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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 22 octobre 2022 19 min

Clémentine Autain : "Ce ne sont pas les grévistes qui bloquent les raffineries, c'est Total"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Clémentine Autain

Bonjour Clémentine Autain, députée LFI, l'ANUP de Seine-Saint-Denis. La CGT qui appelle à deux nouvelles journées de mobilisation nationale interprofessionnelle les 27 octobre et 10 novembre, toujours pour des questions d'augmentation de salaire. Mais n'y a-t-il pas un risque de ras-le-bol des grèves auprès des Français à poursuivre comme ça les grèves qui se succèdent ?

0:23
Présentateur

Moi je crois qu'il y a surtout un ras-le-bol des logiques économiques qui sont à l'œuvre et qui sont au profit d'un tout petit nombre. Vous savez que la politique d'Emmanuel Macron a favorisé les hyper-riches. Au fond il fait une politique pour les 1% les plus riches, elle est peut-être les 5%, mais la majorité de la population ne voit pas la couleur des choix qui sont faits par les gouvernements successifs. Donc j'estime que ces mobilisations sont légitimes et ce qui m'importe c'est qu'elles grandissent, qu'elles arrivent à convaincre un maximum de salariés que c'est utile de faire la grève.

1:03
Invité

Alors elles sont parties de très bas parce que la mobilisation de cette semaine n'a pas très bien fonctionné. Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que moins de 100 000 manifestants à la Grande Marche, organisés par Jean-Luc Mélenchon et deux jours après le mardi par la CGT et quelques autres syndicats, est-ce que 100 000, et encore je suis gentille, je crois que tout le monde ne convient pas que ça soit 100 000 manifestants, est-ce que c'est un flop ? C'est un flop ? C'est une gifle ? Ça a été commenté comme ça ? Vous dites quoi ?

1:25
Présentateur

Non, non, pas du tout. C'est pas beaucoup quand même ? Je ne partage pas ça. On aimerait, au regard de la situation, avoir une déferlante. Je veux dire que les salaires soient comprimés, l'inflation au plus haut, et pendant ce temps-là, des profits colossaux qui sont faits. Je voudrais donner juste un chiffre ce matin sur ce qu'on appelle les super profits. Vous savez que le ministre de l'économie ne sait pas ce que c'est, mais en réalité c'est très concret.

Avant crise, si on prend les entreprises du CAC 40 sur 2015-2019 et qu'on compare à 2022, on se rend compte que non seulement le chiffre d'affaires de ces entreprises a explosé de 38%, mais surtout le taux de profit, lui, a augmenté de 20%.

2:04
Invité

Mais ce n'est pas ma question. Ma question, c'est qu'ils n'étaient pas dans la rue, les Français. Pour reprendre la question d'Éric Delgaux, est-ce qu'on n'est pas en train d'exaspérer les Français avec des manifestations dont ils ne veulent pas ?

2:11
Présentateur

Écoutez, je vous réponds sur ce qui m'exaspère et ce qui devrait exaspérer les Français si on n'avait pas aussi un récit économique à rebours de ce que je suis en train de vous raconter. L'analyse que nous on fait de la situation, c'est qu'il est inacceptable, inacceptable, qu'un tout petit nombre, et notamment les hyper-riches, enfin ce n'est pas notamment, les hyper-riches et les grandes entreprises, celles du CAC 40, les multinationales, fassent des profits colossaux et que pendant ce temps-là, on demande aux Français de faire des efforts, de faire des efforts à peu près à tout point de vue.

Et ils ne voient pas la couleur de l'augmentation des salaires alors qu'ils sont plus productifs, alors que ce sont eux et elles qui participent à construire la richesse de notre pays. Donc c'est ce qu'on dénonce et donc les syndicats ont bien raison d'appeler à manifester. Effectivement, je constate qu'il y a une forme de sidération ou en tout cas de résignation, de difficulté à convaincre de l'intérêt de la mobilisation. Mais je voudrais rappeler à celles et ceux qui nous écoutent que dans l'histoire, on a obtenu des avancées sociales, des conquêtes, uniquement parce qu'il y a eu des mobilisations populaires.

