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interviewLCI (sur YouTube)· 13 avril 2026 21 min

Loi Duplomb : un déni de science et de démocratie ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous. Un pact positif se poursuit pour la 3e saison sur la grille de LCI. Toutes les semaines, la parole est aux experts scientifiques afin de mieux comprendre [musique] les enjeux du dérèglement climatique partout sur la planète.

La parole est également aux entrepreneurs qui ont trouvé des solutions, mais aussi aux artistes et citoyens qui s'engagent [musique] pour relever tous les défis de la transition écologique et sociale. Un entretien d'une dizaine [musique] de minutes à retrouver sur toutes les plateformes. N'hésitez pas à nous soutenir en nous notant 5 étoiles [musique] et à nous contacter sur les réseaux.

Belle écoute avec Impact positif. [musique] [musique] Bienvenue dans Impact Positif, l'émission qui vous parle des enjeux de la transition écologique et sociale. Et l'un de ces enjeux et bien c'est la transformation du modèle agricole. un modèle qui serait notamment débarrassé des pesticides qui approuvrissent les sols qui nuisent à la biodiversité et bien sûr à l'homme.

On se rappelle hein de la mobilisation contre la loi du plomb et notre invité a souvent pris la parole pour éclairer les débats. Nous sommes avec Philippe Grancola. Bonjour.

Bonjour et merci beaucoup d'être avec nous. Spécialiste de la biodiversité, directeur de recherche au CNRS. Vous publiez ce livre aux éditions du faubourg. loi du plomb.

Le débat confisqué alerte aux fausses informations sur la santé et l'environnement. On rappelle que la loi du plomb a mobilisé plus de 2 millions de signatures sur le site de l'Assemblée, ce qui ne s'était jamais vu. La loi, elle a été promulguée.

Un débat a eu lieu au mois de février à l'Assemblée. Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre donc sur ce débat confisqué ? Quelle a été votre démarche ?

Alors, ma démarche c'était tout simplement d'essayer de partager la science, hein, de partager les recherches qui sont faites par tous les collègues en matière d'agronomie, d'agriculture, d'écologie sur euh le rôle des pollinisateurs, sur euh la toxicologie des pesticides, sur le cycle de l'eau, euh sur euh la sélection pour la virulence des pathogènes dans les élevages. Tous ces éléments, en fait, je les ai guère entendu dans le débat public. Je les ai partagé lors d'audition à l'Assemblée nationale quelquefois lors d'interview avec des grands médias mais j'ai l'impression que ça n'a pas suffisamment percé finalement dans la société civile malgré le succès de la pétition que vous mentionnez.

Voilà. Donc la science, vous dites, n'a pas été assez entendue. Il y a les arguments n'étaient pas présents sur euh bah voilà, dans dans les médias, dans la place publique.

Alors effectivement hein, on a entendu des arguments qui relèvent par exemple de la peur de l'usage des pesticides, ce qui est quelque part une peur assez saine hein, au regard de leurs effets sont quand même malgré tout des substances toxiques qui sont faites pour nuire aux vivants. Mais on n' pas forcément entendu par exemple tout ce qui concernait les réserves d'eau, les stockages d'eau he qui reviennent dans la loi d'urgence agricole. On n pas non plus entendu euh les éléments sur les élevages industriels.

Est-ce qu'on a vraiment besoin de plus d'élevages industriels ? Est-ce qu'ils doivent être agrandis pour être rentable ? Tous ces éléments-lement ont été un peu passés sous silence alors qu'ils sont fondamentalement très importants que ça soit au sujet de la biodiversité ou de la santé humaine.

Alors la loi du plomb, elle veut lever les contraintes qui pèsent sur les agriculteurs. Tout le monde est d'accord avec cela évidemment, mais il y a eu aussi beaucoup de fausses informations qui ont circulé et justement vous y revenez hein très clairement dans dans ce livre. On va aussi en en parler mais vous battez en brèche l'idée que cette loi s'adresse à tous, à tous les agriculteurs.

Vous dites ceci quand on y regarde de plus près, la loi du plomb ne concerne que 13 % des entreprises agricoles et d'élevage française. 13 % bah c'est quand même assez peu. Oui, effectivement c'est la profession des agriculteurs, des éleveurs, c'est une profession qui est aimée.

