G5 Sahel - Conférence de presse à l’issue du Sommet de Pau
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 13:01OuverteRéponse partielle
Quels résultats concrets sur le terrain pour les populations ? Pourquoi les massacres persistent malgré la présence militaire ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Où en sont les promesses de financement du G5 Sahel par la communauté internationale ?
- 17:01OuverteRéponse directe
Concentration des efforts sur les trois frontières : conséquences pour Barkhane ? Désengagement progressif ?
- 19:00OuverteRéponse directe
Préoccupations face au retrait militaire américain annoncé en Afrique ? Solutions envisagées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 12:00E. MacronFait
« Les chefs d'État du G5 Sahel ont exprimé leur souhait de la poursuite de l'engagement militaire de la France à travers Barkhane. »
- 17:01E. MacronFait
« Si les Américains décidaient de se retirer de l'Afrique, ce serait une mauvaise nouvelle pour nous. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
-E. Macron: Bien, messieurs, mesdames, les chefs d'Etat et de gouvernement, M. le secrétaire général des Nations unies, M. le président, cher Charles, M. le haut-représentant, M. le président de la Commission permanente, chère Louise, Mme la présidente, merci à vous d'être là.
Je veux d'abord commencer par remercier les chefs d'Etat du G5 Sahel, le président Déby, le président Keïta, Issoufou, Kaboré et Ghazouani d'avoir accepté cette invitation à Pau après la réunion qui s'est tenue en décembre à Niamey en format G5 Sahel et l'échange que nous avions eu avec le président Issoufou, et je veux remercier l'ensemble des chefs d'organisations internationales qui sont présents avec nous ce soir et avec lesquels nous allons poursuivre par un dîner de travail. Et je tiens à remercier M. le maire de Pau pour son accueil dans cette belle ville.
Maintenant le château, puis le Parlement, réconciliant ainsi toutes les histoires de la ville et de notre pays. Cette rencontre était un moment important après ce que nos pays ont subi ces dernières semaines. Et je veux, évidemment, ici avant toute chose, avoir une pensée pour les civils de l'ensemble des pays africains du G5 Sahel qui sont tombés dans le cadre de ce conflit, qui dure depuis maintenant plusieurs années, sous le coup des attaques des groupes armés terroristes, et avoir une pensée pour les militaires qui sont tombés, les militaires français, nous en avons honoré tout à l'heure quelques-uns à Pau, au RHC, et je vous remercie de votre présence pour cet hommage aux côtés des familles et de leurs frères d'armes.
Et je pense aussi à tous les militaires de vos pays, et en particulier à ce que le Niger encore a eu à subir ces derniers jours, et je sais le prix du sang qui a été versé par chacun. Cette situation, nous ne voulons pas la laisser perdurer. C'est pourquoi la rencontre de Pau marque à mes yeux un tournant très profond dans la méthode, l'approche en reclarifiant le cadre politique, en redéfinissant très clairement les objectifs et les termes, l'organisation de notre intervention commune ainsi que celle de nos partenaires.
Je serai pas plus long. Je vais laisser d'abord le président Kaboré, que je remercie à nouveau d'être là, exposer les choses en tant que président actif du G5 Sahel. Je dirai quelques mots en complément.
Et nous répondrons à vos questions. -R. Kaboré: Bien, en tout cas, je voudrais tout d'abord remercier M. le président pour l'accueil et cette belle rencontre que nous avons eue ici, à Pau, et dire que nous avons, en tout cas, fait le point de l'ensemble de la situation pour faire le constat que 2019 a été une année difficile pour le Sahel, de façon générale, le Lac Tchad, également, dans la mesure où, je dirais, la croissance des attaques dans le Sahel, les destructions humaines et matérielles que nous subissons, la crise, je dirais, humanitaire sans précédent que nous vivons dans cette zone nous a interpellés et nous montre que nous devons passer à une étape supérieure dans le cadre de la coordination de nos opérations.
