Yaël Braun-Pivet invitée de Thomas Sotto sur RTL | intégrale
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 25 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 58 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:10OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on peut accepter de se faire humilier ainsi par l'ambassadeur américain ?
- 0:43RelanceÉludée
Faut-il sanctionner l'ambassadeur Kushner ou pas ?
- 1:34OuverteRéponse partielle
LFI et le RN sont-ils coupables de connivence ou à minima d'indulgence envers les groupuscules violents ?
- 1:55RelanceRéponse directe
Y compris le RN avec l'ultra droite ?
- 4:02OuverteRéponse directe
Faut-il exiger un casier judiciaire vierge pour être député ?
- 4:49OuverteÉludée
Est-ce que ça vous choque de voir Raphaël Arnaud encore à l'Assemblée aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:46Yaël Braun-PivetChiffre
« Nous pouvons prononcer une exclusion de maximum 15 jours. »
- 4:10Yaël Braun-PivetFait
« Mais oui, c'était une promesse de 2017. »
- 4:25Yaël Braun-PivetFait
« Pour autant, le casier vierge nécessiterait une révision constitutionnelle. »
- 6:12Yaël Braun-PivetFait
« On a passé tous les contrats en revue et on a signifié à ceux qui étaient concernés la fin de cette pratique. »
- 6:54Yaël Braun-PivetFait
« Donc la minute de silence de M. Quentin Doranque a été demandée par Éric Ciotti, président de groupe, et adoptée à l'unanimité des présidents de groupe. »
- 10:31Yaël Braun-PivetFait
« Ce sera adopté avant l'été »
Temps de parole
- Yaël Braun-Pivet73 %
- Présentateur27 %
≈ 3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Va Thomas Soto, RTL Matin.
Il est 7h42, elle est la présidente de l'Assemblée Nationale, Yael Broun-Pivet, l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Yael Broun-Pivet. Bonjour Thomas Soto. Allez-vous faire voir, c'est en substance le message envoyé par l'ambassadeur des Etats-Unis en France, Charles Kushner, qui était pourtant convoqué hier soir au ministère des Affaires étrangères, suite à ses propos sur la mort de Quentin de Ranck, mais qui a choisi de ne pas y aller. Ça en dit long sur le respect que les Américains ont pour nous. Est-ce qu'on peut accepter de se faire humilier comme ça ?
Alors pour nous, il faut étendre, puisque j'ai cru comprendre que la même scène s'était déroulée en Belgique notamment, et dans d'autres pays, donc on voit qu'on a une diplomatie américaine qui n'a rien à voir avec la diplomatie américaine qu'on connaît. Donc évidemment, il faut se parler, évidemment il ne faut pas se laisser faire.
Mais il faut sanctionner ou pas ? Parce que là, Jean-Noël Barraud a fait savoir que l'ambassadeur voyait révoquer son accès direct au gouvernement. Autrement dit, il ne va plus pouvoir appeler les gouvernements en direct, ça va lui faire une belle jambe, non, Kushner ?
J'ai vu ça, moi je me suis entretenue avec lui il y a quelques mois de cela sur l'antisémitisme. On voit que c'est quelqu'un qui est assez inhabituel dans sa façon de faire, mais quoi qu'il en soit, c'est l'ambassadeur des Etats-Unis en France. Donc il faut lui dire ce que l'on pense, mais en même temps, il faut continuer à échanger, parce qu'on a besoin d'échanger avec les Américains. Moi je serai moi-même aux Etats-Unis dans une dizaine de jours pour discuter avec mon homologue. On a besoin de se parler, de se dire les choses, de se dire surtout nos désaccords et de se dire là où sont nos limites. Et donc c'est ce que fait le ministre des Affaires étrangères et c'est très bien ainsi.
Conséquence de la mort de Quentin Deran, qui va y avoir ce matin à l'Elysée, une réunion sur les groupuscules violents d'ultra droite et d'ultra gauche. On connaît les liens insumés entre la jeune garde et la France insoumise. Mais au-delà de cet exemple, selon vous, LFI et l'ERN, sont-ils coupables de connivence ou à minima d'indulgence envers ces groupuscules ?