On sait que c'est une profession nécessaire, qui est indispensable, qui est difficile, qui est pas bien rémunérée pour la plupart des agriculteurs, des éleveurs. Donc on a envie de les aider et donc quand on voit une loi qui est supposée lever les contraintes, on a envie finalement de l'adopter. Mais en réalité quand on analyse cette proposition de loi qui est maintenant promulgué et puis la seconde proposition de loi qui arrive encore au Sénat et peut-être qui sera incorporée à la loi d'urgence agricole si le gouvernement le permet.

Quand on analyse ces ces lois et ces projets de proposition de loi, on voit qu'en réalité euh très peu d'entreprises sont concernées et les entreprises qui sont concernées sont finalement pas celle dont on a besoin. Elles sont pas les entreprises qui ont des problèmes financiers, sont pas des entreprises qui nous procurent finalement les produits de notre alimentation au niveau local. Donc finalement, on se rend compte que malheureusement une grande partie de ces 3500 agriculteurs et puis ces 145000 éleveurs ne vont pas être aidés par ces lois ou ces propositions de loi.

Ah oui, tout ça c'est c'est important. C'est-à-dire que ceuxa donc la majorité des agricultures ne seront pas aidés par la loi du plomb. On reparle aussi de cette loi car à l'occasion de la loi d'urgence agricole qui a été présentée mercredi dernier au conseil des ministres et bien certains débats pourraient ressurgir à l'occasion de l'examen de cette loi d'urgence agricole euh en mois de mai, au mois de juin à l'Assemblée au Sénat, notamment des abandements qui pourraient euh déroger à l'interdiction de l'usage des insecticides néonicotinoïdes.

Vous qui avez écrit tout ce livre sur ce débat confisqué, est-ce que ça pourrait revenir de nouveau à l'Assemblée on Sénat ? Effectivement, c'est un gros problème puisque en l'occurrence ces produits en théorie ont été interdits au niveau européen au niveau français à l'exception de l'acétamyite qui est le dernier des néonicotinoïdes autorisés au niveau européen. Et puis il y a également la flupiradifur qui est un neurotoxique qui a les mêmes effets, les mêmes problèmes et qui pourrait aussi revenir sur le marché français.

Et malheureusement, ces insecticides sont extrêmement toxiques sans distinction pour tous les insectes. Il s'agissent des insectes qui attaquent les cultures ou pour les pollinisateurs, hein. Donc les utiliser, quel que soit la manière dont on les utilise, queon enrobe les graines ou qu'on pulvérise, c'est condamner finalement une grande partie des écosystèmes insectes, oiseaux verr de terre à de gros problèmes et finalement à une perte de rendement agricole, notamment par exemple quand on les utilise dans des plantations d'arbres fruitiers qui doivent être pollinisés.

Et puis par ailleurs, aussi des produits qui posent des problèmes pour la santé humaine euh qui ont avec lesquels on a en cours des risques non seulement environnementaux mais aussi de santé humaine. Donc il faut à tout prix arriver à statuer sur leur utilisation de manière un petit peu plus mesurée. Oui.

Alors justement dans dans votre livre vous arrêtez sur un certain nombre de fausses informations notamment celle-ci la réintroduction de pesticides serait nécessaire. Alors ça c'est un argument qu'on entend tout le temps, tout le temps effectivement qui revient sans cesse et vous vous répondez clairement non. Effectivement, il y a des études qui ont été menées par des établissements publics d'ailleurs en coordination avec des entreprises agricoles.

Le CNRS par exemple a une zone atelier avec 400 entreprises agricoles et on s'aperçoit qu'en agriculture conventionnelle, on peut baisser des intrans perdre de rentabilité dans la plupart des filières. Ouis. Donc ça c'est important d'ailleur 30 % en moins d'un sans avoir d'impact sur la sur la rentabilité.

Effectivement et par ailleurs par exemple pour certaines cultures comme la bettervassu qui a été beaucoup mise en avant en fait on peut ces dernières années sans néonicotinoïde sans acétamiri les rendements ont été très favorables. On arrive et l'inrae par exemple a montré qu'il était parfaitement possible de maîtriser les invasions de puceron qui pourraient transmettre le fameux virus de la jeunis aux bettervees. On pouvait maîtriser tout cela avec un certain nombre de pratiques comme le paillage, comme l'assolement entre le changement de parcelle de culture d'une année sur l'autre, la maîtrise des cordons, des terrages, des bouts de betterve qui restent dans les parcelles et qui peuvent servir de réservoir pour le virus et puis même la le fait de cultiver de l'orge en mélange avec des betteraves.

