tous les chantiers annoncés jusqu'à l'été 2018 et à mon avis les retraites c'est plutôt pour second semestre de visite voire surtout de
l'analyse et
du coup ça pose la question de la confiance dans l'action publique c'est à dire que je pense qu'effectivement sur le papier on peut se dire bon non peut-être qu'en effet comme dit Bruno jeudi les gens n'iront pas dans la rue sauf si les actions qui ont été entreprises les réformes qui ont été entreprises d'ici là coincent qu'on envoie aussi les effets pervers et que là cette notion de confiance on ne peut pas réformer Macron l'a souvent dit ce pays n'est pas réformable mais on ne peut pas réformer la France si on n'amène pas de la confiance et donc il faudra que les premières mesures qu'il aura pris et notamment par ordonnance parce que l'ordonance c'est quand même ça a une symbolique forte et eu des effets donc je pense qu'il faudra regarder lui il ne s'est pas ligoté avec la courbe du chômage mais il faudra regarder cette courbe du chômage pour voir si dans quel sens elle va pour invalider ou non ces mesures là où il a de la chance c'est qu'on est quand même sur un sentier de reprise et en plus les chefs d'entreprise interrogés hier
l'économie va mieux c'est ce que vous voulez dire l'économie va mieux
voilà en ce sens je parle de reprise la croissance va être meilleure et en plus les chefs d'entreprise dans un sondage que j'ai vu de la banque palatine et d'opinionnoye je crois disent que ils ont à 84% confiance dans la santé de
l
'économie française et ils sont 21% à dire qu'ils vont embaucher dans les 6 mois 50% disent ça va permettre d'embaucher ces nouvelles
lois
vous coupez Christine Cardellan mais ça fait un an qu'on entend ça mais
c'est vrai on
ne
voit
toujours pas bouger la courbe du
chômage non mais par contre on voit les emplois créés on nous dit
les chiffres sont bons vous voyez ce que je veux dire
oui
mais il
y
a 300 000 emplois quand même créés chaque année alors effectivement il y a beaucoup de jeunes qui arrivent sur le marché du travail donc la courbe qui réagit au mois le mois ne réagit pas assez vite mais vous allez voir que dans quelques mois ça va être très très visible il
ne faut pas sous-estimer la portée symbolique aussi de ces ordonnances qui fabriquent de la confiance auprès des employeurs et c'est là-dessus que compte Emmanuel Macron c'est pour ça que ce premier texte symbolique du quinquennat il est fait justement pour créer ce choc de confiance même si ce n
'est
pas une révolution et destiné à encourager les employeurs à faire confiance au gouvernement On va s'intéresser maintenant à un foyer de contestation que craignent tous les gouvernements les étudiants on a vu certains d'entre eux rejoindre la mobilisation contre la réforme du travail c'est une autre réforme envisagée par Emmanuel Macron qui risque de mettre le feu aux poudres la sélection à l'université Reportage à Bordeaux Walid Berisso Stéphane Lopez
Pour
l
'instant ils ne sont pas très nombreux
mais
c'est une colère qui monte sur les campus
contre
un fait qui ne dit pas tout à fait son nom la sélection pour entrer à la fac
Cette
réalité ces étudiants de Bordeaux la vivent déjà depuis plusieurs années ils sont choisis non pas sur leur niveau mais selon un autre procédé qui les scandalise le tirage au sort
Dans notre filière aujourd'hui il y
a
plus de 10 000 jeunes bacheliers qui n
'ont
pas pu accéder à la filière qu'ils ont voulu la filière du sport la filière de Staps On ne peut pas accepter ça Ce n
'est
pas possible 10 000 étudiants qui vont leur avenir briser
à
cause du tirage au sort ou à cause de la sélection ce n
'est
pas quelque chose de consvable On ne peut pas aujourd'hui dire non à quelqu'un qui vient de valider son bac C'est ça les prérequis Les prérequis c'est le bac Il valide son bac il est censé pouvoir aller à l'université
Le