Ce qui est sûr, c'est que ce sont deux extrêmes qui ont des groupuscules qui véhiculent leurs idées de façon violente. On le voit bien, il y a des liens entre ces deux parties.
Y compris l'ERN avec l'ultra droite ?
Mais évidemment, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt. Et il ne faudrait pas, parce qu'il y a eu le drame de Lyon, considérer qu'il n'y a que l'ultra gauche qui fout le bazar dans nos rues et que l'ultra droite est blanc-blanc. Ce n'est pas le cas et on le sait tous. Donc en fait, il faut simplement qu'on continue notre action très ferme, interdire ces groupes d'action lorsqu'ils commettent des violences et qu'ils commettent des actions contraires aux lois de la République. Que la justice, lorsqu'elle est saisie, soit extrêmement ferme et j'attends bien qu'elle le soit, notamment dans l'affaire de Lyon. Et ensuite, politiquement, il faut être ferme également.
On ne peut pas continuer à être complaisant. J'ai entendu hier Jean-Luc Mélenchon sur YouTube. Il est d'une complaisance totale et ça, c'est coupable. Il est fier de la jeune garde.
Et à propos de Raphaël Arnaud, il a été très clair, nous ne chasserons pas de nos rangs le camarade Raphaël Arnaud qui, rappelons-le, a créé cette jeune garde dont acte ?
Déjà, il a une drôle d'idée de la démocratie puisqu'il sélectionne les médias qui ont le droit de l'interroger. Ça me paraît assez surprenant. Quand on est un homme ou une femme politique, on doit faire face à tout le monde. On n'a pas à faire du tri entre les journalistes qui vous interrogent. Après... C'est pour Jean-Luc Mélenchon, mais pour Raphaël Arnaud... Mais c'est important, vous savez, parce qu'on va avoir un débat présidentiel qui va commencer dans les mois qui viennent. Et la presse doit pouvoir faire pleinement son travail, avec tout le monde. C'est fondamental.
Et Raphaël Arnaud, est-ce que ça vous gêne, vous, quand vous êtes sur le perchoir de l'Assemblée, que vous présidez, de le voir encore dans l'émission ?
Alors, pour le moment, je ne l'ai pas revu, Raphaël Arnaud. Il n'est pas revenu à l'Assemblée nationale. Il est toujours député parce qu'il a été élu par nos compatriotes. Et dans une démocratie, la présidente de l'Assemblée nationale ne peut pas démettre un député de ses fonctions. La seule chose que l'on peut faire, et on l'a fait à plusieurs reprises, c'est quand il y a soit des fautes dans l'hémicycle qui empêchent la délibération, des manquements déontologiques faits par un député. C'est ce que nous avons fait, notamment pour Mme Angrand, pour M. Kerbra. Nous pouvons prononcer une exclusion de maximum 15 jours.
Mais ça, c'est l'Assemblée nationale qui le prononce dans son ensemble et ce n'est pas la présidente.
On se pose pas mal de questions, d'ailleurs, sur les règles à l'Assemblée nationale. Raphaël Arnaud, il a été condamné à 4 mois de prison pour violences en réunion. C'était en 2022. Une condamnation précédente qui n'a pas été inscrite à son casier. Mais au-delà de son cas, est-ce qu'il faut changer la règle ? Est-ce qu'il faut exiger un casier judiciaire vierge pour pouvoir être député ? C'était d'ailleurs une promesse d'Emmanuel Macron en 2017.
Mais oui, c'était une promesse de 2017. On a été aussi loin que possible dans des lois qui s'appelaient les lois confiance dans la vie politique. On a étendu le nombre d'infractions qui empêchaient de réaliser un mandat politique. Pour autant, le casier vierge nécessiterait une révision constitutionnelle. Moi, j'y suis extrêmement favorable. Nos compatriotes attendent de nous une exemplarité totale. Que ce soit une exemplarité sur le plan de la conduite, donc de la gestion de l'argent public. Mais évidemment aussi dans la vie de tous les jours. Et lorsque l'on commet ce type d'action violente, alors là, il n'est pas impliqué directement dans la carrière de l'Union.