Avec tout ceci, on arrive à des résultats meilleurs. Le problème en fait, le vrai problème de la culture de betterave, c'est les prix d'achat des entreprises sucrières qui sont libres depuis 2017 et qui sont évidemment au plus bas pour que leur marge le marge les marges de ces entreprises restent importantes et qui dépendent également du prix du sucre sur le marché international. Il faut le savoir, il y a une surproduction de sucre au niveau mondial avec la canne à sucre notamment, mais pas que également la betterave à sucre cultivée dans des pays où les coûts salariaux sont beaucoup plus bas que les coûts français.

Donc le problème c'est pas le la la la le virus de la jeunis, c'est pas le puceron, c'est pas l'utilisation des pesticides, c'est surtout finalement comment arriver à aider une filière euh qui surproduit et qui n'est pas compétitive, quoi qu'il en soit par rapport à des productions étrangères. Donc ce qui coince selon vous, si vous dites toutes les solutions sont là et que il suffirait de se mettre, ce qui coince c'est simplement le fait de de voilà de devoir continuer de produire plus pour pour se maintenir à flot. C'est ça.

Oui. Et puis aussi parce que quelque part le la betterave à sucre c'est le sucre mais c'est pas forcément le sucre de consommation quotidienne d'ailleurs qu'on consomme un peu trop hein. C'est aussi les agrocarburants, c'est la nourriture transformée.

Donc il faudrait aider ces filières plutôt que d'essayer de conserver un statut qu de productivisme maladroit qui de surcroix n'est pas très rentable. Il faudrait essayer de les aider finalement à se transformer comme le font d'ailleurs certains agriculteurs qui ont créé leurs propres usines sucrières et qui font la distribution au circuit court et qui arrive à s'en sortir beaucoup mieux que ceux qui malheureusement sont ligotés par les grandes entreprises sucrières. H alors certains députés pour la loi du plomb ont été pris à partie l'an dernier hein.

Ça a été assez aussi violent pour pour eux. On leur a dit qu'il allait être responsable de l'apparition de de cancer pour eux. Euh voilà, ça ça ils ont certains ont été euh menacés euh de mort.

Alors, il est réfuté le lien entre cancer et à cette ami Pride euh et je disais aussi victime de fake news, hein, quelque part. Qu'est-ce que vous leur diriez à ces députés ? Je leur dirais que ils doivent se reposer finalement sur la science hein.

C'est leur seul confort et malheureusement, on a entendu beaucoup de fake news effectivement sur la cétamiprine, on a entendu que c'était une substance qui était pas dangereuse. Elle est effectivement pour l'ensemble de la biodiversité. C'est c'est c'est une autre fausse information sur laquelle vous revenez effectivement dans votre livre.

Vous vous consacrez tout un chapitre à cette fausse information. L'acétamite est-il dangereux ou pas ? Alors effectivement dangereux d'abord pour les insectes et bien évidemment donc on va perdre des pollinisateurs si on l'utilise et par exemple si on veut l'utiliser dans des vergers de pommes ou de cerise on va avoir des problèmes avec la productivité dans les années qui suivent.

Puis d'autre part, c'est un perturbateur de la construction du système nerveux chez les humains. Il a été signalé comme tel par l'Agence européenne de la santé il y a plus de 10 ans. Elle réclamait des aux Étatsmembres de la Communité européenne des études sur ce sujet qui n'ont toujours pas été conduites et puis on est capable de passer toutes les barrières de notre corps.

On le retrouve chez les femmes enceintes et dans le fétus. on le retrouve dans liquide céphalorachilien autour du système nerveux des enfants. Donc il y a un réel problème de santé humaine, y compris et bien évidemment et d'abord pour les agriculteurs qui sont les premiers exposés les agriculteurs et leur famille puis pour les Rivrins et puis aussi d'une manière générale pour de un grand nombre de personnes parce que ces produits sont solubles dans l'eau et on les retrouve ils ruissellent, ils sortent de la parcelle de culture, [raclement de gorge] on les retrouve même dans l'eau de pluie, [grognement] on les retrouve dans les nappes fréatiques.