Je voudrais dire qu'aujourd'hui plus que jamais, le constat, c'est que les résultats que nous engrangeons pour l'instant, malgré les efforts que nous conjuguons, sont en deçà des attentes des populations, qui éprouvent des difficultés majeures. C'est pour cela que nous avons convenu, comme le président l'a souligné, de rediscuter du dispositif et de définir des piliers sur lesquels nous allons fonder les futures actions. Le 1er point que je voudrais noter, c'est la nécessité que nous puissions coordonner l'ensemble des opérations des différentes forces de terrain et concentrer ces actions-là, je dirais, sur le fuseau centre parce que nous avons constaté que, depuis un certain temps, au niveau du fuseau centre, Mali, Burkina, Niger, c'est là qu'il y a les attaques les plus atroces qui ont été constatées et l'un des éléments essentiels de ces attaques-là, c'est l'EIGS.
C'est pour cela que nous avons priorisé, non pas que nous n'allons pas combattre les autres formes de terrorisme, nous avons priorisé la nécessité de mener le combat contre l'EIGS, donc, au niveau des "trois frontières" de façon prioritaire, fondamentale. Le 2d point également sur lequel nous nous sommes attardés, c'est la nécessité de renforcer la capacité des armées nationales et de les doter, je dirais, des moyens qui leur permettent d'assurer le type de combats asymétriques que nous devons mener sur le terrain. Et, de ce point de vue-là, les renseignements, le partage également des renseignements restent également la clé de voûte, je dirais, du succès et de nos combats sur le terrain.
Et, de ce point de vue-là, nous devons accentuer nos efforts pour consolider la recherche de renseignements et le partage. Le 3e pilier, c'est celui de faire en sorte que nous puissions restaurer, je dirais, l'autorité de l'Etat en faisant en sorte également que nous puissions faire en sorte que la population retourne sur le terrain, puisque nous avons beaucoup de déplacés internes, faire en sorte également que nous puissions réouvrir les écoles, les centres de santé et permettre aux populations d'accéder aux centres de santé primaire. Donc, c'est une priorité également de l'action que nous devons mener ensemble.
Et, enfin, nous devons travailler également au développement. Le développement, donc, qui va se dérouler à travers le programme de P3S, que nous avons déjà lancé, qui, également, va travailler sur le plan d'investissement prioritaire du G5 Sahel et le plan d'urgence également que nous avons déjà défini, discuté à Nouakchott, mobilisation des ressources, intention, en tout cas, de mobilisation faite, il faut maintenant travailler à ce que, je dirais, les décaissements puissent se faire et que ce projet puisse être mis en oeuvre. Alors, de tout ça, nous devons noter que, concernant également, je dirais, les pays du G5 comme le Mali, où on a salué le dialogue politique qui s'est engagé entre le gouvernement et les différentes parties, il a été souhaité que le gouvernement, effectivement, continue ce dialogue et travaille à la mise en oeuvre de l'accord d'Alger et, conformément, donc, je dirais, aux points de convergence sur lesquels ils ont abouti.
Voilà, je dirais, les 4 piliers sur lesquels nous devons fonder notre action. Et c'est cela qui nous amène à demander, donc, et à travailler et à ce qu'il y ait une coalition internationale, et, cette coalition internationale, évidemment, le groupe, aussi bien, je dirais, la France, les pays du G5, nous avons l'Union africaine, l'Europe et tout autre partenaire qui veut participer à ce projet de coalition internationale Sahel, que nous avons décidé de mettre en place. Au-delà de cela, je voulais préciser également qu'au niveau de l'Union africaine, la dernière conférence des chefs d'Etat a réexaminé, je dirais, la contribution de l'Union africaine à la lutte contre le terrorisme, qui intègre également, je dirais, l'aspect militaire et l'aspect développement et a décidé de contribuer pour un montant de 2,5 milliards de dollars à la lutte contre le terrorisme également au niveau de la région, je dirais, de la CEDEAO.
Alors, c'est pour dire que nous comptons sur l'ensemble des partenaires pour accompagner l'ensemble de ce mouvement. Et, ce que nous avons retenu, c'est qu'il nous faut des résultats probants rapides parce que nous jouons tous la crédibilité de chaque pays ici présent et la crédibilité de la coalition de façon générale parce qu'il peut y avoir le sentiment qui ressort que nous ne sommes pas capables de pouvoir gérer le défi que nous avons en face. Et, ça, c'est une urgence sur laquelle nous nous sommes tous engagés à faire en sorte que les résultats, au moins sur le terrain militaire, soient rapides pour permettre que les autres aspects puissent se mettre en place rapidement. -E.