Mais ça vous choque de le voir à l'Assemblée aujourd'hui ou pas ? Mais à nouveau, je ne l'ai pas revu. Non, mais vous jouez sur les mots. Oui, non, je ne joue pas sur les mots parce qu'il n'est pas là et il n'assume peut-être pas devant les parlementaires que nous sommes ce qui s'est passé et les liens qu'il a avec ce groupuscule. Mais politiquement, oui, ça me gêne d'avoir des parlementaires qui ont un casier judiciaire, qui sont fichés ou qui ont des accointances avec des groupuscules violents, voire qui les animent comme c'était le cas. Oui, évidemment, ça me choque et ça fait partie et je sais que ça choque les Français aussi et ils ont raison d'être choqués.
Donc oui, exemplarité et casier judiciaire vierge pour les élus de la République.
Et les pseudo ? Raphaël Arnaud, ce n'est pas son vrai nom. Robin Chalandard qui travaille à l'Assemblée sous le nom de Robin Michel avec lui et qui est mis en examen dans le drame de Lyon, non plus. Il y a beaucoup de personnes qui travaillent sous un faux nom à l'Assemblée ?
Alors j'ai découvert cette pratique, moi je ne la connaissais pas, j'ai été scandalisée en apprenant cela pour les collaborateurs de parlementaires. Donc j'ai demandé à mes services de passer en revue l'ensemble des contrats des collaborateurs et de mettre fin à cette pratique. Donc ça va être interdit ? Donc c'est interdit.
Pour les collaborateurs et pour les députés ?
Alors pour les députés, ils sont enregistrés comme cela par la préfecture, donc ils sont titulaires de leur mandat électif avec ce nom-là, donc je ne peux rien faire. En revanche, j'ai interdit l'utilisation de tous les pseudos à l'Assemblée nationale et c'est fait, ce n'est pas demain, c'est fait. On a passé tous les contrats en revue et on a signifié à ceux qui étaient concernés la fin de cette pratique.
La mort de Quentin Deranque est évidemment un drame pour ses proches, pour les siens, on a entendu sa famille qui s'est prononcée. Mais fallait-il vraiment une minute de silence à l'Assemblée la semaine dernière ?
Alors c'est une bonne question et c'est des questions qu'on se pose à chaque fois. Alors la règle, elle est très simple. Un, ce n'est pas une minute de silence sauvage lancée par un député comme ça au détour d'une intervention. On pense collectivement qu'il faut que ce soit un moment digne, c'est quelque chose d'important, donc ça ne s'improvisera. Donc c'est décidé en conférence des présidents. Donc on a décidé de le faire en conférence des présidents et c'est soumis au vote des présidents de groupe. C'est aussi simple que ça, l'Assemblée nationale c'est un lieu démocratique. Donc la minute de silence de M.
Quentin Doranque a été demandée par Éric Ciotti, président de groupe, et adoptée à l'unanimité des présidents de groupe. Il n'y a aucun président de groupe qui s'est opposé à cette minute de silence. Je pense que c'est important de le rappeler parce que c'est collectivement, y compris à la FI.
Diriez-vous qu'à la FI est un parti anti-France, comme l'a dit Aurore Berger, Yael Brunpivet ?
Non, je ne le qualifierais pas comme ça. Et vous savez, je n'aime pas mettre des étiquettes sur les partis politiques. En revanche, c'est un parti politique que je combats matin, midi et soir.
Mais elle est troublante cette étiquette d'anti-France. Et elle va plus loin Aurore Berger. Elle appelle à une sorte d'alliance objective avec le RN, en lui demandant de retirer ses candidats pour ne pas laisser des candidats à la FI être élus. C'est ça le nouveau front républicain ?
Non, mais je ne sais pas si j'ai bien compris ce qu'a dit Mme Berger. En tout cas, moi, je n'ai pas compris cela. Mais en tout cas, pour moi, il n'y a pas d'alliance avec ni l'extrême droite, ni l'extrême gauche. Jamais, jamais, jamais.
Mais s'il y a un bulletin RN et un bulletin LFI sur la table d'une élection législative, municipale ou autre, vous allez à la pêche ?