Il y a un réel problème de pollution qui dépasse de très loin les parcelles de culture. Même quand on enrobe des graines avec par exemple du flupira d'ifuron comme le propose le sénateur Laurent Duplom dans sa nouvelle proposition de loi. On va retrouver ce produit dans les parcelles adjacentes.

En plus la flupiradiffurante quand elle se dégrade sous l'action des bactéries, ce qui se passe dans les sols habituellement, elle produit un polluant éternel, l'acide diffluoroacétique. qu'on est très loin de produits qui sont anodin et qu'on pourrait finalement mettre dans les champs en se disant que quelques semaines après, il y a plus de trace de ces produits et puis on a sauvé la récolte et on a causé de tort à personne. C'est totalement faux.

Oui. Et vous avez de raison de de mettre en avance ces agriculteurs sur lesquels on veut lever pour lesquels on veut lever toutes ces contraintes, mais ce sont eux aussi les premières victimes et bien de cette exposition en pesticides avec des des maladies dont ils sont victimes, notamment la maladie de Parkinson. Oui, tout à fait.

C'est c'est quelque chose qui est souvent passé sous silence, y compris, je crois, dans la profession, comme le soulligent des sociologues, hein. Quelque part pour les agriculteurs, ce sont des maladies difficiles à vivre et il y a des études d'épidémiologiques qui ont montré sans aucun doute qui sont beaucoup plus touchés par toutes sortes de maladies, miélome, lymphome, maladie Parkinson, des troubles respiratoires et cetera sont des maladies très graves qui touchent ces professions qu'on devrait prendre au sérieux. Euh les agriculteurs aujourd'hui rivalisent euh en tout cas les les grosses entreprises agricoles rivalisent de de procéder pour se protéger euh du contact avec ces produits.

Il faut le savoir, les équipements de protection qu'on utilisait encore il y a quelques années n'étaient pas efficaces. Il concentraient les produits sur la peau. Voilà.

Et aujourd'hui, on a même des cabines de tracteurs qui sont pressurisées pour éviter que l'agriculteur soit au contact avec ses produits. Donc, il est bien évident que ce sont des produits toxiques qu'on devrait les utiliser avec le plus de précaution possible et même voir essayer de ne pas les utiliser euh ce que réalisent actuellement les agriculteurs en bio ou en agroécologie, ce qui représente quand même à peu près 20 % de la profession. Et vous mettez également dans votre livre là, on parle pas de cette ami pride, mais vous écrivez que selon une étude récente, vivre à 1 km d'une exploitation viticole conventionnel amène statistiquement un risque chez les enfants de développer une leucémie, risque augmenté de 10 % par cette proximité.

Donc c'est on est vraiment très très loin de de quelque chose à nous. Ouais, tout à fait. Et là vraiment enfin on se rend compte que ce sont des des études qui sont absolument imparables et qui sont souvent cité de avec des attermoiements par un certain nombre d'élus ou de responsables publics alors qu'en réalité les résultats sont effarants et devraient amener vraiment à mettre en place.

Là on est même plus sur un principe de précaution. Là on est sur un principe de prévention. On sait quels sont les dégâts et on devrait les éviter à tout prix.

Alors, il y a effectivement toute cette problématique des des des pesticides, mais il y a pas que ça. Il y a aussi les bassines, hein, les stockages d'eau, vous l'avez dit, ça revient dans cette nouvelle loi d'urgence agricole. L'agrandissement des élevages aussi, ça c'est une autre idée que vous battez en brèche dans votre livre.

On nous dit il faut agrandir sinon on va mourir, on ne sera pas compétitif. Et là encore vous dites bah non, c'est une fausse information. Alors effectivement, c'est une fausse information déjà parce qu'on consomme trop de viande.

Le français consomme en moyenne bien sûr, c'est une moyenne plus de 80 kg de viande par an. c'est-à-dire quatre fois plus que nos grands-parents, c'est mauvais pour la santé. Euh cette viande, la plupart du temps, elle est produite dans des conditions effroyables pour les animaux, dans des élevages industriels euh qui sont pas rentables, euh pour lesquels un certain nombre d'éleveurs sont extraordinairement endettés.

