Bourdin Direct du 7 juillet - 7h/8h
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 23 %Attaque 39 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 11:10OuverteRéponse directe
Pourquoi dites-vous que la nomination d'Éric Dupond-Moretti est une déclaration de guerre à la magistrature ?
- 15:03OuverteRéponse directe
Laurent, votre ami comment va-t-il ?
- 20:36OuverteRéponse directe
Quel cahier de vacances faut-il acheter ?
- 40:26ComplaisanteÉludée
Est-ce que la peinture chez vous a bien été faite ?
- 40:06OuverteÉludée
Est-ce que la peinture chez vous a bien été faite ? C'est mon papa qui l'a faite.
- 40:32OuverteÉludée
Dupont-Moriti a dans son ADN un code de l'honneur incompatible avec le système politique actuel en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39PrésentateurChiffre
« Entre 500 et 700 nouveaux cas détectés chaque jour, parmi lesquels des cas importés. »
- 2:45InvitéFait
« La mission que m'a confiée le président de la République est de mettre la culture au cœur du plan de reconstruction de notre pays, laminée par une crise économique, sanitaire, sociale et morale, d'une ampleur dont on a encore du mal à qualifier les contours. »
- 4:07PrésentateurPromesse
« Barbara Pompili aura comme priorité de faire adopter les 146 propositions de la Convention citoyenne. »
- 5:32InvitéFait
« Gérald Darmanin arrive place Beauvau en pleine crise, accusé de violence et de racisme. »
- 7:48PrésentateurFait
« Il n'avait pas le permis, il avait consommé de la drogue. »
- 8:35InvitéFait
« C'est pourquoi il faut être extrêmement prudent. Ce sont ces cas importés qui peuvent refaire partir l'épidémie en France dès cet été. »
- 11:43InvitéFait
« Il est contre les juges d'instruction, il est contre l'école nationale de la magistrature qui devrait procéder à voir disparaître. »
- 17:45InvitéFait
« On leur a expliqué, ça fait des mois et des mois et des mois qu'on leur dit, mettez-nous plus de sécurité. »
- 29:05PrésentateurChiffre
« Christophe Castaner perd son poste à Beauvau après un an, huit mois et dix-sept jours à l'intérieur. »
- 35:15InvitéFait
« La justice est laxiste dans notre pays. »
- 40:17PrésentateurFait
« c'est mon papa qui a fait la peinture chez vous il y a trois semaines. »
- 40:33PrésentateurFait
« Dupont-Moriti a dans son ADN un code de l'honneur qui est incompatible avec le système politique tel qu'il existe actuellement en France. »
- 40:42PrésentateurFait
« Il va se heurter, à mon sens, au mode de fonctionnement intellectuel de M. Macron et va certainement, peut-être à terme, claquer la porte. »
- 40:51PrésentateurFait
« on ne met pas le loup dans la bergerie quand bien même on est à la tête du troupeau politique. »
- 41:15PrésentateurFait
« lorsqu'on libère une personne que l'on sait coupable tout simplement parce qu'il y a un vice de forme, automatiquement, on se braque une partie de la population. »
- 42:40PrésentateurFait
« qu'est-ce qu'il faisait il y a encore une semaine exactement, Dupont-Moriti, il portait plainte contre des magistrats. »
- 43:03PrésentateurFait
« il a parlé des méthodes de barbouze, il a dénoncé la République des juges, la clique des juges qui s'autorise tout et il a conclu en disant on est chez les dingues. »
- 43:28PrésentateurFait
« Les magistrats sont très sensibles aux honneurs et aux décorations Dupont-Moriti. Lui, il avait refusé la Légion d'honneur en disant que c'était le symbole du copinage politique malsain. »
- 43:47PrésentateurFait
« il n'aime pas leur corporatisme, leur carriérisme, leur docilité face au pouvoir, leur manque de courage. »
- 43:53PrésentateurFait
« Il dénonce surtout un système qui est déséquilibré. Les juges et les procureurs sont formés à la même école, l'école supérieure de la magistrature à Bordeaux. Il dit que c'est incestueux. »
- 44:21PrésentateurFait
« Il l'a vécu dans l'affaire d'Outreau où le jeune juge Burgot avait détruit la vie de 14 innocents accusés à tort de pédophilie. »
- 46:00PrésentateurFait
« Oui, il a l'image du défenseur des petits. »
- 46:41PrésentateurFait
« C'est l'avocat préféré du roi du Maroc. C'est l'avocat du dictateur Sasou Nguesso du Congo-Brazzaville. C'est le défenseur de Patrick Balkany. »
- 47:35PrésentateurFait
« Très, très à gauche. Certainement le plus à gauche de tous les ministres de ce gouvernement. »
- 47:40PrésentateurFait
« En 2008, il a présidé le comité de soutien à Martine Aubry à Lille. »
- 47:59PrésentateurFait
« Il y a cinq ans, il avait demandé l'interdiction du Front National. Il avait parlé de ce parti comme une petite entreprise raciste où le père Jean-Marie s'occupe des Juifs pendant que la fille Marine s'occupe des musulmans. »
Temps de parole
- Présentateur76 %
- Présentateur 210 %
- Invité3 %
- Invité 23 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. Mardi 7 juillet, l'info sur RMC. Merci d'être avec nous. Il est 7h. Céline Calman est là pour les dernières informations. Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. De la robe d'avocat au costume de ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti. C'est la surprise Castex. Barbara Pompili devient numéro 2 à l'écologie, transport et logement. Gérald Darmanin arrive à l'intérieur. Roselyne Bachelot, elle revient en politique, à la culture. Hier soir, devant les parlementaires, le chef du gouvernement a annoncé la couleur de l'été. Ce sera à studio. Chacun devrait être au travail tout de suite. A retenir également dans l'actualité la crainte d'une résurgence du Covid-19 en France.
Entre 500 et 700 nouveaux cas détectés chaque jour, parmi lesquels des cas importés. Bienvenue sur RMC. Un ténor du barreau au ministère de la Justice. Ce fut hier soir incontestablement l'annonce surprise de ce nouveau gouvernement. Eric Dupond-Moretti va donc endosser un rôle jamais tenu jusqu'alors. Celui de Garde des Sceaux. Son spectacle Moretti à la barre prévu en septembre. Sale play, elle attendra Marie Monnier.
C'est l'avocale le plus médiatique de France. Celui que l'on surnomme Aquitator est désormais Garde des Sceaux. Et à peine nommé, les magistrats sont déjà vent debout contre un ténor du barreau qui les a rarement épargnés. Florent Boitard est le secrétaire général adjoint de l'USM, leur syndicat majoritaire. C'est aujourd'hui une personne qui a passé sa vie à critiquer la justice. Pour nous, nommer cette personne-là, c'est une déclaration de guerre. Il est nommé là par le pouvoir exécutif, donc il y a un symbole à l'encontre du pouvoir judiciaire. Eric Dupond-Moretti est une personnalité clivante lorsqu'il porte la robe.
Mais un homme de terrain avant tout défend l'un de ses confrères, maître Pascal Garbarini.
Eric Dupond-Moretti a un verbe haut, mais c'est un verbe haut qu'il réserve à la cour d'assises. Lorsqu'il est face à une injustice, mais là, il n'est pas dans une arène judiciaire. Il est nommé Garde des Sceaux. Donc dans ces conditions, la fonction lui impose d'ailleurs, lui impose d'avoir une hauteur de vue.
Pour ce pénaliste, le nouveau Garde des Sceaux aura surtout la lourde tâche de parler au peuple, réconcilier les citoyens avec la justice.