bac désormais insuffisant pour accéder aux bancs de l'université un tabou que le gouvernement cherche à briser à la rentrée prochaine Une négociation délicate est engagée depuis plusieurs jours avec les syndicats étudiants
Cette
sélection déguisée certains étudiants la combattent avec d'autres armes
celle
du recours en justice
A
23 ans Serena termine ses études pour devenir psychologue
mais
l'accès au Master 2 qui lui donnera son diplôme lui a été refusé
sans
justification selon son avocat Alors là c'est donc la décision de refus qui est un simple mail Profil non adapté Motif de refus Profil non adapté pour un Master de Psychopathologie Psychologie Clinique Or quand on va se le relever de notes de l'étudiant de la candidate
qu
'a-t-elle validé M1 Psychologie Clinique Psychopathologie Donc j'arrive pas à comprendre comment on peut dire que le profil n'est pas adapté alors qu'elle a validé la première partie de cette formation-là Aider les étudiants à entrer en Master par la voie judiciaire Cet avocat bordelais s'en est même fait une spécialité
L
'université le sait très bien Elle est dans l'illégalité
mais elle
le fait et elle se dit on va mettre en place des processus sélectifs ceux qui attaqueront ils attaqueront et on les admettra et puis ceux qui acceptent ça
ils
trouveront ils chercheront ailleurs
Attaquer
en justice
l'université qui va ensuite la noter lui donner ou pas son diplôme une décision très
difficile
à prendre pour Serena La
jeune
femme témoigne mais préfère rester anonyme
Evidemment que j'aurais aimé rentrer à l'université par un autre moyen ça c'est plus qu'évident Mais j'ai vraiment fait énormément de démarches cet été mais vraiment énormément de démarches et j'ai reçu
même
pas un quart de réponse par rapport à toutes les demandes que j'ai faites Je ne
fais
pas ça contre l'université en elle-même Ce n
'est
pas ça C'est contre le système en soi et c
'est
juste parce que je veux accéder à mon diplôme comme je devrais y accéder normalement et que c'est la seule manière pour moi de le faire
Le
cas de sa cliente Florent Verdier va le défendre à près de 500 km de là
Depuis
le début de l'année il en est déjà à plus de 50 dossiers similaires toutes filières confondues
Prenez
place et commencez
Un
contentieux dont se passerait bien la direction de l'université qui attend du gouvernement une méthode de sélection plus claire même si le mot reste toujours
difficile à assumer Ce que demandent des universités ce n
'est
pas obligatoirement une sélection mais c'est peut-être une meilleure orientation si on revient en amont dès la sortie du lycée c'est sûr que peut-être que là il faudrait une orientation plus qualitative Quant à Serena son avenir s'est joué en quelques minutes Lundi, mardi prochain vous pouvez être inscrite et vous commencez les cours dès lundi prochain je pense D'accord ?
Un
recours en justice qui en moyenne coûte plus d'un millier d'euros
inabordable pour une majorité d'étudiants notamment ceux qui cette année resteront à la porte de l'université
Un
procès pour avoir le droit d'aller en cours ça paraît fou Oui
et le prix et le coût C
'est-à-dire que la
judiciarisation ce qu'on disait tout à l'heure pour les prud'hommes pour pouvoir faire valoir ces droits il faut déjà avoir les moyens de les mettre en avant
Les étudiants vont-ils rentrer dans la danse ? A chaque fois on le sait c'est la grande peur des gouvernements Et là ça l'est vraiment pour le gouvernement Oui La phrase c'est tant qu'il n
'y
a pas les étudiants ça va C'est ça la phrase actuellement dans les couloirs des ministères il y a une vraie inquiétude parce qu'il y a un malaise étudiant c'est montré dans le reportage et beaucoup des députés de La République En Marche font remonter ça actuellement au niveau des ministères qui le sait il y
a
un malaise étudiant perceptible et d'ailleurs la ministre justement le gouvernement s'entend ça a annoncé déjà une augmentation significative du budget de l'enseignement supérieur cela sera-t-il suffisant ?