Macron: Merci, président. 3 mots en complément, en ce qui me concerne. Le 1er sur le cadre d'intervention.
Pourquoi la France est au Sahel ? Question qui est souvent évoquée. Pour 2 raisons simples.
La 1re, elle a été plusieurs fois rappelée, c'est la lutte contre le terrorisme. Nous sommes au Sahel en guerre contre des groupes armés terroristes qui, évidemment, frappent des populations amies et sévissent dans la région, s'inscrivent dans cette mouvance internationale et se raccrochent à Al Qaïda, à l'Etat islamique, que nous combattons par ailleurs au Moyen-Orient, parce que nous savons que c'est une menace qui ne reste jamais locale. Et, d'ailleurs, les liens avec la menace qui opère en Libye et au Lac Tchad, j'y reviendrai, sont aujourd'hui avérés.
Et, la 2e, c'est que nous sommes là pour permettre aux Etats sahéliens d'assumer leur pleine souveraineté sur le territoire. Et c'est ce qui est rappelé par la déclaration commune, qui vous est soumise et que nous venons ensemble d'agréer, c'est le choix, la décision, la demande des Etats souverains pour préserver leur souveraineté de faire appels à des amis, à des alliés pour combattre, justement, ces groupes armés terroristes, qui sont aujourd'hui une menace avérée à la souveraineté de chacun des Etats où ils opèrent. Et, aujourd'hui, à travers la déclaration que nous adoptons, les chefs d'Etat du G5 Sahel ont exprimé leur souhait de la poursuite de l'engagement militaire de la France à travers Barkhane, de nos forces d'engagement, de la présence européenne et de tous les alliés dans le cadre de cette coalition. 2e remarque que je voulais faire, c'est que nous avons clarifié aujourd'hui, comme l'a dit le président Kaboré, les objectifs qui sont les nôtres.
Une fois ce cadre politique réaffirmé sans ambiguïté, nous avons un objectif militaire et un objectif politique. L'objectif militaire, c'est la zone des "trois frontières", comme ça a été rappelé, entre le Mali, le Burkina et le Niger. La priorité, c'est l'Etat islamique du Grand Sahara, ce qui ne nous empêche pas de combattre tous les groupes armés terroristes, mais c'est l'ennemi prioritaire, car c'est le plus dangereux tel qu'avéré.
Pour atteindre cet objectif, nous changeons la méthode en mettant en place une coalition militaire avec un commandement conjoint entre la force Barkhane et la force conjointe du G5 Sahel en concentrant nos efforts sur cette zone, et donc en intégrant nos forces de renseignements, nos forces militaires sur cette zone avec une latitude d'engagement beaucoup plus forte. Au-delà de cela, d'ores et déjà, fort de notre convergence avec mes homologues sahéliens, j'ai décidé d'engager des capacités de combat supplémentaires, 220 militaires pour amorcer cette dynamique viendront gonfler les troupes d'ores et déjà présentes sur le terrain de Barkhane. Tous les pays partenaires qui le souhaitent sont les bienvenus pour rejoindre cette dynamique, partenaires européens, partenaires africains et internationaux.
Et je veux ici remercier en particulier nos partenaires européens qui ont accepté de s'engager dans la task force Takouba, qui rassemblera d'ici quelques mois des forces spéciales de plusieurs pays européens, et je pense que c'est une démarche extrêmement importante. L'objectif politique, c'est la consolidation de l'Etat, le retour de l'Etat partout, dans toutes les régions, et nous avons évoqué le retour, justement, de l'Etat malien à Kidal, la consolidation de l'Etat burkinabè et cet objectif politique est indispensable et complémentaire de l'objectif militaire parce que, le but de nos ennemis, c'est l'effondrement de la souveraineté nationale. Et c'est le même défi auquel est confronté le président Issoufou par les attaques répétées, et je veux encore une fois le remercier d'être parmi nous quelques jours après une attaque très dure et une situation intérieure extrêmement dure, mais il sait combien l'engagement commun que nous prenons ce soir est aussi clé à ses côtés.