Eric Dupond-Moretti qui a retiré sa plainte contre-risse qu'il visait des magistrats du parquet national financier dans l'affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy. Information de BFM TV. Céline Parizeau, la présidente de l'union syndicale des magistrats, sera sur RMC pour réagir juste après ce journal. L'autre nomination inattendue, notamment parce qu'elle l'avait dit, la politique plus jamais, c'est le retour de Roselyne Bachelot, ministre de l'écologie sous Chirac, à la santé sous Sarkozy. Cette fois, cette passionnée d'opéra va se frotter à la culture. Elle a été la première à prendre son poste hier soir. Passation de pouvoir avec Franck Riester.
Roselyne Bachelot hérite d'un secteur mis KO par le Covid-19. La mission que m'a confiée le président de la République est de mettre la culture au cœur du plan de reconstruction de notre pays, laminée par une crise économique, sanitaire, sociale et morale, d'une ampleur dont on a encore du mal à qualifier les contours. L'urgence absolue en ce début d'été sera d'aider à la remise en route et en état des lieux de culture, festivals, théâtres, musées, cinémas, monuments historiques. C'est quasiment une question de vie ou de mort pour tant de personnes. Une autre femme va, elle, occuper un des postes clés de ce nouveau gouvernement.
Barbara Pompili, jusqu'ici présidente de la commission développement durable à l'Assemblée, et ancienne figure d'Europe Écologie-Les Verts, et donc nommée ministre de la Transition écologique, elle devient de ce fait numéro 2 du gouvernement, Jérémy Trottin. Oui, Barbara Pompili, une femme de 45 ans, encore peu connue du grand public et qui a fait ses classes chez les modérés d'Europe Écologie-Les Verts, et donc l'arme dégainée par Emmanuel Macron pour contrer la vague verte des municipales.
Cette députée de la Somme, élue depuis 2012 et présidente de la commission du développement durable à l'Assemblée, hérite aujourd'hui d'un ministère qu'elle connaît bien pour y avoir été secrétaire d'État à la biodiversité sous l'autorité et dans l'ombre de Ségolène Royal pendant presque deux ans. Barbara Pompili aura comme priorité de faire adopter les 146 propositions de la Convention citoyenne et faire atterrir les éventuels référendums sur l'environnement envisagés par Emmanuel Macron. La quatrième ministre de l'Écologie du quinquennat qui succède à Nicolas Hulot, François de Rugy et Elisabeth Borne, aura-t-elle les moyens de sa politique ?
Quelles seront ses réelles marges de manœuvre au moment où la relance économique est devenue la priorité ? Hier, les ONG échaudées par la première partie du quinquennat d'Emmanuel Macron exprimaient déjà certains d'autres. Merci Jérémy. La passation de pouvoir entre Elisabeth Borne et Barbara Pompili aura lieu à 10h. Ce matin, on suivra aussi l'arrivée à 10h30 de Gérald Darmanin, qui remplacera Christophe Castaner à l'intérieur. Gérald Darmanin qui quitte le ministre du budget avec une mission notamment, retisser le lien avec les forces de l'ordre. Benjamin Pelsi. C'est dans sa voiture de patrouille que Nicolas, gardien de la paix, a découvert le nom de son nouveau ministre de tutelle.
Gérald Darmanin, un politique, cela ne lui convient pas. On aurait aimé, un peu comme Dupond-Moretti pour la justice, un ministre qui sait de quoi il parle, qui connaît le terrain. Un ministre qui soit un ancien grand flic. Dans la police depuis 6 ans, Nicolas espère que ce nouveau ministre va rapidement prendre la mesure du manque de moyens des forces de l'ordre. Il va trouver des commissariats qui tombent en ruine. Il va trouver des effectifs qui sont équipés avec leur denier personnel. Gérald Darmanin arrive place Beauvau en pleine crise, accusé de violence et de racisme. Les policiers se sentent abandonnés. Stanislas Godon est secrétaire national du syndicat Alliance.
Il va falloir qu'il mette un coup d'arrêt au police bashing. Des accusations dans tous les sens. Une importation d'un problème outre-Atlantique qui n'a rien à voir avec la police nationale française. Il doit être à la hauteur, notamment, de l'engagement de mes collègues sur le terrain. Pour ce syndicaliste, le premier grand chantier de Gérald Darmanin sera l'élaboration du budget du ministère de l'Intérieur. Une tâche qui lui rappellera un peu ces trois années passées à Bercy. Hier soir, les parlementaires ont été reçus par Jean Castex, le premier ministre a affirmé que l'été serait studieux. Chacun devrait être au travail tout de suite. Il a réaffirmé sa volonté de dialogue.
Jean Castex qui va d'ailleurs recevoir les partenaires sociaux à Matignon à partir de demain soir et jusqu'à vendredi. Parmi les autres changements, Elisabeth Borne passe de l'écologie au travail à la place de Muriel Pénicaud qui est remerciée. Marlène Schiappa devient ministre déléguée à la Citoyenneté, remplacée à l'égalité femmes-hommes par Elisabeth Moreno, l'un des nouveaux visages de ce gouvernement. Sibeth Ndiaye, enfin, elle est remplacée comme porte-parole du gouvernement par Gabriel Attal. RMC 7h06, un appel à témoins a été lancé à Bayonne pour tenter de comprendre le déferlement de violence.
à l'encontre d'un chauffeur de bus âgé de 59 ans, Philippe a été roué de coups, grièvement blessé à la tête dimanche soir. Cinq personnes sont en garde à vue Gladys Lafitte. Cinq suspects, dont certains sont connus des services de police et de justice, des marginaux dont au moins un est SDF selon une source policière et celui que les enquêteurs suspectent d'avoir porté les coups les plus lourds à 22 ans. L'enquête devra déterminer qui a fait quoi et pourquoi une altercation éclate ce dimanche soir vers 19h15 à cet arrêt de bus entre le conducteur et quatre passagers installés dans le bus sans masque invités à descendre alors qu'un cinquième se voit refuser l'entrée du bus.
Il n'a pas non plus de masque et est accompagné d'un chien de type mollusse non attaché et non muselé, explique une source proche de l'enquête. Des témoins ont d'ores et déjà été entendus, précise le parquet de Bayonne et un appel à témoins a également été lancé pour préciser la chronologie des faits. Il roulait à plus de 130 km heure au moment du drame dans Lotte-et-Garonne. L'homme qui a renversé mortellement une jeune gendarme de 25 ans sur un barrage routier samedi soir a été mis en examen pour homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique. Il n'avait pas le permis, il avait consommé de la drogue.
165 grammes de poudre blanche ont aussi été retrouvés dans son véhicule. Se laver les mains très régulièrement, porter un masque, respecter les gestes barrières des recommandations que beaucoup ont tendance à oublier ces derniers temps comme si le Covid-19 avait disparu. Or les chiffres sont là et il y a toujours des cas. Dans notre pays, certains professionnels de santé craignent une résurgence du virus. Caroline Philippe.
La circulation du virus est toujours très faible. Entre 500 et 700 nouveaux cas détectés chaque jour. Mais parmi eux, désormais des cas importés, explique Bruno Mégarban, chef du service de réanimation médicale à l'hôpital Lariboisière à Paris. Depuis une petite semaine, on a observé un certain nombre de patients. C'était essentiellement des personnes venant d'Algérie. C'est pourquoi il faut être extrêmement prudent. Ce sont ces cas importés qui peuvent refaire partir l'épidémie en France dès cet été, selon Eric Caume, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.
Il n'y a aucune raison que ce qu'on voit se passer en Espagne, au Portugal, ne nous arrive pas. Tant qu'on identifie des clusters qui sont petits, ça va. Mais dès qu'on aura identifié des clusters avec des milliers de personnes, là dans ces cas-là, on n'aura pas d'autre possibilité que de reconfiner localement. Pour éviter d'en arriver là, il réclame des mesures dans les aéroports notamment. C'est par exemple le dépistage de la température à votre arrivée en France. Une autre possibilité, c'est de faire tester les personnes avant le départ. Et une troisième possibilité, c'est de mettre ces voyageurs en quarantaine.