Vous savez que j'ai la chance d'être une femme politique aujourd'hui. Et donc, je ferai tout pour que ça n'arrive jamais. Mais non, mais c'est...
Ça n'arrivera peut-être pas à la présidentielle, mais ça arrivera aux législatives, ça arrivera aux municipales.
Alors, aux municipales, moi, je n'ai pas vu de cas où c'était susceptible d'arriver. En tout cas, c'est à nous, mes femmes politiques, de se battre pour que ça n'arrive pas. Parce que moi, je me souviens, j'ai des concitoyens pendant les élections en 2024 qui me disaient mais en fait, c'est terrible de devoir avoir le choix simplement entre RN et LFI. Ils ne veulent pas cette confrontation-là, ils ne veulent pas cela. Et donc, à nous de l'en empêcher.
On est quand même un peu étonnés par la tournure du débat public. Aurore Berger qui parle de l'anti-France en reprenant une expression de Charles Maurras, une des figures historiques majeures de l'extrême droite. Votre candidate au municipal à Marseille, Martine Vassal, qui explique que ces valeurs, c'est travail, famille, patrie. Qu'est-ce qui se passe, Yael Brunpivet ?
Écoutez, ça c'est un peu n'importe quoi. C'est n'importe quoi, je vous le dis comme je le pense. Travail, famille, patrie et le fait de le dire comme cela de façon très, un peu négligée, anodine, ça ne va pas, ça ne va pas. Il faut être ferme, il faut être clair. On est dans un moment de tension et je pense que dans ces moments de tension, ce qui est important, c'est de ramener l'essentiel. L'essentiel, c'est la République, ce sont les valeurs de la République sur lesquels notre pays, notre état de droit est fondé depuis. Travail, famille, patrie, ce n'est pas les valeurs de la République.
Justement, ce n'est pas les valeurs de la République et donc les responsables politiques doivent revenir à la raison parce qu'autrement, ça va mal se terminer.
Et je suis inquiète. Il nous reste une minute, je voudrais qu'on se parle de la fin de vie. Le vote solennel sur la création d'un droit à l'aide à mourir aura lieu sans doute aujourd'hui plutôt demain à l'Assemblée ?
Alors plutôt demain, moi j'ai présidé hier jusqu'à minuit, il nous reste un peu plus de 200 amendements, donc on reprendra les débats à 16h30. On va décider, pareil, en conférence des présidents, quand est-ce qu'aura lieu le vote ? Probablement demain, effectivement.
Ce texte, il inquiète une partie des Français, des députés, comme par exemple Philippe Juvin, qui est médecin, qui dit « Attention, les conditions, les critères ne sont pas stricts et ils peuvent inclure des malades qui ne sont pas en fin de vie. » Il dit aussi que cette loi est permissive, expéditive, sans réel contrôle ni recours. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Qu'est-ce que vous répondez à tous ceux qui sont inquiets ?
Alors je leur réponds déjà que ça fait 50 ans qu'on discute des textes sur la fin de vie et que là nous en sommes formellement à la deuxième lecture mais à la troisième puisqu'on en discutait. Donc on n'arrête pas de discuter de ce texte, on est en train de le travailler, on le modèle, on le façonne pour créer un modèle à la française. Ça correspond à une attente très forte de nos concitoyens, donc il faut y répondre. Nous sommes là à l'Assemblée nationale pour mettre des garde-fous. Pourquoi pas un référendum ?
Ça nous concerne tous, ça dépasse les clivages politiques.
Mais vous voyez, un référendum, on figerait le texte. Là, on est en train de le travailler, on rajoute des conditions, on rajoute des procédures, etc. Et donc justement, on répond aux inquiétudes des uns et des autres en travaillant, en délibérant. Le référendum, ça serait oui, ça serait non par rapport à un texte qui serait donné. Donc je pense que c'est profitable à tout le monde qu'il y ait un vrai débat parlementaire de fond.
Et un texte adopté avant l'été ?
Ce sera adopté avant l'été et je pense en tout cas que le chemin existe.
Merci Albonne-Pivet d'être venue sur RTL ce matin. Restez avec nous dans un...
Yaël Braun-Pivet