3:18
Clémentine Autain

Oui, Clément Tignotin, mais vous parlez d'un petit nombre de patrons qui vont profiter des super bénéfices. C'est aussi un petit nombre aujourd'hui de grévistes qui tiennent deux raffineries et qui bloquent encore une partie de la France.

3:34
Présentateur

Mais non, ce n'est pas ça, je ne suis pas d'accord avec votre analyse. Ce n'est pas eux qui bloquent, c'est total. Non, je ne suis pas d'accord avec vous.

3:41
Clémentine Autain

Il n'y a pas de jusqu'au boutisme à la CGT ?

3:43
Présentateur

Non, je pense qu'il y a un jusqu'au boutisme dans le dogmatisme néolibéral aujourd'hui et dans des patrons qui sont hors sol. Prenez le cas du PDG de Total, M. Pouyanné. Je veux dire, c'est hallucinant. Il fait un tweet pour expliquer qu'il est fatigué, qu'on raconte sur les antennes, qu'il s'est augmenté de 52%. Mais il y a un accord majoritaire qui a été passé. Non, mais attendez, allons jusque là, allons jusque là. Écoutez-moi sur ce que je vous dis. Il pleure parce que c'est horrible. On explique qu'il se serait augmenté de 52%. Alors qu'en réalité, il avait abaissé son salaire. Il avait amputé son salaire.

Il gagnait 400 SMIC par mois, sans compter l'intéressement, qui est considérable, absolument considérable. Je pense même que les Français ne se rendent même pas compte.

4:23
Clémentine Autain

C'est 6 millions d'euros par an.

4:25
Présentateur

On parle en millions d'euros annuels. On parle en millions d'euros d'annuels. Donc juste pour son salaire, il gagnait 400 SMIC. Il a abaissé au niveau de la crise, au moment de la crise Covid, pour arriver à 270 SMIC. Et là, il a trouvé que ça suffisait, qu'il fallait qu'il repasse à 400. Et les salariés demandent quoi, ceux qui sont en grève ? Ils demandent quoi ? Une augmentation de 10%. C'est rien. C'est rien, strictement rien.

4:47
Clémentine Autain

Non, mais d'accord, mais la direction totale répond qu'elle l'a négocié. Ça y est, c'est fini cette grève. Il n'est pas question de rouvrir de nouvelles négociations. C'est ce que dit la direction, à ce qu'on peut appeler parfois les jusqu'au boutiste de la CGT.

4:59
Présentateur

Mais je pense qu'il y a un certain nombre qui n'acceptent pas que les augmentations soient si basses et estiment que leur dû n'est pas arrivé. Le problème, c'est qu'ils sont minoritaires. Ce qui me fait réagir vertement, c'est l'angle par lequel vous prenez le sujet. C'est votre choix, c'est votre droit d'ailleurs. C'est un questionnement, ce n'est pas un point de vue. Pour moi, jusqu'au boutisme, c'est celui du patron de Total. C'est Emmanuel Macron qui pense que dans la période, on ne va pas taxer les super profits, qui refusent même dans le budget un amendement qui vient du modem sur les super dividendes. C'est quand même pas... c'est tout petit en réalité.

Et qui s'entête à préserver les intérêts des plus riches qui déjà se gavent pendant qu'on demande toujours plus d'efforts à la majorité de la population. Moi, je vous dis que ça, ça ne peut pas tenir. Je ne sais pas si les journées de grève de la CGT vont suffire à enclencher le grand mouvement. Et moi, j'appelle de mes voeux un front social et politique qui permette justement de faire descendre dans la rue une telle déferlante qu'on arrive enfin à faire flancher ce gouvernement et ses politiques. C'est ça que j'appelle de mes voeux. Et ce dont je suis sûre, c'est que les termes du débat public ne vont pas.

C'est-à-dire d'entendre sur toutes les antennes que le problème, c'est un noyau de grévistes qui bloquerait la situation en France. Non, ce n'est pas ça. Ce qui bloque aujourd'hui la situation en France, c'est d'avoir, y compris, un gouvernement qui est même en dehors de ce qu'est capable de faire des pays comme l'Allemagne. Même l'Allemagne, elle est capable d'avoir une logique de taxation et de demander des efforts à ceux qui s'en mettent plein les poches dans la situation qu'on crée en cours.