Si on traite le virus avec mépris, il nous rattrapera, prévient-il. Peu de suspense cette année pour le résultat du bac. Il n'y aura pas les traditionnelles images de cohus, de cris devant les panneaux d'affichage. Raison sanitaire oblige. Le baccalauréat 2020, une saveur particulière cette année, où seules les notes du contrôle continu ont été prises en compte. Parole de lycéen parisien.
Ce sera quand même une fête. On l'a eu, c'est déjà quelque chose. Après, la tradition, avoir un peu peur, stresser devant les listes. On n'aura pas eu ce stress, mais voilà. Depuis toute notre vie, on pensait qu'on avait passé le bac. On voyait tous les ans les reportages à la télé où ils allaient crier et tout. On se dit, nous, on va y aller, on ne va pas crier. On va dire merci et au revoir. C'est le vrai bac au mérite, puisque c'est vraiment notre travail de toute l'année. Alors que le bac, on peut rater une épreuve si on n'est pas bien la journée, ou j'en sais rien, une circonstance qui fait. Mais là, c'est le bac de l'année.
Donc, les vrais résultats, c'est le vrai reflet de notre travail.
Et les résultats seront donnés dès 8h30 pour l'Académie de Lyon, notamment. Vous connaissez Les Quatre Rois, l'été des Quatre Rois ? Non, c'est le dernier livre de Camille Pascal, l'historien. Vous savez qui est Camille Pascal ? Camille Pascal, c'est le meilleur ami, ou l'un des meilleurs amis de Jean Castex, le nouveau Premier ministre, Camille Pascal, l'historien. Et vous savez qui est aussi Camille Pascal ? C'est un homme qui a une très belle plume et qui écrivait tous les discours de Nicolas Sarkozy. Eh bien, il sera notre invité, tout à l'heure. 8h35, 9h, il a beaucoup de choses à dire sur ce gouvernement qu'on dit très sarkoziste. Il est quelle heure ?
Il est 7h10, 7h11, vous êtes sur RMC. Allez, nous allons appeler Céline Parizeau. Et puis ensuite, nous partirons pour Bayonne pour revenir sur l'agression de ce chauffeur de tram bus qui est dans le coma. Tous ses collègues sont sous le choc et Laurent sera avec nous. C'est un collègue et ami de ce chauffeur. Nous sommes avec Céline Parizeau qui est présidente de l'Union syndicale des magistrats. Céline Parizeau, bonjour. Bonjour. Pourquoi dites-vous, Céline, d'abord merci d'être avec nous, pourquoi dites-vous, la nomination d'Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, est une déclaration de guerre à la magistrature ?
Nommer quelqu'un qui méprise aussi ouvertement les magistrats, je ne vois pas comment on pourrait qualifier ça autrement. C'est une personne qui insulte régulièrement la magistrature, la traite de Cassandogamme, critique tant ce qu'elle représente que sa manière d'exercer. Il est contre les juges d'instruction, il est contre l'école nationale de la magistrature qui devrait procéder à voir disparaître. C'est difficile de le prendre autrement que comme une marque de mépris extrêmement profonde. Pour vous, c'est une marque de mépris. Enfin, garde des Sceaux, il sera le garant de toutes les justices, si je puis dire.
Les avocats, bien sûr, la défense, mais aussi les magistrats, ceux qui jugent et ceux qui accusent. C'est bien ce que j'espère. Effectivement, nous, on voit un problème dans cette nomination. Après, on jugera aux actes. On verra quelles seront ses premières déclarations et la manière dont il abordera effectivement ses fonctions. On peut espérer que son positionnement comme garde des Sceaux soit différent de son positionnement comme avocat de la défense, effectivement. Mais que craignez-vous ? Parce que c'est vrai qu'il a avancé beaucoup d'idées en tant qu'avocat. Il a beaucoup parlé de la justice en général. Effectivement, il a évoqué la suppression de l'école nationale de la magistrature.
Il a évoqué la scission du corps siège parquet, corps de magistrat. Soit tout l'inverse de ce que vous portez. Exactement. Pour l'instant, toutes les déclarations qu'il a pu faire en tant qu'avocat représentent l'inverse des valeurs que portent le nom syndical des magistrats. Ce n'est pas un problème en soi qu'il soit avocat. On a vu passer des gardes des Sceaux avocats qui ont été de grands noms. La difficulté n'est pas là, je tiens à le redire. La difficulté, c'est vraiment le positionnement qu'il a eu jusqu'à présent qui s'est toujours confronté finalement à la magistrature en la critiquant, en l'insultant. Oui, mais Céline Parizeau, parce qu'il était avocat aussi, peut-être.
Espérons effectivement que c'est un positionnement conjoncturel et qu'il va revenir à de meilleures dispositions. Parce que sinon, de toute façon, on ne pourra pas discuter. Donc nous, ce qu'on souhaite, c'est quand même faire progresser la justice. Il y a un certain nombre de réformes à mettre en œuvre. Et notamment sur le budget de la justice, il y a manifestement une augmentation très importante à obtenir ou un mode de financement à revoir. En tout cas, il y a de très nombreuses choses à faire. Et ça n'est pas dans la confrontation qu'on va pouvoir y arriver. Vous regrettez aussi que le ministre de la Justice se trouve ralégué aussi loin dans l'ordre protocolaire, en dixième position.
Pourquoi ? Ça montre quand même le peu d'importance avec laquelle la justice est considérée. On a vu pendant la crise sanitaire que les déclarations, c'était la justice a arrêté de fonctionner, la justice a fermé. Mais pourquoi la justice a eu tant de mal à fonctionner ? C'est parce qu'elle est en très grande difficulté aujourd'hui qu'on a des difficultés, notamment informatiques, qui sont phénoménales. Et si la réponse, c'est finalement de nous déconsidérer totalement, ça pose quand même un sacré problème. On souhaite que les choses s'améliorent. Merci Céline Parizeau. Merci beaucoup. Il est quelle heure ? Il est 7h15.
Nous reviendrons sur Éric Dupond-Moretti tout à l'heure, notamment avec Nicolas Poincaré. Et puis ensuite à 8h10 avec des extraits d'une interview que j'avais réalisée il y a peu de temps d'Éric Dupond-Moretti. Laurent Weber est en direct avec nous. Bonjour Laurent. Bonjour Jean-Jacques Bourdem. Merci de nous donner la parole comme ça. C'est normal de vous donner la parole. Alors qui êtes-vous Laurent ? Laurent Weber, délégué CGT du réseau Courneau Plus de Bayonne. Tout à fait. Mais ami, ami, ami de votre... Oui, ça fait bien longtemps que je ne vous ai pas eu à la radio, vous voyez. C'est vrai que vous êtes un auditeur fidèle, je le sais Laurent. Laurent, votre ami, comment va-t-il ?
Pour l'instant, il est toujours dans le coma. Toujours en état de mort cérébrale ? Voilà, tout à fait. Et la colère ne descend pas, je vous le dis. Et la colère ne descend pas ? Ne descend pas et j'espère que justice sera faite. Oui, oui, oui. Votre ami, quel est son prénom déjà ? Philippe. Voilà Philippe. Philippe, ça s'est passé dimanche soir, c'est cela ? Oui, vers 19h15. 19h15, on va reprendre l'effet Laurent. 19h15, Philippe est au volant de son trambus. Oui, tout à fait. Du réseau Courneau Plus de Bayonne. Oui. Et un homme avec un chien monte dans le trambus, c'est cela ? Oui, tout à fait. Avec un pitbull, on va dire. Avec un pitbull. Et là, que se passe-t-il ? Qu'est-ce qui se passe ?