Enfin, comme l'a dit le président Kaboré, ce que nous proposons de lancer ce soir, c'est une grande coalition internationale pour le Sahel qui aura vocation à rassembler de manière cohérente les différents volets de l'action internationale, la lutte contre le terrorisme, que je viens de rappeler, le renforcement des capacités militaires, comme il l'a évoqué, avec réengagement, justement, aussi de la présence onusienne à travers la Minusma, le travail avec en particulier Union européenne, EUTM, EUCAP, le travail avec l'Union africaine et la CEDEAO. Le 3e pilier, qui est l'appui au retour de l'Etat, le 4e pilier, qui est le pilier de développement avec en particulier l'alliance pour le Sahel. Nous aurons l'occasion dans les prochains jours et les prochaines semaines de travailler avec nos partenaires pour rendre cette coalition pour le Sahel pleinement opérationnelle.
Nous aurons une conférence sur le Sahel le 26 mars prochain à Bruxelles en marge du Conseil européen. Je tiens à remercier, évidemment, le président, Michel, et le haut-représentant, Borrell, pour leur présence et leur engagement et remercier aussi la chancelière Merkel pour son engagement au travers de l'alliance pour le Sahel et le partenariat pour la sécurité, justement, du Sahel que nous avions lancé ensemble à Biarritz. Et puis, nous avons acté une clause de rendez-vous avant l'été à l'invitation de la future présidence en exercice du G5, la Mauritanie, que je remercie.
Et donc, nous aurons, à notre niveau au plus tard dans 6 mois ce rendez-vous, dans 3 mois, rendez-vous au niveau ministériel et une coordination bimensuelle pour, justement, faire avancer ce sujet. Cette coalition et tout ce travail est inséparable de 2 autres engagements sur lesquels les Etats présents et la communauté internationale continuent d'agir, la crise dans la région du Lac Tchad, et plusieurs l'ont ici rappelé, et, évidemment, la situation en Libye. Et je sais la mobilisation du secrétaire général des Nations unies, de son représentant.
Et je veux ici redire notre volonté à tous de pouvoir avoir dans les meilleurs délais une conférence internationale. Avec la chancelière, nous avons encore échangé sur ce point, et l'engagement de l'Union africaine dans le règlement de la crise inter-libyenne est également un élément indispensable de ce succès. Et donc, on le voit bien, ça fera partie des échanges que nous aurons dans un instant.
Tout cela se tient. C'est aujourd'hui, en tout cas, une clarification du cadre politique, une précision, un renforcement de nos objectifs militaires et politiques et, surtout, des nouveaux termes d'engagements que nous avons ainsi posés. Nous n'avons pas le choix, il nous faut maintenant des résultats.
Nous allons poursuivre ce travail dans quelques instants avec le président du Conseil européen, le haut-représentant de l'Union européenne, le secrétaire général des Nations unies, le président de la Commission de l'Union africaine et la secrétaire générale de la francophonie, que je remercie encore pour leur présence. Et, avant ça, nous allons répondre à quelques questions qui sont prévues. -Bonsoir.
Moi, je suis Ibrahima Traoré, de la radio et télévision nationale du Mali. Ma 1re question s'adresse à vous, M. le président français.
Le 1er point, vous l'avez dit, vous avez clarifié entre vous un certain nombre de choses. De l'autre côté, il y a les populations, les populations maliennes, les populations du Sahel, qui veulent comprendre aujourd'hui qu'est-ce qui se passe concrètement sur le terrain. Si vous partez dans le Grand Nord au Mali, dans le Sahel, les populations ne circulent pas librement.
Aujourd'hui, c'est quasiment seulement des militaires qui sont sur le terrain. Les populations ne savent pas qu'est-ce qui se passe sur le terrain. Les populations veulent comprendre qu'est-ce que Barkhane fait sur le terrain, concrètement.
Dans le discours, vous l'avez dit, c'est pour lutter contre le terrorisme, mais cette population n'est pas convaincue parce qu'elle assiste encore à des massacres de civils. Vous l'avez dit au début de votre intervention, cette population assiste à des massacres jusque dans les garnisons. Dernier épisode, on l'a vu, 89 militaires tués au Niger.
