Témoin RMC : Maître Pascal Rouiller - 12/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:39FerméeRéponse directe
Est-ce que les gendarmes ont pratiqué un plaquage ventral sur Adama Traoré ?
- 2:55OuverteRéponse directe
Dans quelles circonstances est décédé Adama Traoré ensuite ?
- 3:35FerméeRéponse partielle
Un pompier affirme qu'à son arrivée, Traoré était allongé sur le sol, face contre terre, et les mains menottées dans le dos. C'est vrai ou faux ?
- 3:57OuverteRéponse directe
Quatre ans après les faits, il n'y a jamais eu de reconstitution. Comment se fait-il ?
- 5:17FerméeÉludée
La famille d'Adama Traoré réclame l'identification et l'audition d'un témoin ayant aidé le jeune homme à échapper à la première interpellation. Vous aussi, vous demandez l'identification et l'audition de ce témoin ?
- 6:33FerméeRéponse directe
Est-ce qu'Adama Traoré avait une cote cassée lorsqu'il est décédé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:05InvitéFait
« nous avons estimé, après quatre ans d'enquête, qu'il y avait lieu de sortir de la réserve qui était la nôtre depuis le départ »
- 1:17InvitéFait
« des contre-vérités circulent à sens unique depuis le départ, avec, pour source, la famille Traoré »
- 1:49InvitéFait
« la réponse est non, elle est parfaitement claire, elle résulte des déclarations des trois gendarmes interpellateurs »
- 2:41InvitéFait
« en aucun cas, il n'y a eu de plaquage ventral, de plaquage violent »
- 4:41InvitéFait
« concluent à une absence de toute lésion, de toute trace de violence, de toute trace de pression au moment de l'interpellation »
- 4:58InvitéFait
« le pronostic vital était engagé avant même qu'il entre dans l'appartement »
- 5:48InvitéFait
« la certitude aujourd'hui judiciaire, c'est que ces gendarmes n'ont strictement rien à se reprocher »
- 7:27InvitéFait
« cette cote cassée, ça résulte des examens médicaux, est liée tout simplement au massage cardiaque qui a été pratiqué par les pompiers »
Temps de parole
- Invité46 %
- Présentateur30 %
- ?24 %
≈ 1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. Vous êtes sur RMC. Nous sommes en ligne, parce que chacun a droit à la parole. Nous avons reçu ici Assa Traoré. Nous avons parlé de l'affaire Traoré. Mais ce matin, je voudrais aussi donner la parole à Maître Pascal Rouillet, qui est l'avocat de l'un des trois gendarmes mis en cause dans la mort d'Adama Traoré. Maître Pascal Rouillet, bonjour. Bonjour, Jean-Jacques Bourdin. Merci d'être avec nous, Maître Rouillet. Il y a un peu d'écho. Voilà, vous êtes là avec nous par Skype. Bien, Maître Rouillet, les avocats dénoncent, les avocats des gendarmes, donc vous, vous dénoncez des contre-vérités. Vous voulez rétablir les faits dans cette affaire.
Que voulez-vous rétablir, Maître ?
Avec mes confrères Bossu et Chirac Colaric, nous avons estimé, après quatre ans d'enquête, qu'il y avait lieu de sortir de la réserve qui était la nôtre depuis le départ, celle des gendarmes et de l'institution gendarmerie, parce que des contre-vérités circulent à sens unique depuis le départ, avec, pour source, la famille Traoré.
Le parquet de Paris, récemment, est intervenu, tellement les fausses informations étaient majeures, et nous avons décidé, malgré le secret de l'instruction, compte tenu de la situation, de prendre la parole modestement, humblement, mais pour rappeler un certain nombre de certitudes acquises au terme de l'enquête, et qui permettent aujourd'hui d'écarter toute responsabilité pénale des gendarmes dans le décès d'Adama Traoré.
Alors, j'ai des questions à vous poser, est-ce que les gendarmes ont pratiqué un plaquage ventral sur Adama Traoré ? Oui ou non ?