Lui, il voit dans la caméra, sachant que dans les trambus et dans les autres bus, aucun chien ne doit monter. Sécurité avant tout pour la clientèle.
Oui.
Donc, il voit ça à la caméra, il y va. Malheureusement, au fond, il y a des gens aussi qui ne portent pas le masque.
Oui.
Donc, il fait des sons. La personne comprend très bien, il descend. Et ça prend après un parti avec des personnes qui n'ont pas le masque. Il leur explique tout ça. Il les fait descendre et les gens descendent. Et lui, il est descendu. Il explique tout ça. Et en remontant, il y a quelqu'un qui dit quelque chose. Il se retourne. Et là, il a pris un coup violent. Violent, violent, violent. Et il est tombé par terre.
Oui.
La vacque, la police, les pompiers en urgence sont arrivés de suite. Ils l'ont emmené à l'hôpital. Il a été opéré dans la nuit. Mais malheureusement, il est mort cérébrale. Et ça, pour nous, c'est une honte. C'est une honte de voir. Et plus ça va sur Bayonne, plus ça va, plus il y a des agressions. Parce que c'est le troisième en quatre jours qu'on a eu. Jamais on n'a eu des altercations comme ça que ça se passe maintenant. Maintenant, les gens, ils en ont ras-le-bol. La direction nous a reçus hier matin. Et l'agglomération de Bayonne est venue aussi. On leur a expliqué, ça fait des mois et des mois et des mois qu'on leur dit, mettez-nous plus de sécurité. Sécurité pour les salariés.
On était, à l'époque, on était privilégiés. Mais maintenant, on n'est plus privilégiés dans des petites villes comme nous. Maintenant qu'il s'est agrandi, ils nous ont mis le trabus. Mettez les moyens de la sécurité. Mettez les moyens. Alors là, on demande maintenant plus de renfort de sécurité, plus de contrôle, plus de vérificateur, plus de sécurité dans les bus. Parce que nous roulons maintenant même la nuit jusqu'à 5h30, 7h le matin. Et après, il y a le réseau de la journée qui reprend. Et les collègues, tous les collègues, les copains, tout ça, ils en ont marre. Parce qu'on a des agressions verbales. Et plus ça va, et plus la police ne peut rien faire.
Alors, on a un nouveau gouvernement. Eh bien, j'espère qu'ils mettront les moyens, qu'ils mettront les moyens pour des réseaux de bus. J'espère que Gérald Darmanin vous écoute, le ministre. Et s'il veut même parler avec moi, il n'y a aucun problème. On en a marre. On sait que ce matin ou ce soir, on va prendre notre service. Est-ce qu'on rentrera chez nous, maintenant ? C'est ça. Et tout le monde ne veut pas reprendre le travail. On veut de la sécurité, les moyens de sécurité. C'est ce qu'il faut. Et ça, ça, pour tous les réseaux, maintenant. Laurent, Laurent. Oui. Votre ami et collègue laissent trois enfants. Trois filles, je crois. Oui, oui, oui, oui. Derrière lui.
Est-ce que vous croyez que c'est normal, Jean-Jacques ? Non, non. Non, ce n'est pas normal. Les agresseurs sont des marginaux, je crois. Oui, oui, oui. Brogués ? Je ne sais pas s'ils sont brogués ou pas. Ben si, d'après ce que les informations... Oui, après ce qu'ils disent, vous savez... Oui, oui, oui, oui. Non, non, mais... Mais avec d'ailleurs des marginaux connus, paraît-il. Oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui. Mais c'est qu'on était privilégiés avant, ici. Oui. Notre belle région, comme on dit, se dégrade tout doucement. Oui. Aussi. Et voilà. Maintenant, il faut qu'ils nous écoutent, les élus. Il faut qu'ils nous écoutent. Hier, on a eu une discussion.
Ils nous mettent une sécurité, maintenant, la journée, du matin jusqu'au soir. Oui. Mais on demande encore plus de moyens, surtout la nuit. Oui. Qu'avant, on ne roulait pas toute la nuit. Maintenant, on roule toute la nuit.
Oui.
Voilà. Vous avez peur quand vous montez au volant ? Pour l'instant, je vais vous dire une chose. de ce qui s'est passé là, moi, je ne roule pas à l'heure actuelle. On a un droit de retrait. Et j'espère que toute la clientèle, tous les clients qui prennent le bus sur les réseaux de Bayonne, j'espère qu'ils comprendront tous notre situation à l'heure actuelle. On a des remerciements d'un peu partout. Je sais que ça bouge sur toute la France. Et j'espère que la justice sera faite pour lui, pour Philippe. La justice. On va voir s'il va être bien, la justice. Merci Laurent Weber. Merci à vous, Jean-Jacques Bourden. Merci Laurent. Je vous souhaite une bonne journée. Bon courage à vous.
Mais vous aussi. A vous aussi. Il est 7h20. Vous êtes sur RMC, Anaïs. On va parler des vacances apprenantes de nos enfants. On peut toujours parler des vacances apprenantes. Jean-Michel Blanquer, lui, est toujours en poste au ministère de l'Éducation. Avec donc les cahiers de vacances qui continuent de se vendre comme des petits pains. Mais est-ce que c'est vraiment une bonne idée de les faire bosser cet été ? Réponsons dans un instant avec Marie Dupin. RMC. Dupin quotidien. Allez, avec Marie Dupin. Ça va Marie ? Bon, si le secteur de l'édition n'a pas souffert du confinement, si un secteur, parce que l'édition a souffert, je ne comprenais pas très bien là, c'est moi qui ai mal lu.
Vous avez la tête ailleurs. Non, j'ai la tête ailleurs parce qu'on a quelques bouleversements ce matin. Bon, secteur de l'édition qui a beaucoup souffert du confinement, mais il y a un secteur dans l'édition qui n'a pas souffert, c'est celui des cahiers de vacances. Là, ça marche. Oui, ça fait un carton les cahiers de vacances. Déjà, en temps normal, il y a 4,5 millions de cahiers de vacances qui sont vendus chaque année. Donc, c'est vraiment un rituel. Mais cette année, les ventes sont encore plus fortes. On est à quasiment plus de 60% de ventes par rapport à d'habitude chez Nathan sur la période de mai-juin, plus 50% pour la collection Passport chez Hachette.
Alors, il y a maintenant des cahiers de vacances numériques sur l'ordinateur, mais ce qui cartonne, ce sont les bons vieux cahiers de vacances papiers, primaires et encore plus maternels pour que justement les petits décrochent des écrans. Oui, Marie, il faut acheter. Quel cahier de vacances faut-il acheter ? L'idée, c'est vraiment de réviser les notions acquises pendant l'année et c'est d'autant plus important cette année de consolider les acquis et le programme de l'année passée parce que c'est vrai que quand on était confiné, les enfants sont peut-être un peu passés à côté de certaines acquisitions importantes.
Donc, si votre enfant rentre en CE2, vous achetez le cahier de vacances qui va du CE1 au CE2.
Vous les avez sous les yeux, là, vos cahiers.
Voilà, j'ai celui de la 6e vers la 5e. Ah, c'est pour moi, ça. C'est pour moi, ça. Qu'est-ce que vous avez ? Vous avez la 4e vers la 3e. Voilà, j'ai le CM2. Et puis, alors maintenant, c'est pas la 4e. J'ai un cahier de vacances pour les adultes, si ça vous intéresse. Ah, bon, quoi, les adultes ? Un cahier de vacances pour adultes. Oui, avec plein d'exercices. C'est Disney, hein. Ah oui, il n'y en a pas de moins de Disney.
Mais Disney, on s'en compte que c'était pas si facile.
Charles avait quelques vacances.
Il y a des exercices d'anglais, de grammaire. C'est pas si facile que ça. C'est pas facile ? Qui le veut ? Bon, en tout cas, voilà, l'idée...