On
verra dans les semaines qui viennent on sait jamais comment ça démarre finalement ces contestations étudiantes ce qui est certain c'est que le gouvernement à la mi-octobre plutôt dans la deuxième quinzaine a prévu des annonces pour améliorer la vie quotidienne des étudiants donc il y a une vraie inquiétude au niveau du gouvernement et qui entend désamorcer cette menace
Oui effectivement Jean-Luc Mélenchon met en avant pour inciter un maximum d'étudiants à venir demain la baisse des APL et
la baisse des contrats aidés Ils sont directement concernés les contrats
de travail et effectivement à côté de ça le gouvernement n'a cessé de prendre des mesures il y a eu les 700 millions effectivement pour l'éducation nationale enfin l'enseignement supérieur et la recherche il y a maintenant les 60 000 logements pour les étudiants qui vont être construits pendant le quinquennat l'aide aux personnes âgées qui prennent un étudiant dans leur maison voilà ils seront exemptés d'impôts sur le revenu enfin il y
a
une série de mesures que prend le gouvernement pour essayer de désamorcer la colère ou la tristesse étudiante
Stéphanie
Matosny
En fait il éteint un peu les incendies c'est pour ça qu'il
n'y a
pas de forte mobilisation c'est qu'il arrive à éteindre les incendies on l'a vu pour les routiers cette semaine et on le voit c'est des mesurettes mais c'est des mesures d'urgence qui sont prises qui coûtent mais du coup il arrive à calmer le jeu ceci dit là il y a deux grosses organisations syndicales étudiantes il
y
a l'UNEF il y a la FAGE qui est liée à la CFDT donc qui est là qui n'a pas pris forcément part au mouvement de façon officielle mais effectivement ça peut être il faut craindre pour le coup les étudiants dans la rue parce qu'eux ont le temps ils sont de nature à plutôt aller jusqu'au bout on l'a bien vu pendant les 17 les 15 journées dans l'OL Khomri et ils sont intéressés par tous les sujets de société pour le coup y compris la réforme du code du travail donc ils ont tout
tout
pour y aller et donc il faut effectivement s'en méfier
voici
maintenant vos questions SMS et internet faciliter les licenciements pour le patronat soit mais quelle compensation pour les employés
? les
indemnités de licenciement plus élevées j
'ai honte de dire ça parce que j'ai eu
un passage de 20% à 25%
on a quand même
plus
d
'emplois par mois d'ancienneté
donc pas
de réelles compensations pour
les employés
c'est ça la bonne
réponse peut-être notre jeune président serait-il atteint de Trump mania en signant pour la postérité devant les caméras Eric Cotorino vous avez pointé tout à
l'heure oui c'est vrai que c'est un peu étrange on ne va pas faire des comparaisons qui seraient un peu idiotes mais c'est vrai que vraiment on peut s'interroger sur pourquoi cette mise en scène qui finalement on a l'impression qu'il la relie à un certain nombre d'actes qu'il a posé comme ça depuis son élection depuis la pyramide du Louvre il faut qu'il montre à un moment d'eux que c'est lui qui décide il n
'y a
pas le premier ministre sur la photo
comme pour l'ancienne loi travail va-t-il falloir faire la queue pendant des heures devant les pompes à essence en tous les cas les syndicats de transporteurs ont prévenu faites le plein c'était le mot d'ordre
dès ce week-end faites
le
plein
parce que lundi les raffineries seront bloquées alors bon il y a déjà
eu pendant
la loi El Khomri il y a neuf raffineries en France on verra ce sera quand même un test pour le gouvernement de voir aussi quelle méthode il va employer lui est-ce qu'il va tout de suite chercher le bras de fer et faire dégager les raffineries si jamais les routiers arrivent à les bloquer on verra c'est un premier test c
'est
toujours compliqué les manifestations de routiers pour un gouvernement et imprévisible quel impact sur l'emploi ces ordonnances auront-elles ?