6:41
Invité

Donc à l'extérieur, dans la rue, il y a des mobilisations. Vous les soutenez à l'intérieur de l'Assemblée. C'est le 49-3. Donc du coup, vous répondez par une motion de censure. Il y aura motion de censure de l'ANUP systématiquement sur chaque 49-3 déclenché ou pas ?

6:54
Présentateur

Alors écoutez, le gouvernement a prévu de faire entre 10 et 15 49-3 sur le budget. On va faire entre 10 et 15 motions de censure. En tout cas, on commence lundi par une motion de censure. Une deuxième sur le PLFSS. Et oui, on a bien l'intention de tenir tête. Je vous assure que l'ANUPES et tous les membres de l'ANUPES, vous savez qu'on se réunit en intergroupe tous les mardis matins et avec un travail qui est très collégial, qui je trouve est très productif. Mais là aussi, vous n'avez pas peur d'exaspérer les Français ? Je ne crois pas du tout que ça exaspère les Français. Pourquoi ça exaspèrerait les Français le 40 ?

Parce que qu'est-ce que vous allez dire de différent dans vos motions de censure à chaque fois ? Vous voyez votre question ? Excusez-moi, mais ce qui exaspère les Français aujourd'hui, c'est le 49-3. Puisque le 49-3, c'est plus de 70% des Français qui sont opposés à cette manière de gouverner. Donc ce n'est pas l'émotion de censure qui agace les Français pour l'instant. Ce sont les 49-3. C'est la méthode autoritaire du gouvernement.

7:46
Clémentine Autain

Clémentine Autain, si vous souhaitez faire tomber le gouvernement, pourquoi ne votez-vous pas également la motion de censure déposée par le Rassemblement National ?

7:52
Présentateur

C'est une bonne question. Et d'ailleurs, c'est un sujet qu'on a abordé dans l'intergroupe, y compris dans le groupe de la France Insoumise. Vous dites-le-moi ?

8:03
Clémentine Autain

Parce que pour l'instant, le mot d'ordre, je vais bien sûr vous laisser parler. Pour l'instant, le mot d'ordre, c'est qu'on ne vote pas à la NUP, on ne vote pas les motions de censure du Rassemblement National. C'est bien ça le mot d'ordre.

8:11
Invité

Mais chez les Insoumis, tout le monde n'est pas d'accord. Donc c'est intéressant d'entendre votre point de vue ce matin.

8:17
Présentateur

Personnel. C'est amusant parce qu'un coup on vient et on nous dit « Oh, c'est incroyable, vous avez voté un amendement avec l'extrême droite, y compris la Macronie. » Attendez, je vous réponds. Et la Macronie se lève en disant « Ah, scandale ! » Mais eux aussi, forcément, tout ça n'a pas de sens. Mais sur les motions de censure, il y a le besoin d'être très clair aussi sur les objectifs politiques. Donc dans notre motion de censure, on a envie évidemment qu'elle puisse être votée le plus largement possible. Mais comprenez bien qu'on ne va pas envoyer un signal d'un accord politique qu'on aurait avec l'extrême droite que nous combattons en tout point. Absolument en tout point.

Vous savez très bien que le projet de l'extrême droite et le nôtre est de nature antagoniste profondément.

8:56
Clémentine Autain

Personne ne va vous soupçonner de cautionner les thèses du Ressentiel national si vous souhaitez faire tomber le gouvernement.

9:02
Présentateur

Je suis ravie de vous l'entendre dire à ce sujet parce qu'il y a une petite musique, vous savez, sur les extrêmes, y compris nous étant accusés d'être l'extrême gauche. Nous ne sommes pas l'extrême gauche. Il existe une extrême gauche dans ce pays. Et d'ailleurs, elle a une stratégie politique qui n'est pas la nôtre. Elle pense que ça ne sert à rien d'essayer d'avoir le pouvoir par les urnes. Mais non, on s'éloigne du sujet ? Pas vraiment. On ne s'éloigne pas vraiment du sujet. Parce qu'effectivement, dire de tout temps, jamais, nous ne voterons une motion de censure, enfin, nous ne donnerons les moyens d'avoir une motion de censure qui va à terme, j'entends bien que c'est un sujet.