Bon, Marie, Marie, et si on laissait les enfants décompressés ? Oui, aussi, c'est vrai. Remarquez, ils ont beaucoup décompressés ces dernières semaines.
Pas tant que ça, finalement. Ça a été assez conflictuel avec les parents qui ont un peu endossé le rôle d'enseignant. Donc, laissons-les décompresser au moins deux, trois semaines. Et puis, on fait les cahiers de vacances un peu plus tard dans l'été.
Allez, on est bien d'accord. L'actu des réseaux sociaux. Merci, Marie. L'actu des réseaux sociaux avec Charles Magnin. Charles, l'actu des réseaux sociaux. J'attends le ticket. C'est RMC. Il arrive tout de suite. Le remaniement, évidemment, a été très commenté hier soir. Que retiennent les internautes ? Eh bien, d'abord, en regardant la liste des ministres, beaucoup voient l'ombre de Nicolas Sarkozy. Eh bien, oui, Jean Castex, Gérald Darmanin, Roselyne Bachelot. De nombreux proches ou anciens ministres de Nicolas Sarkozy figurent dans ce gouvernement. À quelle heure a lieu la passation de pouvoir entre Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy ? Se demande même un internaute.
Mais ce sont évidemment deux noms qui retiennent l'attention. Éric Dupond-Moretti et Roselyne Bachelot. Un devisage très connu des Français. Ce qui fait dire à beaucoup d'internautes que ce n'est pas un gouvernement, c'est un casting d'émissions télé. Car oui, Éric Dupond-Moretti est une star du barreau, mais aussi une star médiatique. Il a tout fait, dit un internaute, avocat, comédien de théâtre. Il s'apprêtait à être chroniqueur radio et maintenant ministre de la Justice. C'est quoi la suite ? Bientôt l'album de rap, se demande cet internaute. Olivier Besancenot, il est allé sa petite blague hier soir sur le sujet.
Finalement, ce sera Éric Dupond-Moretti à la justice et pas Patrick Balkany à la santé, écrit Olivier Besancenot. Éric Dupond-Moretti, l'avocat de Patrick Balkany. Certains se frottent déjà les mains en imaginant ses futures joutes verbales à l'Assemblée avec Jean-Luc Mélenchon. J'ai déjà acheté les pop-corns pour le match Mélenchon-Dupond-Moretti. Ça va être punchline sur punchline, écrit un internaute. Je précise, jusqu'en novembre dernier, Patrick Balkany, avocat Éric Dupond-Moretti. On est d'accord. Mais beaucoup estiment qu'Éric Dupond-Moretti aura du mal à se fondre dans le politiquement correct et pronostique déjà sa démission tonitruante. « Tiendra-t-il plus de trois mois ?
» se demande un internaute. « Il va nous faire une Nicolas Hulot ? » dit un autre. « Ce serait bien qu'il reste assez longtemps pour qu'on sache écrire correctement son nom » dit un internaute. Car oui, hier soir, c'est le hashtag Dupond-Moretti avec un T qui était en tête sur Twitter. Alors non, une bonne fois pour toutes, ça s'écrit avec un D. Quant à Roselyne Bachelot, son retour en politique a évidemment fait sourire les internautes qui ont massivement partagé hier toutes les vidéos dans lesquelles elle promettait de ne jamais revenir. Par exemple, le plateau de Laurent Ruquier, écoutons. « Jamais vous reviendrez à la politique. Jamais. Jamais. Jamais. Jamais.
J'ai pris cette décision bien avant 2012. J'en avais fixé l'échéance et je respecte en général mes engagements. » Voilà, tout est dans le « en général ». Elle respecte en général ses engagements. Mais Roselyne Bachelot a été réhabilitée de manière spectaculaire dans l'opinion lors de la crise du Covid. Et selon un internaute, en tant que nouvelle ministre de la Culture, si ça se trouve, elle va acheter 92 millions de disques et sauver l'industrie de la musique. Et que ça pourrait être sa première mesure. Bien. Éric Dupond-Moretti, vous allez l'écouter. Oui, oui, juste après le journal de 7h30, interview d'Éric Dupond-Moretti. Vous allez l'écouter, vous allez voir.
Éric Dupond-Moretti, dont nous allons beaucoup parler avec vous. Nicolas Poincaré, tout à l'heure à 8h moins 10. Nicolas, bonjour. Bonjour. Oui, ça va être chaud à la chancellerie parce qu'ils ne partent pas en vacances ensemble, Éric Dupond-Moretti et les magistrats en général. Ils ne ratent pas une occasion de dire qu'ils trouvent les magistrats dociles, carriéristes, peu indépendants. Et les magistrats de leur côté disent qu'il est vulgaire, violent, grossier. J'essaie de vous expliquer tout à l'heure pourquoi tant de haine. Bien, il est 7h30, on va tout savoir. On sera aussi après le journal avec Éric Piolle, le maire Europe Écologie-Les Verts de Grenoble.
Il sera avec nous pour commenter justement le remaniement, l'arrivée de Barbara Poupili. Ah oui, très intéressant. Numéro 2 dans l'organigramme. Qu'en dit-il ? La réponse juste après le journal. Allez, nous sommes avec Julien Coudreau pour les dernières informations. Il est 7h31, Julien, bonjour. Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. Nouvelle équipe, nouveaux visages, coups de projecteur sur les principaux enseignements du remaniement marqués par quelques surprises, mais aussi par le départ de plusieurs fidèles du président. Comment ce nouveau casting est-il apprécié au sein de la majorité ? Le Premier ministre a réuni les parlementaires dès hier soir et lancé un appel à l'unité.
Et puis, dans l'actualité de ce mardi, le Covid et ses conséquences, encore, tous pour cent des opérations prévues pendant le confinement n'ont toujours pas pu être reprogrammées. Première photo de famille, premier conseil des ministres à l'Elysée cet après-midi. Cette fois, ça y est, Jean Castex a son équipe. Quatre jours après sa nomination, le Premier ministre réunit son gouvernement à l'Elysée. Donc cet après-midi, bonjour Jérémy Trottin. Bonjour. Chef du service politique DRMC, un nouveau gouvernement, donc sans révolution, mais tout de même quelques surprises.
Oui, seulement huit nouvelles arrivées, on changement d'affectation en interne, 17 femmes et 15 hommes, des personnalités de droite, de gauche et du modem. Mais surtout, quelques coups pour marquer les esprits. Celui, bien sûr, du ténor du barreau, Éric Dupond-Moretti, dont la nomination est déjà vécue comme une déclaration de guerre par les magistrats. L'avocat de la boulangère d'Outreau, de Jérôme Cahuzac et de Patrick Balkany est une star des prétoires, un personnage médiatique construit au fil des décennies et des coups de gueule.
Une personnalité atypique qui débarque en Macronie et qui se retrouvera aujourd'hui projetée à la table du Conseil des ministres, aux côtés d'une autre personnalité très populaire. Après quelques années à la tête d'émission de radio et télévision, Rojeline Bachelot replonge en politique, cette fois à la culture, pour cette fan d'opéra réhabilité par la crise du coronavirus. Côté politique, le fait marquant reste bien sûr l'arrivée de Gérald Darmanin, un proche de Nicolas Sarkozy à l'intérieur, et de l'écolo Barbara Pompili à l'environnement. Voilà pour les arrivées. Ce qu'on retiendra aussi, Jérémy, côté départ, c'est que plusieurs fidèles du président quittent le gouvernement.
Oui, parmi les sortants, on compte deux des plus fidèles soldats du chef de l'État. Christophe Castaner perd son poste à Beauvau après un an, huit mois et dix-sept jours à l'intérieur. Un passage difficile marqué par la crise des Gilets jaunes, une soirée en boîte de nuit et des déclarations souvent approximatives. Deuxième personnalité emblématique de la campagne de 2017 qui quitte l'aventure macroniste, Sibeth Ndiaye. La porte-parole a beaucoup souffert des caricatures dans les réseaux sociaux. Elle a décidé de ne pas rempiler au gouvernement pour des raisons personnelles.