c'est
la grande inconnue là je
citais tout à l'heure le retour de confiance des patrons de PME qui ont l'air décidés à embaucher mais ce n
'est
pas tellement parce qu'il
y a
eu les ordonnances c'est parce que le contexte est meilleur
on
peut plus facilement licencier espérons que ça donne envie aussi d'embaucher
un
choc de confiance on peut l'espérer
les
mécontents ont-ils ressenti comme une insulte les termes de fainéant et de cynique ? ils l
'ont
misé par le président
ce qui a été étonnant c'est qu'on n'a pas compris exactement à qui il s'adressait au début et son explication sur ces fainéants en fait c'était ses prédécesseurs ceux qui n'avaient rien fait avant on n'avait pas compris ça avec autant de mots donc chacun a pu le prendre ce mot pour lui et donc effectivement ça a probablement blessé, heurté mais je pense qu'il y
a
chez Emmanuel Macron ce n
'est
pas la première fois des usages du vocabulaire alors qu'il sait quand même l'utiliser qui sont un peu curieux parce qu'il ne peut pas imaginer que ça ne va pas faire réagir alors moi ce que je me demande c'est qu'est
-ce
qu'il cherche quand il utilise ces mots-là comme les employés de GAD vous souvenez à une époque sur les illettrés etc.
Si Emmanuel Macron tient à l'épreuve de la rue ce quinquennat permettra-t-il de valider les thèses libérales
?
Oui Oui, dites-vous En tous les cas on voit j'allais dire à contrario que Jean-Luc Mélenchon essaie justement de faire des coups de boutoir sur ce thème-là en disant Macron c'est Thatcher en short en pantalon je ne
sais
plus qui était son expression
il
n'empêche il essaie de réveiller un peu cet orgueil de la gauche en disant mais attendez c'est le libéralisme on sait que le libéralisme c'est quelque chose en France qui quand même n'a pas bonne opinion donc Mélenchon a bien vu qu'il pouvait attaquer Macron sur ce point-là en même temps Macron ne cale pas et peut-être que c'est sans doute un des présidents les plus libéraux qu'on ait eu il
y a cette
idée président des riches on l'entend beaucoup aussi le président libéral
je dirais que c'est une manière de se rapprocher en tout cas de ce que fait l'Allemagne les pays scandinaves surtout la Grande-Bretagne etc effectivement se
mettre aux normes d'autres pays c'est-à-dire sans doute aller vers un peu plus de libéralisme il n'est
pas au pays scandinave tant que le volet sécurité
n'a
pas été
publié parce que moi je vois plutôt
quand même
c
'est quand même un homme des start-up c'est un homme de la nouvelle économie c'est vraiment quelqu'un qui pour lui le rapport de force la lutte des classes les syndicats tout ça il n'aime pas ça et ça il faut quand même bien le comprendre et dès lors qu'il n'aime pas ça il va remettre en jeu un autre modèle qui sera plus comme je l'ai dit tout à l'heure californien de mon point de vue que scandinave
pendant sa campagne il avait d'ailleurs il avait démarré sur des bases où le paritarisme les syndicats c'est seulement à la fin de la campagne qui finit par rencontrer le leader de la CFDT où là on voit qu'il y a un conseiller de faire un effort sans doute les conseillers dont vous parlez tout à l'heure lui on dit il faut préparer la loi travail il faut voir Laurent Berger vous
n'êtes
pas un modèle de reconstruction et de co-construction pour autant
moi
je pense que c'est un modèle scandinave c'est-à
-dire
c
'est
la flexisécurité danoise c'est le système de retraite par points suédois et c'est le système de formation continue toute sa vie et d'éducation primaire finlandais
c'est une discussion intéressante moi ce que je
pense par exemple sur les APL ce que j'entends moi c'est vous voyez l'état providence ça va être fini donc je pense même si on enlève 5 euros c'est juste on vous dit que l'état il va plus pouvoir donc moi je pense pas que c'est scandinave moi je pense que c'est vraiment l'auto-entrepreneur celui qui va créer votre boulot et vous allez y arriver et tout le monde ne peut pas créer son boulot même formé jusqu'au bout de sa vie c'est ça la difficulté on ne
parviendra pas à vous mettre
d'accord sur cette question
du modèle scandinave danois californien on a tout entendu ce soir ces mesures vont-elles être appliquées à partir de la signature des ordonnances donc aujourd'hui ou seront-elles rétroactives pour tous les travailleurs ça dépend j'ai l'impression de
certaines dispositions ça dépend desquelles ça
dépend desquelles il n
'y a
pas nécessairement de rétroactivité c'est plutôt nouvelle application à partir de la publication à partir ensuite des décrets à partir d'accords d'entreprise qui seront signés il n
'y
aura pas trop de rétroactivité
pourquoi
organiser des manifestations chacun son tour et non appeler tous les français mécontents dans la rue
mais
d'abord la force d'Emmanuel Macron et de Muriel Pénicaud c'est d'avoir divisé le front syndical il a réussi à éviter ce qui était arrivé à François Hollande et Myriam El Khomri c'est-à-dire il faut CGT ensemble dans la rue plus d'autres petits syndicats et à ce moment-là ça devient très difficile là il a réussi jusqu'au bout et c'est sa force
la CGT a quand même fait une grosse erreur en lançant ses dates sans consulter les autres syndicats enfin en tout cas les autres syndicats utilisent ça aujourd'hui pour dire c'est pas de notre faute si c'est pas un fonds commun c'est la CGT qui a pris le train toute seule
L'ADN des syndicats ce sont les journées d'action suivies de grèves en tout genre est-ce que leur logiciel pourrait évoluer ? Ah !