Alors, la réponse est non, elle est parfaitement claire, elle résulte des déclarations des trois gendarmes interpellateurs, après une course, Adama Traoré ayant fui une première interpellation, ayant réussi à échapper à des premiers gendarmes qui l'avaient menotté, se réfugie dans un appartement, le locataire de l'appartement sort effrayé par cette intrusion violente,
et Adama Traoré se couche au sol, enlève sa chemise et se cache sous une couverture. Les gendarmes interviennent à ce moment-là, ils interviennent à trois, Adama Traoré a les bras sous le corps, on ignore s'il a éventuellement une arme, en tous les cas, ils refusent l'interpellation, les trois gendarmes vont intervenir. En même temps, l'un pour saisir le bras droit, l'autre pour saisir le bras gauche, le troisième pour saisir les jambes, vont le menotter, le mettre en station debout et le raccompagner jusqu'au véhicule de gendarmes. Ça dure quelques secondes, en aucun cas, il n'y a eu de plaquage ventral, de plaquage violent, les seules manœuvres ont été d'une opération dorsale-costale
pour maintenir l'intéressé qui refusait ce menotage et pour permettre ce menotage précisément.
Dans quelles circonstances est décédé Adama Traoré ensuite, maître ?
Adama Traoré va donc arriver à la gendarmerie dans le véhicule de gendarmerie. Il est détecté pendant le transport de quelques minutes, une défaillance de ce garçon qui semble partiellement amorphe. Il va donc être placé dans la cour de la gendarmerie en position latérale de sécurité. Les gendarmes vont immédiatement appeler les secours. Les secours vont se rendre sur place, tenter de le ranimer.
Le massage cardiaque, compte tenu de son jeune âge, l'espoir était important qu'il soit ranimé. Et malheureusement, il va décéder.
Oui, il a fait un malaise. Un pompier affirme qu'à son arrivée, Traoré était allongé sur le sol, dans la cour de la caserne, face contre terre, et les mains menottées dans le dos. C'est vrai ou faux ?
Oui, et un autre pompier dit qu'il était, comme les gendarmes le disent, en position latérale de sécurité. On n'est pas tout à fait d'accord du côté des pompiers sur ce qui a été constaté lors de l'arrivée à la gendarmerie.
Oui, quatre ans après les faits, il n'y a jamais eu de reconstitution. Comment se fait-il ?
Alors, une reconstitution qui consiste, à défaut de tiers témoins d'images vidéo,
à reconstituer ce que disent trois gendarmes, ça présente assez peu d'intérêt. Il suffit de lire leur déclaration pour savoir ce qui s'est passé. Une reconstitution, c'est intéressant quand on a des versions divergentes et qu'on souhaite se remettre en situation pour reconstituer les faits. On a ces témoignages qui sont précis.
On a des expertises médicales.
Plus de dix médecins experts se sont penchés sur la situation d'Adama Traoré. L'ensemble des expertises judiciaires, contre-expertise judiciaire, sur-expertise judiciaire, ordonnées par les magistrats instructeurs et confiées à des experts compétents et indépendants,
concluent à une absence de toute lésion, de toute trace de violence, de toute trace de pression au moment de l'interpellation. Les derniers experts indiquent quand même qu'en réalité, le pronostic vital était engagé avant même qu'il entre dans l'appartement. Cette plurifactorielle, les circonstances et conditions du décès,
une pathologie antérieure, la prise de produits stupéfiants, un effort intense, un stress aigu ce jour-là, une très forte chaleur qui font que malheureusement, à ce moment-là, compte tenu de pathologie cardiaque, par ailleurs, ce garçon est décédé dans les minutes
et on subit le moment de son interpellation.
Maître Rouillet, la famille d'Adama Traoré réclame l'identification et l'audition d'un témoin ayant aidé le jeune homme de 24 ans à échapper à la première interpellation des gendarmes. Vous aussi, vous demandez l'identification et l'audition de ce témoin ?