Les populations veulent comprendre pourquoi 4 000 militaires français sur le terrain, 13 000 Casques bleus au Mali, mais au résultat, les populations ne comprennent absolument rien. Aujourd'hui, quel message d'espoir, quel message de sincérité avez-vous à lancer aujourd'hui à cette population ? Et ma 2e question s'adresse à M. le président en exercice du G5 Sahel.
La communauté internationale s'est engagée à un moment à financer le G5 Sahel, des promesses. Où en êtes-vous aujourd'hui avec la tenue de ces promesses ? Je vous remercie. -E.
Macron: Tu veux commencer ? -R. Kaboré: Oui.
C'est vrai que nous avions, lors d'une 1re rencontre de mobilisation à Bruxelles, obtenu de la communauté internationale des financements à hauteur d'un peu plus de 420 millions d'euros en ce qui concerne l'Union européenne, 100 millions en ce qui concerne nos amis de l'Arabie saoudite et 30 millions en ce qui concerne les Emirats. Concernant, je dirais, la mobilisation de ces ressources, je pense que nous avons fait un point tout à l'heure au cours de la rencontre. Evidemment, nous avons des chiffres de part et d'autre qui sont un peu différents.
Et nous avons dit que nous allons nous rapprocher de l'Union africaine et de l'Union européenne pour que nous puissions faire le point du niveau de décaissements et du niveau de matériels qui ont été reçus. Donc, je réserve ma réponse sur ce 1er point en disant qu'il s'agit de faire un rapprochement pour pouvoir situer clairement à quel niveau de décaissement nous sommes et quel est le niveau de matériels que nous avons reçus au niveau du G5. Le 2d point, qui concerne l'Arabie saoudite, bon, on n'a pas encore reçu le décaissement de l'Arabie saoudite.
Et au niveau des Emirats, ils ont déjà participé pour 10 millions. Il reste 20 millions, donc, à décaisser. Donc, je peux dire succinctement que les choses sont en cours.
Ca fait déjà quand même 3-4 ans que nous sommes dans cette mobilisation de ressources. Et il faut travailler à ce que...
Et nous avons insisté pour que les choses se fassent rapidement. Voilà. -E.
Macron : Sur ce point, pour être clair, et on poursuit ce travail, comme l'a dit le président Kaboré, il faut distinguer, en effet, les payements des livraisons de matériels. Et souvent, d'ailleurs, les différences telles qu'évoquées sont liées à ce distinguo. Le président Kaboré a raison de rappeler à l'instant l'importance des paiements pour faire fonctionner en particulier les armées, pour que, justement, les transits se fassent, les per diem, on l'évoquait tout à l'heure de manière extrêmement précise, l'Union européenne a beaucoup contribué par des livraisons de matériels, qui sont aussi très importantes, et donc c'est ça qu'on va recroiser.
Mais je pense qu'il est important de rappeler la mobilisation de l'Union européenne, je veux le dire aussi des Etats-Unis, dans ce cadre-là, qui ont été très présents par plusieurs livraisons, et également par leur présence et leur coopération sur le terrain. 2de question, j'ai envie de dire que les chefs d'Etat qui sont autour de moi pourraient y répondre beaucoup mieux que moi. L'armée est présente au Mali, et je parle sous le contrôle du président Keïta, à la demande de l'Etat malien, dans le cadre, d'ailleurs, de plusieurs demandes réitérées et engagements, pour sa souveraineté et sa sécurité.
Après, là où vous avez raison, qu'il s'agisse de la Minusma comme de Barkhane, quand on considère l'espace à couvrir avec ce que représente le Sahel, il est impossible de mettre des militaires, qu'ils soient sous l'égide des Nations unies, sous l'égide de la France ou de l'Europe, partout. Et en effet, les drames qu'on a eu à connaître le sont dans des campements qui sont souvent loin, dans le cadre d'opérations avec des effets de surprise, où, précisément, on a eu à déplorer beaucoup de victimes. Comme l'a dit le président Issoufou, que je paraphrase, lorsque je suis allé le visiter, rendre hommage, justement, aux pertes nigériennes à Inates en décembre dernier, il a dit : "On a besoin de plus de Barkhane, "pas de moins de Barkhane. "Ce qu'il faut, c'est qu'on ait plus de présence sur le terrain pour éviter ces massacres." Et donc, à chaque fois qu'un Etat demandera à l'armée française de ne plus être là, nous le quitterons.