Est
-ce qu'on va avoir de nouvelles formes d'action
avec
ce nouveau
président ?
On a déjà des nouvelles formes d'action c'est des manifestations c'est les routiers qui font autrement c'est on l
'a
vu tout à l'heure les forains enfin je veux dire des manifestations il y en a toujours eu il y a la grève en elle-même qui est revendication salariale et puis après il y a toutes les manifestations d'autres ampleurs les pétitions mais ça ça fait depuis des dizaines d'années et ça ça va clairement se poursuivre
Les arrêts maladie pour les CRS ? Oui ça c
'est nouveau Ah oui ça c'était assez nouveau Expliquez ! Ce qui s'est passé
c'est qu'il y a un mouvement de contestation assez important actuellement notamment chez les CRS sur les primes en gros de primes d'assiduité
d'heures supplémentaires et comme
elles ont été diminuées un nombre important
défiscalisé
voilà
39 euros par jour
de défiscalisé
et pour barquer leur mécontentement ils se sont mis en arrêt maladie ce qui fait qu'il
y a
un certain nombre de CRS qui n'étaient pas mobilisés là où on en avait besoin et ça s'est terminé quand même par une audience assez musclée chez le ministre de l'Intérieur aujourd'hui même avec Gérard Collomb avec les syndicats de police et dans la police les syndicats c'est assez puissant à mon avis c'est quand même un conflit latent qui est assez important pour le ministre de
l
'Intérieur Les manifestations ne sont-elles pas maintenant des luttes d'égo entre messieurs Mélenchon et Martinez ?
On
peut dire ça comme ça en décrivant égo avec un O c'est bien ça la question mais parce qu'ils ne sont pas exactement sur un pied d'égalité c'est bien ça le drame pour la CGT aujourd'hui et je pense d'ailleurs que ça peut se relier à la question d'avant c'est que si les syndicats changent quelque chose c'est dans les nouvelles instances qui vont être faites est-ce qu'ils vont pouvoir arriver à se renforcer en termes de crédibilité pas tellement de représentativité mais de crédibilité et là on reviendrait au modèle scandinave
y
a
-t-il un autre
opposant à Macron que Mélenchon actuellement ? Non c'est celui qu'on entend le plus c'est aussi le parti qui est le plus uni autour de ses positions tous les autres partis sont plus ou moins en état de décomposition on l'a même vu avec le Front National ces dernières heures nous dirigeons-nous comme en Allemagne vers une explosion des mini-jobs
on
va avoir plusieurs boulots c'est-à-dire que c'est vrai que on n
'a
pas parlé du
modèle allemand encore ça peut
être une étape supplémentaire les mini-jobs ça a été très critiqué parce que vous entrez sur le marché du travail à 600 ou 500 euros donc évidemment c'est pas du travail vous êtes un travailleur pauvre et précaire j'espère que c'est pas ça la suite de l'histoire
le
temps partiel est beaucoup plus développé en Allemagne parce que les femmes ne peuvent pas laisser leurs enfants dans
des crèches la moitié des Français
SMICA sont au temps partiel merci beaucoup à tous les quatre merci à l'équipe qui a préparé cette émission dans un instant Anne-Elisabeth Lemoyne pour C'est à vous ce soir la redif est à 23h20 très bonne soirée sur France 5 à demain