Euh ils ne maîtrisent pas les prix de vente de leurs marchandises, ils souffrent dans leurs professions quotidiennes et et bien évidemment ces entreprises, si on leur permet d'augmenter encore la taille de leur chept ne vont pas forcément devenir plus rentables pour autant. Mais malheureusement la production de ces entreprises, elle est demandée par une partie de l'industrie de la transformation et puis également par les céréaliers industriels qui vendent finalement leurs produits pour la nourriture de ces animaux. Donc c'est un cercle infernal dans lequel un certain nombre d'éleveurs sont emprisonnés et sans maîtriser finalement les prix d'achat de leur marchandises alors que le coût de la production lui ne cesse d'augmenter.

Mais évidemment la solution n'est pas d'agrandir les élevages. Bien au contraire, on va vers encore plus de nuisance. He, il faut se rappeler qu'aujourd'hui en France chaque année, on a 250000 tonnes de lisiers qui sortent de ces élevages industriels et qu'on est obligé d'aller dispenser sur un peu tous les sols français en les transportant à distance pour ne pas pour arriver à fertiliser sans trop polluer avec des nitrates à certains endroits.

Oui. Et on a vu les conséquences que ça pouvait causer dans certaines régions, notamment la Bretagne. Vous parlez de trois pistes à explorer hein pour aller vers un autre système plus respectueux de l'homme, plus respectueux de vivant.

L'agroégologie évidemment la norme réglementaire bio, les circuits courts de distribution. Alors, c'est vrai que ce sont des pistes he qui reviennent évidemment souvent sur le devant de la scène, tout en sachant qu'on a constaté une baisse des surfaces agricoles bio l'année dernière alors que la demande est là que là qui a une qui a quand même une volonté de de de s'alimenter cette demande de la part des Français. Oui, c'est un paradoxe, mais c'est malheureusement un paradoxe qui a été organisé par le manque de subvention publique à l'agriculture bio, hein, on le sait, ces subventions ne sont quasiment pas existant et puis puis on on a même diminué finalement le soutien à l'agence bio qui essaie d'aider les entreprises agricoles qui veulent faire une transition.

Donc on est vraiment dans une situation dramatique alors que comme vous l'avez dit, la demande des consommateurs est de plus en plus importante et les consommateurs se tournent malheureusement vers des productions qui sont bio mais qui peuvent être circuits longs et donc dont les prix sont relativement importantes alors qu'en fait il faudrait au contraire s'orienter vers des circuits courts dans lequels il y a l'agriculteur finalement a un prix de vente qui correspond au prix auquel vous achetez le produit sans qu'il y ait trop d'intermédiaires qui prennent leur part légitime certes mais trop importante au passage. Donc là, on a vraiment besoin et il y a un certain nombre de collectivités qui l'ont compris d'organiser ces circuits en reconstituant des ceintures maréchères autour des villes, en salariant des agriculteurs, en achetant les mairies parfois achètent les terrains pour euh susciter euh euh des entreprises agricoles bio et de manière que les personnes sur place aient accès à des produits de qualité produits en circuit court par des artisans. que ces artisans puissent vivre dignement et avec un juste prix aussi pour pour les habitants hein qui n'ont pas toujours la bourse qui va avec les prix du bio malheureusement.

Voilà, exactement dans ce type de système on est vraiment sur des bénéfices pour toutes les parties hein. Les consommateurs ont des bons produits de saison à petit prix. Les agriculteurs produisent sans s'exposer à des risques et ils sont rétribués correctement.

Et puis l'environnement se porte mieux. On le sait, après quelques années sans pesticides, on retrouve immédiatement un certain nombre d'espèces d'oiseaux ou d'insectes qui reviennent dans les habitats et qui remplissent à nouveau leur rôles, les rôles qu'on attend d'eux, hein. Les oiseaux consomment les insectes en trop grande quantité. les insectes, bah parmi eux, il y a tous les pollinisateurs ou les insectes qui décomposent la matière organique qui sont absolument indispensables au bon fonctionnement des écosystèmes.