Après les départs de François Bayrou, Richard Ferrand, Gérard Collomb ou encore de Benjamin Griveaux, les marcheurs historiques sont aujourd'hui de moins en moins nombreux autour du chef de l'État. Jérémy Trottin, merci Jérémy. Bienvenue à tous et au travail. C'est le message de Jean Castex à sa nouvelle équipe sur Twitter. Hier soir, un peu plus tôt, le Premier ministre avait donné rendez-vous aux parlementaires de la majorité à Matignon. Ce gouvernement doit être la marque de l'unité de notre famille, leur a-t-il martelé. Une famille qui a apprécié différemment ce remaniement Paul Barcelone.
Union, rassemblement, gouvernement de combat. À la sortie de Matignon hier soir, les députés de la majorité comme Bruno Bonnel affichent un sourire radieux.
Ce n'est pas une chicane, mais c'est un virage intéressant dans la perspective des deux ans qui viennent. C'est, à mon avis, un gouvernement qui va montrer, à travers des résultats, que notre bilan sera bon.
Mais en coulisses, le casting fait déjà grincer des dents. Ce n'est même pas un remaniement, c'est un reniement, cela mente un parlementaire issu des rangs de la gauche qui regrette que les principaux postes régaliens soient désormais occupés par des ministres classés à droite comme Gérald Darmanin à l'intérieur et Bruno Le Maire, toujours à l'économie et aux finances. Pour d'autres dans la majorité, les nominations de Roselyne Bachelot et d'Éric Dupond-Moretti cachent de vraies difficultés à se renouveler. Ceux-là s'interrogent aussi sur la place faite aux alliés, pourtant essentielles à l'Assemblée, à l'image du Modem qui ne compte que trois ministres sur les 31 nommés hier soir.
Un gouvernement qui sera complété dans les jours à venir par plusieurs secrétaires d'État. Parmi les huit nouveaux visages, certains sont assez méconnus comme celui d'Élisabeth Moreno, nommée ministre déléguée chargée de l'égalité femmes-hommes. Elle succède à Marlène Schiappa son portrait avec Nicolas Ropère. Née au Cap Vert, Élisabeth Moreno est arrivée en France à l'âge de 7 ans. Diplômée en droit et en économie, elle se lance dans les nouvelles technologies jusqu'à prendre la tête de grandes entreprises internationales. Un parcours remarquable, souligne Anthony Babkin, entrepreneur qui a travaillé avec elle. C'est assez rare de voir des femmes à son rang de responsabilité.
Malheureusement, aujourd'hui, on voit très peu de femmes noires dans la tech et encore moins à la tête de grandes entreprises. Donc, l'avoir, prendre ces responsabilités-là en France, connaissant son parcours, c'est vraiment une chance. Après des relations parfois délicates avec Marlène Schiappa qui occupait jusqu'alors ce poste, les associations féministes comme la Fondation des Femmes et Anne-Cécile Maïfer se félicitent de la nomination de cette nouvelle venue.
On est quand même sur le profil d'une femme assez exceptionnelle, dirigeante d'entreprise dans la tech qui s'est beaucoup engagée sur la question de l'égalité entre les femmes et les hommes, sur l'égalité professionnelle en entreprise et je pense qu'elle va pouvoir apporter des choses extrêmement intéressantes et je salue sa nomination. Les associations craignent en revanche que les nouveaux ministres de la Justice et de l'Intérieur n'aident pas Elisabeth Moreno à faire avancer la cause féministe.
Le nouveau ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, visé, on le rappelle, par une plainte pour viol qui semble évoluer dans le bon sens et qui n'est pas un obstacle à sa promotion selon l'entourage d'Emmanuel Macron. Il est 7h36 sur RMC. À l'étranger, l'inquiétude des étudiants étrangers menacés d'expulsion aux Etats-Unis. Le gouvernement américain annonce qu'il ne délivrera plus de visa à tous ceux inscrits dans des universités qui décideront de maintenir un enseignement en ligne à la rentrée en raison de l'épidémie de coronavirus. La mesure pourrait concerner 1,2 million d'étudiants au total. Le coronavirus et ses conséquences en France.
À présent, les rendez-vous médicaux annulés pendant le confinement peinent à être reprogrammés. C'est le résultat d'une enquête de l'UFC que choisir. Les opérations sont aussi concernées. Margot Bédé, seuls 12% des patients ont jusqu'ici pu les reprogrammer.
Capacité d'accueil réduite à cause des mesures sanitaires. Nouveaux patients plus urgents depuis le déconfinement. Christophe, chirurgien orthopédiste dans un centre hospitalier public de la banlieue parisienne, a pu reprogrammer seulement 10% de ses patients. On nous autorise à faire des petites interventions comme les ablations des broches ou des clous qui ont été mis dans les semaines ou les mois qui ont précédé, qui ne génèrent pas de longue hospitalisation. Toutes les autres interventions, donc les prothèses, les chirurgies ligamentaires ou la chirurgie du pied, qui génèrent des douleurs pas majeures, toutes ces interventions, pour l'instant, n'ont pas encore été reprogrammées.
Et les retards ne cessent de s'accumuler. Pour Mathieu Esco, en charge des études à l'UFC, que choisir, il faut une meilleure coopération entre le public et le privé. Peu importe que vous ayez pris rendez-vous dans un hôpital public, s'il y a une place dans le privé et dans le même coin où vous habitez, il faut que vous puissiez y accéder très facilement. L'enjeu aujourd'hui, c'est vraiment d'utiliser à plein notre système de santé, sous l'égide des agences régionales de santé, pour s'assurer qu'il y ait une optimisation dans l'utilisation des ressources de notre système de soins. En attendant, Christophe, le chirurgien orthopédiste, espère rattraper son retard d'ici un an.
7h38 sur RMC, les courses, le quintet, le quintet. 13h50, 13h50, favorite numéro 5, savoir-aimé, outsider numéro 13, Amazing Grace. Amazing Grace, très bien. Vous voulez écouter Eric Dupond-Moretti ? Oui. Il n'a accordé aucune interview depuis qu'il est ministre. Non. Mais, mais, mais, vous allez l'écouter. Il est donc le nouveau ministre de la Justice, une nomination qui fait polémique. Alors, au-delà de toutes ces polémiques, que les uns et les autres disent ce qu'ils veulent. Et Eric Dupond-Moretti, lui, ne mâche pas ses mots. Le nouveau garde des Sceaux est adepte du franc-parler. Que pense-t-il de la politique pénale en France ? Que faire des délinquants multirécidivistes ?
La justice doit-elle être plus sévère ? Quelles sont les alternatives à la prison ? Voilà des questions que je lui avais posées. C'était quand ? C'était en novembre 2018, il y a un an et demi. Je lui avais posé toutes ces questions. Il était venu sur le plateau de BFM et d'RMC, il y a donc un an et demi. Écoutons-le. La justice est laxiste dans notre pays.
On entend ça sans arrêt dans la bouche, justement, de beaucoup de populistes. La justice, elle n'a jamais été aussi dure. Elle n'a jamais été aussi dure. Bien sûr. Le petit délinquant qui est arrêté huit fois, dix fois, mais qui est mineur. Non, mais là, vous me parlez d'un problème d'exécution de peines. Pour exécuter les peines, il faut des moyens. Et la justice n'a plus de moyens, elle est exsangue. D'accord ? Mais en revanche, dans les peines prononcées, la justice, elle n'a jamais été aussi dure. Toutes les statistiques le disent. Et l'idée de faire en sorte de ne pas mettre en prison des condamnés à des courtes peines ? Mais les prisons sont archi-pleines. La prison, c'est l'endroit.