Je vous parle de façon très transparente.

9:38
Clémentine Autain

Est-ce que ça veut dire que vous auriez plus à perdre qu'à gagner ? S'il y avait de nouvelles élections législatives, vous avez un joli groupe aujourd'hui.

9:43
Présentateur

Moi, je n'ai pas peur du suffrage. Je n'ai pas peur du suffrage. S'il y a une dissolution, s'il y a une motion de censure qui est aboutie et qu'on doit se représenter, eh bien, le peuple tranchera. Donc, ce n'est pas ça le sujet. En revanche, il est important, dans nos votes, d'affirmer une clarté dans le fait que nous ne nouons pas d'alliance avec l'extrême droite et que nous sommes à distance et en combat vis-à-vis de l'extrême droite. Donc, c'est le moment politique dans lequel nous nous trouvons et au sein de la NUPES, c'est en effet l'accord auquel nous sommes arrivés pour ces motions de censure que nous déposons, ces premières motions de censure.

10:16
Clémentine Autain

Avec ce 49-3, le gouvernement pourrait garder une centaine d'amendements du budget, des amendements qui ont été débattus. Mineurs. Mineurs, peut-être, mais ils ont été débattus pendant quand même six jours. Quels amendements souhaiteriez-vous que le gouvernement garde ?

10:32
Présentateur

Alors, d'abord, on a fait quatre articles sur 26. Donc, autant vous dire qu'on n'est pas allé jusqu'au bout de l'ensemble des amendements intéressants qui auraient pu recueillir une majorité dans l'hémicycle.

10:41
Clémentine Autain

Non, mais il ne restait que quelques heures pour en débattre.

10:43
Présentateur

Oui, enfin, il s'est arrêté juste avant, par exemple, les amendements sur les super-profits. C'est ballot, hein ? C'est vraiment dommage. Elle est arrivée juste avant cela. Mais il se trouve qu'il y a quelques amendements qui ont recueilli une majorité dans l'hémicycle. L'amendement qui vient pourtant du Modem, c'est pas une officine d'extrême-gauche, sur les super-dividendes, majorité à l'Assemblée nationale. Le gouvernement sans tête ne veut pas en entendre parler. Crédit d'impôt pour le reste à charge des résidents dans les EHPAD. Pour l'instant, on n'a aucune garantie que le gouvernement le reprenne.

L'exic taxe, c'est moi en plus qui l'avais défendu pour mon groupe sur les évadés fiscaux.

11:20
Clémentine Autain

Je crois que le gouvernement n'a pas l'intention de les garder.

11:21
Présentateur

Il n'a absolument pas l'intention de les garder. Donc, il ne garde que des micro-amendements qui ne changent aucunement la nature du budget. Ce qui pose une question, parce qu'à la fois, il dit qu'on fait du débat, mais on fait du débat pour au final ne rien reprendre, y compris ce qui fait majorité à l'Assemblée nationale. Donc, c'est à nouveau le pouvoir de l'exécutif qui écrase celui du législatif et qui me fait dire que, décidément, décidément, cette Vème République est au bout du bout du bout et qu'il faut passer à une nouvelle République qui garantisse davantage de pouvoir

11:52
Clémentine Autain

pour le législatif. Tous les partis d'opposition avaient dit qu'ils ne voteraient pas le budget. Donc, qu'est-ce qu'il fallait faire pour le gouvernement ? Laisser à une France sans budget ?

12:00
Présentateur

Mais depuis quand les oppositions votent le budget ? C'est évidemment que les oppositions ne votent pas le budget. Sauf qu'à Taclysme, à ce moment-là, on n'est plus une opposition, d'ailleurs. Donc, ce n'est pas ça.

12:10
Clémentine Autain

Il y avait un risque pour la France de ne plus avoir de budget.