Vous savez, M. Bourdin, ça fait quatre ans qu'on travaille dans ce dossier, que tout a été épluché, tous les témoins entendus, les éventuelles vidéos à proximité exploitées, les expertises ordines, ça fait quatre ans qu'on travaille. La certitude aujourd'hui judiciaire, c'est que ces gendarmes n'ont strictement rien à se reprocher, ils ont été exemplaires, ils ont impliqué les techniques en vigueur et que leur intervention n'a rien à voir avec le décès d'Adama Traoré.
Donc ça fait maintenant quatre ans que tous les quinze jours, tous les trois mois, on nous invente du côté de la partie civile une nouvelle investigation qui est importante de mener pour essayer de contester, de nuancer les certitudes médicales et scientifiques dans ce dossier. Moi, je veux bien qu'on fasse une douzième, une quinzième, une vingt-septième expertise,
je veux bien qu'on fasse une reconstitution, je veux bien qu'on vérifie ce qu'il avait mangé la veille ou l'avant-veille, je veux bien qu'on vérifie ce que le témoin qui n'est pas là au moment de l'interpellation peut nous dire. Il y a un moment, il va falloir arrêter d'enquêter et juste ouvrir les yeux sur la réalité des choses.
Maître Rouillet, est-ce qu'Adama Traoré avait une cote cassée lorsqu'il est décédé ?
Alors c'est intéressant parce que ça fait débat.
Je vous disais tout à l'heure que l'ensemble des expertises judiciaires qui sont au dossier et qui sont les seules expertises indépendantes confiées à des experts patentés ont tous conclu, ces expertises, qu'il n'y avait en aucun cas des traces de lésions,
de violences policières ou de pressions anormales des corps des gendarmes sur celui d'Adama Traoré. On a eu un avis privé obtenu dans des conditions qu'on ignore d'ailleurs par la famille Traoré qui nous disait mais regardez, il y a une cote cassée, c'est bien la preuve d'une pression anormale et d'une violence policière. Ce qui est intéressant c'est que dans cet avis de ces médecins qui ont accepté d'écrire à ce moment-là,
on se trompe dans l'identification de la cote cassée puisque ça n'est pas une cote dorsale mais une cote antérieure et cette cote cassée, ça résulte des examens médicaux, est liée tout simplement au massage cardiaque
qui a été pratiqué par les pompiers sur Adama Traoré et en aucun cas sur une pression qui aurait eu lieu dans le dos de l'intéressé par les gendarmes. Cet avis médical, qui n'est pas une expertise, se fonde sur une constatation qui est non conforme à la vérité. Ça n'aide pas à comprendre, ça c'est sûr, la réalité des choses et ça n'aide pas à ouvrir les yeux.
Bien, j'ai une dernière question Maître Rouillet. J'imagine que vous voudriez maintenant que la justice aille plus vite et que quelles sont les prochaines étapes maintenant ?
Les prochaines étapes ce sont deux auditions de témoins qui sont programmées. Là encore, parce que la partie civile estime que ce que les témoins ont dit et qui est conforme à ce qu'expliquent les gendarmes, il faut à nouveau entendre ces témoins. Sait-on jamais des fois qu'ils diraient quelque chose de différent de ce que l'on a dans le dossier ? Sait-on jamais ? Il faut qu'on en termine. Il faut que les juge-instructions, qui avaient envisagé d'ailleurs, après les dernières expertises, une clôture de l'information judiciaire,
clôture par un non-lieu et qu'enfin on puisse avoir une certitude judiciaire. Ces gendarmes n'ont pas été mis en examen, ils ont le statut de témoin assisté,
ils seront innocents et à terme, il est largement temps que ça se termine.
Bien, merci beaucoup Maître Rouillet, chacun. Encore une fois, à droit à la parole sur RMC. C'est comme ça que ça se passe, malgré toutes les protestations, malgré toutes les remarques, malgré tous les commentaires, malgré toutes les pressions sur les réseaux sociaux. Ici, sur RMC, tant que je suis là, c'est comme ça que ça se passera. Il est 7h20, vous êtes sur RMC. Il est 7h20, vous êtes sur RMC.