Notre seul intérêt, je l'ai dit tout à l'heure, c'est la lutte contre le terrorisme et la stabilité et la souveraineté des Etats où nous sommes présents. J'entends beaucoup de choses sur les réseaux, dans les déclarations. J'entends beaucoup de gens, dans votre pays, qui disent tout et n'importe quoi.
Demandez-vous par qui ils sont payés, demandez-vous quels intérêts ils servent. Moi, j'ai mon idée. Mais que ces gens-là disent qui se fait tuer pour leurs enfants.
Moi, je sais qui est tombé pour la sécurité des Maliennes et des Maliens, des Nigériens, des Burkinabè. Des soldats français. Voilà.
Et je le fais en conscience quand je décide de les envoyer là-bas. Donc, les discours que j'ai pu entendre ces dernières semaines sont indignes. Indignes.
Et ils sont combattus avec beaucoup de fermeté par vos dirigeants, et je les en remercie, et encore au moment des voeux. Ils sont indignes parce qu'ils servent aussi d'autres intérêts. Demandez-vous bien.
Sois ils servent les intérêts des groupements terroristes qu'ils voudraient voir plus puissants dans votre pays, soit ils servent les intérêts d'autres puissances étrangères qui veulent simplement voir les Européens plus loin, parce qu'ils ont leur propre agenda, un agenda de mercenaires. Vous n'avez pas cet agenda-là. L'armée française, elle est là pour la sécurité et la stabilité.
Je n'ai pas d'autre intérêt. -Bonsoir. Bonsoir.
Pierre Firtion, de Radio France internationale. Vous en avez parlé, M. le président... -E.
Macron : Je ne vous vois pas. -Excusez-moi, je suis là. Vous avez annoncé que vous allez désormais concentrer vos efforts sur la zone des "trois frontières", sous commandement conjoint, écrivez-vous, de la force Barkhane et du G5 Sahel.
Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Quelles seront les conséquences pour le déploiement de Barkhane dans le nord du Mali ? Et est-ce que ce n'est pas là une 1re étape vers un désengagement de la France dans la région ?
Merci à vous. -E. Macron : Bon, pour être très concret, j'ai à un moment dit que je me posais des questions si le cadre politique n'était pas clair.
Il a été totalement clarifié par mes amis ici présents. Totalement. C'est leur volonté que nous restions, que nous renforcions pour lutter contre le terrorisme et pour la stabilité.
C'est notre responsabilité de le faire. Ce que je viens d'annoncer, qui est un renforcement de notre contribution à Barkhane avec 220 soldats supplémentaires dit exactement cela. Et nous aurons à examiner dans les prochaines semaines, d'ailleurs, des conséquences plus durables et la structuration, compte tenu de ce que nous avons posé aujourd'hui, de cette présence et de ce travail conjoint.
Ensuite, nous avons observé ces derniers mois, et on l'a observé dans plusieurs opérations qui se sont faites au Burkina, et en particulier dans les 2 attaques de début décembre que le Niger avait à subir, que si on avait mis en place une meilleure coordination entre les forces, justement, du G5 Sahel, à travers la force conjointe, d'abord, il y avait des difficultés pour concentrer tout le renseignement et avoir l'effet utile maximal, et ensuite, il y avait parfois un temps de latence dans la coordination, entre, soit les forces armées du pays, soit les forces conjointes du G5 et Barkhane. Ce qui est normal puisque Barkhane opère sur son propre renseignement et avec aussi sa propre traction. Et donc, pour réduire cela, nous avons, d'un commun accord, décidé que notre priorité était cette zone des "trois frontières".
Et ça a 2 conséquences opérationnelles. La première, c'est qu'en termes de coopération entre les armées du G5 Sahel, la fameuse bande des 50km de part et d'autre est abolie dans cet espace, il y a possibilité de se projeter dans l'intégralité de cet espace des trois frontières ainsi défini. La deuxième, c'est qu'il y a maintenant un commandement conjoint qui permet à Barkhane et à l'ensemble, justement, des bataillons qui sont mis à disposition des forces conjointes G5 Sahel dans le fuseau centre d'agir avec un commandement conjoint, et donc, non seulement une capacité de se projeter tout de suite, mais de tout partager.