12:12
Présentateur

Non, il pourrait y avoir un budget, mais bonifié. Il pourrait y avoir un budget, mais qui n'est pas celui voulu au démarrage par le gouvernement et qui accepte le débat parlementaire. Sur quatre actifs, je vous ai parlé de trois amendements phares qui ont recueilli une majorité à l'Assemblée nationale. Le gouvernement n'en tient pas compte. Donc, même s'il finissait à la fin des fins par un 49.3, mais un 49.3 dans lequel il prend en considération les amendements tels que ceux dont je vous ai parlé, importants, qui recueillent une majorité, on pourrait dire qu'il y a un minimum d'écoute. Ils nous ont fait des leçons sur les compromis.

Il y a des formes de compromis qui, pendant ces quelques heures de débat, alors ça paraît beaucoup six jours, mais bon, ces quelques heures de débat, on n'est pas allé jusqu'au bout, mais auraient pu être repris. Là, nous avons un gouvernement qui agit de façon autoritaire et qui, alors qu'il est minoritaire dans le pays, minoritaire à l'Assemblée nationale, avance par le goût de force permanent. Non, il n'a pas de majorité. Il n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Non, il ne l'a pas. C'est quand même le groupe le plus nombreux, pardonnez-moi. Oui, mais il n'a pas de majorité. Donc voilà. J'insiste.

13:19
Clémentine Autain

Il a 170 députés, vous en avez-vous derrière 151 ?

13:24
Présentateur

Oui, certes, mais ça ne fait pas une majorité. Sur 577...

13:27
Invité

On va parler d'écologie parce que le temps file, Clémentine Autain. Sacrée journée quand même que la journée d'hier puisque le président de la République a annoncé le retrait de la charte de l'énergie, le retrait de la France de la charte de l'énergie. Il y a eu un Conseil national de la refondation hier consacré à l'écologie, mis en place d'un secrétariat général à la planification écologique, discours d'ailleurs également de la première ministre sur la planification écologique de la part du gouvernement. On a le sentiment qu'il y a une volonté d'accélérer.

13:53
Présentateur

Est-ce que vous le percevez comme ça ? Pas du tout. Moi, j'ai entendu beaucoup de blabla hier. C'est un discours de la méthode. Voilà. Alors, une espèce d'engagement un peu surréaliste. On nous explique que maintenant, il va falloir que les lois qui ont été votées s'appliquent. C'est déjà ça. Oui, voilà. Et que le gouvernement va essayer de s'employer à ce que les lois votées s'appliquent à la bonne heure. Après, on peut noter une sorte de victoire symbolique sur le terme de planification alors qu'il y avait une connotation au démarrage.

14:19
Invité

Que vous avez défendu dans la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon qui a été repris effectivement par...

14:24
Présentateur

Oui, qui signifie quoi ? Qui signifie qu'il faut organiser dans le temps la transition écologique. C'est ce qu'a dit la première ministre hier. Oui, sauf que... Elle a présenté des objectifs et des ambitions. Oui, je sais bien. Mais ils sont spécialistes d'avoir des grands mots pour afficher des grandes ambitions. Et puis, on regarde ce qui se fait et il y a trois pauvres lois avec des misérables articles qui ne changent en rien la situation. Parce que je vais vous dire en grosse masse ce qu'il faut faire. C'est qu'il faut mettre l'appareil productif au service des besoins véritables de la population. Et ça, c'est ça le changement de nature des politiques publiques qu'il faut faire.

Mais c'est un peu ce qu'a dit

15:02
Clémentine Autain

Elisabeth Borny hier en voulant concerner chacun des ministères dans cette transition.

15:07
Présentateur

Oui, mais oui. Mais vous n'y croyez pas en fait. Mais non, mais tout ça est une vaste blague. Parce que si on veut résoudre l'équation, il faut s'en prendre justement aux multinationales qui sont les premières responsables de la crise climatique. Il faut s'en prendre aux hyper-riches qui sont aussi les premiers responsables de notre bilan carbone. Or, tout ça, il n'est absolument pas question de le faire et on le voit très concrètement dans le budget. Par ailleurs, il faut investir considérablement, notamment dans les énergies renouvelables. Et là aussi, vous regardez le budget, strictement rien n'est prévu. Donc il y a le blabla et la réalité des politiques publiques.

