Nationalisez Arcelor pour arrêter la chute !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
moins de 10 % monsieur le ministre, moins de 10 % du PIB. La part de l'industrie dans notre pays vient de passer sous la barre des 10 %. Nous voilà tombés au niveau de la Grèce.
C'est du jamais vu, jamais connu dans notre histoire. Et pourtant, en même temps, en même temps, on nous parle de réindustrialisation. Comment a-t-on pu chuter aussi bas ?
Ce n'est pas la ouvriers, des travailleurs qui ne l'ont jamais voulu. Eux se battent usine après usine depuis 40 ans. Ils protestent, manifestent, occupent leur sites, plantent des croix, une par emploi parce que c'est leur mort à eux, la mort de leur coin et que vont devenir nos gamins.
C'est la faute en revanche. Oui, j'accuse. C'est la faute de nos dirigeants, de nos dirigeants politiques, de nos dirigeants économiques.
Cette chute, ils l'ont voulu, ils l'ont programmé, ils l'ont organisé. Pour eux, l'industrie c'était le passé. s'était dépassé, il fallait s'en débarrasser et ils s'en sont débarrassés.
Ce qu'il prenaient, c'est je les cite, une société de services, la banque et les assurance pour les uns et pour les perdants pour les millions de licenciers, caris et auxiliaires de vie. Ses dirigeants, c'est Serge Turuc, le PDG d'Alcatel, qui promotait une entreprise fablesse sans usine, sans production. On garderait juste ici la conception, l'ingénierie et le reste, le reste partirait en Asie.
Il était alors applaudi. Applaudi par les journalistes, applaudi par les ministres. Voilà un visionnaire, voilà un prophète.
C'était la voix, c'était l'avenir. Alcatel, notre fleuron des télécommunications sera finalement vendu au finlandais Nokia et entièrement démantelé. Tout comme Alstom, notre fleuron de l'énergie vendu à l'américain général électrique, tout comme Péchiné, notre fleuron de l'aluminium vendu au canadien Alcan.
Tout comme Thomson, notre fleuron l'électronique cédit pour un franc symbolique. Ces fleurons nos dirigeants les ont soldés. La nation en est dépouillée mais ça a rapporté gros.
Ça rapporté gros à leurs amis avocats. Ça a rapporté gros à leurs amis conseillers en fusion acquisition. Ça a rapporté gros à leurs amis des banques d'affaires.
La chute de l'industrie, ils l'ont voulu, ils l'ont choisi. C'est l'Europe du grand marché avec Jacques Deor, les élargissements à l'est et c'est chez moi en Picardie, onwell, Magetti, Marelli, Good, Continental, Welpool qui sont partis, qui ont fuit vers la Pologne, la Slovaquie, la Roumanie. Ils l'ont choisi et c'est Pascal l'ami à l'OMC qui fait entrer la Chine dans cette folle machine.
Et c'est alors rien que dans le textile, rien que dans le textile, 1000 à 2000 emplois sacrifiés chaque mois. À ce choix, à cette chute, les Français ont répondu non. Un nom très clair, très net.
Non à 55 %, non à 80 % chez les ouvriers. Mais ce nom, nos dirigeants l'ont nié, dénié comme si c'était un oui pour poursuivre leur folie. Ces dirigeants, oui, j'accuse ont trahi le pays.
Ces dirigeants n'ont jamais protégé les salariés français. Ces dirigeants depuis 40 ans font passer l'intérêt des multinationales avant l'intérêt national. C'est avec cette histoire qu'il nous faut rompre aujourd'hui.
Car Usinor raconte cette histoire en raccourci. Usinor, c'était de l'acier français et qui appartenait à l'État français jusqu'à comme pour le reste, comme pour les autres fleurons s'en débarrasser. Par étape.
D'abord, Usinor fut privatisé, est entré en bourse. Ensuite, l'entreprise a fusionné avec les groupes espagnols et luxembourgeois. Enfin, elle fut bradée à l'indien Mital.
Je ne fermerai pas d'usine. C'était la promesse du PDG en 2006 au rachat. Depuis Gandrang, j'a fermé.
Reince et Denin ont fermé l'an dernier. Florange a fermé ses haut fourneaux. 608 postes sont aujourd'hui supprimés mais le pire est sans doute à venir parce que vous le savez monsieur le ministre Arcelor Mital refuse d'investir.
Le PDG a gelé enterré la décarbonation defourneau alors que pour l'avenir ces projets sont vitaux. C'est un sabotage en cours. Mital encaisse les dividendes, encaisse les aides publiques, mais il n'investit pas.
Le propriétaire actionnaire ne fait pas son travail. Voilà pourquoi, monsieur le ministre, nous vous demandons de faire le vote. Nationaliser Arsenor.
Nationaliser Arsenor pour se conserver de la Su français. nationaliser Arcelor parce que de l'agroalimentaire à l'aéronautique, toutes nos entreprises tournent avec de l'acier. Nationaliser Arcelor parce qu'il n'y a pas d'industrie, encore moins d'industrie de défense sans acier.
Nationaliser harcelor parce que en France on doit pouvoir souder, réparer un pont roulant, surveiller le convertisseur, vérifier la quantité de minera, fabriquer un acier résistant, découper des bobines de 2 m, maintenir ici notre savoir-faire, nationaliser Arcelor pour manifester une volonté, pour marquer que l'État ne laissera plus faire, que les usines on ne va plus s'en débarrasser, que vous luterez pied à pied, pas seulement ici, mais pour les forges de commenterie, pour les tesser dans l'isser. Nationaliser Arcelor pour arrêter la chute. Nationaliser Arcelor pour inverser le cours de l'histoire.
François Ruffin