C'est la solution. Mais l'une des solutions. Bien sûr, il faut trouver des alternatives à ça. Parce que la prison, c'est l'endroit le plus criminel. Alternative à la prison. Puis il y a des gamins qui rentrent là en prison et qui gagnent leur galon. C'est quand même extraordinaire. Parce qu'ils ne sortent pas de là avec l'opprobre. Ils sortent de là comme s'ils avaient été anoblis d'une certaine façon. Il faut inverser cette mécanique. Vous comprenez ce que je veux dire ? Et quand, par exemple, on envisage d'instituer ou de réinstituer un nouveau service national, moi, je pense que c'est une excellente idée. Oui, la prison, c'est la pire des solutions.
Je ne dis pas qu'elle n'est pas indispensable. Parfois. Mais parfois, elle est surutilisée. On a eu ce débat de la peine à propos de l'affaire Cahuzac, par exemple. Ça s'analyse aussi en termes de dangerosité, la prison, la nécessité de la prison. La prison, c'est fait pour trois choses, essentiellement. C'est fait naturellement pour punir. C'est fait pour mettre à l'écart un type dangereux. C'est fait pour réinsérer. Bon. Le volet réinsertion, par exemple, c'est zéro. Bon. Et envoyer un gamin en prison, parfois, il sort de là, il devient un peu plus caïd, plus mauvais en sortant, qu'en rentrant. Il faut réfléchir à tout ça. Le tout sécuritaire, c'est bien gentil.
Ça fait plaisir aux populistes. Et les populistes s'en servent.
Voilà, c'est très intéressant ce qu'il dit. Et on lui rappellera, on lui rappellera ses propos, mais il esquissait, en quelque sorte, il esquissait son positionnement. Aujourd'hui, il est garde des Sceaux, il va falloir qu'il applique maintenant, parce qu'il a beaucoup d'attention. Éric Dupond-Moretti, c'est une grande gueule aussi. Mais enfin, c'est un homme qui réfléchit beaucoup et qui a, j'en suis persuadé, persuadé, beaucoup d'idées pour essayer d'améliorer la justice en France. Il est 7h41, et nous reviendrons sur lui dans un instant. 7h41, on va faire un peu de pub. Vous êtes sur RMC. Merci. A tout de suite dans 2-3 minutes.
RMC, 6h-9h. Bonin Direct.
Bien. Il est quelle heure ? Il est 7h46. Je vais prendre Ilias. qui est en Seine-et-Marne. Bonjour, Ilias. Bien le bonjour, M. Bourdin. Comment allez-vous ? Ben, bonjour. Que pensez-vous de ce gouvernement, mon cher Ilias ? Moi, je pense vraiment que c'est des... Ben, vraiment, Mme Bachelot, en particulier, M. Dupond-Moretti, bon, on verra qu'est-ce qu'il va exposer, ses idées. Oui, oui, oui, oui, oui. Ne le condamnons pas, ne le condamnons pas, Dupond-Moretti, parce que je le connais. Et c'est quelqu'un de très intelligent, donc... Exactement. Il va s'adapter.
Moi, je voulais vraiment parler de Mme Bachelot, qui s'est amusée sur tous les plateaux télé, qui nous a bien distrait, qui nous a bien disés, qui a promis et juré, notamment chez M. Ruckier, et partout chez d'autres plateaux, qu'elle ne reviendrait pas en politique. Oui. Et qu'est-ce qu'il se passe aujourd'hui où Mme réapparaît ministre de la Culture ? Et c'est très intéressant, parce que voilà, moi, je ne vous écoute pas depuis 19 ans, parce que j'en ai 27. Désolé pour le petit coup de vieux. Je vous écoute, j'ai à peu près 5-6 ans. Oui.
Vous m'avez fait aimer la politique, détester la politique, mais vous m'avez fait surtout ouvrir les yeux sur la manière dont il fonctionne, notamment grâce à vos questions très pertinentes, et vous êtes très connus pour ça, d'ailleurs. Ce qui est vraiment intéressant, c'est cette espèce de mensonge permanent. Je ne sais pas si, je le fais quelques temps après. Je ne dirai jamais ça, je le dis quelques temps après. Remarquez, on peut changer d'avis dans la vie, il y a, ça vous est arrivé, ça m'est arrivé. Je suis entièrement d'accord avec vous, M.
Bourdin, mais comment vous expliquez que Mme Bachelot, qui peut tant dénigrer énormément la politique, promettait de ne plus y mettre les pieds, se retrouve ministre de la Culture, fier, ça pose un problème sur, comment dire, je perds mes mots. Oui, mais oui, Ilias, je comprends vos interrogations. Bien, nous, j'espère recevoir très vite Mme Bachelot, et d'ailleurs, je l'invite pour qu'elle vienne expliquer tout cela. Merci beaucoup, Ilias. Dites-moi, attendez, je vous retiens pas, très rapidement, je voulais juste savoir, je vous déclare une petite chose de votre vie privée, mais c'est rien du tout, est-ce que la peinture chez vous a bien été faite ? C'est mon papa qui l'a faite.
Non, c'est pas vrai.
Je vous assure. Non, c'est pas vrai, mais elle est parfaite. Eh ben voilà, c'est mon papa qui a fait la peinture chez vous il y a trois semaines. Ah ben d'accord, d'accord, d'accord. Bon ben, ok, ben merci beaucoup, Elias. Bon courage à vous,
M. Bourdain. C'est adorable, merci Elias. Au revoir.
Pierre, lui est toulousain, en Haute-Garonne. Bonjour Pierre. Bonjour. Ça va Pierre ? Très très bien. Écoutez, Dupont-Moriti a dans son ADN un code de l'honneur qui est incompatible avec le système politique tel qu'il existe actuellement en France. Il va se heurter, à mon sens, au mode de fonctionnement intellectuel de M. Macron et va certainement, peut-être à terme, claquer la porte. Vous savez, on ne met pas le loup dans la bergerie quand bien même on est à la tête du troupeau politique. Je crois que, en plus de cela, Dupont-Moriti a une idée, une conception de la morale et de la loi très différente de celle des Français.
Les Français veulent aujourd'hui plus de morale alors que Dupont-Moriti, et vous l'avez déjà interviewé là-dessus, n'est pas pour intégrer de la morale dans la loi. Alors, lorsqu'on libère une personne que l'on sait coupable tout simplement parce qu'il y a un vice de forme, automatiquement, on se braque une partie de la population. Non mais Pierre, Pierre, Pierre, alors là, c'est l'exercice même du métier d'avocat. Tout à fait. Le rôle d'un avocat, le rôle d'un avocat, c'est de défendre son client. Et on défend son client par tous les moyens que la loi vous donne. C'est comme ça que ça se passe, Pierre. On ne pourra jamais reprocher Éric Dupont-Moriti d'avoir défendu un tel ou une telle.
Tout à fait. Mais c'est justement là. Et d'avoir employé tous les moyens que lui donne la loi pour parvenir à l'acquittement ou à la moindre peine pour ses clients. Tout à fait. Mais c'est justement là, en le changeant de casquette, qu'il va devoir adapter. Alors là, connaissant Éric Dupont-Moriti, il est suffisamment indépendant, me semble-t-il, pour nous verrons ce que ça va donner. Tout à fait. Pierre, mais vous avez raison de rappeler certaines choses. Merci, Pierre, dans tous les cas. Et à propos d'Éric Dupont-Moriti, ça tombe très bien puisque nous en parlons avec Nicolas Poincaré. Et c'est l'heure des explications. RMC, expliquez-nous.
