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Discours / meetingClémentine Autain· 17 novembre 2025 8 minAutoproduitFond programmatiqueÉducation & rechercheSolidarités & familleÉconomie & entreprises

🟠 Mon intervention à la Convention éducation du Front Populaire 2027

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:27Invité politiqueChiffre
    « 72 % des élèves de l'enseignement professionnel considérés comme une école de la relégation »
  • 4:08Invité politiqueChiffre
    « En classe préparatoire aux grandes écoles, plus d'un étudiant sur deux est enfant de 4 supre 5 % qui sont des enfants d'ouvriers »
  • 4:08Invité politiqueChiffre
    « on donne plus d'argent public aux enfants qui sont dans les classes prépa par élève »
  • 5:29Invité politiqueFait
    « Les RP, elles ont été créées il y a 40 ans et c'était justement l'idée qu'on allait donner plus de moyens aux établissements qui étaient en difficulté »
  • 6:11Invité politiqueFait
    « Les RS c'est que pour les quartiers populaires »

Temps de parole

  • Clémentine Autain100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Clémentine Autain

Bonsoir à toutes et tous. Euh d'abord, merci pour euh pour ta question Mohamed qui est qui est le cœur du sujet pour moi. Euh et je voudrais d'abord puisque je m'exprime pour la première fois, remercier le travail qui a été fait par Lucy Cestet et toutes ses équipes pour organiser cette convention. [applaudissements] Un grand un grand merci. Alors moi, je voudrais inscrire ma réponse d'abord dans une vision plus globale, c'est-à-dire dans le cadre du projet que je veux porter, c'est-à-dire la société des communs.

Je porte un constat général de la marchandisation de la société actuellement, de la concurrence généralisée qui est organisée et du fait que cette marchandisation et cette concurrence, elles ont un impact concret, c'est qu'elles détruisent les possibilités, les conditions de la liberté, de l'égalité.

Et la proposition générale que je fais, la solution que je veux porter, c'est de renforcer les services publics et les sécurités collectives et de piloter une bifurcation globale pour faire en sorte qu'on puisse répondre à nos besoins, satisfaire nos besoins authentiques, pas ceux suscités par les marchés, mais nos besoins authentiques et pour chacune et chacun, c'est-à-dire de d'avoir à cœur la question de l'égalité. Et pour ça, il y a un outil privilégié, c'est l'état stratège.

Aujourd'hui, on n' pas un état stratège qui pilote la satisfaction de nos besoins et qui a l'esprit public chevillé à corps à cœur, c'est-à-dire l'idée queon va chercher le bien commun et qu'on permet de répondre de manière universelle à cette satisfaction des besoins. La société des communs, très concrètement, c'est d'aller vers le partage des richesses, le partage des savoirs, le partage des pouvoirs et le partage des temps de la vie, ce qui me paraît aussi très important. Alors, quand on en arrive à l'école, l'école c'est évidemment un des piliers dans cette logique de société des communs.

Et je pense que un des enjeux majeurs, c'est d'investir dans l'école publique et dans l'éduc ce qu'on appelle l'éducation populaire, c'est-à-dire qu'il y a le temps scolaire et tout ce qu'il y a autour qui est aujourd'hui décimé par les les logiques d'austérité et de réduction de la la dépense publique avec un sens pour l'école. Il s'agit de transmettre des connaissances, il s'agit de transmettre le désir de savoir. Il s'agit de donner des clés aussi à chacune et à chacun, aux citoyens et aux citoyennes en devenir pour comprendre le monde et pour pouvoir se situer et être émancipé dans ce monde et pouvoir au passage éventuellement le transformer.

Donc ça c'est le sens et le l'orientation générale, mais ça veut dire une chose très concrète, c'est qu'il faut arrêter de goinfrer le privé. Aujourd'hui, l'État n'est pas stratège, il goinfre le privé. [applaudissements] Et donc ce qu'il est en train de faire, cet état, c'est euh de financer la marchandisation de l'éducation et la concurrence qu'il organise lui-même entre le système privé et le système public. C'est quand même ahurissant en réalité quand on pense qui on a au sommet de l'État des gens qui ont totalement abandonné l'esprit public et qui en milieu de tout ça en plus organise le trièv. c'estàd qu'il favorise la sélection et le tri en permanence des élèves.