Donc finalement, tout le monde est gagnant dans ce système mais il faut à tout prix l'organiser. Malheureusement là en France, on ne va pas assez vite et assez loin dans ce domaine alors que ça serait une niche économique extraordinaire pour qu'enfin un grand nombre d'entreprises agricoles ou d'élevages puissent vivre dignement de leur activité qui est une activité indispensable. Alors, on c dernier temps, on a beaucoup parlé de cadum, on a beaucoup parlé euh de Piface.

Alors, l'opinion public est de plus en plus alerté, hein, sur ces enjeux de de santé, mais finalement, il y a aussi une angoisse, hein. On sait plus trop quoi manger, on ne sait plus trop quoi faire. Quel conseil donneriez-vous ?

Alors, c'est vrai qu'il y a déjà un problème de mesure du risque, hein. Quand euh les pouvoirs publics agissent, ils font un calcul bénéfice risque et malheureusement, on surévalue les bénéfices liés à un certain nombre de filières euh par exemple agricoles ou d'éleveurs industriels. Et puis, on sous-évalue les risques les risques liés euh à un certain nombre de substances et malheureusement après quelques années de sous-évaluation, on se rend compte que ces risques étaient importants et ça suscite des inquiétudes qui sont bien légitimes.

Donc le conseil qu'on peut donner à un consommateur, c'est tout simplement de se tourner vers une production locale bio en circuit court de saison. De cette manière, elle va maîtriser la plupart des risques. Alors, pas tous, mais néanmoins, il y a un énorme différentiel par rapport à une production euh conventionnel euh qui peut venir de très loin euh qui a tout qui qui sera moins contrôlé euh du point de vue de son contenu et puis surtout qui va ajouter euh à des pollutions euh et à des résidus de pesticides qui va ajouter le problème de l'émission de gaz à effet de serre.

Quand on achète des pommes qui viennent de Nouvelle-Zélande ou d'Amérique du Sud, bien évidemment, c'est un circuit qui n'a aucun sens he par rapport à une production locale de qualité. Oui, mais si on regarde par exemple ce qu'on nous dit aussi sur le cabnol, attention au pain, attention aux pommes de terre et cetera, c'est vrai que là ça commence à concerner un peu finalement bah nos aliments vraiment du quotidien. Oui, ben on se rend compte malheureusement en fait queon vit aujourd'hui dans un monde dans lequel les circuits de production de distribution alimentaire ont été industrialisés mais sans une maîtrise de des pollutions et des résidus de pesticides ou de polluant sorte qui viennent des amendements dans nos aliments.

Et on a vraiment besoin de reconstruire ces circuits de distribution. Alors, dans l'attente de cette reconstruction, euh, même si elle se produit déjà dans un certain nombre de collectivités qui sont volontaires pour aller en ce sens, il est vraiment important bah de se rapprocher de producteurs bio, de marchés de région euh de produits qui euh finalement dans lesquels on va avoir euh des qualités importantes sans qu'il y ait une trop forte utilisation d'amendement donc des incrans qu'il s'agisse d'engrais, malheureusement les engrais phosphatés avec du canium qui sont relativement peu utilisés par l'agriculture. sur bio ou qu'il s'agisse de pesticides qui sont en principe la plupart du temps pas utilisé par l'agriculture bio.

Donc là encore se rapprocher de producteurs régionaux dans ces domaines, c'est vraiment la solution. L'autre solution bien sûr pour 70 % des Français qui possèdent un jardin, bah c'est d'organiser un petit peu leur production personnelle en s'assurant malheureusement là encore que leur jardin se situe pas dans une zone qui a été polluée par exemple par des incinérateurs d'ordure comme c'est le cas pour un certain nombre de communes françaises. Effectivement, merci beaucoup Philippe Grand Cola d'être venu dans Unct positif sur LCI.

Je renvoie votre livre he qui est une vra une véritable mine d'information. Loi du plomb le débat confisqué. Merci beaucoup d'être venu sur positif.

Une émission que vous pouvez retrouver en replay sur [musique] tfininfo.fr et en podcast sur toutes les plateformes. N'hésitez pas à flasher le QR code qui va s'afficher sur votre écran en bas à gauche pour retrouver tous les épisodes.

Merci à vous. À bientôt.

Loi Duplomb : un déni de science et de démocratie ? — Laurent Duplomb · Pourquijevote