Ce qui veut dire qu'on va maintenant mener des opérations communes en lutte contre le terrorisme, partager le renseignement et une capacité à se projeter beaucoup plus rapide. Et on a aussi détaillé ces intentions dans les discussions que nous avons pu avoir, c'est-à-dire qu'on va aussi mieux coopérer pour permettre à Barkhane de se projeter sur d'autres régions en ayant une coopération étroite avec les 3 forces armées des 3 pays concernés par les trois frontières. -Bonjour.
Benjamin Roger, de l'hebdomadaire Jeune Afrique. J'ai une question pour le président Macron et aussi pour le président Kaboré en tant que président en exercice du G5 Sahel. Elles portent sur les Etats-Unis, qui ont annoncé hier leur intention de réduire leur présence militaire en Afrique. 2 questions.
Est-ce que cela vous préoccupe ? Et 2, comment allez-vous faire si, demain, vos alliés américains retirent une partie de leurs moyens du Sahel ? Merci. -E.
Macron : Je commence ? Alors, si les Américains décidaient de se retirer de l'Afrique, ce serait une mauvaise nouvelle pour nous, je vous le confirme. J'espère pouvoir convaincre le président Trump que la lutte contre le terrorisme, dans laquelle il est profondément engagé, se joue aussi dans cette région.
Et que le sujet libyen n'est pas séparable de la situation au Sahel et dans la région du lac Tchad. Et que si nous perdons un de ces 3 théâtres sur le plan militaire et diplomatico-politique, nous pouvons nous inquiéter. Nous inquiéter sur la prolifération du terrorisme et la fragilité sur le plan de souveraineté de plusieurs Etats, même plus de la région, je parle de quelque chose qui va du Machrek au golfe de Guinée.
Donc c'est une immense partie du continent africain. Donc je suis convaincu que ce dont nous parlons là est absolument essentiel pour l'avenir de l'Afrique, et par voie de conséquence pour notre avenir collectivement. Que si nous ne réglons pas des résurgences de groupes terroristes, dont nous savons aussi les contacts avec la zone irako-syrienne, puisqu'ils sont dans une internationale de la terreur.
Et donc continuer à avoir nos moyens, aider les Etats africains à gagner cette guerre contre le terrorisme est indispensable. Donc je poursuivrai le travail de conviction. J'ai noté cet après-midi que la Maison-Blanche avait quant à elle adressé un message d'encouragement aux Etats membres du G5 Sahel, à l'ensemble des forces qui sont engagées dans la région.
Je veux le voir comme un signe, justement, positif. Et donc nous allons poursuivre ce travail de conviction. D'ores et déjà, comme vous l'avez vu, nous sommes en train de nous structurer pour renforcer notre effort, et en tout cas dans l'épicentre de la menace terroriste, agir plus efficacement et plus fortement.
Mais je pense que l'engagement américain est important sur le plan du renseignement, sur le plan des moyens qui sont déployés et compte tenu de la très bonne coopération que nous avons collectivement avec eux. Donc je souhaite qu'ils puissent rester. -R.
Kaboré : Non, mais je pense que je n'ai pas un avis contraire. Je voudrais simplement dire que l'Union africaine, nous devons nous associer, justement, à cette discussion pour faire en sorte que les Etats-Unis puissent garder leur coopération avec l'Afrique de façon générale au regard, comme le président Macron l'a dit tout à l'heure, de leur engagement en ce qui concerne les moyens techniques et leur engagement également financier dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Je crois que c'est un allié important que nous devons sauvegarder, donc, dans ce cadre. -E.
Macron : Est-ce qu'il y a quelque chose que vous voulez rajouter, président Déby ? -I. Déby : Je suis tout à fait d'accord avec ce que vous dites, vous 2. -M.
Issoufou : Vous avez dit l'essentiel. Non, c'est bon. -E.
Macron : Président, tu veux rajouter quelque chose ? Très bien. Nous allons donc poursuivre par un dîner de travail avec nos amis.
Je vous remercie pour votre attention. Maintenant, les résultats doivent arriver. A nous de jouer.
Emmanuel Macron