Mais parce que je pense que la loi du profit, qui est le cœur en fait de ce qui soude la Macronie, est profondément contradictoire avec la possibilité d'avoir un système économique qui répond à nos besoins fondamentaux et qui remette à plat d'une certaine manière ce que l'on produit, ce que l'on consomme. La logique consumériste, vous savez, parce qu'ils sont arc-boutés sur une logique individuelle. C'est-à-dire, vous savez, on va mettre le col roulé, on va se chauffer à 19 degrés et ça va le faire. Mais ça, ça ne peut pas fonctionner. Ça ne peut pas fonctionner parce que l'écologie, elle doit être populaire, elle n'est pas l'addition d'un geste plus un geste.

Même si un geste plus un geste apporte des choses. Je ne veux pas minorer les gestes individuels, mais ce dont nous avons besoin, c'est d'un saut collectif pour changer notre modèle de développement. Et ça,

16:35
Clémentine Autain

le gouvernement n'y est absolument pas prêt. L'État ne peut pas tout, disait-il hier encore Elisabeth Borne, pour rappeler chacun sa responsabilité.

16:42
Présentateur

Ça rappelle quelques souvenirs.

16:43
Clémentine Autain

Oui, mauvais souvenirs pour les socialistes.

16:44
Présentateur

Voilà, mais ça, je pense que c'est vraiment

16:45
Invité

le vieux monde. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon doit rester, ou peut rester même, la figure de pouls des insoumis ? Mais il est.

16:53
Présentateur

Il a été notre candidat pendant... Est-ce qu'il doit le rester ? Il a été notre candidat pendant trois présidentielles, ce qui lui donne évidemment un rôle tout à fait singulier. il a été un fondateur et donc il est une figure de fait de notre mouvement. Mais sa grande marche n'a pas massivement mobilisé ?

17:12
Invité

Dimanche dernier, j'en parlais, l'affaire Quatre Minces.

17:13
Présentateur

Je ne suis pas d'accord avec vous. Moi, je trouve que la grande marche a été une réussite sous plein d'aspects. D'abord, je ne partage pas l'idée qu'il n'y avait pas de monde. J'y étais, je peux vous dire qu'il y avait du monde. Il y avait beaucoup d'énergie.

17:23
Invité

Vous parliez tout à l'heure de grandes déferlantes, on n'y était pas quand même.

17:25
Présentateur

Non, mais vous savez, la déferlante, il ne suffit pas d'un coup de génie d'un leader politique pour que déferlantes... C'est beaucoup plus complexe que ça.

17:34
Invité

Et après l'affaire Quatre Minces...

17:35
Présentateur

C'est comme la grève générale. Il ne suffit pas qu'un syndicaliste dise j'appelle à la grève générale et il y a la grève générale. Donc, dans le contexte et ce qu'on peut mesurer, y compris quand on compare avec la marche syndicale, moi, j'ai le sentiment que le dimanche... On a bien compris, vous l'avez dit au début. ... où nous avons marché a été une réussite. Il reste moins de 30 secondes.

17:52
Invité

Et l'affaire Quatre Minces, qui l'a manifestement touchée, qui l'a un peu dépassée, qui l'a peut-être même ringardisée, il n'est pas temps pour Jean-Luc Mélenchon de passer la main ?

17:59
Présentateur

Écoutez, Jean-Luc Mélenchon, il est là, il n'est plus député, il est en train de réfléchir et de travailler pour savoir quelle est sa place. Mais ayant été candidat trois fois et fondateur de la France Insoumise... Il est indéboulonnable. Mais ce n'est pas qu'il est indéboulonnable, c'est qu'il va trouver sa place qui va être une place nouvelle, mais il a bien dit qu'il n'allait pas arrêter de faire de la politique. Et voilà, je pense que c'est son droit et qu'il n'a pas été que de mauvais conseils sur les dernières années, non ?

18:29
Clémentine Autain

Clémentine Autain, on restera sur ces mots-là. Clémentine Autain, députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Merci d'être venue ce matin sur France Inter. Il est 9h moins 20.

Clémentine Autain : "Ce ne sont pas les grévistes qui bloquent les raffineries, c'est Total" — Clémentine Autain · Pourquijevote