Et donc pour être concrète dans cet objectif que tu que tu as pointé et que je partage qui est de lutter contre la ségrégation, contre le séparatisme scolaire qui est aussi un séparatisme social, je vais faire une proposition concrète mais d'ord d'abord pour aller dans ton sens le constat peut-être dire deux chiffres qui pour moi résument l'état dans lequel nous sommes enfin là où on en est arrivé. 72 % des élèves de l'enseignement professionnel considérés comme une école de la relégation, ce qui est quand même un grave problème, hein. Il faudrait qu'on ait une ambition un peu différente pour notre enseignement professionnel, mais il est néanmoins considéré comme une école de la relégation.

Et bien, 72 % des élèves sont des enfants d'oubliers, d'employés et de chômeurs. En classe préparatoire aux grandes écoles, plus d'un étudiant sur deux est enfant de 4 supre 5 % qui sont des enfants d'ouvriers. Et alors une fois que j'ai dit ça, le plus incroyable c'est quand on regarde à qui on donne le plus d'argent public. Et ben le on donne plus d'argent public aux enfants qui sont dans les classes prépa par élève. Et c'est là où on se dit vraiment on marche absolument sur la tête. Donc il y a bien un état stratège qui doit piloter et réorienter l'affectation de voilà de cet argent public.

Et je voudrais dire aussi au passage que dans cette ségrégation pour l'avoir vu de mes yeux vus mon fils est né. Je je pense à lui parce que j'ai cette scène qui m'a tellement marqué. Moi, j'habite un quartier populaire en scène Saint-Nis et il a euh quand il est rentré en 6e, j'ai eu un choc dans la classe de 6e, c'était une REP plus et le décalage entre la classe qu'il avait par rapport à la primaire, c'était immédiat. C'estàd que les phénomènes de contournement de la carte scolaire, tous les parents qui avaient foutu leur gamins dans le privé pour éviter d'être là et de voir, y compris euh combien d'élèves étaient racisés.

dans sa classe en 6e par rapport à ce qu'il y avait euh pourtant j'avais pas changé de quartier hein euh en primaire et ben c'est euh flagrant, c'est immédiat, ça se voit et on se dit qu'il y a quelque chose quand même qui tourne absolument absolument pas rond. Et donc je veux faire une proposition concrète. Euh je pense qu'il faut supprimer les RP tout simplement. Il faut les supprimer. Il faut arrêter cette labellisation et cette stigmatisation des RPS. Les reps, elles ont été créées il y a, je vais vous dire, on va remplacer par quelque chose, hein, détendez-vous.

[rires] Les RP, elles ont été créées il y a 40 ans et c'était justement l'idée qu'on allait donner plus de moyens aux établissements qui étaient en difficulté. Qu'est-ce qui s'est passé au fil des années depuis 40 ans ? D'abord, on leur a donné de moins en moins de moyens, ce qui fait qu'aujourd'hui, c'est pas vrai que ça compense. C'est faux. Entre-temps, on a stigmatisé ces établissements, ce qui fait qu'il y a des logiques de contournement de la part des parents et qu'il y a aussi des logiques de contournement de la part des enseignants qui ne veulent pas aller là-dedans dans ces établissements qui sont ciblés.

Bien moi je pense qu'il faut sortir de la logique et partir d'un indice dont on a beaucoup parlé aujourd'hui. J'ai écouté les débats là depuis 12h et demi. C'est l'IPS, c'est-à-dire l'indice de position sociale. Et ça, ça doit être notre point clé pour financer l'ensemble du système scolaire. C'est l'IPS et pas un label et pas un label qui est réservé que au quartier populaire parce que c'est ça la réalité. Les RS c'est que pour les quartiers populaires. Henri Stanislas, ils ont pas un label pour savoir que eux pourtant c'est essentiellement des élèves qui sont favorisés qui font dans dans ces établissements.

Et bien moi, je pense que à partir de l'IPS on refonde tout et on fait en sorte que réellement on ait une stratégie avec un pilote dans l'avion qui donne des moyens aux élèves qui sont dans ces espaces-là. Et je termine que je vois que mon temps est compté. Je veux juste dire que je l'ai dit, la lutte contre le séparatisme social, le séparatisme euh scolaire, la question des discriminations, du racisme, j'ai pas le temps d'en parler, mais du sexisme aussi, tout ça. Euh et bien il faut pas avoir au sommet de l'État des gens qui sont pour ce séparatisme, qui sont racistes, qui sont sexistes et qui en réalité sont favorables à une politique de classe.

Donc si on est sérieux, je veux juste dire ici que si on est sérieux avec ce que je viens de dire et vous avez l'air de le partager, ça veut dire que la première étape pour répondre à la question que tu poses, c'est d'avoir le rassemblement de la gauche et des écologistes en 2027 pour se donner les moyens d'avoir une politique de gauche qui permet de faire vivre l'égalité concrètement. [applaudissements]