Alors, choc, donc, dans le monde de la justice, on ne va pas y revenir. Pourquoi est-ce que le nouveau ministre de la justice provoque-t-il de telles interrogations et parfois un tel rejet ? Un rejet des magistrats, surtout. Alors, pourquoi ? Tout simplement parce que qu'est-ce qu'il faisait il y a encore une semaine exactement, Dupont-Moriti, il portait plainte contre des magistrats. Vous savez, c'est l'histoire compliquée du parquet national financier qui est accusé d'avoir épluché ses relevés téléphoniques. Alors, depuis sa nomination hier soir, Éric Dupont-Moriti a retiré sa plainte. Mais ce qui reste, elle devait être retirée automatiquement.
Mais ce qui reste, ce sont les commentaires qu'il a faits. La semaine dernière, il a parlé des méthodes de barbouze, il a dénoncé la République des juges, la clique des juges qui s'autorise tout et il a conclu en disant on est chez les dingues. Et voilà, qu'une semaine plus tard, il est devenu le chef des dingues. C'est quand même spectaculaire. Il va prendre possession aujourd'hui de son bureau place Vendôme et ça risque de tanguer. On sait que c'est un univers ultra-polissé. Les magistrats sont très sensibles aux honneurs et aux décorations Dupont-Moriti. Lui, il avait refusé la Légion d'honneur en disant que c'était le symbole du copinage politique malsain. Les copains vont apprécier.
Un magistrat du Parquet National Financiers a confié hier soir à l'hebdomadaire Marianne qu'il avait l'impression de vivre un cauchemar éveillé. Mais que reproche le nouveau ministre au magistrat ? Alors, lui, il n'aime pas leur corporatisme, leur carriérisme, leur docilité face au pouvoir, leur manque de courage. Il dénonce surtout un système qui est déséquilibré. Les juges et les procureurs sont formés à la même école, l'école supérieure de la magistrature à Bordeaux. Il dit que c'est incestueux. Éric Dupont-Moriti demande donc la fermeture de cette école ou plutôt, il demandait puisque maintenant il est ministre et il va peut-être mettre un peu d'eau dans son vin.
Il déteste aussi l'idée qu'un jeune juge à peine sorti de l'école puisse se retrouver juge d'instruction 25 ans sans aucune expérience de la vie. Il l'a vécu dans l'affaire d'Outreau où le jeune juge Burgot avait détruit la vie de 14 innocents accusés à tort de pédophilie. Il voudrait, Dupont-Moriti, que l'on ne puisse pas être juge d'instruction avant d'avoir été avocat au moins une dizaine d'années comme ça se fait par exemple en Grande-Bretagne. Oui, en Grande-Bretagne. Les magistrats lui reprochent ses excès. Oui, alors ses excès, c'est grossièreté parfois, c'est vrai, c'est vrai. Il dit ce qu'il pense et ses insultes aussi. Et non, sa violence. Et sa violence. Comment on le surnomme ?
L'ogre. C'est un de ses surnoms, l'ogre, mais c'est celui qui lui va le mieux, je trouve. Il peut faire peur physiquement. Moi, je l'ai vu hurler à l'oreille du juge Burgot pendant le procès à Outreau. Le jeune juge devait s'accrocher à la barre tellement il était secoué. Il faisait des fautes de français et il perdait sa syntaxe. Je l'ai vu aussi face à Jacques Mélic qui était ministre en exercice de François Mitterrand, maire de Béthune dans le Pas-de-Calais et qui avait fait un faux témoignage dans l'affaire au MVA. Et à l'audience, dans sa ville, à Béthune, Dupond-Moretti l'a traité de mafieux en collant son visage contre le sien et en tapant du poing sur la barre du box des accusés.
Toute la salle retenait sa respiration. On avait peur qu'ils en viennent au mar. Il est aussi capable de provoquer par exemple un gendarme à qui il reprochait d'avoir posé des questions trop intimes à son client pendant la garde à vue. Dupond-Moretti lui a demandé à l'audience en parlant très fort. Et vous, mon commandant, vous faites l'amour combien de fois par semaine ? Et dans quelle position ? Je vous pose la question. Il n'a pas peur de la violence verbale. Il l'utilise soit lorsqu'il est sincèrement en colère, soit lorsqu'il pense que ça peut servir les intérêts de la défense. Oui, il a l'image du défenseur des petits.
Oui, mais ces dernières années, sa clientèle s'est considérablement élargie. Oui, au départ, effectivement, il défendait ce qu'il appelle les gitans, les humbles, les paumés, ceux qui chutent, ceux qui ont dérapé. Il a obtenu, on sait, un nombre incalculable d'acquittement, parfois de... On le surnommait acquittator. Voilà, au sens, je crois qu'on en est à 150. Parfois, des condamnés qui avaient pris perpète en première instance et qui étaient acquittés en appel. Alors, il a longtemps exercé au barreau de Lille puisque c'est un ch'ti. Il est le fils d'une femme de ménage italienne et il est orphelin de père.
Mais depuis qu'il a quitté Lille pour s'installer dans les beaux quartiers parisiens, sa clientèle a beaucoup changé. C'est l'avocat préféré du roi du Maroc. C'est l'avocat du dictateur Sasou Nguesso du Congo-Brazzaville. C'est le défenseur de Patrick Balkany. C'est le défenseur de... Patrick Balkany, c'est fini. Jérôme Cahuzac, il l'a défendu aussi. Il a défendu le frère et complice du terroriste Mohamed Merah. Il a fait son métier d'avocat. Absolument. On ne peut pas reprocher un avocat de ses clients mais j'en fais tout de même la liste.
Parfois, il y a des paradoxes parce que, par exemple, il défend le jeune Théo, victime de violences policières mais il défend aussi les policiers dans l'affaire contre Mélenchon pour la célèbre perquisition avec la République. C'est moi, vous vous souvenez ? L'État avait payé à ses policiers le ténor du baroque et du pont Moréty. Bref, il ratisse très large et son cabinet marche bien. Enfin, marchait très bien jusqu'à hier. Il va devoir le mettre en sommeil. Il va faire pas mal d'argent. Il y a d'autres avocats dans son cabinet. Antoine Vey, notamment, son partenaire. Oui, son partenaire. Alors, politiquement... Politiquement, oui. Comme il rentre au gouvernement, il se situe où ?
Très, très à gauche. Certainement le plus à gauche de tous les ministres de ce gouvernement. En 2008, il a présidé le comité de soutien à Martine Aubry à Lille. Il s'est défini dans des interviews comme un anard. C'est assez rare de voir un ministre se présenter lui-même comme un anard mais un anard qui aime l'ordre. Marine De Pen a dénoncé sa nomination hier soir en disant que c'était un ministre d'extrême gauche. Il est vrai qu'il y a cinq ans, il avait demandé l'interdiction du Front National. Il avait parlé de ce parti comme une petite entreprise raciste où le père Jean-Marie s'occupe des Juifs pendant que la fille Marine s'occupe des musulmans.
Ça promet lorsqu'ils se retrouveront face à face à l'Assemblée Nationale lorsque la députée Marine Le Pen aura des questions pour le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti. Oui, ça va être spectaculaire. C'est le moins qu'on puisse dire. Je l'attends avec impatience. Il le sait. Il est 7h57. Merci d'être avec nous. Anaïs Castaner. On sera avec Éric Piolle juste après le journal. On vous l'avait promis. Il est arrivé le maire Europe Écologie Les Verts pour commenter le remaniement et l'arrivée de Barbara Pompili au poste de ministre de la Transition écologique. On parlera aussi de l'épidémie de Covid-19 alors que certaines villes ont reconfiné. C'est le cas de Melbourne en Australie.
Ce matin même, on l'a appris. Est-ce qu'il faut s'inquiéter ici en France d'une deuxième vague ? Benjamin Davido, infectiologue qu'on a ici souvent sur RMC, sera avec nous à 8h20. RMC.